Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Viagra Boys
Jon Spencer

Jef Mercelis

The hopes & dreams of a drunk punk

Jeff Mercelis chante, compose, joue de la guitare, du piano, de l'orgue et donne le nom au line-up. Un Belge, apparemment de la région de Termonde qui n'en est pas à son coup d'essai, mais dont le "The Hopes & dreams of a drunk punk" constitue la première expérience au sein d'un groupe. Petite indication, Rudy Trouvé s'est improvisé ingénieur du son sur cinq titres. N'allez cependant pas imaginer que Mercelis marche sur les traces de dEus ou de Moondog Jr. Musicalement, certainement pas. Qualitativement, peut-être bien. Car cet opus est excellent. Trop long, peut-être, mais riche. Manifestant une sensibilité mélodique que l'on retrouve habituellement chez les Australiens. Notamment Nick Cave, les Go-Betweens, Died Pretty et même les Waterboys. Et plus épisodiquement chez Neil Young. Comme sur le superbe "Down & Gone". Sans oublier les quelques incursions dans le postcard (James), le free jazz (King Crimson circa "Islands") et même le minimalisme lo fi (Sebadoh). Doué en outre d'un timbre vocal capable d'inflexions aussi mielleuses que celles de Neil Diamond ou aussi majestueuses qu'un Peter Murphy, Jeff écrit des chansons particulièrement sombres, acerbes même qui, fait rare pour le souligner, ont reçu un écho favorable outre-Manche. Et ça, c'est une fameuse référence!
 

 

The Melvins

Stag

Les Melvins viennent de commettre leur album le plus progressif à ce jour. Mais progressif dans le sens où l'âge de l'acier est un progrès par rapport à l'âge de la pierre. En fait, ce trio californien, jugé responsable de la naissance du grunge, n'a pas tout à fait renié le culte satanique qu'il voue à Kiss et Black Sabbath. Il s'est surtout adapté aux circonstances du temps et de la mode, inoculant un zeste de cuivres, une pincée de ‘scratches’, un doigt d'expérimentations post industrielles et quelques miettes de délire cartoonesque, dans sa débauche de riffs de guitares malveillants, fracassants, ses accès de basse menaçants, ses drums écrasants et ses vocaux monolithiques. Seul le pseudo folk (Tom Waits ?) " Cottonmouth " ainsi que le remarquablement floydien et allègrement psychédélique " Black box " échappent au naufrage. Mais c'est un peu maigre pour prétendre à une véritable évolution.

 

Mega City Four

Soulscraper

Bien que fondé en 1987, ce quatuor insulaire rame désespérément dans l'antichambre de l'élite musicale. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé de s'en extraire. Ce "Soulscraper" constitue d'ailleurs son quatrième opus. Mais apparemment son style est boudé par les Insulaires qui lui reprochent, peut-être, de ne pas avoir accepté de se laisser enfermer dans le même sac grebo, où moisissent ou ont moisi, les Pop Will Eat Itself, Wonderstuff, Senseless Thing, Ned's Atomic Dustbin et consorts. De trahir davantage une dévotion pour le punkcore d'Hüsker Dü. Et ce n'est pas ce "Soulscraper" qui résoudra le dilemme. Déjà que les lyrics cultivent un sentiment de culpabilité et d'amertume. Mais en plus toutes les compositions reposent sur cette ambiguïté de ton. Agrégeant groove rampant, adolescent, véhément et sens mélodique vulnérable, dont l'énergie nerveuse, irascible est raffinée par des harmonies vocales immaculées, à la limite byrdsiennes...

 

Mystery Machine (Canada)

10 speed

 

Voici une formation qui porte bien son nom. Pas la moindre bio, pas la moindre information, pas la moindre coupure de presse à se mettre sous la dent. De quoi entretenir le mystère (!). Est-elle canadienne? New-yorkaise? Américaine, certainement. Peut-être de Vancouver, puisque l'album y a été enregistré. Mais rien n'est moins sûr... D'autant plus que le style pratiqué par ce quartette semble davantage inspiré par la noisy pop britannique. Celle de la fin des eighties, qui a permis au label Creation de nous faire découvrir des groupes tels que Ride, Biff Bang Pow, My Bloody Valentine et House of Love. Encore que lorsque le son s'épaissit, on pense plutôt à Psychedelic Furs. A moins que ce ne soit à Dinosaur Jr voire à Eleventh Dream Day. Unique voie de garage américaine autorisée à ce "10 speed". Des guitares donc. Tempétueuses, fragiles, sauvages, mélodiques, frénétiques, grésillantes, chargées de feedback qui apportent aux compositions une intensité électrique blanche, presque palpable. Et si en bonus track, ce disque nous réserve une cover du "Glass of heart" de Blondie, c'est sans doute pour nous rappeler que Mystery Machine est bien issu du pays de l'once Sam. Encore un must!

 

 

Mr. Bungle

Disco volante

Derrière Mr Bungle se cache le chanteur de Faith No More, Mike Patton. Enfin, lui et quelques potes. Notamment ceux avec lesquels il partageait sa sombre existence avant de remplacer Mosely au sein de FNM. "Disco volante" constitue le deuxième volet des élucubrations de Mr Bungle. Etranges, hostiles, déstructurées, hallucinées elles explorent un funk surréaliste, avant-gardiste, morbide, dérangé, dont la violence domestique rappelle les frasques étudiées du défunt et mythique Frank Zappa. Parfois, l'expression devient même filmique, et s'enfonce dans l'univers de la bande sonore cinématographique. Que n'aurait pas désavoué un Fellini. Ou alors David Lynch. Hallucinant!

 

Bob Mould

Bob Mould

Avant de fonder Sugar, Bob Mould était le principal acteur du mythique Hüsker Dü, groupe responsable de l'éclosion de la noisy rock américaine. Entre ces deux expériences, il avait déjà tenté une aventure en solitaire. Sans grand succès. Ce qui apparemment ne l'a pas dissuadé de recommencer. Il nous revient donc avec un album solo. Eponyme. Et il n'aurait pas pu mieux choisir son titre! Car toutes les compositions, toute l'instrumentation, toutes les parties vocales et même la production sont assurées par Bob. Dix compositions où l'artiste manifeste toute son amertume, sa douleur, sa révolte, ses angoisses à travers les lyrics. Musicalement, il aborde trois styles fondamentalement différents. Plus cold d'abord, plus lancinant, un peu à la manière d'un Love Spit Love ou d'un Jesus & Mary Chain. Comme sur "Anymore time between" ou "Next time that you leave", lorsque les guitares grinçantes, crépitantes se mêlent avec des rythmes convulsifs, excitants. Dans une style plus traditionnel ensuite, inévitablement proche de Sugar ou d' Hüsker Dü ("I hate alternative rock", "Art crisis"). Et puis finalement, de la pop plus harmonieuse, plus sophistiquée, plus accessible. Il n'a d'ailleurs pas hésité à utiliser les claviers et la guitare acoustique presque ‘edkuepperienne’ pour enrichir la texture de certains morceaux. Comme sur les petites perles "Fort Knox, king Solomon" et "Hair stew". L'opus implique même un intermède instrumental limité aux claviers, intermède dont la mélodie mystérieuse, presque occulte nous a littéralement glacé le dos. Superbe!

 

Motorpsycho

Blissard

La dernière fois que nous avons entendu parler de cet ensemble norvégien, c'était en 1994. Il venait de sortir "Another Ugly". Un mini album qui insistait particulièrement, à l'instar de Lenny Kravitz, sur la sonorité très seventies des compositions. Multipliant les clins d'œil à Blind Faith, Free et Pretty Things. Entretemps, Motorpsycho a changé de label et gravé "Timothy's Monster". Un album totalement passé inaperçu, mais qui marquait cependant un changement radical d'orientation musicale (NDR: ça rime!). C'est apparemment avec le même esprit que de "Blissard" a été enregistré. Quoique le groupe ait pu bénéficier pour la circonstance, des célèbres studios d'Abba à Stockholm. Une œuvre qui comporte un morceau d'anthologie de 9'45. Composition qui fusionne un peu tous les styles présents sur cet opus. Depuis la lo-fi de Pavement au krautrock de Neu, en passant par la no wave de Sonic Youth et l'ambiant jazz de King Crimson ("Islands"). Sans oublier la part d'ambient que l'on retrouve à l'état pur sur le final "Nathan Daniel's tune from hawaii". D'une manière tantôt proto paysagiste (Labradford), cosmique (Cul de Sac), voire post industrielle (Cabaret Voltaire)...

 

Muriel Moreno

Toute seule

Pas très attirés par l'œuvre de Niagara, nous n'étions pas davantage emballés par la découverte du premier elpee solo de Muriel Moreno. La surprise n'en aura été que plus grande. Car cet album est excellent! Un disque que Muriel a écrit, composé et réalisé pratiquement toute seule. Et puis interprété, bien sûr. Au piano, à la guitare, à la basse, à la batterie et aux samples. Sans oublier les parties vocales. Chez elle. Dans un studio aménagé pour la circonstance. Gilles Martin n'intervenant qu'au tout dernier moment. Quatorze fragments au cours desquels elle épanche toute sa sensibilité féminine. Sa sensualité, sa spiritualité, son goût pour l'exotisme créole, jamaïcain, africain ou oriental. Dans un climat aussi énigmatique et glamour que chez Garbage. A l'aide de lyrics empreints de poésie visionnaire. D'une voix dont les inflexions sont capables d'osciller de Lio à Brigitte Bardot en passant par Shirley Manson...

 

Morcheeba

Who can you trust

Coupable de consommer du ‘trip hop’, Morcheeba clame son innocence. Nous, on veut bien! Massive Attack, Portishead et Tricky, ils ne connaissent donc pas. Pieux mensonge ! Bien sûr, leurs compositions sont imaginées et texturées au départ d'une râpe acoustique. Mais le développement ultérieur passe par un inévitable recyclage. Climatique, à la limite de l'occulte, mais recyclable, pardon recyclage, quand même (suivez la piste!). Depuis le funk jusqu'au blues en passant par la techno, le hip hop, le dub, l'acid jazz, le psychédélisme circa sixties et la pop. Un traitement qui implique aussi bien le recours aux samplings, aux scratchings et aux overdubbings qu’au sitar, aux claviers, aux cuivres et à la guitare électrique, même steel. Sans oublier la participation d'un quatuor à cordes (violons, violoncelle, alto) pour les remarquables "Howling" et "Col". Un opus qui ne manque pas d'allure, opérant une alchimie parfaite entre la technologie moderne et la magie du vaudou...

 

Nada Surf

High/Low

Qui n'a pas encore entendu "Popular " à la télévision, à la radio ou chez un copain? Un tube devenu en l'espace de quelques semaines un titre maître pour tous les ados. Et ce, grâce à la promo de sa firme de disques, bien sûr, mais aussi et surtout à F** Radio qui a choisi cette chanson pour assurer la bande sonore de sa nouvelle publicité télévisée. Et lorsqu'on connaît l'influence de cette fréquence sur les jeunes français et belges... Pourtant, il aura fallu près de cinq ans au groupe avant qu'il ne parvienne à s'extraire de l'incognito. Précisément lorsque Ric Ocasek (leader du défunt Cars et producteur de Weezer) a mis à leur service ses dons de producteur. Une opportunité qui les placera sur orbite. "High/Low " se situe au croisement de la musique pratiquée par Offspring, dans sa période la plus mélodique, Weezer (bien sûr!), Sonic Youth, et Whipping Boy (surtout quand Matthews Caws se met à déclamer ses textes). Bref, un album à l'image du single...