Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Editors
Ora Cogan

The Cramps

Big beat from Badsville

Saviez-vous que les Cramps sévissent depuis 1976 ? Vingt-deux années de pratique de rock’n roll dans ce qu’il y a de plus sauvage et de plus menaçant. Vingt deux années à naviguer à la croisée des chemins d’influences aussi diverses que le rockabilly, le psychédélisme, le garage punk des sixties, le delta blues et le surf, sur une mer de films de série B, de vampires, de sexe et d’humour noir. Et leur dernier elpee ne déroge pas à la bonne règle. Une seule surprise, l’absence de reprise. Mais qu’importe, puisque le couple Lux Interior/Poison Ivy, assisté par Slim Chance et Harry Drumdini, n’a rien perdu de son sens de l’excès, de son habileté à capturer des sons vivants et bruts, tels quels, sans autres critères que ceux de l’efficacité immédiate. Alors laissez-vous séduire par ce " Big beat from Badsville "…

 

Counting Crows

Across a wire / Live in New York

Un double album ‘live’ pour Counting Crows, en attendant la sortie de leur troisième opus. Le premier morceau de plastique est issu d’un enregistrement réalisé, le 12 août 97, aux studios " Chelsea " de New York, alors que le second remonte au 6 novembre de la même année, mais immortalise un set " live " accordé au Hammerstein Ballroom de la même métropole. Aubaine pour les aficionados, ce double Cd recèle deux morceaux cachés, et inédits par dessus le marché : " Chelsea " et " Good luck ". Pour le reste, la bande à Adrian Duritz se prive volontairement d’électricité. Un peu comme à la belle époque des Unplugged d’MTV. Un exercice de style qui, au fil de l’écoute, finit quand même par lasser.

 

Cornelius

Fantasma

Tout come Cibbo Matto et Pizzicato Five, Keigo Oyamada, alias Cornelius, nous vient du pays au soleil levant. Un artiste post moderniste capable de toucher à tous les styles musicaux. Et il étale tout son savoir faire tout au long de ce " Fantasma ". Mais s’il écume aussi bien le psychédélisme des Beatles que les harmonies vocales des Beach Boys, en passant par l’électro pop de Stereolab, le heavy metal, la country, la bande sonore pour dessins animés, la bossa nova, le punk circa Pistols, la noisy de My Bloody Valentine, voire la new age, c’est pour mieux régurgiter le tout après traitement au sampling. Il atteint ainsi un résultat inspiré et audacieux, même s’il faut reconnaître que la forme n’est pas toujours très académique…

 

Come

Gently down the stream

Depuis qu’il a procédé au remplacement de sa section rythmique, Come parvient à injecter davantage de profondeur et d’émotion dans ses chansons. On avait déjà pu le constater sur le mini elpee " New life experience ", paru en 96. C’est encore plus flagrant pour " Gently down the stream ". Bien sûr, l’électricité duale est toujours omniprésente ; et puis la voix chocolat et cendre de Thalia continue d’attiser la flamme du blues urbain, entretenu par le combo. Encore que parfois, certaines de ses inflexions marchent sur les traces d’une certaine Patti Smith, voire même de Marianne Faithfull… Mais la texture nous paraît plus riche, et surtout moins linéaire. Une métamorphose qui se manifeste surtout sur l’hispanisant, réminiscence du Jefferson Airplane, " One piece ", le crazyhorsien " Silk city ", les deux fragments stellaires, post Television, " New coat " et " The fade-outs ", le clin d’œil psychobilly à Boss Hog, " Jam blues " et le chant funèbre, " The former model ". Et nonobstant les inévitables teintes plus sombres, destinées à magnifier la douleur et les angoisses, ce " Gently down the stream ", enregistré dans les studios de Fort Apache aux States, navigue le plus naturellement du monde dans le courant classique du rock yankee…

 

Vic Chesnutt

The salesman & Bernadette

Vic Chesnutt en est déjà à son sixième album. Un exercice qu’il a réalisé en compagnie de toute une flopée de collaborateurs, et notamment ceux de Lambchop. Avec pour résultat des compositions qui naviguent en eaux country/folk paresseuses, parfois éthérées, légèrement teintées de rock, mais surtout empreintes de mélancolie. Etonnant, lorsqu’on sait que depuis trois albums, sa musique s’était considérablement électrifiée. Bref, retour à la case départ avec ce " The salesman & Bernadette ", où Vic raconte ses histoires douloureuses, souvent chavirées par l’alcool, qui évoluent dans un périmètre d’angoisses, de colère et de dégoût ; des chansons, qu’il interprète d’une voix gémissante, maladive, brisée par l’émotion. Trois titres, cependant, montrent un visage moins pessimiste. Tout d’abord, l’allègrement cuivré " Until the led ", " Mysterious tunnel ", corrodé de claviers dylanesques circa Band, et enfin le final " Old hotel ", sorte de rencontre improbable entre Johnny Cash et Labradford. Pourtant, le meilleur titre à nos yeux reste " Woodrow Wilson ", beau et déchirant à la fois, comme s’il avait réalisé la fusion parfaite entre les Aints d’Ed Kuepper et le Red House Painters…

 

Guy Chadwick

Lazy, soft & slow

Enfin, le premier album solo de Guy Chadwick vient de sortir. Depuis le temps qu’on l’attendait, on commençait vraiment à désespérer. Et l’attente n’aura pas été vaine, puisqu’il est tout bonnement excellent. Oh oui, bien sûr, le ton est beaucoup plus cool, plus intimiste. Normal, lorsqu’on sait que Robin Guthrie (Cocteau Twins) assure la production et se réserve la basse, sur la plupart des morceaux. De trace manifeste de House Of Love, on n’en trouve plus que sur le seul, et par ailleurs savoureux " You’ve really got a hold on me ". Si les dix autres fragments baignent dans une mélancolie ouatée, bercée par la voix frêle, envoûtante de Guy, dont le timbre nous fait de plus en plus pense à celui d’Al Stewart, " Soft & slow " et " This strength " sont pimentés par une pedal steel guitar, " Song for Gala " et la cover signée Pop/Bowie, " Fall in love with me ", sont tramés sur fond d’accordéon et de bongos, " Wasted in song " hanté par un violon lancinant et " One of these days " arrosé par les vagues chaudes d’un hammond. Plus remarquable encore, " Crystal love song " est profilé sur les cordes de guitare ondoyantes et les claviers insidieux ; alors que le comble du raffinement dans le traitement des cordes semi-acoustiques est atteint lors du final, " Close your eyes "... Un must !

The Catchers

Stooping to fit

Depuis l’enregistrement de leur premier et superbe album " Mute ", le combo irlandais a engagé un guitariste supplémentaire. Ce qui fixe leur nouveau line up à un quintette. Et permet inévitablement d’enrichir la texture sonore des compositions. Mais paradoxalement, la musique en devient à la fois plus éclectique et plus intimiste. A cause, notamment, du recours plus fréquent à la ‘six cordes’ acoustique. Comme sur ce deuxième opus, " Stooping to fit ". Un disque qui a été enregistré dans les studios de Cocteau Twins, mixé dans ceux de Mute et coproduit pat Dale Grundle, leader des Catchers assisté par Paul Kendall réputé pour ses collaborations avec Nick Cave et Depeche Mode. Quant aux arrangements de cordes et de cuivres, ils ont été confiés à Robert Kirby, dont la réputation d’orfèvre en la matière, remonte aux albums de feu Nick Drake, " Five leaves left " et " Bryter layter ". Ce qui vous donne une petite idée du raffinement des chansons de cet elpee. Abordées le plus souvent dans l’esprit d’ " Everything must go " d’REM, mais aussi dans celui plus syncopé de Prefab Sprout, lorsqu’elles ne concèdent pas leur fragilité à la technologie moderne, et notamment au dub. Ce qui, à notre humble avis, est une erreur. Surtout lorsque les méditations vocales d’Alice Lemon et de Dale Grundle sont cruellement triturées par un horrible vocodeur.
 

 

Catatonia

International velvet

Ce qui frappe directement chez cette formation issue de Cardiff, c’est la voix de Cerys Matthews. Une voix étonnante, trempée à la fois dans le miel et la tequila, dont le timbre oscille quelque part entre celui de Mélanie et de Björk. Mais après plusieurs écoutes, on se rend compte que le support instrumental ne manque pas d’allure. Epousant à merveille les arabesques vocales de Cerys, sans pourtant négliger l’aspect mélodique. Que l’on pourrait qualifier de britpop effervescent. Dans l’esprit d’Echobelly et de Super Furry Animals, autre formation galloise; mais en moins psychédélique. Catatonia privilégie les guitares tantôt sémillantes, lacérantes, gémissantes, atmosphériques ou délicates, les accès de basse ondulatoires, entêtants, les drums arides, presque mécaniques ; infiltrant régulièrement le tout de claviers à la saveur new wave et d’effets technologiques audacieux, du meilleur effet, un peu comme chez Portishead. Pourtant, cet opus s’achève par trois compositions qui explorent un registre davantage acoustique, tantôt à l’aide d’une guitare sèche, tantôt au piano, comme sur le tendre et passionné " My selfish gene ". Pour enregistrer son deuxième album, Catatonia a, en outre, reçu le concours de Tommy D (Sugarcubes, The Shamen), à la coproduction…

 

Cat Power

Moon pix

Réponse féminine à Will Oldham de Palace et à Bill Callahan de Smog, Chan Marshall, alias Cat Power, en est déjà à son quatrième album. Un disque pour lequel elle a reçu le concours des deux tiers de Dirty Three, soit le guitariste Mick Turner, et le drummer Jim White, alors que lors de l’enregistrement de son opus précédent, ce sont Tim Foljahn (Two Dollar Guitar) et Steve Shelley (Sonic Youth) qui lui avaient servi de backing group. Pourtant, ces remaniements n’influent en rien sur la musique de Cat Power. Toujours aussi intimiste, ténébreuse, taillée dans l’émotion la plus pure et la plus dépouillée. Onze titres partagent ce " Moon pix ", onze compostions austères, lo fi, minimalistes, qu’elle chante d’une voix gémissante, fragile et puissante à la fois, en marchant sur une corde tendue entre la lucidité de ses textes introspectifs et le monde crépusculaire du folk hanté. Elle y révèle tantôt ses racines sudistes (" You may know him "), lorsqu’elle n’épanche pas toute sa férocité, avec tendresse, à l’instar de " Metal heart ". Mais les chansons qui nous avons le plus appréciées sortent quelque peu de ce contexte. Tout d’abord, l’hypnotique " Cross bones style ", le mystérieux, spectral, " He turns down ", et puis l’hymnique " American flag "…

 

Carrie

Fear of sound

Lorsqu’on écoute la musique de cet ensemble cosmopolite, au sein duquel on retrouve l’ex-bassiste d’EMF, Zac Foley, on se demande pourquoi il a adopté pour nom, le titre de ce célèbre film d’épouvante, commis en 1970 par Brian De Palma, un long métrage qui mettait en scène l’anti-héroïne Sisy Spacek ? Une musique que nous pourrions qualifier de power pop limpide, dont le soin apporté aux harmonies vocales nous rappelle les Beach Boys. Les mélodies contagieuses sont presque aussi légères que chez les Undertones. Et l’instrumentation très équilibrée, fouettée, à l’instar d’un Radiohead, d’un Jane’s Addiction, d’un Weezer ou même parfois d’un Nirvana au sommet de son art, par des cordes de guitare vivifiantes, cinglantes. C’est en se penchant sur le contenu des lyrics que l’on comprend mieux les raisons de ce choix. Steve Ludwin, personnage issu du sud profond des States, qui cumule les fonctions de compositeur, de chanteur et de guitariste, en est le principal responsable. Des textes sombres, torturés, qui paradoxalement, alimentent de parfaites pop songs. Pas pour rien, que Ted Nicely, (Girls Against Boys, Fugazi) a accepté d’en assurer la production…