Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Editors
Ora Cogan

Dour Festival 2019 : dimanche 14 juillet

Écrit par

Le soleil se lève pour la dernière fois sur l'édition 2019 du festival de Dour. La fatigue se lit maintenant et de plus en plus facilement sur le visage de tous les festivaliers et nombreux sont ceux qui rêvent de retrouver leur bon lit douillet. Mais avant de revenir au bercail, tous doivent encore affronter une journée entière de concerts.

Et le programme commence, pour votre serviteur, au Labo, en compagnie d'It It Anita. La musique proposée par la formation liégeoise est à l'image des son chanteur : robuste ! Pas étonnant que le groupe figure régulièrement dans les colonnes des sites spécialisés en metal. Et s'il n'y avait ce sens mélodique très soigné, il y mériterait absolument sa place. Ce qui est clair par contre, c’est que ça claque, et pas qu’un peu ! Certains passages plus hypnotiques semblent simplement destinés à nous faire baisser la garde avant une surenchère de batterie et de guitares. Bref, un set à éviter en cas de gueule de bois.

Ce sont les petits phénomènes flamands du moment qui embraient sur les planches du petit chapiteau. Whispering Sons a largement franchi les frontières du pays et est maintenant reconnu sur la scène internationale comme une étoile montante du post-punk. Fort de leur album « Image », paru en 2018, les Limbourgeois peuvent également compter sur le charisme androgyne de la chanteuse Fenne Kuppens. Sa voix grave, presque masculine, et son comportement scénique impressionnent d’emblée un public majoritairement néerlandophone. Ténébreuses, les compos flirtent avec la cold wave des années 80. L’intensité est totale et l’atmosphère autant menaçante que passionnante. La température grimpe au fil du show et atteint son paroxysme lors du tube « Alone », un single qui est resté cinq semaines d’affilée au sommet du classement dressé par les auditeurs de Stu Bru. En trois-quarts d'heure, Whispering Sons est parvenu à mettre l'auditoire dans sa poche...

On change complètement de style lors du set de Viagra Boys. Les ‘bad boys’ suédois débarquent tous les cinq sur le podium la clope au bec et une bière en main. Le contexte est posé bien que le patronyme laissait déjà présager la folie du quintet. Sebastian Murphy, le chanteur, n’attend qu’un seul morceau pour faire tomber la chemise et exhiber son torse complètement couvert de tatouages. Il hurle, recrache sa bière et vacille sur les compositions bien punks du groupe. C’est une véritable bête de scène, en fait. Comme dans ses chansons, il manie humour noir et ironie à merveille. Ainsi, il se réjouit de pouvoir faire la fête un samedi soir (alors qu’on est dimanche) et avoue adorer jouer en… France… Bonjour le déphasage ! Aussi surréaliste que le personnage, c’est le single « Sports » qui permet au concert de prendre une autre dimension. Murphy n’hésite pas à exécuter une dizaine de pompes (NDR : volontairement ridicules) sur les planches pour illustrer son propos. Les autres membres ne sont pas du genre à s’effacer non plus. Bassiste et batteur assurent également le show. Les Suédois finissent par se retirer avec classe et courbettes. Une dernière touche d’ironie pour un concert complètement décalé dans lequel on en n’oublierait presque la musique. Un vrai spectacle quoi !

‘C’est le dernier jour du festival, vous pouvez tout casser’. Ces mots émanent de la bouche du Roi de Dour : Romeo Elvis. Sur le pont dès mercredi comme DJ, il était de retour en tête d’affiche dimanche sur la Last Arena pour mettre le feu à la Plaine des Éoliennes. Et il ne va laisser que quelques secondes de répit aux festivaliers, pourtant épuisés. Seul son titre « J’ai Vu » marquera une pause dans un concert chargé d'intensité durant lequel Roméo va multiplier les comportements excentriques. Torse nu, grimpant sur les pylônes, le ket bruxellois a régalé la véritable marée humaine qui s’était déplacée pour assister à son show, sur la scène principale. Pas de doute, c’était bien lui la grosse tête d’affiche de Dour 2019.

Avant de terminer le festival, il nous reste un moment à passer auprès de Fat White Family. Le groupe le plus déjanté d’Angleterre était de retour à Dour pour présenter, entre autres, son nouvel album « Serf’s Up ». Le collectif londonien s’est forgé une solide réputation en live et va à nouveau confirmer tout le bien qu’on pense de lui. La bande à Lias Saoudi pratique un punk aussi nonchalant que provocateur. Ce dernier disque est clairement l’aboutissement de leur carrière. Moins brouillon et mieux construit que ses précédents essais, il est également la preuve que les Insulaires ont enfin réussi à canaliser leur énergie. Heureusement sur l’estrade, il n’en est rien… à quelques exceptions près. Il est dommage en effet que la puissance du set soit à deux reprises cassée par des titres plus lents et moins adaptés au show. En outre, déchaîné, Saoudi va confirmer qu'il est un grand amateur du bain de foule. Les nouveaux single « Feet » et « Fringe Runner » s’insèrent à merveille dans un set presque aussi fou que le leader du groupe. Car derrière son regard d’ange, Saoudi cache une rage qui ne cesse d’exploser. Dans certains morceaux comme sur « Touch The Leather », on a même l’impression qu’il rentre en éruption tel un volcan trop longtemps endormi. Bref, Fat White Family en live, c’est tout simplement un régal et une parfaite manière de terminer ce Dour de bien bonne facture. Du grand spectacle !

En accueillant 251.000 festivaliers sur les cinq jours, Dour a battu son record d’affluence lors de cette édition 2019. Le festival conserve, malgré son succès, son ADN qui fait la part belle aux découvertes et aux artistes ‘Made in Belgium’. 20% de la programmation était en effet consacrée aux artistes qui battaient pavillon noir-jaune-rouge. Une énorme réussite pour la deuxième année sur la Plaine des Éoliennes qui est maintenant complètement adoptée par le public. Et qui ne va cesser de s’améliorer lors des prochaines éditions, on en est sûr. A l’année prochaine donc… Et merci Doureeeuuuh !

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Dour Festival)

It It Anita + Whispering Sons + Viagra Boys + Romeo Elvis + Fat White Family

Dour Festival 2019 : samedi 13 juillet

Écrit par

L’affluence gonfle, au fil des jours, à Dour. Le week-end arrivé, les pauvres travailleurs qui n’ont pu prendre congé durant la semaine affluent. Le site commence donc à être bien rempli.

Du moins en soirée, car à 16h, la Last Arena sonne encore bien vide au moment où MNNQNS (NDR : prononcez Mannequins) monte sur les planches. Les quatre français pratiquent un post-punk dynamique, aux refrains aguicheurs. Les guitares se superposent également sur certains morceaux comme « If Only They Could ». Une bonne dose de punch dès l’entame de la journée pour les plus Gallois des Rouennais (NDR : le projet est né à Cardiff).

C’est la touche de douceur de la journée qui nous attend ensuite. Et une jolie découverte. No Vacation effectue en effet cet été sa toute première tournée en Europe. Inconnu vous dites ? Et bien pas forcément car La Petite Maison dans la Prairie est déjà bien remplie. A la plus grande surprise du groupe californien, impressionné par cette assistance. Et les musicos vont signifier leur étonnement plus d’une fois durant le concert. Concernant la musique, les Américains proposent une dreampop souvent douce mais aussi parfois déchainée. Ils nous entraînent au sein d’un voyage paisible, traversé de quelques turbulences judicieuses. Le tout teinté d’une candeur touchante comme tout au long de « Lovefool ». Les vacances les plus tranquilles de nos vies !

Retour sur la Main Stage pour la fin du set de Montevideo. Les gars de Jean Waterlot n’ont rien perdu de leur énergie et, malgré une fosse encore plus vide que pour MNNQNS, ils semblent ravis de retrouver Dour. Leur rock propice à la danse dance réussit en tout cas à faire bouger les quelques spectateurs, obligés de dribbler entre les gouttes de pluie qui commencent à tomber sur le site, pour se mettre à l’abri.

Mais le bon Dieu est dourois, et le soleil revient pile au moment même où débute le show de Metronomy. Ce que le chanteur du groupe, Joseph Mount, ne manque pas de souligner : ‘Pour une fois que nous amenons le bon temps’. Faut-il encore présenter ces Anglais ? Responsable de cinq albums à ce jour, et un sixième prévu pour la mi-septembre, ils constituent une référence mondiale dans l’univers de l’électro-rock. Et excellent toujours en live. Ce nouveau passage à Dour ne va pas modifier leurs très bonnes habitudes. Malgré un set largement revu par les nouvelles compos, le quintet va offrir une sublime prestation. Le répertoire partagé entre anciens et nouveaux titres est bien équilibré. Car des tubes, Metronomy en a décrochés et continue à en dégoter. C’est ainsi que le tout neuf « Salted Caramel Ice Cream » cartonne autant que le célèbre « The Bay ». Ajoutez-y des morceaux retravaillés comme « The Look », le final nerveux de « You Could Easily Have Me » ainsi que la sympathie manifestée par les cinq acteurs et vous vous vous prenez une véritable claque qui confirme la réputation de valeur sûre du combo.

C’est au tour de BATTLES de faire son apparition. On est de nouveau à La Petite Maison dans la Prairie. Les Américains reviennent sous un nouveau format. Quatre sur scène dans le passé, ils ne sont aujourd’hui plus que deux. Alors évidemment, cette situation se ressent en ’live’. Si leurs sonorités sont toujours excellentes (NDR :  mention spéciale pour « Atlas »), le set manque de dynamisme. Heureusement que John Stanier nous réserve une véritable démonstration de batterie math-rock. A un tel niveau, battre devient de l’art. Il attire d’ailleurs toute l’attention. Mais en duo, BATTLES manque clairement de charisme et gagnerait vraiment à récupérer quelques membres…

On termine la soirée sur l’Elektropedia. D’origine perse, la Canadienne REZZ est venue proposer son gros son ‘bass music’ à Dour. On en prend plein la tronche et nos oreilles vibrent une heure durant. Nos yeux s’écarquillent également grâce aux visuels éblouissants de couleurs projetées sur les incroyables écrans de la scène sponsorisée par la célèbre boisson énergétique.

Après cette déferlante de basse, c’est Slushii qui clôt la journée par un set techno classique mais efficace. La recette magique est simple : un hit célèbre en intro (comme par exemple le « Bohemian Rhapsody » de Queen), avant d’embrayer par des sonorités puissantes. Le gamin (22 ans) atteint du syndrome d’Asperger a mis une sacrée ambiance !

Plus qu’un jour et c’est déjà terminé !

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Dour Festival)

MNNQNS + No Vacation + Montevideo + Metronomy + BATTLES + REZZ + Slushii

Dour Festival 2019 : vendredi 12 juillet

Écrit par

Dour, c’est aussi le festival des découvertes. Ce vendredi, il n’y avait pas vraiment de groupes connus durant la première partie de journée. L’occasion était donc belle de se balader entre les scènes pour faire connaissance avec les pépites que les programmateurs ont dénichées.

On commence au Labo, par Martha Da’ro. La Belge aux origines congolaises s’est fait connaître en militant au sein du groupe de hip-hop Soul’Art avant de se lancer dans un projet solo, pour y mêler des sonorités soul, funk et bien sûr hip-hop. Celle qui est également actrice (NDR : dans le film ‘Black’) livre à Dour un set délicat, à toucher du bout des doigts. La douceur de certains titres comme « Sugarman » éblouissent le petit chapiteau. C’est beau et c’est tendre à la fois. Que demander de plus pour débuter la journée ?

Direction ensuite la Salle Polyvalente pour Koffee. La dernière merveille reggae, issue de la Jamaïque, n’a que 18 ans mais possède déjà tous les atouts qui la guideront, sans doute, au sommet du genre. Ce n’est pas pour rien si Mikayla Simpson, de son vrai nom, a déjà charmé Glastonbury il y a quelques semaines ou encore un certain Usain Bolt. Flanquée de son live band, elle est venue présenter son premier Ep sur la Plaine. Un set groovy à souhait qui connait quelques temps forts comme « Thrones » ou surtout « Toast », que le public fredonnait encore quelques minutes après le concert. Une performance vraiment impressionnante. De l’énergie, elle n’en manque pas mais quelle sérénité pour son âge !

Vous êtes fan du band hexagonal Fauve ? Et bien son digne successeur est belge ! Et Namurois pour être précis. Les gamins de Glauque impressionnent la scène wallonne depuis quelques mois, multipliant les récompenses notamment lors du Concours Circuit 2018. C’est dans un Labo bien rempli qu’ils entament le set. Son électro et chant rap, les cinq potes semblent partir à la guerre sur chaque morceau. De colère à la rage, il n’y a qu’un pas chez ce quintet. La puissance des mots sur certaines chansons comme « Robot » fait vaciller un public qui avait déjà un genou à terre après une première partie de set d’une violence inouïe. Bref, Glauque nous a asséné une grosse claque. Et c’est exactement le genre de band qui possède l’ADN du Dour Festival. Des gamins qu’on reverra sans aucun doute sur la Plaine des Eoliennes dans le futur. Mais dans un chapiteau d’une autre taille…

Adoubé par le maître Drake, Octavian débarquait à Dour à la Boombox. Le plus ‘chti’ des rappeurs UK ne se produisait pas loin de sa ville natale : Lille. On dit de lui qu’il est l’avenir du grime britannique. Rien que ça ! C’est en 2017 et grâce à son titre « Party Here » que le gamin s’est révélé au grand public à seulement 21 printemps. Deux ans plus tard, le petit a bien grandi et n’est plus seulement le gosse de l’avenir. Le présent lui appartient déjà et il bouge sur scène comme un vieux briscard. De gauche à droite et vice-versa, le kid ne manque pas d’énergie et d’audace. Comme quand il demande au public d’hurler ‘Free Rocky’. L’hommage au rappeur Asap Rocky emprisonné en Suède –et qui a dû annuler son passage à Dour– est évident. Après quelques mots peu élogieux destiné à la police suédoise, il reprend avec une énergie qui semble décuplée. Et oui, dans le rap on ne touche pas à la famille ! En tout cas, le môme de l’est de Londres aura bien retourné le plus grand chapiteau du site. Un show mémorable.

Il faut courir ensuite vers la Last Arena pour assister à la prestation de Vald. Le rappeur français attire évidemment les foules. Il faut dire qu’il y a toujours autant de représentants d’outre-Quiévrain sur le festival dourois. Et Vald est un grand nom de la musique urbaine française. La Main Stage est donc gonflée à bloc. Et même si le style musical ne plait pas forcément à votre serviteur, il faut reconnaitre que Valentin Le Du a une sacrée tchatche. Et une bonne humeur communicative. En voilà un qui est content d’être là ! Les tubes les plus connus comme « Bonjour » font en tout cas un carton dans la fosse et Vald se permet même un hommage à son pote JUL. Les amateurs du style auront apprécié l’enthousiasme du Parisien.

A 22h, on retourne au Labo. Le duo montois La Jungle y joue presque à la maison. C’est un des seuls moments rock du jour, alors autant en profiter. Et on ne regrette pas le détour. La combinaison batterie-basse, à la Royal Blood, accouche d’un un son brut et immédiat sans aucun chichi. Une véritable tempête dans laquelle tout le monde est entrainé, sans exception. Les morceaux sont assez compliqués à décrypter. Ils ont pour unique objectif de déboucher nos oreilles. On attribuera néanmoins une mention spéciale à « Ape in a Python », qui parviendra même à nous faire danser. Du bon boulot les mecs.

Pour terminer cette journée, c’est Namdose qui monte sur les planches laissées toutes chaudes par la Jungle. Il s’agit d’une collaboration entre le célèbre groupe belge BRNS et français Ropoporose. Ce qui devait être un one-shot pour les Nuits du Botanique a finalement pris une autre tournure et a donné naissance à un album. Le résultat est saisissant. Un mix des plus originaux entre math-rock et post-rock. Des titres aux constructions décousues qui n’ont qu’une chose en commun : une explosion systématique. Mais pas toujours en fin de morceau. Non, Namdose nous surprend et nous piège en envoyant en pleine figure toute la puissance de son duo de batteries à n’importe quel moment de ses chansons. Du coup, on sursaute mais la surprise est à chaque fois jouissive. Notamment sur « Wake Up », de loin un des titres les plus marquants de ce début de festival. Bref, Namdose a séduit tout son monde et on a envie de dire une chose : que cette union dure pour la vie !

Cette journée touche déjà à sa fin. Ce qui est certain c’est que de nombreux morceaux seront ajoutés à nos playlists traditionnelles après autant de découvertes. Dour réussit comme chaque année à garder une identité forte en proposant des petits bijoux qui seront les groupes ou artistes majeurs de demain. Et cette journée en est le parfait exemple.

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Dour Festival)

Martha Da’ro + Koffee + Glauque + Octavian + Vald  + La Jungle + Namdose

Dour Festival 2019 : jeudi 11 juillet

Écrit par

Les nuits sont courtes au camping de Dour. Jusque 5-6h du matin, la musique y résonne toujours et à partir de 9h, la chaleur vous sort de votre sommeil. Il faut ensuite attendre le début de l'après-midi pour pouvoir assister aux premiers concerts.

C'est dans La Petite Maison dans la Prairie que se déroule la première partie de la journée pour votre serviteur. En compagnie tout d'abord de Phoenician Drive. Le groupe belge propose un mix entre post-rock et post-punk agrémenté de quelques sonorités orientales. Et si on peut regretter un certain manque de charisme du band, on doit reconnaître que le son puissant a bien dérouillé les oreilles des premiers festivaliers présents sur la Plaine des Éoliennes, ce jeudi. Une très chouette découverte.

Le chapiteau est déjà bien mieux garni à l'heure d’accueillir Rendez-Vous. Une formation française au charme ‘so british’ qui pratique du pur post-punk. Elle va faire vibrer les planches durant 3/4 d'heure, profitant, en outre, d'une assistance de connaisseurs. Un groupe d'expérience !

On enchaîne ensuite par la révélation irlandaise de l'année. Fontaine DC casse en effet la baraque de l'autre côté de la Manche. Au premier regard, c'est le style du chanteur qui interpelle. Il semble en effet extrêmement nerveux et parcourt la scène de gauche à droite, en observant le public d’un regard plutôt vide. Au moment commencer à chanter, il multiplie les tics de ses bras et ses mains. Bref, une drôle d'allure supposant qu'il ne carbure pas qu'à l'eau claire ; à moins que son attitude ne fasse partie du show, bien sûr ! En ce qui concerne la musique, le combo dublinois pratique un post-punk mélodique aux refrains aussi puissants qu'addictifs. Le public est en tout cas conquis et nul ne doute que ces gamins risquent de faire parler d’eux au cours des prochaines années.

Petit détour par la Boombox, dans la foulée. La foule est tellement dense sur la scène principale qu'il est impossible d'aller voir la star du rap français Orelsan. Aussi, on décide de partir à la découverte de SebastiAn, un autre Français. Mais celui-ci est DJ et aime mixer des sons à tendances new wave. De quoi inciter les quelques irréductibles, allergiques au rap, à se trémousser.

Impossible de rater Cypress Hill ensuite. Le mythique groupe américain était de retour à Dour ; mais les Californiens ont pris quelques rides et, peu aidés par le son assez médiocre de la Last Arena, ils ont livré une prestation assez molle et finalement peu intéressante. Une vraie déception même si, en général, les personnes postées aux premiers rangs de la fosse ont plutôt apprécié. La position, c'est aussi important.

Pour terminer cette première journée complète, l'Elektropedia, c’est ‘the place to be’ ; puisqu’il va être le théâtre de deux shows monumentaux de drum&bass exécutés par autant de maîtres du genre, Pendulum et Wilkinson. Après cette déferlante de gros sons, trouver le sommeil n'a pas été facile tellement les oreilles bourdonnaient. Mais bon la fatigue a fini par prendre le dessus !

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Dour Festival)

Phoenician Drive + Rendez-Vous + Fontaine DC + Orelsan + SebastiAn + Cypress Hill + Pendulum + Wilkinson

Bad Religion

Age of unreason

Écrit par

Bad Religion comptera, l’an prochain, 40 années d’existence, même si le groupe s’est séparé pendant une grosse année, après 1985. « Age of unreason » constitue son dix-septième elpee, un disque mis en boîte à Sunset Sound. Peu de surprise sur l’opus du combo californien, puisqu’il nous y propose son sempiternel punk/rock frénétique, souligné de superbes harmonies vocales, tout en continuant à véhiculer des messages engagés. A l’instar de « Candidate », radicalement anti-Trump. Riffs de guitare menaçants, thrash et solos bien sentis, parfois glorieux, servent de carburant à des compos souvent accrocheuses et aux refrains hymniques. Trois exceptions qui confirment la règle : les rock bien dansants et accrocheurs Down fall » et « Big Black dog » ainsi que le titre maître, une plage quelque peu bridée dans le tempo, mais conflictuelle dans le message. Ce qui n’est pas neuf dans la bouche du chanteur, Graffin…

Versing

10 000

Écrit par

Issu de Seattle, ce quatuor avait intitulé son premier elpee « Nirvana », un disque paru en 2017. Maintenant, si sa musique recèle quelques trace grungy, elle s’inspire surtout de la musique alt ou indie rock, mais également lo-fi, shoegaze et post punk des 90’s ; et aussi bien issue des States que de l’Albion. Depuis Sonic Youth circa « Daydream Nation » à My Bloody Valentine, en passant par Pavement et Wire. Inévitablement, les guitares tirent leur épingle du jeu sur les 13 pistes de cet opus. Tour à tour tintinnabulantes, geignardes, plaquées, arides, staccato, acérées ou dissonantes, elles alimentent des compos imprimées sur un tempo hypnotique et aux mélodies soignées, parfois sinusoïdales… Enfin, la voix de Salas, responsable de textes socio-politiques engagés, mais ironiques, voire humoristiques, est plutôt proche de celle de Thurston Moore, alors que les chœurs évoquent plutôt la bande à Colin Newman. Excellent !

Deflore + Jaz Coleman

Party in the chaos (Ep)

Écrit par

Lors d’un concert de Kiling Joke en Italie, le duo transalpin Delfore se produisait en supporting act. Séduit par le set de Christian Ceccarelli et Emiliano Di Lodovico, Jaz Coleman a alors envisagé une collaboration. Qui s’est donc soldée par la sortie de cet Ep, « Deflore in the chaos ». Découpé en trois pistes, ce disque nous réserve un morceau instrumental de plus de 8 minutes intitulé « Sunset in the West », une plage cinématographique, qu’on pourrait situer à la croisée des chemins de la B.O. d’‘Orange mécanique’ et des débuts d’Orbital. Tramée sur une mélodie jouée au piano, elle alterne passages atmosphériques et sonorités de guitares thrash, voire indus. Des riffs qu’on retrouve sur le titre maître ainsi que « Transhuman world ». Sur le premier, la voix de Coleman plane au-dessus de l’expression sonore mêlant synthés, piano, basse, batterie et guitare électrique, une compo hypnotique qui libère un fameux groove. Menaçant, tribal et mystique, le second se distingue par le vocal syncopé et incantatoire de Jaz. Finalement deux morceaux qui auraient bien pu figurer sur l’album « Pandemonium » de Killing Joke. Excellent !

Bill Pritchard

Midland Lullabies

Écrit par

Incarnation même du ‘secret bien gardé’ –qui possède néanmoins une solide base d’aficionados… en France !– le discret Bill Pritchard ‘is back’, en publiant « Midland Lullabies », un opus qui succède au magnifique « Mother Town Hall », paru en 2016. Sorte de ‘crooner du pauvre’, cet Anglais pétri de talent et lettré –que l’on a connu aux côtés de Daniel Darc– nous conte la tragédie de ‘Iolanda’, une héroïne parisienne, à travers les rues de la capitale hexagonale (« Lullaby »), lorsqu’il n’aborde pas les aventures de « Garibaldi » ou ne succombe pas aux tentations bruxelloises (« The Last Temptation of Brussels »). En tirant parti de somptueux violons, de notes de piano évanescentes et de cordes discrètes, il tisse des chansons pop parfaites qu’il interprète d’une voix veloutée, tout en marchant sur les traces de Ray Davies. Rien de moins !

Peter Doherty

Pete Doherty & The Puta Madres

Écrit par

Pete Doherty a donc enregistré son dernier album pendant quatre jours, dans un village de pêcheurs d’Etretat, en Normandie, flanqué du guitariste Jack Jones (Trampolene), de la violoniste Miki Beavis, de la claviériste Katia De Vidas, du bassiste Miggles et du drummer Rafa, backing group qu’il a baptisé (!?!?) The Puta Madres. L’opus est partagé en deux parties. Et la première est certainement la plus intéressante, violon allègre ou langoureux, claviers légèrement psychédéliques et cordes de guitare savoureusement discordantes nourrissant de jolies mélodies, sur laquelle se pose la voix insaisissable de Pete, voix qui évoque de plus en plus souvent celle de Steve Harley (Cockney Rebel). Le band s’attaque même à une cover du « Ride into the sun » de Velvet Underground, renommée pour la circonstance « Someone else to be », tout en adressant un clin d’œil à Oasis.

Le second volet nous réserve des pistes davantage maniérées et déstructurées. Hormis le final « Punk Buck Bonafide », un blues dépouillé limité à la sèche et à une voix essentiellement déclamatoire, ainsi que l’entraînant « Shoreleave », balisé par une jolie ligne de basse, le reste oscille entre cabaret, jazz, ragtime, lo-fi et folk celtique, sans jamais vraiment trouver sa voie, même si les plages croisent régulièrement les interventions au violon de Miki, qui apportent, quand même, davantage de profondeur et de feeling aux compos…

Motorpsycho

The crucible

Écrit par

On avait déjà pu s’en rendre compte lors de la sortie du précédent opus, « Here be the monsters », mais Motorpsycho s’enfonce de plus en plus dans le prog/rock. Premier indice, l’album ne compte que trois plages, dont le titre maître va au-delà des 20 minutes et puise ses références tour à tour chez King Crimson, Yes (ces harmonies vocales !), Gentle Giant, Grateful Dead et Tool. Notamment. Entre envolées orchestrales majestueuses produites par le mellotron, passages complexes accentués par le drumming de Thomas Jämyr, et riffs de guitare thrash (Metallica ?), « Psychotzar » est émaillé de plusieurs solos de gratte, alors que « Lux aeterna » nous entraîne dans un univers proche d’« In the wake of Poseidon » du Roi Pourpre. Un cheminement labyrinthique au cœur duquel l’intensité atteint son paroxysme, dans l’esprit du « Pawn hearts » de Vader Graaf Genrator, mais en si on y ajoute de la guitare. Un véritable creuset !

Page 135 sur 1356