Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Dernier concert - festival

L7
Afghan Whigs

Genius / GZA

Liquid swords

Genius est un pionnier du hip hop. Réputé pour son style visionnaire, intelligent, réaliste, il est considéré aujourd'hui comme un philosophe de la culture rap. Tant mieux pour lui! Nous sommes d'ailleurs au regret de vous confesser qu'après deux fragments, nous avons été contraints et forcés de déclarer forfait...

 

The Geraldine Fibbers

Get Thee Gone

C'est vrai que ce quintet yankee aurait pu choisir un nom moins équivoque. Un patronyme qui ne retrace pas les aventures de cette meurtrière. Paraît quand même que le groupe ne l'aurait pas fait exprès (NDR: mon œil!). Blague à part, les Geraldine Fibbers exécutent (!) un country folk légèrement électrifié. A la croisée des chemins de Tom Waits, Violent Femmes et Johnny Cash. Le chef de bande ? Carla Bozulich. Et ses méfaits vocaux venimeux, désespérés, s'apparentent très fort à ceux perpétrés par Kristin Hersh au sein de Throwing Muses. En outre, son violon (!) pille la mélodie à la manière de dEUS. Six forfaits ont été commis sur ce "Get Thee Gone". Le mobile ? L'amour, la mort, l'inceste et le meurtre (évidemment!). Et le dernier est de taille, puisqu'il dépasse les dix-huit minutes. Une cover fatale de Bobby Gentry, "Fancy". Le groupe est même déterminé à ne pas s'asseoir (!) sur sa réputation. En injectant (!) davantage de violence et de tension dans la solution sonore de son prochain opus. D'électricité contemporaine. Une nouvelle assise qui devrait permettre au quintet d'échapper à la récidive...

 

Lisa Gerrard

The mirror pool

Ce "Mirror pool" constitue la première expérience en solitaire de la chanteuse du groupe australien Dead Can Dance. En fait de groupe, nous devrions plutôt parler de duo, puisqu'elle partage ce patrimoine avec Brendan Perry. Pour enregistrer cet opus, elle a bénéficié d'une flopée de musiciens à formation classique. Et notamment l'orchestre philharmonique de Melbourne. Rien de bien différent, cependant, par rapport aux derniers opus de DCD. D'autant plus que pour préserver ce parfum oriental, elle s'est également abreuvée à l'instrumentation ethnique. Bouzouki et yang ch'in notamment. Subrepticement, c'est vrai. Tout comme pour l'instrumentation basique conventionnelle. Réduite à sa plus simple expression. "The mirror pool" nous plonge ainsi dans un climat mélancolique, solennel, mais à l'intensité dramatique presque insoutenable. La voix exceptionnelle, sinusoïdale de Lisa Gerrard tissant des charmes et des malédictions sur des mélopées à caractère symphonique. Pourtant, si l'œuvre se révèle aussi rare qu'intemporelle, elle finit par lasser faute de relief contemporain. C'est d'ailleurs à ce niveau que l'absence de Brendan se fait cruellement sentir...

 

H Blockx

Time to Move

En Allemagne, les ensembles de rap et de hardcore ne sont pas légion. Le rock se conjugue surtout au temps des seventies et trop souvent au mode du hard rock. Alors, dans ce contexte, un groupe de rapcore est taxé d'extra-terrestre. Nous préférerions le qualificatif de visionnaire. Parce que H-Blockx mène un combat contre le racisme. Contre le fascisme. Et il le clame à la manière des Noirs américains. Pour ce quintet, dont la moyenne d'âge atteint à peine vingt ans, il est temps que la société réagisse. Il est "Time to move", si vous préférez! Et le combo le clame sur une expression sonore excitante, dansante, qui flirte avec le punk, le metal, le trash et le hip hop. Avec une conviction qui n'est pas sans rappeler Red Hot Chili Peppers, Beastie Boys, Rage Against the Machine et une audace comparable à 25th Of May ou Pop Will Eat Itself.

 

Ed Hall

La la land

Trio texan (Austin), Ed Hall pratique un hardcore cinglant, saignant, sculpté basiquement dans les cordes de guitares, rongé par une basse ronflante, sinistre, et balayé d'une multitude de caractéristiques rock, pop ou progressives. Oscillant, dans le désordre de King Krimson période "Lark's tongue in aspic" à Beck, en passant par Litfiba, Vini Reilly, Tea Party, Gong, Stranglers, Primus, Helmet, All et Sex Pistols. Un album fort intéressant mais sans doute trop éclectique pour pouvoir se faire une idée précise des objectifs poursuivis par le trio. Quelques titres sont cependant parvenus à nous faire flasher. Comme "Pollution", "The Hybrid" et puis cet énigmatique, presque mystique et surtout puissant "Angel". Quant au final, il propose en dix-neuf minutes une sorte de "Revolution 9" proche des divagations les plus extrêmes d'un Brian Eno ou d'un Fall...

 

James Hall

My love, sex and spirit

Enfin! Après nous avoir gratifiés de deux superbes singles, en l'occurrence "So precious" et "Silver tongues", l'ex-leader de Mary My Hope se manifeste par la voie d'un premier album. Nous nous demandions même si un troisième extrait de cet elpee n'allait pas encore nous être refilé, question de nous faire davantage languir. Habillé d'une pochette au design artistique remarquable, "My love, sex, and spirit" répond parfaitement à nos espérances. Il inclut les singles précédents bien sûr, mais aussi neuf fragments qui valent leur pesant d'or. Une œuvre riche en atmosphère contaminée par le jazz, le folk, le blues, la soul, la new wave, le reggae blanc et le white funk (avez-vous remarqué la différence?). Un opus dont la ligne mélodique repose sur ce contraste saisissant entre la ligne de basse pulsante, tendue, les cordes de guitares effilées, jaillissantes, acides, et le vocal passionné, passionnel de Hall. Epatant!

 

Happy Mondays

Loads

Sous-titré ‘best of’, "Loads" propose en 16 titres un aperçu de la discographie du défunt Happy Mondays. Si on y retrouve bien le second single "Tart tart", "24 hour party people", "Lazytis", semi cover des Beatles", les reprises de "Step on" et "Tokoloshe man" de John Kongos, "Kinky Afro", "Hallelujah" dans un mix de MacColl, on regrettera l'absence du premier single "Delightful", et surtout de "Freakin' Dancin'", considéré comme la composition la plus percutante des Mondays. Bref, hormis ces quelques réserves, cette compile constitue un testament assez intéressant du mythe mancunien.

Responsable de la naissance de la scène rave et du mouvement baggy, antithèse du mouvement glamour, réputé pour ses rythmes épileptiques, nés du pillage de la soul des seventies et des catalogues funk de Motown et de Stax, le combo mancunien était parvenu à se construire un style tout à fait personnel, redoutablement hypnotique, au groove irrésistible. Malheureusement, l'abus de drogues aura raison de la bande à Shaun Ryder et de Bez. Deux personnages qui tomberont même dans la déchéance la plus totale, avant de revenir, après désintox et rachat de bonne conduite sous la forme de Black Grape. Mais là, c'est une autre histoire...

Emmylou Harris

Wrecking Ball

Figure emblématique de la scène country aux States, Emmylou Harris semblait avoir complètement disparu de la circulation depuis le début des eighties. Par la grâce de Daniel Lanois, elle vient de se voir projeter derechef à l'avant-plan de la scène rock contemporaine. Non content de produire ce "Wrecking Ball", l'Acadien a réuni autour de l'interprète, la crème de la scène rock. Depuis Malcoln Burn à Tony Hall, bassiste des Neville Brothers, en passant par Larry Mullen (U2), Brian Blades, Lucinda Williams, Steve Earle et surtout Neil Young. Un Young qui a, en outre, composé le titre maître de l'opus. Dans ces conditions, le résultat ne peut être qu'excellent. On ne peut d'ailleurs émettre qu'un seul reproche à l'égard d'Emmylou ; c'est de ne participer que très superficiellement à l'écriture de deux chansons. Pas davantage.

 

Grant Hart

Ecce homo

Exclusivement réservé au chant et à la guitare sèche, "Ecce homo", titre inspiré de la collection d'eaux fortes de l'artiste George Grosz, propose douze adaptations minimalistes du répertoire de l'ex-guitariste d'Hüsker Dü, toujours Nova Mob, enregistrés en public le 13 octobre 1994 à Seattle.

 

Mick Harvey

Intoxicated Man

Bad Seeds, ex-Crime & The City Solution, cet Australien vient d'enregistrer son premier album solo. Une œuvre consacrée exclusivement à des reprises de Serge Gainsbourg. Depuis "69, année érotique", à "Inceste de citron", en passant par "Harley Davidson", "New York USA", "Bonnie & Clyde", "Je viens te dire que je m'en vais" et bien d'autres. Seize fragments accommodés à la langue de Shakespeare. Et dans le rôle de partenaire vocal féminin, commise aux chuchotements puérils, mélancoliques et sensuels, Mick a choisi Anita Lane. Responsable, voici quelques mois, d'une nouvelle version du célèbre "Je t'aime... moi non plus", en compagnie de Nick Cave. Mick prend, tout au long de cet "Intoxicated Man" beaucoup de liberté avec les classiques de Gainsbourg. Certaines sont d'ailleurs à peine identifiables. Et il n'a pas tout à fait tort. Donnant une dimension plus trouble, plus sophistiquée, plus caverneuse, aux chansons, plutôt que de se contenter d'une banale adaptation. Mick n'a cependant pas reçu le concours des Bad Seeds pour enregistrer cet opus. Mais bien du violoniste Warren Ellis (Dirty Three) et de James Cruikshank (Cruel Sea). Ainsi que d'une section à cordes. Extrêmement efficace. Notamment sur le final vertigineux, frénétique "Initials BB"...