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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Gary Numan
The Cure

Park Rock 2019 : jeudi 15 août

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De nouveau-né, le Park Rock est aujourd’hui devenu un bel adolescent de seize ans. Alors, en guise de cadeau, les organisateurs ont misé sur une pléiade de covers bands tentant de réincarner Iron Maiden, Guns N' Roses, Led Zeppelin, Motörhead et Thin Lizzy, mais également des artistes pluralistes émergents ou confirmés.

On ne peut pas dire que le public se soit pressé au portillon, en ce jeudi du 15 août, pourtant jour férié. Une affiche trop éclectique ? La pluie venue jouer les troubles fêtes ? C’est vraiment dommage !

C’est à la suite des prestations de Fitz, Stand for et Dr Voy que votre serviteur débarque sur la plaine du parc de Baudour, un endroit superbement boisé et verduré.

Une seule scène trône au milieu du site. Des jeux pour enfants ont été dispersés afin de laisser papa et maman s’en foutre plein les portugaises sans avoir le fiston sur le paletot. Fûté quand même !

Les personnages en jupons noirs qui se produisent à ce moment-là ne sont pas des gonzesses, mais Les Black Tartans. Gros bras, tatouages, et poils sur le menton, constituent grosso modo le profil type de ces musicos.

Des habitués des lieux, puisqu’ils avaient déjà été programmés, lors d’une précédente édition. Un changement dans le line-up a été opéré en 2017. Une première pour le batteur, aujourd’hui, qui semble avoir focalisé la dizaine de paires d’yeux sur sa personne...

Les BT sont à la musique, ce que Maïté est à la cuisine, un savoureux mélange de punk rock mélodique épicé par des instruments traditionnels celtiques. Vous secouez le tout et vous obtenez un punk rock explosif et particulièrement remuant, histoire de réveiller la vitalité des plus réceptifs...

Quitte à rester dans le bruit, autant y aller à ‘donf’ en compagnie des métalleux de Bukowski. Ils nous viennent d’outre-Quiévrain. De Paris exactement. Le patronyme se réfère, bien évidemment, à Henry Charles Bukowski, romancier et poète américain.

Survolté, le combo livre un rock aux accents stoner mais également hardcore. La fougue démentielle manifestée tout au long de « Brother forever » ne draine hélas que quelques courageux, le temps d’un pogo sans précédent…

A charge de Z-Band de calmer quelque peu les esprits.

Fondé en 2015, il réunit le drummer Jerry ‘Jay’ Delmotte, le guitariste Morgan ‘Dweez’ Tuizir, le bassiste Michel Vrydag et le chanteur Matthieu Van Dyck.

Le combo est venu défendre son second opus, « Apocaliquids », tombé dans les bacs depuis quelques mois déjà, un disque qui succède à « No Loose Behavior », essai qui avait été propulsé dans le top 50 belge.

Camouflé par un ersatz de bonnet sur la tête surmonté de cornes estampillées ACDC, le guitariste s’en donne à cœur joie. Quant au bassiste, ses cheveux longs et ses yeux complètement révulsés en disent long sur son degré d’implication dans le set.

Déjà à l’affiche, lui aussi, il y trois ans, le groupe puise ses influences majeures au sein des 90’s, aussi bien dans le rock, le funk que le métal, Alice in Chains, Audioslave, Incubus et Extreme, en tête. Et « Yyyy’Id » en est une belle illustration. Cependant, il est également apte à torcher des compos plus douces mais sulfureuses, comme « Do Need Love ».

Autre style et autre ambiance pour Blond, responsable d’un electro/rock survitaminé. Mais la faim commence à tenailler l’estomac de votre serviteur depuis quelque temps déjà. Il est donc urgent de se remplir la bedaine et de se désaltérer au sein de l’espace VIP, situé derrière la grande scène.

La pénombre s’invite doucement pour LYS. Logique lorsqu’on sait que la programmation accuse environ trente minutes de retard.

Quatuor breton, LYS jouit maintenant d’une authentique crédibilité outre-Manche. Un premier long playing remarquable lui a permis de se produire en Europe, et notamment à Londres, mais également aux Etats-Unis, au travers de grands festivals comme le SXSW d’Austin ou le CMJ de New York, en 2013, ainsi qu’en Chine au MIDI de Shanghaï et Beijing, en 2014.

Cerise sur le gâteau, le dernier LP en date a bénéficié du concours du fameux producteur anglais Paul Corkett (The Cure, Björk, Nick Cave, Radiohead, Fiction Plane, Placebo…) ainsi que de Craig Walker (Archive, The Avener).

Repéré par une grande marque de vêtements qui a sorti une ligne à son nom (‘LYS by IKKS’) en 2012, il a profité de cette opportunité pour se produire en showcase dans les magasins de cette enseigne ; ce qui lui a valu d’élargir encore un peu plus sa cote de popularité.

Le line up a beaucoup changé depuis ses débuts. La préposée à la basse, qui attirait autrefois tous les regards, est désormais remplacée par (la charmante) Manon. Brunette et toute menue, c’est la troisième à se consacrer au plus long manche, depuis la constitution du groupe, en 2008. Que les fans se rassurent, après 2013, les musiciens sont… plus ou moins les mêmes…

Autant y aller tout de go, c’est essentiellement Steve Hewitt (ex-batteur emblématique de Placebo), derrière les fûts, qui polarise la curiosité des spectateurs. On dirait, à s’y méprendre, un cousin de Biolay !

Les premiers riffs de « Redbud » baignent au sein d’un climat festif et communicatif ; une musique plus rock et plus mature que sur le précédent opus.

La capacité à concocter des hymnes pop/rock bien ‘british’ est confirmée par « One Day », dont la ligne mélodique est proche de celle tracée par Placebo. Et si LYS en devenait le digne successeur ?

Très loin des premières répétitions dans ce vieil hangar breton, les compos interprétées dans la langue de Shakespeare sont biberonnées au rock alternatif, aussi bien issu des années 80 que contemporain, et se distinguent par leur rythme obsédant (« Look in your ass », « Last night ») ou ses mélodies très pop (« Falling Apart », « The mistake »).

Armé de sa gratte électrique, Anthony communique à l’ensemble une couleur particulière et chaude, tout en cherchant à créer une certaine intemporalité dans les sons et les arrangements, comme chez les valeurs confirmées insulaires auxquelles ils se réfère…

Un set trop court qui s’achève par « In my mind », premier jet prometteur du leader, Nicolas, qui venait tout juste, sans le savoir, de hisser le drapeau tout en haut du mât.

Au tour de Romain Humeau et sa clique de poindre le bout du nez. Il y a enfin du peuple ! A vue de nez, il doit y avoir 2 ou 3.000 personnes à tout casser. Pas assez, pour un band de cette envergure. Mais, n’est-ce pas suffisant finalement ? Ne vaut-il pas mieux jouer devant une poignée de passionnés que face à 150 000 pèlerins dont les trois quarts sont bourrés ? La messe est dite !

« Stupor machine », le dernier elpee d’Eiffel –dont le patronyme est inspiré d’un titre (« Alec Eiffel ») qui figure sur l’album « Trompe le monde » des Pixies– est paru en avril dernier. Il a quand même fallu attendre 7 longues années avant qu’il ne se décide à enregistrer son septième opus. Une longue absence qui a alimenté bien des rumeurs, dont celle de l’arrêt définitif de l’aventure du band.

Durant tout ce temps, Humeau ne s’est pas assis sur ses lauriers, gravant trois albums, malheureusement moins médiatisés, son nom restant sans doute associé à celui de l’ensemble.

Son leader charismatique porte une marinière complètement démodée, tandis que sa comparse à la ville et à la scène, Estelle, arbore une chevelure en forme de poulpe. C’est la préposée à la basse.

Bien entendu, la formation est venue défendre son dernier LP.

L’électrique « T’as tout, tu profites de rien » donne le ton d’une prestation qui restera dans les mémoires. Un jeu où guitare survoltée et basse puissante viennent épouser à merveille une rythmique tonitruante sur une ligne mélodique soignée et des lyrics pour le moins engagés. Y en a dans le pantalon !

« Il pleut » (doux euphémisme), incarne à lui seul le talent d’écriture de Romain, digne de la bonne chanson française. Espérons toutefois qu’au vu des nombreux nuages sombres qui menacent, il ne transforme pas l’eau en « Cascade ».

Caractérisé par son sifflotement à la Micheline Dax, « À tout moment la rue » entraîne l’auditoire dans une sorte de ‘(chasse) Spleen’ pour le moins déroutante. Les puristes se souviendront que Bertrand Cantat assurait les chœurs dans la version studio.

Chez de nombreux artistes émergents, les chansons se construisent, en grande partie, en fonction des arrangements. Chez Eiffel, le renouvellement ou la modernité ne passe pas par l’outil mais par la manière dont on s’en sert. Le tubesque « Chocho » en est la preuve la plus éloquente.

La formation évoque tour à tour des thématiques fortes et incisives. Quel est le propre de l’artiste aujourd’hui ? Conscientiser, bousculer ou simplement divertir ?

Que ce soit par les sonorités acides et les textes surréalistes de « À tout moment », « Abricotine », « Le Quart d'heure des ahuris » ou encore « Stupor Machine », une compo qui décrit notre mode de vie tout en peignant en sombre notre avenir, le combo continue à entretenir la flamme chez les fidèles aficionados…  

Aucun doute, Eiffel et son poète maudit, entre passion et idéologie, est fin prêt pour grimper sur le haut de la tour.

Les Fatals Picards ont la délicate charge de clôturer cette édition. Fondé en 2000, ces joyeux lurons mêlent humour au second degré et engagement, en se servant d’une multitude de genres musicaux, oscillant de la chanson française au punk, en passant par le rock.

Un genre qui passe mal chez votre serviteur. Il préfère prendre ses jambes à son cou plutôt que s’infliger cette (mauvaise) plaisanterie.

Bref, un festival qui n’aura certainement pas brillé ni la présence du soleil, ni par celle de sa programmation trop légère et disparate, malgré quelques moments forts, s’achevant fatalement (ou tristement selon) par un candidat à l’Eurovision de 2007…

(Organisation : Park Rock)

Fitz + Stand for + Dr. Voy + Black Tartans + Bukowski + Z-Band + Blond + Lys & Steve Hewitt + Eiffel + Les Fatals Picards

Lokerse feesten 2019 : mardi 6 août

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Le festival de Lokeren souffle déjà, cette année, ses 45 bougies. Pendant 10 jours, cette petite ville de 40 000 habitants, située entre Gand et Saint-Nicolas, est envahie d’aficionados de musiques actuelles, en tout genre. Après la soirée métal du dimanche, place au ‘Punk day’, ce mardi 6 août.

Dès 19 heures, une figure emblématique de ce mouvement ouvre les hostilités : Marky Ramone’s Blitzkrieg. Dernier survivant du célèbre band new-yorkais Ramones –si on ne tient pas compte de Richie qui l’a remplacé à la batterie, entre 1983 et 1988– Marky, outre son groupe fétiche, possède une longue carrière derrière lui. Après avoir siégé derrière les fûts chez Dust, il a rejoint The Voidoids en 1977 et The Electric Chairs en 1978. Après la dissolution des Ramones en 1996, il a aussi sévi comme batteur chez Misfits, se produisant nommant dans le cadre du festival de Dour, en 2004. Avant de participer également à différents collectifs comme Marky Ramone and the Intruders ou celui qui nous concerne ce soir. Après une courte intro vintage (« Park avenue beat », le thème de Perry Mason), le band déboule sur les planches. A tout seigneur tout honneur, Marky s’avance en premier et scande au micro sa célèbre devise ‘Hey ho let’s go’, que le public reprend plusieurs fois en chœur.  ‘Yeah, it sounds great’ se réjouit-il avant d’aller s’installer derrière la batterie, place qu’il ne quittera plus durant les 45 minutes de show. Et ce ne sont pas moins de 21 titres qui vont défiler tambour battant et sans le moindre temps mort. « Rockaway Beach », « Sheena is a punk rocker », « Beat on the brat », « Gimme gimme shock treatment » ou encore « I wanna be edated » sont autant d’hypercuts décochés par le band et appuyés par l’ancien guitariste de Bad religion, Greg Hetson…

Autre légende du punk, The Damned s’empare ensuite de la Main stage. Formé dans la banlieue de Londres à la grande époque (1976), il a aussi surfé sur la vague gothique et new-wave, au cours des eighties. Derrière le leader Dave Vanian, et ses allures de vampire, le line-up de ce band n’a cessé de changer. A la guitare, le Captain Sensible (NDR : déjà vu au W-festival en 2018) ou encore Monty Oxymoron aux claviers sont les musicos les plus fidèles. C’est aussi sur l’intro d’une vielle série TV (‘The avengers’) que la formation débarque sur le podium. « Love song » rappelle immédiatement qu’elle a classé pas mal de singles dans les charts UK. En moins de 2’, le très punk « Machine Gun Etiquette » nous réserve une véritable déferlante de riffs ; une formule qu’on retrouvera, un peu plus tard, lors de la reprise du MC5, « Looking at you ». Autre single, « New rose » est toujours aussi fringant. Tout comme « Neat neat neat », moment choisi par le chevelu Monty pour s’emballer et se lancer dans une chorégraphie fort hasardeuse, à l’avant de la scène. En finale, le combo va adresser un petit clin d’œil à la Belgique, en adaptant le « Ça plane pour moi » de Plastic Bertrand, dans une version plus proche d’Elton Motello que de Roger Marie François Jouret. Un an plus tôt, Captain Sensible avait aussi exécuté la même cover, en fin de parcours…

Votre serviteur avait déjà zappé le concert d’Heideroosjes, il y a quelques semaines, lors du festival Rock Zottegem. Bien qu’il ait signé chez Epitaph, le punk/rock de ces Bataves m’a toujours paru un peu bourrin, tout comme leur attitude sur scène. Même s’ils semblent plaire aux fans du Nord du pays, une migration vers la Red Bull Music Room s’impose, d’autant plus qu’elle est indoor et que quelques averses commencent à s’abattre violemment sur la place.

Sponsorisée, elle est marquée par les couleurs éblouissantes –bleu et rouge– de la marque de cette boisson énergisante. En tout cas, la programmation y est intéressante et nous réserve des talents wallons, liégeois très précisément, comme It it Anita et Cocaine Piss. Un autre exemple de l’ouverture d’esprit affichée, en matière de culture, de l’autre côté de la frontière linguistique. Pas sûr que nos festivals wallons prendraient, eux, le risque de programmer des artistes flamands, préférant plutôt se limiter aux cover bands. Bref, c’est un plaisir de revoir It it Anita, dont le shoegaze/noise/math rock très efficace, navigue quelque part entre Fugazi, 65daysofstatic et A place to bury strangers. Et d’assister à l’hystérie que son set déclenche chez nos voisins. Il faut dire que littéralement déchaînés, les musicos se dépensent sans compter. Le point d’orgue su show sera atteint lorsque le chanteur s’invite au milieu de la foule. Suivi ensuite par le batteur, torse nu et dégoulinant de sueur, qui emporte avec lui ses cymbales…   

Dans la foulée, Cocaine Piss, embraie et va entretenir la flamme. Sa musique est inclassable, la chanteuse hurle toujours autant alors que le guitariste surfe aussi bien sur le rock garage que le punk survitaminé. Et la prestation est accueillie tout aussi favorablement, malgré des morceaux qui frisent la saturation…

Est-il encore utile de présenter NOFX ? Originaire de Los Angeles, il s’est formé en 1983 et a signé une bonne dizaine d’albums sur le label Fat Wreck Chords. Il devra cependant attendre le boom indie de 1994 pour connaître un succès plus populaire, grâce à « Punk in drublic » (NDR : mythique, cet elpee date déjà de 25 ans ; ce qui ne nous rajeunit pas !) Sur les planches, les musicos sont encore bien déjantés. Fat Mike, le leader, est vêtu d’une robe. Coiffé de ses fameuses dreadlocks, Eric Melvin se charge de la guitare rythmique. Après la courte intro « Time Warp », le set embraie par « Dinosaurs Will Die » et « Les Champs-Elysées », deux morceaux bien barrés. El Hefe souffle dans sa trompette, alors que Fat Mike fait de son mieux pour aligner quelques paroles en français. Erik Sandin lance chacun des titres à la batterie, après de longs discours. Pendant « Bob », une chanson caractérisée par son refrain ‘15 years’, le band s’étonne des 45 années d’existence du festival : ’Woawww 45 years, this festival is older than we are !’ Dans la fosse, les pogos ne cesseront tout au long d’un set, propice à la bonne humeur. Car pour avoir la chance de les croiser ensuite en backstage, on peut vous assurer qu’ils sont en permanence dans l’énergie et la grosse déconnade. 

Un crochet par la Red Bull Music Room était souhaitable pour SONS, mais l’entrée est saturée de monde, et vu la chaleur étouffante qui y règne, ce n’est sans doute pas une bonne idée de vouloir y accéder à tout prix. Mais le succès de ce groupe belge n’est pas tellement étonnant, quand on sait qu’il a décroché un prix attribué par Studio Brussel, et que son premier opus fraichement sorti, « Family dinner », s’avère très prometteur.

Il est déjà minuit quand Offspring grimpe sur l’estrade. Elle est un peu loin la grande époque des 90’s où le groupe trônait en tête d’affiche, à Werchter. D’ailleurs en 2018, c’est tout en bas de de celle-là, en ouverture et à partir de 12h30, qu’il était programmé dans le cadre du Pinkpop. Dexter Holland semble avoir pris vingt kilos depuis, et rame toujours autant au chant, même s’il semble s’être amélioré (NDR : à moins que ce ne soit grâce à la technologie autotune ?). En tout cas, il peut s’appuyer sur Kevin Wasserman qui continue à se démener comme un beau diable, sur sa gratte. « Americana », « All I Want » et le tubesque « Come Out and Play », en ouverture, plantent le décor. Avant d’introduire un nouveau titre, « It won’t get better ». Le solo au piano concédé sur « Gone away » accorde à la foule un bref répit ; mais on se demande pourquoi le band trimbale ce piano en tournée, alors qu’il ne sert que pour un seul titre. En fin de set, Fat Mike qui ne s’est toujours pas changé, vient prêter sa voix à « The kids aren't alright ». Avant un rappel assez bref : « You're gonna go far, kid » et le hit « Self esteem ». Un show sans grande surprise mais finalement pas décevant non plus. D’ailleurs les quadras semblaient ravis, à son issue…

(Voir aussi note section photos ici)

(Organisation : Lokerse feesten)

Marky Ramone’s Blitzkrieg + The Damned + Heideroosjes + It It Anita + Cocaine Piss + NOFX + SONS + Offspring

Ronquières festival 2019 : dimanche 4 août

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Les jours se suivent et… décidemment, se ressemblent beaucoup à Ronquières… A la différence près que le soleil s’est invité. Shorts et t-shirts ont remisé au placard, pantalons et gilets.

A peine commencé, le festival se la joue déjà ‘star’ et déroule son tapis… vert (enfin, ce qu’il reste d’herbe) pour accueillir le peuple venu en masse se rincer les portugaises...

L’échafaudage mis en place pour étançonner le plan incliné n’a pas bougé ; de quoi rassurer les inquiets ! Il continue néanmoins de causer bien des tracas lors des déplacements entre les scènes, faut-il le répéter…

Le line up du jour est très riche. Eclectique aussi ! Du rock, du rap, de la pop, de la chanson française, du connu et du très connu. De quoi satisfaire le plus de mélomanes possibles.

Grandgeorge (et c’est un euphémisme) achève son set lorsque votre serviteur débarque enfin sur le site. 

Cet ancien ingénieur a préféré conserver sa gratte plutôt que son costume/cravate pour embrasser une nouvelle carrière.

C’est surtout « So Logical » qui lui a permis de se tailler un nom dans le milieu, se forgeant ainsi une véritable crédibilité.

Il s’était produit, ici en 2015, se rappelle-t-il, avant d’entamer un « So fine » qui démontre déjà toute sa capacité à torcher des mélodies imparables que ce soit au sein d’un univers acoustique ou contemporain.

Une black bien en chair assure le backing vocal soulignant impeccablement des sonorités pop et afro, tandis que Xavier Bouillon au clavier (qui militait notamment chez Lemon Straw), communique cette petite touche électro à l’ensemble...

Bref, une prestation chargée de bonne humeur communicative…

RO X Konoba prend le relais. Deux jeunes gaillards qui ne doivent pas avoir plus d’une vingtaine d’années, à tout casser !

Originaire de Wavre, Raphael Esterhazy est à l’origine du projet. Suite à une collaboration avec Olivier Rugi (le compositeur et producteur R.O), initiée en 2015 sur « On our Kness », et une aventure partagée lors du Sziget Festival, à Budapest, en 2017, les deux artistes décident de poursuivre cette coopération et publient « 10 », un elpee recelant (comme s’il était évident de le dire) dix chansons, dans dix pays différents, pendant une période de dix mois, Projet réalisé grâce à la générosité de la sphère internet. Merci qui ?

Le voyage commence par la Géorgie, ancienne république soviétique riche en villages caucasiens et plages qui bordent la mer Noire, à mi-chemin entre l'Europe et l'Asie. Un pays qu’il invite à visiter et que reflète « Till we get there », une ballade empreinte de nostalgie…

La paire d’as s’envole ensuite vers les Pays-Bas pour composer « I need you with me », un morceau à la fois rafraichissant et dansant.

En guise d’escale, la cover du « Rockstar » de Post Malone est bien difficile à distinguer, si ce n’est en prêtant une oreille plus qu’attentive. On est très loin de l’univers du rappeur et réalisateur artistique originaire de Dallas…

Ensuite, direction vers est l’Asie de l’Est, quelque part entre l’océan Pacifique et la mer du Japon, à l’est de la Chine, de la Corée et de la Russie, et au nord de Taïwan. Pour un « I could be » sautillant, une compo particulièrement énergique. Besoin d’aide pour résoudre l’énigme ? Il s’agit du Japon bien sûr !

Bref, de la France à l’Australie, en passant par la Pologne et la Roumanie, le périple R.O et Konoba ressemble à une carte postale qui permet à l’auditoire de rêver les yeux ouverts…

En quittant ses invités, il se murmure que le clip de leur nouvelle chanson sera filmé dans l’enceinte du festival pas plus tard qu’en fin de journée. Mais motus et bouche cousue, les murs ont des oreilles…

Cheveux hirsutes, un petit bonhomme déboule à tribord : Adam Naas. Un Parisien qui s’est révélé en 2016, grâce à son titre « Fading Away ».

Malgré son côté rebelle, se cache un personnage sensible et touchant. Sa maîtrise de la voix, aussi bien dans les aigus que les graves est impressionnante.

Malheureusement ses frasques verbales ne plaisent pas nécessairement au plus grand nombre et surtout aux oreilles chastes. Pourquoi privilégier les propos salaces quand on a suffisamment de talent pour se faire remarquer ?

En tout cas, votre serviteur n’attend pas la réponse à la question posée : ‘Qui aime le cul ici parce qu’elle –en parlant de la jeune musicienne plantée derrière lui– ‘mane’ du cul tous les jours’…

Et si ces propos n’étaient que le pendant d’un traité philosophique ?

Pourtant souffrante (elle aurait chopé une gastro), Clara Luciani a réussi le pari de rester sur (la) les planche(s) (NDR : désolé pour le mauvais jeu de mots !)

Elle est manifestement heureuse de retrouver le sol belge. En s’adressant à leurs citoyens, elle déclare que sont les meilleurs, devant une foule en délire.

Après une tournée de plus de deux ans et au moins cent dates au compteur, Clara semble avoir envie de se livrer totalement et de profiter du moment présent, comme s’il s’agissait à la fois de la première et de la dernière de son périple...

Lorsqu’elle se met « Nue », la chanteuse dévoile (une partie seulement) de son intimité hors des projecteurs. Inutile de préciser que seuls les hommes prennent leur pied (mais pas leurs jambes à leur cou !)

Quelque part entre chanson française, rock sophistiqué et pop mélancolique, la Marseillaise d’origine n’improvise pas ; elle bouscule les conventions et défend ses idéaux en signant le combat d’une femme qui peine à trouver sa (juste) place, dans une société qui privilégie l’inégalité des sexes…

Sa voix grave et chaude est souvent comparée à la regrettée Nico (NDR : une véritable icône du rock qui assurait les vocaux sur le premier elpee du Velvet Underground) ou à Françoise Hardy, une identité vocale devenue aisément reconnaissable…

L’univers qui la hante surprend et nous offre une belle palette de sentiments, tantôt graveleux, tantôt atmosphériques. Avec ceux qu’elle admet bien vouloir partager le temps d’un soir avant que sa vulnérabilité ne la rattrape insidieusement comme conjuré par un sort indélébile.

« La dernière fois », limité au piano/voix souligne une courbe particulièrement déchirante, cette chanson s’immisçant dans une (de ses) rupture(s) amoureuse(s).

Direction « La baie », une reprise de « The Bay » de la clique à Joseph Mount (Metronomy). Un véritable travail de réappropriation artistique.

Elle martèle imparablement le refrain de « Grenade », une compo qui s’impose désormais comme un hymne révolutionnaire féministe par excellence. Une manière explosive de s’étendre et surprendre.

En filigrane de cette prestation, on discerne le combat d’une femme dans un monde encore dominé par les hommes à travers des textes incisifs et sexués qui, s’ils parviennent à émouvoir, voyager et danser, suscitent la réflexion sur l’égalité hommes/femmes.

Biberonné par Brel, Brassens ou encore Barbara, Eddy de Pretto a depuis le début ce pouvoir extraordinaire d’utiliser les mots pour fédérer et inviter l’auditeur à s’interroger sur le monde et toutes les vicissitudes de la vie.

L’espace scénique est très épuré. Comme l’individu ! Seul élément envahissant, une batterie, bien achalandée. Les fûts et les cymbales foisonnent...

Casquette vissée sur le crâne, Eddy entame son tour de chant par « Kid », titre qui fustige la virilité abusive et l’homosexualité refoulée par le conservatisme sociétal. Le public connaît par cœur ce titre multi radiodiffusé.

Après s’est rendu quasi-coupable d’assurer sa dernière de l’été, « Jimmy » s’invite dans une playlist aléatoire sur « Ramdom » pour embrayer par « Mamère », une manière pour lui de régler ses comptes avec celle qui semble ne pas lui avoir donné le sein : ‘Si seulement j’avais bu ton lait, ma mère, ma mère’ souligne-t-il avec regret.

Si cette bande son, ressemblant davantage à un ‘best of’, ravit le plus grand nombre, elle frustre les plus exigeants qui regrettent la trop grande prévisibilité du show.

Alors que d’habitude, son ‘smart’, objet de toutes les convoitises, ne le quitte jamais, il semble s’y être désintéressé ce dimanche. Signe des temps qui changent ou est-ce dû à la distance tout simplement trop importante qui me sépare du podium ?

Quoiqu’il en soit, sa « Fête de Trop », sorte de quatrième de couverture, exorcise muqueuses, amants de passage, mecs chopés ou encore rails de coke enfilés. Si cette recette n’est pas à mettre entre les mains de n’importe qui, elle reste néanmoins taillée pour le live !

Bigflo et Oli commencent mal. Un problème technique s’est malencontreusement invité.

En attendant, les spectateurs peuvent contempler un plateau bien assorti. Au centre, un bâtiment couleurs pastel laisse apparaître deux grandes portes au-dessus desquelles est mentionné l'inscription ‘La vie de rêve’, un titre tiré de leur dernier opus.

Après dix bonnes minutes, émergent sur deux écrans géants latéraux, plusieurs personnalités, sur fond de conseils et de moralité. Que du beau monde ! De Jamel Debbouze à Will Smith, en passant par Michel Drucker et… Didier Deschamps. Moment choisi par la fosse pour copieusement huer le personnage pendant de nombreuses secondes, manifestement furieuse de ses choix tactiques, lors de la dernière coupe du monde de football...

Les lascars ont acquis une certaine célébrité chez nous en devenant jurés dans une célèbre émission de télé crochet.

Ils sont heureux de (re)venir en Belgique. Alors que les avis divergent pour connaître quelle est la meilleure ville belge, l’hymne improvisé ‘Quand on vient en Belgique, tout est magique’, vient semer le doute quant aux lieux les plus accueillants. Liège, Namur ou Bruxelles ? Mons se positionne en outsider. 

Le premier disque des frangins, « La Cour des grands », gravé en 2015, est certifié disque d'or moins de quatre mois après sa sortie, puis de platine en France. Le second format « La Vraie Vie », tornade musicale, devient disque d’Or après seulement trois semaines d’existence...

Fumigènes et feux de Bengale éclatent dès les premières notes de « Nous aussi 2 », mettant en lumière un show qui visiblement sera grandiose.

Tandis qu’« Alors alors » confirme ô combien, loin des clichés du genre, le discours du combo est authentique, « Bienvenue chez moi » éloigne les frangins du prisme critique et de la provocation à tout prix.

De la famille, il en sera évidemment question tout au long de ce « Papa », qui symbolise chez eux la loi, l'ordre, le guide, le pôle complémentaire à la fonction maternelle, mais surtout celui qui a toujours été là malgré tout, son pilier... C’est alors que des images de leur passé défilent retraçant l’échelle du temps d’une courte, mais intense vie.

Ersatz d’essai philosophique « Plus tard », leur ouvrira les yeux sur le monde qui les entoure en se plongeant dans l’enfance. C’est un truisme, mais le futur, n’est-ce pas ce qui est à venir ? Et l’avenir, qu’est-ce donc, sinon ce qui se produira ? C’est tellement évident !

« Sur la lune » dévoile une autre facette de leur personnalité, plus fragile, sous forme de bilan à la lueur de plusieurs dizaines de milliers de smartphones.

Après s’être exercés à battre le record du monde de rapidité dans le rap, « Dommage » rappelle combien il est important de réaliser ses rêves : ‘Il vaut mieux vivre avec des remords qu’avec des regrets’.

Et si les deux avaient enfin découvert le secret de « La vie de rêve » ?

A 22 heures, la pénombre s’est invitée aux côtés de Hooverphonic.

Le duo formé par Alex Callier et Raymond Geerts a donc déniché une nouvelle chanteuse. Elle s’appelle Luka Cruysberghs. Elle a remporté la version flamande de The Voice.

Celle qui pourrait être leur fille (leur petite fille ??), apparaît toute menue. Timide, elle succède à Noémie Wolfs, qui s’est barrée en 2015. Ce n’est pas la première fois que le tandem rencontre ce problème. Mais comment garder un navire à flots lorsqu’on change si souvent de figure de proue ? Faudrait peut-être demander à Esther Lybeert, Liesje Sadonius, Kyoko Baertsoen ou encore Geike Arnaert…

« 2 Wicky » ouvre les hostilités. Imprimé à contretemps, le drumming est assuré par un batteur plutôt grassouillet. Morceau sympa, mais un peu mou du genou pour une entrée en matière…

Luka est en retrait et éprouve des difficultés à appréhender les milliers d’yeux jetés sur elle, telle une proie…

Ce n’est qu’à partir d’« Eden » (NDR : non, non, pas Hazard !) et son mode down tempo que la donzelle exploitera au mieux son potentiel vocal.

Passant d’une cape noire à une jolie robe rouge sexy, « Vinegar&salt » démontre toute la faculté d’adaptation chez ce petit bout de femme.

Pas question de querelle linguistique ou politique chez Hooverphonic. Issu du Nord de la Begique, il se porte volontiers porte-drapeau d’un pays tout entier, peu importe la langue dans laquelle on s’exprime. Un peu ‘bateau’, certes, mais qui fait mouche auprès des festivaliers.

Les refrains entêtants de « Hiding in a song » et « Mad About You » alimentent des excellentes compos qui et mettent en exergue le degré d’exigence des fondateurs.

Les langues de Voltaire et de Shakespeare s’opposent ensuite lors d’un superbe « Badaboum » aux relents électro pop.

Enfin, quoi de mieux pour terminer un show par « Amalfi », pour Hooverphonic ? Un titre composé par Alex Callier pour sa femme en hommage à la Commune du même nom située dans la province de Salerne, dans la région de Campanie, en Italie.

Le clou du spectacle se joue à tribord ! Dire que dans quelques heures, il n’y aura plus âme qui vive. Tout ce beau monde sera rentré sagement chez lui, des rêves et de jolis souvenirs en tête…

A 23 heures pétantes, Zazie apparaît sous un rideau tantôt rouge, tantôt bleu. Les lights se chargeant d’en changer régulièrement…

Elle est en quelque sorte une habituée des lieux. Elle était déjà à l’affiche, il y a trois ans déjà…

L’ambiance est électrique. La chanteuse se démène pour faire vivre sa passion aux quelques 48 000 festivaliers qui se sont pressés pour entendre celle qui a eu le cul posé le fauteuil rouge de ‘The Voice’ version française.

Grande et élancée, la belle n’a pas pris une ride. Ses compos virevoltent, frétillent et percutent…

Le son est plutôt rock et brut. Parfois un zeste d’électro communique un sentiment de mélancolie douce. La setlist alterne entre anciens succès et nouvelles chansons. De quoi clouer le bec aux critiques les plus acerbes qui affirment que son écriture n’est plus aussi irréprochable et qu’elle aurait perdu de sa qualité au fil du temps.

Même s’il fait bien admettre que la courbe de sa carrière est irrégulière, ces allégations sont bien évidemment fausses…

Preuve en est qu’après plus de 25 années de parcours riche en succès et plus de trois millions d’albums vendus, Isabelle Marie-Anne de Truchis de Varennes parvient encore à surprendre et à se tailler une place de choix dans un univers où les jeunes ont pourtant les dents longues…

La chanteuse a quand même la bonne idée de ne pas négliger les standards de son répertoire, à l’instar de « Rue de la Paix », pour chauffer l’ambiance au sein d’un public de plus en plus enthousiaste.

Sa voix éraillée s’étend sur des kilomètres lorsqu’elle interprète « Nos âmes sont » issu de « Essenciel », un titre qui lui vaut de s’extirper d’une zone de confort relative.

Incisif plus que jamais, « J’étais là », dénonce les travers de la société actuelle...

Ses textes reflètent une expérience vécue et posent un regard introspectif pour s’enrichir d’un vent libérateur de créativité, sans emprunter une prose exagérément égoïste.

Le spectacle est populaire, mais parfaitement huilé, efficace et nerveux. Pas de doute, Isa est une vraie baroudeuse dans le domaine.

Grâce à une grande maîtrise dans la voix, la bourgeoise s’embourgeoise et s’imprègne d’une culture continue, simple et chaleureuse. Humaine, « Zen » et sans « Larsen ».

Une artiste parfois excessive dans ses propos, mais qui mérite vraiment que l’on s’y intéresse…

Il est près de minuit déjà. La fin du concert est annoncée à minuit trente. Dilemme cruel. Rester ou partir ? Ou comment faire le choix entre la raison et la passion…

La première option sera celle qui sera retenue. Non mais, se glisser dans son lit à deux heures du mat’ et se lever 4 heures plus tard, vous y parvenez, vous ? Moi pas !

Le festival de Ronquières aura tenu toutes ses promettes. Une organisation de qualité, familiale et à taille humaine.

Et si demain, ces superlatifs disparaissaient ?

(Voir aussi notre section photos ici)

(Organisation : Ronquières Festival)

Circus Cafe + Ykons + Novastar + Grandgeorge + Ro X Konoba + Adam Nass + Clara Luciani + Eddy de Pretto + Eagle-Eye Cherry + Bigflo&Oli + Hooverphonic + Zazie + Daddy K

Gerry Cinnamon

Erratic Cinematic

Écrit par

Pitrock

Allez d’urgence consulter les réseaux sociaux à propos de Gerry Crosbie alias Gerry Cinnamon, véritable OVNI musical de cette année 2019 pour vous rendre compte, par vous-même, de l’ampleur du phénomène qui risque de déferler sur le continent lors des prochains mois.

On vous traduit un extrait de sa biographie proposée sur sa page Facebook : ‘La musique de Gerry Cinnamon traverse les générations d’une manière que seule une poignée de forgerons peut comprendre –racontable, pertinente et raconteuse d’histoires vraies. Non signé et incomparable dans sa capacité à opérer en dehors du grand public, Gerry est devenu un héros culte et une force avec laquelle il faut compter. Ses spectacles inimitables sont tristement célèbres pour leur atmosphère déchaînée et leurs moments privilégiés avec sa foule chantant chaque mot, à chaque chanson. Ses titres, tels des hymnes, mêlés de commentaires sociaux, ont captivé l’imagination d’un public de tout le pays. Chaque piste étant différente, l’auditeur est sur le qui-vive. Utilisant des harmonies de pédales à boucle et des percussions, Gerry a pour habitude de plonger le public dans une frénésie qui les voit partir sur un sommet et en vouloir plus’.

Bref cet Ed Sheeran survitaminé remplit les salles de la perfide Albion à la vitesse de l’éclair et fout le feu à chaque concert où il joue. Il ne serait pas surprenant de le voir débarquer tel un tsunami lors de festivals belges en 2020 comme le Pukkelpop ou figurer à l’affiche du Dour Festival dont la découverte de nouveaux talents est le leitmotiv. Le bouche-à-oreille fera le reste.

Parlons de cet « Erratic Cinematic ». Gerry Cinnamon, né à Glasgow, a sorti initialement son premier elpee solo le 28 septembre 2017 au Royaume Uni. Il a décroché un ‘Number One’ sur iTunes dès sa parution. Il a été réédité en décembre 2018. Ses chansons y retentissent dans le plus pur accent écossais, ce qui ne gâche pas le plaisir d’une ambiance festive.

A retenir :

  1. « War Tv » : hymne à la Roger Waters, où guitare sèche et voix résonnent dans le style de « Wish You Were Here » de Pink Floyd.
  2. « Sometimes » : plage d’ouverture, elle devrait réveiller votre curiosité par son punch dynamique et vous emporter sur une rythmique locomotive lancée sur la voie d’un succès prometteur.
  3. La plage titulaire « Erratic Cinematic », guitare sèche, voix et mélodie sifflée vante le « No Place Like Home », son ‘chez lui’ qu’il n’est pas près de revoir si tôt si le succès se confirme à l’international.
  4. Le reste de l’album, allez hop !

Retenez bien ce nom qui sera bientôt synonyme de moments inoubliables sous chapiteaux surchauffés et dans des salles en délire. Messieurs les organisateurs à vous le relais.

Vanishing Twin

The age of immunology

Écrit par

Formation cosmopolite, Vanishing Twin réunit le bassiste Susumu Mukai, aka Zongamin, mieux connu comme producteur électro/funk, mais également associé au sein du projet Floating Points, le drummer Valentina Magaletti, qui a notamment apporté sa collaboration à Bat For Lashes et Neon Neon de Gruff Rhys, le flûtiste/percussionniste Elliott Arndt, un cinéaste avant-gardiste, le préposé aux machines et synthés Phil MFU (Man From Uranus), un ex-Broadcast, et enfin la chanteuse Cathy Lucas. Soit un Japonais, un Italien, un Britannique, un Français et deux Britanniques. C’est cette dernière qui a choisi le patronyme du band, soit celui d’un syndrome médical qui définit l’absorption d’un ou de plusieurs jumeaux dans l’utérus, pendant la grossesse, par le survivant de ce phénomène. Qu’elle a vécu et dont elle se sent coupable. Quant au titre de l’elpee, « The age of immunology », il s’inspire du titre d’un livre signé par l’anthropologue A. David Napier. Publié en 2003, cet essai tente de démontrer qu’une société qui cherche par tous les moyens de se défendre contre ce qui lui est extérieur court à sa perte.

Atmosphérique, la musique de Vanishing Point évoque tour à tour Broadcast (of course), Stereolab, Can (NDR : morceau d’ouverture, « KRK » nous replonge même dans l’univers du « How much are they ? » du célèbre trio Holger Czukay, Jah Wobble et Jaki Liebezeit, malgré des percus latinos voire tribales), Pram, Sun Ra et même Tuxedomoon. Entre électro, funk, (free) jazz, krautrock, B.O. de film, psychédélisme, avant-pop, library music et cosmic noise, les compos –souvent complexes, parfois enrichies d’arrangements de cordes– nous entraînent au cœur d’un monde vaporeux, mystérieux, anxiogène, propice à la méditation, au cours duquel chaque artiste chante ou déclame une partie de la chanson dans sa langue maternelle (NDR : la version du « Planète sauvage » d’Alain Goraguer est dévolue à Elliott, le Parisien). Cathy se réserve cependant l’essentiel des vocaux, des vocaux placides, célestes ou spectraux. Sur l’une ou l’autre plage, on croise tantôt un violon, une flûte, un cuivre, un piano électrique, une ligne de basse caoutchouteuse ou encore de la guitare, mais tous ces instruments organiques se fondent parfaitement dans un ensemble aussi surprenant que cohérent.

Editors

The Blanck Mass Sessions

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Si vous êtes un fidèle du festival Rock Werchter, vous n’êtes pas sans connaître Editors, une formation qui s’y est produite à maintes reprises. Si vous êtes un vrai fan, vous possédez certainement, dans votre collection, son album « Violence », publié l’année dernière. Si vous voulez prolonger le plaisir et replonger dans l’ambiance électrique de ce groupe né en 2002 à Birmingham, vous vous ferez certainement plaisir en acquérant sa dernière production qui n’en est pas vraiment une.

En effet, est paru en avril dernier, lors du ‘Record Store Day’, « The Blanck Mass Sessions ». Nouveaux morceaux ? Non ! Tout simplement des titres de « Violence » revus et corrigés par Benjamin John Power, membre du duo britannique de musique électronique, Fuck Buttons. Originaire de Bristol, en Angleterre, B.J. a travaillé sur ces morceaux dans le cadre de son projet solo Blanck Mass.

Revus et corrigés ? Non pas vraiment. En fait « The Blanck Mass Sessions » est paru un jour avant la sortie de « Violence » ; l’équipe des Editors, alors qu’elle bossait sur son elpee, a proposé à B.J. Powers d’y poser sa patte électro-industrielle personnelle. Ce dernier y apporte sa propre vision de ses arrangements : rythmique plus présente, synthés plus rugueux, lignes de basses plus dynamiques. Bref une vision qu’on pourrait qualifier de plus métallique et moins adoucie que « Violence »

Quel est l’intérêt de se procurer ce précieux opus ? Tout d’abord à cause du titre d’entrée inédit, « Barricades », non retenu pour le long playing, publié en 2018. Morceau qui ravira les fans dont les paroles invitent à dépasser les barricades de l’autisme induit par l’addiction aux moyens de communication. Présentes aussi les versions plus dynamiques et moins étouffées de « Hallejujah (So Low) » et de « Magazine ». Ne figurent pas sur cet exercice de style, les plages « No sound but the wind » et « Belong », deux titres plus aériens ne nécessitant pas un travail de déconstruction rythmique.

Bref, c’est un objet de collection qui ne s’adresse qu’aux inconditionnels. Une vision externe plus percutante, plus actuelle dans le traitement du son de compos qui allaient naître en 2018.

Préférant l’album de 2018, mon impression finale reste mitigée. Maintenant, je ne suis pas un inconditionnel des Editors non plus.

Aficionados, faites-vous plaisir avec cette prélecture survitaminée, élaborée lors des Blanck Mass Sessions.

David Lombard

Looking for a dream

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“Looking for a dream” constitue le tout premier elpee de David Lombard, un disque enregistré au studio de la Province de Liège ainsi qu’au sein de l’église de Rosa, puis mixé et masterisé par Rudy Coclet (Simple Minds, Girls In Hawaii, Sharko, Arno, Mud Flow, An Pierlé, …) au Jet studio de Bruxelles. Ce chanteur/compositeur/musicien liégeois nous y propose une œuvre en deux volets. La première partie recèle cinq plages électrifiées. David y est soutenu par une belle brochette de collaborateurs, dont un gratteur électrique, un préposé à la pedal steel, à la mandoline et au banjo, un violoniste, un claviériste, un percussionniste, une violoncelliste, un bassiste et un contrebassiste. La seconde nous réserve cinq versions acoustiques et épurées des mêmes morceaux ainsi que deux bonus tracks tout aussi unplugged. Sept plages hantées par les spectres de Dylan et Springsteen, le recours à l’harmonica amplifiant cette impression.

Le long playing s’ouvre par « Looking for a dream », un morceau dont la mélodie rappelle Perry Rose. Plus paisible, le single « Walden » est dominé par le piano et la sèche. Le banjo véhicule des accents country tout au long de l’enlevé « The range of life », alors que le mid tempo « Stay » et surtout l’allègre « Happening somewhow » lorgnent davantage vers l’americana. Mais toutes ces chansons sont enrichies par la superbe voix de David, dont le timbre versatile rappelle un certain Don McLean…

Frankie Lee

Stillwater

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Il a fallu attendre 2016, et la sortie de son premier elpee, « American dreamer », pour que Frankie Lee sorte de l’anonymat. Un opus remarquable unanimement apprécié par la critique. 

Ce farmer du Minnesota est né à Stillwater d’où le nom de ce nouvel ouvrage musical. « Stillwater » peut se traduire par eau calme, eau stagnante ou eau tranquille. Cet intitulé correspond au sens propre comme au sens second, au contenu musical du disque autant pour les morceaux aériens que pour les textes évoquant la vie du patelin.

De quoi s’agit-il, me direz-vous ? Une musique country issue de l’Amérique profonde au travers de laquelle les cowboys, épuisés par leurs journées laborieuses de leurs exploitations fermières, assis autour d’un feu de camp, se laissent aller à la poésie de leur quotidien en souffrance.

Personnage simple et autonome, Frankie Lee avait, pour son premier elpee autoproduit, joué de tous les instruments.

Bien que le monde de l’industrie musicale l’incite à enregistrer dans des studios de renom, celui-ci refuse ces propositions et préfère immortaliser ses productions dans sa cabane en bois. Néanmoins, pour la circonstance, il s’est entouré de potes musicos et a donné naissance aux titres du long playing, en seulement une ou deux prises.

Sa voix un peu nasillarde évoque vaguement celle de Neil Young avec parfois des intonations à la Dylan. Steel guitares, sèches, son chaleureux, voix agréable étoffent des mélodies agréables très faciles à écouter, rappelant le début des Eagles.

Les titres proposés pourraient à la longue lasser l’auditeur. Mais la qualité du mixage et les riffs acoustiques rendront accro le fondu de Country Music authentique.

Quels titres mettre en avant ?

  1. “Downtown lights” qui évoque un rêve au cours duquel il marchait aux côtés de Jessica Lange (le remake de ‘King Kong’ en 1976, le remake du ‘Facteur sonne toujours deux fois’ en 1981, ‘Les nerfs à vif’ en 1991), qui avait vécu à Stillwater. Frankie y appose une vision de sa ville ayant perdu de sa tranquillité suite au développement du tourisme.
  2. “In The Blue” est une ballade douce empreinte de mélancolie par rapport aux choses de la vie fugace et à ses bons moments qui s’écoulent inexorablement sans pouvoir les retenir.
  3. “Speakeasy”. Ce morceau envoûtant qui ouvre l’album ne vous laissera pas de glace et vous incitera à poursuivre la lecture de l’œuvre d’un véritable artiste privilégiant la sincérité à la musique industrialisée.

Si vous souhaitez acquérir cet objet, je vous le conseille sous forme de CD. L’écoute en ligne et la compression mp3 risquent d’effacer la richesse du son, d’étouffer les guitares cristallines et d’aplatir la présence agréable de la voix de Frankie.

Les Countrymen équipés d’une vraie chaîne hi-fi apprécieront, assis dans leur canapé, devant leur feu de bois aux bûches qui crépitent.

Chris Robinson

Servants Of The Sun

Écrit par

Chris Robinson Brotherhood

Chris Robinson n’est pas inconnu des fans des Black Crowes, puisqu’il était le chanteur de ce groupe yankee.

Après l’avoir écouté plusieurs fois, sans véritablement convaincre son auditeur, ce sixième LP du CRB finira au rayon ‘Rock Classic’. Il est fort peu probable qu’il ressortira de son bac pour finir usé par le diamant de votre platine. Ce ne sera pas dû aux musiciens qui sont néanmoins des pointures dans leur domaine mais plutôt à un manque de créativité, de folie qui suscite les ‘Waouw !’

L’album se laisse écouter sans piquer l’intérêt. Il risque d’induire la somnolence du chauffeur écoutant les morceaux de cet opus en streaming au volant de sa voiture.

Trois morceaux sur dix ont un peu bousculé mon indifférence. Il s’agit tout d’abord de « Rare Birds », par son côté plus groovy. Ensuite « Madder Rose Interlude », un intermède psycho-déjanté de 43 secondes. Et enfin le titre final, « Smiling Epitaph », qui réveille l’écoute de cet elpee dans sa dernière minute. Hélas l’épitaphe joyeuse est tardive pour cet essai transpirant la routine transportée par les ‘serviteurs du soleil’. Me semblerait qu’il y avait comme une éclipse le jour de sa conception.

Hen Ogledd

Mogic

Écrit par

Ben Ogledd n’est pas un artiste islandais ou scandinave, mais le patronyme d’une formation britannique, probablement galloise, dont le choix se réfère à une région englobant le sud de l’Ecosse et le nord de l’Angleterre, avant le Moyen-Age. « Mogic » constituerait son troisième elpee, un disque dont les compos mélancoliques, atmosphériques, luxuriantes et parfois bruitistes (« Dyma fy robot », « Transport & travel ») ou psychédéliques, se révèlent très souvent déroutantes, tout en conservant un solide fil mélodique.

Quatuor, ce combo réunit le chanteur Sally Pilkington, la harpiste/guitariste Rhodrie Davie, le préposé aux machines et synthés, Dawn Bothwell, ainsi qu’une remarquable section rythmique composée du bassiste Richard Dawson (NDR : il joue carrément de la basse comme Simon Gallup sur « Problem child », mais pas seulement !) et du drummer Will Guthrie, dont la discographie (aussi bien personnelle qu’issue de collaborations diverses) est longue comme un bras. Parfois un saxophone vient s’immiscer dans l’expression sonore, à l’instar de « Tiny witch hunter », un morceau probablement chanté par les lutins pour se moquer des sorcières… enfin si vous y croyez… car finalement, tout au long de cette œuvre, dont le titre a été judicieusement choisi, on a l’impression d’être plongé dans un univers mystérieux et féérique, mais qui se nourrit aussi bien de mysticisme que de technologie. Le quatuor nous réserve même un interlude déclamé par un enfant en gallois (« Gwae Reged O Heddiw ») et une version barrée de « Welcome to hell » du groupe de heavy metal Venom. A cet instant, on est aux portes du pandémonium… Heureusement, au terme du périple, grâce aux chœurs religieux, « Etheldreda » nous aide à retrouver le chemin vers l’Eden… 

Vous avez dit « Mogic » ?, comme c’est ‘mogique’…

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