Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Ora Cogan
Ora Cogan

Solid Gold Hell (New Zealand)

The blood and the pity

Depuis Clock DVA et Birthday Party, nous n'avions plus entendu quelque chose d'aussi sordide et torturé. Même le chanteur possède un timbre aussi ravagé que celui d'Adi Nelson ou de Nick Cave. Mais pour retrouver quelque chose de plus ou moins ressemblant, il faut remonter un peu plus loin dans le temps. Fin des sixties. Avec une formation qui répondait au nom de Juicy Lucy. Responsable en 1970 d'une formidable cover de Bo Diddley, " Who do you love ". Caractérisé par un timbre vocal tout aussi ravagé, mais surtout par la performance d'un certain Glenn Campbell (NDR: rien à voir avec le crooner du même nom) à la steel guitar. Oui mais, imaginez-vous qu'au sein de Solid Gold Hell, le chant est assuré par un autre Glen Campbell. Pseudonyme? Probablement! Mais ces coïncidences vous permettront peut-être de vous faire une idée plus ou moins exacte du néo blues pratiqué par cet ensemble néo-zélandais...

 

Soft Parade

Get Well Soon

En 1992, cet ensemble batave avait bénéficié du concours de Dave Stewart pour enregistrer "Puur", son premier album. Production, studio et même label (Anxious). Un très chouette disque qui n'avait cependant pas récolté le succès escompté. Quatre années plus tard, Soft Parade revient avec un deuxième opus. Mais réalisé dans des conditions plus modestes. D'abord, les sessions d'enregistrement se sont déroulées à Tilburg, leur ville natale. Par souci d'économie, seules les bandes ont transité par Londres au Livingstone Studio. Pour y être remixées par John Mallison. Enfin, "Get well soon" est tout simplement autoproduit. Si le line up du quintette n'a pas changé, il faut reconnaître que le rôle du claviériste a été réduit à sa portion congrue. Il brille même par son absence sur les sept premiers titres. La texture épouse soit les caprices semi-acoustiques, ‘sydbarettiens’, de Robyn Hitchcock ; ou nous plonge dans l'univers velvetien, indolent, arty de Mojave ou de Tarnation. A partir du huitième morceau, Dirk Brouwers entre dans la danse, et infiltre progressivement ses sonorités fiévreuses dans la mélodie. Son phrasé ‘manzarekien’ refait naturellement surface. Et nonobstant le vocal hymnique, curieusement inspiré par Bono (pas le Band!), les portes (!) du psychédélisme s'ouvrent à nouveau pour célébrer une folle et douce Soft Parade...

 

Smoking Popes

Born to quit

Les Smoking Popes affichent un line up unique en son genre, puisqu'il est partagé entre trois frangins: Matt, Elie et John Caterer, flanqués d'un quatrième larron qui répond au nom de Mike Felumlee. Manquait plus que ce dernier soit également de la famille et nous pouvions décréter que les Ramones avaient laissé en héritage un digne successeur. Encore qu'il est vrai que ceux-là n'étaient, paraît-il, que des faux frères. Les Ramones constituent une bonne introduction à la musique de ce quartet yankee, dont le presque mythique tempo 4/4 revient régulièrement à la surface. Mais pas pour y exploiter un punk caricatural. Non, plutôt pour y revitaliser un power pop nourri à la fois au garage et au britpop. En termes plus imagés pour y réaliser une synthèse entre la musique des Buzzcocks, des Luminarios, de Lightning Seeds et des Smiths. La superbe voix de John Caterer campant d'ailleurs un hybride entre celle d'Ed Kowalczyk (Live), Martin Rossiter (Gene) et de Morrissey. Une voix très en avant qui communique une sensibilité profonde aux mélodies mélancoliques de ce "Born to quit"...

 

Smog

The doctor came at dawn

Nul n'aurait un jour imaginé que Léonard Cohen aurait laissé un héritier naturel. Et pourtant, Bill Callahan mérite assurément ce legs. On se demande d'ailleurs pourquoi il enregistre encore sous le patronyme Smog, puisque sur ce " The doctor came at dawn ", il fait pratiquement cavalier seul. Un peu à la manière de Bill Oldham, matière grise de Palace. Ne vous attendez donc à rien de très réjouissant sur cet opus, mais plutôt à un épanchement d'émotion, de mélancolie, et de tristesse hors du commun. Né d'une instrumentation minimaliste pathétique, obsessionnelle, partagée entre cordes de guitares acoustiques languissantes, accords de piano désolés, austères, accès de violoncelle furtifs, éclaboussures de tambourin et arrangements symphoniques épars quoique luxuriants. Le tout découpé entre silences, lourds de conséquences. Que meuble lugubrement, cruellement la voix douce, profonde, légèrement nasillarde de Bill. Beau et triste à la fois!

 

Patti Smith

Gone Again

Écrit par

Hormis la confection du très dispensable "Dream of life", publié en 1988, Patti Smith ne s'est guère manifestée au cours des quinze dernières années. Elle a bien écrit l'un ou l'autre recueil de poésie, mais s'est surtout consacrée à l'éducation de ses enfants, tout en envisageant de revenir à la scène dès qu'ils seraient assez grands pour l'accompagner en tournée. Malheureusement elle a perdu coup sur coup son mari Fred ‘Sonic’ Smith (ex-guitariste de MC5) et son frère Todd. C'était il y a deux ans déjà... Aussi vous ne serez pas étonnés d'apprendre que ce "Gone again" est dédié à la mémoire de ses proches trop tôt disparus. Méditation sur notre séjour sur terre avant d'atteindre l'au-delà.

Pour enregistrer "Gone again", elle a reçu le concours de quelques amis fidèles. Notamment Jay Dee Daugherty, Tom Verlaine et Lenny Kaye. Un Kaye qui coproduit l'opus en compagnie de Malcolm Burn. Un parterre d'invités au sein duquel on retrouve, mais d'une manière plus épisodique, des artistes tel que John Cale et Jeff Buckley. Une oeuvre bien équilibrée, climatique, le plus souvent abordée avec un esprit proche de celui du Velvet Underground circa Nico. Où la magie ‘morrisonienne’ peut opérer instinctivement. Tout en réservant une part de sa muse au minimalisme acoustique, héritage toujours très vivace de son admiration pour Dylan... L'opus épingle, en outre, une ballade country: "Dead to the world". Une superbe composition enrichie d'orchestrations symphonique: "My madrigal". Un fragment directement inspiré par le Jefferson Airplane, à l'époque ou il planait encore: "Ravens". Et puis surtout "Summer cannibals", hit single en puissance, viscéralement syncopé, sauvage, chanté avec ce vocal très caractéristique, guttural, sensuel, de Patti. Un retour en force pour la première artiste punk qui soit parvenue à allier poésie et rock 'n'roll…

 

Swans

Soundtrack for the blind

Swans a donc décidé de mettre la clef sous le paillasson. Enfin, plus exactement, Michaël Gira et Jarboe ont décrété qu'ils n'enregistreraient plus sous le patronyme Swans. Et ce " Soundtracks for the blind " constitue l'épilogue de l'histoire de ce groupe, dont la naissance remonte déjà au tout début des eighties. Un testament, présenté sous la forme d'un double CD, dont le deuxième disque est essentiellement partagé entre bruitages expérimentaux, prises " live ", remixes et versions retravaillées, parmi lesquelles figure un véritable morceau d'anthologie de près de 16 minutes, " Helpless child ". Plus conventionnel, l'autre disque privilégie les compositions hypnotiques, spectrales, majestueuses, pathétiques dans leur tragédie humaine... Une œuvre pour laquelle, le drummer d'Iggy Pop, Larry Mullins, et celui de Ministry, Bill Rieflin, ont participé...

 

Swans

Die Tür ist zu

Tout comme Nick Cave, Michaël Gira est un romantique manqué, un voyeur poursuivi par l'autodérision. Un romancier dont l'œuvre conceptuelle dénonce chez son auteur une double personnalité. Faut-il le croire, lorsqu'il proclame la fin prochaine de Swans, alors que l'ossature du groupe se limite à sa compagne Jarboe et à lui-même? Faut-il le croire, lorsqu'il nous annonce la sortie d'un double album, déjà intitulé "Soundtrack for the blind"? Faut-il le croire lorsqu'il lie cet épilogue à une ultime tournée mondiale? En attendant, il nous propose un EP qui comptabilise un peu moins d'une heure. Rien que le premier titre dépasse les 21 minutes. Un morceau qui aborde l'ambient psychédélique, avant de revenir à une incontournable progression de cordes, hantée par la voix morne, creuse de Gira. Jarboe apporte également son concours aux claviers et puis surtout ses arabesques vocales mélancoliques sur l'une ou l'autre composition de ce "Die Tür ist zu" (NDR: traduction: les portes sont ouvertes). Notamment pour l'adaptation acoustique de "Mother father", rebaptisée "M/F" pour la circonstance, et puis sur "4RP". Un album qui implique également une version écourtée de "The sound", enregistré live au Schach Hof de Brême.

 

Supersuckers

Sacrilicious

Ne rigolez pas, mais nous venons de découvrir les Snuls yankees! En plus rock, bien sûr. Mais embourbés dans le même humour salace et malséant. Parfois, c'est même pire! Rien que le nom du groupe est évocateur. Ne nous demandez d'ailleurs pas de le traduire. Pas plus que les titres "Run like a motherfucker" ou "Born with a tail". Un discours trivial que l'on retrouve constamment dans les lyrics. Dommage, parce que le quatuor manifeste une énergie punkysante digne de Cosmic Psychos. Avec de nombreux relents de country. Peut-être qu'en se pinçant le nez ou en se bouchant les oreilles...

Supermodel

Clumba mar

Issu d'Egham, dans un coin perdu de l'Albion, Supermodel dispose d'un potentiel créatif particulièrement éclectique. Aucun des quinze fragments de ce "Clumba mar" ne ressemble d'ailleurs à un autre. Même si basiquement, l'expression évoque surtout Menswear. Mais un Menswear qui goûterait un peu à tous les râteliers sonores. Depuis le psychédélisme (Mercury Rev?) à la cold wave (Jesus & Mary Chain) en passant par le punk originel du Manic Street Preachers, la noisy avant-gardiste de Telstar Ponies, le glam de T Rex et la pop extravertie de Supergrass. Une seule constante: le son filandreux, mordant chargé d'ironie, de malice et d'exubérance juvénile. Basse élastique, cordes de guitare bourdonnantes et gémissantes, vocaux abrasifs mais savoureux apportant tout leur charme et leur mordant à ce pop contemporain dérivatif...

 

Super Furry Animals

Fuzzy logic

Tout comme Gorky's Zygotic Mynci, Super Furry Animals est issu du Pays de Galles, et n'hésite pas à composer et à chanter dans son dialecte natal. Mais, apparemment, sur son premier album, les musiciens se sont résolus à ne s'exprimer qu'à travers la langue de Shakespeare. Business oblige! Un groupe dont le cheminement est plutôt inhabituel, puisque avant de s'intéresser à la pop, le groupe pratiquait de la techno. Ce qui explique sans doute pourquoi Super Furry Animals estime être étranger à la nouvelle scène britpop incarnée par Marion, Shed Seven, Bluetones, Menswear, Cast et consorts. Faut dire que si mélodiquement le groupe possède certaines affinités avec le glamour de Supergrass, la solution sonore est truffée d'effets spéciaux psychédéliques (Syd Barrett ?), de bruitages électroniques (Chemical Brothers?) et d'arrangements. Arrangements vocaux aussi sophistiqués que chez Weezer. Arrangements orchestraux comparables à ceux que Jeff Lynne réservait aux elpees d'ELO. Le tout abordé sur un ton humoristique, pasticheur, plus proche du burlesque de Bonzo Dog Dog Band que des Beatles circa "You know my name"...