Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Editors
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Jasper and The Prodigal Suns

Everything is everything

Imaginez un peu un flirt, échangé entre le jazz circa Ornette Coleman et la musique traditionnelle issue des Caraïbes, consommé sur un lit de funk rap hip hop à coloration spirituelle. Ajoutez-y la production de Dave Cochran, personnage qui a composé et produit pour Paula Abdoul, Lionel Ritchie et Public Enemy ; et vous obtiendrez l'expression dispensée par ce Jasper and The Prodigal Suns tout au long de cet "Everything is everything"...

 

Jawbreaker

Dear you

Bien que fondé à l'aube des nineties, ce trio yankee a dû attendre 1994 pour enfin se révéler au grand public. En assurant la première partie de la tournée "In Utero" consacrée à Nirvana. Produit par Rob Cavallo (Muffs, That Dog, Green Day) "Dear You" constitue déjà le quatrième opus de Jawbreaker. Un album à l'intensité variable, alimentée tantôt par le popcore (Hüsker Dü, Green Day), le grebo (Ned's Atomic Dustbin), le grunge (Nirvana, of course!), le punk (Clash) et le post punk (Psychedelic Furs), la voix de Blake Schwarzenback (ne pas confondre avec Schwarzenegger) essaimant ses lyrics confessionnels d'un timbre rocailleux, écorché, fiévreux, fort proche d'un Richard Butler...

 

The Jayhawks

Tomorrow the green grass

Auteurs d'un superbe opus en 1992 ("Hollywood town hall"), les Jayhawks semblent avoir perdu de leur superbe. A l'époque, nous avions émis de flatteuses comparaisons avec le Crazy Horse, Green On Red et les Replacements. Pour "Tomorrow the green grass", nous avons dû complètement revoir notre jugement. Qu'a-t-il donc pu se produire? Les musiciens sont identiques. La production a été confiée au même George Drakoulias. Et pourtant, au bout de la treizième composition, nous avons failli nous assoupir. Pourquoi ce groupe yankee a-t-il voulu revenir à une forme de country rock aussi traditionaliste? A ce sentimentalisme typiquement yankee qui ne convainc que les Américains? Après avoir raté les sixties, les Jayhawks risquent fort de manquer les nineties...

 

Jazz Crusaders

Happy again

Dommage que tout l'album ne soit pas de la trempe du premier morceau. Intitulé "Lock it down", il courtise un jazz funk fouetté de percussions latino-américaines et inspiré par le défunt et mythique Defunkt. Parce que le reste sombre rapidement dans un pseudo free jazz destiné à la sonorisation des hypermarchés...

 

Jet Black Joe

Fuzz

Fondé en 1992, cet ensemble islandais en est déjà à son troisième album. Mais ne nous demandez pas le moindre avis sur ses deux premiers elpees, puisqu'ils n'ont bénéficié que d'une distribution très confidentielle. "Fuzz" trahit une charpente fondamentalement rock.  Urban rock même. A l'instar du premier titre du morceau de plastique, "Motor Maniac".  Criblé, de riffs de guitare saignants, stoogiens, fouetté par les agressions de basse caoutchoutée, viscérale et imprimé sur un tempo sauvage, excitant. Une formule qui rejaillit ponctuellement tout au long de l'œuvre. Même si au fil du sillon, Jet Black Joe parvient à révéler les multiples facettes de son talent. Tantôt glamour sur la cover des Kinks "Wicked Anna Bella", pastoral sur "Higher and higher", spectral sur "Metal Maniac", post punk ou ‘doorsien’ en d'autres circonstances avant d'embrasser, fin de parcours, une pop revisitée par le prog rock des seventies (Jethro Tull ?), le synthétisme glacé de The The ou l'insouciance juvénile, presque caricaturale d'un Bonzo Dog Band. Comme quoi la scène islandaise ne se limite pas à Björk et à ses ex-Sugarcubes !

 

Jethro Tull

Roots to branches

Écrit par

Depuis la fin des seventies, on ne peut pas dire que le Tull se soit montré particulièrement brillant. Honnête dans sa phase acoustique, mal à l'aise dans sa volonté de maintenir un certain cap prog rock, il est même devenu franchement médiocre lorsqu'il s’est prostitué au heavy metal. Nous pensions même que cette incartade allait définitivement achever le groupe de Blackpool. Enfin, nous le craignions. Car, Ian Anderson possède suffisamment de talent et d'obstination pour revenir dans le parcours. Et il vient aujourd'hui de le prouver sur "Roots to branches". Une œuvre qui aurait pu, vingt ans plus tôt, figurer parmi les meilleurs elpees de la décennie. Aux côtés d'"Aqualung", de "Thick as a brick" ou de "Stand up". A la lecture de ces quelques mots, toute la génération de soixante-huitards risque fort de s'enflammer; et elle a tout à fait raison. Sans vouloir manifester la moindre allusion péjorative, croyez-le sincèrement. Complètement à contre-courant de la scène musicale contemporaine, ce disque ambitieux met inévitablement en valeur le talent des différents instrumentistes. De Martin Barre, incroyablement sobre pour la circonstance (NDR: il bonifie avec le temps, comme le vin!), du claviériste Andrew Giddings, et puis surtout de Ian Anderson. Aussi bien au chant, aux flûtes, qu'à la guitare acoustique. Un elpee qui a bénéficié du concours d'une pléiade de musiciens classiques ; sans doute la même équipe qui avait participé à l'accouchement de "Divinities". Onze fragments qui oscillent du jazz/blues au rock, en passant par l'exotisme, la folk celtique, la musique slave, filmique, symphonique et bien sûr progressive...

 

Quincy Jones

Q´S Jook Joint

Pour enregistrer ce "Q'S jook joint", Quincy Jones a reçu le concours d'une pléiade de collaborateurs. Plus de quatre-vingt. Entre autres Barry White, Coolio, Gloria Estefan, Phil Collins, Stevie Wonder, Babyface, Naomi Campbell et Bono. Et puis surtout Ray Charles, Toots Thielemans et Herbie Hancock. Car c'est essentiellement dans le domaine du jazz que l'artiste tire son épingle du jeu. Toutes les formes de jazz. Hors de ce contexte, nonobstant la liste prestigieuse des invités ainsi que la production hyper léchée, il se disperse dans la soul lascive, le funk pop sclérosé, le rhythm’n’blues édulcoré voire le disco. En tirant dans toutes les directions Quincy risque fort de manquer sa cible...

 

Joy Division

Permanent

Écrit par

Fondé en 1976 à Macclesfield, près de Manchester, sous le nom de Warsaw, et rebaptisé fin de la même année en Joy Division, ce groupe constitue un des deux pôles du mouvement cold qui a marqué les Iles Britanniques, fin des seventies, début des eighties. L'autre, étant attribué à Cure, faut-il le rappeler. Il faut cependant se replacer dans le contexte de l'époque pour bien comprendre ce phénomène. Comme tant de villes anglaises en proie à la récession économique, Manchester est peuplée d'usines désaffectées, de chômeurs et d'alcooliques invétérés. Une certaine idée de l'angoisse que Joy Division véhicule dans un état d'esprit noir et sordide. Et le ton de sa musique en devient maussade, désespéré, amer ; la voix de Ian Curtis se frayant un passage à travers ce déluge de sonorités à la fois lugubres et fascinantes. Curtis est tellement imprégné de ses convictions que le 18 mai 1980 il se pend dans sa cuisine, peu avant la sortie du deuxième elpee, "Closer". Cet acte extrême sonnera le glas de l'existence de ce groupe qui deviendra cependant mythique à travers sa discographie. Deux albums studio, de multiples Eps, des "live", des bootlegs, Peel sessions et compilations. "Permanent" constituant probablement le best of de ces recueils. Car même s'il y manque "Decades", ce recueil aligne les classiques du groupe: "Love will tear us apart", "Transmission", "She's lost control", "Atmosphere", etc.

 

Junkfish

Statique

Mini elpee six titres pour cet ensemble issu du Nord du pays. Une formation dont l'existence remonte déjà à 1990 et qui se particularise par l'absence de bassiste. Depuis 1993, il est vrai. Palliant cette carence par l'électronique et les samples. Ce qui peut sembler très étonnant pour un groupe qui émarge au trash funk metal à caractère post industriel. Junkfish s'en tire pourtant très bien tout au long de ce "Statique", parvenant à décrisper la tension hardcore, héritée d'Helmet, de Rage Against the Machine, de Red Hot et consorts pour la rendre plus efficace, plus atmosphérique, plus hybride, plus insidieuse à l'instar des Young Gods...

 

Junkhouse

Birthday boy

Pratiquement inconnus sur le Vieux Continent, ces Canadiens jouissent d'un certain crédit, et même d'un crédit certain, au pays des grands lacs. Des vétérans de la scène d'Hamilton. Mais aussi et surtout des potes à Daniel Lanois. Il leur a d'ailleurs permis de rencontrer le célèbre producteur Malcoln Burn (John Mellecamp, Bob Dylan, Aaron Neville, Iggy Pop), qui ne s'est pourtant pas contenté de la mise en forme de ce "Birthday boy", assumant la plupart des parties de piano. Avec brio. Notamment sur deux des plus belles chansons de l'elpee. Les plus intimistes aussi. "Drink". Et puis "Burned out car", rehaussé par le concours de Sarah McLachlan au chant. Le reste macère dans un véritable chaudron de sonorités blanches en fusion. Oscillant de l'urban rock (Leather Nun, Thee Hypnotics) au boogie swampifié (Tony Joe White) en passant par le psychédélisme (13th Floor Elevators) et le rock océanique (Ed Kuepper, INXS). Une intensité électrique savoureuse, vivifiante marbrée par le baryton profond de Tom Wilson, dont le timbre rappelle tantôt Michaël Gira, Jonas Almqvist ou même Kevin Ayers. Superbe!