Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Afghan Whigs
Biohazard 8/8/26

Last Train

Ce soir, à l’Aéronef, il ne fallait pas manquer ce Last Train…

Écrit par

Deux groupes méritaient de figurer en tête d’affiche ce soir, à l’Aéronef. Tout d’abord The Mystery Lights. Américain, il est responsable à ce jour d’un mini album et de deux long playings, dont le dernier, « Too much tension », est paru en mai dernier. Puis Last Train. Français, alsacien plus précisément, son deuxième elpee, « The big picture » (voir chronique ici), est sorti le mois dernier. Appréciant le rock/garage, votre serviteur avait coché la première formation dans son agenda, mais était aussi curieux de voir ce que le quatuor mulhousien avait dans le ventre, sur les planches. La surprise n’en sera que plus grande…

Lorsque The Mystery Lights grimpe sur le podium, la salle est déjà aux trois quarts remplie. Le line up implique un drummer, un bassiste, une très jeune claviériste, et deux guitaristes, également membres fondateurs du band. En l’occurrence Alfonso Solano, le seul qui ait les cheveux-mi-longs, les autres arborant de longues tignasses. Il joue sur une ‘phantom’, comme les Fuzztones. Puis Mike Brandon, le chanteur. Grand, filiforme, souple, il bondit comme un félin, prend des poses acrobatiques spectaculaires et vient régulièrement monter sur la petite estrade réservée au batteur. Glapissante, haut-perchée, sa voix navigue quelque part entre celles de Rick Ocasek, Robert Plant et Roger Hodgson. Lors du set, au cours duquel les morceaux s’enchaînent presque sans temps mort, le combo tente l’une ou l’autre incursion dans le blues/funk ou même la prog épique, mais elles font un peu pâle figure par rapport aux titres de pur garage bien rythmés, parfois à la limite du punk. Sur les plus accrocheurs, le clavier rogné, parfois ‘manzarekien‘ s’infiltre insidieusement, alors que bénéficiant d’une solide section rythmique, les deux gratteurs libèrent une électricité savoureusement grésillante, frémissante, parfois psychédélique. Réceptive, la foule accorde une belle salve d’applaudissements au quintet yankee, pour sa prestation… (pour les photos c'est là)

La voie ferrée est maintenant tracée pour le Last Train. La salle est quasi-sold out ; et si l’auditoire est multigénérationnel, on y dénombre, quand même beaucoup de jeunes. Même des enfants, dont les oreilles sont sagement préservées par des casques de protection. En intro, les baffles crachent "The lonely Shepherd", une compo du célèbre flûtiste roumain Gheorge Zamfir. A cet instant, la scène est plongée dans un décor en noir et blanc. Et lorsque le quatuor débarque sur le podium, on remarque que même la basse est de couleur blanche et les guitares, de teinte noire. Chaud-boulette, le public, majoritairement français, même si quelques frontaliers sont présents dont quelques néerlandophones, manifeste déjà son enthousiasme. Et le convoi de s’élancer à toute vapeur. Dès « All alone », les trois gratteurs déambulent de gauche à droite et de long en large, en se contorsionnant, alors que véritable locomotive, le préposé aux fûts maintient parfaitement les rames sur ses rails. Tiré à quatre épingles, Jean-Noël Scherrer, ôte sa veste et dévoile un gilet seyant. Il retrousse ses manches de chemise, avant d’aborder le deuxième titre, « Way out ». La ligne de basse est crépusculaire, les déflagrations électriques sont chargées d’intensité. Imprimé sur un tempo presque new wave, « Dropped by the dove » déferle comme une compo des Stooges. Des déflagrations qu’on retrouve tout au long de « House on the moon », un titre réminiscent des débuts de Muse. Au début de « On our knees », les trois gratteurs font face au drummer et entament le morceau dans un climat incantatoire avant qu’épileptiques, les guitares n’entretiennent un climat déchiré entre calme et tempête. Le medley entre « One side road » et « Between wounds » s’ébranle sur un rythme bien carré, puis finit par se déstructurer et vire même au psychédélisme. Jean-Noël s’enhardit, traverse le front stage, franchit les barrières, et rejoint la foule. Il grimpe sur les épaules d’un solide gaillard et brandit le poing tel un gladiateur (NDR : geste qu’il va faire régulièrement tout au long du concert) puis se laisse porter par la foule, tout en triturant sa six cordes. Au bout de quelques minutes, il retourne sur le podium, afin d’achever l’interprétation du morceau sur un tempo de plus en plus frénétique. Grondante, la ligne de basse communique un sentiment de menace tout au long de « Disappointed ». Quelques arpèges de gratte amorcent « Fire », une forme de blues magnifié par des guitares jumelées et ponctué de quelques explosions électriques, un morceau qui va soulever une véritable ovation de la part du public. Et le concert de s’achever par le syncopé et judicieusement intitulé « Leaving you know ». Le spectre de Placebo plane. Les musiciens sont déchaînés, survoltés même, et Julien vient frotter ses cordes contre son ampli pour en extraire le max de feedback.

Le public en veut encore et le manifeste bruyamment. Trois wagons à la set list seront dispensés en appel. Tout d’abord « Tired since 1994 ». Il s’ébroue tel un tortillard, puis monte en crescendo alors que quelques aficionados aux premiers rangs en profitent pour allumer quelque briquets (NDR : et pas des smartphones !) comme trente ans voire quarante ans plus tôt. Rollingstonien, caractérisé par ses ‘ouh ouh’ ferroviaires que la foule reprend en chœur (NDR au cours du set, le public chante d’ailleurs régulièrement les paroles), « Cold fever » incite l’auditoire à frapper des mains, gestes qui se transforment en acclamations. Avant d’attaquer le dernier morceau, Jean-Noël, remercie l’équipe technique, les musiciens de Mystery Lights pour avoir assuré le supporting act ; puis le convoi s’embarque dans une version plus courte, mais diablement efficace et terriblement sauvage, entre rock et blues, du titre maître de son dernier opus, « The big picture ». C’est la dernière claque du concert. Une fameuse ovation s’élève de la fosse. Le groupe n’en revient pas. Les musicos se congratulent. Se prennent dans les bras. Le moment est émouvant. Quitter l’auditoire semble même briser leurs cœurs. Un peu comme s’ils partaient pour un long voyage en sachant qu’ils ne reviendraient plus avant longtemps… Franchement, ce soir, à l’Aéronef, il ne fallait pas manquer ce Last Train… (pour les photos, c'est ici)

Set list :
All Alone, Way Out, Dropped by the Doves (I Only Bet On Myself was initially planned), House on the Moon, On Our Knees, One Side Road/Between Wounds (Medley), Disappointed, Fire, Leaving You Now

Rappel :
Tired Since 1994, Cold Fever, The Big Picture

Weyes Blood

Titanic Rising

Écrit par

Depuis que Nathalie Mering, alias Weyes Blood, s’est lancée en solo, son style évolue constamment. Ainsi, si son deuxième album (“The Innocence”, paru en 2014) lui a permis de prendre place sur la scène musicale américaine, publié en 2016, l’excellent “Front Row Seat to Earth” et ses multiples tournées ont favorisé sa conquête du Vieux Continent. Elle a ensuite enchaîné les collaborations auprès de figures marquantes de l’indie rock telles que Ariel Pink ou encore Perfume Genius. Cette notoriété croissante a débouché sur un changement de label. Elle est donc ainsi passée de la ‘petite’ écurie Mexican Summer (Allah-Las, Ariel Pink, Cate Le Bon, ...), au légendaire Sub Pop.

Pour mettre en forme “Titanic Rising”, son quatrième opus, elle a reçu le concours du très sollicité Jonathan Rado (moitié de Foxygen et notamment producteur pour Whitney, Alex Cameron et Adam Green). Il en résulte un elpee de pop/psyché richement orchestré. Pour caricaturer, Weyes Blood pourrait être le pendant féminin d’un Father John Misty (avec qui elle a également coopéré). La seule mais grande différence procède du message moins sarcastique des textes. Sinon, comme chez l’ex-Fleet Foxes, Weyes Blood adore les envolées lyriques à grand renfort de cuivres, de chœurs et de cordes.

Caractérisé par ses variations de rythmes et d’ambiances ainsi que ses mélodies émouvantes et soignées, ce long playing est accrocheur de bout en bout. Que ce soit les mélancoliques “Mirror Forever” et “Picture Me Better”, le plus énergique “Everyday” ou les lyriques “Andromeda” et “A Lot’s Gonna Change”.

En gravant « Titanic rising », la talentueuse songwritrice californienne vient à nouveau de frapper un grand coup. Les dix plages sont autant de pépites qui méritent cependant une oreille attentive afin qu’elles puissent se dévoiler pleinement…

Juan Wauters

Introducing Juan Pablo

Écrit par

Uruguayen, Juan Wauters s’est établi à New-York au début des années 2000. Très rapidement il fonde The Beets avant de se lancer dans une carrière solo. Mais ce n’est qu’à partir de 2014 qu’il commence réellement à faire parler de lui lors de la sortie de son second album, « Who Me ? », un opus sur lequel figurait déjà des titres interprétés en anglais et en français. Son 3ème long playing, ironiquement baptisé « Introducing Juan Pablo », paraît aujourd’hui après la parenthèse « La Onda de Juan Pablo », un LP enregistré sur la route en compagnie de musiciens locaux lors de périples accomplis en Amérique latine pendant plus de 2 ans. Ses compos aux teintes latinos ne dépassent jamais les 3 minutes et rappellent le dernier –par ailleurs délicieux– elpee d’Helado Negro, un autre New-yorkais d’adoption, lorsqu’elles ne lorgnent pas vers Devandra Banhart. Son envie viscérale de composer est reflétée à travers les 17 titres de cet essai, des pistes qui partent dans tous les sens, dans l’esprit de son parrain spirituel, Jonathan Richman. Au gré de ses envies, Juan Wauters réinterprète brièvement le « Bolero » de Ravel, exécute un magnifique duo avec la Suissesse Maxine Yolanda (une des 2 versions de « Letter ») et réalise une exquise reprise du « El Hombre de la Calle » de Jaime Roos. Et si au cœur de ce climat sonore ensoleillé, son pop/folk à la sincérité désarmante se charge d’humilité, l’artiste a le don de transformer quelques notes éthérées en véritables tranches de vie musicales… Une belle découverte !

Big Business

The Beast You Are

Écrit par

Il y a bien 15 longues années que Big Business, un duo réunissant le bassiste et chanteur Jared Warren et le batteur Coady Willis (tous deux intermittents au sein de Melvins), nous balance subtilement son cocktail de métal, stoner et punk, rappelant, entre autres, les belles heures de Kyuss. Grâce au drumming vif et puissant ainsi qu’à la densité des riffs de basse, le tandem parvient à libérer une énergie écrasante comme peu de groupes sont capables de dispenser, démontrant ainsi qu’il n’est pas nécessaire de superposer les guitares et d’additionner les effets pour faire trembler les murs. Ce qui impressionne surtout chez ces Californiens d’adoption, c’est leur capacité à intégrer un aspect harmonieux, presque pop, dans leurs compos, et notamment grâce à la voix mélodieuse…  

A ne pas manquer si vous vous rendez au Desertfest, ce 18 octobre, à Anvers.

Knife Knights

1 Time Mirage

Écrit par

Depuis l’éclosion de Shabazz Palaces, la maison très ‘rock’ Sub Pop concède un peu de terrain au hip-hop. Mais le label de Seattle a décidé de ne s’intéresser qu’au hip-hop alternatif tout en exigeant une indéniable qualité. Le duo Knife Knights, réunissant Ishmael Butler (membre de Shabazz Palaces) et l’ingénieur du son et musicien Erik Blood s’inscrit définitivement dans cette lignée. « 1 Time Mirage » baigne au sein d’un climat dense et étrange propice aux rythmes syncopés, et ne pénètre dans les oreilles que progressivement. Grâce à ses lyrics fascinants et mystérieux, ses beats atmosphériques rappelant le trip-hop, des loops électros expérimentaux (« Can’t Draw the Line »), des vibrations jazzy (« Come On Let’s Go ») sans oublier des segments se référant au hip-hop classique ou à la soul (le plus accessible « Give You Game » qui bénéficie du concours de Marquetta Miller), Knife Knights  flanque un bon coup de pied dans l’Amérique conservatrice de Trump.

Une œuvre peut-être un peu glaciale et cérébrale de prime abord, mais diablement hypnotique et marchant même sur les traces d’artistes comme Thundercat et Flying Lotus…

Allah-Las

On est encore loin du nirvana…

Écrit par

L’Orangerie affiche complet depuis quelque temps déjà pour célébrer le retour d’Allah-Las, un groupe californien fondé en 2008. Il est venu présenter, en primeur, son nouvel elpee (le quatrième déjà) « Lahs », un disque qui sort ce vendredi 11 octobre. Mais cet essai est déjà en vente à son stand de merchandising. Un stand qui tourne d’ailleurs à plein régime, puisque le band vient personnellement au contact de ses fans…

Mais la soirée commence en douceur, accusant un petit quart d’heure de retard, par Maston. Un multi-instrumentiste, lui aussi issu de la côte Ouest des States. Première surprise, il déboule sur les planches en compagnie de pas moins de 5 musiciens (2 claviéristes, 1 batteur, 1 bassiste et 1 guitariste). En l’occurrence le collectif suisse L'Eclair qui sert de backing group. Après avoir proposé un titre d’ouverture plutôt brouillon, la musique se charge de groove, dans un climat rappelant tour à tour le cinéma italien des 60’s, les vieilles séries yankees voire même les B.O. de longs métrages signés Tarantino. Le profil globe-trotter de Franck Maston transparaît immédiatement, lui qui a bien roulé sa bosse, et accompagné Jacco Gardner dans ses délires musicaux. Malheureusement, le temps de se faire servir une petite mousse (les files sont toujours aussi longues au bar central) et de revenir dans la salle, et le set est déjà terminé. En à peine 20 minutes, Maston est parvenu à planter un chouette décor psychédélique, semblable à une longue route 66 tracée au milieu du plateau Orzak, sis entre les collines embrumées par la chaleur.

La salle commence à se remplir, accueillant principalement de jeunes hipsters flamands, dont l’âge oscille entre 25 et 30 ans. L’engouement autour d’Allah-Las est sans doute, aussi, à mettre sur le compte de sa diffusion radiophonique sur les ondes du Nord de la Belgique. Ce qui, on ne le répétera jamais assez, place les stations francophones, un cran bien en-dessous. Il faut remonter à 2016, au festival de Dour puis à l’AB, pour retrouver trace du passage de ce band américain sur les planches noir-jaune-rouge. Des prestations qui, souvent, n’ont pas laissé de souvenir impérissable. Et pourtant ses albums sont chaque fois salués par la critique. Après avoir gravé un premier opus éponyme, le combo a amorcé un excellent virage en publiant l’excellent « Worship the sun », en 2014.

Mais entrons dans le vif du sujet. Lorsque le sextuor grimpe sur l’estrade, on reconnaît immédiatement le look des musiciens et leur démarche. Cheveux hirsutes, barbes de Bee Gees, chemises à fleurs et t-shirts amples, c’est sûr, on ne s’est pas trompé de salle. Matthew Correia et sa bande nous entraînent loin de nos contrées. La formation a puisé dans l’ensemble de son répertoire pour établir sa set list, depuis ses débuts (l’instrumental « Sacred sands » qui constitue une intro parfaite avant que « Busman’s holiday » n’embraie) à des morceaux issus de son futur opus, à l’instar de « Prazer Em Te Conhecer » chanté en portugais par le batteur/leader. Mais franchement la cover du « Fish in the sand » de George Harrison, on aurait pu s’en passer… Les morceaux s’enchaînent, sans temps mort, mais sans guère d’éclats non plus. Bien qu’agréables, les compos semblent sortir d’un vieux juke-box planté au fond d’un bar mexicain. Si les maracas et les percussions hippies collent bien au surf rock, il est heureux de constater que le band a le bon goût d’adopter une forme plus expérimentale que nostalgique. Jusqu’au final “ Could be you ”, un titre nettement plus rock, abordé à la manière des Libertines et même de Black Angels.

Mais ce soir encore, on reste sur sa faim. Le set ne permet pas à l’esprit de s’évader. La voix du lead singer n’est pas suffisamment haut-perchée. L’attitude foutraque des musicos séduit ou irrite, selon. Peu d’interactivité entre les morceaux. Et un rappel expédié en deux temps trois mouvements. De quoi nourrir une certaine insatisfaction. Bref, en live, la musique d’Allah-Las est agréable à écouter en buvant quelques bières avec ses potes. Mais elle n’atteint pas le nirvana, au plus haut des cieux, que cette formation pourrait atteindre facilement, en manifestant un peu moins de désinvolture et surtout grâce à son sens mélodique…

(Organisation : Botanique)

Florence & The Machine

British hippie hype…

Écrit par

Une importante colonie britannique avait effectué le déplacement pour venir assister au set de la sensation outre-Manche du moment ; un concert qui affichait complet depuis plusieurs semaines déjà ! Ce soir, la langue de Shakespeare irradie les airs du Botanique et plus particulièrement ceux du bar, soldout lui aussi du début à la fin de la soirée.

Tandis que la bière coule à flot près du zinc, la formation classique danoise (chant - guitares - basse - batterie) d’Annasaid se produit devant un public clairsemé et timide pour assurer la première partie du spectacle. Pourtant annoncée comme la nouvelle sensation de la scène rock danoise et encensée par le célèbre magazine de rock anglais NME, cette dernière ne remue pas vraiment les foules. Cependant, ces artistes font leur job sans complexe et comptent assurément défendre leur quatrième Ep « Well, Well, Well ». Le quatuor danois envoie le bois pendant 35 minutes et distille un punk-rock sans fioriture mais efficace.

Transition frappante lorsque Florence Welch et sa gracile bohème foulent délicatement les planches de l’Orangerie. Florence & The Machine est venu nous présenter sa pop baroque et chic. D’emblée, le décor en témoigne. C’est au centre d’un salon cosy orné d’un ‘wallpaper’ aux fleurs blanches qui pleurent en coton, de cages d’oiseaux éclairées qui éclaboussent la scène de douces lumières intimistes et d’un pied de micro couronné de plantes et de fleurs que les six ambassadeurs du bon goût britannique parsèment anarchiquement la scène pour nous présenter leur premier opus « Lungs », sorti ce 6 juillet dernier.

Après avoir reçu le prix de la critique au Brit Award 2009, sa prestation au festival de Glastonbury, ses premières parties de Blur (…), Florence Welch use de la joliesse et de la bouleversante limpidité de sa voix avec une naturelle assurance. Voix admirablement servie par les talentueux musiciens dont elle a su habilement s’entourer (The Machine). Si l’on y ajoute des textes métaphoriques en forme d’‘histoires qui ont des conséquences et des problèmes étranges de morale’, l’ensemble est renversant. 

Quant au registre musical, il est atteint du syndrome de la tour de fromage français. On y trouve un peu de tout : du tendre, du moelleux, du sec, du piquant… Tantôt mélancolique, tantôt emportée, la jeune Londonienne glisse spontanément de la pop nostalgique à la musique psychédélique des années 70 en passant par un punk-rock ou à un folk enragé. Souvent comparée aux nouvelles artistes féminines britanniques (Lily Allen, Kate Nash, Duffy…), elle évoquerait davantage le chaînon manquant entre PJ Harvey et Kate Bush. Ou dans une moindre mesure entre Feist et Bat For Lashes…

Florence & The Machine est parvenu à faire patienter le public durant une heure avant qu’il ne puisse goûter à la délicieuse voix de Welch. Seule sur scène et tambourinant de la main droite sur une caisse claire, la belle glace les spectateurs d’admiration de sa voix claire et puissante sur les deux premiers morceaux (« Bird Song » et « Coffins »). Le tubesque « Kiss With A Fist » rompt subitement ce pop-folk doux- amer pour nous écraser littéralement sous un pop-rock aux limites du punk. Quant à « Drumming Song », il nous secoue de sa rythmique dantesque. Hormis une batterie autoritaire et omniprésente portant radicalement la voix de la jeune chanteuse anglaise à des sommets de puissance, tous les instruments se mettent en valeur et modifient les genres. Autre marque de fabrique du groupe : la harpe. Avec ses notes féériques et délicates, elle se fait d’ailleurs merveilleusement remarquer sur « I’m Not Calling You ». Chanteuse et musiciens se répondent en écho pour créer une étoffe sonore originale, riche, harmonieuse. Enfin, on décèle les influences marquantes du groupe puisées chez Bat For Lashes sur « Cosmic Love » et « Blinding ».

Un répertoire intelligemment construit qui porte, crescendo, le public jusqu’à l’explosion ! Alors que la salle est en ébullition, le sextet britannique ne revient que pour un seul et court rappel. Trois étaient originellement prévus sur la setlist.

Une enchanteresse soirée de plus dans les méandres du Botanique.

(Organisation Botanique)

 

Reena Riot

Fille de, mais pas seulement…

Écrit par

Reena Riot, aka Naomi Sijmons, n’est autre que la fille de feu Fons Sijmons, bassiste des Scabs de 1989 à 2013, décédé des suites d’un cancer. A 23 ans, elle remporte la finale de l’Humo’s Rock Rally et assure le supporting act de Tony Joe White, seule, uniquement armée de sa gratte semi-acoustique. Entre 2013 et 2014, elle grave deux Eps. C’est à cette époque que votre serviteur découvre l’artiste dans la grande salle de l’AB. Quelques mois plus tard, elle se produit dans un petit bistrot sis non loin de la Bourse en compagnie du vétéran Roland Van Campenout et de Laura Groeseneken (NDR : elle bosse avec Ozark Henry) et puis silence radio jusqu’à la sortie de son premier elpee, « Nix », qui paraît en janvier dernier.

Down The Lees, c’est le projet de Laura Lee Schultz, une chanteuse/guitariste/compositrice originaire de Vancouver, mais aujourd’hui établie à Gand. En général, elle est épaulée par le bassiste Kwinten Gluehorse et le drummer Jonathan Frederix ; mais ce soir, elle se produit en solitaire pour assurer le supporting act, en se servant alternativement de ses deux grattes électriques et de sa loop machine dont elle va parfaitement tirer parti pour créer des sonorités réverbérées et des harmonies vocales en couches. Elle est venue présenter de très beaux larges extraits de son album « Bury the Sun », produit et réalisé par Steve Albini.

Son récital s’ouvre par « War Torn », un premier titre issu du long playing. Le son est excellent. Ses interventions à la gratte sont tour à tour grondantes ou douces, agressives ou veloutées ; mais elle s’autorise également des envolées stratosphériques. Puisant aussi bien chez PJ Harvey, Cloud Nothings, Slint, Sonic Youth que Low, elle nous réserve une expression sonore qui oscille du post-rock au shoegaze en passant par le hardcore… Suivant la formule consacrée : à suivre de très près.

Setlist : « War Torn », « Bury The Sun », « Just A Kid », « AntIseptic Heart », « Pleasure Pain », « A Cynical Age »

A 21h00, les lumières s’éteignent, Naomi débarque la gratte à la main (NDR : elle va en changer entre chaque morceau) et le sourire aux lèvres. Son backing group réunit d’excellents musicos, dont le chanteur/guitariste Jan Myny, le bassiste Alan Gevaert (dEUS, Chantal Acda, Trixie Whitley), le drummer Bernd Coene (Tiny Legs Tim) et le multi-instrumentiste Thomas Werbrouck (Krankland, Little Trouble Kids).

Une petite centaine de personnes se sont déplacées pour assister à ce concert qui s’ouvre par « Tonight ». Les musiciens et Naomi entrent immédiatement en véritable symbiose. Bien que très technique, le batteur est percutant. Sablée, parfois glapissante, la voix de Naomi s’écoule tel un fleuve indolent. « Knife » tranche dans le vif du sujet, comme une lame d’un rasoir, un peu comme chez The Edge (U2). Tout au long de « Good Olt Waltz », la complicité entre Naomi et Jan est presque fusionnelle. Manifestement, Naomi a bien assimilé les codes du rock inculqués par son paternel, et elle les restitue parfaitement dans un style bien personnel. Votre serviteur est ravi d’avoir revu Reena Riot en concert, une artiste attachante, aujourd’hui âgée de 30 printemps, qui au fil du temps, a acquis une belle maturité et dont la réputation est loin d’être surfaite…

Setlist : « Tonight », « Siren », « Knife », « Good Olt Waltz », « Bird », « Undone », « Shadow Of The Sun », « Mountains », « All Systems Down », « Waiting », « Somewhere ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

Emma Ruth Rundle

Superbe, mais tellement sombre…

Écrit par

Dans le cadre de l’Autumn Falls, le Botanique accueille, ce mercredi 2 octobre, Emma Ruth Rundle, une Américaine qui possède un fameux cv. Etablie aujourd’hui à Louisville, dans le Kentucky, elle a d’abord milité chez The Nocturnes, un duo folk partagé auprès de sa sœur, puis de Red Sparowes, un groupe mésestimé de post-rock-métal, comme guitariste. Sa voix profonde, qui n’est pas sans rappeler Chelsea Wolfe, on ne la découvre cependant qu’en 2012, lorsqu’elle fonde Marriages, un trio dont l’aventure cesse en 2015. Elle avait enregistré « Electric guitar », un premier elpee solo, en 2011. Mais elle n’embrasse vraiment son parcours individuel qu’en 2014, en gravant « Some heavy ocean » sur le label Sargent House (Brutus, Deafheaven, Chelsea Wolf, Russian Circles, ...) ; une œuvre basiquement folk, mais enrichie d’une instrumentation puissante, à coloration post-metal (NDR : pensez à Isis, Caspian, Russian Circles , ...) Son dernier long playing, « On dark horses », est paru en 2018, un disque plutôt sombre…

Il revenait à Fvnerals, un duo originaire de Brighton et aujourd’hui basé à Bruxelles, d’assurer le supporting act, un tandem qui pratique une musique née de la fusion entre doom, post-rock, shoegaze et dark ambient… 

A 21h, la Rotonde est pleine à craquer. La température dans la salle est déjà élevée. Emma Ruth Rundle grimpe sur l’estrade flanquée de quatre musicos. Evan Patterson (Jaye Jayle), son compagnon sur scène comme à la ville, se plante à sa gauche. Il se consacre à la seconde gratte. Barbu, Todd Cook se charge de la basse et se plante à droite et Dylan Naydon, des drums. Après une brève présentation, elle enfourche sa guitare et balance les premiers accords. Le son est parfait. Légèrement et subtilement réverbérée, sa voix est soutenue par une section rythmique solide et lourde. Cependant, les interventions aux cordes de Patterson apportent moult nuances à l’ensemble. Emma Ruth Rundle alterne les passages ambiants et les riffs directement inspirés du post-métal. Le jeu de lumière suit parfaitement ces variations. En une heure, l’Américaine enchaîne les morceaux issus de son dernier LP. Ce qui ne va pas l’empêcher d’aller piocher dans l’ensemble de son répertoire, au sein duquel l’excellent “Protection” fait mouche. Après une bonne heure de set, au cours duquel elle ne s’est guère épanchée, la jeune songwritrice et son backing group se retirent et laissent un auditoire comblé par la prestation, mais aussi soulagé de s’extirper de cet univers sombre au sein duquel il a été plongé. Il se dirige alors inconsciemment vers le bar et commence ainsi à reprendre des couleurs…

(Organisation : Botanique)

Last Train

The Big picture

Écrit par

Outre-Quiévrain, la presse est dithyrambique à l’égard du second elpee de Last Train, un quatuor alsacien, établi aujourd’hui à Lyon. Et ma foi, elle n’a pas tout à fait tort. Car hormis deux ou trois morceaux plus tendres, la formation nous propose un rock pur et dur qui fait la part belle aux guitares. Des références ? Queen of The Stone Age et Royal Blood. Il y en a d’autres, mais en général, elles sont puisées dans le stoner des 70’s. Eraillée, la voix de Jean-Noël Scherrer colle bien aux compos, même si elle emprunte les inflexions de Liam Gallagher sur « All alone ». Hormis l’intermède « A step further down », une piste tramée sur des accords de piano subtils et le single « The idea of someone », une ballade mid tempo, les 8 autres plages sont bien chargées d’électricité. Ce qui n’empêche pas les variations dans le tempo. A l’instar de l’épique « On our knees », déchiré entre passages acérés et parties plus atmosphériques. Ou encore de « Right where we belong ». Caractérisé par de belles envolées de gratte, sa mélodie rappelle quelque part « Lucy in the sky with diamonds ». « Disappointed » se révèle davantage pulsant et fragmenté. Excellent, « Tired since 1994 » est construit un peu comme chez Radiohead circa « The bends ». Après la longue intro lente et acoustique, on assiste à une montée en crescendo, avant que la compo n’atteigne son intensité maximale et ne s’achève de manière plus indolente, un peu comme elle avait commencé. Enfin, l’opus s’achève par le titre maître, un morceau de 10’, pour lequel le groupe a reçu le concours de l’Orchestre Symphonique de Mulhouse. Entre classique et électrique, cette autre piste épique alterne également entre épisodes calmes et tempêtueux...  

En concert le 10 octobre 2019 à l’Aéronef de Lille, à la même affiche que The Mystery Light, le 14 novembre 2019 au Zik Zak à Ittre et le 19 décembre 2019 au Botanique de Bruxelles, mais aussi à travers la France, en Allemagne et aux Pays-Bas…

Page 128 sur 1356