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Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Dernier concert - festival

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Biohazard 8/8/26

Heather Nova

Oyster

Ce qui frappe d'abord chez Heather Nova, c'est son timbre vocal. Ethéré, vulnérable, vertigineux même, à la croisée des chemins de Kristin Hersh, d'Harriett (Sundays) et de Joni Mitchell. "Oyster" constitue son troisième opus. Un disque aux compositions romantiques, tourmentées, cousues à vif dans la mélodie par des cordes de guitare semi acoustiques ou de violon majestueux; un album très agréable, mais qui laisse cependant une impression de déjà entendu...

Helium

The dirt of luck

Helium chercherait-il à ravaler la façade de la noisy? Probablement! Mais en utilisant toutes les variétés des caractéristiques originelles de ce style musical. Puisées à la fois chez Sonic Youth, Breeders, Pale Saints, Boo Radleys, My Bloody Valentine et même les Pixies. Bref une opération pas tellement facile, underground même, qui doit, en outre, tenir compte de la structure mélodique. Hésitant entre la pop la plus allègre (Stereolab?), le folk celtique et le blues aride (PJ Harvey?). Une seule constante, la voix claire, savoureuse de Mary Timony, matière grise d'Hélium, dont le timbre vocal navigue quelque part entre celui de Suzanne Vega et de Tanita Tikaram...

The Hoax

Sound like this

Découvert puis signé par Mike Vernon, The Hoax est passé du régime amateur au stade professionnel en un peu moins de douze mois. Mi 94, cet ensemble londonien s'est même vu décerner le titre de meilleur groupe britannique par le magazine Blueprint. Parce qu'il ne jure que par le blues. Parfois dynamisé par le rock ou traduit dans la langue du boogie, surtout lorsque Hugh Coltman exerce ses talents d'harmoniciste. Mais du blues célébré à la gloire de ses héros. En l'occurrence Albert Collins, Stevie Ray Vaughan, Albert King et les Fabulous Thunderbirds. Ce qui ne veut pas dire que Hoax fasse des concessions aux adaptations. Pas une seule. Rien que des originaux. Onze en tout, qui "Sound like this"...

 

H.P. Zinker

At the mountains of madness

Ce groupe autrichien est cité par Thurston Moore (Sonic Youth) et Evan Dando (Lemonheads) comme un de leurs groupes préférés. Une formation qui à l'origine se limitait à un duo et une boîte à rythmes. Le line up initial en est d'ailleurs rapidement revenu à une formule plus classique, et engagé un drummer, faute de débouché créatif. Aujourd'hui, H.P. Zinker semble avoir atteint la pleine mesure de son art. Expérimental par excellence, il agrège des styles aussi différents que le métal (Led Zepplin), le psychédélisme (13th Floor Elevators), le prog rock (King Crimson), le postcard (Felt), la no wave (Live Skull), le post grunge (Smashing Pumpkins), l'avant-garde (John Zorn) et le jazz (Ornette Coleman) ; le tout sous un format pop. Donc mélodique ; ce qui n'est pas pour nous déplaire. Néo progressif!

 

The Human League

Octopus

Sheffield. 1979. Martyn Ware, Ian Marsh, Adrian Wright et Phil Oakey commettent un album de musique électronique totalement révolutionnaire. "Reproduction". Post industrielle, inspirée par son propre environnement, parvenant à fusionner la rigidité synthétique et la mélodie enivrante, elle suscitait la transe dérisoirement robotique. Mais l'album est très mal accueilli par la presse insulaire. Aussi Marsh et Ware décident de voler de leurs propres ailes, épousant successivement les aventures de BEF et d'Heaven 17. Deux nouveaux électroniciens mais surtout deux choristes, Susan Sulley et Joanne Catherall comblent les places laissées vacantes. Sous ce nouveau line-up la formation enregistre "Travelogue", une œuvre qui ouvre toutes grandes les portes de la new-wave. Des portes qu'un John Foxx tentait bien de forcer depuis quelques temps. Mais sans succès... Un succès dont va profiter l'ensemble insulaire pendant cinq bonnes années. Multipliant les hits comme "The Lebanon", "Fascination" ou "Don't you want me", mais négligeant de se régénérer son inspiration. A un tel point que début des nineties, il tombe dans le ridicule avec le morceau de plastique "Romantics". Dans ces conditions, vous imaginez bien que le commun des mortels n'aurait plus osé parier un penny sur Human League. Et pourtant! Réduit au trio Oakey, Sulley, Catherall, il semble avoir retrouvé une seconde jeunesse. Nonobstant trois fragments insipides, sub Saint Etienne, "Octopus" nous a franchement étonnés. Le single "Tell me when" trotte certainement dans votre tête depuis quelques semaines. Mais des titres comme "Cruel Young Lover", réminiscent d'"Empire State Human" ou "House full of nothing" sont encore plus percutants. Et si "Never again" suinte de romantisme glacé, "John Cleese: is he funny" devrait faire le bonheur des animateurs de radio, en recherche perpétuelle d'indicatif. Pensez à "Love action". Oakey?(!) Une excellente surprise!

 

Idaho

This way out

Tout comme Red House Painters et American Music Club, Idaho appartient à la vague des nouveaux dépressifs qui secoue aujourd'hui les States ; et en particulier la Californie. Inutile de vous dire (!) que les thèmes abordés sur cet opus ne sont pas particulièrement joyeux. Vide existentialiste. Futilité de la vie. Inéluctabilité de la mort. Des thèmes qui alimentent un climat morose, austère, sombre. Mais cette expérience est purifiée par l'électricité des guitares. Qui filtre lentement, à travers la mélodie, telle une coulée de lave incandescente, crépitant de feedback. Et transcendée par le vocal angoissé, angoissant, ‘’eitzelien’ de Jeff, dont les bouffées languissantes, éplorées, libèrent une mélancolie grise. Excellent, à défaut d'être original!

The Inbreds

Kombinator

Le chanteur/bassiste Mike O'Neill et le drummer/percussionniste Dave Ulrich se sont associés en 1992 pour fonder Inbreds. Ils se partagent la composition; mais l'abordent d'une manière fort originale, à l'aide de leur instrumentation rythmique. Pas de guitare électrique, donc. Mais une multitude de pédales de distorsion. Parfois un zeste de piano, de xylophone ou de vibraphone dispensés par de très rares invités. Et puis, surtout une prolifération d'overdubs. Réalisés dans le studio personnel du duo. Situé dans leur Kingston natal, au Canada. Ce qui explique également la qualité des arrangements administrés aux quatorze fragments de ce "Kombinator". Des compositions minimalistes maximalisées, qui adoptent un langage lo-fi enseigné par Sebadoh, Built to Spill, Swell et autres Grifters...

 

Inspiral Carpets

The singles

Après sept années de bons et loyaux services, Inspiral Carpets vient d'être remercié par son écurie, Mute. Et pour consacrer cet événement, le label a décidé de sortir une compile exclusivement consacrée aux singles du quintet. L'avenir est donc plutôt instable pour cet ensemble qui a connu ses heures de gloire en 1990. En pleine explosion baggy. Au moment de la sortie de son premier elpee, "Life". Si la suite s'est révélée moins efficace, donc rentable, nul ne pourra jamais reprocher au combo mancunien d'avoir trahi son public. Leur discographie (quatre albums et une pluie de singles) en est la plus belle démonstration. Et puis la griffe de leur son, caractérisée par cet orgue farfisa (acheté pour une bouchée de pain sur une brocante) au son complètement pourri, mais tellement chaud. Revenons à ce morceau de plastique qui parvient à réunir l'intégrale des singles d'Inspiral Carpets. Depuis "Joe" à "Uniform", en passant par "Move", "This is now it feel", "Caravan", "Dragging me down", "Two worlds collide", "Saturn 5", "I want you", et bien d'autres... soit dix-neuf fragments!

Ivy

Realistic

Très chouette album pour ce trio américain dont la musique navigue à la croisée des chemins de la noisy insulaire (Pale Saints, My Bloody Valentine), du minimalisme glacé de Stereolab et de la pop sylvestre (Everything But The Girl). On se demande même comment un groupe aussi arty ne relève pas du label 4AD, alors qu'il bénéficie de la production de Kurt Ralske. On ressent d'ailleurs très fort la griffe du leader d'Ultra Vivid Scene sur les douze chansons croquantes, contagieuses, subtiles, tendres et insidieusement vivifiantes de ce "Realistic". Les harmonies vocales sont limpides, satinées, les cordes de guitare le plus souvent semi-acoustiques, plaquées, parfois aquatiques, mais également caustiques et savoureusement crépitantes lorsque les mélodies s'enveniment. Des coups de cœur? "15 seconds", "Point of view", "In the shadows" et puis un single en puissance, "Don't believe a word". Superbe!

 

Townes Van Zandt

Je n’ai jamais cherché à être reconnu…

Townes Van Zandt est un mec dégingandé. Filiforme, les traits burinés par une cinquantaine d'années consacrées principalement au cafard, à la guitare et au whiskar... Le genre de type qui au lieu de gérer sa carrière en pro, a toujours préféré se tailler pour vivre des mois en ermite à cheval dans les montagnes. Difficile de devenir Garth Brooks dans ces conditions... Un peu malgré lui, le Texan est à présent reconnu, par ses pairs surtout, comme un des country-bluesmen ricains les plus importants de la 2ème moitié du siècle. Mais cette reconnaissance, un peu tardive, Townes s'en tape un peu, se réfugiant sans cesse derrière une modestie et une humilité qui sont tout sauf feintes.

Où en est ton projet de réenregistrer 62 anciens morceaux destinés à faire le point sur ta carrière ?

En fait, ce n'était pas mon idée, mais puisqu'on me l'a proposé, j'étais partant. D'ordinaire, je ne suis pas quelqu'un qui se penche volontiers sur son passé. En principe, le projet est en cours de finition. C'est en boîte. Il ne faut plus y apporter que quelques aménagements, faire le mix final et régler tous les détails de manufacture… J'ai travaillé selon trois formules différentes, avec un groupe d'Austin, un de Nashville et un mexicain. Ma préoccupation principale était de payer tout ce monde. J'y tenais absolument, mais les chèques de la compagnie de disques se faisaient parfois attendre. Maintenant, ils ont investi suffisamment d'argent pour ne plus faire marche arrière! J'ai quand même le sentiment que si ça traîne, c'est que ma firme de disques espère attendre ma mort pour sortir ce coffret ! (rires) Je ne sais pas s'ils font un bon calcul A leur place, je préférerais négocier avec un type comme moi, plutôt qu'avec ma future veuve... Jeanene est mon éditeur et elle est autrement plus forte en affaires que moi! En principe, ce sera un coffret de 3 Cd, uniquement composé d'anciennes chansons réenregistrées pour l'occasion, mais en utilisant les moyens actuels. Je garde les nouvelles compos pour d'autres projets.

La douche et la sieste

Quel genre de vie mènes-tu en 95?

Je suis tout le temps sur la route. C’est une vie où la douche et la sieste revêtent une importance aussi capitale que le concert du soir. Elle est dangereuse aussi. Quand on voyage tout le temps, on est forcément plus exposé aux accidents. Cependant, j'aime ce mode d’existence. Il me maintient en forme et m'aide à garder la santé. Bien sûr, je fume et je bois de la vodka…  mais ma femme et mon fils Will détestent me voir saoul!

Tu vis où?

A une cinquantaine de kilomètres de Nashville. Mon épouse et moi vivons dans 2 maisons différentes... Chaque fois que je rentre à la maison, après une tournée, j’ai toujours besoin d’un délai, d’un temps d'adaptation pour réaliser que je suis rentré chez moi. Au début, j'arrive difficilement à faire autre chose que regarder la télé!

Tu appartiens à cette catégorie de songwriters qui sont, au fil du temps, devenus des références et dont les chansons sont fréquemment reprises, même par les plus grands. Si tu devais en choisir une ?

C'est bien simple, je les aime toutes, sans exception. Même quand c'est un gosse de 5 ans ou quelqu'un qui n'arrive pas à reproduire les accords. Peu importe, c'est formidable! C'est un grand honneur pour moi. Je n'accorde aucune importance à la valeur de la reprise, il n'y a aucune qualité requise. Bien sûr, je sais que mes enfants (1) sont fiers d'entendre des stars comme Bob Dylan ou Willie Nelson interpréter les chansons de leur papa, mais pour moi, elles n'ont pas plus d'importance.

Tu es une référence, mais tu n'as jamais eu une grande popularité. Au départ, pourtant tu devais quand même rechercher une sorte de reconnaissance de la part du public, non?

Je ne crois pas. Je n'ai jamais cherché à être reconnu, ni par les connaisseurs, ni par le grand public. Au départ, je vivais des concerts au jour le jour, dans les arrière-salles de café où on me payait quelques dollars. Je ne rêvais à rien d'autre, mon optique était proche de celle de Woody Guthrie.

Composer une chanson, quelle serait ta définition?

Composer une chanson est à la portée de tout le monde, d'un électricien ou d'un garagiste. Mais ceux-là en général laissent passer l'idée, ne la figent pas. Je crois que les chansons nous traversent tous, et que le songwriter est celui qui est conscient qu'il doit noter ce qui lui traverse l'esprit. Tout est une question de moment.

Avec Sonic Youth

Les Cowboy Junkies t'ont invité sur scène. Je suppose dès lors que "Cowboy Junkies Lament", une des chansons de ton dernier Cd, leur est dédiée, non?

Eh oui, elle cause du groupe canadien. J'étais en tournée avec eux. J'ai écrit cette chanson au fond d'un car. C'était la toute première fois que je dédiais ainsi une chanson à quelqu'un. Ne me demande pas pourquoi, je l'ignore moi-même.

Comment vois-tu ta carrière évoluer maintenant? Tu as des souhaits?

Je voudrais m'éloigner un peu de Nashville, enregistrer ailleurs. C'était déjà le cas pour le dernier disque que j'ai réalisé en Irlande, en faisant auparavant un crochet par Seattle. Tu sais que le grunge m'intéresse beaucoup? Normalement pour mon prochain album, je devrais me faire accompagner par un grunge band.

Ah oui, lequel?

Il est peut-être un peu tôt pour le dire, mais il se pourrait bien que ce soit Sonic Youth. Ils me connaissent, je crois qu'ils m'apprécient. Bien sûr, rien n'est encore confirmé, mais apparemment ils en auraient envie.

Tu dis qu'ils te connaissent ; mais toi, tu les connais?

Pas fort bien, je dois avouer. Tu sais, je reçois des tonnes de K7 et de Cd. A commencer par les groupes qui assurent mes premières parties. Je mets tout ça dans ma valise. Mais à la maison, je préfère mettre sur ma platine Lightnin' Hopkins ou Hank Williams. Je ne m'explique pas pourquoi j’aime mieux me farcir quelque chose que je connais déjà. C'est comme ça, c'est tout... En tout cas, il y en a un que je n'écoute jamais, c'est Townes Van Zandt!

(1) Townes a trois enfants John alias JT (26 ans), Will (11 ans) et Katie Belle la petite dernière qui n'a que 4 ans.

(Article paru dans le n° 39 du magazine Mofo de décembre 95/janvier 96)