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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Dernier concert - festival

The Cure
Biohazard 8/8/26

Gigantic

Disenchanted

D'après les déclarations récoltées auprès des musiciens de Gigantic, Kilburn est la vile d'Angleterre la plus marquée par la crise économique. Le taux de chômage, de SDF, de pauvreté, de corruption, d'alcoolisme, de répression y serait le plus élevé. C'est en tous cas ce que le chanteur Nick Marsh et le guitariste Rocco Barker nous racontent à travers les lyrics de leurs chansons. Et ils savent de quoi ils parlent, puisque cet environnement défavorable, au sein duquel ils ont vécu toute leur jeunesse les a marqués au plus profond de leur âme. Un réquisitoire que le groupe profère sur une musique tempétueuse, âpre, violente. Mais que nous estimons, nonobstant les (trop) rares clins d'œil au punk pop de Manic Street Preachers, beaucoup trop prostituée au grunge. Celui de Soundgarden circa " Superunknown " lorsque l'expression s'envenime. De Stone Temple Pilots, dès que le tempo s'alanguit. Nick Marsh possède, en outre, un timbre vocal aussi écorché que celui de Weiland, mais sans toutefois parvenir à en libérer la totalité de son potentiel émotionnel. Bien qu'ayant choisi pour patronyme le titre d'une chanson des Pixies, Gigantic ne manifeste son inclination que pour le seul " Throw you out my window ", mais l'élan popcore est instantanément récupéré par des accents glamoureusment glitteriens…

 

Giant Sand

Goods and service

Officiellement, en dix années d'existence, Giant Sand n'a jamais fait l'objet d'un album en public. Officieusement, il existe bien l'un ou l'autre bootleg. Mais en général, ces enregistrements sont d'une qualité médiocre. "Goods and service" comble enfin cette lacune. Un disque constitué de prises "live" réalisées en 1995 tantôt à Tucson, à Ragensburg, New York, Berlin ou New York. Dix titres dont quatre inédits. Une cover du "You're so vain" de Carly Simon, pour laquelle il a reçu le concours de Vic Chessnut (NDR: encore!) au chant, et un tribut à Thin lizzy. "Warm Storm", qui figurait déjà sur l'elpee "Purge & Slouch". Tout comme Jimi Hendrix, Howe Gelb a toujours accordé une part importante à l'improvisation. Dans son style, bien sûr. C'est à dire le garage. Mais un garage infesté de blues, de jazz et de country. Ce qui explique pourquoi certaines compositions atteignent l'intensité crazyhorsienne de Neil Young, alors que d'autres privilégient les sonorités énigmatiques... Claviers discordants, accords capricieux, harmonica décharné, steel guitar indolente, projettent alors dans votre subconscient des images de l'Arizona dont les villes fantômes sont balayées par le vent du désert...

 

Geggy Tah

Sacred Cow

Les multi-instrumentistes Greg Kurstin (Geggy) et Tommy Jordan (Tah) sont les têtes pensantes de ce trio californien qui voue une affection profonde aux chiens. Un attachement que la formation manifeste à travers les photographies du booklet de son premier album, mais aussi et surtout dans le contenu des lyrics qui traitent presque exclusivement de la race canine. Et leur musique ne manque pas de pedigree mélodique, mordant dans le funk, le jazz, la world, la lo fi, le classique et le reggae blanc. Une pâtée sonore éclectique, dont le parfum atmosphérique, subtil, mélancolique, rappelle Satchel, voire Pigeonhead; le falsetto de Greg, très proche de celui de Shawn Smith, accentuant cette impression. Mais une musique dont la texture est tellement riche qu'elle est susceptible d'épouser tantôt une forme plus pop, plus juvénile, plus contagieuse, à l'instar de Weezer, ou de s'évader dans l'underground capricieux de Pavement...

 

James Hall

Pleasure club

Mi 95, cet ex-Mary My Hope commettait un premier opus remarquable: "My love sex & spirit". Une œuvre riche en atmosphère, contaminée par le jazz, le folk, le blues, la new wave, le reggae blanc et le white funk. Un disque dont la ligne mélodique reposait essentiellement sur le contraste saisissant entre la ligne de basse pulsante, tendre, les cordes de guitares effilées, jaillissantes, acides, et le vocal passionné, passionnel de Hall. Aussi lorsque nous eu vent de la sortie de son deuxième album, nous nous sommes mis à rêver de sa prestation éblouissante accordée au festival de Dour l'an dernier... Espoirs déçus. Ce "Pleasure club" a perdu tout ce feeling naturel, pour accomplir un bond de plus de vingt ans en arrière. Un revivalisme qu'il cultive dans les jardins passéistes de Small Faces et des Stones, à l'instar de Black Crowes. Et même lorsqu'il flirte avec le funk blanc de "Sticky fingers", on a l'impression qu'il ne parvient plus à en retrouver la formule magique. Même la voix a perdu de son amplitude, se contentant trop souvent d'abraser plutôt que de rayonner. Constatation qui touche également le reliftage d'une ancienne composition, incluse sur l'elpee, "So precious". Un symptôme qui nous entraîne à émettre de nettes réserves à l'égard de la production de Phil Nicolo (Urge Overkill, Cypress Hill, Anthrax), dont le choix n'était peut être pas aussi judicieux qu'il n'y paraissait. En tous cas, James Hall nous doit une revanche!

 

Nina Hagen

Freud Euch

Écrit par

Katherine Hagen a connu ses heures de gloire entre 1977 et 1981. C'est à dire en pleine explosion punk. Expulsée de DDR en 1976 pour attitude antisociale, elle émigre alors à Londres. Fréquente Johnny Rotten des Sex Pistols puis les Slits avant de fonder son propre groupe. Il faudra cependant attendre l'aube des eighties, avec "Unbehagen", elpee sur lequel on retrouve notamment la cover du "Lucky Number" de Lene Lovich et surtout l'incontournable hit "African Reggae", pour voir la déesse du post punk sortir de la zone crépusculaire de l'underground. Curieusement. Nina va y replonger du jour au lendemain. Pour y cultiver une image outrancière, provocante, narcissique sur un lit (!) d'artifices. En 1991, sa tentative de come-back, soutenue par Adamski et le Red Hot Chili Peppers, se soldera par un nouvel et cuisant échec... Pour enregistrer "Freud Euch", Nina s'est totalement remise en question. D'abord, elle chante les quinze fragments de cet opus dans la langue de Goethe. Même la cover de Carole King ("Riensenschritt") et celle du Velvet Underground ("Sonntagmorgen"). Ce qui permet à sa voix semi-opératique / semi-possédée de retrouver toute cette violence naturelle, toute cette énergie sulfureuse destinée à infecter tantôt le punk, tantôt le reggae. Enfin, elle bénéficie de la collaboration de Dee Dee Ramone, auteur de quatre compositions. Et ça, c'est une bonne nouvelle!

 

Hugo Chastanet

La formule

Vu l'accessibilité un peu trop facile des chansons qui le compose, cet album n'avait rien pour nous plaire. D'autant plus qu'Hugo bénéficie d'un fameux battage médiatique radio, et qu'il n'a donc nullement besoin d'une faveur quelconque. Après plusieurs écoutes, notre sentiment n'a pas changé. Si ce n'est pour certaines compositions qui nous ont paru quand même intéressantes. Comme par exemple, " La Nacelle ", " Le jour est rouge vif " ou " Le train ". Le reste baigne dans un mélange de Pascal Obispo, Indochine, Marka, Voulzy et consorts. Très agréable à l'écoute, " La formule " sera recommandée aux amateurs de bonne variété. Mais déconseillée à ceux qui ne jurent que par la musique alternative.

 

Rich Hopkins

Dumpster of love

Rich Hopkins est un musicien que nous apprécions beaucoup. Nous ne nous en sommes jamais cachés. Un guitariste qui a sévi successivement chez Sidewinders, Sandbury, puis surtout Underbelly en compagnie de Dave Seger. Pour enregistrer ce "Dumpster of love", il a reçu le concours de près d'une quinzaine de Luminarios, parmi lesquels on retrouve Chris Cacavas. Hormis le superbe instrumental "Time (waits for no one)", partagé entre banjo, piano, guitare acoustique et violon, les dix autres fragments libèrent une inévitable intensité blanche digne des Posies ou d'Eleventh Dream Day. Les cordes de guitare tranchantes, vivifiantes, parfois même "steel" jacassent à qui mieux mieux sur un fil mélodique contagieux. Les harmonies vocales épurent le chant gémissant de Rich. L'opus est en outre ponctué d'une superbe cover de Neil Young, "Powder finger". Appelez ceci garage rock ou post New Mersey Sound, peu importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse...

 

 

Hootie & The Blowfish

Fairweather Johnson

On n’arrive pas toujours à très bien comprendre pourquoi certaines formations talentueuses végètent dans le plus profond anonymat, alors qu'un ensemble aussi quelconque que Hootie & The Blowfish cartonne aux States. Bien sûr, Darius Rucker possède une jolie voix. Un baryton rauque, profond, rappelant tantôt Sam Cooke tantôt Ritchie Havens. Mais les ingrédients de base qui entrent dans la préparation des chansons sont beaucoup trop légers pour la mettre en valeur. Funk pop, rythm'n blues et country & western se délaient en une même solution moelleuse, pour ne pas dire mielleuse. Et sur le nouvel opus de ce quartette du Sud de la Californie, hormis le ‘REMesque’ "Honeyscrew", les treize autres fragments ont un air de déjà entendu qui devrait faire flamber la bande FM. Pas nous!

 

Holy Barbarians

Cream

Le split de Cult à peine prononcé, Ian Astbury refait surface sous la forme d'Holy Barbarians. Première constatation, il peut compter en la personne de Patrick Sugg, sur le concours d'un excellent guitariste. Habile dans l'exercice des pédales de distorsion, il donne une toute autre dimension aux compositions du groupe. Plus guère de trace, d'ailleurs, de post punk dévastateur dispensé sur un mode provocateur, mais un style à l'aspect mélodique particulièrement soigné doublé d'un groove impeccable. Depuis la ballade pop parfumée au ‘new mersey sound’ (Icicle Works?) de "Cream" à l'urban rock hymnique de Steppenwolf, insolitement nappé de synthétisme néo romantique (Ultravox?) de "Space junkie" en passant par le metal saignant, stoogien, consommé sur "Blind", la grandiloquence ‘procolharumienne’ embrassée par "You are there", le sudiste, sculpté dans la steel guitar (Juicy Lucy?) "Bodhisasattva" et le remarquable "Opium". Taillé dans les cordes de guitare reverb, presque surf et imprimé sur un tempo paso doble, cette dernière composition aurait d'ailleurs tout aussi bien pu appartenir au répertoire de Chris Isaak. Sans la voix bien sûr. Celle d'Astbury ; vibrante, acérée, transperçant la mélodie, plutôt que de la caresser...

 

Robyn Hitchcock

Moss elixir

Malgré tout son talent, ce Londonien n'a jamais récolté le succès qu'il aurait amplement mérité. En fait, que ce soit au sein des Soft Boys, flanqué de ses Egyptians ou en solitaire, il a toujours été en avance sur son temps. Bien avant House of Love, il fut un précurseur du renouveau de la pop britannique. Inspiré par Syd Barrett, Robyn véhicule une imagerie qui oscille de la mélancolie rêveuse à l'humour capricieux, morbide. Ses chansons sont ciselées dans les accords de guitare semi acoustiques cristallins, vibrants et caressées par son timbre vocal tendre, légèrement plaintif. Des chansons pop particulièrement soignées qu'il trempe délicatement dans l'acid rock post sixties, ou dans le psychédélisme, si vous préférez. Et malgré la décennie qui vient de passer, Robyn Hitchcock n'a rien voulu changer à la formule. " Moss elixir " n'en est que plus savoureux!