Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

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Dernier concert - festival

Guns N Roses
Ora Cogan

Ibeyi

Du cœur et de l’énergie à revendre…

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Près d’un an après la sortie de son dernier opus et plus de cinq après son dernier passage à Bruxelles, Ibeyi est de retour dans la capitale européenne. Manifestement, les jumelles franco-venezuelo-cubaines (NDR : ce sont les filles du regretté Anga Diaz, l’ex-percussionniste de Buena Vista Social Club) ont pris du galon. En outre, de curiosité, le duo est passé au statut de hype, depuis l’an dernier. Le dernier elpee a été salué par la critique. Même Beyoncé est tombée sous le charme. Un disque pour lequel elles ont reçu le concours de Kamasi Washington, Mala Rodriguez ainsi que de Chili Gonzalez, lors des sessions d’enregistrement. Le concert est soldout depuis plusieurs mois. Ce qui confirme l’engouement suscité par les filles…

Une demi-heure après la fin de la première partie, assurée par le duo louvaniste, Esther and Fatou (pour les photos, c’est ici), les lumières s’éteignent à nouveau. Quelques instants plus tard, les deux sœurs montent sur l’estrade, vêtues de combinaisons rouges. Elles ne se ressemblent pas comme deux gouttes d’eau, mais il y a quand même un air de famille. A droite de la scène, Lisa-Kaindé, la pianiste à la voix haut perchée, se différencie par sa coupe de cheveux africaine. De l’autre côté, derrière un sample pad et un bata (deux tambours en sablier à tête double), Naomi Diaz, la percussionniste à la voix cassée, laisse pendre deux longues tresses sur les côtés de son visage et une à l’arrière de la tête. Les personnalités se complètent à merveille. Au fond de la scène, en guise de décor, le logo de la pochette d’« Ash » est suspendu. 

Pendant une heure et demie, elles vont servir un cocktail de r’n’b, soul et musique latine, sur lequel elles chanteront, tantôt en anglais, en espagnol ou en yoruba (langue originaire d’Afrique de l’Ouest qui s’est étendue aux Antilles suite à la traite négrière). Elles ouvrent le show par « I Wanna be like You » et embraient par « No Man is Big Enough for My Arms » et « Away Away ». Dès le début, les jumelles sont dans leur rôle. Elles se déplacent de gauche à droite (NDR : ou l’inverse) et se motivent mutuellement. Entre les morceaux, elles n’oublient pas d’échanger quelques mots avec un public conquis d’avance. Après l’avoir bien chauffé, elle se plantent au centre du podium, côte à côté : Lisa-Kaindé derrière plusieurs claviers, Naomi sur un cajon (caisse claire originaire d’Amérique latine). Elles attaquent alors plusieurs morceaux plus paisibles tels que « Vale » ou « Mama Says ». Mais après cette accalmie, le set redémarre de plus belle, notamment à travers le plus latino « Me Voy » ou le single issu du premier LP, « River », interprété lors du rappel.

Au-delà de la richesse de leur musique, ce qui impressionne, c’est le cœur mis et l’énergie déployée par Ibeyi tout au long du spectacle. Un bel exemple ? Lorsqu’elles exhortent la foule à les suivre pour crier ‘Whatever happens, whatever happened (oh hey). We are deathless’ sur le judicieusement intitulé « Deathless ». Et les quelques petits problèmes techniques rencontrés en milieu de parcours ne sont pas parvenus à déstabiliser les frangines. Au contraire, cet incident va décupler leur vitalité déjà débordante (pour le photos, c’est là).

(Organisation : Ancienne Belgique + Live Nation)

 

FùGù Mango

Un invité surprise !

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Ce soir, il fait un froid de canard à l’extérieur. Et pourtant, 800 âmes se sont déplacées pour aller applaudir Fùgù Mango, à l’Ancienne Belgique. Le band est venu y défendre son premier elpee, « Alien Love », paru en septembre dernier, opus qu’il a déjà eu l’opportunité de promouvoir, à travers de nombreux concerts, que ce soit en salle ou lors des festivals.

Elbi assure le supporting act. Lauréate de l’édition 2018 du ‘FAIR’, cette auteure, productrice et DJ qui se sert autant du visuel que du corporel, propose une musique qui mêle soul, deep techno, r’n’b, jazz et hip hop, soit dans un registre qui oscille de Solange à Roméo Elvis, en passant par Ibeyi, Carl Craig, M.I.A. et Camille, un kaléidoscope d’influences propres aux kids des 90’s. Cette créatrice multi facettes a alimenté son projet au gré de ses séjours, s’imprégnant à la fois de la culture et des paysages des continents qu’elle visite. A son actif un Ep 6 titres, « Colourful shores », publié l’an dernier. Intitulé « Shadows », le nouvel Ep devrait bientôt sortir.

Elbi déboule sur le podium. Elle a enfilé un pantalon à patte d’éph’ et porte un manteau large et vaporeux. Le tout de couleur orange. Elle est chaussée de baskets blanches. Un ordinateur est posé, à l’arrière, sur le sol. Il dispense des samples de beats électro et de sonorités africaines. Elle danse, bien sûr, et se contorsionne dans tous les sens, au rythme de la musique. Elle est rejointe par une autre contorsionniste, pendant deux titres. La danse, le corps et le mouvement sont omniprésents : indissociables de cette voix hypnotique et de ces rythmes pétillants. Une voix résolument soul qui ne se noie jamais dans l’ensemble. On aura également droit à deux plages du prochain Ep, « Hi & Low » et « Walking In The Forest », deux compos qui traitent de la remise en question du genre humain, de son évolution, et invitent à une méditation active pour atteindre un monde meilleur.

Une bande préenregistrée est diffusée avant la montée sur scène de Fùgù Mango. Des spots bleus balaient la salle de gauche à droite et en hauteur. Jean-Yves et Vincent Lontie, Anne Hidalgo, Sam Gysen et un percussionniste débarquent sur les planches. Ce dernier va se charger des congas et des djembés, Vincent se contentant de percus accessoires, pour ce soir. Quant au vocaux, ils seront assurés essentiellement par les frangins et Anne.

Le set s’ouvre par « Kylie’s Dream ». Le morceau a été retravaillé, comme de nombreux titres proposés ce soir. En fait, plus riches en percussions, ils adoptent une coloration davantage africaine ou alors antillaise. Ce qui incite de nombreux spectateurs à remuer le popotin et les gambettes. « Summer Days » nous entraîne d’ailleurs aux Caraïbes. On y rêve du sable chaud, des cocotiers et des embruns maritimes qui vous fouettent le visage… Anne est au micro, bientôt rejointe par Vincent qui tapote ses percus minimalistes, en ondulant les bras suivant le rythme endiablé. A l’issue de cette compo, ce dernier remercie l’auditoire et annonce le titre suivant : le plus paisible « Black Powder ». Le temps d’admirer une petite plage au coucher de soleil. Mais on ne sait plus si c’est à Punta Cana ou Blankengerge. L’inévitable « Alien Love » nous rappelle que certaines personnes rencontrent parfois des extra-terrestres pour organiser des ‘plans coquins’. Vincent, lui aussi, a côtoyé les extra-terrestres de l’amour… Caractérisé par sa ligne mélodique soignée, cette compo est enrobée de chœurs, et dynamisée par les percus tout en s’autorisant des envolées lyriques ; et elle s’achève au rythme des beats électro. Le public apprécie et applaudit. Retour au calme pour « Gone With The Sea », un morceau qui bénéficie du concours de deux invités, Boris et François. Avant que « Floarea » ne relance la machine. Vincent demande au public de reprendre le refrain réverbéré, ce qui crée de superbes polyphonies vocales. Nouvelle compo, « Noir And Haze », baigne dans la salsa. Et dans la foulée, riche en percus, « Mango Chicks » fait encore grimper la température d’un cran. Enfin, après l’électro/funk « Liar », « Birthday Beast » clôt le set.

Lors du rappel Boris et François sont de retour, mais surtout –ô surprise !– Frank Baya, l’ex-âme sacrée du band, pour attaquer un « High » d’enfer, magistral même…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Her Lies Man

Un mensonge sur la marchandise?

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Soirée éclectique, ce soir, à l’ABClub. Au menu afrobeat, punk, noisy, rock expérimental et, metal ou world. Suivant les formations. D’ailleurs le site de l’institution annonce que ces concerts sont destinés à ceux qui apprécient Goat, White Hills, Kikagaku Moyo, Pontiak, The Well ou encore King Gizzard & The Lizard Wizard. Peu de monde pour accueillir ces groupes. Plus ou moins 70 spectateurs dont de nombreux guests. Faut dire que c’est la grève dans les transports en public.

Le podium est encombré de matos. Deux batteries imposantes et des amplis amplis ‘Marshall’ et ‘Orange’ trônent de part et d’autre de l’estrade. Seuls les deux premiers combos vont se servir de ces drums. A droite, on remarque la présence d’un synthé.

Moar ouvre les hostilités. Un trio anversois à la structure classique basse/guitare/batterie. Il pratique une forme de punk/rock/garage teinté de noisy. Il vient de graver « Future Furby », un vinyle découpé en 17 plages plutôt courtes. Le set démarre d’ailleurs par « Man inside in hole », un titre d’1’40. Et les autres compos dépassent rarement les 3’. Elles s’enchaînent sans le moindre temps mort. Les riffs de gratte son incendiaires et la ligne de basse vrombit. La musique est à la fois puissante, hypnotique et parfois aventureuse. Une découverte intéressante…  

Youff embraie. Un power trio gantois à la même structure, responsable d’un Ep (« Spit ») et d’un elpee (« Meh »), à ce jour. C’est le drummer, dont la frappe métronomique est particulièrement efficace, qui se charge des vocaux ; et sa voix est assez singulière. Primitive, gutturale, elle semble émaner des profondeurs de l’enfer. Faut dire qu’il a placé son drôle de micro autour de sa gorge, de manière à répercuter le son de ses cordes vocales. Aussi quand il se désaltère, on entend le bruit de l’eau qui coule dans son gosier. Ce qui provoque l’hilarité dans le public. C’est également lui qui assure le show. L’expression sonore baigne dans le black metal. Le band va aligner 8 titres ravageurs. En fin de parcours, le guitariste descend dans la fosse pour y gorgoter. Pas de bol, son exercice de style est totalement inaudible…  

Her Lies Man est une formation californienne dont le style serait comparable à in Black Sabbath converti à l’afrobeat de Fela Kuti. Pourquoi pas, si le cocktail est détonnant ! Fondé par Marcos Garcia, le guitariste d’Antibalas, ce quintet cherche donc à combiner les expériences des rythmiques ouest africaines avec les riffs entêtants du heavy rock. Le line up implique également le guitariste/chanteur Chico Mann, le drummer Geoff Mann, le bassiste JP Maramba et le préposé aux synthés Will Rast. Il y manque le percussionniste Rich Panta. Ils sont tous barbus. Les riffs de grattes sont à la fois écrasants et obsessionnels. La musique est manifestement contaminée par le psychédélisme, mais également, et circonstanciellement par le jazz/rock et plus rarement, le funk. Big problem, elle est tellement répétitive, que si après 10 minutes, on encaisse, une demi-heure plus tard on délaisse… Un concert peu trop indigeste au goût de votre serviteur… et ce n’est pas un mensonge… sauf peut-être en ce qui concerne la marchandise…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Aorlhac

L’esprit des vents

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Aorlhac, une graphie certes particulière mais qui pourrait se perdre dans la pléiade de noms de groupes issus du Black Metal. Et pourtant… il serait vraiment dommage de passer à côté. Fondé il y a un peu plus de dix ans, Aorlhac désigne en occitan la ville d’Aurillac, d’où est originaire le trio de musiciens. Un détail linguistique qui revêt toute son importance car c’est autour de cette langue que les Français bâtissent leur univers musical. Ils vont même plus loin en approchant l’occitan non pas seulement comme une langue mais bien comme une culture à part entière, plongeant ses racines dans le Moyen-âge et berçant l’histoire du Sud de la France jusqu’au nord de l’Italie et de l’Espagne. Vous voyez un peu le paysage ? Place à présent à la musique !

Après huit années passées à l’ombre, Aorlach revient aujourd’hui à l’avant de la scène, armé sous le bras d’un troisième elpee studio poétiquement nommé « L’Esprit des Vents ». Dix titres de Black Metal au coeur épique et pagan. Pendant un peu moins d’une heure, c’est à dos de cheval lancé en plein galop que les artistes vous feront déguster leurs racines, leur patrimoine, leurs mythes et légendes qui ont imprégné ces terres pendant des siècles. Un Black Metal plutôt old school mais dopé néanmoins quand il le faut d’une prod lourde et ronde, emmenée par la voix arrachée et rageuse de Spellbound, hurlant sans vergogne, seul face à l’immensité d’une plaine vallonnée.

Chaque titre est une épopée. Comme en témoigne le titre d’ouverture « Aldérica », du nom de cette jeune fille qui a perdu la vie face à une invasion de cavaliers sarrasins. Ça blaste, ça sent la sueur et le sang. Quelques instants plus tard, c’est la légende de Saurimonde qui nous est contée, cette fée à la fois femme sauvage et démon. Un titre ponctué aux deux tiers par un instrument aux sonorités moyenâgeuses. Un apport musical folklorique qu’on aurait pu espérer un peu plus présent tout au long de cet elpee. L’une des compositions les plus intéressantes reste « Mandrin l’enfant perdu », délicieusement rock’n’rollesque, évoquant la vie du sombre Robin des Bois, Louis Mandrin. Aorlhac y démontre tout son savoir faire : sa décharge de rage chauffée à blanc accompagnée de ses lignes de guitare heavy et symphoniques, le tout enveloppé dans une bulle de narration parfois digne d’une prestation théâtrale.

Ce nouvel effort d’Aorlhac n’est pas sans rappeler les meilleures heures de Belenos, mû par cette capacité de planter un décor d’époque d’antan, empreint parfois de nostalgie, mais surtout motivé de garder en vie ces fragments d’Histoire, ces racines qui ont fait d’eux ce qu’ils sont aujourd’hui. Un legs du passé, courageusement transmis par les distorsions d’un Black Metal puissant, rapide et teinté par la mémoire d’hier. Un retour pleinement réussi, où Aorlhac joue son rôle de barde des temps modernes en proposant, à sa façon, une apnée temporelle sur les terres occitanes.

 

Beechwood

Songs from the land of nod

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Ce trio new-yorkais pratique une forme de psyché/pop/rock/garage qui devrait ravir les passionnés du genre. « Songs from the Land of nod » constitue son second opus. Il fait suite à « Trash Glamour », paru en 2014.

Si vous appréciez Allah Las, vous ne pouvez d’ailleurs pas passer à côté de Beechwood. Cool et pop, « Ain’t gonna last all night », le titre d’ouverture, en est certainement le plus proche. Le spectre de 13th Floor Elevators plane tout au long d’« I don’t wanna be the one you love », même si les sonorités de guitare rappellent plutôt celles de George Harrison sur « Abbey Road » ; des sonorités qu’on retrouve également sur « C/F », une plage caractérisée par le recours à la slide ainsi qu’au piano et caressé par des vocaux évanescents. Celui de Syd Barrett sur le ténébreux « This time around » et le crépusculaire « All for naught », encore qu’ici, les harmonies vocales semblent contaminées par le « Magical Mystery Tour » des Fab Four. Celui d’Alex Chilton tout au long du contagieux « Heroin honey ». De Damned sur « Pulling through » ou plus exactement au « Disconnected » de Steve Bators. Brian Jonestown Massacre sur le titre maître. Et enfin des Troggs voire d’Electric Prunes lors de la cover sauvage du « I don’t like everybody else » des Kinks. Bien sûr, de temps à autre, vient se glisser un petit filet de clavier savoureusement vintage. Echevelé « Melting over you » emprunte ainsi probablement à la fois aux Fleshtones et aux Fuzztones. Bon, c’est vrai, il y a des tas de références qu’on retrouve d’ailleurs parfois sur les autres plages de cet LP, mais la liste est loin d’être exhaustive ; et puis au fil des écoutes, vous en découvrirez probablement d’autres. Mais ainsi vous aurez une petite idée de la musique proposée par cette formation. Une chose est sûre, le résultat est remarquable. Un premier must pour l’année 2018 !

 

Mike Biggar

Go all in

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Ce Canadien a décroché de nombreux prix dans le New Brunswick, dont il est originaire, et sur la côte est du Canada. Un chanteur/compositeur de roots. "Go all in" constitue son troisième opus. Mike possède une bonne voix et n'hésite pas à aborder des styles différents, comme le blues, le r&b, le rock et la country. Pour mettre en boîte les douze plages de cet LP,  il a reçu le concours de son backing group. Il signe la presque totalité des compositions!

Cette voix est d'attaque dès "Blood from a stone". Cordes acoustiques et métalliques du dobro soutiennent l’offensive. La température monte d’un cran sur "Go all in", une superbe piste largement amplifiée et cuivrée, au cours de laquelle les grattes cavalent. Frétillante et séduisante, la voix s’impose sur "Can't believe it", un roots rock entretenu par les guitares, le banjo et la pedal steel. Un style qui correspond parfaitement à l’artiste. Dynamisé par les cordes électriques en verve de Kris Richards, "Hell and high water" et "Playdate" en sont d’autres belles illustrations. Mike est également à l’aise quand il aborde la country. A l’instar de "Leaving these days", souligné par la mandoline, et "Kinda sad", une plage caractérisée par un dialogue subtil entre la pedal steel et la guitare de Grant Heckman. Les interventions de Charlie A'Court, un autre artiste roots canadien sont véritablement magiques, tout au long de "Love & Insanity", un titre que les deux artistes cosignent. Et l’intervention vocale est à nouveau superbe ! Enfin, imprimé sur un mid tempo, "That takes some balls", bénéficie du concours du producteur Terry Wilson, qui se charge de la basse, de la guitare et du piano électrique…

 

Jimmy Carpenter

Plays the blues

Écrit par

Ce saxophoniste roule sa bosse depuis un quart de siècle. Ses débuts remontent à 1980. A cette époque, il sévit chez Alka-Phonics, un groupe issu de son patelin, à Greensboro, en Caroline du Nord. A cours des nineties, il accompagne d’excellents gratteurs comme Tinsley Ellis ou Jimmy Thackery. En 2004, il s’est établi à la Nouvelle Orléans. Il a publié, fin 2008, "Tolling in obscurity", son premier elpee solo. Depuis, il ne cesse d'être sollicité. Et pour cause, il rallie les backing groups d'Eric Lindell, de Walter Wolfman Washington, et plus récemment, de Mike Zito, en l’occurrence The Wheel. "Plays the blues" constitue son second opus personnel. Il a été enregistré au sein des studios Nola à New Orleans, sous la houlette du son ami Mike Zito. Ce dernier se charge de la guitare et des vocaux qu’il partage auprès de Jimmy ! Le tracklisting réunit essentiellement des reprises signées par des légendes du blues. Et plusieurs amis du souffleur sont venus apporter leur concours lors des sessions.

L’elpee s’ouvre et s’achève dans le r&b. Traité dans un style Memphis, le "You belong to me" de Magic Sam entame les hostilités. Mike Zito brille déjà au chant et aux cordes. Carpenter introduit le "Too late" de Willie Dixon (NDR : le légendaire Little Walker, l’avait traduite en succès, il y a bien longtemps), une piste imprimée sur un tempo enlevé. Jimmy ne tient pas en place et explose son saxophone. Plusieurs plages instrumentales le mettent d’ailleurs en exergue. A l’instar du blues lent "Jimmy plays the blues", du "Surf monkey" de Freddy King, au cours duquel Tinsley Ellis se consacre aux cordes, du "Slow soul" de Sam Cooke et du "Preach" de King Curtis. Lewis Stephens siège derrière le piano tout au long du blues/rock "Kid in my head", un des trois meilleurs morceaux du long playing. La cover du "Blues with a feeling" de Little Walter est également remarquable. Et enfin le classique d'Otis Rush, "All your love", au cours duquel Zito excelle au chant et aux cordes.

 

Andrew Chapman

Well, It's about time!

Écrit par

Andrew Chapman, surnommé ‘Jojo’, est un vétéran de la scène musicale blues. Il y sévit depuis la fin des sixties, soit depuis l’époque où il a rencontré Tony Braunagel. Il fonde ensuite The Bloontz All Stars, en compagnie du bassiste Terry Wilson. Et Braunagel rejoint le line up, un peu plus tard. Pourtant, Chapman abandonne sa carrière musicale. Aussi, Braunagel et Wilson émigrent à Los Angeles et deviennent des musiciens de studio incontournables.

Plus de 40 années plus de tard, Jojo refait surface et enregistre son premier opus solo. Pour le réaliser, il a fait appel a des potes et quelques requins de studio dont le claviériste John ‘Rabbit’ Bundrick (NDR : ce dernier a accompagné les Who, sur les planches, pendant plus de trois décades). Chapman ne joue pas d’instrument. C’est un chanteur. Et cet elpee met en exergue son talent au chant…

Funky r&b néo-orléanais, "That's the kind of day I had today" fait la part belle aux ivoires de l’ex-Electric Prunes, John Herron, et aux cordes du regretté texan Stephen Bruton. Ce dernier signe "Face of love", une plage caractérisée par un envol à la guitare du remuant Billy Watts. La voix est particulièrement émouvante tout au long de "Plane ride from Paris", une plage tapissée par les claviers de Rabbit Bundrick et ciselé par les cordes de Watts…

 

Jacques Stotzem

The way to go

Écrit par

Originaire de Verviers, Jacques Stotzem est aujourd’hui âgé de 58 ans. Il s’est forgé une solide réputation comme guitariste. Sur une gratte acoustique. Spécialiste du picking, il et capable d’attaquer des tas de styles musicaux, comme le folk, le jazz, le blues et même le rock. Depuis 1982, il a gravé de nombreux albums. Son précédent, "To Rory", rendait hommage au regretté bluesman irlandais Rory Gallagher. Paru en 2015, il avait bien été reçu par la critique. Il signe les 10 plages de cet elpee.

Il entame son aventure par "Dreaming of a better world", une compo empreinte de tendresse et d’une grande beauté, qui dont le rêve fait abstraction des obsessions et des multiples soucis du monde actuel. "Deep sea" baigne au sein d’un climat plus mélancolique. Son doigté délicat aux cordes est bien mis en exergue sur le titre maître. La part de rêve plonge dans la nostalgie du passé à travers "It's gone forever", "Something to remember", mais aussi "Plage d'automne", une valse légère ou encore "Musette pour Edith", clin d’œil adressé à l’œuvre de Piaf, une piste au cours de laquelle on imagine les touches de l’accordéon remplacer les cordes de sa gratte. Les promesses du présent laissent aussi présager des moments inspirés et très positifs comme "A ride on 59" ou "A break in the clouds", qui pourrait aisément s'adapter aux cordes amplifiées. Enfin, le rêve se poursuit dans la délicatesse hispanisante d'"Along the river". Un beau voyage tout en ballades.

Cup

Hiccup

Écrit par

Cup, c’est le projet de Tym Wojcik, un Américain issu de Houson, mais établi à New York. « Hiccup » constitue son septième elpee. Indé, underground, la solution sonore déversée tout au long de cet opus est très électrique, hoquetant entre garage/rock à coloration 60’s, psychédélisme circa 70’s, post punk, college rock et grunge. Un peu dans l’esprit de Ty Segall voire des Oh Sees, même si le climat évoque plutôt Wire. Pour enregistrer ce disque, Wojcik a reçu le concours d’un backing group. Les compos sont brèves, énergiques, intenses, intransigeantes, directes, groovy, brutales, caustiques, abrasives et jouissives. Parfois également noisy. Et même enlevées. Mais pourtant, filtre à travers les compos, un subtil sens mélodique, entretenu par la voix écorchée de Tym ainsi que par sonorités des cordes de grattes. En finale, « Mindreader » est même hanté par un Sonic Youth au sommet de son art. A consommer sans modération, si c’est votre tasse de thé…

 

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