Musiczine recherche des collaborateurs.

Tu as une très bonne connaissance musicale et tu souhaites participer à l’aventure Musiczine.net ? Tu es passionné, organisé, ouvert, social, fiable et appliqué ? Tu as une bonne plume ? Alors n’hésite plus : rejoins-nous ! Vu l’ampleur prise par Musiczine et…

Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Gary Numan
Editors

The Gotobeds

Debt begins at 30'

Écrit par

The Gotobeds avait déjà frappé fort en 2016 en publiant « Blood//Sugar//Secs//Traffic », un disque dont les guitares enragées se frayaient leur chemin entre post-punk et sonorités noise. Mais en gravant « Debt Begins at 30’ » la formation est passée à la vitesse supérieure. Lors des sessions d’enregistrement, le groupe a eu la riche idée d’inviter des collègues et amis sur chaque morceau dans un esprit plus proche du hip-hop que de l’indie-rock ! Non seulement, il est ainsi parvenu à sortir de la routine, mais il a réussi son challenge.

Si l’expression sonore doit toujours autant à Sonic Youth qu’au post-punk, les concours de Bob Nastanovich (Pavement, Silver Jews), Jason Baldinger (poète de Pittsburgh), plusieurs membres de Protomartyr (« Slang Words ») et de Tracy Wilson (« Positive No ! »), permettent d’élargir son horizon. La formule atteint un sommet absolu sur « Debt Begin at 30’s », un morceau caractérisé par l’intervention d’un saxo enragé et par la présence de Bob Weston (Shellac, Mission of Burma) et Mike Seamans (Mind Cure Records. Et sa version alternative interprétée dans la langue de Cervantès, en compagnie de Victoria Ruiz (Downtown Boys), est tout autant remarquable.

Du bon son rock venu de Pittsburgh. On le sent venir ce retour du rock. Et c’est une bonne nouvelle !

Lambchop

This (is what I wanted to tell you)

Écrit par

Près de 25 ans après s’être lancé en solo, Kurt Wagner, alias Lambchop, continue d’enregistrer des œuvres de grande qualité. Bien que jouissant aujourd’hui d’une solide notoriété, il pourrait graver, à la pelle, des albums réunissant des morceaux de folk/americana. Or, le natif de Nashville a le bon goût de se réinventer, et notamment à chaque nouvel LP.

Sur ce nouvel et quinzième opus intitulé “This (is what I wanted to tell you)”, Kurt Wagner reprend les choses là où il les avait laissées en 2016, lorsqu’il a publié “Lotus”. Il poursuit son exploration en mêlant folk, soul et jazz. Epaulé par Matthew McCanaughan (batteur au sein de Bon Iver) à la composition, il injecte des sonorités électroniques dans son expressions sonore, dont le vocoder est certainement l’outil le plus emblématique, tout en conservant des instruments plus classiques, à l’instar du piano qui occupe d’ailleurs une place centrale. Mais c’est la voix de l’Américain qui domine l’ensemble. Une voix chaude, empreinte de sensualité et de mélancolie. Découpé en 8 plages réconfortantes de sérénité, cet LP s’écoutera volontiers au coin d’un feu de bois, lors des longues et froides nuits d’automne...

Ohtis

Curve of earth

Écrit par

La vie d’Ohtis n’a rien d’un long fleuve tranquille. L’histoire de cette formation a commencé il y a dix ans, lorsque deux amis d’enfance, Sam Swinson (chant/composition) et Adam Pressley (basse/guitare), décident de monter un groupe. Ils composent alors quelques morceaux. Quelques années plus tard, Pressley déménage. Les deux camarades continuent, cependant, d’échanger leur musique à distance. Malheureusement, le projet est interrompu. En cause, les problèmes d’addiction de Sam Swinson. Ce dernier enchaîne d’ailleurs les cures de désintoxication. Rétabli une décennie plus tard, il reprend contact avec son partenaire. Ohtis refait surface, mais en compagnie d’un troisième larron, en l’occurrence Nate Hahn, un multi-instrumentiste qui se consacre notamment à la lap steel, et dont les interventions sont vraiment superbes.

« Curve of earth » constitue donc le tout premier elpee d’Othis. Il est sorti sur le label Full Time Hobby (Tunng, Micah P.Hinson), un opus court mais efficace, au cours duquel Jacco Gardner apparaît comme le récit d’expiation de Sam Swinson. Sous une musique à l’allure joyeuse, l’Américain relate ses problèmes d’assuétudes et aborde l’endoctrinement religieux. Si l’expression sonore privilégie le country/folk, le long playing alterne pistes plus rythmées, comme « Rehab » et « Black Blood », et d’autres plus paisibles, à l’instar de « Junkie Heaven », « Diggin » ou encore « Little Sister ». Excellent, « Runnin » est en outre, paru en single. Bref, un LP agréable à écouter et pour lequel on ne peut qu’espérer une suite rapide…

Death & Vanilla

Are You Dreamer?

Écrit par

De toute évidence, la dream-pop de Beach House a fait des petits à travers le monde… Les Suédois de Death and Vanilla en sont d’ailleurs un parfait rejeton nordique. Ethérées, les effluves psyché se tressent langoureusement pour élaborer ce judicieusement intitulé « Are You Dreamer ? ». De prime abord, les titres semblent se ressembler, mais ils dévoilent leur singularité au fil des écoutes. La voix de Marleen Nilsson est bien entendue noyée sous la ‘reverb’, mais l’utilisation d’un xylophone ou d’un mellotron permet à certains morceaux de se démarquer. En outre, le trio scandinave affiche un véritable savoir-faire pop qui permet à ses mélodies vintage et hypnotiques de se révéler (« Nothing is Real »).

Camilla Sparksss

Brutal

Écrit par

Toujours à la recherche de sensations fortes et inspirées, la moitié féminine du groupe helvétique Peter Kernel, Barbara Lehnhoff, alias Camilla Sparksss, est de retour cinq années après gravé “For You The Wild”. Intitulé “Brutal”, son nouvel elpee lui permet d’épancher ce qu’elle a sur le cœur.

A travers neuf morceaux, la Canado-Suisse nous propose une musique électronique alimentée par différentes influences. A l’aide de collages de sons multiples et variés ainsi que de rythmiques plus ou moins soutenues, elle nous emmène dans un monde riche en émotions. Un univers partagé entre ténèbres, colère et mélancolie. Les deux premières plages, “Forget” et “Are You ok ?”, intègrent des éléments orientaux. Passé une intro tout en douceur, “Womanized” se mue en hymne à la cause féministe. D’ailleurs, chaque morceau révèle ses spécificités. On n’a donc pas le temps de s’ennuyer.

Lungbutter

Honey

Écrit par

Ecouter ”Honey“ n’est pas de tout repos. Lungbutter se plaît à casser les codes à travers un album bourré d’énergie. Si à première écoute, on a l’impression d’être en présence de débutants incapables de torcher la moindre mélodie, au fil du temps, on se rend compte que le trio féminin réunissant Ky Brooks (voix), Kaity Zozula (guitare) et Joni Sadler (drums) jouit d’une certaine expérience sur la scène canadienne ; et qu’en outre, les Montréalaises ont notamment pu compter sur le concours de Radwan Ghazi Moumneh (moitié de Jerusalem in my Heart) pour produire cet opus, dans des conditions proches du ‘live’. 

En résulte onze pistes sculptées dans un noise-rock déstructuré. Les mots posés (ce n’est jamais réellement du chant) par Ky Brooks et la couche de guitare triturée rappelle les titres les plus expérimentaux de Sonic Youth. Hormis la fougue et l’intensité des pistes, il est difficile de leur tracer un quelconque fil rouge. Ainsi, après un bon quart d’heure, il faut bien avouer que l’on perd pied. Lungbutter a certainement davantage à offrir sur les planches…

Black Mountain

Proche des nuages…

Écrit par

Au cours des dix dernières années, Black Mountain n'a jamais cessé d’expérimenter et de progresser. Pourtant, s’ils ont de quoi séduire les nostalgiques des années 70, chaque album révèle sa propre spécificité. Et son dernier, « Destroyer », en est assurément une nouvelle démonstration. C’est cet opus que le band est venu défendre, ce samedi 26 octobre, au Botanique.

Quatuor punk rock gantois, Blackup assure le supporting act. Et son set envoie du bois ! Une prestation d’une demi-heure qui a chauffé les tympans d’une audience attentive.

C’est devant un public impatient et une Orangerie quasi-complète que Black Mountain monte sur le podium ; et il entame les hostilités en force par « High Rise ». Le ton est donné. Si la formation est venue présenter son dernier long playing, elle a le bon goût d’incorporer dans la setlist des tubes issus des 4 opus précédents, pour le plus grand plaisir de ses fans. Les morceaux s’enchaînent et brillent par leur diversité. Pas le temps de s’ennuyer, le choix et l’ordre des titres a été soigneusement préparé. Un florilège bien équilibré qui paie, oscillant entre ballades psyché/rock, rock progressif et morceaux plus ‘rentre-dedans’.

Le band issu de Vancouver est parfaitement au point et démontre toute sa maturité scénique. Tout au long du concert, le quintet nous entraîne au cœur de paysages sonores incroyables, tantôt écrasants ou atmosphériques. Les voix sont prépondérantes. Et notamment celles du leader Stephen McBean ainsi que de l’ex-Sleepy Sun, Rachel Fannan. Bien que fraîchement arrivée, elle semble s’être parfaitement intégrée au combo. Si la section rythmique soutient l’ensemble avec punch et précision, les sonorités du moog dispensées par le claviériste rappellent la période psyché/rock du Pink Floyd.   

Le final grimpe encore en intensité. Si Stephen alterne entre Gibson Les Paul & SG, il achève le show sur une Fender lors de l’excellent « Space to bakersfield (IV) ». Il s’en donne alors à cœur joie, se déchaine sur sa Strat’ tout au long d’un solo à rallonge. Après 1h30 de set, et pour terminer en beauté, Black Mountain remonte sur l’estrade pour accorder en rappel deux morceaux grandioses ; en l’occurrence « Mothers of the sun » (NDR : le public est aux anges dès les premiers accords du sample si particulier) et « Don't Run Our Hearts Around ». On est alors proche des nuages…

(Organisation : Botanique)

The Psychedelic Furs

Un peu trop mainstream…

Écrit par

Quand on évoque The Psychedelic Furs, on pense inévitablement aux hits, « Sister Europe », « Love My Way », « The Ghost in you » ou encore « Pretty In Pink », morceau qui va inspirer le film américain du même nom, un long métrage réalisé par Howard Hughes, sorti en 1986. Fruit d’un cocktail subtil entre punk, art-rock, goth, new wave, jazz, funk, alt et hard rock, la musique de ce band londonien a toujours été luxuriante, esthétique et mélodieuse. Et puis, il y a la voix de Richard Butler, éraillée, abrasive même, et dont les lyrics poétiques apportent une profondeur à l’ensemble. Fondée par Richard et son frère Tim, la formation s’était séparée début des nineties, avant de reprendre le collier à l’aube de ce millénaire, intervalle au cours duquel les frangins ont poursuivi leur route chez Love Spit Love, outre les différents projets solos. Et puisqu’on parle de fratrie, votre serviteur et son frère assistaient à un mini festival au Brielpoort de Deinze, au cours duquel se produisaient Nacht und Nebel, Prefab Sprout, The Sisters of Mercy sous son line up originel et Psychedelic Furs, en 1984. Et ils y sont de nouveau, mais à l’AB, 35 ans plus tard. Un petit événement, en quelque sorte… Mais place au compte-rendu de cette soirée.

Qui s’ouvre par Red Zebra. Formé en 1978, ce groupe brugeois a splitté à plusieurs reprises, avant de revenir dans le circuit dès 2017. Grâce à son hit international « I Can't Live in a Living Room », décroché en 1980, le combo a pu tourner, en compagnie de grosses pointures ; et notamment, The Undertones, The Sound, Simple Minds, Killing Joke et The Sisters of Mercy. Du line up originel, il ne demeure cependant plus que le chanteur Peter Slabbynck, mais la musique émarge toujours au post punk et à la new wave.

A l’instar de sa prestation au W-Festival, le set s’ouvre comme un défilé militaire. Peter a endossé un manteau kaki, mais est coiffé du célèbre chapeau de l’Oncle Sam. Il est soutenu par deux guitaristes, un bassiste et un drummer. Et le set tient parfaitement la route. La voix de Stabbinck campe le plus souvent un hybride entre celle de Peter Murphy et de Johnny Rotten, alias John Lydon. Pas étonnant, dès lors de retrouver, au beau milieu de « Shadows of doubt », quelques mots empruntés au « This is not a love song » de PIL. L’humour est encore bien présent chez Peter, puisqu’il nous présente une banane, lui consacre un laïus, l’épluche, puis la mange, en chantant « Man comes from ape » (Trad : l’homme descend du singe). Et le set de s’achever par la cover du « Winning » de The Sound, une adaptation, faut-il-le souligner, bien personnelle. Une prestation qui a recueilli de chaleureux applaudissements, au sein de l’auditoire (Pour les photos, c'est ici)

Set list : Agent Orange, TV Activity, The Ultimate Stranger, Shadows of Doubt, I Can't Live in a Living Room, I'm Falling Apart, Man Comes From Ape, Winning 

Les baffles crachent de la musique d’opéra. La voix du chanteur est androgyne : ce serait bien un morceau interprété par feu Klaus Nomi. Puis les musicos grimpent sur l’estrade à 21 heures pile, et Richard débarque le dernier, sous les acclamations de la foule (NDR : ce soir, c’était presque sold out). Cheveux grisonnants, charismatique, souriant, le visage marqué par le temps (NDR : et sans doute aussi par les excès commis au cours de sa jeunesse), il porte une veste noire, et un gilet dont les larges poignets blancs à pois noirs débordent. Tim a enfilé une veste de velours rouge foncé, et il a noué une cravate sur sa chemise blanche. Les deux frangins, comme le saxophoniste Mars Williams (NDR : il est de petite taille !) ainsi que la claviériste, Amanda Kramer (NDR : elle a notamment milité chez Information Society, The Golden Palominos et tourné en compagnie de Lloyd Cole et Siouxsie Sioux), sont chaussés de lunettes fumées. En retrait, Paul Garisto, le drummer porte un casque d’écoute sur la tête. Les deux guitaristes, Rich Good (ex-The Pleased et toujours impliqué au sein de Mirrors, ce Britannique vit aujourd’hui en Californie) et un musicien de tournée se plantent à gauche du podium.

Et le set de s’ouvrir par « Dumb Waiters ». Mais il faudra attendre le cinquième morceau, « There’s a world outside » pour que le groupe trouve son équilibre tant instrumental que vocal, la voix de Richard éprouvant des difficultés à retrouver son timbre si caractéristique. Bien chauffée à partir de ce moment-là, elle va demeurer bien stable le reste du concert. Il arpente la scène sur toute la largeur, s’accroupit, serre des mains, chante en regardant dans les yeux des fans. Le saxophoniste déambule tout autant, alternant entre le saxophone alto (le plus souvent) et la clarinette (parfois), dans un style bien free, torturé, inspiré par John Coltrane ou Charlie Parker. Les interventions de Rich à la gratte deviennent progressivement plus incisives, à l’instar de « All that money wants » et « Sister Europe », un titre imprimé sur un tempo hypnotique. Peter retire sa veste, avant d’attaquer « Heaven », un morceau dont le refrain est repris en chœur par une bonne partie de l’auditoire. The Psychedelic Furs nous réserve un seul nouveau titre (NDR : un album serait prévu pour 2020 !), « The Boy that invented rock’n’roll », une compo qui s’achève dans un climat psychédélique. « Pretty in pink », chanté à nouveau par la foule, n’est bien sûr pas oublié. « President gas » nous réserve un joli duo de grattes, entre le 7ème élément (NDR : plutôt réservé, il se consacre cependant surtout à la rythmique) et Good, alors que Richard lève le poing, chaque fois qu’il prononce le titre du morceau. Le set s’achève par « Hearbreak beat », une compo qui alterne cordes saccadées et grondantes. Mais un sentiment envahit l’esprit de votre serviteur ; car si le set est de bonne facture, il manque quand même de morceaux plus punchy. Ce qui va néanmoins survenir en rappel, lors d’un « India » de toute beauté. Imprimé sur un tempo new wave et bien balisé par la ligne de basse puissante de Tim, il permet à nouveau au saxophoniste de se mettre en exergue, alors que les grattes enflamment une expression sonore qu’on aurait aimé plus énergique, lors du concert proprement dit… Suffisait peut-être d’insérer l’un ou l’autre morceau plus percutants et moins mainstream dans la set list… (Pour les photos, c'est là)

Setlist : Dumb Waiters, Mr. Jones, Love My Way, There's a World Outside, The Ghost in You, Like a Stranger, Sister Europe, Heaven, All That Money Wants, Into You Like a Train, The Boy That Invented Rock & Roll, Pretty in Pink, President Gas, Sleep Comes Down, Heartbreak Beat

Rappel : India

(Organisation Ancienne Belgique)

 

 

Durand Jones

En digne héritier de Curtis Mayfield…

Écrit par

Durand Jones and the Indications

Il y a plus ou moins deux ans, le Vieux Continent découvrait Durand Jones, grâce à un premier elpee éponyme sur lequel l’Américain était parvenu à se réapproprier l’ensemble des caractéristiques de la soul. En mars 2019, toujours accompagné de ses Indications, il nous livrait l’excellent “American Love Call”, un opus au cours duquel il dénonçait les injustices sociales qui gangrènent le pays de l’Oncle Sam. Suite à la sortie de ce deuxième long playing, le groupe s’est lancé dans une nouvelle tournée européenne, un périple qui transitait par le Botanique, ce lundi 14 octobre. Une occasion de (re)découvrir celui qui marche sur les traces de feu Charles Bradley voire de Lee Fields. 

Pour assurer sa première partie, Durand Jones a embarqué dans ses bagages The Dip, une formation originaire de Seattle. Pendant une grosse demi-heure, le groupe réunissant trois cuivres, un bassiste, un guitariste, un guitariste/chanteur et un batteur est parvenu à chauffer la salle, et dans les règles de l’art, en interprétant un répertoire vagabondant entre le blues et la soul. Si les musiciens connaissent parfaitement leur sujet, on peut quand même regretter cette absence de ce petit plus, de ce petit ‘supplément d’âme’ qui fait vibrer le mélomane…  

Un ‘supplément d’âme’ dont Durand Jones et ses Indications ne manquent certainement pas. Il est 21h lorsque le groupe monte sur les planches. Durand Jones se plante au centre du podium. Il est épaulé par les quatre membres des Indications ainsi que deux préposés aux cuivres. Dès les premiers accords, on a la conviction que le set sera de toute bonne facture. Musicalement, il frise même la perfection. Les balances sont impeccables. Les différents instrumentistes connaissent parfaitement leurs rôles. La basse groove, les cuivres réchauffent l’atmosphère tandis que la guitare et le clavier remplissent le peu d’espaces sonores demeurés vides. Superbes, “Morning in America”, “Make a Chance” ou encore “Smile” font mouche. Et puis, il y a surtout la voix de Durand Jones, un organe sculpté lorsque sur les bancs de l’église, il participait aux chœurs gospel (NDR : au-delà des stéréotypes, c’est véridique !) En une fraction de seconde, elle est susceptible de vous flanquer des frissons partout. Lorsqu’elle s’emballe, elle déclenche des applaudissements au sein de l’auditoire. Son bonheur de chanter est communicatif. Et en quelques mots, il est également capable de mettre une fameuse ambiance dans la fosse. Sympathique, il n’hésite pas se tenir en retrait afin de laisser ses musicos s’autoriser l’un ou l’autre solo et même à céder le micro au drummer Aaron Frazier, afin qu’il interprète “Don’t you Know”, de sa voix androgyne.

En un peu plus d’une heure, la troupe va dispenser la quasi-totalité de son répertoire ainsi qu’une reprise de son père spirituel, Curtis Mayfield. Tout heureux de pouvoir participer à une fête clairement réussie, les trois membres de The Dip sont même invités à rejoindre le band sur l’estrade.

Dans l’univers de la soul, au même titre que les géniaux St Paul and the Broken Bones, Durand Jones and the Indications est manifestement une des formations les plus intéressantes du moment.

(Organisation : Botanique)

Pixies

Beneath the Eyrie

Écrit par

« Beneath the Eyrie » constitue le troisième elpee des Pixies, depuis sa reformation, en 2009. Pour rappel, le groupe n’a rien publié entre 1991 (« Trompe le monde ») et 2014 (« Indie Cindy »), alors que la bassiste originelle, Kim Deal, a quitté le navire, l’année précédente. Depuis, elle a été remplacée par Paz Lenchatin, après un bref intérim assuré par Kim Shatuck.    

« Beneath the Eyrie » a été enregistré aux Dreamland, une église en bois reconvertie en studio, sise près de Woodstock. Un édifice au sein duquel des artistes ou groupes tels que Cell, Joe Jackson, The B52’s, The Breeders, Dinosaur Jr, Nick cave, Suzanne Vega, The National, Parquet Courts, Kurt Vile et bien d’autres, avaient déjà opéré leurs sessions. Des sessions qui se sont déroulées sous la houlette du Britannique Tom Dalgety.

Première constatation, la ligne de basse de Paz s’intègre de mieux en mieux au son des Pixies ; et puis, la native de Mar del Plata a également participé à la composition. Côté textes, Frank Black nous parle de son divorce, de sorcellerie, de mort et de réincarnation, mais aborde également quelques thèmes loufoques. Mais en général, les lyrics sont plutôt sombres. Pourtant, le plus intéressant procède de la présence de titres bien percutants, au cours desquels les guitares crépitent, stridulent ou crissent comme aux débuts de l’aventure du band bostonien. A l’instar de l’offensif « Graveyard hill », une plage hymnique soulignée par la ligne de basse ténébreuse. De la ballade mid tempo « Ready for love » ou encore du morceau qui ouvre le long playing, « In the arms of Mrs. Mark of Cain », une piste également hymnique mais gothique, à la mélodie accrocheuse, caractérisée par de jolies combinaisons de grattes et dont l’intensité monte en crescendo…

Quelques plages adoptent un profil inattendu. A l’instar de « St Nazaire », un psychobilly qui aurait pu figurer au répertoire des Cramps. Ou encore de « This is my fate », une chanson mystérieuse, abordée dans l’esprit du cabaret germanique (Kurt Weil ? Berthold Brecht ?) de Nick Cave. Power pop, « Catfish Kate » nous réserve des sonorités de guitare cornemuse (Big Country ?) alors que malgré ses cordes acérées, « Long rider » lorgne carrément vers Weezer, et tout particulièrement lors du refrain. Plus étonnant encore « Silver bullet » véhicule quelques accents prog (Jethro Tull ?), notamment lors des changements de tempo, le clavier rogné accentuant cette impression. 

On épinglera encore les chouettes harmonies vocales échangées entre Paz et Frank qui parsèment cet LP ; mais regrettera la présence de deux compos dispensables, soit les deux derniers titres de cet LP. N’empêche, Pixies est sur la bonne voie d’un retour en grâce auprès des aficionados de la première heure...

Page 127 sur 1356