Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Dernier concert - festival

Editors
The Cure

Manic Street Preachers

Everything must go

Porté disparu depuis le 1er février 1995, Richey James n'a jamais été aussi présent dans l'esprit du groupe. Pourtant, cette disparition a failli porter un coup fatal à l'existence du combo. Pensez donc, en 94, la formation avait raflé la plupart des distinctions honorifiques accordées par la presse spécialisée britannique. Et se préparait tout naturellement à entrer dans la cour des grands. Depuis, l'ensemble a marqué le pas, et le mystère reste entier... Après presque un an et demi de silence, M.S.P. s'est quand même décidé à reprendre la route... sous la forme d'un trio. Et d'enregistrer cet "Everything must go". Sur lequel on retrouve trois chansons de Richey: "Kevin Carter", "Removables" et "Small black flowers that grow in the sky". Plus deux ébauches achevées par Nicky Wire: "Elvis impersonator: Blackpool pier" et "The girl who wanted to be God". En ajoutant " Enola/Alone ", composition dédiée directement à la disparition de leur guitariste, il est facile d'imaginer le climat qui règne tout au long de cette œuvre. Pourtant, elle ne reflète pas exclusivement les sentiments d'angoisse, d'amertume, de colère et de désespoir nés de cette expérience traumatisante. Elle laisse également une place à la dignité, au courage et à une certaine forme d'espoir. Un espoir sauvage, reflété avec solennité, détermination et violence dans une pop qui laisse libre cours aussi bien aux arrangements symphoniques ou cuivrés qu'aux envolées incisives de punk rock. Un disque qui justifie finalement cette volonté de faire face à son destin plutôt que d'écrire, par résignation, un quelconque épilogue ou tout simplement un testament...

 

Ann Magnuson

The luv show

Avant d'entamer une carrière solo, Ann Magnuson était chanteuse et compositrice de l'ensemble culte Bongwater. En compagnie de cette formation, elle a ainsi commis cinq albums. Pour concocter "The luv show", elle a pu bénéficier du concours de plusieurs de ses anciens compagnons de groupe ainsi que de musiciens de studio réputés. De Richie Lee, également, bassiste d'Acetone. Et puis de Don Fleming à la coproduction. Une œuvre conçue à la manière d'une comédie musicale. Avec pour thème les avatars d'une provinciale piégée dans la toile d'araignée d'une grande ville. Du rêve à la réalité. Avec pour fil conducteur la névrose psycho sexuelle, le burlesque intellectuel et la dégénérescence pathétique. Quatorze fragments au cours desquels Ann aborde une multitude de styles. Le rock et la pop bien sûr. Mais également le rockabilly ("Miss pussy pants"), le music hall ("MKCF"), le rock sylvestre ("I remember you"), le folkcore ("Live, you vixen") la rumba ("Sex with the devil") et même la no-wave. Etonnant!

 

Magnapop

Rubbing doesn't help

Pour enregistrer son troisième album, le quatuor géorgien a reçu le concours de Geza X à la production, vénérable figure de proue du légendaire Germs. Et alors qu'on aurait pu s'attendre à une solution sonore bien crade, punk et filandreuse, "Rubbing doesn't help" constitue probablement le disque le plus équilibré de Magnapop. Alternant compositions fougueuses et tendres. Affrontant une majorité de thèmes autobiographiques. Des expériences vécues mais également un sentiment d'incompréhension face à la mort. Faut dire que le groupe a vu disparaître ces deux dernières années plusieurs de ses proches ("Open the door"). Notamment un ami qui rêvait de devenir leur nouveau drummer, mais que la maladie a emporté avant qu'il ne puisse réaliser son rêve ("Dead letter"). Un album dont la sensibilité profonde, presque tragique contraste singulièrement avec le sens mélodique excentrique, presque allègre des compositions. Depuis les ‘pixiesques’, "I don't care", et "This family", la new wave de la new wave de Cherry Bomb, le post grunge de "Snake" (Hole?), la popcore féminine de Veruca Salt ou des Breeders ("Jucy Fruit", "Radio Waves"), le punkcore à la limite du noisecore de "Come on inside", jusqu'aux intimistes "Down on me" et "My best friend". Et surtout le superbe, intense, presque ‘remesque’, "Firebrand". Un album pour lequel Ruthie, la guitariste, participe davantage à la magie des harmonies vocales, apportant aux compositions un sens de la contre mélodie inimitable et irrésistible...

 

Mad Dog Loose

Material Sunset

Par la faute de concerts inégaux, voire bâclés, Mad Dog Loose avait dangereusement entamé son potentiel crédibilité. Heureusement, ce "Material Sunset" a remis les pendules à l'heure. La production de Gilles Martin y est sans doute pour quelque chose. Mais aussi et surtout le talent des musiciens, apparemment plus à l'aise en studio que sur les planches. Un opus découpé en seize fragments où se croisent et s'entrecroisent le jazz funk de Butthole Surfers, le psychédélisme syncopé de Beck, le hardcore juvénile des Pixies, la pop progressive de Deus et la soft pop de So. Normal lorsqu'on sait que les deux derniers cités sont également belges et relèvent du même label. Une palette d'influences qui ne s'arrête pourtant pas en si bon chemin. Et que nous vous invitons à découvrir. Mad Dog Loose possède en tout cas un cachet bien à lui. Extrêmement riche. Et même si le nom se prononce beaucoup plus difficilement que Deus, cette originalité mériterait de lui ouvrir les portes du succès. A condition de soigner un peu plus ses concerts...

 

Mecca Normal

The eagle and the poodle

Encore une formation issue de la scène underground new-yorkaise dont on ne sait pratiquement rien, ou presque, et qui peut se targuer de faire à la fois preuve d'éloquence et de créativité. Un trio qui, à l'instar de Jon Spencer Blues Explosion ne compte pas de bassiste, mais une chanteuse au timbre vocal particulièrement percutant: Jean Smith. Imaginez un peu les capacités de Mélanie, Polly Harvey et Patti Smith concentrées sous un même larynx! Ce qui donne un cachet plutôt singulier à cette musique déjà très particulière par elle-même. Tantôt lo-fi (Pavement, Swell) ou noisecore (Sonic Youth) mais fondamentalement aride et minimaliste elle atteint même des climats où le sordide parvient à choper la fièvre comme chez les Doors...

 

Ian McNabb

Merseybeast

En 1994, l'ex-leader du défunt et mythique Icicle Works débauchait le Crazy Horse de Neil Young pour enregistrer le remarquable "Head like a rock". Un disque qui n'allait pourtant pas récolter le succès escompté et surtout mérité. Dans la foulée, Ian persuadait Ralph Molina et Billy Talbot, de l'illustre cheval fou, de le rejoindre pour quatre concerts aux Iles Britanniques. Sous-titré "North west coast" et découpé en six fragments, le bonus track de ce CD immortalise cet événement. Mais ce qui est le plus paradoxal procède de l'album en lui-même. Ian est apparemment toujours sous le coup de cette expérience; et les treize compositions, pourtant commises en compagnie de son nouveau groupe, Afterlife, auraient tout aussi bien pu figurer sur "Head like a rock". Il y a bien l'une ou l'autre chanson plus romantique, plus pop, davantage dans la lignée de "This way up", mais en général les mélodies sont à la fois texturées dans l'électricité croustillante, étincelante des cordes de guitares et nappées de claviers fiévreux, fluides. La voix ample, vibrante de McNabb apportant une coloration toute particulière à ce flux d'intensité blanche...

 

Mazzy Star

Among my swan

Mazzy Star en est déjà à son troisième album. Les mauvaises langues reprocheront, sans doute, à la formation californienne de ne pas avoir évolué depuis 1990, c'est à dire depuis la sortie de " She hangs brightly ", voire de " Happy nightmare baby ", lorsqu'en 87, Sandoval et Robback sévissaient encore au sein d'Opal. Et pourtant, chaque fois, le charme recommence à produire ses effets. Une musique lancinante, psychédélique dans le sens le plus venimeux du terme qui vous envahit progressivement et finit par vous envoûter. A un tel point que vous ne pouvez qu'y succomber. La voix laconique, gémissante de Hope Sandoval s'enveloppe autour de votre âme et ne vous lâche plus, telle une proie capturée au beau milieu d'une toile d'araignée. Beau, sinistre, et inquiétant à la fois!

 

Eric Matthews

Is heavy in here

Auteur, compositeur, producteur, arrangeur, chanteur et musicien, Matthews partageait encore jusqu'il y a peu le leadership de Cardinal en compagnie de Richard Davies. Un groupe qui doit avoir un fameux coup de plomb dans l'aile, depuis que deux de ses membres ont décidé de suivre Eric dans son aventure en solitaire. Pour enregistrer "It's heavy in here", il a également reçu le concours d'une pléiade de musiciens de studio, et notamment de Jason Falkner, multi-instrumentiste chez Jellyfish, ainsi que d'une section à cordes. Eric se réserve la trompette, bien sûr, fruit de longues études suivies au conservatoire, mais surtout le chant, vocal subtilement mélancolique hérité de Nick Drake. Il joue également de la guitare électrique ou acoustique, de la basse, du piano et de l'orgue. Avec un raffinement et une délicatesse digne des intermèdes instrumentaux dispensés sur le troisième album du Genesis de Peter Gabriel, "Foxtrot". Un savant dosage de baroque et de pudeur, d'opulence et de retenue qui apporte aux quatorze fragments de cet opus une distinction rare à cette pop orchestrale...

 

Marion

This world and body

Ne confondez pas Marillion et Marion. Le premier est un combo de baba cools endurcis. Le second un quintette britpop bien dans l'air du temps. Mais quel curieux nom pour un ensemble de pop rock! En fait, Marion n'est pas le nom de la chanteuse du groupe (NDR: rien que des kids, bande de machos!), mais de la grand-mère de Jaime Harding... "The world and body" constitue le premier album de cette formation de Manchester. Douze fragments absorbés par le côté sombre de la nature humaine et infectés par les caprices des émotions tumultueuses, douze chansons qui piochent dans la pop mélodique, mélancolique, électrique, furieuse, tendre, arrogante et hymnique à la fois. Evoquant tour à tour U2 circa "Boy" ("Fallen through"), Menswear ("Sleep"), Suede ("Vanessa"), le minimalisme postcard de James ("Your body lies"), Radiohead ("Let's all together") mais surtout les regrettés Sad Lovers & Giants et Kingmaker ainsi que le trop effacé Strangelove. Douze mélodies chargées d'adrénaline par les cordes de guitares chatoyantes, sauvages, intenses, la basse torturée, les éclats d'harmonica lancinants et sublimées par la voix ample, passionnelle de Jaime. Et encore une nouvelle fleur au chapeau de la pop/rock britannique!

 

The Mission

Blue

En bisbille avec son ancienne firme de disques, Mission a donc dû attendre trois ans pour sortir ce nouvel opus. Une interruption qui aura apparemment suffi pour éliminer la plupart des caractéristiques gothiques de sa musique. Hormis l'hymnique " Dying room ", et dans une moindre mesure le post punk " Black & blue ", l'expression exsude une mélancolie presque maladive, accentuée d'arrangements pompeusement sub ELO. Seuls, " Coming home ", " Get back to you " et " Damaged " sauvent ce " Blue " du naufrage. Trois compositions hyper-mélodiques, contagieuses, sculptées dans les cordes de guitare dont les sonorités crémeuses, vibrantes, légèrement reverb, nous rappellent le " Dear prudence " des Beatles, alors que le tempo lorgnerait plutôt vers Spencer Davis Group voire les Stones. Dommage que tout l'opus de soit pas de cette trempe !