L’appel à débrancher des Burning Heads

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Ora Cogan

Gogolfeest 2020 : vendredi 31 janvier

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Le Gogolfeest est un festival organisé par Gogolplex, une structure qui compte 10 années d’existence. Elle propose de venir fêter cet événement, en famille, au Recyclart (rue de Manchester à Molenbeek), car le VK est en réfection pour 24 mois. Tous les bénéfices seront reversés à la fondation Gogolplex Vidéo qui contrôle le financement du développement artistico-culturel bruxellois dans la capitale européenne. Pour cette année, le festival est partagé entre concerts et Dj sets, mais, festivités oblige, la consommation de boissons et saucisses est également au menu gastronomique. Sans quoi, à l’affiche musicale figure Stikstof, Juicy, Témé Tam, Les Pandores et parmi les Djs, Vega, YZ, Franco Néro, New Smile, Deer Pony et Alvarez. Mais votre serviteur s’est avant tout déplacé pour Juicy et Témé Tam.

Témé Tan entame les hostilités à 20 heures. C’est le projet de Tanguy Haesevoets. Né quelque part entre Kinshasa et Bruxelles, il a été bercé par les rythmes africains, au cours de sa jeunesse. On l’avait découvert en première partie du duo cubain Ibéyi, à l’Ancienne Belgique. Une prestation décevante, il faut le reconnaitre. En fait, il était venu seul avec ses machines. Ce soir, il est soutenu par trois musicos. En l’occurrence Maï Ogawa aux synthés (Alec et les Japonaises), Mathieu Vandermolen à la basse et la guitare ainsi que Gérard Dubru aux percussions. Les vêtements de ces derniers sont de couleur rouge, alors que Tanguy a opté pour le brun et le gris ; mais ce sont ses chaussures qui focalisent les regards. A leur disposition, il y a pas mal de percus africaines, mais également un ukulélé, une mini-guitare électrique et une semi-acoustique.

La formation est installée en carré au milieu de la fosse, jute devant la table de mixage. Elle rôde ce set acoustique depuis deux bons mois. Il s’agit d’ailleurs de la quatrième prestation sous cette configuration. Tanguy chante sans micro, et se sert d’une gratte, d’un ukulélé, de percus et d’un mpd. L’instrumentation ondule en sourdine, lorsqu’il pose sa voix sur ses chansons. Le set s’ouvre par une nouvelle composition. Précieuse, indolente et atmosphérique. Moment au cours duquel on entendrait presque une mouche voler. Outre 5 titres inédits, il va interpréter, sous une forme plus lente et unplugged, ses tubes « Se Zwa Zo », « Améthys », « Ça va pas la tête ? » et « Matiti », un morceau qui clôt un set captivant, au cours duquel il a permis à notre esprit de voyager entre le Congo et le Brésil, en passant par les Antilles, à travers sa tropical pop, qui plonge ses racines dans la world music et le groove africain, et qu’il épice de nu-soul, de funk, de hip hop, de zouk et de rumba…

Place ensuite à Juicy. Sasha Vovk et Julie Rens forment ce duo explosif, déjanté et un peu féministe. Un premier opus est en préparation et de larges extraits devraient être révélés le 28 avril prochain, dans le cadre des Nuits Botanique…  On annonce même 23 musicos sur les planches, pour cette soirée !

Dans une mise en scène sauvage et désinvolte, les filles font leur entrée, vêtues de pantalons blancs à franches, bodys noir sexy et vaporeux. La salle est bien remplie. La foule se laisse rapidement entraîner par les rythmes hip-hop ainsi que les voix soul/r&b des deux chanteuses. Mais également leur enthousiasme, leur humour au second degré ainsi que leur gestuelle. Les filles vont nous réserver leurs inévitables déhanchements sensuels, les exercices de gymnastique avec le balancement de la jambe d’avant en arrière, la petite pique adressée à Théo Franken, un light show dominé par le rouge et le blanc, assumer une rituelle panne de matos (pied de percu électronique de Julie qui rend l’âme), afficher leur capacité à interchanger leurs instruments, et achever leur prestation par l’excellent « Count Our Fingers Twice ».

Riches, leurs compositions puisent leurs sources dans le jazz. Si la progression des morceaux surprend et déstabilise parfois, on se laisse vite emporter par les voix envoûtantes de Julie et Sasha. Seules sur scène, elles sont à l’aise sur chacun de leurs instruments, que ce soit la guitare, le piano, le synthé, ou la batterie électro… Elles s'en amusent en échangeant leurs rôles au beau milieu des titres. En totale osmose, on assiste à un spectacle coloré et à une expérience musicale de qualité. Le public est conquis comme à chaque concert des filles. On a même droit à une nouvelle compo puissante et envoûtante, « I’m The One ». Ravi votre serviteur vide les lieux avec son fils et son pote, devenus depuis, également aficionados, et prennent alors le chemin du retour, des étoiles pleins les mirettes. Vivement les Nuits Botanique!

 Setlist : « Mouldy Beauty », « Seed And Ride », « Not A Hard Nut To Crack », « What You Can’t Confess », «I Wanna, Yes, I Wanna », « Mama Told Me », « See Me Now », « I’m The One », « Count Our Fingers Twice ».

Juicy + Témé Tan

(Organisation : VK et Gogolflex)

Nick Cave

Conversations with Nick Cave : une soirée surréaliste et émouvante…

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Trois mois avant son passage prévu (et déjà complet) au Sportpaleis, en compagnie de ses Bad Seeds, Nick Cave nous gratifiait d’un double spectacle plus intimiste, baptisé ‘Conversations with Nick Cave’, au Bozar. Un concept que l’Australien avait déjà présenté chez nous, à de Roma, fin mai 2019. Une prestation alternant récital et jeu de questions et réponses (parfois farfelues), clôturée par une séance de dédicaces. Le tout pendant 3 bonnes heures. Compte-rendu d’une soirée émouvante et parfois surréaliste.

Il s’agissait d’arriver bien avant l’heure afin de frayer un passage à travers les couloirs du Bozar, ce vendredi soir. Et aussi se laisser guider, à plusieurs reprises, par des hôtesses pour trouver son siège. En effet, une bonne dizaine d’entrées (non fléchées) s’ouvrent sur cette salle Henry Le Boeuf. Un auditoire d’une capacité de 2 000 places (toutes assises), réparties entre plusieurs balcons, deux parterres (légèrement superposés) et une grande scène sur laquelle des tables étaient dressées afin d’accueillir une petite centaine de privilégiés.

Après une intro préenregistrée, Nick Cave opère une entrée sobre sur les planches et s’installe derrière son piano pour interpréter une version originale de « Papa Won't Leave You, Henry », bien que moins enragée que de coutume.

Tel un maître de cérémonie l’artiste va ensuite expliquer les règles de la représentation. Il nous précise qu’il s’agit de la toute dernière de cette thématique consacrée à ‘Conversations’. Lancées après un événement tragique (NDR : la disparition de son fils de 15 ans), ces soirées lui ont servi de thérapie. Et une occasion pour les fans de témoigner leur affection après l’ouverture du blog The red hand files.

Ce soir, les questions des spectateurs sont relayées via une dizaine de stewards répartis dans la salle, et équipés de bâtons lumineux. Steward que pointe ensuite Nick Cave lorsqu’il veut choisir un spectateur (et une question).

Il garde une certaine distance avec les groupies, en précisant qu’il refusera les demandes de photos ou les envahissements de podium, mais réservera du temps, en fin de parcours, pour accorder des autographes.

Une demande bafouée dès la première question, par un spectateur qui lui demande directement de le rejoindre sur l’estrade. La réponse est sans équivoque : ‘No’. Ou encore une autre sollicitation d’une dame qui lui propose de l’accompagner au piano. Proposition qu’il décline également. Un peu plus tard, une autre spectatrice insiste pour lui offrir des fleurs. Il accepte cette fois-ci, mais décline la bise associée. Un peu plus tard encore un autre audacieux retente sa chance en demandant un autographe. Nick accepte mais précise que ce sera ‘the last one’.

Après les plus lourdingues, place ensuite aux questions plus profondes, comme cette d’un fan qui précise écouter sa musique dans ses périodes de spleen, et demande si c’est aussi une façon pour l’auteur d’atténuer sa tristesse ? ‘Ma musique m'amène à un point plus haut. Je laisse souvent place à mes sentiments. Et je travaille beaucoup, chaque matin en essayant de les ressentir au mieux’ répond-t-il dans les grandes lignes. Un interlude (im)prévu se déroule ensuite (NDR : il a été préalablement approuvé par Cave). En l’occurrence une demande en mariage sur l’estrade. Nick précise que le futur marié doit ramener sa promise dans ses bras. Lequel, n’aura pas froid aux yeux, et s’exécutera sous une salve d’applaudissements.

Et on n’a guère le temps de s’ennuyer car les compos s’enchaînent également, dont le toujours émouvant « Into my arms » et le plutôt rare « Where's the Playground Susie ? ».

Une spectatrice surprend ensuite l’auditoire (qui ne sait trop comment réagir) en prétendant avoir vu Jésus et s'être sentie dans une autre dimension. Elle demande si Nick a déjà entendu ce genre de témoignage. Au début, l’Australien tourne la situation en dérision et le public s’en amuse. Mais elle garde son sérieux et prétend l’avoir réellement aperçu, jetant un peu un froid dans l’auditoire. Nick retrouve alors son flegme, en citant l’importance des convictions. La foule applaudit alors poliment.

Autre moment particulier, ce témoignage d’une veuve qui a accompagné son mari jusqu’à la mort (avec comme chanson culte « The ship song »). Suite à quoi le chanteur montre beaucoup de compassion en parlant de l'absence d’un être aimé. Et enchaîne directement et judicieusement par cette compo, soutenu par le public sous le coup de l’émotion.

D’autres questions plus classiques s’invitent au cours de la soirée comme celles relatives à ses inspirations pour les compositions de son dernier elpee. Suite logique, il attaque ensuite « Waiting for you », interprété comme lors d’une cérémonie religieuse.

Une personne handicapée dans la foule, s'exprimant difficilement, l’interpelle ensuite. Elle lui signale être née le même jour que lui, et lui propose, de manière touchante, de prendre un verre après le concert. Un autre moment chargé d’émotion vu la spontanéité manifestée par les deux interlocuteurs.  

Durant la soirée, outre la déprime et la mort, il aura aussi été beaucoup question de mariages, et de chansons qui s’y rapportent. Et dans ce contexte, « Are you the one I've been waiting for ? » est logiquement exécuté.

Notre homme rend aussi hommage au peintre grec Stefanos Rokos qui a réalisé, il y a 17 ans, pas moins de 14 peintures associées à l’album « No more shall we part ». A propos, une exposition est toujours ouverte à Anvers (Bernaerts Gallery) jusqu’au 9 février. Signalant au passage que ces compositions peuvent grandir auprès de chaque mélomane qui la comprend à sa façon.

Le timing semble ensuite dicté par un manager (aussi garde du corps par moment) en sentinelle sur le côté de la scène. Celui-ci n’hésite pas à signaler au leader de se lancer dans ses chansons ou de débuter l’encore. (NDR : dommage, car sans ces contraintes, Nick aurait encore laissé davantage libre cours à ces échanges).

Le rappel va cependant réserver de belles improvisations, et quelques inédits comme « Palaces of Montezuma » (Grinderman) ou encore « Shivers » (NDR : de ses jeunes années passées au sein de Boys Next Door).

Vu la durée du spectacle (plus ou moins 3 heures quand même), on peut affirmer que les spectateurs en ont eu pour leur argent (NDR : même si le prix des entrées était plutôt exorbitant). Et à ce titre, rappelons quand même l’intervention, sans langue de bois, de Cave, en début de set. Il était scandalisé en apprenant que des personnes situées au niveau de la scène avaient dû payer un supplément. Et que d’autres qui devaient s’installer à cet endroit s’étaient vues relégués sur des sièges en parterre au dernier moment. Promettant au passage de discuter avec le promoteur d’un éventuel remboursement.

Enfin pour être complet, saluons aussi la patience manifestée par l’artiste lors d’une séance de dédicaces depuis le podium qui s’est prolongée pendant un bon quart d’heure après la fin du show…

Setlist : « Papa Won't Leave You, Henry », « God Is in the House », « The Mercy Seat », « Avalanche », « Into My Arms », « Where's the Playground Susie? », « The Ship Song », « Waiting for You »,« Jubilee Street », « (Are You) The One That I've Been Waiting For? », « Sad Waters », «Love Letter ».

Rappel: « Fifteen Feet of Pure White Snow », « Palaces of Montezuma », « Shivers », « Stranger Than Kindness », « Skeleton Tree ».

(Organisation : Bozar)

Kevin Morby

Aussi à l’aise au sein d’un groupe qu’en solitaire…

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Kevin Morby a marqué l’année 2019 de son empreinte, en gravant un superbe cinquième album intitulé “Oh my God”. Depuis, le Texan d’origine enchaîne les concerts en Europe et aux USA. Ce mardi soir, dans la nouvelle salle cosy du Grand Mix, Morby entame sa nouvelle tournée française. Pour la circonstance, il a laissé son backing group à la maison. Le public français (et belge) a répondu présent, puisque le club est comble.

Pour assurer la première partie, Kevin Morby a embarqué l’une de ses connaissances ; en l’occurrence Justin Sullivan (NDR : ne pas confondre avec le chanteur/guitariste et leader du New Model Army), aka Night Shop. Ce n’est autre que l’ex-drummer de The Babies, la formation au sein de laquelle Morby s’est fait connaître avant d’intégrer Woods. L’ancien batteur s’est donc concerti en songwriter. Justin grimpe sur les planches vers 20h30. Il est seul armé de sa sèche et va nous livrer des ballades bien folk. Ses morceaux baignent ainsi dans un style, il fallait s’en douter, qui rappelle Kevin Morby, mais dont les influences oscillent entre le Velvet Underground et Bob Dylan. Une parfaite entrée en matière pour cette soirée.

Vers 21h, les lumières s’éteignent. Vêtu d’un costume blanc floqué dans le dos du titre de son dernier opus, Kevin Morby monte seul sur l’estrade sous les applaudissements de la foule, et s’installe derrière son clavier. Et entame son set par “Oh My God”. Dès la chanson terminée, il enfourche sa guitare pour interpréter ses derniers tubes, dont “Congratulations”, “Hail Mary”, “Savannah” ou encore “Nothing Sacred/All Things Wild”. L’artiste parvient à contrebalancer le minimalisme instrumental par une imposante présence scénique. En outres ses compos sont d’une efficacité redoutable. Le natif de Lubbock prend manifestement plaisir à jouer de la gratte et sa joie est communicative. Après plus d’une demi-heure de récital, alors que l’atmosphère, au sein du club, est à son point culminant, Justin Sullivan, son ancien compère, le rejoint et s’installe derrière les fûts. Kevin Morby entame alors un survol de sa discographie en réservant notamment à l’auditoire des titres tels que “All of my Life” ou encore le superbe “I Have Been to the Mountain”. Au bout d’une heure de concert, les deux musiciens tirent leur révérence. Mais quelques minutes plus tard, ils reviennent sur le podium, pour accorder, en guise de rappel, “Harlem River”.

En un peu plus d’une heure, Kevin Morby a démontré qu’il était aussi à l’aise au sein d’un groupe qu’en solitaire. En outre, la richesse de son répertoire et ses qualités de musicien prouve qu’il figure parmi les meilleurs songwriters de sa génération…

(Organisation : Le Grand Mix)

Beak>

Un excellent concert… mais on n’a rien vu…

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Dans le cadre du vingtième anniversaire de l’Aéronef, les organisateurs ont eu l’excellente idée de programmer Beak> pour la modique somme de trois euros. A ce prix-là, pas étonnant que les places se soient écoulées rapidement. Ainsi, ce mercredi soir, le trio de Bristol investissait la salle lilloise (seule la moitié de la salle était accessible) alors qu’il n’a rien sorti depuis son excellent album simplement intitulé “>>>”, en 2018…

C’est TAU qui se charge d’ouvrir les hostilités. L’Irlando-allemand Sean Mulrooney est le leader de cette formation qui implique quatre autres musiciens et propose une forme de folk-rock psychédélique qu’elle enrichit de chants chamaniques, de percussions tribales, tout en laissant transparaitre des influences irlandaises… Le cocktail est surprenant et a le mérite d’attirer l’attention du public. Le groupe quitte la scène après une petite heure de set…

Il est 21h20 lorsque les lumières s’éteignent. La salle est comble. Geoff Barrow (ex-Portishead) est installé derrière ses fûts sur la gauche de la scène. Au centre, assis sur un siège, Billy Fuller se charge de la basse, alors que Matt William se plante à droite, derrière son synthé. Vu la hauteur insuffisante du podium, les opportunités de pouvoir apercevoir les musiciens sont plutôt minces. A moins d’avoir la taille d’un basketteur… Il faudra donc se contenter des quelques lumières ajustées sur les amplis et de la musique. Heureusement, en la matière, les trois Anglais excellent. Leur son est parfait et reconnaissable entre mille. Le band parvient à mêler subtilement électro et krautrock. Bien que n’ayant pas accès au spectacle visuel, le public semble transporté et nombreux sont les fans à se dandiner. A l’aide de riffs de basse tantôt hypnotiques, tantôt incisifs, une batterie précise et des claviers alternant les ambiances atmosphériques et les rythmes de club, Beak> parvient à subjuguer le public. Il enchaîne des titres d’une efficacité redoutable tels que « Wulstan II », « Brean Down » ou encore « Allé Sauvage ». Les Anglais se montrent même affables avec l’auditoire, en souhaitant, par exemple, un joyeux anniversaire à l’Aéronef ou en regrettant le Brexit à venir. Seule ombre au tableau, une petite altercation entre les musicos et un spectateur apparemment trop bavard lors de l’introduction de « When we fall II ».

Si la scène avait été réhaussée de quelques dizaines de centimètres, on aurait pu décréter une soirée parfaite. Néanmoins, il faut avouer que musicalement, Beak> évolue dans les hautes sphères du rock britannique…

(Organisation : Aéronef)

Ottla

Du jazz pour grand public…

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Issu du Nord de la Belgique Bert Dockx est un musicien hyperactif. Depuis de nombreuses années, il s’illustre à travers d’innombrables concerts et en soignant sa discographie. Dans un style qui oscille entre noise, jazz, blues, rock et folk. Que ce soit au sein de Flying Horseman ou de Dans Dans, le natif d’Anvers n’a jamais déçu. On avait dès lors hâte de découvrir son projet baptisé Ottla, un projet que l’artiste avait monté lorsqu’il était encore étudiant au conservatoire de Bruxelles. Une formation qu’il a ressuscitée pour le bonheur des aficionados. Si l’Anversois jouit d’une certaine notoriété sur la scène jazz/rock, il faut bien constater que ce mercredi soir, la Rotonde n’accueille qu’un public plutôt clairsemé.

Il est près de 21h15 lorsque les membres de Ottla grimpent sur les planches. Soit deux saxophonistes, un contrebassiste et deux drummers, outre Bert à la guitare. Et bien évidemment, c’est lui qui mène la barque. D’emblée, on se rend compte que les différents musicos possèdent de remarquables qualités techniques. D’ailleurs, jamais à l’abri d’improvisations opérées par le chef d’orchestre, ils suivent les échanges impeccablement. Les morceaux défilent et passent rarement sous les dix minutes. La contrebasse imprime un motif hypnotique sur lequel les saxophones et la guitare viennent se greffer pour lui donner du relief, tout en s’autorisant quelques coups de griffe. Les musiciens alternent moments paisibles et passages sublimes, tout en puissance. Ce qui ne les empêche pas, comme tout jazz band qui se respecte, de se réserver des intermèdes expérimentaux, laissant parfois l’auditoire totalement médusé. En une bonne heure, non seulement ils ont démontré la parfaite maîtrise de leurs instruments, développé de superbes riffs, prouvé que le jazz peut se révéler abordable et qu’il n’est pas uniquement réservé à une ‘élite’...

Si vous avez manqué ce concert, rassurez-vous, Bert Dockx sera de retour au Botanique au sein de son Flying Horseman, le 2 mai dans le cadre des Nuits Botanique.

(Organisation : Botanique)

Bon Iver

I,i

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On ne présente plus Justin Vernon, aka Bon Iver, artiste qui a gagné le droit de suivre ses instincts depuis le carton surprise de son premier album, le sublime « For Emma, Forever Ago », une œuvre au folk boisé. Et l’Américain n’a d’ailleurs pas hésité à approfondir ses aspirations les plus aventureuses sur « 22, a Million », un elpee sorti en 2016. Inclassable, sa nouvelle et 4ème livraison, « I,i » mixe ces derniers aux mélodies les plus cristallines, mais dans un esprit général plus optimiste ; à l’instar du single lumineux « Hey, Ma ». Entre folk, r’n’b futuriste (« Imi », « We ») et expérimentations autotunées (« Naeem » au final bouleversant), les textures sont riches (saxo, cordes et samples), mais les mélodies émergent malgré la frustration de morceaux s’évaporant avant d’avoir pu donner leur quintessence. Notons que quelques invités de marque s’invitent au générique tels que Moses Sumney, James Blake ou les frères Dessner (The National). Bon Iver, un artiste décidément unique et précieux.

WIVES

So Removed

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Un groupe qui entame son elpee par un brûlot tel que « Waving Past Nirvana » ne peut que m’être sympathique ! Le post-punk de WIVES libère d’ailleurs quelques effluves 90’s très plaisantes. Mais les morceaux de ces jeunes musiciens sont avant tout totalement new-yorkais dans le son ! Le quatuor mené par Andrew Bailey (ex-DIIV) et James Beach semble posséder une foi inébranlable dans sa musique comme au plus beau temps du rock indie. On pense aux Ramones (« Whatevr »), au glam rock (le réjouissant « Hideaway »), à Sonic Youth (« Why is Life ») ou même au Velvet (le plombé « Workin’ »). Mais « So Removed » est avant tout un excellent album de rock réalisé avec la fougue et la morgue des premiers albums des Strokes…

Lee Evans

Mississippi Flood

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Lee Evans a commencé à jouer de la batterie à l’âge de 10 ans. Et de la guitare électrique à celui de 11. Affichant aujourd’hui 24 ans printemps, il nous propose aujourd’hui son premier Ep, « Mississippi flood ». Et vu le titre, vous vous doutez que le blues constitue une influence majeure pour ce jeune Américain. Après avoir écouté ce disque, on parlera plutôt de blues/rock. Certains sont cependant davantage blues, et d’autres plus rock voire garage, à l’instar du frénétique, « Always in the hurry ». Plage qui ouvre la plaque, elle nous plonge dans un garage réminiscent des Stooges voire de MC5. Plus classique, « Foreign girl » s’inspire manifestement de John Lee Hooker ; à cause de cette trame en boucle, alors que l’instrumental « Ballad of the Mississippi flood » évoque plutôt la partie la plus atmosphérique de l’« Albatross » du Fleetwood Mac. Les trois autres pistes adoptent un ton plus contemporain. Si « Song of inspiration » aurait pu figurer au répertoire des White Stripes, « Ain’t no beggar man » et l’excellent et fiévreux « New ground » sont carrément hantés par le Gun Club ; même la voix s’y révèle aussi écorchée que celle de Jeffrey Lee Pierce. On attend un véritable album avec impatience…

Soundwalk Collective with Patti Smith

Farewell

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Fondé par Stephan Crasneanscki, à New York, au tout début du millénaire, Soundwalk Collective est un collectif expérimental qu’a rejoint Simone Merli en 2008.

La formation puise son inspiration au sein de lieux spécifiques, naturels ou artificiels, et nécessite de longues périodes de voyage d'investigation et de travail sur le terrain.

Parmi les collaborateurs éminents figurent le musicien de jazz éthiopien Mulatu Astatke, le photographe américain Nan Goldin, le réalisateur franco-suisse Jean-Luc Godard, le père du mouvement hip hop Afrika Bambaataa et la chanteuse, auteure-compositrice et poétesse américaine Patti Smith. Le collectif a également réalisé des partitions originales pour la chorégraphe de danse contemporaine, Sasha Waltz.

Pour concocter cet opus, Le Soundwalk Collective s’est rendu au Mexique, dans la Sierra Tarahumara, sur les traces du périple d’Antonin Artaud (1896 – 1948), poète surréaliste, dramaturge, opiomane et théoricien français, afin de capturer l’esprit du peuple Rarárumi et surtout mettre en boîte des sons (chants, tambours traditionnels, etc.), avant de les retravailler en studio. Puis Patti Smith a été invitée à déclamer les visions hallucinogènes du Marseillais. Le résultat a ainsi été gravé sur ce « Farewell », une œuvre austère et difficile à assimiler pour tout mélomane lambda. Dommage que le single, « Ivry », ne figure pas sur la plaque. C’était la seule compo signée par l’icône du punk. Elle y chante et l’instrumentation organique y est bien plus en phase avec l’univers du rock et de la pop.

Marcel et son Orchestre

Hits, hits, hits, hourra !

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Marre de cette grisaille qui vous colle au train du matin au soir ? Vous en avez assez du spleen qui vous tanne dès l’aube ? Alors, Marcel et son Orchestre pourraient vous aider à retrouver un peu de joie de vivre.

Originaires de la région Hauts-de-France, Marcel et ses sbires font dans la déconne depuis 1986, en proposant des compos de rock festif qui véhiculent des accents punk et ska.

Séparée en 2010, usée par le rythme effréné des tournées, la formation renaît en 2017 pour quelques dates seulement avant de disparaître à nouveau pour mieux revenir sur le plan médiatique grâce à ce « Hits, hits, hits, hourra ! ».

Cet (ultime ?) hommage propose un condensé de bonne humeur en revisitant 26 morceaux sous un angle contemporain et 22 inédits, de quoi dresser le bilan de 33 années d’une carrière aussi riche que surprenante.

Cet ouvrage est loin d’être une blague facile. Disgracieuses à souhait, les compos puent le dixième degré sous un air faussement léger ! Mais ne manquent jamais d’originalité. En se servant d’une musicalité pétillante et de textes à l’opprobre miraculeux, ils décrivent des faits de société avec un humour pleinement assumé. C’est sérieux sans vraiment s’y prendre.

Il faut voir cet opus comme une recette où tous les ingrédients nécessaires sont réunis pour faire naître un vent libérateur, à l’instar du Carnaval de Dunkerque dont la bande revendique l’appartenance sur scène en arborant costumes et froufrous colorés.

Ce disque est à écouter pour ce qu’il est : une farce rigolote, curieuse et sérieuse dont on se plait à écouter les complaintes.

Bref, glissez ce CD dans votre lecteur et laissez-vous charmer par cette signature artistique iconoclaste. C’est résolument absorbant.

En finalité, tout est bon… dans le bouffon !

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