L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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Dernier concert - festival

Afghan Whigs
Ora Cogan

Red House Painters

Ocean Beach

Plébiscité en 1992, pour avoir gravé le remarquable hit single "Creep", puis responsable d'un premier elpee chargé de promesses ("Pablo honey"), mais nourri au sein de plastique yankee, Radiohead vient d'enregistrer un disque plus conforme à ses racines britanniques (Oxford). Un formidable album qui a reçu le concours de John Leckie à la production. Une énergie étonnante, brumeuse filtre à travers les mélodies. Mid tempo, chargées d'électricité statique, meurtries par les cordes de guitare puissantes, croustillantes, crépitantes, lustrées par la basse glacée, elles alternent climats délicats et sauvages. La voix gémissante, falsetto, androgyne, de Thom Yorke épanche ses lyrics acerbes, hostiles, venimeux, nihilistes, dramatiques, romantiques  et dépressifs sous un angle ironique dans des chansons empreintes de dégoût et de sensualité où se déchirent les concepts établis de beauté et de laideur, de subjectivité et de désir... A mentionner dans votre carnet rose, à la suite de Kingmaker, Auteurs, Shed Seven, Suede et Oasis.

 

Reef

Replenish

Non, ils ne sont pas américains, mais bien insulaires. Du sud-ouest de la Grande-Bretagne, très exactement. Mais tout comme les Black Crowes, ils ont certainement passé un temps fou à dépoussiérer les vinyles de leurs parents ; et en particulier ceux de Small Faces, Free, Spencer Davies Group, Led Zeppelin, sans oublier les artistes de rhythm’n’blues. Le vocaliste Gary Stringer en est même venu à casser sa voix, non pas comme Patrick, mais Paul Rodgers, feu Steve Marriott ou même Robert Plant. Résultat des courses, hormis l'un ou l'autre titre acoustique et l'excellent et fiévreux "Choose to live", ce "Replenish" ne remplit le sillon que de clichés revivalistes...

 

Rainer Ptacek

Nocturnes

Mini album exclusivement instrumental pour ce bluesman blanc qui roule sa bosse sur la scène américaine depuis une bonne vingtaine d'années. Un véritable virtuose de la guitare qui jouit d'un énorme crédit dans sa corporation. Ce qui n'est cependant pas le cas sur scène musicale contemporaine. Faut dire que son style empreint d'un certain classicisme, pour ne pas dire d'un classicisme certain, s'adresse davantage aux mélomanes qu'aux passionnés de rock et de pop. Même la version de "Bottlehead" remixée par The Grid ou la cover du "Within you without you" de George Harrison ne parviennent pas à échapper à la règle...

 

The Ramones

Adios amigos

Qu'est ce qui ressemble le plus à un album des Ramones ? Cherchez bien ! Un autre album des Ramones, pardi ! Et pourtant, il y a déjà vingt ans que cette légende vivante vide immuablement le même sac rempli de clichés. Mais elle le décharge avec une telle énergie, une telle constance et une telle conviction qu'on se laisse toujours prendre au jeu. Pas pour rien que ces prophètes du punk ont influé le Clash, Damned et autres Ruts, et influent encore aujourd'hui sur Offspring, Green Day et consorts. Et pourtant, le line up du quartette new-yorkais est aujourd'hui orphelin d'un de ses membres fondateurs. Dee Dee Ramone en l'occurrence. Parti embrasser une carrière solo. Cependant, cet ex-faux-frère n'a pas pour autant rompu avec le combo. Il suit très attentivement l'évolution de ses ex-partenaires et puis continue régulièrement de leur concocter des chansons. Plus de la moitié sur " Adios amigos "… Bien qu'impliquant une cover d'" I don't want to grow up " de Tom Waits, ce disque orageusement, classique, corrosivement vivace, implacablement hypnotique n'obéit toujours qu'à une seule et immuable combinaison rythmique : ‘one, two, three, four’…

 

Lee Ranaldo and William Hooker

Envisioning

Lee Ronaldo ne se contente plus d'être l'autre guitariste de Sonic Youth. Il vient de clôturer un projet tout aussi expérimental flanqué du drummer William Hooker. Ce qui, apparemment, constitue une suite logique au concept imaginé par ce même batteur pour l'elpee "Shamballa" et réalisé en compagnie de Thurston Moore et d'Elliot Sharp (Carbon). La différence fondamentale entre "Made in USA" et "Envisioning" procédant des rythmes et des percussions qui sont, ici, surtout mis en évidence. Mais un point commun, on nage tout autant dans le délire...

 

Rancho Diablo

Chicken World

Bienvenue dans le monde des poulets. Mais fraîchement et sauvagement décapités. Pour mieux éclabousser l'auditeur de ses effusions de rage et de dégoût. Vous pensez à Alice Cooper ? A cause de cette perspective théâtrale, burlesque de la violence et de la cruauté. Vous n'avez pas tout à fait tort. Même si le quatuor insulaire n'a pas encore eu la bonne/ mauvaise idée (biffez la mention inutile) de trancher des têtes de gallinacés au cours de ses concerts. Se contentant (!) de ponctuer ses spectacles d'une rixe entre les deux guitaristes. Mais toute cette véhémence caustique, cette haine corrosive, n'est en fait que de la poudre aux yeux (aux œufs?). Car Rancho Diablo picore tout au long de ce "Chicken World" dans un post punk technologique, obsessionnel, indigeste et finit par s'asphyxier...

 

Real Atletico

Trafic d´influenza

Real Atletico est né de la rencontre entre la section rythmique du groupe parigo, Le Cri de la Mouche, et l'ex-chanteur/guitariste du combo girondin Gamine. Un choc entre le heavy metal pasticheur et la pop vulnérable qui aurait pu nous valoir une excellente surprise, si la production n'avait pas était aussi bâclée. Ou grippée, si vous préférez. Faut dire qu'un "Trafic d'influenza"! Enfin, la cover de Mélanie résume parfaitement l'impression générale que nous laisse l'album: "Look what they've done to my song"...

 

rUbY

Salt Peter

Tricky, Letfield, Moloko, Portishead, Whale et Ruby appartiennent assurément au gratin de la scène trip hop contemporaine. Chacun d'entre eux l'explorant à sa manière. Mark et Lesley Rankine constituent le line up de ce Ruby. Un duo qui se partage la composition et l'essentiel de l'instrumentation. Ex-Silverfish, Lesley se réserve cependant toutes les parties vocales, tout au long de "Salt Peter", inoculant une conscience bien féminine à cette pop étrange, élégante, veloutée qui s'ébroue dans un synthétisme post moderne, ‘björkien’ avant de glisser progressivement dans une solution capricieuse dont le feeling sauvage et la vivacité sulfureuse nous rappellent une certaine Polly Harvey...

 

Calvin Russell

Dream of the dog

Enfin, Calvin Russell est revenu à son country blues rock basique. Celui qui nous avait tant impressionnés sur son premier elpee. Plus d'égarements nombrilistes dans le hardrock, mais un son carré, incisif, finement sculpté dans la steel guitare ou le vibrato. Une musique chargée de feeling, satinée par la voix savoureusement éraillée du desperado texan. "Dream of the dog" implique en outre deux covers, "So blue (about you)" des True Believers, une superbe version d' "It's my life" des Animals et puis une formidable composition balayée par le sable chaud du désert, "Trouble"...

 

Tom Russell

The rose of San Joaquim

Tom Russell est avant tout un auteur/compositeur de musique country. Dans le passé, il a ainsi signé de nombreuses chansons pour Suzy Boguss, Jerry Jeff Walker, Nancy Griffith, Joe Ely et Johnny Cash. En enregistrant "The rose of San Joaquim", il vient de démontrer qu'il pouvait également se muer en brillant interprète. Un album qui respire la Californie et ses sagas pittoresques, pour lequel il a reçu le concours de Greig Leisz et de l'ex-Blasters Dave Alvin à la production. Un Dave Alvin que l'on retrouve, à l'instar de Peter Case et de Chris Gaffney, comme coresponsable de plusieurs compositions ; et puis en compagnie de Case et de Russell pour assurer en trio les parties vocales du guthriesque "Somebody's husband"...