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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk…

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Charlie Looker

Simple answers

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Charlie Looker est un multi-instrumentise et compositeur new-yorkais dont l’expression sonore, qualifiée de ‘classique moderne’, s’inspire à la fois de la musique ‘classique’ (NDR : of course !) de l’indus, du rock alternatif, de l’électro, du métal et du post punk. « Simple answers » constitue son premier elpee solo. Avant d’entamer une carrière individuelle, il a sévi dans plusieurs groupes, dont Psalm Zero, Extra Life et Dirty Projectors, mais aussi participé à de multiples projets. Pour l’enregistrer, il a reçu le concours d’un orchestre symphonique de 18 musiciens. Un projet ambitieux qu’il a donc concrétisé à travers ces 8 longues plages…

Le long playing s’ouvre par le majestueux et dramatique « What dawn is this ? (overture) », une plage qui met bien en exergue les choeurs éthérés et angéliques. Des chœurs qu’on retrouve sur « Fascists moments », un titre partagé entre collages sonores et envolées lyriques, malgré une intro focalisée sur la guitare en picking. Mais aussi sur « What dawn is this (return) », dans un climat davantage liturgique. Ce qui frappe également, c’est la voix baroque, emphatique, très anglophone, de Charlie ; et elle magnifie « Ritual fire », la meilleure piste du long playing », une compo qui aurait pu figurer au répertoire de Radiohead. Malheureusement, au fil du sillon, ces atmosphères grandiloquentes, glaciales, tourmentées, nuisent à l’harmonie des compos. Et il faut attendre le final « Puppet », pour retrouver ce sens mélodique, sur l’excellent « Puppet », une piste qui paradoxalement est très susceptible de rappeler… Frank Zappa, quand elle adopte des accents ‘jazz fusion’…

On n’en n’oubliera cependant pas les lyrics qui posent, notamment, une réflexion sur la montée du fascisme en Occident.

 

Modern Studies

Welcome Strangers

Écrit par

Etabli en Ecosse, Modern Studies pratique une forme de pop de chambre contemporaine ; un peu comme chez The Divine Comedy, mais en moins punchy et emphatique, au sein de laquelle il y intègre folk, jazz, rock, suivant les morceaux. Les arrangements sont riches et  particulièrement soignés et les harmonies vocales échangées entre Emily Scott et Rob St John, impeccables, parfois pastorales, dignes même de Fairport Convention. Le groupe a également recours à un harmonium victorien, qu’il utilise aussi judicieusement que subtilement. Mais, pour enregistrer cet opus, il a également fait appel à de multiples collaborateurs, dont un orchestre de chambre (violons, altos, violoncelles, trombones, chœurs) et même des membres de leur famille, outre, bien sûr, l’utilisation par le quartet, d’une basse, d’une guitare et de drums.

« Welcome Strangers » constitue le second elpee de ce quatuor. Bien équilibré et homogène, il manque cependant de surprises. Ce qui entraîne, au fil de l’écoute, un sentiment de lassitude, bien légitime. Il y a bien le légèrement plus rythmé « Mud and flame », l’exotique « Let idle hands », au refrain euphorique (David Byrne ?) et l’envoûtant et bien cuivré « Horns and trumpets », dont les voix sont conjuguées un peu comme Nick Cave et Kylie Minogue, sur « Where the Wild Roses Grow », mais rien qui pourrait vous flanquer un coup de boost avant de commencer votre journée…

 

Mycatisgreen

Catfish (Ep)

Écrit par

Mycatsigreen est un projet imaginé par Sébastien Flémal, en 2017, alors qu’il était encore impliqué chez Paperweight. Depuis, il a poursuivi sa carrière en solitaire, publié quelques singles et un premier Ep, « I will always use the telephone (my love) » via Bandcamp, avant de graver un second sur les plateformes numériques.

Découpé en 5 plages, « Catfish » baigne dans une sorte d’indie pop/folk/rock/lo-fi inspiré à la fois par les 90’s et tout particulièrement The Feelies, Belle & Sebastian, Tahiti 80 ainsi que Lemonheads (NDR : un titre de cet Ep s’intitule d’ailleurs « I listen to the Lemonheads »). Au menu : riffs de guitare électriques, acoustiques ou semi-acoustiques plaqués (NDR : sauf sur la ballade mid tempo « Tuesday », jouée en picking), lead vocal et chœurs éthérés, ligne de basse élégante, que vient parfois soutenir des drums, et un zeste d’électro, histoire de donner un ton plus contemporain à l’ensemble. Un titre plus enlevé quand même, « Daisy », pour clôturer cet Ep qui ne manque vraiment pas d’allure…

 

OCS

Memory of a cut off head

Écrit par

OCS est un projet monté par John Dwyer, avant qu’il ne fonde Thee Oh Sees (NDR : suffit de prononcer le sigle pour se rendre compte de l’analogie). Et « Memory of a cut off head » constitue déjà son cinquième essai ; le dernier « OCS 4: Get Stoved » remontant quand même à 2005. Lors des sessions d’enregistrement il a reçu le concours de plusieurs collaborateurs, dont son bassiste Tim Hellman et puis l’ex-chanteuse/claviériste Brigid Dawson ainsi que l’ex-drummer Patrick Mullins. Si le band de San Francisco pratique du garage/rock, OCS privilégie un psyché folk enrichi d’arrangements, notamment de cordes, mais aussi de cor, aussi discrets qu’efficaces. Un peu dans l’esprit du mythique Love, quoique les pistes les plus acoustiques et lentes lorgnent plutôt vers Nick Drake. Douces et rafraîchissantes, les voix de Brigid et de John créent des harmonies troublantes, déchirantes, limpides. L’opus recèle, en outre, deux morceaux aux références surprenantes. Tout d’abord « Choping block », réminiscent du « Space Oditty » de Bowie, et l’introspectif « Time turner », plutôt hanté par le Velvet Underground circa Nico. Et le recours au mellotron apporte un petit côté prog inattendu, à l’ensemble. Un chouette album !

 

Mortalcombat

Le plus important c’est de s’épanouir dans ce que l’on fait…

Écrit par

Sans aucun doute, le LaSemo est devenu un fer de lance, en matière de découverte musicale. Au lieudit ‘La Guinguette’, un binôme sexué dénommé ‘Mortalcombat’ vient d’y livrer une prestation, certes un peu ‘molle du genou’, mais qui promet tout de même que l’on suive de près, les péripéties de ces trentenaires.
Caché derrière un patronyme issu du célèbre jeu pratiqué dans les années 90, le combo a pris le parti de revisiter la pop française en y ajoutant de la modernité sur fond d’envolées synthétiques.
Entretien avec César (claviériste sortant de BRNS) et sa compagne à la ville comme à la scène, Sarah, entre souvenirs, nonchalance et vague à l’âme…

César, désolé d’y revenir, mais ton nom est irrémédiablement associé à un autre groupe belge, BRNS. Tu as participé à l'écriture, à l'enregistrement et au mixage de « Sugar High ». Tu les as accompagnés sur certaines dates de concerts également. Puis un jour tu décides de tout plaquer en cours de route. Peux-tu nous expliquer le cheminement intellectuel de cette démarche pour le moins étrange ?

César : Mon départ n’est pas récent. Il remonte en fait à deux ans et demi déjà. BRNS est un projet qui exige un investissement full time. Je m’y suis donné corps et âme durant cinq ans. Sincèrement, je ne me sentais plus prêt à m’engager de manière durable pour la sortie de ce nouvel opus. Je ressentais l’envie de passer à autre chose. Durant une pause concert de six mois environ, nous avons abordé le sujet ensemble. Les autres musiciens ont été très compréhensifs. Par chance, ils ont déniché mon successeur rapidement en la personne de Lucie Marsaud qui se réservait auparavant claviers et flûte traversière chez Arch Woodmann, un groupe mené par le Brestois Antoine Pasqualini.

Même si BRNS a pu assurer la pérennité du band sans problème, j’imagine que maintenir le paquebot malgré les défections de certains de ses matelots ne doit pas être facile…

C. : Lorsqu’une formation connaît une certaine pérennité dans le temps, elle est forcément confrontée à ce genre de situation. Ses membres viennent et vont au gré des opportunités, c’est tout à fait normal. Cette défection n’a pas altéré leur succès et je crois que c’est le plus important. Lucie étant une amie, la transition a été d’autant plus facile !

Vous avez milité tous les deux au sein d’Italian Boyfriend. Le projet est en standby, mais est-il toujours sur les rails ?

Sarah : Le projet est en effet en standby. C’est la seule certitude aujourd’hui. Il y a déjà un an et demi que nous avons arrêté de nous produire en concert. A vrai dire, à la fin de la tournée, les uns et les autres ressentaient le besoin de passer à autre chose, que ce soit dans le domaine musical ou non d’ailleurs. César avait envie de rebondir, ce qui a donné naissance à Mortalcombat. Je ne sais te dire combien de temps durera encore cette pause, ni même si Italian Boyfriend renaîtra de ses cendres encore chaudes. On verra ! On ne se pose pas la question parce qu’il n’y a aucune pression de notre part…

Ce besoin de changement dénote un sentiment plus profond, en somme ?

S. : Ce n’est pas un besoin, mais tout simplement une envie. Chacun peut à un moment donné ressentir l’envie de développer des projets un peu plus personnels. L’essentiel est de garder de bons souvenirs et aller de l’avant…

Justement, le fait de baigner dans la musique depuis un certain temps, vous permet-il d’être plus crédible aux yeux de vos pairs ou du public ?

C. : Non, je ne le pense pas ! Lorsque tu empruntes une carrière musicale, il faut pouvoir s’imposer en tout temps. C’est un combat perpétuel. En outre,  je ne crois pas que ce soit à nous de répondre à cette question. A vrai dire, on s’en fout un peu. Le plus important c’est de s’épanouir dans ce que l’on fait…
S. : Je rejoins tout à fait le raisonnement de César. Ce n’est pas parce que nous avons participé à différents projets que nous jouissons de plus de crédibilité aux yeux de nos pairs ou du public. Nous avons un projet particulier, oui, c’est vrai, mais d’autres aussi finalement…

Mortalcombat se réfère à un jeu vidéo populaire des années 90. L’orthographe est pourtant différente. Si le but était de garder cette culture bien ancrée, pourquoi ne pas l’avoir fait jusqu’au bout en optant pour une retranscription identique ?

C. : À vrai dire, on avait déjà l’image du mot en tête en choisissant le nom du groupe. C’était une manière de prendre le contre-pied de nos morceaux qui restent très doux par rapport à la bande annonce violente et agressive du jeu. A titre anecdotique, dans les moteurs de recherche, si tu tapes le patronyme du groupe, tu verras apparaître en premier lieu le célèbre jeu vidéo. Bien avant même de voir nos clips. Nous avons trente ans. Aucun d’entre nous n’y a jamais joué. Personnellement, je ne pourrais même pas t’en parler…
S. : Il fallait une accroche ! Choisir un tel nom nous permet un référencement intéressant puisque tout le monde va ‘tilter’ d’office.

Vous prenez le parti de chanter en français en y ajoutant de la modernité avec des envolées synthétiques. Si ce choix vous permet d’insuffler davantage de subtilités dans le texte et le chant, il reste plus difficilement exportable que l’anglais. Quels sont les objectifs que vous vous étiez fixés au départ ?

C. : Je ne suis pas d’accord avec cette analyse. Il vaut mieux bien chanter en français que mal en anglais, surtout lorsque l’accent est médiocre… Notre langue maternelle n’est pas une barrière en soi. Ce sont des préjugés ! Certaines formations s’exportent d’ailleurs très bien en Flandre. D’autres peuvent connaître plus de difficultés lorsqu’elles choisissent la langue de Shakespeare. A nos débuts, nous avions opté pour l’anglais, mais nous maîtrisions mal cette langue. Seuls les bilingues sont légitimes à mon sens. En adoptant la langue de Voltaire, nous y sommes parvenus. Un jour, un organisateur a refusé de nous programmer au Trix à Anvers tout simplement pour une question linguistique alors que des artistes comme Angèle, Témé Tan ou Nicolas Michaux ont brillamment réussi à s’imposer.

Lorsqu’on choisit de chanter en français, il faut bien admettre qu’il est souvent difficile de trouver un compromis dans la manière de poser les sons, la musicalité et les textes. Or, à l’écoute de votre concert, il y a quelques minutes, j’ai été stupéfait par cet équilibre. Quelle est la recette ?

C. : La manière dont nous travaillons est assez simple. Sarah et moi-même composons la musique et les textes. A l’aide de mon synthé, je peux déjà imaginer à quoi ressembleront les compos. Clément qui nous accompagne est le partenaire idéal parce qu’il se charge des arrangements. Il a des qualités que ni Sarah, ni moi-même ne possédons.

Le clip de « Beau et Décadent », a été tourné dans le quartier bruxellois de Saint-Gilles. Alors, dites-moi, pour la beauté ou la décadence ?

S. : C’est là où l’on vit ! A la base, il ne s’agit pas d’un choix artistique, mais tout bonnement pratique. Le choix s’est imposé de lui-même. Nous n’avions ni le temps, ni les moyens de réaliser autre chose. Au final, le résultat est assez réussi. Avoir tourné dans des endroits que nous connaissons nous touche encore un peu plus.
C. : Je crois que cette solution était la bonne. Nous connaissions cet environnement et pouvions plus facilement repérer des endroits identifiés où les autochtones pouvaient s’y reconnaître facilement. D’ailleurs, peu de temps après, spontanément, une page Facebook intitulée ‘I love Saint-Gilles’ s’est créée.

Sarah, cette vidéo met en scène la quête de l'homme idéal en quelque sorte. Tous ces prétendants aux goûts plus ou moins douteux que tu vas croiser jusqu’à ce que tu trouves ‘the one’ représente la réalité d’une frange de la population féminine. Quel est ton regard de femme sur le sujet ?

S. : Pour ma part, je dois dire que je n’ai pas multiplié ce genre de rendez-vous. En tout cas, ni plus, ni moins que la moyenne des filles de mon entourage. Je n’ai jamais eu l’impression que le personnage du clip recherche quoique ce soit en fait. C’est juste une nana qui a un rendez-vous avec un gars… et ça ne colle pas, voilà tout ! Peut-être attend-t-elle le prince charmant ? Mais, existe-t-il seulement ? Pour y parvenir, elle multiplie les expériences et les rencontres. Dans ma vie de femme, je n’ai jamais cherché cette quête ultime de l’amour. Lorsque j’ai rencontré César, je ne suis pas tombée des nues en me disant ‘Oh, enfin, il est arrivé !’ Mais, oui, c’est devenu mon prince charmant (rire).

César, à la surprise de tous, tu nous as démontré, en ‘live’, que tu possédais un bel organe vocal. Peut-on espérer un jour te voir tenir le micro, voire chanter en duo ? Ou doit-on considérer cette prestation comme un one shot ?

C. : En fait, le titre sur lequel j’ai chanté n’a pas trouvé sa place sur l’Ep. Je ne me considère pas comme un chanteur. Je ne me sens pas du tout à l’aise dans cet exercice. Ce n’est pas naturel. Il faut le voir davantage comme une blague que comme quelque chose de sérieux. J’ignore si je vais recommencer l’expérience, car je démarre de trop loin dans le chant ; c’est très compliqué de rivaliser. J’ai même l’impression d’être un imposteur. Des voix se sont élevées pour que Sarah et moi chantions en duo. C’est une alternative, pas forcément une probabilité.

Superorganism

Superorganism

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Si un groupe devait incarner le progrès technologique, la mondialisation et la circulation des êtres humains sur le globe (à l’exception, bien sûr, de la population issue de l’hémisphère Sud), Superorganism constituerait certainement le meilleur ambassadeur de cette évolution. Tout a commencé par la prise de contact entre une jeune Japonaise d’à peine 16 ans, Orono Noguchi, et un groupe néo-zélandais, dont elle est fan. Le courant passe bien entre les correspondants qui échangent des fichiers audio. Elle est finalement invitée à y poser la voix. Il s’agit des balbutiements qui précèdent la formation du band. Quelques mois plus tard, Superorganism est né. Le line up implique huit musicos issus d’Angleterre, du Japon, de Nouvelle-Zélande et d’Australie, dont sept vivent ensemble, dans une maison équipée d’un studio DIY, sis à l’Est de Londres. De leur collaboration va éclore un premier single baptisé « Something for Your M.IN.D ». La compo devient virale. Frank Ocean et Ezra Koenig (Vampire Weekend) ne tarissent pas d’éloges le combo. Domino le signe. Ce qui permet à Superorganism de publier un premier elpee et puis de se voir ouvrir les portes des festivals les plus prestigieux, dont le Pukkelpop. Tout baigne pour l’octuor cosmopolite…

D’une efficacité redoutable, ce premier LP marche sur les traces de MGMT voire d’Architecture in Helsinki. Une pop foutraque, jouissive et colorée (à l’image des clips et ‘costumes’ de scène) qui contraste avec la voix faussement apathique d’une Orono abordant des sujets de société, comme l’importance de l’image ou la célébrité. Une expression sonore alimentée par des synthés, de la guitare, des chœurs, des samples et des bruits issus de la vie quotidienne. En résulte dix singles potentiels dont les plus notables s’intitulent « Everybody Wants To Be Famous », « SPRORGNSM » et, bien sûr, « Something For Your M.I.N.D ».

Pour conclure, rien de tel qu’une citation d’Orono elle-même : ‘J'aime penser que Superorganism est juste une faute d'orthographe à Superorgasme’. Vu la jouissance ressentie à l’écoute de l’album, cette phrase prend alors tout son sens.

 

Arctic Monkeys

Tranquility Base Hotel + Casino

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Devenus en l’espace de quelques albums, l’un des mastodontes du circuit rock mondial, les p’tits gars d’Arctic Monkeys auraient pu décider, à l’instar de King of Leon ou des Editors, de devenir une véritable machine à tubes, en gonflant le son et en offrant aux stades les refrains XXL et testonérisés dont ils raffolent. C’était mal connaître Alex Turner et ses élégantes aventures précédentes vécues au sein de The Last Shadow Puppets…

« Tranquility Base Hotel + Casino » est surprenant. A cause de cette ambiance classieuse et croonesque’ si chère à ce projet partagé auprès de son comparse Miles Kane. Turner a écrit les pistes de son sixième opus au piano, depuis Los Angeles, et pas à la guitare, comme il était coutumier du fait. En résulte des compos feutrées, matinées de sonorités 70’s, qui évoluent aux confins de l’univers d’un Father John Misty voire de Jarvis Cocker. Un opus qui risque de désarçonner les fans. Pas un single à l’horizon, mais une collection soyeuse de titres nostalgiques teintés de soul. Une belle prise de risque…

 

The Decemberists

I’ll Be Your Girl

Écrit par

Véritable mythe de la scène indie U.S des années 2000, The Decemberists a publié la bagatelle de 8 elpees, depuis 2002. Mais au fil du temps, le combo a un peu perdu de sa fraîcheur originelle, libérée tout au long de ses classiques « Picaresque » et « The Crane Wife »… Une constatation corroborée par le dernier opus, « What a Terrible World, What a Beautiful World », qu’on pourrait qualifier de moyen. Pourtant, la passion de Colin Maloy et sa bande est demeurée intacte ! Et le groupe nous le démontre tout au long de cet « I’ll Be Your Girl », un disque qui respire la bonne humeur dès son morceau d’ouverture, l’hymnique « Once in My Life », une compo aux accents électro 80’s. Ou encore « Severed », un titre aux réminiscences disco. Sans oublier le glam/rock addictif, « We All Die Young ». Le long playing recèle, en outre, un morceau de bravoure, comme il est le seul à pouvoir le composer; en l’occurrence le sombre diptyque final « Rusalka, Rusalka/The Wild Rushes ». Mais en général, le folk/rock de la formation est joliment coloré de teintes new wave. Tout en conservant le lyrisme qui fait son charme, The Decemberists semble avoir retrouver son potentiel créatif, mais également une joie de jouer diablement communicative grâce en partie au producteur John Congleton (St. Vincent, The Walkmen). The Decemberists prend à nouveau des risques ; et c’est une très bonne idée !

 

Kent (France)

La grande effusion

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Kent a fondé Starshooter en 1977. Lorsque le groupe se sépare en 1982, l’artiste entame une carrière solo, et pas seulement dans l’univers de la musique, mais également de la BD et du roman. Il apporte aussi sa collaboration à de nombreux congénères, dont Johnny Hallyday, Calogero et Nolwenn Leroy. Il signe encore « Quelqu’un de bien », un titre chanté par Enzo Enzo, en 1994.

Enregistré ‘live’, l’album a été enregistré le 7 novembre 2017, au Café De la Danse, à Paris. « La Grande Effusion » survole quatre décennies de sa carrière. Il y revisite, tantôt seul, flanqué de son groupe ou en duo avec Alex Beaupain (« Tous les Mômes »), Katel (« Notre amour »), Alice Animal et encore le chanteur/guitariste de Radio Elvis, Pierre Guénard (l’excellent « Metropolitain »), des chansons de son répertoire devenues classiques. Et des morceaux, le plus souvent empreints de mélancolie. A l’instar de « Panorama » ainsi que d’une variante longue d’« Ici Et Maintenant ». De l’elpee, on épinglera encore les versions des « Congas et maracas » et « Bestsy party » de Starshooter, ainsi que l’hommage à feu Bowie, « Scary monsters »…

 

La version digitale est enrichie de deux bonus tracks.

 

Les Hurlements d´Léo

Luna De Papel

Écrit par

Le précédent elpee studio de cette formation remonte à 2011. Il s’intitulait « Bordel De Luxe ». Il a donc fallu sept longues années, avant que le collectif ne publie ce nouvel essai. Apparemment, il a pris le temps pour le concevoir. Il s’agit de son sixième en 20 années d’existence ! « Luna De Papel » a été financé par un crowdfunding. Les nouveaux musicos apportent un vent de fraîcheur aux compos dont le mélange entre rock, pop, world, poésie, folk et chanson française s’avère particulièrement audacieux…

Les douze plages constituent autant de tranches de vies. Laurent Kebous signe ou cosigne tous les textes. Chaque titre est une histoire, une atmosphère, qui s'installe tranquillement.

« Des Hauts Des Bas » hésite entre rock'n'roll et twist…

La voix douce d’Aurélia Campione (La Cafeteria Roja) se pose « Luna de Papel », un titre maître particulièrement radiophonique…

Chanté partiellement dans la langue de Cervantès, « Cumbia » nous entraîne au soleil, sur les plages ensoleillées des côtes cubaines, cigare au bec et mojito à portée de main…

Résolument punk, « L'appétit » incite à la révolte, la lutte et la quête d'un monde meilleur. Le cuivré « La ferveur » et « Social traître » sont tout aussi contestataires…

Jojo est à l’accordéon et Napo Romero (Ogres de Barback, Manu Solo) à la gratte pour « Filles de Joie », un morceau qui relate la vie des prostituées, dans les rues de Bordeaux.

Les cordes délicates de l’oud pimentent « La Liste » et « Mourir De Vivre », des pistes où on ressent très fort les influences orientales.

Kebous et Fredo (Ogres De Barback) chantent en duo « Quand Tu Seras Là-Bas », une piste qui clôt l’opus. 

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