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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Ora Cogan
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Uniform

Wake in fright

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Deux ans après avoir gravé un premier opus sur l'écurie new-yorkaise Sacred Bones, le duo originaire de la grosse pomme nous propose pour suite, "Wake in fright".

Ben Greenber (NDR : ex-The Men, mais également responsable de la mise en forme d’albums de Pop.1280 et de White Suns) et Michael Berdan (ancien chanteur chez Drunkdriver) n’ont rien perdu de leur hargne. Le mélange d'indus et de punk/hardcore dispensé par Uniform est littéralement désarçonnant. Le tandem n'est pas du genre à faire dans la dentelle et il ne faut certainement pas s'attendre à un soupçon de mélodie. Aussi, lors des premières écoutes, il n'est pas facile de passer outre, les sonorités parasites. Dès "Tabloid", en ouverture, la paire laisse éclater toute sa rage sur un rythme frénétique imposé à une musique minimaliste. La voix acrimonieuse de Brendan n’épargne aucune des huit pistes de cet elpee. Et si le tempo imprimé sur "Habit" ralentit quelque peu la cadence, les crépitations persistent et se transforment même en larsen continu pendant "The Light at the End".

Après une bonne demi-heure de pilonnage intensif, on arrive enfin (fatigué) au bout de ce "Wake in fright". On se demande alors pourquoi on s'est infligé une telle torture sonore...

 

Sean Webster

Leave your heart at the door

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Ce jeune britannique s’est converti au blues à l’écoute de son idole, Eric Clapton. Ce chanteur/guitariste s’est ensuite intéressé à d’autres légendes, telles que les King (BB, Albert et Freddie), Albert Collins, Robert Cray et bien d’autres. Il choisit pour patronyme de son premier groupe, The Journeymen, c’est-à-dire le titre d’un long playing de Clapton ! Au fil du temps, il a changé le nom de sa formation en Sean Webster Band. Le combo comptait déjà cinq elpees et un Ep à son actif. "Leave your heart at the door" a été enregistré en Angleterre. Lors de sessions, il s’est littéralement multiplié en assurant l’écriture des compos, les arrangements, le mixing et la production. Il a bien sûr reçu le concours de son backing group ; en l’occurrence le bassiste Greg Smith, le drummer Joel Purkess et le claviériste Bob Fridzema.

On est de suite séduit par la voix chaude et légèrement graveleuse de Webster. Elle me rappelle celle de Danny Bryant, voire des frères Nimmo, des compatriotes. Tapissée par l’orgue Hammond, "Give me the truth" est une ballade musclée au cours de laquelle les cordes du leader tirent leur épingle du jeu. Autre ballade, "Wait another day" est davantage paisible. Les arrangements sont superbes. Sean libère ses cordes parcimonieusement tout en prenant soin de soigner le sens mélodique. Lors des tempos lents –largement favorisés– les accents blues sont bien plus prononcés. A l’instar de "Broken man", de l'émouvant  "Silence echoes in my heart" ou encore d’"I don't wanna talk about it!". Et lors de cette dernière plage, enrichie d’arrangements de cordes, la voix féminine de Penny Leen Krebbers finit par émerger. "You got to know" est imprimé sur un rythme plus enlevé. Sean s’y réserve une sortie remarquée à la guitare. Tout comme sur le plus pop "You can say". Blues lent et long, "Start again" se révèle plus théâtral, dramatique même. Parfaitement maîtrisé et tout en économie, le solo agrège production d’effets et sensibilité raffinée. Le spectre de Joe Cocker plane tout au long du légèrement funky "Hands of time". A cause de la voix ; même si elle est moins ravagée. Paisible, le titre maître trempe dans un roots/blues coloré par l'orgue Hammond. De bonne facture, cet opus s’achève par "'til summer comes around". La voix est bouleversante. Et l’envol des cordes communique une émotion intense…

 

Willie & The Bandits

Steal

Écrit par

Fondé en 2010, Willie & the Bandits est issu de Devon, en Angleterre. Ce trio de blues/rock implique le chanteur/guitariste Willie Edwards, le bassiste Matt Brooks et le drummer Andrew Naumann. "Steal" constitue son quatrième opus.

Une slide bien huilée introduit "Miles away", un rockin' blues bien remuant tapissé par l’orgue Hammond de Don Airey (NDR : c’est lui qui a succédé à Jon Lord, au sein de Deep Purple en 2002 ; mais il a aussi milité chez le Colosseum II, Rainbow et dans le backing group de Gary Moore). Une compo bien construite, conclue par une intervention d'envergure sur les cordes. Des effets sonores mettent "Hot rocks" sur orbite. Une plage parfaitement adaptée à la formule trio. Les riffs sont puissants. Matt brille à la basse ; qu’elle soit à 5 ou 6 cordes. Et elle s’intègre parfaitement dans cette solide section rythmique. L'orgue d'Airey ouvre le lent "Scared in the sun". L’intro est majestueuse, presque prog. Le titre monte graduellement en crescendo jusqu’à la déflagration de cordes déclenchée par Edwards ; des cordes qui s’élèvent dans la stratosphère, dans un style proche de David Gilmour. Superbe ! "Atoned" libère un maximum d’énergie. La batterie crache des flammes alors que la voix adopte les intonations de Robert Plant. Etonnant ! De la même veine, "1970" s’illustre par un envol de cordes époustouflant. Une véritable claque ! Ballade, "Crossfire" s’ébroue aux sonorités de cordes acoustiques et se développe au fil de ses arrangements, alors que la voix semble de nouveau hantée par Plant. Tout comme pendant "Living free", une piste de roots blues rock colorée par le dobro et qui s’achève par une superbe intervention à la slide. Plus prog, "Our world" met bien en exergue les percus. L'orgue Hammond de Don Airey opère son retour sur la finale "Bad news", une plage qui alterne passages doux et violents, avant de s’achever dans un certain délire…  

 

Les Nuits Botanique 2017 : lundi 15 mai

Pour la cinquième Nuit Botanique, l’affiche au sein du chapiteau, est à nouveau diversifiée. Elle propose d’ailleurs Whispering Sons, Agar Agar et Magnus. On ne le répètera jamais assez, ce sont ces associations originales de styles qui créent l'attrait de ce festival. Quand on achète un ticket pour un projet connu, pour le même prix, on à l’opportunité d’en découvrir deux autres.

Malheureusement, il n’y a guère de monde, à 19h30, pour accueillir Whispering Sons. Le sacro-saint couvre-feu décrété à 22h30 provoque, pour triste effet, un 'schedule' qui commence très tôt, beaucoup trop tôt ! Vainqueur de l’édition 2016 du Humo Rock Rally, Whispering Sons mérite pourtant une attention particulière. Cette formation de post-punk est en effet en pleine ascension. Issue de Houthalen-Helchteren, dans le Limbourg, elle s’est établie depuis peu à Bruxelles, où les musiciens poursuivent pour la plupart leurs études. Sa musique s’inspire des pionniers du rock 'dark' : Sisters of Mercy, Bauhaus, Siouxsie et Chameleons, mais également d’un projet plus contemporain comme The Soft Moon, un des fers de lance du renouveau 'wave'. Sur le podium, pas de séquenceurs ou de backing tracks : ils y a cinq musicos, et c'est du 100% live ! De gauche à droite, on reconnaît Kobe à la guitare, Sander aux claviers, l'autre Sander aux 'drums pads' et à droite, le nouveau bassiste, Tur. Au devant de la scène, focalisant tous les regards, Fenne fascine par sa voix grave, sépulcrale, comme une version féminine d’Andrew Eldritch. Le visage auréolé de sa chevelure blonde, elle ondule comme une prêtresse hantée par les mélodies sombres et les musiques caverneuses. Parfois, elle éructe et entame une danse macabre, comme pour exorciser ses démons.

Dans la setlist, le combo limbourgeois privilégie les nouveaux morceaux : il y en a pas moins de quatre sur huit : « Alone », « Skin », « Hollow » et « White Noise » (NDR : merci Fenne pour cette information). Ce dernier fait très forte impression auprès des aficionados. « Performance », « Strange Identities » et surtout « Wall », probablement le titre le plus emblématique, tout comme « Insights », le titre final qui clôture le show en force sont, par contre, mieux connus. Une formation à suivre, pour celles et ceux qui ignoreraient encore, son existence… (Pour les photos, c'est ici)

En ce qui concerne Agar Agar, c'est plutôt votre serviteur qui est dans l'ignorance. En consultant le programme, on apprend qu'il s'agit d'un duo français impliquant Clara, au chant, ainsi qu’Armand aux claviers et boîtes à rythmes. Même si cette musique n'est pas ma tasse de thé, il faut reconnaître que la prestation est excellente. Le style ? De l'électro-pop aux sonorités rave issues des années '90, enrichies par des touches 'synthwave' typiquement années 80. Le recours au célèbre MS-20 de Korg et au synthé Roland explique, sans doute, cette impression. En outre, acides, les lignes de basse adoptent un son ‘early warp’. Bref, l’expression sonore lorgne manifestement vers Daniel Maloso, Black Devil Disco Club voire Ariel Pink. Encore qu’à l’écoute de « Prettiest Virgin », on ne peut s’empêcher de penser à Everything But The Girl. La voix de Clara est superbe, claire et chargée d'émotion. Sa spontanéité et son énergie font mouche. Vêtue d’une chemise large de type bûcheron et d’un jean bleu savamment déchiré, son look est plutôt relax. Le public a maintenant presque investi complètement le chapiteau. Il est sous le charme et réagit très positivement, surtout lors du final électro qu’on pourrait qualifier d’endiablé. Cette musique ne laisse pas 'hagard'... Hum... Jolie découverte, en tout cas ! (Pour les photos, c'est là)

Après une dégustation de cidre, il est temps de revenir sous la tente, pour assister au concert de Magnus, la tête d'affiche. Début du millénaire, Tom Barman avait mis son dEUS, entre parenthèses pour fonder Magnus en compagnie du DJ anglais Christian Jay Bolland (CJ Bolland). Le projet compte deux elpees ainsi qu’une flopée de singles et d’Eps dans sa discographie. On apprendra lors du concert, qu’un nouveau disque est en cours de production et devrait voir le jour en septembre.

En attendant, on peut raisonnablement affirmer que Magnus a parfaitement rempli son contrat aux Nuits Botanique. Un Tom Barman, très en forme, très efficace au chant et virevoltant sur le podium, a convaincu un public enthousiaste. La musique proposée est issue du fruit d’un 'crossover', assez original, entre électro, funk, synthpop et wave, autorisant même quelques incursions dans le métal. Sur les planches, le duo est soutenu par Tim Vanhamel (guitare, chant), Joris Caluwaerts (claviers) et Christophe Claeys (batterie). 

Dans la setlist, comparable à celle réservée au concert accordé dans le cadre de l’édition 2016 du Pukkelpop, figurent « Regulate », « Catlike », « Soft Foot Shuffle », « Puppy » et bien sûr, « Singing Man ». Sur ce dernier morceau, une 'backing track' remplace malheureusement Tom Smith. Il est bien évident que la présence du chanteur des Editors aurait apporté une autre dimension à la compo ; mais en son absence, l'utilisation d'une bande-son ne peut que semer le doute : où est le live et où est le play-back ? D’ailleurs, au cours du set, le recours à d’autres bandes laisse perplexe. Une erreur, de casting, à mon humble avis.

Mais en ‘live’, la force de Magnus repose sur la gestion, magistrale, de la dynamique. Tant Barman que Bolland sont des DJ orientés electro ; donc ils sont rompus aux progressions ainsi qu’aux variations de volume et de son. Chaque titre est traduit en remix et les arrangements sont impressionnants. Parfois, le Nine Inch Nails live de la période « With Teeth » me traverse l’esprit. L'énergie et la gestuelle de Barman ne sont d'ailleurs pas sans rappeler celle de Trent Reznor.

Bref, nonobstant les réserves émises pour le recours aux supports magnétiques, cette prestation s’est révélée hypnotique, passionnante et de stature internationale. Tout en libérant un 'groove' irrésistible ! Magnus, c'est tout simplement... grand.(Pour les photos, c'est ici)

Philippe Blackmarquis

Magnus + Agar Agar + Whispering Sons


Pas de nuit belge cette année. Cependant, sur les 11 artistes ou groupes programmés ce soir, 7 sont issus du pays. Ils vont se partager les podiums des Nuits, au Botanique. Le chapiteau fait le plein. Normal, Agar Agar et Magnus sont à l’affiche. Et les autres salles seront également quasi-combles. L’Orangerie accueille Aliocha, Barbagallo, Pale Grey et Noa Moon. Une soirée qui va embrasser différents styles : la pop, le rock, le folk et l’électo. Compte rendu.

Pas grand monde pour applaudir Aliocha Schneider, un jeune auteur/compositeur/interprète (NDR : il est également comédien) né à Paris et établi au Canada. Il publiera son premier elpee, « Eleven songs », en juin prochain.

Aliocha est accompagné, en ‘live’, de son frère, Volodia, aux drums, de Christian Sean (guitare, claviers, glockenspiel) et de Tom Tartarin (basse). L’artiste puise ses racines dans le folk, l’americana et le rock (NDR : parfois même le grunge). Sa musique évoque tour à tour Bob Dylan (surtout), Elliott Smith, Nick Drake ou Scott Matthews. « Ping Pong Club » traverse les plaines du Far West. « Virtue » n’est pas une chanson d’amour. Suivant l’artiste, elle est destinée à Donald. Pas celui de Walt Disney, mais au nouveau président des Etats-Unis, le méchant Trump. Titre radiophonique, rythmé, voire dansant, « Sorry Eyes » lorgne carrément vers Beck. De délicates sonorités de glockenpiel amorcent « Crystal Plane », un morceau de folk atmosphérique qui navigue quelque part entre l’univers de Simon and Garfunkel et d’Iron & Wine. Meilleur moment du set, « Flash In The Pan » est attaqué en picking. Folk vaporeux, « Jamie » est une chanson émouvante écrite pour un ami qui traverse une mauvaise passe. Et paradoxalement, « The Start » clôt le show. Un langoureux récit électrifié du désir de liberté d’un homme, face à celle, parfaite, d’une femme émancipée…(Pour les photos, c'est ici)

De 2008 à 2012, Julien Barbagallo a assuré les drums chez Tahiti 80. Depuis, il a rejoint le groupe australien, Tame Impala. Ce Toulousain est revenu en France, le temps d’enregistrer son premier album solo, « Grand chien ». Et puis il est parti en tournée pour le défendre. L’artiste propose des ballades solitaires, dans la langue de Molière… ce qui m’incite à rejoindre la taverne, pour y déguster une bonne bière (ça rime !)… 

Pale Grey s’est largement converti à l’électro. Il vient de publier « Ghosts », un Ep 4 titres qui précède la sortie d’un futur elpee. Vu le style proposé, votre serviteur ne parvient pas à accrocher et décide de retourner au bar, en attendant le set de Noa Moon…

Il y a 3 ans, presque jour pour jour, Noa Moon foulait les planches de l’Orangerie. Pendant toute cette période, Manon a pris le temps de se consacrer à l’écriture de son second LP, « Azurite ». Dont elle va nous réserver de larges extraits, ce soir. Un album introspectif qui a reçu le concours de Daniel Offermann (Girls in Hawaii) à la mise en forme. Récemment, l’artiste aux yeux bleus avait occupé une résidence de 3 jours, au Salon de Silly. Depuis la sortie du premier album, « Let Them Talk », gravé en 2013, il ne reste plus que le drummer Fabio Zamagni au sein du line up de son backing group. Qui implique aujourd’hui, les claviéristes Laetitia Collet (NDR : elle milite également chez Dan San) et Aurélie Muller (NDR : également préposée à la basse et à la clarinette). En outre, elles assurent les chœurs.  

Armée de sa gratte semi-acoustique, Manon est habillée d’un pantalon et d’une veste de couleur noire. Son sourire est radieux. Comme le soleil qui brille tout au long de « Let It Shine », une compo pop sucrée et sautillante, dynamisée par des percus africaines.   

Retour en Baie de Somme pour « The sea ». Le sable est chaud. On s’allonge sur la plage. A l’écoute du bruit des vagues. Les embruns marins vous titillent les narines. Sur son nouvel elpee, Manon aborde régulièrement le thème de l’eau. La sirène est recouverte d’écailles et plonge au cœur de l’« Ocean ». Elle s’y berce langoureusement, alors que les harmonies vocales éthérées, conjuguées à trois voix, vous envoûtent. « Call My Name », c’est un cri du cœur. Le « Paradise » est-il à Kingston ? Imprimé sur un mid tempo, la version est plus lente que l’originale, mais elle est parfaitement reconnaissable. Pour « Azurite », Manon délaisse sa gratte. Ballade teintée de pop et de soul, « Kaleidoscope » est manifestement un hit potentiel. Electro, « Alive » est un titre plus dansant. Le public frappe dans les mains. La reprise du « Lean On » de Major Lazer aurait pu naître d’une rencontre entre Nicki Minaj et MØ. Manon s’attaque au blues à travers « Nightwalk », un morceau (NDR : dévoré par les alligators ?) qui nous entraîne dans le Delta. Place ensuite au single « Sparks », un autre titre dansant. Le concert s’achève par le plus paisible « Just A Song ». Fabio abandonne ses fûts et se consacre aux synthés, alors qu’Aurélie a opté pour la clarinette.

En rappel, « My City » est interprété comme une chorale. Les musicos de Pale Grey s’installent à droite et toutes les filles, à gauche. Et le résultat est magistral.

En se produisant dans le cadre des Nuits Botanique, Noa Moon en a profité pour célébrer la ‘release party’ de son nouvel album, « Azurite ».

Didier Deroissart

Noa Moon + Pale Grey + Barbagallo + Aliocha

Organisation : Botanique

http://musiczine.lavenir.net/fr/photos/inuit-15-05-2017/

 

Les Nuits Botanique 2017 : dimanche 14 mai

Écrit par

En débarquant sur le site du jardin du Botanique, on est toujours autant assourdi par les infra-basses qui se propagent depuis le chapiteau. Même que les structures métalliques des verrières se mettent à trembler. Direction la Rotonde pour assister, sans doute, à la soirée la plus barrée des Nuits. Gruppo Di Pawlowski a désormais pris congé de dEUS et a recommencé son aventure en solo. Et il vient de publier un nouvel elpee complètement déjanté…

Cocaine Piss devait assurer le supporting act, mais suite à des problèmes de santé rencontrés par un des musicos, il a dû déclarer forfait. Et c’est un combo tournaisien, Sects Tape, qui le remplace au pied levé… Il prétend appartenir à une secte religieuse. Hormis le chanteur, dont le masque est plutôt démoniaque, les autres membres portent des capirotes (NDR : ces fameux chapeaux en forme conique !), comme les disciples du Ku Klux Klan ; mais ces déguisements sont de couleur rose.

Le band a signé sur le label Rockerill qui héberge notamment La Jungle, Miss Tetanos et Petula Clarck. Et la liste est loin d’être exhaustive. Le line up réunit un chanteur (The Guru), un bassiste (The Hairy), un drummer (The Tall) ainsi que deux gratteurs (The Fat et The Skinny). A son actif, un premier elpee. Baptisé « We’re all pink inside » il est paru en février dernier et fait suite à deux Eps.

Une bande préenregistrée précède la montée sur les planches de ce clan. Et on est directement plongé dans une ambiance chamanique. Les membres de la caste sont à la fois statiques et dynamiques. Derrière ses fûts, le drummer se démène comme un beau diable. Et les cordistes s’affrontent régulièrement en duel, manche contre manche. Des percus tribales et sauvages amorcent « Commitment », alors que torturées, les cordes alimentent un climat noisy. Elles sont même carrément ravagées tout au long de « Cursed ». Un peu de temps est nécessaire, avant d’entrer dans l’univers du band. Le son est excellent. Brèves, les compos sont excitantes. On ne comprend rien ce que le chamane raconte, mais on s’en balance (NDR : KDB aurait eu une réflexion plus grivoise). Ce gourou (?) s’autorise un bain de foule et salue d’un signe de la tête la plupart des spectateurs. Assisterait-on à la réincarnation d’un dieu ? Ces frères de sang s’embrassent sur la bouche. Un grand gang bang serait-il en préparation ? Une ligne de basse ronflante écorche « Blessed », mais ce sont toujours les grattes guerrières qui ont le dernier mot. « Virgin Iceland » dérive dans le délire punk. Et les compos deviennent de plus en plus frénétiques. Les musicos quittent chacun leur tour le podium, les cordistes après avoir abandonné leur instrument sur le sol. Puis les lumières s’éteignent. Un set déroutant !(POur les photos, c'est ici)

Et la suite le sera tout autant. Bienvenue dans le monde merveilleusement décalé de Mauro Pawlowski. On ne compte plus les projets auxquels il a participé ou participe encore : depuis dEUS à Evil Superstars, en passant par Maurits Pauwels, The Groomset et Gruppo di Pawlowski, probablement le plus déjanté du lot. A ce jour, il a publié « Neutral Village », en 2014, et tout récemment, « In inhuman hands ».

Mauro grimpe sur l’estrade. Seul. D’un air ahuri, il marmonne quelques mots dans son micro. Il le jette violement au sol. Danse comme un sorcier indien. Il chante, vagit et invective la foule. Il agite une maraca. Il déambule sur les planches comme s’il entrait dans une transe chamanique (NDR : encore !) On se demande d’ailleurs ce qu’il fabrique. Mais c’est lui le catalyseur du show. En fait, il s’agit d’une mise en scène minutieusement préparée. Qui va durer plus ou moins cinq minutes. Ses musiciens le rejoignent alors sur la scène. Et immédiatement saturées, bruitistes, stridulantes les grattes entrent en distorsion. La section rythmique est particulièrement syncopée. La basse ronfle, un peu dans l’esprit des groupes de metal, alors que le drumming s’emballe. Et le tout est saupoudré d’effets électroniques aventureux, parfois envahissants. Le light show est aveuglant. La voix de Mauro devient parfois hantée, surnaturelle. Il s’éclipse régulièrement derrière le rideau sis à droite avant de réapparaître. Il se jette alors sur le sol en prononçant, à nouveau, des mots abscons.

Pendant une bonne heure, Gruppo di Pawlowski a proposé un set énigmatique, diabolique, jouissif, explosif, expérimental, chaotique, déroutant, inhabituel et donc underground. Et s’il s’est affalé –volontairement– sur les planches, il est parvenu à emprunter ces chemins de traverse, sans se casser la figure. Et c’est un fameux exploit ! (Pour les photos, c'est là)

Gruppo Di Pawlowski + Sects Tape

(Organisation : Botanique)

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Les Nuits Botanique 2017 : vendredi 12 mai

Dans le cadre des Nuits Botanique 2017, Camille est venue présenter son nouvel album au Cirque Royal. Son titre ?  « Ouï ». Un mélange tonitruant. Décodage d’une partition bien ciselée.

Camille rime avec poésie. Sa force ? Des rythmes endiablés. Sa prouesse ? Tenir sur le fil la voix, le corps et les enchaînements percussifs. L’art de jouer ou de déjouer les rythmes corporels provient, sans doute, de son éducation musicale initiée très tôt par son père musicien. La percussion est inscrite à l’encre rouge sur sa peau. Omniprésente, elle ne laisse aucun répit. D’ailleurs, elle s’invite dès le premier acte.

Sur les planches, des draps recouvrent les musiciens. Le regard est aussitôt attiré par une couleur adoptée par les trois choristes, le claviériste, les deux percussionnistes et la chanteuse. Le bleu indigo inonde la scène du Cirque Royal. Selon la psychologie des couleurs, le bleu symbolise la relaxation, la détente physique et mentale. Elle procure un sentiment de sécurité et de confiance. Dans l’hindouisme, le bleu est la couleur de Krishna qui incarne l’amour et la joie divine. Sûre d’elle, Camille ose reprendre le « Blue » de Joni Mitchell. Sa voix transperce l’arène.

Peu à peu, à mesure que les morceaux s’enchaînent, les draps indigo disparaissent pour laisser la place aux musiciens. Les titres issus de son nouvel opus alimentent la première partie de son set : « Sous le sable », « Fontaine de lait », « Twix », « Nuit debout », « Je ne mâche pas mes mots » et « Langue ». Camille peut tout faire avec sa voix. Elle a l’art de transporter les mélomanes dans un autre univers. Son univers. Depuis sa plus tendre enfance, la musique a toujours été présente. Pour elle, chanter est naturel. Elle a hérité du talent de son père, lui-même chanteur. Son plaisir ? Transformer une soirée pour qu’elle devienne magique. A cappella ou à la guitare. Cette énergie, il l’a transmise à sa fille. On comprend, sans doute, l’engouement pour cette artiste hors norme. L’auditoire est conquis après chaque prestation.

La suite alterne anciennes compos (« Ilo Veyou », « Paris ») et nouvelles (« Les loups », « Fille à papa) ». Le rythme ne faiblit jamais. Les roulements de tambour invitent l’auteur-compositeur à interpréter l’un des derniers titres de son nouvel opus. « Seeds » est un hymne contre la morosité, le désespoir. Il faut continuer à lutter et semer l’espoir. Pour rappel, certains morceaux ont été écrits pendant la période des attentats de Paris.

Pour clôturer cette soirée, Camille et ses acolytes descendent dans la fosse pour une ronde, tambours battants et sous les applaudissements du public. Par cette démarche, elle s’affranchit des barrières qui cloisonnent les artistes et les mélomanes. Généreuse, elle reprend son célèbre titre « Ta douleur » et invite quelques passionnés à monter sur l’estrade, afin de chanter avec elle. Trois femmes, trois hommes. Une petite fille est hissée sur le podium par son père. Une des choristes la prend sous son aile.  L’ambiance est bon enfant. La foule est conquise.  Avant de tirer sa révérence, Camille entame une déclaration d’amour à Bruxelles, son cirque et son public ‘Bruxelles, ma belle, [..], I love you, I love you et c’est toujours royal de chanter dans ton cirque…’

La richesse des compositions de Camille l’a rendue atypique. Sa large tessiture et sa maîtrise du rythme lui permettent de s’aventurer dans des sphères harmoniques que peu d’artistes osent emprunter. Cependant, les percussions sont quelquefois envahissantes et gagneraient à être plus discrètes, si ce n’est pas encore le cas.

Le nouvel opus paraîtra ce 2 juin 2017.

Ngu Chan Tung

Camille

 

 

Deuxième jour des vingt-quatrièmes Nuits Botanique. En débarquant, il semble y avoir moins de monde que les années précédentes. De désagréables et redondantes infra basses font trembler les structures vitrées de l’institution. Direction bibliothèque pour retirer son sésame. Ce soir, à la Rotonde, Jesca Hoop (une Américaine !) assure le supporting act de The Big Moon (des Insulaires !)

Votre serviteur avait croisé Jesca en septembre dernier, lors d’un set au cours duquel elle se produisait en compagnie de Sam Beam (Iron & Wine). Le tandem avait enregistré un album intitulé « Love Letter Fire », en 2016. Même si elle s’est installée en Grande-Bretagne, Jesca Hoop fait partie des ‘New Weird Americans’. Tout comme Devendra Banhart. Un mouvement folk atypique apparu dans les années 2000 qui entend repousser le format étriqué du folk pour en enrichir la palette sonore. Une chose est sûre, que ce soit au sein d’un répertoire acoustique ou électrique, la voix particulière de Jesca met tout le monde d’accord.

Pendant les 40 minutes qui lui sont imparties, elle va nous présenter des extraits de « Memories Are Now », son sixième opus solo. Le début du set accuse un retard de quelques minutes. Elle est soutenue par un drummer, partagé entre percus organiques et électroniques, un claviériste/bassiste et un guitariste. Jesca se consacre également à la gratte et bien sûr au chant. Son déguisement bouffant de couleur noire me fait penser à une geisha.

Le concert s’ouvre par le très atmosphérique « Song Of Old ». Jesca se la joue en solo. Et « Animal Kingdom Chaotic » est tout aussi vaporeux. Manifestement, le répertoire de Jesca n’est pas destiné aux adeptes du dancefloor. « Peacemaker » nous raconte une histoire de coeur. Jesca Hoop et son guitariste interprètent « Tulip », à deux voix. Et en couches, les harmonies vocales sont superbes. Les musicos se retirent pour laisser Jesca seule sur l’estrade pour chanter « Pegasi », uniquement armée de sa gratte. Au beau milieu de la chanson, elle s’interrompt, se rendant compte, qu’elle a perdu son oreillette droite. « The Coming » est un morceau empreint de douceur. Nouvelle interruption. Pourquoi tu tousses Jesca ? Jesca raccorde sa gratte et meuble le temps en bavardant en compagnie des spectateurs. Ce qui déclenche des rires dans l’auditoire. « Memeries Are Now » clôt cette prestation qui prend enfin son envol. Un peu d’énergie au cours de ce show un peu morne. Le folk peut être génial, pourvu qu’il passionne...

The Big Moon est un ‘girl band’ qui affole les charts insulaires depuis plus d’un an. Excitant, énergique, son rock garage, contaminé par le grunge et le punk, évoque tour à tour Blondie, Girlschool, Runaways, les Ramones ou les Bangles. Ce quatuor britannique réunit la chanteuse/guitariste Juliette Jackson, la seconde gratteuse Sophie Nathann, la bassiste Celia Archer et la drummeuse/claviériste Fern Ford. A son actif, un premier Ep intitulé « The Road », gravé en 2016, et un elpee, baptisé « Love In The 4th Dimension », publié en avril dernier. Paradoxalement, le combo n’a pas encore de label. Juliette, la chanteuse/guitariste, constitue la colonne vertébrale du combo.

Dès les premiers accords du très vivifiant « Silent Movie Susie », la fosse entre en ébullition. Le climat est d’ailleurs rapidement torride. Les morceaux sont courts et hyper vitaminés. Titre étonnant pour l’époque, « Happy New Year » nous réserve une superbe harmonie à trois voix mise au service d’une très jolie mélodie.

Les gonzesses carburent à la ‘duvel’ ! Les claviers envahissent « The Road ». Pendant « Cupid », Juliette et Célia s’affrontent en duel manche contre manche et face à face. « Love In The 4th Dimension » monte dans les tours. Les sonorités de grattes saturent. Plus surprenant encore, la cover basique, voire punk, du « Beautiful Stranger » de Madonna...

Ballade, « The End » marque une pause. Un type apparemment bien imbibé dans la foule, demande le numéro de GSM à Juliette. De quoi déclencher l’hilarité chez les filles. Un peu de douceur berce « Pull The Other One » et « Something Beautiful ». « Bonfire » reprend son envol. Dans un style bien rock garage. Les filles viennent au contact du public. Et le set de s’achever par un « Sucker » chargé de testostérone. Il s’agissait de la dernière date de la tournée ; et il faut l’avouer, les nanas ont donné tout ce qu’elles avaient dans le ventre. Pour le plus grand plaisir du public...

Didier Deroissart

The Big Moon + Jesca Hoop

(Organisation : Botanique)

Les Nuits Botanique 2017 : jeudi 11 mai

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La première journée qui marque l’ouverture de l’édition 2017 des Nuits Botanique est déjà bien chargée. Ainsi DAAN remplit bien le chapiteau situé en plein cœur du parc, tandis que la nouvelle dream-pop du duo parisien Isaac Delusion fait vibrer l’Orangerie.
Mais de notre côté, nous optons pour l’intimité du Grand Salon. Si le lieu semblait propice à la chanson française intimiste d’Albin de la Simone, nous déchantons toutefois rapidement.
Arrivés il est vrai quelques minutes en retard, nous devons, comme beaucoup d’autres spectateurs, attendre quelques minutes supplémentaires à l’extérieur de la salle. Les exigences des artistes français nous surprennent souvent. Dans ce cas-ci, il était imposé de ne pénétrer dans la salle qu’à la fin de chaque titre. Pourtant une imposante porte, puis un rideau, puis encore une paroi nous séparent de l’auditoire concentré en masse devant la petite scène.
La chaleur est étouffante, et le public un peu trop massé (accroupi ou assis) devant l’artiste. (NDR : ce qui rend d’ailleurs l’exercice de notre photographe très périlleux).

Albin de la Simone est resté une bonne dizaine d’années dans l’ombre comme musicien ou parolier (pour des artistes de prestiges comme Vanessa Paradis ou Miossec). Avant de publier quatre albums studio entre 2003 et 2013. Et de revenir en 2017 pour un opus rafraîchissant baptisé « L’un de nous », décrivant de nombreuses scènes d’amour et de la vie de tous les jours.

Sur l’estrade, ce soir, l’instrumentation est assez dépouillée. Notre chanteur reste assis derrière son clavier, et ne se lève que pour se détendre les jambes (NDR : comme il ironise). Anne Millioud-Gouverneur l’accompagne au violon et parfois au chant, pendant qu’une autre souriante jeune femme, Maëva le Berre, se concentre sur son violoncelle. Sur la gauche, un percussionniste –aux interventions très minimalistes– switche parfois vers la guitare.

Plutôt discrète, la première partie du set est résolument acoustique et propose des titres comme « Mes épaules », « Il pleut dans ma bouche » ou « L’un de nous ».

Il faut attendre « La fleur de l’âge » pour que notre frontman se livre un peu plus à son auditoire. Lui expliquant comment il a été amené à écrire ce titre, après qu’une ophtalmologue lui ait signifié qu’après 45 ans, il y avait une dégringolade.

La seconde partie du set (étouffée par deux rappels) est, elle, bien plus légère voir loufoque. Les protagonistes se rapprochent de la foule, se lancent dans des compos et chorégraphies plus déjantées. En terminant même par un poème émaillé de quelques touches paillardes.

Un show bobo, agréable malgré tout, mais destiné à un public proche de celui de Vincent Delerm. De quoi, sans doute, apporter certain vent de fraîcheur à la chanson française… (Voir notre section photos ici)

Albin de la Simone 

(Organisation : Botanique)

Big Daddy Wilson

Neckbone Stew

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Originaire de la Caroline du Nord, Big Daddy Wilson s’est forgé une voix en chantant à l’église, le dimanche. Il s'engage dans l'armée américaine et est caserné en Allemagne. Et il y marie une fille du pays! C’est ainsi, au cœur de l'Europe, qu'il découvre le blues. Lors de ses premières expériences, il assume bien évidemment les vocaux, mais accessoirement les drums. Il publie son premier opus "Get on your knees and pray", en 2004, au sein du Mississippi Grave Diggers. En 2009, il grave "Love is the Key", chez Ruf. "Neckbone Stew" marque son retour au sein du label allemand. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées au studio The Fireplace Room, en Italie. Big Daddy est soutenu par ses deux musiciens italiens, le guitariste Cesare Nolli et le bassiste Paolo Legramandi, ainsi que quelques invités.

Country/blues acoustique, "Cross Creek road" ouvre la plaque. Le baryton du leader est naturellement puissant. Soul/blues davantage contemporain, "7 years" implique la formation au complet ; mais ce sont les cordes électriques, les claviers et les cuivres qui tirent leur épingle du jeu. Le titre maître s’ébroue dans le country/blues aux accents du Delta. Une plage authentique, dépouillée à l’extrême, qui vire ensuite au reggae. De quoi apporter un peu d’exotisme ! Du reggae qui contamine également "My babe" et de manière plus discrète, "Damn if I do". L’artiste chante remarquablement "I just need a smile", une ballade empreinte de tendresse et d’émotion. Et sa voix est particulièrement expressive, face à une orchestration bien subtile. Atmosphérique, "Tom Cat" baigne au sein d’un climat chargé de douceur. Dave Rossi nappe le tout de ses claviers, alors que les interventions aux cordes de Cesare sont parcimonieuses. Wilson et Eric Bibb (NDR : ce célèbre bluesman yankee s’est établi à Londres) cosignent "He'll make a way". Ce dernier se consacre au micro et partage les parties de grattes avec le jazzman suédois Staffan Astner. Tout comme pour "Cookies gonna kill me", rehaussé par la présence de Sven Lindvall au tuba, qui trace la ligne de basse. La Texane Ruthie Foster (NDR : un chanteuse de couleur noire) et Big Daddy se partagent les vocaux sur le "Give me one reason" de Tracy Chapman, un excellent intermède roots. Très jolie compo, "The River" est enrobée de chœurs qui transcendent littéralement la voix de Wilson. Et le long playing recèle un bonus track, "Peanut Butter Pic".

 

Blue Sisters - Ina Forsman + Layla Zoe + Tasha Taylor

Blues Caravan 2016 - Blues Sisters in Concert (cd + dvd)

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Thomas Ruf entraîne régulièrement ses chanteuses en tournée européenne, un périple organisé quasi-annuellement. Lors de la ‘Blues Caravan’, qui s’est déroulée en 2016, elles étaient à nouveau trois ; en l’occurrence la Finnoise Ina Forsman, la Canadienne Layla Zoe et l'Américaine Tasha Taylor ! Le set de ces Blues Sisters a été immortalisé en février 2016, à Nuremberg, sur cd et dvd. La vidéo recèle 10 morceaux de plus que le compact disc. Les trois filles sont épaulées par un backing group impliquant un guitariste, un bassiste et un drummer.  

Le set s’ouvre par le "Chain of fools" de Don Covey, un r&b notoire au cours duquel les trois vocalistes prennent le relais à tour de rôle. Et l’alternance est judicieuse. Ina Forsman se réserve ensuite 8 plages, des titres –pour la plupart des r&b– issus de son opus éponyme, qu’elle interprète d’une voix chargé de passion, à l’instar de "Devil may dance tonight", une piste soulignée par la guitare bien réverbérée de Davide Floreno, de l’ affriolant "Bubbly kisses", un blues lent de type cabaret, du classique "Queen Bee" (NDR : une adaptation qui mérite une mention particulière !) et du "I want a little sugar in my bowl" de Nina Simone, une cover bouleversante. Tasha Taylor, la fille du regretté Johnnie Taylor, lui succède. Sa guitare en bandoulière, elle se réserve "What difference does it make", un r&b subtilement funky, le blues "Wedding bells" (NDR : émouvante, sa voix est alors remarquable !), "One and only", une ballade lente à coloration Stax mais qui souffre de l'absence de cuivres. Place ensuite à Layla Zoe. Indéniablement la seule rockeuse du trio. Sa voix ‘joplinesque’ et son dynamisme manifesté sur l’estrade vous remuent les tripes. "Leave you for good" et le shuffle climatique "Never met a man like you", au cours duquel Floreno se montre très en verve sur sa gratte, en sont de parfaites illustrations. La finale sera davantage participative. Ina et Layla sont chauffées à blanc pour attaquer le "Honky Tonk woman" des Rolling Stones. Et tout autant, mais à trois, pour aborder "Tell Mama" et "In the basement", des hits signés Etta James. Lors du rappel, le band nous accorde une version musclée du "Come together", avant de rendre un hommage à BB King, à travers son "Rock me baby". Quelle santé !

 

Christopher Duncan

The Midnight Sun

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Ce petit prodige du songwriting s’était d’abord illustré en publiant, dès 2015, le très élégant « Architect », une œuvre nominée au Mercury Prize, il faut le rappeler. Christopher ‘C’ Duncan confirme partiellement les perspectives escomptées, en publiant « The Midnight Sun »…

Entre pop de chambre et pop/folk, la musique de cet Ecossais est toujours aussi limpide et cotonneuse. Et les arrangements particulièrement subtils, réservés à ce nouvel opus, en sont encore une belle illustration. Atmosphériques, les compos sont alimentées par des nappes de synthés ou diverses boucles qui soulignent le timbre velouté de l’Ecossais. Mais si l’ensemble se révèle cohérent, il souffre quand même singulièrement d’un manque de relief, bien plus présent sur le précédent essai. En bref, toutes les plages sont impeccables, mais elles sont trop similaires. Et au fil du long playing, elles deviennent ennuyeuses. Si le jeune compositeur osait quelques saillies pop accrocheuses, à l’instar de « He Believe in Miracles », il parviendrait de nouveau à tutoyer les étoiles, tant son talent est incontestable. Et des morceaux comme « Wanted It Want It Too » et « The Midnight Sun » sont certainement révélateurs de son énorme potentiel. En fait, lorsqu’il a gravé son premier essai, C Duncan avait mis la barre tellement haute, qu’il était quasiment impossible de renouveler cette prouesse. Ce qui explique, cette légère déception… 

 

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