Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Dernier concert - festival

Gary Numan
Editors

Pink Floyd

Pulse

Il y a une bonne semaine que nous avons reçu ce double CD ; et, à notre grande surprise, le clignotant rouge qui orne le boîtier n'a toujours pas cessé de fonctionner. Une excellente batterie doit probablement alimenter le mécanisme!... Et à cet égard, "Pulse" mérite bien son nom! Des pulsations sensées dynamiser le contenu de ces deux disques enregistrés ‘live’ au cours de la dernière tournée européenne accomplie par le Floyd en 1994. Au programme l'intégralité de "Dark side of the moon", quatorze classiques dont "Hey you", "Which you were here", "Shine on you crazy diamond", "Astronomy domine", "Another brick in the wall", etc., et cinq extraits du dernier elpee, "Division Bell". Une bande sonore remasterisée dans une optique tridimensionnelle. Le tout, bien sûr, flanqué d'une luxueuse brochure de photographies consacrées au spectacle. Maintenant, ne cherchez surtout pas la moindre trace d'originalité dans l'expression. La technologie a pris le pas sur l'imagination depuis quelques années. Faut dire qu'à leur âge, faut pas trop pulser...

 

Plastic Venus

Helven Park

Depuis 1993, ce quatuor israélien (Tel Aviv) travaille sur le nouveau label de Colin Newman et de Malka Spiegel, Swim. Et inévitablement, le deuxième album de Plastic Venus baigne dans un climat propice au psychédélisme glacial et atmosphérique. Pensez à la trilogie de Wire, à Main, Spectrum, Spiritualized, Flying Saucer Attack et bien sûr à Minimal Compact. Côté vocal surtout. A cause des miaulements vocaux crispants, grinçants. Un album à la texture à la fois riche et minimaliste, aussi bien capable de s'élever dans l'éther stratosphérique, pour y goûter les délices des sonorités technologiques, que d'imprimer un groove fulgurant, agressif et irrésistiblement électrique. Etonnant!

 

P.O.L.

Parade of losers

Humour grinçant, mais surtout grivois pour ce quatuor yankee à l'esprit punk, au look grunge et au style funk-trash-punk-metal. Grivois et même plutôt grossier; toutes les chansons de ce morceau de plastique comptabilisant deux ‘f***’ la minute (NDR : au prix de l'impulsion !) Une pluie d'injures, mais une pénurie d'idées. Aussi sommaires que les titres de cet opus : "Stupid", "Sick", "Gutter", "I hate myself", "She's dead", etc..., et en final un bonus track ridiculement constitué de trois accords et d'un sample. Une exception qui confirme la règle, la cover du "White punk on dope" des Tubes. Les blagues les plus courtes ne sont-elles pas toujours les meilleures ?

 

Poster Children

Junior Citizen

Fondé en 1987 dans l'Illinois, à Champaign très exactement, Poster Children se réclame de la post wave. Disons plutôt que ce groupe émarge au post punk. Il reconnaît avoir été profondément marqué par Hüsker Dü et Minutemen. Nous pourrions aisément compléter la liste par Pylon, Meat Muppets, Pixies, les Pistols et puis surtout Buzzcocks, Band of Susans et The Sound. "Junior Citizen" épanche en tous cas une énergie, une adrénaline et une intensité hors du commun. Rythmes irrésistibles, tribaux, cordes de guitares jacassantes, sanglantes, impitoyables, basse venimeuse ou jazzcore, vocaux tantôt féroces, ‘rottenesques’ (on se demande d'ailleurs pourquoi le bassiste ne chante pas plus souvent), tantôt vindicatifs, mélodies pop croustillantes, le plus souvent hymniques. Que voulez-vous de plus à votre bonheur?

 

PPz 30

Sweet smell of suckness

Vous avez certainement déjà eu l'occasion d'entendre le single "Jumpin Jeosophat" sur toutes les ondes radiophoniques du pays, depuis le mois de juin. Un single écorché par le timbre vocal très caractéristique, presque étranglé de Bruce qui apporte une coloration toute particulière au funk blanc froissé, cuivré de cet ensemble bien de chez nous. Hormis "Play" au climat nightclubien, "Things that I like" dont le tempo convulsif semble avoir été emprunté célèbre "Lucky Number" de Lene Lovitch le final ‘reggaenigmatique’ "Do ya", la plupart des autres morceaux semblent davantage stimulés par le hardcore, un hardcore qui effleure même parfois les zones les plus sensibles du hip hop. Mixé par l'inévitable Gilles Martin (Tuxedomoon, dEUS, Little Nemo, etc.), "Sweet Smell of Suckness" devrait permettre à PPZ 30 de cimenter (!) définitivement son statut d'outsider sur la scène contemporaine du trash metal...

 

Pram

Sargassa sea

C'est, paraît-il, dans la mer des Sargasses, que l'on rencontre les formes de vie animales les plus étranges, les plus dangereuses. Les légendes regorgent, d'ailleurs, d'épopées survenues aux marins, pêcheurs, flibustiers et autres téméraires qui s'étaient imprudemment aventurés dans ces eaux périlleuses. Pour illustrer son troisième album, Pram a donc choisi le monde du rêve et des aventures. Ou si vous préférez, des cauchemars et des mésaventures. Une étrange jungle sonore où tourbillonne un surréalisme ambient, crépusculaire, que l'on pourrait également appeler muzak. Rythmes angulaires, mécaniques, presque funk, synthés désuets, fluides (Blue Orchids?), violon subtilement grinçant, clarinette venimeuse, piano sinistre, guitare sournoise, samplings post industriels (Cabaret Voltaire, Clock DVA), bruitages et collages en tous genres et vocal blême, puéril de Rosie parviennent, comme par accident, à tramer une texture tout à fait mélodique. Un album étrange et fascinant qui pourrait correspondre à un hypothétique croisement entre King Crimson circa "Island", Tuxedo Moon et les Raincoats. Surprenant!

 

The Presidents Of The United States Of America

The Presidents Of United States Of America

Flanqué d'un patronyme pareil, vous pouvez facilement vous imaginer que les musiciens du groupe ne sont pas des tristes sires. Et vous avez amplement raison. L'humour, ils en ont à revendre et ne se privent pas de le dispenser tout au long de leur opus éponyme. Un trio yankee. Issu de Seattle. Natif de Seattle, pour être tout à fait précis. Chris Ballew, guitariste de la formation a côtoyé tout un temps Mark Sandman, aujourd'hui impliqué chez Morphine, au sein d'un certain Supergroup. Il a en outre relevé du backing group de Beck, voici quelques années. Ce qui ne vous éclaire guère sur la musique pratiquée par ce combo. En fait, elle touche un peu à tous les styles. Avec une prédilection toute particulière pour le popcore (Pixies) et le funk (Red Hot). Un album bourré de surprises qui n'hésite pas à pasticher tout ce qui peut être éligible dans le monde de la pop et du rock. Les Beatles, par exemple, mais également les chats…

 

Pribata Idaho

The Sueroine

Les trois musiciens de ce combo espagnol sont probablement des fervents admirateurs du mythique Byrds. Trop de similitudes nous permettent de le penser. Depuis la country jusqu'au psychédélisme, en passant par les harmonies vocales et la rickenbacker. On a même droit à une composition de la trempe de "High miles high". Le titre maître, en l'occurrence. Une texture qui est, cependant, régulièrement enrichie d'éléments acoustiques et de percussions. De folk song quoi. Mais pas à caractère hispanique. Plutôt britannique. Du début des seventies. A cause des ballades conçues avec le même esprit qu'un Natural Ascoustic Band. A vos encyclopédies!

 

Chuck Prophet

Feast of hearts

En quittant l'irascible Dan Stuart, Chuck Prophet mettait fin à une collaboration qui remontait à 1982, et en même temps sonnait le glas de Green On Red. Faut dire que nonobstant ses qualités indéniables de compositeur/chanteur et surtout de guitariste, Dan devenait de plus en plus difficile à vivre. Et le temps passé par Chuck à essayer de supporter son acolyte (qui a dit alcoolique?) devrait lui valoir la médaille de la diplomatie. Peu de temps avant la rupture définitive, le caractère de Dan commençait même dangereusement à déteindre sur le sien. Et comme il le décrit si bien lors d'une toute récente interview, il lui devenait de plus en plus difficile de boire couché et de dormir debout...

Venons-en au troisième album solo de ce Californien. Hormis le fabuleux "How many angles", taillé dans un garage rock presque crazyhorsien, le disque affronte un country-pop-rock-blues très basique, qui met en évidence les multiples talents de guitariste de Prophet (steel, bottleneck, etc.). Pas très original, mais bien balancé et surtout parfaitement produit. Un disque qui devrait lui permettre d'accéder à la cour des grands. Là où jouait le défunt et mythique Creedence Clearwater Revival et joue encore Eric Clapton, Tom Petty et Tony Joe White. China Records considère d'ailleurs cet opus comme une priorité dans son opération de marketing. Faut dire que "Balinese dance" s'était vendu à 75 000 exemplaires. Alors, vous pensez ? Atteindre et même dépasser ce chiffre devient presque une obligation...

 

Tom Petty

Wildflowers

Pour concocter son deuxième album solo, Tom Petty s'est entouré de Mike Campbell, d'Howe Epstein et de Bentmont Tench. Soit l'épine dorsale de ses Heartbreakers. Ainsi que d'une pléiade de musiciens de studio. Alors, pourquoi cette pseudo-venture en solitaire, si c'est pour reconduire les mêmes ingrédients de base? Bonne question! Pour obtenir un résultat différent! Parce que nonobstant cette structure apparemment identique, Tom parvient ici à épingler 15 folk songs légèrement teintées d'électricité, presque minimalistes, dispensées avec l'esprit d'un Dylan ou du mythique Roger McGuinn, auxquels il a toujours voué une grande admiration. Une excellente surprise! Et puis surtout une crédibilité retrouvée pour cet artiste dont la carence flagrante d'originalité perdure (ou perdurait!) depuis maintenant près de quinze ans...