Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Dernier concert - festival

Gary Numan
Ora Cogan

Self

Subliminal plastic motives

Self, c'est une histoire de deux frangins qui se retrouvent après quelques années pour enfin monter leur propre groupe. En fait, si Mike Mahaffey sévissait déjà depuis quelques années au sein de groupe locaux dans son Tennessee natal, le parcours de Matt est beaucoup plus révélateur. A l'âge de douze ans, il joue de la batterie. A dix-huit, fréquente l'université où il commence à bidouiller des tas de styles musicaux à l'aide d'un quatre pistes et d'une guitare. Des expérimentations qu'il mène dans le domaine du hip hop, de la lo-fi et du rock alternatif. Mais pour enregistrer son premier album, et surtout pour monter son propre studio, qu'il veut à la pointe de la technologie moderne, il retourne écumer les clubs et les bars, derrière ses drums. Et lorsqu'il a amassé suffisamment de flouze pour passer à l'action, il rappelle son frère, engage quelques musiciens de studio et enregistre ce "Subliminal plastic motives". Si Mike et Matt se sont évidemment assuré l'essentiel de l'instrumentation, ce dernier s'est réservé, bien sûr, la composition, le chant, la production et surtout la gestion des samples. Il estime d'ailleurs que ceux-ci sont devenus une expression de sa personnalité et il les traite comme s'ils étaient devenus des instruments à part entière. Et le résultat est plutôt éloquent. Onze pop songs soignées, riches, opulentes, mélodiques. Au groove irrésistible, aux cordes de guitare croustillantes, effilées, aux harmonies vocales claires, suaves. Et si nous vous avançons que la musique est à la croisée des chemins de Weezer, de Beck et de Whale, comment voulez-vous dans ce cas, ne pas hériter d'un bon album?

Sebadoh

Harmacy

A l'instar de Cell, Afghan Whigs et autre American Music Club, ce trio bostonien explore la face la plus sombre du rock alternatif. Mais il le parcourt d'une manière différente. Développant une texture mélodique franchement rampante, capricieuse, instable, responsable d'un véritable spleen. Sur son nouvel opus, Sebadoh alterne pop songs aussi contagieuses que celles issues du répertoire de REM voire de Go-Betweens, aussi intensément électriques que chez Hüsker Dü, Nova Mob et même Pixies, et titres expérimentaux, beaucoup trop décousus pour véritablement accrocher...

Screaming Trees

Dust

Lorsque Sreaming Trees enregistre " Sweet oblivion " en 1991, le temps est au grunge; et le groupe s'en imprègne inconsciemment. Une emprise fort regrettable et qui lui vaudra de traîner une même étiquette qui colle depuis, toujours aux basques de Nirvana, Soudgarden, Melvins, Pearl Jam, Stone Temple Pilots et consorts... Pourtant, les six albums précédents sont d'un tout autre calibre. Et enfermer la formation dans ce carcan ‘seattlenesque’ serait une grave erreur. " Dust " en est d'ailleurs la plus belle démonstration. Le quatuor revient à une forme de rock plus conventionnelle, mais tellement plus efficace. Acide dans le sens psychédélique du terme. Pensez aux Byrds, à Steppenwolf, à Gun Club, et plus près de nous à Leather Nun. Il règne d'ailleurs tout au long de ce disque une intensité blanche, électrique, crépitante, entretenue par les cordes de guitares, et une profondeur douloureuse, angoissante, qui émane du baryton de Mark Lanegan, dont les textes traitent d'alcoolisme, de décrépitude et d'autodestruction. Le titre de l'elpee est d'ailleurs suffisamment évocateur: " Dust ". Et qu'y a-t-il après la poussière?

Fred Schneider

Just Fred

Pour enregistrer son premier album solo, le vocaliste des B 52's a reçu le concours de trois groupes différents. Tout d'abord, Deadly Cupcake, formation circonstancielle impliquant Russel Simins du Jon Spencer Blues Explosion, Rick Sims autrefois membre de Supersucker et des Didgets ainsi que le bassiste de Tar, Tom Zaluckjy. Ensuite, Six Finger Satellite, ensemble yankee de néo post punk. Enfin Shadowy Men on a Shadowy Planet, un des nombreux backing groups de Steve Albini. Un Steve Albini que l'on retrouve d'ailleurs à la production de ce morceau de plastique secoué par l'esprit le plus agressif du punk pop. Celui des Heartbreakers, notamment. A cause de cette débauche d'électricité cinglante, vibrante, dispensée comme à la plus belle époque de Johnny Thunders. Mais également la forme du pop. Celle des B 52's. Et pas seulement parce que la voix véhémente, déclamatoire de Fred nous rappelle qu'il est toujours et encore le chanteur d'un des deux plus grands groupes d'Athens (NDR: l'autre, vous vous en doutez, répond au nom de REM), mais à cause de ce rythme caractéristique, épileptique, irrésistible qui a ouvert la voie au post punk insulaire. Un tempo qui se laisse même parfois ici emporter dans le psychobilly tribal des Cramps...

Shaker

Kiss me

Versez une dose de New Order (ou à défaut d'Electronic), une de Crowded House, une de Visage et une dernière de Naked Eyes (de préférence cuvée 83) dans le gobelet ad hoc. Ajoutez-y de la glace sophistiquée avant d'agiter technologiquement dès que le shaker est reconstitué. Dénoyautez quelques Jesus Jones de leur hip hop. Placez en trois à quatre quartiers dans chaque récipient et servez le contenu de ce cocktail dans un cristal préalablement frotté d'harmonies vocales satinées. Vous venez ainsi de préparer un breuvage bien onctueux, mais dont le parfum commercial ne devrait allécher que le monde très superficiel des ex-radios libres...

 

The Sex Pistols

Winterland concert

N'imaginez surtout pas que les Pistols viennent de sortir un deuxième album " live " pour consacrer leur reformation (NDR: Pourquoi, le premier est sorti?). Faut pas rêver! Comment voulez-vous qu'ils pompent un max de frics à leurs aficionados? " Winterland concert " nous renvoie en 1978, à San Fransisco. Un concert où le line up était encore composé de Cook, Jones, Rotten et bien sûr du défunt Sid Vicious. Un document fort intéressant, même si la qualité des enregistrements laisse parfois à désirer. Mais au moins qui épingle la plupart des standards du groupe. Depuis " God save the Queen " à " No fun ", cover des Stooges, en passant par " Anarchy in the UK ", " Pretty vacant ", et quelques autres...

The Smashing Pumpkins

Pisces iscariot

" Pisces Iscariot " n'est pas le nouvel album d'un des groupes les plus importants des nineties, mais nous aurions pu le croire. En effet, s'il n'est sorti aux States, il y a déjà deux ans, ce morceau de plastique qui ne réunit que des faces B de singles, des reprises et des " Peel sessions " présente tous les ingrédients nécessaires et indispensables à la réalisation d'un album événement. Tout y est. Sensibilité, profondeur et mélancolie pour les ballades telles que " Soothe ", " Blew away " ou " Whir ". Agressivité, puissance musicale et ferveur pour les titres plus âpres, difficiles comme " Frail and bedazzled " ou " Pissant ". Le tout marqué par cette volonté profonde d'innover. Smashing Pumpkins n'a plus rien à voir avec cette scène grunge qui a fait son temps. Il représente aujourd'hui toute une génération en manque de projet, d'espoir et risque fort bien dans quelques années d'être l'image de toute la musique américaine des années 90, tels que l'étaient les Doors ou le Velvet Underground, durant les sixties. Indispensable!

 

Sleeper

The it girl

Après avoir milité pour la cause de la new wave de la new wave, à l'instar d'Echobelly, d'Elastica et de Darling Buds, sur son premier elpee ("Smart"), Sleeper s'oriente aujourd'hui vers une forme musicale plus mod, plus glamour. Plus mod à cause des textes de Louise Weener qui traduisent, un peu comme chez Ray Davies des Kinks, une vision ironique de la société britannique. Des textes qui stigmatisent la corruption des partis politiques et désapprouvent la censure des opinions. Plus mod à cause du ton utilisé dans les chansons. Maniéré, lyrique, avec arrangements et orchestrations, plus proche de Blur que de Pulp, mais dans une version féminine. Plus glam dans l'esprit de la new wave du début des eighties. Pensez à Blondie, Katrina & the Waves ou à Altered Images; les inflexions vocales de Louise, frôlant même parfois celles de Nena. "The it girl" laisse cependant une place à deux fragments sculptés dans la britpop post "Inbetweener": "Lie detector" et "Dress like your mother"; et puis un excellent "Sale of the century", single contagieux, amer et mélancolique...

 

Skycraper

Superstate

Au sein de ce trio londonien, on retrouve l'ex-chanteur/guitariste de Milk, Vic Kemlicz, ainsi que l'ancien bassiste de Swervedriver, Adi Vines. Ne tenez cependant pas de conclusion trop hâtive, puisque ce Skycraper cherche un compromis entre le grunge et le hardcore post industriel. Un compromis pas toujours facile à négocier, puisque si certaines compositions ont une fâcheuse tendance à patauger dans la boue seattlenesque, d'autres s'abandonnent un peu trop facilement dans le métal bruitiste. Dans le pire des cas avec la férocité de Metallica, voire d'Anthrax. Dans le meilleur, suivant un code post punk institué par les Young Gods, Ministry et surtout Killing Joke. On comprend alors beaucoup mieux la présence de Roli Mosiman à la coproduction. Mais curieusement, les deux meilleures compositions du disque répondent à des critères hymniques, mélodiques, empruntés aux Silencers. "Bed of nails", tout d'abord. Et puis "Coming down day" caractérisé par le groove particulièrement contagieux, ce riff de guitare très accrocheur et ses effets spéciaux psychédéliques du meilleur goût. Dommage que tout l'album ne soit pas de cette trempe!

Skyclad

Irrationnal anthems

Mais qu'est-ce qu'un violoniste aussi doué peut faire dans un groupe pareil. Retenez son nom: George Biddle. Il joue également du piano et des claviers. Mais alors à l'archet, c'est un véritable virtuose! Au sein d'une formation de folk punk, du style Levellers, on comprendrait encore sa collaboration. Mais au profit d'un ensemble de hard rock aussi limité, c'est plutôt tragique. Enfin hard rock à la limite du métal pur et dur, vous voyez le topo! Un guitariste qui écrase ses riffs, l'autre qui se prend pour Van Halen; et pour corser le tout un chanteur atteint de laryngite aiguë. Et ce n'est pas l'interprétation exclusivement instrumentale de la danse du sabre de Khatchatourian qui recollera les morceaux. Alors, dans ces conditions, coupez!