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Dernier concert - festival

Viagra Boys
Guns N Roses

Mingafest 2018 : dimanche 1er avril

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Mingawash a décidé de célébrer la release party de son premier elpee, « Imposteur », au Zik Zak d’Ittre, dans le cadre d’un festival pour lequel il a invité quelques groupes ‘amis’. Sur le website de la salle, il est indiqué que l’ouverture des portes est prévue à 19h30 et que le premier concert débutera à 20 heures. Mais en arrivant sur place, votre serviteur constate que les hostilités ont déjà commencé depuis un bon bout de temps. Depuis 15 heures, très exactement. Bring Burden, Ocean Encounters, Nhl et Better Be Dead se sont déjà relayés.

Bref, en débarquant, il y a plus de 200 âmes dans la salle pour accueillir DadaboviC, un quatuor issu de Valenciennes, découvert lors du Raismes Fest en compagnie d’Ultra Vomit, des autres dérangés de la boussole. Les textes sont barrés et bourrés de jeux de mots à se tordre de rire. Mais à prendre au second degré. DadaboviC élabore une fusion énergique et déjantée entre métal puissant et hardcore frénétique. Autrement dit, un trashcore moderne. Plus qu'à un concert, c'est à une mise en scène qu’on assiste. C’est le leader et créateur du groupe qui interprète le rôle du professeur DadaboviC, épileptique depuis de nombreuses années. Toute l’histoire racontée par le groupe DadaboviC n’est que la réminiscence exagérée de situations vécues par le patient lors de ses crises. Avec beaucoup d’humour et de recul, le Pr. DadaboviC propose donc de témoigner en public. A sa manière…

Des vidéos projetées sur un écran, placé derrière le drummer, illustrent les deux premiers titres. D’abord « Télevisse », une sorte de rockabilly découpé dans des riffs de grattes puissants et dont le tempo est imprimé par une section rythmique déferlante. Potaches et égrillards, les calembours sont dignes d’Ultra Vomit. Puis l’insidieux « Fils de Pub » qui conditionne la vente de boisson pour se soigner. « Charcuterie Plastique » tranche dans le vif (NDR : voir le clip ici).

« Harry Tmetic » (NDR : un extrait du premier elpee « Carbamazapine », le nom d’un médicament anticonvulsivant et thymorégulateur) est traité aux riffs core et stoner alors que les textes sont vociférés, mais dans l’esprit d’un rap violent. « Et Pour Le Pire » raconte l’histoire d’un vieux couple qui se supporte plus, s’ennuie et en vient aux mains. Les noms d’oiseaux volent… « Jean Pierre Pipot », JPP pour les intimes, est également victime de crises d’épilepsie. Il présente le JT avant d’aller se défouler dans les boîtes ou lors de ‘partys’. Martin et le Panda, qui serre un fût de coca-cola en mains, contribuent au spectacle et s’en donnent à cœur joie. Place ensuite à un petit concours d’‘air guitar’ qui permet à trois spectateurs d’exécuter un peu de Metallica. « Paul Pau » est le roi de la masturbation. Il est sourd et a constamment la trique. A force d’astiquer son pénis, il s’est démis l’épaule. Stoner burné, ce morceau déclenche l’un ou l’autre pogo et un timide round circle. Et le set de s’achever dans le disco punk. DababoviC se produira au ‘Telegraphe’ d’Ath, le 9 juin, et au Titan Club de Lens, le 17 novembre.

Place ensuite à Mingawash. Martin Moreau (NDR : il a milité au sein du défunt Feel et sévit chez Lemon Straw, comme drummer, mais s’est reconverti, pour la circonstance comme chanteur) et les onze personnes qui l’accompagnent sont impatients de présenter leur spectacle déjanté. Ils ont bossé dur pendant des semaines pour nous élaborer ce nouveau show. Le collectif accueille un second vocaliste qui répond au prénom de Clément. Il va ainsi appuyer la voix de Martin. Ce qui va également permettre à ce dernier de se concentrer sur la chorégraphie. Gaëtan et Max se chargent des grattes. Et elles vont faire des ravages. Echappé de l’Enfer, sanguinaire, Denis le Saxon se consacre à la basse. Et Théo à la batterie. Ses interventions sont à la fois tourmentées, sauvages et tribales. Un percussionniste se concentre sur une grosse casserole et un fût de coca-cola. Sans oublier Roy le Panda qui incarne l’image du band et le personnage central. Rien qu’en l’observant, on a des bouffées de chaleur. Un peu paumé, il cherche à attirer l'attention ; et puis surtout il souhaiterait sauver ce monde promis à un avenir peu réjouissant. Le line up est complété par de radieuses pandanettes, sorte de ‘pom pom girls’ de luxe qui déchirent.

Une intro instrumentale percussive permet au band de s’installer sur les planches. Martin est vêtu d’un costume rouge. Les sigles ‘MW’ sont imprimés dans le dos. Il se pavane en secouant des percus manuelles. C’est également la plage qui ouvre l’elpee. Les deux pandanettes sont plantées sur des estrades sises de part et d’autre des marteleurs de peaux. Elles tiennent une énorme batte de baseball. Grimées, elles défient le peuple réuni dans la fosse. Les gratteurs balancent la sauce. Pendant « Tape », Panda s’avance au bord du podium pour provoquer, à son tour, l’auditoire. Il lance ses poings terminés par des gants de boxe, dans le vide. Martin en profite également, mais de la voix, pour haranguer cette foule. En culottes courtes (NDR : il lui manque le cartable sur le dos), Clément surgit pour vociférer ou gourgousser dans le micro. Martin revient habillé en gonzesse pour attaquer « Médisant ». Panda ôte sa fourrure et dévoile un costume en latex noir, un string en toile de la même couleur et un collier à pointe autour du cou. Les pandanettes sont maintenant au nombre de quatre. Champion du déguisement, Martin a réenfilé son costume rouge avant « Bandes Organisées ». Il prévient que la troupe va parler d’eux et de nous. Panda a réendossé son pelage et refait surface un drapeau en main. Des percus électroniques amorcent « Joujou ». Un fauteuil ‘Emmanuelle’ est installé devant l’estrade réservée aux percus. Panda s’y affale. C’est le roi. Le Fou du Roi ! Martin s’assied sur ses genoux et se met à chanter. Le spectacle n’est pas loin d’un numéro de clown. Les filles s’agitent comme des poupées désarticulées. Les changements d’accoutrements se multiplient. C’est un véritable spectacle de transformistes. Torse nu, Panda est fagoté dans un pampers trop large, retenu par des bretelles. Il court sur place. Il opte encore pour une cape verte alors que Martin a choisi un costard de couleur noire. Ils doivent avoir mangé un « Champignon ». Panda fait son comeback sur un mini-vélo pour « Chope Ton Biker », un titre introduit par une musique de film western spaghetti à la Sergio Leone. Il fanfaronne fièrement dans son blouson de cuir noir pour motard. Martin l’accompagne sur le porte-bagages. « Fish-Boy » déclenche un début de ‘circle pit’ dans la fosse. Tout le team est sur le podium pendant « Aveugle », un morceau de black metal. Ils ont tous les yeux bandés. Pas évident pour les sixcordistes qui se contenteront finalement d’exécuter cette compo sur deux accords. Le show s’achève par le » single « Zoofolie », une chanson qui ne figure pas sur le long playing (NDR : pour découvrir le clip, c’est là).

Psykokondriak se charge de clôturer le festival. Du Beastie Boys à la belge. Pas trop ma tasse de thé. Il est temps de rentrer au bercail…

(Organisation : Mingawash and friends)

 

Silicon Tree

Another Road

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Silicon Tree a été formé en 2011, à Bruxelles, par un guitariste et compositeur français vouant une admiration sincère pour la musique si chère à Oasis et Stereophonics. Constitué de musiciens chevronnés, le groupe a publié un premier album en 2015, après deux Eps autoproduits. « Another Road » réunit des plages de facture classique, tantôt acoustiques (« Summertime ») ou électrifiés (« Not For Sale »)… le tout à haut potentiel mélodique (« Have a Smile »). Les fans des frères Gallagher seront aux anges à l’écoute du crescendo d’« Another Day »… Beau travail pour ces artisans du pop/rock…

Yossi Sassi

Roots and Roads

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Autoproduit, « Roots and Roads » constitue le troisième elpee solo de Yossi Sassi. Ce qui ne l’a pas empêché de faire appel à un backing group.

C’est à Tel Aviv, au Jaffa Sound Art, que cet album a pris forme sous la houlette de Liron Schaffer. Il a enregistré le retour du guitariste Ron ‘Bumblefoot’ Talh (ex-Guns N’ Roses), comme invité, ainsi que la collaboration de sa fille, Danielle Sassi, à la flûte. Sans oublier la participation d’un collectif solide incluant, entre autres, le guitariste Ben Azar, le percussionniste Roei Fridman et la chanteuse Sapir Fox.

Si le gratteur est connu pour son univers musical particulier mêlant tradition et modernité, il s’est également rendu célèbre par l’invention d’un instrument unique, le bouzoukitara (NDR : sorte de guitare à double manche constituée d’un bouzouki grec acoustique et d’une guitare électrique).

Au-delà de la prouesse technique, cet instrument définit le son et la musique de l’Israélien et lui permet de mélanger les genres : metal, folk, pop et rock progressif avec en pointe de mire, la musique orientale en harmonie, se moquant des barrières musicales et laissant libre cours à sa créativité.

Le long playing est partagé entre titres instrumentaux et chantés, parfois en solitaire (« Wings », « Thundercloud ») ou en compagnie de Sapir Fox (« Road Less Travelled », « Bird Without A Tree »). Les plages sont enrichies par les interventions de nombreux invités, dont la chanteuse israélo-russe Diana Golbi sur le heavy rock oriental « Root Out » et surtout Zaher Zorgati (frontman de Myrath), tout au long du morceau sculpté dans le metal, « The Religion Of Music ».

Sur les titres instrumentaux, Yossi Sassi dévoile toute l’étendue de son talent de compositeur. A l’instar de « Palm Dance », au cours duquel le génial Ron Thal nous gratifie de fabuleux solos dont il a le secret et le magnifique et très progressif « Winter » qui mêle habilement les sonorités jazzy, les cuivres et les riffs métalliques. Ce sont les deux pièces maîtresses de l’opus.

Yossi est un artiste talentueux capable de varier les genres. Sa musique est sans frontières, universelle même. Une belle découverte !

 

Mahalia Burkmar

Sur les traces d’Amy Winehouse ?

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Jeune prodige, Mahalia Burkmar pratique une forme de psyché/r&b/soul réminiscente des 90’s. Elle voue un grand respect à feu Amy Winhouse, qu'elle considère comme sa source d'inspiration majeure. On devrait également y ajouter Sade et Lauryn Hill. Agée de 19 printemps, cette Anglaise (NDR : elle est née à Leicester) est considérée aujourd'hui comme l’une des artistes les plus prometteuses de son époque. A son actif, 2 Eps et un premier elpee, « Diary Of Me », paru en 2016. Pas de supporting act pour ce spectacle soldout. Jeune, le public est majoritairement féminin.

Casquette rivée sur le crâne, le bassiste, appuie sur deux boutons pour lancer les machines qui lancent des samples. Devant lui, on remarque la présence d’un tapis de pédales. On entend la voix de Mahalia depuis le backstage. Elle entre enfin sur le podium sous les acclamations du public et empoigne sa six cordes, posée sur un trépied, avant de se planter derrière son micro. Elle a revêtu un training de couleur noire à bandes blanches sur lequel sont reproduites les lettres ‘noire’, en caractères majuscules, sur le milieu de ses manches et de son pantalon. Elle attaque « No Pressure », un titre de soul indolent aux beats autant subtils que discrets…

Mahalia présente chaque chanson. Le son est parfait. Pendant la ballade folk, « Silly Girl », les spectateurs des premiers rangs susurrent les paroles du bout des lèvres. Autre morceau tendre, « Marry Me » incite au voyage. La voix de l’artiste me fait alors penser à Selah Sue. Elle abandonne sa gratte pour s’installer devant sa machine. Caractérisé par ses beats graciles, « Proud Of Me » nous embarque sur la planète hip hop. La voix de l’artiste monte de plus en plus haut. Et elle donne tout ce qu’elle a dans le ventre, mais possède un feeling et une gentillesse qui mettent à l’aise l’auditoire…  

Avant d’aborder « Back up plan », elle raconte une petite histoire. Cependant, dès l’entame du titre, elle s’emmêle les pinceaux. Pas perturbée pour un sou, et malgré les rires du public, elle reprend le morceau à son début. Mais c’est alors l’ensemble de l’auditoire qui entame le refrain. Pendant « Hold On », elle s’autorise une danse africaine très communicative. Un moment au cours duquel elle occupe toute la largeur de l’estrade. Résultat : la température grimpe d’un cran. Retour au calme pendant « 17 ». Une compo à la fois jazz et lounge suspendue à un mid tempo, astucieusement tracé par la ligne de basse. Elle reprend sa guitare pour « Honeymoon », un titre de folk/soul élégant. Pendant « Zayn Spoken Word », c’est la piste aux étoiles dans la fosse. Et pour cause, les smartphones illuminent la salle. Le refrain est repris a capella par l’auditoire. Tout comme pour « Sober », moment au cours duquel la foule et l’artiste entrent en véritable communion. Elle vide les lieux après avoir salué son public et ne réapparaîtra plus. Ni pour signer des autographes ou prendre de quelconques selfies. Mais le public ne lui en tiendra pas rigueur, il est définitivement conquis pas la Britannique. Elle reviendra dans le cadre du festival Couleur Café, ce 29 juin 2018.

Stelist : « No Pressure », « Silly Girl », « Marry Me », « Proud Of Me », « No Reply », « Back Up Plan », « Cover », « Hold On », « 17 », « I Remember », « Honeymoon », « Zayn Spoken Word », « Sober ».

 (Organisation : Ancienne Belgique)

 

The View Electrical

Heiligenstadt

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« Heiligenstadt » constitue le second opus de ce duo suisse qui réunit Frédéric Aellen (Sonograph) et Raul Bortolitt (Kruger, Orso). Il fait suite à « Roseland », paru en 2015, suivi d’un remix de 5 titres de cet elpee, gravé sur un Ep mis en forme par un des pionniers du métal indus, Justin K. Et ce nouvel album a été mixé et masterisé par Magnus Lindberg (Cult of Luna). Tout un cheminement qui a forcément déteint sur cet « Heiligenstadt ».

En fait, si la musique de The View Electrical baigne, en général, dans la dream pop (Beach House ?), elle est capable de virer tantôt à la prog crimsonienne (NDR : pensez au titre maître du premier elpee, « In the court of the Crimson King »), le shoegaze de Chapterhouse voire de Slowdive (les cordes cristallines et les vocaux éthérés), mais également le post metal, style auquel Cult of Luna émarge, et que traduit alors des vocaux hurlés ainsi qu’une montée en puissance électrique. Ce qui n’empêche pas certains compos de s’enrichir d’un trio de cordes (violoncelle, alto, violon) ou de tirer parti, circonstanciellement de l’électronique. Et le résultat tient parfaitement la route. Mais la meilleure plage de l’opus est incontestablement et paradoxalement « Fell for grave ». Enrichie d’arrangements orchestraux somptueux, elle bénéficie du concours de Dälek, qui vient rapper à mi-parcours, apportant ainsi une dimension inattendue et éblouissante à cette compo.

 

The Wait Sons

The Wait Sons (Ep)

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Premier Ep pour ce quintet belge dont le stoner mélodique évoque d’abord The Datsuns, un excellent groupe australien, injustement méconnu. Les interventions du guitariste rythmique, parfois ‘deepurpleliennes’ et les envolées bien calibrées du soliste nous le rappellent instantanément. Les harmonises vocales sont limpides, les drums amples, et la ligne de basse est bien soutenue. Seule la voix du chanteur lorgne vers celle de Billie Joe Armstrong, le leader de Green Day. « First song » (NDR : ben, pas un choix trop difficile pour un titre qui ouvre ce disque) se révèle particulièrement contagieux, et pourrait facilement être traduit en single. Et les quatre autres morceaux tiennent parfaitement la route. Si vous êtes fans de Triggerfinger… et bien sur des Datsuns, vous devriez apprécier la musique de cette formation…

 

Das Geld

Hesitation

Écrit par

Das Geld n’est pas un groupe allemand, mais rennais, réunissant Klaus Baron (guitare, bruitages) et Herman Jung (synthés, voix, distorsions). Après avoir gravé deux Eps, le duo nous propose son premier album. Découpé en 8 pistes, il propose une musique hybride, mais largement dominée par l’électro. En fait seules les interventions de guitare sont organiques. Tour à tour industrielle (surtout « Croustiroc »), noisy (l’angoissant « A soft kiss in Saint-Louis, une piste imprimée sur un tempo binaire et caractérisée par un refrain obsessionnel) ou expérimentale (« Oceanopolis »), la musique est le plus souvent hantée par Nitzer Ebb, surtout quand elle vire à l’EBM. Seule exception qui confirme la règle, le plus pop « Myrtille », dont les vocaux, les claviers vintage et le refrain entraînant évoquent carrément OMD. Pas vraiment ma tasse de thé, mais dans le style, la paire se débrouille plutôt bien…

 

Frantic

It

Écrit par

« Album dress », le précèdent elpee de Frantic était paru en 2005. Depuis, François-Olivier Nolorgues a défendu différents projets, concrétisé, la plupart du temps, par des singles, dont un en compagnie de Marc Almond et un autre, de Dominique Dalcan. « IT » a été enregistré entre Paris et Londres et mixé à Los Angeles par l’équipe d’ingénieurs du son de M83, sous la houlette du producteur britannique Flood (Depeche Mode, Gary Numan, New Order, PJ Harvey, Smashing Pumpkins, Soft Cell, U2, etc.)

Vocalement, François-Olivier est un véritable caméléon, capable d’emprunter tour à tour le timbre et même les inflexions, de Devandra Banhart, Bryan Ferry, Peter Murphy, Mark Hollis ou encore Dominique A. Musicalement, Frantic puise ses sources dans les eighties, et tout particulièrement chez Depeche Mode circa « Construction Time Again », John Foxx, Ultravox voire Tubeway Army. Hormis le minimaliste « And leave it all behind », plage au cours de laquelle, F-O chante en s’accompagnant uniquement à la guitare électrique, tous les titres baignent dans l’électro wave. Majestueux, ténébreux et énigmatique, « Save my heart from the world » constitue la meilleure piste du long playing. Et caractérisé par ses percus martiales, « Winter man » ne manque pas d’allure, tout en lorgnant vers Talk Talk. Dansant, « Time to make your mine » est un hit potentiel. Mais à partir de « Lookin’ at the scene », au cours duquel le vocal est massacré par un vocodeur (NDR : c’est dans l’air du temps, mais c’est le genre de truc qui me pousse à zapper), l’inspiration commence à tarir. Et ni l’hymnique et ‘u2esque’ « I want to die for you » ou la reprise assez quelconque du « Love my way » des Psychedelic Furs ne parviennent à faire la différence. Dommage cette baisse de régime, après un départ si prometteur…

 

John Maus

Screen memories

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Avant de lancer son projet musical, John Maus était professeur de philosophie à l’Université d’Hawaii et docteur en sciences politiques. Un intello, quoi ! Ce parcours peu commun lui a quand même permis d’atterrir sur la scène indie ; mais lui a valu le pseudonyme de ‘musicien-philosophe’. Le natif du Minnesota a cependant toujours eu des liens avec la musique. C’est d’ailleurs en 1998, alors qu’il vient de fêter ses 20 printemps et étudie à l’institut des Arts de Californie, qu’il rencontre son futur acolyte Ariel Rosenberg (alias Ariel Pink). En parallèle à ses études et recherches, il publie plusieurs elpees et se distingue pour ses performances live.

Pour ce quatrième opus, intitulé « Screen Memories » et publié chez Ribbon Music (Django Django, Laura Marling, Hamilton Leithauser), John reprend les choses là où il les avait laissées, lors de son précédent elpee, « We Must Become the Pitiless Censors of Ourselves », paru en 2011. Il nous y propose douze morceaux de synth-pop caverneuse dont une écrite par son compagnon Ariel Pink, en l’occurrence, « Bombs Away ». D’une voix de baryton, il véhicule des textes loin d’être réjouissants. Rappelant les grandes heures des 80’s, Maus se sert de claviers, de rythmiques électroniques et d’une basse écrasante. L’Américain a un don pour explorer des codes connus, sans pour autant tomber dans le kitsch, même si parfois il est à la limite, à l’instar de l’excellent « Teenage Witch » ou encore de « Pets ».

Au final, l’ensemble s’avère surtout très efficace. On ne voit pas le temps passer, à l’écoute de cet LP, et lors d’une seconde lecture, on se surprend même à en fredonner les mélodies.

 

Lonny Montem & Guillaume Charret

Tara (Ep)

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« Tara » constitue le deuxième Ep de Lonny Montem et Guillaume Charret, aka Yules, un duo français qui pratique une forme de folk traditionnel inspiré par Joni Mitchell, Joan Baez ou encore Laura Marling. Ce disque fait suite à un autre Ep, baptisé « What kind of music do you play », paru en février de l’an dernier. Enregistré au beau milieu de l’Auvergne, au sein de la maison du paternel de Lonny, ce nouvel essai nous plonge au sein d’un environnement propice à la rêverie, la quiétude, le réconfort et où la nature règne en maître. Découpé en 7 pistes, il recèle deux reprises dont le « You can close your eyes » de James Taylor et le « Old friends » de Paul Simon ». Si la sèche et/ou le banjo, le plus souvent joués en picking, sert de trame aux compos, glockenspiel, drums, violon ou encore melodica s’invitent suivant les circonstances. Et le tout est souligné par les superbes harmonies vocales échangées entre les deux artistes, la voix de Lonny se révélant, par ailleurs, d’une grande pureté. En outre, les mélodies sont particulièrement soignées. C’est beau, frais, léger, romantique, empreint de délicatesse et digne de Lady & Bird. Suffirait d’un zeste de gratte électrique pour que l’ensemble prenne une dimension remarquable…

 

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