L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Helloween

Time of the oath

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Unique survivant de la vague métallique allemande de la seconde moitié des années 80, Helloween distille un heavy rock qui, s'il ne manque pas de prouesses techniques, détonne dans le paysage hard actuel. Néanmoins, "Time of the oath" comblera de bonheur les fans de l'époque glorieuse du groupe à la bannière potagère (la citrouille). Tout l'attrait passé d'Helloween se retrouve sur les onze plages qui composent ce nouvel opus. Les longs morceaux parsemés de multiples changements rythmiques, le gros heavy mélodique un peu bourrin, et bien entendu l'inévitable ballade mielleuse. Certains groupes en perte de vitesse ont relancé toute une carrière sur base d'une plaquette nettement moins bien ficelée que "Time of the oath". Il reste à Helloween de regagner une crédibilité perdue suite à de trop fréquents changements de personnel.

 

Heliogabale

Yolk

Avec une pochette illustrée par un superbe pétard féminin, prêt à s'asseoir sur un tas de neige décoré par un jaune d'œuf, il fallait s'attendre à un contenu plutôt hard. Peinture et poésie pornographique alimentent d'ailleurs des lyrics aussi subtils que ceux des Nymphs (!). Même que le professeur Cheron devrait apprécier. Musicalement ce "Yolk" navigue quelque part entre le hardcore de Pussy Galore et le noisecore de Sonic Youth. Mais le Sonic Youth de sa période no wave. C'est à dire parfois avec des mélodies génialement bruitistes. Et puis d'autre fois ‘cacophoniquement’ chiantes. Et pas la peine de chercher une quelconque association douteuse. C'est un site musical quoi, pas de cul!

 

The Heads

No talking just head

Ce disque a failli ne jamais sortir. Enfin sous ce titre. Pour la simple et unique raison que David Byrne estimait que le vocable utilisé était beaucoup trop évocateur. Mais si le leader spirituel du défunt et mythique Talking Heads n'avait pas tout à fait tort, il n'a pu faire valoir ses droits. Chris Frantz, Jerry Harrisson et Tina Weymouth, arguant la jouissance des trois quarts du concept. Néanmoins, pour enregistrer cet opus, le trio a dû faire appel à une ribambelle de collaborateurs. Et notamment onze vocalistes différents sur douze compositions; parmi lesquels on retrouve Debbie Harry (Blondie), Richard Hell (Voivoids) Maria Mc Kee (Lone Justice), Shaun Ryder (Black Grape), Ed Kowalczyck (Live), Andy Partridge (XTC) et Gavin Friday (Virgin Prunes). Sans oublier Johnette Napolitano (Concrete Blonde) également préposée à la guitare sur un des meilleurs morceaux de l'album, " Damage is done ". Mais hormis " No more lonely nights " matraqué sur les ondes radiophoniques, " Don't take my kindness for weakness ", dont la saveur ‘house’ mancunienne (Happy Mondays?) est parfaitement inoculée par Shaun et le gothique " Punk lolita ", on reste franchement sur sa faim. Les têtes seraient-elles devenues vides?

 

Hawkwind

In search of space - Doremi fasol latido - Space ritual live - Hall of the mountain grill (Rééditions)

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Réédition en compact disc de quatre des six premiers elpees d'Hawkwind, enrichis pour la circonstance de toute une volée d'inédits. Les inconditionnels du vinyle ne doivent cependant pas voir cette opération d'un bon œil, puisque les pochettes originelles des différents albums constituent aujourd'hui de véritables petits chef d'œuvres. Et certains de ces disques peuvent même atteindre, à la bourse des collectionneurs, plusieurs milliers si pas dizaines de milliers de francs. Mais il faut reconnaître que la conversion (!) est remarquable. En fait le concept original a été tout simplement miniaturisé. Même les booklets. En outre, le mécanisme à volets a été scrupuleusement respecté. Sans oublier le recours à la matière cartonnée pour le confectionner. Pour ceux qui ne connaîtraient pas Hawkwind, sachez que cet ensemble insulaire constitue un pionnier du "space rock". Et des formations telles que Loop, Spacemen 3 ou Ozric Tentacles y reconnaissent une influence majeure. Bien que ne comptant plus qu'un membre du line-up original, Hawkwind s'est reformé il y a quelques années et continue à se produire en concert…

 

Peter Hammill

X my heart

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Artiste intemporel par excellence, vierge de toute prostitution dans le créneau dit "commercial", Peter Hammill nous propose un nouvel épisode de ses aventures dans la musique progressive. Le vingt-quatrième ou le vingt-cinquième, nous ne savons plus très bien. Mais le plus remarquable, c'est qu'à l'aube de ses trente années de carrière, il parvient encore à explorer de nouveaux horizons sonores... Nous connaissions sa maîtrise de l'overdubbing dans le domaine des harmonies vocales. Elles ont toujours permis à Peter d'utiliser toute l'étendue de son registre et ainsi de multiplier les voix à l'infini. Souvent la sienne. Il vient de pousser le bouchon un peu plus loin. En intro de cet opus. Sur la version a capella de "A better time". Un travail d'orfèvre qui se mue en mouvement pour polyphonie vocale. Des chœurs qu'il met au service de sa propre voix. Deuxième type d'expérimentation, la collaboration d'un quatuor à cordes. Pas nouveau, vous nous rétorquerez. Exact! Mais si en final il affronte cet orchestre uniquement de son chant, d'une manière pure, tendre, romantique; à plusieurs reprises, il s'en sert pour enrichir la texture de sa musique. Et dans ce domaine, il a pu compter sur le précieux concours de son violoniste, Stuart Gordon. Et puis de l'ex VDGG, Dave Jackson. C'est vrai qu'en studio, Peter a toujours pu compter sur son vieux pote. Mais pour la première fois depuis bien longtemps, Dave apporte une collaboration beaucoup plus active aux cuivres. Notamment sur ce "Narcissus (bar & grill)". Le point d'orgue du CD. Titre hypnotique, obsessionnel, envoûtant, fondamentalement underground, qui aurait tout aussi bien pu figurer sur le célèbre "Pawn Hearts" de Van der Graaf Generator. Maintenant, ne vous attendez pas non plus à un album exclusivement expérimental. Peter y réserve également une part importante d'émotion. Et ses interventions vibrantes, intenses, au piano, conjuguées à son timbre vocal fragile, profond, déchirant n'y sont bien sûr pas étrangers...

 

Peter Hammill

Collected

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Compilation très sélective pour l'ex-leader du Vander Graaf Generator, puisque dix des treize titres qui composent l'album couvrent une période qui s'étale de 1992 à 1996. C'est à dire, à partir du moment où Peter s'est décidé à enregistrer sur son propre label, "Fie". Les trois autres compositions relèvent d' "Enter K" (82) et de "Patience" (83), disques pour lesquels l'artiste a racheté les droits d'auteur. Un recueil qui ne permet cependant pas de se faire une idée précise de son œuvre, parce qu'elle n'embrasse qu'un bon quart de sa discographie, entamée, faut-il le rappeler, en 1968...

 

Gang Of Four

Shrinkwrapped

Il faut avouer qu'au départ, l'idée de cette reformation nous avait laissés perplexes. D'autant plus que ni Sarah Lee, ni Dave Allen, bassistes successifs du combo, et encore moins le drummer Hugo Burnham n'étaient impliqués par le projet. Andy Gill et Jon King, respectivement guitariste et chanteur du mythe de Leeds, ont d'ailleurs dû engager une flopée de musiciens de studio pour atteindre leur objectif. Et, le résultat va au delà de nos espérances. Les riffs de guitare cinglants cisaillent les mélodies pop avec une redoutable efficacité. La voix acérée d'Andy essaime ses lyrics intelligents, féroces à défaut de ne plus être aussi engagés. Le tempo est syncopé, en constante effervescence électrique... Gang of Four vient de renouer avec le ‘white funk’ comme au temps de sa splendeur!

 

Immaculate Fools

Kiss and punch

En 1989, les frères Ross quittaient le navire, laissant au gouvernail les frangins Weatherill flanqués de trois nouveaux musiciens. Après un silence de plus de cinq ans ils nous reviennent sous un même line-up, mais avec un style plus blues. Hormis "Hard Peace", dernier héritage de "Hearts of fortune" voire de "Dumb poet", toute la texture acoustique, qui faisait le charme d'Immaculate Fools, s'est évaporée. Même la voix de Kevin Weatherill, autrefois si proche d'un Peter Hammill ou d'un Richard Butler a perdu de son registre, de sa superbe; comme si elle souffrait de laryngite aiguë. "Kiss and punch" marque pour le quintette une nouvelle orientation musicale. Davantage tournée vers les seventies. Avec dans le meilleur des cas, des chansons qui avouent un petit faible pour Kevin Coyne voire Van Morrisson. Et dans le pire, qui adoptent le profil prog rock de Genesis circa "The lamb lies down on Broadway"...

 

Idaho

Three sheets to the wind

Faute d'American Music Club, il faudra donc consommer du Red House Painters ou de l'Idaho. Trois saveurs finalement fort proches. Tout au moins dans le style contemplatif et mélancolique. Jeff Martin (rien à voir avec le leader de Tea Party) en est le chanteur, compositeur, guitariste et surtout le guide spirituel. Et John Berry son fidèle apôtre. Lors de l'enregistrement des deux premiers albums. "Years after years", et "This way out", le duo s'est d'ailleurs partagé la quasi-totalité du boulot. Pour la confection de "Three sheets to the wind", il s'est cependant décidé à s'entourer d'un véritable groupe, et peut aujourd'hui envisager de partir en tournée. Ce qui ne change cependant pas grand chose au style musical pratiqué par Idaho. Dix titres tourmentés, douloureux, dont la torpeur stimulante émane des sonorités impressionnistes d'un piano, d'une ligne de basse sinistre, de bouffées d'électricité austères, indolentes, fiévreuses, chargées de feedback et surtout de la voix fatiguée, blême de Jeff. Un album possédé à la fois par la vulnérabilité tranquille de Nick Drake et la complexité morbide de Leonard Cohen...

 

Icecream Hands

Travelling made easy

Il a fallu patienter jusqu'au 15ème morceau du disque pour enfin nous mettre quelque chose sous la dent. Puis attendre les quatre derniers titres. Des ‘bonus tracks’ réservés à des covers, par dessus le marché. Un comble! Notamment. "Executioner" de Robin Hitchcock et "Swingin' party" de Paul Westerberg. Westerberg, cherchez bien, c'était le leader de Replacements. Un monument adulé par Icecream Hands. Tout comme les Crowded House, d'ailleurs. Ce qui vous donne une petite idée du style pratiqué par ces Australiens. Enfin, reproduit sous une forme plus lisse, plus tendre, plus sophistiquée. Avec de superbes harmonies vocales partagées entre les quatre musiciens du combo. Dans le désordre, on y retrouve même un timbre proche de Roddy Frame (Aztec Camera) et des inflexions empruntées à Elvis Costello. Maintenant, allez-donc comprendre pourquoi la mayonnaise ne prend pas. On parie qu'ils sont allés chercher l'œuf d'Heliogabale...