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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Dernier concert - festival

The Cure
Gary Numan

Little Hurricane

Un duo à revoir de toute urgence !

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Ce soir, à l’AB, en mode Box, la salle est comble pour accueillir Spinvis ; mais votre serviteur a choisi le Club, endroit plus cosy, où va se produire Little Hurricane, un duo issu de San Diego, en Californie, qui réunit la drummeuse Celeste ‘C.C.’ Spina et le chanteur/guitariste Anthony ‘Tone’ Catalano. Il vient de sortir son nouvel elpee, « Same Sun Same Moon », en avril dernier. Il s’agit de son quatrième, si on compte celui consacré à des covers, le superbe « Stay Classy », publié en 2013. Le style de cette formation ? Un mélange de blues du Delta et de rock lo-fi.

Pas de supporting act. La salle est bien achalandée. Les spectateurs les plus bavards sont agglutinés au bar. A 20h30 précises, le couple monte sur l’estrade. Anthony est coiffé d’un chapeau (probablement un Stetson !) Plutôt sexy, C.C. porte une robe blanche en dentelle, assez courte. Elle laisse apparaître un superbe tatouage sur le bras gauche. Et elle est particulièrement jolie, ce qui ne gâte rien ! Elle ôte ses chaussures en cuir, pour libérer ses petits petons afin de manœuvrer plus facilement les pédales de ses fûts.

« Superblues » ouvre le set. Plutôt percutant, le morceau évoque instantanément Jack et Meg des White Stripes, même si le spectre de Black Box Revelation se met déjà à planer. « Summer Air » nous plonge dans les eaux du Mississipi. La voix de Tone est rocailleuse. Ses tonalités de cordes sont métalliques et frémissantes. Elles virent au surf sur « Sheep In Wolves Clothes », un morceau qui semble déchiré entre americana et bluegrass. Non seulement, la version du « Bad Moon Rising » de Creedence Clearwater Revival est méconnaissable, mais elle est surtout originale. C.C. rencontre un petit problème technique. Et lorsqu’il est réglé, le tandem attaque « Mt Señorita », une compo aux accents chicanos, qui figure sur le dernier LP. Plus groovy, « Isn’t it great » incite à bouger le popotin. Place ensuite à « Bad Business », un hit au refrain entêtant, qui a cartonné sur YouTube. Mr Calatano adapte le « God's Gonna Cut You Down » de Johnny Cash, en mode lap steel guitar, dos de l’instrument sur un fly case. Digne de Ben Harper ! Lors de « March Of The Living », un instrumental de plus ou moins deux minutes, les musicos en profitent pour étaler tout leur registre technique.

Après le très rock « Trouble Ahead », « Natural Blues » baigne au sein d’un climat paisible. C’est une compo signée Moby.

C.C. se réserve le micro pour « OTL ». Sa voix est limpide. Elle devient de plus en plus croquante/craquante (NDR : ne biffez pas la mention utile !) Lorsque Little Hurricane aborde « Boiling Water », la solution sonore entre en ébullition. Et quand il nous quitte, on a des « Crocodile Tears » dans les yeux. Mais les alligators ont encore faim et aimeraient dévorer davantage de morceaux. Qui leur seront servis, notamment, à travers une cover magique et endiablée du blues/funk « Ain’t no sunshine » de Bill Withers. Un duo à revoir de toute urgence !  

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(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

K's Choice

Nostalgie, quand tu nous tiens…

Écrit par

En cette année 2017, K’s Choice célèbre son 25ème anniversaire. Le groupe belge à la notoriété internationale donne le coup d’envoi de sa tournée baptisée ‘French Anniversary Tour’, ce mercredi 3 mai 2017, au Splendid de Lille.
Si le set est affiché fièrement sold out, sur les réseaux sociaux, il faut reconnaître que vu la proximité de la frontière, l’auditoire est davantage composé de Belges que de Français. En quelque sorte, Sarah et Bert jouent presque à domicile ce soir…

C’est très précisément à 20 heures que Jim Bauer, vêtu de noir et de gris –pas très joyeux à prime abord pour une soirée anniversaire– grimpe sur l’estrade, armé de sa sèche (qui doit certainement avoir déjà fêté plus d’un quart de siècle, quand on voit l’usure de la table d’harmonie).

Romantique, l’univers sonore de cet auteur/ compositeur/interprète baigne au sein d’une néo soul teintée de folk aux accents nineties. En extrapolant, elle aurait pu naître de la rencontre entre  Baptiste Lalieu (Saule) et Fran Healy (Travis). 24 minutes chrono plus tard, Jim Bauer annonce la fin de son set ; mais avant de vider les lieux, il va surprendre son auditoire en lui réservant une reprise audacieuse d’« It’s a Man’s World » de James Brown. Sa voix est alors chargée de groove. Et les interventions à la gratte précises et riche en couleurs. Pari réussi et un bel hommage rendu au ‘Godfather of Soul’. Jim Bauer peut s’éclipser la scène la tête haute, le contrat est plus que rempli. Et selon la formule consacrée, cet artiste est à suivre de très près… 

A 20h30 tapantes, les lumières s’éteignent alors qu’une bande/son de « Mr. Freeze » est diffusée dans les haut-parleurs. La salle est maintenant copieusement remplie. Les musiciens entrent alors en scène, sous de chaleureux applaudissements. Ils sont six, dont un second gratteur, un bassiste, un claviériste et un drummer. Et bien sûr Sarah et Gert Bettens qui affichent un large sourire, mais ont beaucoup de mal à cacher les sentiments qui les étreint, face à un public enthousiaste et heureux de ces retrouvailles.

K’s Choice démarre sur les chapeaux de roue en enchaînant ses tout premiers succès. Le ton est donné. L’ambiance est sympathique et agréable. Et un parfum de nostalgie se répand dans l’atmosphère… Sarah multiplie les interventions de gratitude et chargées d’émotion, tout en n’oubliant pas de s’adresser à son frère, parfois sur le ton de l’humour. Gert reste plus discret et se concentre sur ses instruments, en alternant ses guitares (acoustique, semi-acoustique, etc.) et un ukulélé. Et sa maîtrise est impressionnante. 

Les plages du ‘best of’, qui vient de sortir, passent parfaitement la rampe et bénéficient d’une nouvelle énergie que le duo semble puiser au sein d’une fontaine de jouvence. Les musicos sont chevronnés. Des pros, si vous préférez. Ce qui n’empêche pas Sarah d’apporter son grain de folie, lié à la circonstance.  

« Believe » et « Cocoon Crash » sont certainement les deux titres les plus appréciés par le public. Sa réaction le démontre. Et il entonne à deux reprises ‘Happy birthday, K’s Choice’. Un fan vient même offrir un t-shirt, spécialement imprimé pour l’événement, à Sarah.  

Après avoir quitté le podium, la formation revient pour accorder une prestation davantage intimiste. Sarah interprète même, en solo, le single « 20,000 Seconds ». Sarah et Geert  clôturent ce spectacle par une version acoustique de « Killing Dragons ». Et c’est sous les acclamations que le groupe quitte définitivement les planches. Les spectateurs peuvent sortir du Splendid, le sourire aux lèvres et l’impression d’avoir retrouvé leur adolescence, le temps d’un concert, suite à cette soirée anniversaire…

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

 

Roots & Roses 2017 : lundi 1er mai

Le temps est resté menaçant toute la journée du 1er mai, à Lessines, mais pratiquement pas une goutte de pluie n’est tombée. La foule n’y est pas venue cueillir du muguet, mais écouter du blues, du bluegrass, du punk, du punkabilly, du roots, du garage et des dérivés de ces styles. Une bonne nouvelle en appelle une autre, puisque la huitième édition du festival a accueilli 3 700 personnes, soit presque un bon millier de plus que l’an dernier. Faut dire que l’affiche, cette année, propose des artistes qui attirent le peuple, comme les Fuzztones, The Sonics et surtout Pokey Lafarge, particulièrement populaire au Nord du pays.

Il est à peine 11h00 et les régionaux de l’étape, Power Skake, entament les hostilités. Le line up réunit d’excellents musiciens ; en l’occurrence le chanteur/harmoniciste Fred Janus, le contrebassiste Jonathan Blondel, le drummer Antoine Olivier et le guitariste Jérôme Rasson. Ces deux derniers militent également chez Rockin’ and Drinkin’ Guys, un combo qui s’est déjà produit dans le cadre de ce festival. Power Skake pratique un excellent roots/blues/rock, parfois teinté de punk. Le chanteur se démène et occupe tout l’espace scénique. Mais on se demande ce que fabrique le responsable derrière les manettes. Il chipote constamment les paramètres de ses ordinateurs et ne parvient pas à trouver les bonnes balances. Conclusion : le son est exécrable. Pas vraiment sympa pour les musiciens. Aussi, je quitte le chapiteau, après deux morceaux.

Et la qualité sonore n’est toujours pas au rendez-vous pour le set de The Scrap Dealers, une formation liégeoise qui pratique une forme de psyché/noisy/garage inspirée par Spiritualized. Ici, c’est le volume sonore qui est excessif. Les infra-basses vous arrachent les tympans. C’est intenable ! Et puis, franchement, ce style de musique n’est pas adapté à ce type de rendez-vous. Pourtant, il y a certainement du potentiel chez cette formation ; aussi j’espère la revoir dans d’autres conditions. Et comme pour Id!ots, le confort d’écoute est toujours aussi déplorable, votre serviteur prend un bon bol d’air frais.

Il y a quelques années, Jon Spencer avait emporté, dans ses valises, le trio danois PowerSolo, pour assurer le supporting act de sa tournée. Son style ? Du rock’n’roll contaminé à la fois par la noisy et le rockabilly. A l’extérieur du chapiteau, le son est potable. Mais c’est toujours le même type qui est chargé de la console. Donc…

Désespéré, je me rends sous l’autre tente, où la bande à Woody Pines –qui nous vient de Nashville, dans le Tennessee– opère son soundcheck. Et ce jugband va nous livrer une forme d’americana qui se nourrit à la fois de country, blues, hokum et hillbilly. Une expression sonore qui sent bon les grandes plaines parcourues par les cow-boys. Non seulement Woody joue de la sèche, du dobro et imprime le tempo à l’aide d’un tombass, mais il souffle superbement dans un harmo. Il est soutenu par un contrebassiste et un gratteur, également préposé au banjo et à la pedal steel. C’est la première fois que le combo met les pieds sur le sol européen et ce ne sera que du bonheur. Il y a du monde devant le podium. Le son est enfin au point. Et vu le style musical proposé, votre serviteur prend son pied. En attendant impatiemment le set de Pokey Lafarge… (D.D.)

Sur le site, un ring a été installé Et tout au long de la journée, il sera le théâtre de combats de catch. Amusant, mais parfois aussi effrayant ; surtout quand on voit une masse musculaire s’abattre sur un concurrent pour l’aplatir, malgré ce plancher, finalement plutôt caoutchouteux.

Place aux Pine Box Boys, une formation drivée par le chanteur/compositeur/guitariste Lester T. Raw, dont la barbe est impressionnante. Tout comme celle du drummer, d’ailleurs. Le line up implique également un banjoïste (NDR : il joue en picking), un contrebassiste, et sans doute pour la tournée, un cinquième larron qui se charge de la trompette ou du dobro. La musique de cette bande de joyeux lurons (NDR : tout le reste de la journée, ils vont danser le rock’n’roll, dans la fosse, avec leurs copines) oscille du bluegrass à l’americana, en passant par le gothique, alors que les textes, chantés d’un timbre graveleux (NDR : sur son micro, figure un drapeau de l’Arkansas, en miniature), un peu à la manière de Garth Brooks, racontent des histoires de mort, de meurtres et de misère. Un show, fort sympa auquel il ne manquait, finalement, que la participation d’un violoniste. De quoi rendre l’ambiance encore plus festive. Un coup de cœur, quand même, une compo plus pop, intitulée « Dog named death », digne de REM…

C’est en 2005 que votre serviteur avait eu l’opportunité de rencontrer le leader des Fuzztones, Rudi Protrudi (voir ici). Depuis, le band continue de rouler sa bosse, mais plus tout à fait sous le même line up. Aujourd’hui, y figurent deux musiciens italiens. Le premier, Marco Rivagli se charge des fûts. Et le second, Nicoló Secondini, remplace Lana Loveland, l’épouse de Rudi (NDR : qui vient d’accoucher), aux claviers. Le line up est complété par un bassiste et un second gratteur. Les deux guitaristes se servent toujours d’une Vox Phantom qu’ils vont croiser, à la fin du set, comme sur la pochette de l’album « Lysergic legacy ». En 12 ans, Rudi Protudi a bien évidemment changé. Il semble avoir plus de mal à bouger son immense carcasse, et son visage est bien buriné. Il monte sur les planches à partir du deuxième morceau, « 1-2-5 », une cover de The Haunted, au cours de laquelle il souffle dans son harmo, des sonorités écorchées. Lunettes noires, il saisit le micro d'une main et le pied de micro dans l'autre afin de poser le baryton profond de sa voix. Au bout du quatrième titre, il ôte ses lunettes et le suivant, empoigne donc sa gratte pour attaquer « Ward 81 ». Le claviériste nappe les compos de tonalités bien rognées. Parfois trempés dans le feedback, les guitares crépitent et nous entraînent dans un véritable tourbillon de psyché/garage croustillant, rafraîchissant. Un bémol quand même, le son est beaucoup trop fort, et on perd inévitablement les nuances. Plus amusant, c’est le comportement du drummer, torse nu après deux titres, qui focalise les regards. Il ne tient jamais en place, monte sur sa grosse caisse, s’assied de travers ou joue de l’autre côté de ses fûts, parfois couché (?!?!?). Du set on retiendra quand même les inévitables « She’s wicked » et puis la cover de « Strychnine » des Sonics. D’ailleurs, les musiciens sont absolument ravis d’avoir croisé leurs idoles, qui joueront en fin de soirée…

Les membres de The Experimental Tropic Blues Band sont contents de retrouver la scène. Faut dire que ces derniers temps, ils ont été très occupés par la confection de la B.O. du film, « Spit’n’Split », qui va inévitablement alimenter le set (NDR : réalisée avant le spectacle, une interview du groupe vous sera proposée prochainement). Dont en seront extraits « The power of the fist », titre balancé en forme de coup de poing et « Baby bamboo », un morceau davantage à connotation sexuelle. Le trio adapte l’hymne du ‘Roots & Roses’, à la sauce shoegazing. Etonnant ! Mais le plus intéressant procède d’une autre reprise, celle du « Ghost rider » de Suicide. Jeremy harangue la foule. Il invite son luthier sur les planches pour le remercier du travail exécuté sur sa guitare flambant neuve. Et puis, bien dans l’esprit du Jon Spencer, les compos défilent sur un tempo métronomique imprimé par Devil d’Inferno. Jean-François (NDR : qui se sert régulièrement d’un bottleneck) sort ponctuellement son harmo de sa poche, pour déchirer le climat des compos. En final, il va même se laisser porter par la foule, tout en en jouant ou en éructant des vocaux spasmodiques, alors que Jérémy, qui a balancé sa gratte, joue des boutons et des pédales, sur le sol, avant que les deux ne décident de se lancer dans un exercice de hip hop. Un concert rentre-dedans, à la limite de la saturation sonore, qui manque encore de l’une ou l’autre variation pour vraiment plaire au plus grand nombre. Mais est-ce vraiment leur objectif ?

Tout comme The Sonics, Pokey Lafarge s’était déjà produit aux Roots & Roses, en 2014. Et apparemment, il a changé de line up. Il est soutenu par un batteur, un contrebassiste, un trompettiste, un guitariste (électrique) un saxophoniste et un multi-instrumentiste (harmonica, percus, banjo, sèche, etc.), coiffé d’un superbe chapeau de paille. Pokey joue de la semi-acoustique. Au bout de quelques morceaux, il laisse tomber la chemise, pour laisser apparaître un maillot de football américain floqué du n° 83. Vintage, la musique est le fruit d’un mélange de western swing, de folk, de country, de jump blues, de be-bop et de dixieland. Pokey possède une très belle voix, légèrement chevrotante, versatile, un peu comme Jeff Buckley, mais sans en avoir l’amplitude. Et celle du multi-instrumentiste est presque une copie conforme. D’ailleurs, le résultat est plutôt étonnant quand ils les conjuguent. Ce dernier utilise également des percus en os ; et franchement sa dextérité est impressionnante. Bref, ce show particulièrement agréable à écouter, a enchanté un auditoire, certainement conquis, enthousiaste et qui a même obtenu un rappel !

En 2014, le concert des Sonics s’était révélé de bonne facture, mais un peu mou du genou. De quoi laisser dubitatif, quant à une performance de choix, trois ans plus tard. Et pourtant… Du line up initial, il ne reste plus que le saxophoniste (parfois harmoniciste), Rob Lind. Qui affiche quand même plus de 70 balais. Les deux autres membres, Gerry Roslie et Larry Parypa ont cédé leur place au guitariste Evan Foster et au claviériste Jake Cavaliere (The Lords of Altamont). Enfin, en tournée, car les autres fondateurs du band continuent de participer aux sessions d’enregistrement. Et finalement, ce renouvellement a donné un fameux coup de boost à la prestation ‘live’. Le gratteur est d’ailleurs littéralement déchaîné ; mais également talentueux. Et puis, le chanteur/bassiste, Freddie Dennis ainsi que le drummer Dusty Watson, ne sont pas en reste. Ecorchée vive, la voix de Dennis transperce littéralement les hymnes qu’il interprète. Et celle de Cavaliere passe également bien la rampe. Rob bavarde énormément entre les morceaux, incite le public à crier, parle du dernier album (« This is The Sonics », dont la reproduction de la pochette est projetée en arrière-plan), paru l’an dernier, et invite les spectateurs à l’acheter ou alors les t-shirts à l’effigie du groupe. Freddie et Evan osent quelques pas de canard à la Chuck Berry. Les reprises son légion : le « Louie Louie » de Richard Berry, le « Black Betty » de Huddie ‘Lead Belly’ Ledbetter, traduit en hit par Ram Jam en 1977, le célèbre « Lucille » de Little Richard, le « Sugaree » de Grateful Dead, le « Have love will travel » de Richard Berry et celle du « Money (That's What I Want) » des Beatles ; mais aussi les classiques, comme « Boss Hog » (NDR : qui a inspiré le patronyme d’un projet de Jon Spencer) et l’inévitable « Strychnine ». Sans oublier les compos issues du dernier elpee. Une véritable déferlante ! Aux premiers rangs, la foule se lance dans du crowdsurfing. Et puis, le public réclame un rappel. Trois morceaux, au cours duquel la formation légendaire va oser une cover vitaminée du fameux « I don’t need no doctor » de Ray Charles, popularisée par Humble Pie en 1971. Une claque !

Le festival se clôture par les Paladins, un trio roots-rock-rockabilly issu de San Diego, drivé par le guitariste Dave Gonzalez. Sur les planches, il est soutenu par un drummer et un contrebassiste. Le premier titre est instrumental, et après la reprise du « Memphis, Tennessee » de Chuck Berry, nous tirons notre révérence, tout en prenant bien soin de réserver à ce groupe Californien, quelques clichés… (B.D.)

Voir notre section photos, ici

(Organisation : Roots & Roses)

 

 

Dimmu Borgir

Forces of the Northern Night (Dvd)

Écrit par

Quatre ans plus tôt, Dimmu Borgir promettait un successeur à « Abrahadabra », son neuvième opus studio. Mais depuis lors… silence nordique. Cependant, alors que des brumes de break commençaient à assombrir le futur de la formation, les égéries du Black Metal symphonique ont décidé de donner un coup de hache dans le blizzard pour revenir cette année, pas (encore) à la tête d’un nouvel elpee, mais bien en immortalisant deux prestations live. Et pas n’importe lesquelles ! Une même setlist au cœur de deux ambiances totalement différentes. Le premier concert remonte à 2011. Il s’est déroulé à Oslo (NDR : la mère patrie !) L’ambiance est feutrée. Et pour cause, le band est soutenu par le Kringkastingsorkestret (un orchestre symphonique norvégien). Le second date de l’année suivante. En plein air. Et se produit dans le cadre du célèbre festival allemand Wacken Open Air. Pour la circonstance, la formation est épaulée par l’Orchestre symphonique national tchèque.

Depuis 2003, soit la sortie du long playing « Death Cult Armageddon », la band use et abuse de collaborations orchestrales grandiloquentes pour enrichir ses compos. Ce Dvd permet donc de voir, d’écouter et surtout d’apprécier dix-sept morceaux, en plus d’une heure et demie, intégralement interprétés en live. Le choix des plages n’est évidemment pas anodin et privilégie les plus symphoniques, à l’instar de « Born Treacherous », « The Serpentine Offering » ou encore « Kings of the Carnival Creation ». Plus intéressant, un peu moins d’un tiers du set est exécuté uniquement par l’orchestre. Une centaine de choristes et musiciens se partagent l’estrade. « Xibir », « Dimmu Borgir » (qui sera interprété d’abord par l’orchestre, puis en compagnie du band) ou encore l’épique « Fear and Wonder », en version strictement instrumentale donc, permettent de savourer pleinement le soutien de l’ensemble musical. Car c’est bien là le principal reproche qui pourrait être adressé à ce projet : lors des titres auxquels participe le groupe, l’orchestre est malheureusement trop souvent dominé par les musicos de Dimmu Borgir, ne permettant pas de profiter pleinement de la palette instrumentale déployée en arrière-plan. Second bémol : le choix des morceaux. Et pour cause, le band n’est pas allé puiser dans son répertoire le plus ancien ; or, moins pompeuses, elle sont tout aussi, voire plus mélodiques. Quelques extraits de « Stormblast », joués par l’un des deux orchestres, auraient véritablement rendu ce live incontournable.

Il est légitime de se demander pourquoi le combo propose ici deux concerts live qui se consacrent à une même set list. Pourtant, Dimmu Borgir parvient à tirer son épingle du jeu en proposant, certes, des mêmes shows, mais plongés dans des climats totalement différents. Le premier s’est déroulé à l’Oslo Spektrum Arena. Les musiciens de l’orchestre sont tirés à quatre épingles, alors que les choristes sont vêtus d’un costume noir à capuche. Ces derniers sont répartis à gauche et à droite de la scène, laissant le centre de la stage au groupe norvégien. Les membres de Dimmu Borgir dont accoutrés de peaux de bêtes et de cuir blanc, ce dernier conférant à Shagrath, le vocaliste, un certain air de diva d’outre-tombe. La foule exulte lorsque apparaît la possédée Agnete Kjølsrud, afin de donner, exceptionnellement, la réplique au chanteur sur « Gateways ». Tout est magistral, grandiose et maîtrisé à la perfection.

Une année plus tard et 800 kilomètres plus loin, c’est au Wacken Open Air que le show est programmé. Fini l’aisance de l’arène norvégienne, place aux conditions de festival. Il faut pouvoir caser tout ce beau monde sur les planches ; et c’est bien une des premières fois que la scène principale du Wacken parait exiguë. Les chœurs occupent l’arrière du podium, suivi des musiciens, ne laissant qu’une petite bande d’espace aux Norvégiens grimés. Le soleil prend petit à petit congé d’une chaude journée de mois d’août. La poussière vole sur la plaine allemande, bondée à craquer. Shagrath revêt cette fois-ci sa tenue d’été, laissant tomber la fourrure pour se parer de cuir noir et rouge à longues franges, le tout parsemé de pentagrammes inversés. La nuit s’invite petit à petit pendant le spectacle. Une pluie d’étincelles illumine le dessus de la scène. La classe naturelle émanant des musiciens de l’orchestre côtoie l’étrangeté des chœurs encapuchonnés, renvoyant vers les artistes du groupe maquillés de noir et blanc. Le tout face à un public de festivaliers marqués par une journée de fête, nourrie au soleil et aux décibels. Une rencontre improbable, offrant une vision unique et hors du temps, où le Black Metal et le Classique se rencontrent une fois de plus, se séduisent et déploient ensemble une musique d’une incroyable puissance, séduisante et envoûtante.

Par le biais de ce double live, Dimmu Borgir annonce son retour par la grande porte. Il n’y a plus qu’à espérer que l’effet d’annonce soit à la hauteur des nouvelles compositions qui devraient, si tout se passe bien, pointer le bout de leur nez cette même année. L’entrée était savoureuse ; gageons que le plat principal le soit tout autant. Ainsi soit-il…

 

Ozark Henry

Ce soir, c’est Laura Groseneken qui a volé la vedette à Piet Goddaer…

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Le projet de Piet Hendrik Florent Goddaer, Ozark Henry, remonte déjà à 1995. Considéré comme un des artistes les plus talentueux sur la scène belge, le Courtraisien se produisait, ce samedi 29 avril, à l’Ancienne Belgique. C’est la date de son anniversaire. Aujourd’hui, il fête ses 47 balais ! Le concert est sold out. Pas de supporting act. L’artiste est venu défendre son nouvel opus, « Us », paru il y a tout juste un mois. C’est déjà son huitième…
Pour enregistrer cet elpee, Piet a reçu le concours du producteur Tim Bran (London Grammar, Birdy, The Verve). Une œuvre au cours de laquelle il a cherché à combiner son timbre vocal unique aux accents élecro/pop contemporains. Tout en véhiculant des lyrics qui traitent de l’actualité en condamnant, notamment, l'injustice, le mensonge et le racisme. Il ne faut pas oublier, que particulièrement engagé, l’artiste est ambassadeur des Nations Unies…

La scène de l’AB est immense. Les deux claviers sont placés de biais et se font face. Celui de Laura Groseneken est planté à l’extrême-gauche et de Piet, de l’autre côté. Une estrade disposée en arrière-plan accueille le drummer et un troisième claviériste.

D’une durée de 8 minutes, « Elliot » ouvre le show. Très électro, ce morceau commence lentement avant de monter en puissance pour atteindre un premier sommet. Et « A Hop A Skip And A Jump » est de la première trempe. Manifestement, la set list va nous permettre de découvrir son nouveau long playing. La voix est souvent vocodée. Pieds nus (NDR : il sont longs !), l’artiste a revêtu sa rituelle tenue de couleur noire. Particulièrement concentré, il communique peu avec son public, qui le retrouve sous un nouveau visage. Mais quand il devient enfin interactif, c’est pour sautiller et solliciter l’auditoire afin de frapper dans les mains. De quoi provoquer alors chez les aficionados, sis aux premiers rangs, une réaction enthousiaste. Il faut dire que les beats dispensés par les machines et les percus imprimées sur un tempo métronomique incitent le spectateur à remuer le popotin et à transformer l’AB en immense dancefloor. L’artiste nous propose une version revisitée de « Tatoo » (« Easter Sunday »), un morceau qu’il avait immortalisé ‘live’, dans cette même salle, en 2006. Tout au long de « Mapped Out For Me » –encore du nouveau matos– il chante sans trafiquer sa voix. A cet instant, en fermant les yeux, on a l’impression de planer dans la stratosphère...

C’est à partir de « Happy days », qu’on se rend compte du potentiel de Laura. Jusqu’alors elle s’était surtout contentée d’assurer le backing vocal. Une voix qui se conjuguait –parfois en couches mais toujours en hamonie– avec celle de Piet. Et impeccablement ! Mais, soul, puissante, capable de monter dans les aigus, cette voix commence alors à prendre une autre dimension, évoquant même tantôt Tina Turner ou Beth Hart.

Après l’électro-viscéral « Intersexuel » (« Birthmarks »), place à « Where’s The Love ». Qui a changé d’intro. Les percussions sont plus légères, hawaïennes même ; mais dès le refrain, on reconnaît la chanson. Pendant « Word Up », Laura tire une nouvelle fois son épingle du jeu. D’ailleurs, la star de la soirée ne sera pas Piet Goddaer, mais bien Laura Groseneken, tellement discrète, mais terriblement efficace. Cette multi-instrumentiste, votre serviteur l’avait découverte, il y a quelques années, lors d’un concert accordé par le vieux briscard du blues, Roland Van Campenhout. Et elle s’était encore illustrée, au Lotto Arena d’Anvers, en compagnie de Piet, au cours d’un concert accordé en compagnie de l’Orchestre National de Belgique (voir review ici) 

Avant le premier rappel, des roadies installent une autre estrade sur le podium. Elle accueillera 3 violonistes et un violoncelliste. Qui vont se lancer dans un ‘happy birthday’ de circonstance, et en totale communion totale avec la foule. Piet est ému, et la remercie. Un rare moment de communication. Le Duke flamand aborde alors le « We Can Be Heroes » de Bowie. Les cordes enchantent, les voix sont aériennes, le public est conquis. Et le band est au grand complet, quatuor à cordes compris, pour interpréter « Africa ».

Ozark Henry va même nous accorder un deuxième rappel de 3 titres, que ponctue le brûlant « Achilles ». L’auditoire est ravi. Votre serviteur aussi. N’empêche, ce soir, c’est Laura Groseneken qui a volé la vedette à Piet Goddaer…

(Organisation : Ancienne Belgique + Live Nation)

Setlist :

« Elliot »
« A Hop A Skip And A Jump »
« Tatoo »
« Mapped Out For Me »
« A Dream That Never Stops »
« Happy Days »
« Intersexuel »
« Where’s The Love »
« Word Up »
« Blindspot  »
« La Donna E Mobile »
« Inhaling »
« Indian Summer »
« This One’S For You »
« At See »

Encore 1 :

« We Can Be Heroes »
« Africa »
« I’m your Sacrifice »

Encore 2 :

« Sweet Instigator »
« Walking The Dead »
« Achilles »

Darkest Hour

Défendre son nouvel album sur scène c’est bien, mais en proposer plusieurs morceaux, c’est mieux…

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Groupe de metal moderne, Darkest Hour est issu de Washington. Ce soir, il se produit aux 4 Ecluses, à Dunkerque. Il est venu défendre son dernier album “Godless Prophets and the Migrant Flora”, un disque qui foisonne de détails, de nuances et à la finition irréprochable.
Mais tout d’abord découvrons cette salle du Nord de la France. Situé au milieu des canaux, cet endroit est vraiment exceptionnel. Il bénéficie d’une infrastructure de choix. L’ambiance y est conviviale et les bières y sont excellentes.

Dead Season assure le supporting act. Une formation qui pratique une sorte de metal progressif. Probablement inspiré de Tool et Soen. La voix est atmosphérique. Les compos sont très techniques et complexes. Mais les balances n’ont probablement pas été réglées correctement. Les interventions de basse couvrent, pour ne pas dire étouffent, le chant. Impossible dès lors d’apprécier correctement. De quoi en profiter pour aller s’échauffer les mollets ou ‘mosher’ sur Darkest Hour.

Changement d’ingénieur son. C’est déjà bon signe. La salle est plongée dans l’obscurité. Silence. On tourne ? Le public, venu remplir gentiment le ⅓ de la capacité de l’espace, s’égosille pour accueillir la tête d’affiche.

Le set s’ouvre par un nouveau morceau, “This is the Truth”. De quoi donner le ton au concert. On va avoir droit à du lourd. Qui déchire. Les musicos ont la pêche, c’est manifeste.

Après trois ou quatre titres issus des précédents opus, place aux excellents “Doomsayer” et “Wasteland”. Le public se réveille. Il reprend en chœur et commence à se bousculer. Mon échauffement n’a pas été vain. “Widowed” permet à Monsieur Muscle (Travis Orbin) de démontrer ce qu’est une brute de finesse, lorsqu’il martèle charley, caisse claire ou grosse caisse. Il est vraiment phénoménal (NDR : déjà entendu, dans une chanson populaire…)

Fini de rigoler, le prochain nouveau morceau je papillonne au milieu des briques, dans la fosse aux lions !

MAAAaiiiiiis, la formation n’accordera qu’un seul nouveau titre et à l’issue d’un rappel qu’on pourrait qualifier de tiède. Faut dire que le public ‘metal’ dunkerquois apprécie uniquement le pogo sage, le ‘porter’ un peu lourd et le lancement de bière. Mention spéciale quand même à ce gars (troll), planté au milieu du pogo, tel un bumper dans un flipper, sans bouger, qui profite du show à une place de choix, alors que ses voisins lui rebondissent dessus.

Bref une fin de spectacle plutôt classique, garant d’un bon moment, mais qui a laissé quelque peu sur sa faim. Les groupies profitent  de l’occasion pour monter sur le podium et prendre quelque selfies en compagnie du groupe (NDR : bon ok, j’en ai prise une avec Aaron Deal ; mais c’est parce que, à la base, le mec est badass)…

Les musicos estiment (NDR : c’est ce qu’ils m’ont déclaré) que lorsqu’on a publié 9 albums, il est normal que le public attende des extraits de toute leur discographie. Et en en proposant un par LP, il y a suffisamment de compos pour compléter aisément une set list.

Bon et alors ce Darkest Hour ? Bah ouais, carrément, c’est propre et c’est fun. Les mecs sont super ouverts et proches de leur auditoire. Mais après avoir gravé un dernier opus aussi incroyable, et être parti en tournée pour le promouvoir, on espérait, quand même, que le band puiserait davantage de titres dans son tracklisting. Normal, quoi !

Young Moon

Colt

Écrit par

Trevor Montgomery aime brouiller les pistes. Il a ainsi milité chez Tarentel et a monté toute une série de projets depuis la moitié des nineties, dont Lazarus est probablement le plus notoire. Il a décidé d’en imaginer un nouveau, Young Moon, pour lequel, il vient de graver son deuxième elpee. Et il est tout aussi mélancolique que ses précédents essais. Faut dire que l’artiste a traversé de solides moments de déprime dus aux épreuves de la vie, et tout particulièrement ses échecs amoureux, qu’il déclare avoir soigné grâce à la pratique du yoga. Ce qui lui permet, à travers ses nouvelles compos, de laisser entrevoir, de belles lueurs d’espoir…

Sans quoi, la musique de Young Moon évolue dans un univers assez proche de The National, en moins électrique, le baryton de Trevor campant un hybride entre Matt Berninger et Bruce Springsteen. Le sens mélodique est soigné et l’instrumentation bien équilibrée. Il y manque juste un peu de frénésie. Une exception qui confirme la règle, « Perfect », un des deux meilleurs morceaux de l’album, le titre maître se distinguant par son aspect mélodique. Dommage, car l’ensemble tient vraiment bien la route.

 

Japanese Breakfast

Psychopomp

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En 2014, Michelle Zauner quitte Philadelphie pour rejoindre l'Oregon afin de veiller sur sa mère à qui on vient de diagnostiquer un cancer. Elle abandonne alors Little Big League, son groupe indie rock. Auprès de sa famille et, en cette période compliquée, son inspiration ne se tarit pourtant pas. Deux ans plus tard, en hommage à sa mère décédée, elle emprunte le patronyme Japanese Breakfast (même si elle est d'origine coréenne) pour graver les morceaux composés durant ces longs mois.

Né dans le deuil et dédicacé à sa maman dont l’image est reproduite sur la pochette, "Psychopomp" est un album émouvant qui malgré des paroles touchantes ne tombe pas dans la morosité. Michelle Zauner livre des pépites de dream-pop teintées de shoegaze. Pleine de mélancolie et de tendresse, elles libèrent toutefois beaucoup d'énergie positive.

La plage qui ouvre l’elpee, « In Heaven », constitue certainement le meilleur exemple. Les nappes de claviers et les cordes sont omniprésentes. L’Américaine s’aventure également dans un univers plus rock, à l’instar de « Ragged Country » et « Heft ». Puis se nourrit au influences 80’s, tout au long de l’excellent « Everybody Wants to Love You ». Enfin, Zauner n’oublie pas ses racines en intégrant des références orientales, comme sur « Jane Cump ».

Au vu des circonstances qui ont permis à ce sublime album de voir le jour, il serait souhaitable que l’aventure de Japanese Breakfast s’achève. Et que parallèlement les autres projets de Michelle Zauner puissent décoller. Suffira sans doute qu’elle égale le niveau de songwriting affiché sur « Psychopomp », pour y parvenir…

 

The Molochs

America’s Velvet Glory

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Il s’agit du deuxième opus de ce duo californien. Enfin établi à Los Angeles. Et il fait suite à « Forgetter Blues », paru en 2013. A la barre, le fondateur Lucas Fitzsimons (NDR : il est argentin) et Ryan Foster.

Le patronyme du band est emprunté au dieu païen dévoreur d’enfants imaginé par Alan Ginsberg, dans son poème ‘Howl’. Pas étonnant que la formation rêve de Beat Generation. Donc des sixties, au sein desquelles la musique des Molochs puise allègrement. Un peu comme Modern Lovers.

Bref, les 11 plages de cet opus sont épurées comme à cette époque dorée. Les sonorités sont vintage (guitare, orgue), même quand elles sont sculptées dans le psyché/folk ; et parfois, un harmonica vient traverser l’expression sonore. A l’instar de « No more cryin’ », probablement inspiré par le Butterfield Blues Band, mais qui aurait pu également figurer dans le répertoire des Beatles ou des Stones à leurs tout débuts. Encore que les compos les plus allègres me font curieusement penser au Them (NDR : oui, oui, pensez à « Gloria »). On a même droit à des guitares tintinnabulantes, dignes des Byrds sur « The one I love », et puis des traces de garage, probablement empruntées aux Seeds, dispersées ça et là. Sans oublier le final, « You never learn », un morceau dylanesque, mais trempé dans l’orgue Hammond, un peu comme à l’époque du Band. Un album rétro, mais particulièrement rafraîchissant.

 

Moon Duo

Occult Architecture Vol 1

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Moon Duo est donc passé d’un duo à un trio, suite à l’engagement du drummer John Jeffrey qui, jusqu’alors, se limitait à accompagner le line up en tournée. Et son nouvel opus, baptisé « Occult architecture » (NDR : le quatrième studio), constitue le premier volet d’un diptyque, dont la sortie du second est prévu cette année. Une œuvre conceptuelle qui repose sur le principe taoïste du Yin et du Yang.

Puisant ses sources à la fois dans le psychédélisme, la noise, l’électro indus, le post punk et le krautrock, la musique de Moon Duo invite Hawkwind, le Floyd, Wire, Suicide, Can ou Gary Numan. En grattant encore, on devrait y déceler d’autres références. Mais ce sont certainement, les plus tangibles.

Ce qui frappe d’abord dans la musique, c’est ce rythme implacable, hypnotique, fruit de la conjugaison entre électronique, boîte à rythmes et drums, sur lequel vient se greffer les parties de guitares, tantôt au bord du délire, gémissantes, distordues, lysergiques, effilées, trempées dans le fuzz ou aux riffs bien saignants (« The death set » lorgne ainsi carrément vers les Cramps), s’infiltrer les parties de claviers spectraux et se poser les vocaux éthérés de Ripley Johnson (NDR : il est également impliqué chez Wooden Shjips) ou/et de Sanae Yamada. 

Il y a une intensité à la fois ténébreuse et contrastée dans l’expression sonore de Moon Duo. Une grande complexité en constante évolution, malgré son aspect répétitif. Des paramètres ou si préférez des nuances qui communiquent une forme d’originalité à l’ensemble...

 

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