Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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L7
Ora Cogan

Foggy Tapes

Cogito Ergo Fog

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Après avoir publié eux Eps, Foggy Tapes nous propose son premier album. Cette formation toulousaine semble particulièrement marquée par les sixties, en pratiquant une musique influencée par le surf, le garage, la pop, parfois le psychédélisme, mais aussi le skiffle de cette époque. Et à l’écoute de cet LP, on ne peut s’empêcher de penser aux Beatles de leurs débuts, soit depuis « Please please me » à « Help », rien que pour les harmonies vocales ; mais également aux compilations « Pebbles »  et « Nuggets », vu l’instrumentation à la fois minimaliste et vintage, pour la coloration garage. L’opus recèle quand même des pistes plus aventureuses. A l’instar de « Here comes The fog », qui ouvre le long playing, une plage qui aurait pu naître de la rencontre entre Pierre Henry (NDR : pensez à « Variations pour une porte et un soupir ») et les Fab Four. Ou encore « Cactus & mask », qui semble né de la fusion entre deux compos différentes. Et encore lors du final, dont le climat tour à tour oriental ou flamenco, s’achève dans l’expérimentation la plus pure. Un album revivaliste à souhait, parfois audacieux, mais surtout agréable à écouter. Foggy Tapes a quand même intérêt à se renouveler dans le futur, sinon, il risque de se mordre la queue…

Juicy

Les geishas du r’n’b…

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Le Centre Culturel de Braine-le-Comte accueille de nombreuses activités dans le domaine artistique, et notamment dans l’univers du théâtre, de la musique et du cirque. Si la salle Baudouin IV est destinée aux festivités grand public, plus conviviale et atypique, la Verrerie propose, tout au long de l’année, des expos et des concerts pop et rock. Il s’agit d’un ancien complexe industriel réaménagé, dont la partie arrière a été transformée en salle de spectacles.

Un peu d’histoire. Fondé en 1905, ce site employait 400 salariés en 1930 qui produisaient, chaque année, environ 7 500 000 verres en semi-cristal. La crise pétrolière a malheureusement forcé l’entreprise à mettre la clé sous le paillasson, dès 1975. Ce soir le duo de r&b Juicy s’y produit et le trio Noi assure le supporting act.

Noi grimpe sur le podium ; et on remarque la présence d’une enseigne placée sur le mur juste au-dessus des artistes qui reflète de ses néons de couleur rouge l’inscription ‘La Scène’. Julien Trousson (Humatronic, Walking Ghost Phase) est un peu l’âme du band bruxellois. Il se charge de la guitare, des claviers et du chant. Il est épaulé par le préposé aux synthés Luc Vermeulen (Kings of Edelgrans) et du batteur Anthony Gatel (Humatronic), planté sur une estrade surélevée.

« Home » ouvre le set. C’est un extrait de l’Ep 5 titres « Ondes ». Le morceau baigne au sein d’une ambiance feutrée, semi-vaporeuse, semi-ambient, digne d’Archive. Tout au long d’« Epiphany », envoûtante, la voix de Julien entretient ce climat atmosphérique. L’acoustique de la salle est parfaite. Technique, le drumming d’Anthony se révèle particulièrement efficace. On épinglera encore la cover du « Cherish The Day » de Sade, un morceau empreint de quiétude. Un show finalement plutôt cool…

Setlist : « Home », « Epiphany », « Kalundborg », « Cherish The Day » (Sade cover), « Kyoko », « Papers », « To The Bones ».

Lorsque Juicy débarque, la salle est assez bien remplie. Sourire aux lèvres, les filles déboulent sur les planches. Elles sont vêtues de pantalons noir à franges et d’un body argenté. Directement, elles vont s’installer derrière leurs instruments (claviers et machines). La veille, elles se produisaient en France, dans le cadre du festival Poulpaphone. Contagieux et dansant « Mouldy Beauty » entame les hostilités. Le son est toujours aussi parfait. Faut dire que c’est Benoît, l’ingé-son de Puggy, qui est derrière les manettes. Ce qui n’empêche pas le matos de faire faux bond. Et notamment le PC de Julie. Pendant qu’on se charge de résoudre le problème, Sasha meuble le temps… Souci solutionné, le concert se poursuit par un sémillant « Seed And Ride ». « Not A Hard Nut To Crack » invite son incontournable touche d’aérobic. Tout en chantant et en tapotant leurs instruments, les filles lancent soit le pied en avant ou en arrière. La température monte d’un cran. Faut dire qu’interactives et sexy, ces geishas du r’n’b ont l’art de mettre l’ambiance. L’ex-secrétaire d’état Théo Francken est mis sur la sellette lors d’un titre destiné au dancefloor. Participatif, le public brainois est ravi.  En rappel la paire va nous réserver l’adaptation de la « La Boulette » de Diam’s. Confirmation, un set de Juicy est différent à chaque fois...

Setlist : « Mouldy Beauty », « Seed And Ride », « Not A Hard Nut To Crack », » What You Can’t Confess », « Over My Shoulder », « GHB », « Mama Told Me », See Me Now », « Count Our Fingers Twice ! »

Rappel : « La Boulette » de Diam’s.

(Organisation : Centre Culturel de Braine-le-Comte)

The Sisters Of Mercy

Sous l’emprise de la congrégation des Sisters of Mercy ?

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Votre serviteur serait-il sous l’emprise de la congrégation des Sisters of Mercy ? Toujours est-il qu’après avoir critiqué ouvertement les dernières prestations de Sisters of Mercy, il revient au même endroit, ce lundi 23 septembre, pour assister à un concert du même groupe tellement décrié, dont les prestations ont été jugées ‘pathétiques’, en y ajoutant même qu’on ne l’y reprendrait plus…

N’empêche, S.O.M. continue de faire recette. Et pour cause, sa première date, fixée la veille, au même endroit, avait été décrétée sold out à la vitesse éclair. Et la seconde, auquel votre serviteur assiste, l’est presque. Incompréhensible, quand on sait que son dernier elpee, « Vision thing » remonte à… 1990 ! En outre, le 16 septembre, il avait offert un concert gratuit à ses fans au Trix d’Anvers, sous le patronyme de ‘Near Meth Experience’, show au cours duquel, la formation a accordé trois nouvelles compos. Nous y reviendrons un peu plus tard.  

Dès les premiers accords de « Dominion/Mother russia » la foule réagit. Elle remue, pogote, et les premiers rangs se retrouvent envahis de gros bras et d’hommes torses nus. Les pyramides humaines se forment progressivement, et atteignent même parfois 3 hauteurs. Imaginez donc le gaillard qui soutient plusieurs spectateurs. La voix d’Andrew Eldritch, elle, en revanche, a de nouveau bien du mal à s’imposer, même si elle bien secondée par ses deux gratteurs, qui assurent les backing vocaux. Hasard du calendrier, mais Wayne Hussey, son ex-comparse (NDR : ou si préférez son frère ennemi), se produisait les trois soirs précédents, au sein du pays plat. Mais la voix du natif de Bristol reste bien un cran au-dessus, accordant, en outre, à chaque fois des sets solos de plus de deux heures sans jamais fléchir.

Mais revenons à nos moutons (noirs), et en particulier aux compos jamais releasées. A l’instar de « Crash and burn » (NDR : datant de début 2000) ou des inédits « Show me on the doll » et « Better reptile ». Bien qu’agréables à l’écoute, elles semblent calmer l’atmosphère. Mais ce n’est que temporaire puisque le show reprend crescendo jusque « Flood II », avant que The Sisters of Mercy n’accorde en rappel le bien rythmé « First and Last and Always ». Dylan Smith substitut de Chris Catalyst doit mesurer au moins 2 mètres. Mais ce nouveau guitarise libère davantage de puissance dans ses riffs, et en particulier tout au long de de « Temple of love ». Derrière Doktor Avalanche (NDR : c’est la boîte à rythmes), Ravey Davey se démène comme un DJ sur la scène de Tomorowland, pour dynamiser « This corrosion », en finale, un classique qui déclenche les derniers pogos.

En conclusion, on reste loin des superlatifs avancés par Classic 21. Cette radio avait annoncé, à travers un jingle, entre un titre de Phil Collins et Pink Floyd, que The Sisters of Mercy était un groupe légendaire aux prestations époustouflantes… (sic). Il faut raison garder : la prestation a été moins mauvaise que d’habitude. Surtout parce que le gratteur est à la hauteur du sujet ; et qu’en outre, les nouvelles compositions apportent une nouvelle impulsion au set. En attendant un hypothétique nouvel elpee, tant espéré par les fans, et auquel bon nombre de mélomanes ne croient plus vraiment… (pour les photos, c'est ici)

My Diligence assurait le supporting act (pour les photos, c'est là)

(Organisation : Live Nation)

Wayne Hussey

La délivrance après 2h30 de cérémonie…

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Il faut s’armer de courage ce dimanche soir. Attendre la fin de la journée sans voiture, affronter l’orage, puis rejoindre la région brugeoise. Le B52 exactement. Après avoir été accueilli chaleureusement par le patron au physique de catcheur, on rejoint une petite salle, sise à l’arrière de son café. Une petite centaine de spectateurs y sont massés, ce qui remplit déjà bien l’endroit, plutôt exigu.

Votre serviteur débarque trop tard pour assister au set du tribute band Pure Kult. Suivant les avis recueillis, les covers proposées sont dignes de celles dispensées par The Cult. A cet égard, Ian Astbury, le leader, avait reconnu publiquement la qualité de ces reprises…  

Un temps d’adaptation est nécessaire avant de commencer à apprécier la prestation d’Ashton Nite, qui se produit en solo, armé uniquement de sa sèche. The Awakening, groupe dont il est le leader, est plutôt responsable d’une musique gothique, lourde, lorgnant parfois vers le métal indus. En solitaire, il interprète posément ses compos dans un style bien british (NDLR : on en oublierait presque qu’il est originaire d’Afrique du Sud). Entre chaque titre, ses commentaires sont teintés d’un humour pince-sans-rire. Et surprenants, ses arrangements valent le détour, à l’instar de son adaptation de « The Sound of silence » du duo Paul Simon/Art Garfunkel, à la fin duquel il se met à hurler, stupéfiant même un fan posté aux premiers rangs.

Set list : « Other ghosts », « Fault », « Upon the water », « About you », « Jennifer », « Storm » (remplacé par « Indian summer »), « Amethyst », « Dressing like you », « Back to wonderland », « The sound of silence », « Dark romantics », « Shadows in the dark ».

Cette tournée solo du leader de The Mission s’étale sur près de 3 mois, et faisait d’abord escale à Rétie (Anvers) puis Arlon, les deux soirs précédents, avant d’atterrir à Bruges. Baptisée ‘Salad daze’, elle se réfère à sa biographie, sortie en mai 2019. Assez complète, elle évoque, pour la première fois, son enfance et ses parents. Dès son entrée sur scène, vers 22 heures, les aficionados s’agglutinent aux premiers rangs. La température monte d’un cran.  Tel un prêtre en début de cérémonie, Wayne Hussey invite ses fidèles à s’asseoir, pour assister au début de sa grande messe. Une bonne initiative qui va permettre à celles et ceux placés à l’arrière, de pouvoir observer ses faits et gestes. Faut dire que la salle est basse et le podium peu surélevé. Wayne est coiffé d’un chapeau et chaussé de ses traditionnelles lunettes noires, un couvre-chef qu’un spectateur lui demandera d’ôter au cours de l’office, mais en manifestant son humour bien britannique », Hussey lui répondra ne plus s’être lavé les cheveux depuis deux jours. Il remercie également un autre spectateur qui lui a offert une bonne bouteille de vin (NDR : il a l’habitude de s’en enfiler une à chaque concert). L’armada de guitares acoustiques et électriques (5 ou 6), ainsi qu’une mandoline, posé derrière lui, laisse supposer que le show sera diversifié. Sans oublier son clavier recouvert de son traditionnel calicot de supporter de Liverpool. Est-ce la victoire 1-2 des ‘Reds’ à Chelsea, remportée cet après-midi qui le rebooste ? Toujours est-il qu’il déborde d’énergie et d’humour, ce soir. La plupart des singles de Mission sont passés en revue ; depuis « Crystal ocean » à « Dragonfly », en passant par « Like a child again », « Tower of strength » ou encore « Beyond the pale ». Une interprétation parfois fidèle, mais souvent originale. Outre le recours à la gratte, il se sert également et circonstanciellement d’un séquenceur pour imprimer le tempo. Il passe au clavier pour l’intimiste « Butterfly on a wheel ». Dérision et impro sont au rendez-vous de son interactivité. Avant d’aborder « Fabienne », il nous parle d’une femme belge ; et un aficionado en profite pour rebaptiser le titre « Fabiola ». Pendant « Wasteland », un autre fan clame ‘You are my fucking God’, et notre ténor d’intercaler un extrait du « Personal Jesus » de Depeche Mode dans le morceau…

Lors du second rappel, Wayne affiche toute l’amplitude de son registre vocal, en montant facilement dans les aigus. Ce qui va déclencher une belle ovation de la trentaine d’âmes encore présentes à ce moment. Car il est déjà près de minuit trente. La cérémonie a duré près de 2h30 ! Hussey transpire. Et nous aussi. La salle est moite, les murs suintent d’humidité. Un set particulièrement généreux qui a provoqué une communion mémorable entre l’artiste et l’auditoire. Bref, mission accomplie pour le natif de Bristol ! Bien loin de ce qui se prépare le lendemain à l’AB, lors du passage de son frère ennemi, Andrew Eldritch, alias Sisters of Mercy…

(Organisation : B52)

Celeste Waite

Une voix… Celeste…

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BJ Scott et Félicien Bogaert avait signalé dans l’émission Plan Cult, il y a un peu plus d’une semaine, qu’il fallait ne pas louper le concert de la nouvelle sensation insulaire de la scène soul/jazz, Celeste. Et l’appel a été suivi, puisque l’AB est sold out ce mardi 17 septembre pour accueillir l’artiste à la voix précieuse. A ce jour elle n’a gravé qu’un Ep 5 titres intitulé « Lately ». Originaire de Los Angles, elle a quitté la Californie, avec sa mère, alors qu’elle n’avait que trois ans. Depuis, elle vit à Brighton, en Angleterre.

Amalyah est prévue en supporting act. Mais elle n’arrivera jamais. Et c’est Dj Daan qui a eu la lourde tâche de meubler les 120 longues minutes d’attente, entre 19 et 21 heures. Le préposé derrière les platines a réussi à faire patienter un auditoire plein à craquer et surchauffé, grâce à une programmation équilibrée oscillant entre jazz, funk et soul. Un challenge pas évident à réaliser, la foule –sans doute marrie d’attendre– causant un brouhaha de plus en plus important, au fil du temps, finissant même par couvrir la musique dispensée par le Dj. 

Celeste Waite possède une voix… céleste. Un peu dans le style de Jorja Smith, Mahalia, Etta James ou encore Amy Winehouse. De fameuses références ! Une voix soul suave et satinée qui libère un groove naturel.  

Les lumières s’éteignent à l’heure prévue. Précédée de son quintet baptisé Gotts Street Park, la diva, vêtue d’un complet noir, vient se placer devant son micro. A sa droite, une saxophoniste s’installe derrière un pupitre pour régler le son de son instrument. Juste derrière, l’un à côté de l’autre, se plantent un bassiste et un guitariste. Enfin, le drummer se cantonne dans le fond, côté gauche, juste derrière un claviériste. Vu que Celeste n’a publié qu’un seul Ep, à ce jour, le set sera de courte durée. A peine 40 minutes ! Plus bref encore que celui accordé par les Vaccines, lorsqu’ils ont présenté leur premier elpee à l’Orangerie du Botanique.

Après une intro succincte, le saxophoniste s’autorise un long solo jazzyfiant, tout en triturant les boutons de son pupitre. Ce qui déclenche de vifs et longs applaudissements au bout de sa démonstration. Timide, la vocaliste semble également avoir le trac. Elle sourit généreusement et remercie la foule après chaque morceau. Mais au fil du concert, elle va prendre de l’assurance. Le show baigne au sein d’un climat sonore qui oscille entre lounge, jazz, (néo) soul, hip hop et parfois même funk. Et ce sont le sax et les cordes qui donnent le ton suivant leurs interventions. Celeste s’affirme enfin tout au long de « Fathers Son » et du hit « Lately ». A l’écoute de « Both Sides Of The Moon », on a l’impression d’être transporté dans un sombre club jazzy de la Nouvelle Orléans, à moins que ce ne soit –et ce n’est pas très loin de l’AB– de Music village. « Love Is Back » termine le set, avant que Celeste ne revienne accorder, en rappel, « Strange ».

Celeste est imprégnée de la soul qui a bercé sa jeunesse, même si dans sa musique, elle a intégré des styles différents. Une chose est sûre, sa voix est bien Celeste et vu ses aptitudes, elle devrait finir par cartonner dans les charts. L’épreuve d’un premier album devrait cependant nous en apprendre davantage. Elle se produira le 28 septembre au Poulpaphone de Boulogne-Sur-Mer, un festival qui accueillera, notamment, Yorina, Juicy, Inüit et Balthazar. Suivant la formule consacrée, c’est une artiste à suivre de très près.

Setlist : « Intro », « Beloved », « Coco Blood », « Fathers Son », « Lately », « Both Sides Of The Moon », « Somebody », « Love Is Back ».

Rappel : « Strange ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

Dope Lemon

Un concert à marquer d’une ‘Stone’ blanche…

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Dope Lemon, c’est le nouveau side projet d’Angus Stone (NDR : l’autre, répond au patronyme de Lady Of The Sunshine, pour lequel il a notamment gravé « Smoking Gun » en 2009), projet qui n’implique cependant pas sa petite sœur, Julia. Votre serviteur ne s’en cache pas, il est fan du duo australien (NDR : qui n’a jamais entendu le tube « Big jet plane »?), et il a envie de se faire plaisir en assistant au set de l’Australien, concert qui se déroulera dans une ABBox comble. On aurait d’ailleurs pu remplir la grande salle, tant il jouit d’une énorme popularité sur la scène internationale.

Philemon assure le supporting act, un quintet issu de Sint-Niklaas, au cœur du pays de Waes. Un combo qui pratique une forme de pop lo-ri enrichie d’harmonies vocales ‘beatlenesques’. Chanteur et préposé à la semi-acoustique, Anton De Boes en est le leader. Il est soutenu par Kim Van Elsen à la guitare électrique, Alexander Lippeveld à la basse, Klaas Bormes aux drums et un claviériste barbu. La formation publiera un Ep en janvier 2000. Le set s’ouvre par « Tomorrow », le single qui a permis de lancer sa carrière, au nord du pays. Anton de Boes trame les compos de sa semi-acoustique, tout en modulant ces fameuses harmonies vocales. Rien de bien neuf cependant sur la planète pop/rock, mais une première partie de bonne facture, dont on soulignera surtout la subtilité et le sens mélodique des compos. Bref, un bon tremplin pour la tête d’affiche…

Setlist : « Tomorrow », « Miracles », « Are You Coming To Get Me », « How Do You Do », «   Easy Way Out », « Time », « Belly Dancers ».

Un drummer se plante à droite et un claviériste à gauche, respectivement sur leurs propres estrades. Coiffé d’un Stetson, Angus s’installe au centre, devant un double micro, entre un bassiste et un guitariste rythmique, dont la Gibson de couleur rouge est vraiment rutilante.  Dope Lemon est venu nous présenter de larges extraits de son second album, « Smoot Big Cat ».

« Stonecutters » met directement la gomme. Le banjo est resté dans la remise. Chez Dope Lemon, pas question de consensus mou ou de dentelle, mais bien de rock bien balancé et burné. En fermant les yeux on imagine traverser les grandes savanes de l’Australie profonde poursuivi par les kangourous et menacé par les crocodiles. La set list embraie par un deuxième extrait du premier elpee, « Holly bones », « How Many Times ». Angus adopte un ton totalement décalé tout au long de « Marinade », un morceau qui fait littéralement mouche. Paru en single, c’est également le titre qui donne le nom à l’opus ; et manifestement une des ses meilleures compos. Au fil du concert, on a l’impression de s’enfoncer de plus en plus dans l’univers du psychédélisme. Caractérisé par ses sifflements, « Coyote » évoque un mauvais western italien. « Honey Bones » adresse un clin d’œil appuyé au Velvet Underground. En y réfléchissant, à l’instar de Bowie, le V.U. est une source inépuisable de références pour tout artiste qui milite dans l’univers du rock. Sur un tempo lent, la combinaison entre les sonorités des grattes et les perçus résonne comme un gros bourdon. Les interventions du préposé à la gratte rythmique sont imparables. Et si Angus excelle sur sa six cordes, il en change entre chaque morceau. Adepte de quelques substances illicites et hallucinogènes, Angus en parle clairement tout au long de « Salt And Paper ». Sous un light show bien équilibré, Dope Lemon brille de mille feux. Et « Home Soon » clôt un set épatant de 70 minutes. Finalement, Angus parvient à vaincre sa timidité maladive et a l’audace d’inviter une dame de l’auditoire à le rejoindre sur les planches pour danser avec lui. Après un tel show, votre serviteur vit un rêve éveillé en regardant les étoiles… Un concert à marquer d’une ‘Stone’ blanche…

Set list : « Stonecutters », « How Many Times », « Marinade », « Hey You », « Coyote », « Hey Little Baby », « Fuck Things Up », « Honey Bones », « Salt and Paper », « Home Soon ».

Rappel : « Uptown Folks »

(Organisation : Ancienne Belgique)

The Cars

Ric Ocasek, le moteur des Cars a rendu l’âme à l’âge de 75 ans…

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L’univers du rock est en deuil. Ric Ocasek, chanteur du groupe The Cars, a été retrouvé mort dimanche 15 septembre à l’âge de 75 ans, dans son appartement, à New York.

Ric Ocasek, qui chantait d’une voix assez aigue, presque étranglée, et jouait de la guitare, a écrit la plupart des chansons du groupe qu’il avait fondé à Boston, en 1976, en compagnie du bassiste Benjamin Orr, également chanteur, décédé en 2000. The Cars a gravé son premier elpee, –un éponyme– en 1978. Séparé en 1988 et reformé en 2011, il a gravé quelques tubes comme « You Might Think », « Shake It Up » ou encore « Drive », au cours des eighties, et publié 7 albums. Mais le titre le plus représentatif demeure aux oreilles de votre serviteur, « Since you’re gone ».

Tout en intégrant les rythmes saccadés de la new wave, The Cars proposait une forme de pop/rock mélodique, inspirée par David Bowie et Roxy Music.

Outre sa carrière solo, il a également été producteur pour de nombreux groupes et ou artistes, dont Bad Brains, Bad Religion, Guided By Voices, Nada Surf, Suicide, The Killers et Weezer.

The Cars avait été intronisé au Hall of Fame (Panthéon) du rock and roll l’an passé aux côtés de Bon Jovi, The Moody Blues, Dire Straits, Nina Simone et Sister Rosetta Tharpe.

Ric Ocasek a été retrouvé mort dans son appartement, à New York, ce 15 septembre 2019.

RIP

Marquis (de Sade)

Rennes pleure son Marquis de Sade : Philippe Pascal, son chanteur et leader emblématique est décédé…

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Auteur-compositeur-interprète-chanteur rennais, mieux connu pour avoir participé aux aventures de Marquis de Sade en compagnie de Franck Darcel, puis à celle de Marc Seberg, Philippe Pascal est décédé ce 12 septembre à l’âge de 63 ans.

Marquis de Sade est considéré comme une formation pionnière du post-punk français. A l’instar d’Etienne Daho, il était né en Algérie. Fils d’un père instituteur et musicien de jazz, ce jeune passionné de blues a fréquenté l’université de Rennes. Sa passion pour les arts et la littérature ainsi que sa fascination pour la musique du Velvet Underground, mais aussi pour celle de David Bowie et du krautrock (Neu !, Can) ainsi que l’éclosion de la new wave yankee (Television, Patti Smith, Père Ubu, etc.) vont lui servir de muse pour rencontrer ses projets musicaux.

Nous sommes alors fin des 70’s, début des 80’s, et la scène rennaise est en pleine ébullition. Marquis de Sade est programmé en tête d’affiche lors de la première édition des Transmusicales de Rennes, en 1979. Et le premier elpee du band, « Dantzig twist » paraît cette même année (NDR : son titre le plus notoire, « Conradt Veidt », est disponible ici

. La surprise est totale au sein du paysage musical hexagonal. Cheveux courts, vêtus de costumes sombres, les musiciens de Marquis de Sade se démarquent totalement de l’image traditionnelle des groupes rock issus des 70’s ; le chant et la gestuelle expressionniste de Philippe Pascal accentuant cette fracture opérée depuis quelque temps déjà aux Etats-Unis et en Angleterre. Son attitude était alors très proche de celle de Ian Curtis, le chanteur de Joy Division, dont le premier opus (« Unknown Pleasures ») sort un an après celui de MdS.

Malheureusement, l’enregistrement du second LP, « Rue de Siam », déclenche des conflits au sein du line up, notamment entre Philippe et Franck, et plus précisément pour le choix du producteur. Le long playing sort bien en 1981, mais le groupe se sépare et Pascal part fonder Marc Seberg, qui sortira 4 albums, davantage new wave dans l’esprit de Simple MInds, dont « Lumières et trahison », publié en 1987, récoltera un certain succès. Après la séparation du band en 1992, Philippe Pascal tentera bien de monter d’autres projets notamment en compagnie de sa compagne, Pascale Le Berre, mais sans grand succès. Outre la publication de son recueil de textes très marqués par Baudelaire et Rimbaut, la fin de carrière de Pascal connaîtra cependant des comebacks épisodiques, dont une participation aux sessions d’enregistrement de « Rose Tattoo » d’Etienne Daho, son ami. Jusqu’en 2017, moment choisi par le Rennais Patrice Poch pour célébrer le 40ème anniversaire de Marquis de Sade. Il parvient convaincre Philippe Pascal et Franck Darcel de se réunir pour un concert (NDR : un show immortalisé par le CD-DVD « 16-09-17 ») ; et suite à l’engouement suscité par cet événement, le groupe repart en tournée, achevant le périple à Paris, au Petit Bain, le 22 février 2019. C’était déjà, il y a un peu plus de six mois…

RIP

Fat White Family

Serfs up !

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Si « Serfs up » constitue le troisième opus de Fat White Family, on ne peut pas dire que depuis la sortie du deuxième, tout à été rose et violette ! Et pour cause, entre problèmes d’addiction, tournées promo bancales, différents entre les frères Nathan et Lias Saoudi ainsi que projets montés en parallèle (Warmduscher, The Moonlandingz, Insecure Man, Eccentronic Research Council), l’aventure avait largement du plomb dans l’aile. Et puis, miracle, les frangins et Saul Adamczewski se sont rabibochés et se sont mis à bosser sur un nouvel elpee, disque dont les sessions se sont déroulées au sein de leurs propres studios à Champzone. Et le résultat risque fort de brouiller à nouveau les pistes. Les compos sont gorgées d’arrangements luxuriants, qu’ils soient symphoniques ou de chambre (flûtes, violons et/ou cuivres), électro, jazzyfiants, psychédéliques ou exotiques. Et puis il y a ces chœurs, tour à tour grégoriens, célestes, fastueux ou encore réminiscents des Beach Boyes voire du Plastic Ono Band (NDR : pas étonnant quand on sait qu’Adamczewski et Lias Saoudi ont bossé en compagnie de Sean Lennon et Yoko Ono). 

Les dix plages de ce « Serfs up ! » rivalisent d’éclectisme. Depuis le lancinant « Feet », que chante Lias d’une voix de crooner, sur un lit ténébreux de disco teinté de no wave (Tuxedomoon ?) et de western synthétique (Wall of Voodoo ?) au blues « Bobby’s boyfriend », abordé dans l’esprit de Tom Waits, au cours duquel on a l’impression d’entendre Miles Davies souffler dans une vuvuzela, en passant par le vaporeux et aquatique « Vagina dentata » (Connan Mockasin ?), les très engagés « I believe in something better » (NDR : qui s’intéresse à l’histoire du terroriste américain Theodore Kaczynski, surnommé ‘Unabomber’, tout en laissant des sous-entendus relatifs au Brexit) ainsi que « Kim’s sunsets », qui réverbère les paroles du dictateur nord-coréen au sujet de ses missiles, le glam boogie « Tastes good with the money », l’hymnique « Rock fishes » (Mercury Rev ?) et la rumba « When I leave ». Bref, il y en a pour tous les goûts et toutes les couleurs. Et au fil des écoutes, on n’en finit plus de déceler de nouvelles nuances au sein de ce cocktail lugubre mais festif, tourmenté, onctueux mais sauvage et surtout original dans son art à agréger les genres…     

En concert dans le cadre du festival Levitation à Angers ce 20 septembre 2019, le 21 au Transbordeur à Lyon,  le 27 à la Philharmonie de Paris et le lundi 9 décembre à l’Ancienne Belgique de Bruxelles.  

Ride

This is not a safe place

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« This is not a safe place » constitue le deuxième elpee gravé par Ride, depuis sa reformation en 2014. Un disque qui fait suite à « Weather Diaries », paru en 2017. Il ne s’agit cependant que du sixième opus du groupe d’Oxford. Ouverte en 1996, la parenthèse ne s’est refermée que près de deux décennies plus tard, une période au cours de laquelle les musicos ont participé à des tas d’autres projets ou intégrés d’autres bands (Oasis, Hurricane # 1, Beady Eye, rinôçérôse, The Brian Jonestown Massacre, Jesus & Mary Chain, Supergrass, etc.). A l’instar de My Bloody Valentine ou de Swervedriver, Ride est considéré comme une des figures de proue du mouvement shoegazing. Première bonne nouvelle, le line up du quintet est identique à l’originel, Andy Bell est Mark Gardener assurant le chant, la composition et les parties de guitares. Tout comme pour « Weather diaries », c’est le Dj Erol Alkan qui s’est chargé de la mise en forme ; ce qui explique, bien évidemment, l’incorporation d’éléments électroniques dans l’expression sonore. Mais ils sont judicieusement intégrés.  

« This is not a safe place » s’ouvre par « R.I.D.E. », une plage étonnante, terriblement groovy, qui aurait pu naître des élucubrations de Kevin Shields, même si le rythme évoque plutôt Curve et les harmonies vocales Cocteau Twins. Des harmonies vocales éthérées, sans mots, hormis ceux du titre du morceau. Et ces harmonies vocales sont lumineuses tout au long de ce long playing, alors que bien conjuguées, les grattes se révèlent tour à tour chatoyantes, crépitantes pépiantes, grésillantes, carillonnantes ou même encore grondantes, selon. Les spectres de House of Love (« Future love »), Raveonettes (l’enlevé « Kill witch » à l’atmosphère ténébreuse et aux vocaux floydiens), Sonic Youth (« 15 minutes » qui ne dure que 3’13”) se mettent même à rôder sur une bonne moitié de l’elpee. Lorsque les synthés sont davantage présents, on ne peut s’empêcher néanmoins de penser à New Order (« Jump jet ») ; mais le plus étonnant procède de la présence de compos plus pop, dream pop même qui s’enfoncent tellement dans un univers atmosphérique qu’on se croirait presque revenu à l’époque du Barclay James Harvest lorsque Les Holroyd et Stuart ‘Woolly" Wolstenholme’ étaient encore complices, comme sur le tendrement mélancolique « Shadows behind the sun », le mid tempo « Eternal recurrence » (NDR : BJH ou les Moody Blues ?) ou encore l’épique « In this room » (9’ quand même) ; les remarquables harmonies vocales corroborant ce point de vue. Conclusion, il est fort probable qu’une partie des mélomanes adorent une moitié de l’album et détestent l’autre, et inversement, suivant qu’ils soient issus de la génération des seventies ou des nineties…

En concert le 29 janvier 2020 au Trix à Anvers et le 13 février 2020 au Trianon de Paris

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