Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Biohazard 8/8/26
Gary Numan

L'AB fête ses 40 ans avec 2manydjs, Whispering Sons et Mark Lanegan

C'est dans le cadre intime de l'AB Club que la direction de l'Ancienne Belgique donnait rendez-vous à la presse le 5 septembre dernier pour présenter le programme du 40e anniversaire de cette salle mythique bruxelloise. On se souvient qu'en 1979, la salle avait été rachetée par la Communauté flamande, tandis que le Botanique tombait dans l'escarcelle de la Communauté française. Bien sûr, l'Ancienne Belgique existe depuis plus de 40 ans et dans son allocution, Dirk de Clippeleir, directeur, a tenu à rendre hommage à Georges Mathonet. C'est en effet ce jeune homme de 22 ans qui, en 1931, racheta l'immeuble, construit à l'origine au 18e siècle par la Guilde des Commerçants, pour y développer un concept de music-hall à ce point novateur qu'il inspira le célèbre Olympia parisien.

Aujourd'hui, l'Ancienne Belgique est à l'apogée de son succès. La saison passée, le cap des 300.000 visiteurs a été franchi et le calendrier des concerts est rempli jusqu'au mois de juin prochain. Dans le programme du 40e anniversaire, un rôle central a été attribué à 2manydjs. La soirée du 21 septembre sera articulée autour des frères Dewaele, qui inviteront la fine fleur de leur label DEEWEE. Détail croustillant : Stephen Dewaele a travaillé derrière le bar de l'AB dans sa jeunesse !

Le directeur artistique de l'AB, Kurt Overbergh, a fait appel à d'autres artistes pour jouer le rôle de curateurs des 40 ans : Mark Lanegan et nos amis de Whispering Sons. On espère que ces derniers permettront, enfin, à la musique 'wave' de résonner au sein de la salle mythique. Rappelons que le combo limbourgeois est le chef de file de ce mouvement ('wave') qui vise à faire revivre la 'new-wave' et le 'post-punk' en leur donnant un son moderne et en les hybridant avec d'autres styles plus récents (techno, electro, ambient,...).

Au programme des 40 ans, il y aura également un concert sur le Boulevard Anspach, le dimanche 22 septembre, encore une première. Mieux encore : l'AB ira à l'église ! S'inspirant des 'Sunday Services' de Kanye West, l'AB organisera des concerts dans l'église du Béguinage et dans la cathédrale Saints Michel et Gudule. La chapelle des Brigittines accueillera un concert du collectif de jazz londonien Church of Sound.

L'histoire de l'AB 'new style' depuis 1979 regorge évidemment d'anecdotes et de moments mémorables. Dirk De Clippeleir aime rappeler que la salle a vu éclore des artistes de renommée mondiale, de Kraftwerk à Muse, d’Oasis à Etienne Daho, et de Radiohead à Adèle. Il évoque par ailleurs ce concert complètement fou de Suicide en première partie d'Elvis Costello, au cours duquel des punks avaient mis le feu au balcon.

Dans un entretien exclusif qu'il nous a accordé après la conférence de presse, le directeur de l'AB se souvient aussi que son premier grand flash, à 18 ans, c'était à l'AB, lors du concert de Prince Il avait été littéralement subjugué par Wendy et Lisa. Autres souvenirs marquants : Kraftwerk en 1994 et le concert de The Scene en 2014, où le chanteur, se sachant malade et condamné, avait chanté avec tout le public « En ik hef het glas op jouw gezondheid, want jij staat niet alleen » (« Et je lève mon verre à ta santé, car tu n'es pas seul »).

Quant à Kurt Overbergh, il nous confie, en privé, que son grand rève de programmateur aurait été de 'booker' Tom Waits. « J'y suis presque arrivé en 2004, mais au dernier moment, l'Américain a préféré le théâtre Elckerlyc, une vieille salle anversoise qui correspondait mieux à l'ambiance qu'il souhaitait créer. » Quant à ses projets pour les prochains mois, Kurt souhaite que l'AB produise davantage de créations uniques, des spectacles créés en 'one shot' à l'AB et prolongés par un disque et/ou une vidéo. Il nous offre même ce que l'on peut considérer comme un scoop : il va organiser un concert articulé autour du sextuple album « Anthology of American Folk Music » de Harry Smith (1952). Des artistes contemporains comme, par exemple, le groupe Wilco, interpréteront en 'live' les classiques de l'anthologie et tout cela sortira, au final, sur un disque ! On suivra ça de très près !

Pour consulter le programme des 40 ans de l'AB 

Chris Cohen

Chris Cohen

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Après l’illustre Leonard mais aussi les très talentueux Tim ou Gabriela, place à Chris Cohen, fils de Kip Cohen, un ponte de l’industrie musicale à Los Angeles, et de l’actrice Lynn Carlisle… Ex-Deerhoof et The Curtains, mais aussi membre du backing group d’Ariel Pink, ce multi-instrumentiste particulièrement doué a embrassé une carrière solo en 2012 ; et cet essai éponyme constitue son troisième long playing. Autobiographiques, ses lyrics relatent notamment le divorce de ses parents, mais également le coming-out de son père, des textes qui se posent sur des plages soft-pop-psyché-rock léchées, très marquées par les 70’s. Le Californien ose cependant insérer des solos de saxo sur « Edit Out » ou du clavecin sur « Twice in a Lifetime »… A premier abord discrète et sans prétention, la musique de Chris Cohen révèle son incroyable richesse au fil des écoutes. Rien que celle du psyché/pop « Green Eyes » devrait vous convaincre. Mac Demarco n’est pas fan pour rien…

Tacocat

This Mess is a Place

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Si vous êtes fatigués par la résurgence des 80’s (claviers, boîte à rythmes, …), il serait sans doute judicieux de vous plonger dans le catalogue de Sub Pop. De manière générale, le label mythique de Seattle privilégie la formule classique guitare/basse/batterie plutôt que la synthétique. Tacocat colle parfaitement à l’étiquette du label. En effet, depuis 2007, la troupe principalement féminine (trois filles pour un garçon), originaire de cette plus grande ville de l'État de Washington et du Nord-Ouest des États-Unis, propose un pop/punk décomplexé. Après avoir gravé deux elpess chez Hardly Art, le groupe vient de publier son premier, sur Sub Pop.

Tout au long de “This Mess is a Place”, Emily Nokes et sa troupe nous réservent des morceaux qui agrègent énergie punk contagieuses et mélodies aussi sucrées que colorées. Le combo yankee structure ses compos suivant la formule refrain/couplet, sans jamais aller plus loin. Une recette qui a cependant fait ses preuves… Si la guitare domine le sujet, les plages sont parfois enrichies de chœurs, à l’instar de “The Joke of LIfe” ou encore de quelques notes de clavier, comme sur “Grains of Salt”. Si le climat général se révèle bon enfant, certaines pistes sont davantage vindicatives, et en particulier « Hologram », titre qui ouvre le long playing… 

Enfin, si le quatrième LP de ce band américain est très susceptible de vous communiquer un bon coup de boost à l’approche de l’automne, pour l’originalité, il faudra repasser. M’enfin, c’est certainement le moindre des soucis de la formation… 

Flèche

Do Not Return Fire

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Les musicos de Flèche l’annoncent d’emblée : ce sont de grands fans des Get Up Kids, d’Alice in Chains et de Minus the Bear ! Ces rockeurs parisiens affichent d’ailleurs fièrement la couleur, en mêlant grunge, emo-rock et indie-pop, dès « Gold and black », la plage d’ouverture de ce « Do Not Return Fire », un nouvel opus enregistré lors de 2 sessions qui se sont déroulées à 6 mois d’intervalle. Motif ? Produire un son plus dur et direct tout en mixant à la fois refrains facilement mémorisables et mélodies mélancoliques. Le mélomane devrait percevoir des influences punk (« Better Or Worse »), des réminiscences émo (« Wait Listen ») ou encore des salves grunge (« New Sun » et « People & Empty Space ») sur cet album fortement marqué par les années 90. Malheureusement quelques morceaux lorgnent un peu trop vers le rock FM (« Long Before ») pour réellement convaincre, malgré quelques passages très réussis et une indéniable maîtrise technique…

Naqvi Qasim

Teenages

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Avant de se lancer en solitaire, l’Américain d’origine pakistanaise, Naqvi Qasim, s’est forgé une petite notoriété sur la scène new-yorkaise ; et tout particulièrement en militant comme drummer au sein de la formation acoustique Dawn of Midi, mais également en plusieurs bandes-son

« Teenages » constitue donc son premier opus solo, un disque au cours duquel il une électro-(trop)minimaliste expérimentale. “Funerals” réunit six pistes, dont la dernière les 19 minutes. Autant vous prévenir, si vous vous entamez l’écoute de cette œuvre conceptuelle, ne vous attendez pas à des rythmes entraînants, des variations bouleversantes ou des mélodies enivrantes. Au fil des morceaux, Naviq Qasim s’amuse à superposer quelques loops et à les moduler selon son humeur. Mais au bout du compte, rein de concret ne se précise et surtout, il est extrêmement difficile d’accrocher à ces expérimentations. Si bien qu’après quelques, l’écoute de “Funerals” devient pénible.

Si ce n’est pour rédiger une chronique avec un minimum de substance, on ne voit personnellement pas l’intérêt de s’infliger cette dose d’ennui concentrée.

Durand Jones

American love call

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Durand Jones and the Indications

A ce jour, Durand Jones et ses Indications ont publié trois elpees, dont un éponyme en 2016 et un excellent live en 2018. Celui qui s’est forgé sa voix sur les bancs de l’église et en écoutant les légendes de la soul-funk –d’Otis Redding à Charles Bradley en passant par James Brown– revient donc un an plus tard pour un nouvel opus qui s’inscrit dans la même veine...

Rien de surprenant cependant tout au long de cet « American love call ». On y retrouve toutes les caractéristiques de ce style musical. Haut-perchée, la voix est capable de monter ou de descendre d’une octave. Les guitares funky sont bien caoutchouteuses. Cuivres et chœurs spécifiques à cette musique alimentent également les différentes compos. A l’instar de ses idoles, Durand Jones nous raconte ses histoires de cœur et ses désillusions politiques.

Durand maîtrise parfaitement son sujet au cœur d’un elpee qui recèle quelques excellents morceaux. Enfin, si le long playing ne recèle aucune plage révolutionnaire, certaines sont très susceptibles de communiquer des frissons aux amateurs du genre. D’ailleurs, si vous êtes tombés sous le charme de ce combo, vous aurez tout le loisir d’aller l’applaudir, ce 14 octobre au Botanique de Bruxelles. Qu’on se le dise !

Les Solidarités : samedi 24 août 2019

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La chaleur persiste et signe. Pire que la veille ! Pour preuve, les pompiers arrosent vaillamment les dizaines de milliers de personnes qui ne se sont pas laissé décourager par cette météo décidément bien rieuse. Cette journée est sold out. Il faut pousser des coudes pour faire le moindre pas. Vu l’offre si alléchante, pas étonnant que les festivaliers se soient donnés rendez-vous en masse à la lueur de l’été pour y découvrir une affiche de choix…

En guise d’encas, Juicy, un patronyme derrière lequel se cache Julie Rens et Sacha Vok.

Les gonzesses n’ont pas encore trente balais qu’elles rentrent déjà dans le palmarès restreint des Belges qui s’illustrent en France. Leurs reprises déjantées de tubes hip hop des années 90 aux paroles misogynes, à l’instar du « Work it » de Missy Elliott ou encore du « Partition » de Beyoncé, ont pesé lourd dans la balance, épousant ainsi la même courbe de popularité que Damso ou encore Romeo Elvis. Léger dans le ton, mais profond dans le fond, les compos abordent des sujets comme le sexisme ou encore les agressions sexuelles et s’enracinent dans un style hybride entre rap et r&b…

Le théâtre de Verdure offre un panoramique exceptionnel. L’endroit est idéal pour y faire des (re)découvertes. Sur le coup de 17h15, Claire Laffut débarque.

Originaire de Moustier-sur-Sambre (entre Namur et Charleroi), la jeune fille connaît un succès croissant depuis la sortie d’un premier Ep, paru en automne 2018. Multifacettes, l’artiste pousse non seulement des vocalises, mais se consacre aussi à la peinture, la mode, le mannequinât ou encore la création de bijoux de peau éphémères. Et la liste n’est pas exhaustive. Un personnage tout en douceur dont la fragilité est perceptible dans les paroles. Le maître mot des compos sera l’amour. Pas toujours celui que l’on rêve et que l’on idolâtre. Parfois, celui qui blesse et rend morose. Mais pas que ! Elle porte un regard amusé dans le rétroviseur de la vie à travers notamment « Gare du Nord », chanson écrite à l’époque où son père disait qu’elle y finirait pute à la si ses résultats scolaires n’étaient pas suffisants… Charmant ! Si pour d’aucuns, les mots peuvent être le reflet d’une réalité atroce, elle s’exerce avec un naturel désopilant pour s’en servir comme source d’inspiration. Bref, elle dispose du talent nécessaire pour tourner un mélodrame en dérision. Ses influences sont multiples, son style parfois coloré et percussif (« Mojo ») ou même rythmé et sauvage (« Vérité »).

Le chapiteau de la FGTB (un endroit féministe paraît-il), accueille Célénasophia, un duo né de la fusion entre deux prénoms.

Elles accusent une bonne demi-heure de retard, leur matos s’est perdu dans les coulisses du festival. Une première ! En 2015, elles gravent un premier Ep baptisé « A l’Aventure » ; ce qui leur permet d’écumer les premières grosses scènes en Belgique (Botanique, Francofolies de Spa, BSF, ...) et à l'étranger (Suisse, France, Canada, Côte d'Ivoire). Soutenues par un drummer, les sœurs à la ville comme à la scène, commencent leur tour de chant par « On s’en souviendra plus », une chanson qui communique le ton à un étrange concert, dont les textes semblent tiraillés entre la plume d’un Gaëtan Roussel et celle de Saez à la rage faussement contenue. Issues de Chapelle-lez-Herlaimont, elles proposent un folk rageur tout en dressant un regard contemplatif, exhaustif et ciselé sur la vie. La préposée au chant possède un grain de voix proche de celui de Cœur de Pirate. Sa sœur, plus timorée et distante semble constamment s’effacer pour mieux s’auto-protéger. Armée d’une gratte électrique, cette dernière produit un léger voile sonore le temps de quelques chansons lorsqu’elles ne s’acharne pas sur ses backing vocaux plutôt inaudibles. L’univers du duo est nettement plus urbain qu’à ses débuts. Franchir un cap et s’affranchir davantage constitue là le pas du signe d’une maturité grandissante. De « Seul Hôtel », évoquant la solitude à « Je te vengerai », morceau écrit en hommage à la madré, les frangines se retrouvent là où elles ont commencé en faisant fi de la popularité qui les guette dorénavant et s’extériorisent des sentiments néfastes. L’ingé son fait de son mieux dans un environnement difficile : le set rencontre quelques problèmes techniques ; et puis l’écoute est rendue difficile à cause du brouhaha ambient. Pourtant contrarié par ces difficultés, CélénaSophia s’en tire(nt) joyeusement dans cette noce biblique.

Histoire de s’aérer les poumons, direction la main stage (NDR : c’est à l’extérieur !) pour Caballero & JeanJass. Les gaillards qui ont pratiquement terminé leur prestation ne font décidément pas toujours dans la prose philosophique. Et c’est un euphémisme ! Ils se sont offerts le luxe de faire venir une voiture sur la scène (un décor ??) histoire d’agrémenter leur nouvelle tournée. Le temps de cerner les nouveaux porte-drapeaux de la scène hip-hop belge, que « Bruxelles arrive » sonne le glas. Une manière de visiter la capitale tout en restant chez soi.

Au théâtre de Verdure, la surprise du jour viendra de Jeanne Added, une compositrice et interprète française. Un patronyme qui s’inspire de ses origines algériennes et plus précisément de son grand-père, ‘Hadded’. De formation musicale classique (NDR : elle a suivi le cours de violoncelle), elle s’oriente ensuite vers le jazz, mais ne commence à envisager un projet personnel qu’à l’approche de la quarantaine. Elle entre alors activement dans l’univers de la musique et décide de se forger un nom dans le milieu. Blonde platine et de petite taille, son côté androgyne (sa marque de fabrique) renvoie inévitablement à Annie Lennox. Après un premier Ep en 2011, c’est « Be Sensational » quatre ans plus tard qui va la révéler au grand public. Un album de l’ordre de la nécessité dira-t-elle. C’est dans la langue de Shakespeare qu’elle se sent le mieux pour interpréter ses chansons. « Radiate », son dernier opus en date a été doublement récompensé aux Victoires de la musique 2019 dans les catégories ‘Artiste féminine’ et ‘Album rock’. Accompagnée par deux préposées au clavier électronique et un batteur, son électro pop rafraîchissante et positive fait vraiment du bien à l’image de la Rémoise d’origine qui nous réserve un set au cours duquel elle affirme son talent pour les mélodies fortes et les sonorités harmonieuses. « Mutate » propulse des ondes vocales basses et voilées à la Björk vers les sommets de la Citadelle. Alors « Look at them ». Si l’ensemble des compos embrasse un côté pop atmosphérique, Jeanne ne peut s’empêcher de cacher son petit côté rock lorsqu’elle s’empare de sa basse tout en y laissant entrevoir son rapport aux autres et au monde qui l’entoure. Bref, le succès de cette jeune femme à l’avenir prometteur est manifestement sur une courbe ascendante.

A l’esplanade, c’est Angèle Van Laeken qui clôturera ce festival dans le chef de votre serviteur.

Fille du chanteur Marka et de la comédienne Laurence Bibot (fondateurs du duo pop-rock-électro Monsieur et Madame), mais aussi frangine d’une figure bien connue dans le milieu du rap (Roméo Elvis), son ascension a été fulgurante. Elle n’a pourtant commis qu’un seul album, à ce jour. Et son « Brol », gravé en octobre 2018, est en effet certifié triple disque de platine et s’est écoulé à plus de 300 000 exemplaires, six mois après sa sortie. A l’issue d’une très brève intro, armée d’une (fausse) mitraillette en main, elle se lance dans une incantatoire dénonciation jubilatoire, son esprit espiègle stigmatisant les réseaux sociaux, bien qu’elle se considère comme une reine du crime.

Une ribambelle de danseurs l’accompagne histoire de marier au mieux ses propos enchanteurs. Sans crier gare, elle expose « La loi de Murphy », un premier single publié fin 2017, un morceau qui lui a permis de poser les jalons de son futur succès et montré qu’elle n’était pas juste la ‘fille de’ ou ‘la sœur de’, mais une artiste à part entière. Engagée, féministe et féminine, son « Balance ton quoi » se réfère au sexisme dénoncé par le mouvement ‘BalanceTonPorc’. Elle l’entame au piano avant que la foule ne reprenne le refrain en chœur comme dans une communion solennelle. La prestation d’Angèle ressemble davantage à une forme de ‘best of’ incluant notamment des titres largement diffusés sur les ondes radiophoniques comme « Je veux tes yeux », « Flemme » ou encore « Flou ». Quoiqu’il en soit, ses compos font mouche. Angèle démontre ainsi que son avenir est prometteur et qu’en outre, aujourd’hui, elle est devenue une artiste à part entière au même titre que son frangin qui s’invite insidieusement et de manière virtuelle sur les écrans géants, de quoi « Tout oublier ».

Une heure et demie de show visuel mêlant musique, danse (NDR : la troupe s’investit et accomplit une prestation irréprochable) et projections, mais aussi textes bien ciselés aux thématiques contemporaines. Bref, le talent, c'est une histoire de famille chez les Van Laeken…

Il est temps pour votre serviteur de quitter cette citadelle, lieu féerique dominant des paysages tout en couleur, qui témoigne de plus de mille ans d'histoire. Une première pour votre serviteur, mais assurément pas une dernière !

(Organisation : les Solidarités)

Neil Casal

Décès de l’ex-guitariste de Ryan Adams, Neil Casal

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Né le 2 novembre 1968, Neil Casal s’est donné la mort ce 26 août 2019. Outre sa carrière solo au cours de laquelle il a publié douze elpees solos, ce guitariste, chanteur, auteur-compositeur et photographe américain a notamment milité chez le Hard Working Americans, mais également au sein du Chris Robinson Brotherhood et surtout du backing group de Ryan Adams, The Cardinals, de 2005 à 2009, sans oublier ses multiples collaborations (NDR : entre autres, Cass McCombs, Willie Nelson, James Iha, …) Il avait gravé son dernier album personnel, « Sweeten the Distance », en 2011 et avait terminé les sessions d’enregistrement d’un nouvel opus, une semaine avant sa mort, en compagnie de son groupe, Circle Around the Sun.

RIP  

Les Solidarités 2019 : vendredi 23 août 2019

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Pour cette septième édition des Solidarités, les organisateurs ont étalé les festivités sur trois jours, empruntant, au passage, la formule adoptée l’année dernière. Une exception qui confirme la règle : en lieu et place de l’Agora des Solidarités et des débats, le vendredi fait la part belle aux groupes ou artistes confirmés.

Une des particularités de cette manifestation est de combiner sur un même site, culture (dont bien sûr la musique), cinéma et théâtre…

Le soleil s’est dévoilé à la grande surprise de tous, forçant les plus téméraires à prendre quelques mesures de prévention comme le port du chapeau, de la casquette, des lunettes de soleil et le recours à la crème solaire.

Tout est pensé pour se sentir bien et profiter pleinement des spectacles. Comme cette ‘Cité des enfants’ pour que les bambins puissent s’adonner aux activités ludiques pendant que papa et maman s’en mettent plein les portugaises. Ou encore un ‘Urban Village’, un espace ‘Rencontres’ et une tyrolienne. Sans oublier la grande roue qui trône fièrement au milieu de l’esplanade.

Orchestrées par la mutualité Solidaris, ces festivités, dont la vocation première est familiale, constituent une exemplarité en la matière. Elles souffrent néanmoins de la période choisie pour son déroulement, car fin août, la plupart des artistes qui s’y produisent, l’ont déjà souvent été aux quatre coins du pays. Si pour certains, cette situation n’est qu’un détail dans l’histoire, les festivaliers les plus fidèles digèrent plus difficilement ce bis repetita…

L’accès au site est lui aussi singulier. Des dénivelés importants incitent le lambda à emprunter des navettes de bus qui circulent à intervalles réguliers. Pas une obligation, sauf si le but est d’atteindre l’entrée du festival la langue pendue.

Bien que les hostilités proprement dites ne commencent qu’à partir de 18 heures, votre serviteur a eu la bonne idée de s’y prendre suffisamment tôt. Il a quand même fallu s’armer de patience pour atteindre sa destination avant de recevoir son précieux sésame. Plus de deux heures entre la sortie de l’autoroute et le parking de délestage, vu les embouteillages !

Passé les traditionnels contrôles, Fabienne Demal commence son tour de chant sur la main stage. Son nom ne vous dit rien ? Normal ! Plus connue sous le pseudo Axelle Red, la chanteuse belge ne semble pas trop captiver un auditoire davantage occupé à bavarder et se désaltérer. Présente dans le paysage audiovisuel depuis une bonne vingtaine d’années, celle qui a accompagné Mister Renaud le temps d’une magnifique chanson, est certainement l’une des artistes les plus prolifique de sa génération. Vêtue d’une tunique bleue, l’ambassadrice du ‘Fonds des nations unies pour l’enfance’ livre une jolie prestation teintée de pop, en y ajoutant cette pointe de soul ou de blues lorsque c’est nécessaire. Alors que le socle de la mélodie se pose à merveille sur celui de la poésie, elle livre malheureusement un show sans grande surprise. C’est propre et gentillet, mais sans plus.

Armée d’une batterie de tubes séculaires comme « Sensualité » ou « Puisque c’est toi », la jolie rousse, malgré une proposition musicale, certes fort intéressante et authentique, manque cruellement d’authenticité, d’énergie et de créativité. Vraiment dommage pour un set dont on attendait beaucoup.

Behind The Pines constitue sans doute la découverte la plus improbable de ce festival. Constituée en 2017, la formation a déjà bien bourlingué : de nombreuses invitations dans différents festivals et des récompenses à n’en plus finir ! Un Ep intitulé « Secret » fraîchement sorti en mai de cette année, véritable carton médiatique et populaire, lui a permis de se produire aux côtés de Hooverphonic, Puggy, Typh Barrow, Mustii ou encore Birdpen. Etablir une comparaison alors que le propre d’un band est justement de se démarquer n’est pas chose aisée. Les puristes admettront que le grain de voix d’Andrea Battisti, lorsqu’il est poussé dans ses retranchements, rappelle à s’y méprendre celui de Caleb Followill. Lorsque ce n’est pas la chanson elle-même et ses contretemps à la guitare, « Blue sun » évoque Kings of Leon voire le mythique Stereophonics, groupe de rock britannique drivé par Kelly Jones. Pétillant et vivifiant comme un glaçon dans une boisson rafraîchissante en été, son pop/rock, un peu convenu, il faut l’avouer, trace cependant des lignes mélodiques ravageuses, ce qui le rend fort accessible et apprécié des aficionados. Atmosphérique, « What do we choose » résume à lui seul toute la rage et la ténacité d’un groupe qui pourrait, à la surprise générale poser les jalons d’un succès qui dépasserait celui de ses pairs…

Le concert de Gaëtan Roussel sera traduit en langage des signes. Un travail remarquable qui a nécessité six mois de préparation en étude des textes. Après une brève intro, le chauve grimpe sur l’estrade et entame son set par « Eolienne », un extrait de l’elpee « Orpailleur », apportant en même temps une légère brise rafraîchissante bienvenue qui se prolonge immédiatement par « Dis-moi encore que tu m’aimes », nous rappelant déjà toute l’étendue de son talent de compositeur. Roussel, c’est d’abord une voix remarquable, éraillée, qui titille vos tympans, sans les effrayer. Une richesse absolue dans la recherche d’émotion. C’est une plume également. Unique, incisive, touchante, légère et accrocheuse. Autant de qualificatifs qui procurent à l’ensemble de ses chansons une beauté simple, mais tellement sincère. Influencé par la musique anglo-saxonne, c’est pourtant dans la langue de Voltaire qu’il dispense ci et là ses incantations jubilatoires. Gaëtan Roussel est parvenu à exploiter le succès engendré par Louise Attaque, pour se forger une carrière solo décomplexée et d’une grande liberté. Racontant perspicacement le quotidien et ses faiblesses, l'ancien frontman de L.A. livre un set d’une puissance inouïe et emmène la foule dans un mouvement tourbillonnant, grâce à sa pléiade de tubes tellement inclassables, comme « Ne tombe pas », qu’inoubliables, à l’instar de ce duo échangé avec Vanessa Paradis dont il fera par ailleurs des éloges (« Tu me manques (pourtant tu es là) ». Tout est dans la nuance, la subtilité et l’intensité. Sans en faire des tonnes, l’artiste aux multiples facettes parvient à fédérer simplement, en injectant cette dose d’humanité qui lui est propre.

Bref, de Louise Attaque (« Ton invitation », « Léa ») à sa carrière solo (« J’entends des voix », « Inside Outside » et son refrain entêtant ‘Help Myself’ ou encore « Hope »), l’homme au grand cœur brasse avec conviction, réalisme et passion un florilège de chansons destinées à procurer un plaisir immense...

Pascal Obispo est le dernier à se produire ce soir. Trop peu pour votre serviteur ! A défaut d’Obispo, ce sera direction le bistrot. Rien de tel après cette période caniculaire.

Demain est un autre jour…

(Organisation : Les Solidarités)

Axelle Red + Behind The Pines + Gaëtan Roussel + Pascal Obispo

Freaky Old Nation

Freaky Old Nation

Écrit par

Les forêts ardennaises de Libin ont accouché, en 2014, de Freaky Old Nation, un trio déjanté autoproclamé groupe de rock. L’originalité et la créativité priment sur ce premier opus 100 %, un disque qui fait suite à un Ep, produit du terroir, paru en 2016.

Joe (guitare + chant), Djé (basse + chant) et Thibs (Batterie) ont sollicité le Crowdfunding pour publier cet elpee éponyme qui réunit dix titres.

Les morceaux teintés de toutes les facettes du rock, blues, bossa et funky ont pour vocation de vous remuer et vous extirper de la torpeur sirupeuse induite par la musique indie actuelle.

Avouons-le de suite, tout est bon dans le cochon. Pardon dans le sanglier. Rythmique, guitares et chant sont en osmose vibratoire. Tous les ingrédients y sont pour arrimer un public avide de sensations nouvelles en festival.

Une initiative belge à soutenir, encourager, applaudir pour qu’elle puisse perdurer.

Si le groupe ne se revendique d’aucun genre particulier si ce n’est le rock, on épinglera quand même la huitième plage, “Chaos”, rappelant les prestations déjantées de David Byrne du groupe Talkings Heads.

Ces Ardennais ont vraiment une ardeur d’avance.

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