La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

logo_musiczine

Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26654 Items)

Malibu Stacy met les bouts

Écrit par

Après presque neuf années de cause commune, le groupe liégeois Malibu Stacy a décidé de tirer un trait sur ses projets communs et ses membres de s’en remettre chacun à leurs parcours respectifs (Piano Club, It It Anita, Pale Grey).

Mais pas sans un dernier adieu.

Celui-ci aura lieu aux Francofolies de Spa le jour de notre fête nationale.

On leur souhaite bon vent!

 

Les Nuits Botanique 2013 : lundi 13 mai

Conversation enregistrée, il y a quelques semaines, entre le photographe et le rédacteur.

A : Seb, ça te dirait d’aller shooter Savages ?
S : Sava- quoi ?
A : ‘Sa- va - ges’ (NDR : prononcez ‘sa-vais-gise’).
S : Tu penses que ça va me botter ? »
A : Absolument, c’est du post punk pratiqué par un groupe de filles !
S : Ah, idéal pour shooter, alors…
A : Oui, et elles font sensation en Angleterre. Elles sont déjà passées dans l’émission de Jools Holland et joué dans de grandes salles.
S : Alors OK, on y va !

Après avoir publié un premier Ep réunissant des titres immortalisés en ‘live’ (« I’m here »), Savages a gravé, en ce début mai, son premier elpee. Il s’intitule « Silence Yourself ». Au menu, du rock conjugué au féminin digne de la quintessence punk, new wave et gothique, qui a sévi au cours des eighties. On pense, bien sûr, inévitablement à Joy Division, Fugazi et Siouxsie and The Banshees. Les plages de l’opus sont entrecoupées de moments plus feutrés, susceptibles de sonoriser une BO de cinéma d’auteur. La chanteuse, Jenny Beth, a d’ailleurs composé quelques musiques de film, avant de fonder son band. Un projet impliquant quatre superbes filles capables d’insuffler une énergie nouvelle, à un mouvement qu’on pensait définitivement consommé.

Pas de préambule, elles nous plongent immédiatement dans le vif du sujet. Classieuses, réservées mais efficaces, elles nous mettent d’emblée en confiance. Pas de clins d’œil aguicheurs ni envolées mielleuses et encore moins de tentative d’hameçonnage. Et pourtant, on se sent à l’aise, et on entre dans leur set, comme illuminé par un sourire intérieur. C’est d’ailleurs ici que se situe la complicité entre le public et le groupe. Une impression de plénitude vous envahit. Le sens mélodique est soigné. Tout est exprimé de manière juste et entière. Et les surprises ont de quoi ravir, car on ne s’y attend jamais vraiment. Jamais mièvre ou passive, cette énergie vibre clairement en notre for intérieur et communique des émotions qui nous transportent. Et à ce titre on leur est reconnaissants.

Ce soir, l’Orangerie baigne dans le rock en noir et blanc. N’en déplaise aux machos, les demoiselles nous remuent instantanément les tripes. Leur show est irréprochable. Le quatuor manifeste une assurance et une sérénité que nous ne soupçonnions pas. Elles revisitent le passé en se servant du présent, afin de nous faire revivre des moments inoubliables. 

Le noir et blanc démodé ? Punk is dead ? On se le demande, en voyant aussi une grande partie du public composée de vieux ‘corbeaux’ qui hantent les soirées pour nostalgiques des 80’s. Mais rien n’est moins sûr ce soir. En ce qui concerne Savages, le revivalisme a retrouvé toute sa saveur sauvage…  

Setlist : 1.City's Full /2.I Am Here /3.She will / 4.Fuckers / 5.No Face / 6.Strife / 7.Waiting For A Sign / 8.Flying To Berlin / 9.Give Me A Gun / 10.Another War /11.Hit Me Play /12.Shut Up/13.Husbands

Français expatrié à Londres, Johnny Hostile avait été invité à entamer la soirée. Au départ, il est producteur. C’est également lui le cofondateur de Pop Noire. Un label qui a notamment signé Lescop. Et sa compagne n’est autre que Jehnny Beth, la vocaliste de Savages. Pas étonnant qu’elle vienne rejoindre Johnny, pour partager un duo, au milieu du set. Et ce petit chassé-croisé entre amoureux, sur les planches, est émouvant. Post/punk, la musique de Hostile lorgne parfois vers Neon Judgment. En plus ténébreux. Comme si elle cherchait son chemin pour atteindre le bout du tunnel. Et le lightshow accentue cette impression. A mon humble avis, pour bien cerner cette expression sonore, reconnaissons-le fort intéressante, il faut une oreille avertie ou tout au moins, avoir eu le loisir d’écouter et de réécouter les disques de cet artiste, avant d’assister à sa transposition en ‘live’.

Aes Sedai et Sébastien Leclercq

Savages + Johnny Hostile

(Organisation Botanique)

Voir notre section photos ici

 

 

Les conditions météo pourries de ces dernières semaines ont malheureusement été l’invité surprise de cette 20ème édition des Nuits Botanique. Un froid de gueux qui aurait été plus supportable dans le Grand salon cosy et chaleureux du Museum où le triple concert de ce lundi soir était initialement prévu. Finalement déplacé vers la fraîcheur hivernale d’un chapiteau tremblant sous des bourrasques clairement venues du Nord, le public timide et transi s’était blotti devant la scène frissonnante pour accueillir le folk-rock mélodique de Swann, le folk-pop surréaliste d’Ólöf Arnalds et le pop-rock ‘pleurnichard’ de Tom McRae. Une configuration globalement acoustique et intimiste qui aurait décidément apprécié un espace plus confiné. 

A l’âge de 23 ans, Swann est déjà considérée comme l’un des porte-drapeaux français dans le registre folk-rock. Elevée au Velvet Underground par des parents mélomanes, Chloé s’affirme très vite comme une songwriteuse et multi-instrumentiste (guitare, piano, harmonium…) de talent. Forte de ses qualités d’écriture et de son potentiel vocal, la jeune chanteuse fait une entrée remarquée en présentant un premier disque plaisant intitulé « Neverending », ce soir, sur les planches du chapiteau.

Vêtue d’une robe de soirée légère à carreaux noirs et blancs et flanquée d’une guitare acoustique, Swann balance des mélodies gracieuses et impose progressivement la force de sa patte musicale héritée de Patti Smith, Cat Power ou encore Lou Reed face à un public plus glacé que glacial. Et pour cause. Une ambiance de fin du monde règne sur un parterre peu habité ; le vent cogne aux portes et aux fenêtres d’un chapiteau vacillant, son sifflement se glisse sur la toile et ses airs frigorifiques s’engouffrent, pétrifiant les âmes. Un léger frémissement d’hésitation envahit la scène. Pourtant, Chloé, soutenue par ses deux musiciens, ne se laisse pas démonter et balance les sons électriques de « Show Me Your Love » et la reprise de « Bobby Brown (Goes Down) » de Frank Zappa. Le charme finit par opérer et le visage d’ange de Chloé se couvre d’un sourire soulagé pour clôturer un set plutôt réussi.

Swann ne jouit certainement pas de la notoriété et du don de communication de son ainée folkeuse Lou Doillon (voir compte rendu du 12 mai ici) mais elle possède une qualité bien plus précieuse, le talent !

Habituée aux grands froids du Nord, l’Islandaise Ólöf Arnalds ne semblait aucunement contrariée par le temps hivernal de ce mois de mai (NDR : notons au passage le nombre important d’artistes scandinaves et principalement islandais programmés à l’affiche des Nuits 2013 : Sóley, Ólafur Arnalds, Junip, Rebekka Karijord, Valgeir Sigurðsson… un bel indice du dynamisme politico-culturel rencontré dans les pays traversés par le Cercle Arctique.) Seule sur l’estrade, armée d’une sèche noueuse et affichant une touchante timidité, l’une des membres actives du célèbre collectif Múm nous livre une curieuse version acoustique de son troisième elpee solo, « Sudden Elevation », sorti le 4 février dernier sous le label Konkurrent. Prestation surréaliste ne ressemblant en rien à la version studio du long playing. Un bric-à-brac de morceaux bricolés, tantôt chantés en anglais, tantôt en islandais, et comme improvisés. La chanteuse islandaise nous raconte des histoires banales sur un ton badin qui, dans un premier temps, surprend le public, puis le captive par la grâce déconcertante de sa naïve sincérité. Elle est émouvante, désarmante. Ses histoires légères nous parlent d’une ville islandaise où il ne se passe rien. Où le seul divertissement se résume au passage mensuel d’un cargo. Comparé à celui d’Ólöf, le pays de Candy ressemble à un manga trash. Bref, l’ovni Ólöf vient de s’abattre sur les planches du chapiteau.

Musicalement, les mélodies voyagent entre un genre traditionnel islandais, des reprises de Caetano Veloso et des ballades interprétées dans la langue de Shakespeare. « Return Again » nous propose une mélodie fragile, presque friable, bercée d’une voix paradoxale, angélique et malicieuse, d’arpèges de guitare graciles et rêveurs. Un air désinvolte et coquin qui sillonne la setlist d’un concert réinventant des peines de cœur magiques, éclatées et irréelles. Un son aux harmonies simples mises au service d’une voix ondulante qui flirte incestueusement avec celle de ses ainées Stina Nordenstam et Anja Garbarek.

 Malgré une prestation scénique très sage, le chant lyrique nous réserve pourtant quelques moments d'exception et emporte l'auditeur vers des territoires inconnus. Ainsi, « Call It What You Want » s’énerve et s’élève aussitôt vers les univers oniriques de Joanna Newson ou Karen Dalton. Une voix singulière dont elle joue comme d’un instrument.

Il y a deux ans, la chanteuse islandaise nous confiait : ‘Depuis l’adolescence, je joue pour les mariages, les enterrements. J’aime ce rôle communautaire : jouer pour la famille, être avec les gens quand ils ont des choses à célébrer’. Cette année, l’artiste venue du Nord a dignement contribué à fêter les 20 ans du festival bruxellois.

Eric Ferrante

Ólöf Arnalds  + Swann                                                                                                           
(Organisation Botanique)

 

 

Les Nuits Botanique 2013 : dimanche 12 mai

Ce dimanche de semi-gueule de bois, entre relents de biture frénétique et heures de sommeil faussement réparatrices, je trace. Direction la capitale. J’y ai rendez-vous avec le jeune Irlandais Mmoths et les Canadiens psychotiques de Blue Hawaii, le tout dans le cadre idyllique du Botanique, au Museum, pour être plus précis.

19h30 : arrivée sur place, une bouteille de vin sucré dans le gosier et une excitation à peine cachée, avant d’assister aux prestations pour lesquelles je me suis déplacé.

Récit de voyage d’un illuminé, catapulté dans les étoiles …

Première note, première escapade onirique, confortablement installé à quelques mètres seulement de Mmoths et son band, dans un fauteuil rouge sang. Incapable de regarder ces trois génies trop cokés s’affairer sur le podium, c’est la tête balancée en arrière et les yeux fermés que je contemple le spectacle. Mes membres fatigués sont tiraillés entre spasmes et frissons, à mesure que les rythmes saccadés défilent.

Coup d’œil furtif à ma gauche, à l’instant où retentit la genèse de « THNX », ma comparse a reconnu l’air, un sourire discret mais heureux traduit un certain apaisement… ses yeux sont clos, elle nage probablement dans un océan de délire poétique, non loin du mien.

Mais le voyage est trop court, trop beau aussi ; une demi-heure de rêverie et le réveil, douloureux, la lumière agressant mes pauvres yeux. Je l’aperçois vider les lieux, sans un mot, sans un geste, tête baissée, laissant comme seuls souvenirs ses machines et instruments entassés.

Une blonde houblonnée et sa fidèle compagne Cancerette sont nécessaires pour retrouver pleinement ses esprits. Quelque part, assis sur les marches, l’esprit encore à moitié perdu dans les nuages, on essaye de mettre des mots sur ce qui vient de se produire. Mais il est trop tôt pour établir ce genre de constat, la seule chose qui ressort de ce semblant de conversation est un émerveillement exprimé sous forme d’onomatopées, quelque chose entre ‘waow’ et ‘ouf’.

Second round émotionnel en compagnie de Blue Hawaii. Les débuts sont psychédéliques, enivrants et majestueusement touchants. Vissé sur ma chaise en bois, je me délecte de ces mélodies enivrantes, portées par la voix gracieuse et fluette de Raphaelle. Visiblement à l’aise sur les planches, la demoiselle communique énormément avec son audience, lui confiant des anecdotes de tournées, quelques états d’âme et ressentis timidement annoncés.

Exhortant le public à se lever, le duo opère un revirement club aussi surprenant qu’impressionnant. Le résultat met du temps à se propager dans les travées ; et il faudra 3 morceaux supplémentaires pour que le public n’explose de joie, délaissant les doux fauteuils du Museum.

Le résultat donne une version alternative et intimiste du « Gnanmankoudji » que Laurent Garnier avait laissé éclater à Pleyel. Le temps d’un rappel en apothéose et le groupe s’en va, le devoir accompli, ayant indéniablement marqué et touché l’assemblée du Botanique.

Un nouvel arrêt houblonné s’impose avant de quitter le Bota, pour récupérer physiquement et psychologiquement. Je croise les deux Canadiens préparant le stand ‘merchandising’ et, incapable de résister à l’envie de leur dire un mot, je demeure bloqué, comme subjugué, incapable d’articuler autre chose qu’un ‘merci’ à peine murmuré. Je reçois en guise de réponse un timide mais sincère ‘Thank you for coming’ de la souriante chanteuse. Il ne m’en fallait pas plus pour repartir le cœur léger, leur LP sous le bras mais surtout la tête pleine de souvenirs, ceux d’une soirée majestueuse que je risque de revivre à maintes reprises lors de mes rêveries, qu’elles soient éveillées ou dans les bras de Morphée.

Adrien Fassotte

(Organisation : Botanique)

Mmoths + Blue Hawaii


Ne perdons pas de temps à tâcher de convaincre les pisse-froids qui hurlent au népotisme ou à convertir l’élite néo-folkeuse venue rechercher la perle rare alternative lors de cette onzième édition des Nuits Botanique. Dimanche soir, Lou Doillon était venue jouer ses morceaux artisanaux composés dans l’intimité de sa cuisine et inspirés de ses chagrins d’amour. Sans aucune prétention de génie artistique, la chanteuse française avait choisi les planches d’un Cirque Royal archi-complet pour revisiter l’intégralité de ses « Kitchen sing dramas » issus de son premier long-playing produit par Etienne Daho et mixé par le Cassius Philippe Zdar. « Places » (2012), un album intimiste folk-rock influencé par les sons de son enfance.

Certes, à travers cette nouvelle expérience, l’actrice, comédienne, mannequin tente d’effacer cette image qui lui colle à la peau. Celle d’une hit girl, d’une ‘modeuse’ branchée, d’une ‘jet setteuse’ qui transite entre Paris et Londres. Pourtant, un concert déjà complet lors de sa prestation à l’Orangerie du Botanique, accordé le mois de décembre dernier, nous avait déjà convaincu qu’elle pouvait compter sur un public fidèle. Maintenant, reste à savoir si celui du Cirque Royal était venu en masse pour voir l’égérie de Givenchy et de Karl Lagerfeld ou pour découvrir l’univers musical de cette jeune auteure-compositrice-interprète de 30 ans au parcours atypique.

C’est un Cirque Royal plongé totalement dans le noir et illuminé d’une très belle scénographie qui attendait Lou Doillon et ses quatre musiciens. Cinq lampes vintage en arc formant un C de taille XXL planté au-dessus de chaque acteur sert de décor. Un décor original et judicieux pour éclairer les premières notes de la ballade poignante, « I.C.U ». Pas un mot dans la salle. Le public reste scotché à chaque inflexion vocale, à chaque souffle. Le timbre plaintif mais décidé, autoritaire mais vulnérable, s'égare dans l'air et invite le spectateur, accroché à chaque syllabe, à des rêveries douces-amères chantées dans son anglais maternel. Lou Doillon possède cette espèce de sauvagerie douce qui intrigue et s’accorde à merveille au genre musical qu’elle a choisi d’embrasser ce soir. Un folk aux ambitions aériennes et traversé d’influences universelles, communes et ensorceleuses.

Progressivement, ses talents d’oratrice réchauffent la salle. Un don naturel de communication qui séduit rapidement l’auditoire. Tantôt malicieuse, tantôt charmeuse, elle nous raconte son concert comme un roman autobiographique chargé de complaintes, de drôleries et de confidences. C’est alors que la comédienne reprend le dessus et nous inflige quelques plaisanteries croquignolettes en introduction de « Hushaby », morceau qu’elle aime écouter au volant de sa voiture les yeux fermés ou de « Devil Or Angel » où Lou Doillon s’amuse à imiter le cri du loup et invite le public à la suivre. Why not !? Bref, toute une mise en scène qui régale l’assistance et en ferait presque oublier la musique.

Le répertoire tantôt folk, tantôt country, tantôt soul, et plutôt facile, revisite les standards du rock et s’architecture autour de compos souvent trop légères. Une femme sous influence qui jouerait à réinventer les tubes ensorceleurs de Marianne Faithfull, Patti Smith ou encore Lou Reed, qui ont bercé son enfance.

Ne soyons pas trop sévère. Plusieurs standing ovations et plusieurs rappels (quatre !) nous confirment que le pari musical de Lou Doillon est plus que réussi. Le public est ravi et l’artiste ne veut plus quitter l’estrade.

Répertoire épuisé et public affamé, l’actrice reconvertie se doit d’improviser. Et tout d’abord, sur une reprise ‘originale’ de Clash qui arrive à point nommé. Accompagnée par le guitariste François Poggio, la folkeuse de l’Hexagone entame  « Should I stay or Should I go » comme si c'était un standard made in Nashville.

Rassurée par sa prestation, la chanteuse se lance sur la scène pour quatre longs rappels. D’abord, seule, guitare acoustique entre les mains, jouant sa première composition sur deux accords. Sa maladresse à la six cordes est presque touchante. On pense à la fin d'un repas de famille. Ce moment délicat, un peu gênant, où la petite dernière vient réciter le poème appris à l'école. Ne soyons pas cynique car, si la guitare ne sonne pas, la voix fait des merveilles. Enfin, une dernière reprise plus étonnante : « I go to sleep », chanson écrite par Ray Davies pour le Kinks, en 1964, que populariseront Chrissie Hyde et les Pretenders, en 1981. Et, plus récemment, subtilement réarrangée par la chanteuse britannique Anika, en 2010.

Amateur ou non, le public franchit les portes du Cirque Royal, le sourire aux lèvres, heureux d’avoir partagé l’univers musical de la nouvelle songwriter française.

Eric Ferrante

Lou Doillon

(Organisation Botanique)

Voir notre section photos ici

Les Nuits Botanique 2013 : samedi 11 mai

Écrit par

L’espace réservé par la programmation des Nuits Botanique aux musiques alternatives et expérimentales n’a pas fait défaut ce samedi soir au Cirque Royal. Ainsi, sous les projecteurs du Cirque, le producteur allemand Sascha Ring alias Apparat –l’un des piliers du milieu électro berlinois– y présentait son dernier projet « Krieg und Frieden (Music for Theatre) », la bande-son surprenante de la récente pièce de théâtre de Sebastian Hartmann inspirée par le chef-d’œuvre de Tolstoï, Guerre et Paix. Une soirée sono-visuelle à laquelle étaient également conviées les nouvelles « Images Du Futur » de l’excellent groupe canadien Suuns qui nous livrait son nouveau matériau sonore sorti le 5 mars dernier, sous le label Secretly Canadian. Autre invité de marque, le trois-pièces français Aufgang dont l’électro-baroque-expérimental peu conventionnel conjugue ingénieusement musique classique et électronique pour des shows généralement explosifs.

Il fallait, comme il se doit, une ambiance feutrée, une scène plongée dans l’obscurité et un décor dépouillé pour accueillir les mélodies alambiquées des Canadiens de Suuns. Sans détour, le quatuor de Montréal nous plonge dans les profondeurs viscérales de sa dernière exploration. Hormis les manœuvres dynamiques de « Powers of Ten », les morceaux se veulent globalement moins rageurs, moins bruts, moins immédiats que par le passé. Les orages magnétiques de « Bambi » sont sous contrôle et laissent moins de place à l’improvisation.

Ne prenez pas peur. Les morceaux restent néanmoins toujours infectés par cet esprit sombre, vicieux et contrarié. Ils sont simplement plus travaillés, mieux calculés, plus pensés. Une maîtrise live que l’on peut distinctement entendre sur « 2020 », « Mirror Mirror » ou « Sunspot ».

Les Montréalais pyromanes continuent férocement à jouer avec nos nerfs et enchainent les chansons branlantes et psychotropes, minimales et obsédantes. Chantés la mâchoire crispée, les murmures mélodieux et angoissés de Ben Shemie plongent l’auditoire dans un monde parallèle et intriguant. Un concert cathartique aux couleurs du monde contemporain instable dont il est le reflet. Chansons du désordre qui illustrent leur engagement physique et intellectuel lors des manifestations qui se sont déroulées l’année dernière à Montréal. Une musique qui s’inscrit résolument dans son époque. Le résultat final est profond de sens, d’équilibre et de déséquilibre, tant dans l’écriture et le son que dans la vision créatrice. Des « Images Du Futur » écrites dans ‘le climat enthousiaste et excité, d’espoir et de frustration’ d’un Québec au bord de la crise de nerfs. 

Partisans actifs aux manifestations des étudiants québécois en 2012 et survivants d’une tournée interminable consécutive à la sortie de « Zeroes QC », accomplie en 2011, Ben Shemie et Joe Jarmush semblent pourtant, par moments, manquer de souffle sur scène. En effet, certains titres comme « Minor Work » enthousiasment moins et montrent quelques signes de lassitude. Petits détails pour une grande prestation de Suuns sur les planches du Cirque Royal.     

La suite du programme risque de surprendre davantage, d’assommer ou de passionner. C’est selon. Quoi qu’il en soit, l’expérience inédite d’Apparat reste impressionnante.

C’est après s’être évadé d’une vieille usine berlinoise abandonnée où il a enregistré les dix pistes de « Krieg und Frieden » durant plus de quatre semaines, en compagnie d’un orchestre de 30 musiciens, que Sascha Ring décide d’arpenter les routes pour exposer son nouveau projet atypique sur les scènes internationales.

Une exclusivité dénichée par les programmateurs des Nuits Botanique censée ravir les oreilles des amoureux de musique expérimentale avant qu’elle ne tombe entre les mains des plus gros festivals européens (Brighton, ‘Primavera Sound de Barcelone’, etc.)

Grand nom de la scène musicale berlinoise, créateur de dreamscapes, Sascha Ring aka Apparat aime tisser des textures et peindre des paysages sonores étourdissants. Il a le talent pour conjuguer son et image et se plaît à créer des univers multiformes capables d’explorer les sens et les émotions. La création d’une bande-son pour le théâtre n’est d’ailleurs pas un exercice qui lui est totalement étranger. Au cinéma, il s’était déjà livré à ce type d’exercice expérimental lors du dernier long-métrage de Jacques Audiard (« De rouille et d’os ») ou encore pour la série Breaking Bad.

Les planches du Cirque Royal tombaient comme une évidence pour faire place aux frasques audiovisuelles du génie allemand. Un écran géant comme seul décor et cinq artistes sur le podium. Côté jardin, trois musiciens. Côté cour, deux magiciens de l’image aux techniques peu conventionnelles. Tandis que le jardin se lance dans des airs de cordes (violon, violoncelle) lugubres voilés de couches de musique électronique, les deux vidéastes projettent en direct des images en totale synchronisation avec le son. Une technique particulière qui consiste à passer des filtres (ou autre matériau) avec une dextérité impressionnante sous un faisceau lumineux à une vitesse proportionnelle au rythme de la musique. Un fond d’écran qui s’anime de taches noires et d’éléments figuratifs abstraits à la vitesse du son. Plus les couches électroniques se superposent, plus les cordes montent crescendo et plus l’écran s’anime jusqu’au bourdonnement final et anxiogène de « Blank Page » où l’image s’efface. C’est que   lumière et son s’allient et se consolent, se taisent ou bien s’éteignent, signant, dans cet accord obscur, la fin de ce voyage en terre inconnue. 

Bref, un phénomène inexplicable. Plus facile à saisir au cœur battant de la présence, à éprouver en cet instant de grâce fugitif que nous offre la scène. Les mots nous font défaut pour le décrire. Seul le silence fait sens et transmet le vrai son. 

Eric Ferrante

Apparat + Suuns + Aufgang

(Organisation Botanique)     

Lumerians

La valse des illusions

Écrit par

Ostensiblement, la différence entre l’aspect visuel d’un groupe peut être inversement proportionnelle à l’énergie qu’il déploie tout au long de ses enregistrements ou tout du moins de l’idée qu’on s’en fait.

A l’écoute, on se forge une idée mentale, dessine une image glamour autour des sonorités qui happent nos sens et les étourdissent, et on reconstitue ainsi une image d’Epinal conforme à nos fantasmes.

Comme lorsqu’on se représente les protagonistes du roman qu’on lit.

Et bien sûr, la réalité n’est pas toujours conforme à notre imagination.

Mais au-delà d’une éventuelle déception physique, le plus important reste l’impact sonique.

À moins que ?

Direction le Trix ce samedi soir pour un énième rendez vous en compagnie de The Lumerians. Mais avant de les découvrir (enfin) sur scène, deux groupes sont à l’affiche, dont les très attendu KVB. Compte rendu d’une soirée où le son doit prendre le pas sur l’image…

De Beach, il est difficile d’apprendre quoi que ce soit. En choisissant un patronyme bateau, il risque en effet de s’échouer sur les bancs de sable de l’indifférence générale.

Pas que leur musique ne fasse pas de vagues. Non !

Musicalement, ce trio belge tient la barre. Mais il risque de perdre le cap.

Conduites par des consonances Punk, dégradées en nuances ‘post-ce-qu’on-veut-qui-rime-avec-bruit’, leurs compositions sont efficaces et carrées, mais délivrées avec force et panache.

Pour le reste, pour agréable que soit ce moment en leur compagnie, j’aurai tôt fait de les avoir effacé de ma mémoire.

Et il y a peu de chances pour qu’ils y refassent surface…

Bien plus excité à l’idée de découvrir The KVB, je m’installe au devant de ce qui va s’avérer être un autel.

Après un moment, je comprends vite qu’il est préférable de fermer les yeux.

Pas que les deux membres du groupe soit laids.

D’ailleurs, elle est bien ‘minouchette’ la petite Kat Day, qui s’évertue derrière son Korg à triturer les sons à qui mieux-mieux.

Mais son ennui visible conférant à la dépression suffirait à pousser au suicide des hordes entières de pinsons.

Pour m’imbiber de leurs sons, je me glisse donc les paupières mi-closes dans les projections qui défilent en arrière-plan.

Là, effectivement, l’aura de The KVB prend son amplitude et transcende le concert derrière un voile de couleurs jaillissantes et de bruit blanc.

Quarante minutes plus tard, la messe est dite.

Mais fallait il encore prêcher un convaincu ?

Enfin, après de multiples tentatives avortées pour maintes raisons obscures et sans doute cabalistiques, je vais assister à un concert des Lumerians.

Quelques années qu’ils sont dans mon collimateur ; et après quelques tentatives d’approche, je les aperçois enfin, dans mon champ de mire.

Entrevus furtivement la semaine dernière au Botanique, je sais déjà qu’ils ne correspondent pas du tout à ce que j’avais imaginé depuis la découverte de leur sensationnel et éponyme premier essai, datant de 2007.

En fait, les Lumerians ne ressemblent à rien. Et certainement pas à la musique qu’ils créent.

Ce qui devrait du reste n’être qu’un détail m’interpelle néanmoins.

J’essaie de me détacher de cette impression, mais elle me colle aux basques.

Je prends plaisir à l’écoute de leurs ‘vieux’ titres comme des nouveaux. Mon corps répond favorablement aux ondes psyché qui émanent de ce drôle d’aquarium placé sur l’un des claviers. Ma tête oscille d’avant en arrière, de gauche à droite sur « Burning Mirrors », mais je n’arrive pas à l’état de transe ultime.

Comme maintenu au sol par d’invisibles mains.

Et puis je réalise.

Je suis esclave de mon imagerie mentale.

Je ne peux me détacher complètement et m’abandonner dans la seule foi musicale, prisonnier de mes schémas fantasmagoriques.

Aussi stupide que puisse être ce constat, voir The Lumerians est comme un fantasme qui se réalise dans toute l’absurdité d’une déception injustifiée.

Je les rêvais en toges noires, mystiques et inaccessibles comme les habitants oubliés d’une cité disparue (La Lémurie) et je me trouve face à des quidams, certes, fichtrement bons dans leur art, mais désespérément communs.

Je me sens comme l’enfant démuni face au démantèlement du mythe de Saint Nicolas.

Et j’ai beau me dire que cette situation n’a pas d’importance, que seule la musique compte… je n’y arrive décidément pas.

Néanmoins, j’apprécie le set, et malgré ces considérations, je me fais une raison.

Car dans les sillons de mes vinyles ou le reflet argenté de mes cds, The Lumerians resteront néanmoins ces mystérieux habitants de l’inconnu.

Je quitte donc Anvers perplexe, chiffonné et repu, ne sachant pas très bien ce que je pense.

A moitié déçu, à moitié content, mes attentes à demi en suspens.

Mes oreilles n’ayant pas vu ce que mes yeux désiraient entendre…

(Organisation : Heartbreak Tunes)

 

Sarah Blasko

I Awake

Écrit par

« I Awake » constitue le quatrième album studio de Sarah Blasko. Un douze titres dont l’auteure-compositrice-interprète australienne a voulu assurer toute la production. Douze mélodies (trop) soignées qui ont traversé les mers avant d’atterrir dans nos bacs. Pensé en Australie, écrit dans un chalet solitaire à Brighton, enregistré aux Atlantic Studios de Stockholm et parachevé à Sofia en compagnie des 52 musiciens du Nouvel Orchestre Symphonique de Bulgarie, cet album nous livre un voyage introspectif, à la fois mièvre et insipide, sillonné de mélodies d’une triste banalité. Alors qu’une certaine presse anglo-saxonne s’affole et que Blasko elle-même qualifie son dernier opus de ‘géant’, le géant aux pieds d’argile s’écroule rapidement dès la première écoute. Morceaux faciles sans réelle créativité. Musique pop symphonique mille fois entendue.

Seuls le martellement des toms, les vagues de cordes et les paroles insistantes du refrain du morceau d’ouverture où la chanteuse s’écrie ‘I’m going out’ (NDR : un moment de lucidité ?!) allument un faible et fugitif espoir d’échapper aux nuits noires de Sarah.

Ou en plus synthétique : une belle voix et un bel orchestre. Point. Fermez la parenthèse.

Pourtant, pour concocter « I Awake », Sarah Blasko n’a rien laissé au hasard. Enregistrée aux Atlantic Studios de Stockholm, cette galette hautement soporifique devrait faire le bonheur de tout insomniaque. Stratégie machiavélique de l’artiste ? Peut-être. Car les vertus exceptionnelles du produit ne devraient pas passer inaperçues auprès des membres de la prestigieuse Académie royale des Sciences de Suède lors de la désignation du prochain prix Nobel de médecine. Selon la rumeur, ce puissant somnifère, dont l’innocuité est absolue et avérée, aurait été découvert par les éminents spécialistes du comité lors de l’écoute de « Here » et « Illusory Light ». Plus efficace que l’Assommoir de Zola ou l’Ennui de Moravia, « I Awake » de Blasko pourrait se voir également récompensé du Nobel de littérature. Affaire à suivre.

« I awake », un album narcoleptique qui aurait pu rester encore quelques années dans un sommeil profond.

 

Nicolas V.O.

Dans l’air

Écrit par

Nicolas V.O. est de nationalité belge. Quoique pop, son album est surtout caractérisé par des textes engagés. Il s’intitule « Dans l’air » et est découpé en treize morceaux.

C’est le titre maître qui ouvre l’opus. Une plage dont les couplets sont caractérisés par ses rimes en ‘ère’. L’artiste a déniché un max de mots terminant par cette syllabe, pour cette chanson engagée. Il y dénonce notamment les carences du pouvoir politique au sein d’une société de plus en plus individualiste et carriériste. « Des miettes », c’est ce qu’il restera, pour Nicolas, de sa vie. Il s’interroge d’ailleurs sur le sens de son existence. ‘Une poussière dans l’univers. Quelques miettes sur la table’. Car l’artiste s’intéresse fortement au temps qui passe…

« Du Silence » est encore une compo qui traite du pouvoir. Nicolas V.O. vilipende le monde au sein duquel nous vivons, un monde piloté par des machines. Et cette situation finit par l’énerver, conférant un sens plus conséquent au titre qu’il a choisi pour la chanson. Sur « Les Vices », Nicolas V.O. ne cherche pas midi à quatorze heures. Il affirme son intention de vivre sa vie comme il l’entend, à travers ses émotions, en profitant de ses succès et en essuyant ses échecs, afin de ne pas rester là comme un con. « Tout va bien » est un titre contradictoire. En fait, l’artiste raconte l’inverse de ce qu’il pense réellement. Il affirme que tout va bien, alors que l’humanité se transforme et se détruit progressivement. Il dénonce même un principe fondamental. Celui des droits de l’Homme. Mais pas pour tout le monde’. « C’est la vie » achève l’opus. Caractérisé par la présence d’une guitare électrique, il est plus rock, plus rythmé. Quant aux lyrics, ils s’adressent à sa maman. Ils rappellent les moments privilégiés vécus entre elle et son fils. Une phrase symbolique ? ‘De ton ventre à maintenant, il y a eu des moments’. Une voix enfantine se charge du final. Accentuant ce sentiment que les souvenirs vécus en compagnie de ceux qu’on aime restent toujours dans les cœurs…

 

Dear Reader

Rivonia

Écrit par

A l’origine, Dear Reader réunissait Darryl Torr et Cherilyn MacNeil. Le premier est parti, laissant tout l’espace à la Sud-africaine, qui s’est établie à Berlin. Et après avoir écouté cet opus, on se rend compte que ce départ est plutôt heureux. Ou si vous préférez, il n’y avait pas de place pour deux personnes au sein de ce projet. « Rivonia » constitue le 4ème elpee de Dear River. Débordant d’idées, MacNeil y construit son propre univers sonore. Un univers coloré et fantastique, peuplé de farfadets et de créatures en tout genre. « Man of the Book » en est certainement la plus belle illustration.

Pour enregistrer cet elpee, la Berlinoise d’adoption a reçu le concours de toute une série de collaborateurs. Idéal pour développer son lyrisme. Les musicos se relaient naturellement. Piano, cuivres, violon et autres instruments débarquent à tour de rôle, sans jamais se marcher sur les pieds. Toute une structure qui permet à Cherilyn de poser sa voix légèrement nasillarde, un peu comme Joanna Newsom. Une voix constamment enrobée de chœurs. A cappella, « Victory » illustre parfaitement cette synergie. Parfois les plages frisent la grandiloquence, mais sans jamais tomber dans le mauvais goût.

Périple agréable, multicolore, « Rivonia » est une œuvre qui ressource. Une aventure que l’on se plairait volontiers à recommencer. Certains songwriters feraient bien de s’inspirer de la créativité de Dear Reader…

 

Alice Guerlot Kourouklis

334 Distance

Écrit par

Qui est Alice Guerlot Kourouklis ?

Son nom est bien singulier pour une musique loin d’être singulière…

Cette fascinante Nantaise exilée à Paris se veut avant tout illustratrice sonore, et son premier album se regarde les yeux grands ouverts vers l’intérieur, là où les rêves et les sourires et les pleurs d’enfants s’éparpillent en flocons légers dans la sphère du souvenir.

Dessinant ses paysages escarpés en dix-huit actes, l’artiste prend le risque de la longueur mais prouve au final que ce travail de longue haleine ne l’a pas essoufflée.

Travaillant principalement à la conception de bandes son pour l’Art visuel, l’album est directement influencé par cette approche, mais ne souffre pas de cette mise en forme.

Evitant le piège de l’anecdotique, AGK propose un recueil de pièces dont l’assemblage, tel un minutieux puzzle, dessine peu à peu les contours de son propre monde. Et dont chaque morceau guide nos pas, nos sens, jusqu’au crépuscule étoilé de « Celesting », dernière plage en suspens, qui tournoie au dessus de nos têtes comme un module enchanté.

« 334 Distance » est gorgé de sonorités, de subtilités, de finesses et invite à l’abandon. Un vrai plaisir solitaire qui se découvre au milieu d’un cercle de fées…

 

Guillo

Super 8

Écrit par

Guillaume Galiana est né en 1974. Auteur-compositeur-interprète, il a notamment effectué les premières parties de Francis Cabrel, d’Emily Loizeau et de Juliette. Ce qui lui a sans doute permis d’acquérir une certaine notoriété. « Super 8 » est paru le 21 novembre 2011. Un disque au cours duquel il accompagne son chant d’une guitare acoustique pour véhiculer des textes qui abordent les moments les plus marquants de son enfance.

« Chère Anna » est une lettre qu’il adresse à son épouse. Guillo explique qu’il se sent bien auprès d’elle, confessant ‘Je suis chez vous, comme chez les miens’. En chuchotant, il accentue davantage la passion qu’il éprouve pour sa femme. « Si j’étais Marty McFly » adresse un petit clin d’œil à l’acteur Marty McFly ou plus exactement aux différents épisodes de ‘Retour vers le futur’. Il nous confie ce qu’il ferait s’il avait l’opportunité de voyager dans le temps. Et notamment se regarder naître ou aller revoir son grand-père, pour l’entendre parler. « Les premières fois » permet à l’artiste de revenir sur les petits instants de la vie, qui l’ont marqué. Il retrace le parcours de son existence depuis sa naissance à aujourd’hui, en y évoquant ce que chaque être humain a dû ressentir. A l’instar de la première frayeur, du premier cri, de l’angoisse du tout premier cauchemar, de la première bulle de malabar. Empreinte de douceur, « Fais-moi danser » adopte le profil d’un slow. Une compo dont la mélancolie est accentuée par l’intervention d’un harmonica. La plage la plus longue est également le titre maître. Elle est également plus rythmée, plus enlevée, également. Caractérisé par son refrain accrocheur, elle s’intègre pourtant bien à l’ensemble de l’opus…

 

Iceage

You're nothing

Écrit par

Il y a deux ans une vague de violence et de fureur inondait nos conduits auditifs pour y meurtrir nos tympans. Les auteurs de ce méfait ? Quatre ados issus du Danemark. Lors de la sortie de « New Brigade », ils n’ont pas 20 ans, mais bien de sacrées bonnes idées. Leur style ? Un punk/noise frénétique sur lequel vient se poser une voix ténébreuse, proche de feu Ian Curtis…

Deux années plus tard, le combo a gagné en maturité. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à pratiquer une musique sauvage. Et sur les planches, les musicos sont particulièrement déchaînés. Il suffit de feuilleter le booklet pour s’en convaincre.

« You’re Nothing » s’inscrit dans la droite lignée du précédent elpee. Le chant oscille entre désinvolture et rage. Difficile d’imaginer le chanteur, les cordes vocales saines et sauves, en fin de set. Les guitares sont bien métalliques, crades et violentes. Les douze morceaux de l’opus ne dépassent pas les trois minutes et y concentrent une énergie punk aussi puissante que dévastatrice. Si vous avez apprécié « New Brigade », vous adorerez « You’re Nothing ». Il est de la même trempe. Une œuvre particulièrement jouissive et propice au défoulement. Et pourtant, le spectre de Curtis (Joy Division) y plane encore et toujours…

 

Lemaitre

Relativity 3

Écrit par

Lemaitre est le patronyme choisi par duo norvégien réunissant Ulrick Denizou Lund et Ketil Jansen. Mêlant électro et dance, il propose une musique plutôt personnelle, caractérisée par la profondeur du rythme.

L’an dernier, le tandem avait publié ses deux premiers essais. Des disques intitulés « Relativity 1 et 2 ». Partagé en 4 pistes, le nouvel Ep a été baptisé, je vous laisse deviner, « Relativity 3 » ! Pas très original, comme titre. Mais qu’importe, en 3 années d’existence, le combo est parvenu à publier trois Eps, un elpee (« The Friendly Sound »), quelques singles et remixes, particulièrement percutants

On appréciera d'ailleurs leur sens du ‘buzz’ qui leur a permis –par  erreur ou non, on ne le saura probablement jamais– de publier ce nouveau disque, une semaine avant la sortie prévue. De quoi prendre tous leurs fans par surprise !

Mais venons-en à cet Ep. Dont le sens mélodique et le chant sont particulièrement soignés. Tout en préservant la richesse des sonorités. Le rythme imprimé est irrésistible. De l’électro nerveuse, mais pas agressive. Manifestement, la paire puise ses références chez Daft Punk. Et ce n’est certainement pas une tare. Au contraire. D’ailleurs, les 4 pistes sont extrêmement agréables à écouter

Bien sûr, les mauvaises langues souligneront le manque d’originalité. Pas tout à fait faux ! N’empêche, le résultat obtenu est probant et ne manque pas de charme. En transformant son troisième essai, le duo démontre qu’il maîtrise parfaitement son sujet. Malgré leur jeune âge, les Norvégiens se comportent comme des pros,

Une critique quand même : l’Ep est trop court ! On attend déjà impatiemment la suite…

 

Shana Falana

In The Light (Ep)

Écrit par

Amateurs de Dream-Pop-Shoegaze très susceptible de voltiger dans les volutes ouatées qui s’élèvent de flots où baignent de voluptueuses sirènes aux chants irrésistibles, ce disque devrait vous plaire.

Car cet elpee possède un aspect transcendent certain et assurément hypnotique.

En fait, telle une vague multicolore, « In the Light » ondule sur elle-même et vient sans cesse rouler à nos oreilles, reflétant constamment les scintillantes écumes miroitant à sa surface.

Combinant habilement boucles éthérées et montées en puissance, le combo de Brooklyn se sert de cet axe rotatoire pour répandre une lumière blanche diffuse qui devrait leur permettre d’allumer leur étoile au milieu de la vaste constellation des groupes Psyché du moment.

Et si leur écho a tardé avant de nous atteindre, reste à s’accrocher à ces six titres jusqu’à ce que pointe la silhouette d’un album, là bas sur l’horizon.

 

Sin Fang

Flowers

Écrit par

L’Islande est peuplée de plus ou moins 300 000 habitants. Un pays dont la notoriété repose essentiellement sur ses volcans, ses geysers et ses pêcheurs. Et pourtant, il compte certainement le plus haut ratio de musiciens par habitants. Sigur Rós, Björk, GusGus, Múm et Mugison sont certainement les plus célèbres. Sindri Mar Sigfusson est moins connu mais tout aussi talentueux. C’est le leader de Seabear, et le troisième opus de son projet solo, Sin Fang, est vraiment digne d’intérêt. Son titre ? « Flowers ».

Les plages de cet elpee fleurissent à travers un électro-folk résolument optimiste, un univers sonore remarquablement mis en forme par Alex Somers. C’est également ce personnage qui a transcendé les plus belles œuvres de Jonsi et Sigur Rós. Paradoxalement, les orchestrations sont complexes et discrètes. Cuivres, cloches et cordes soulignent les fragiles constructions électro, apportant même une certaine chaleur à des morceaux comme « Young Boys » ou « Everything Alright ». Véritable album printanier, « Flowers » trempe dans une ‘Sunshine Pop’ qui serait taxée d’uniforme, si elle n’était pas aussi accessible…

 

Tété

Nu là-bas

Écrit par

Tété est né au Sénégal, en 1975. En wolof, son nom signifie ‘le guide’. Il assimile les fondements de la musique dès l’âge de 9 ans. Il suit des cours de solfège et apprend à jouer du violon. Vers seize ans, il opte pour la guitare, et commence à écumer les bars et des rues. Les études et différentes expériences musicales vont le conduire à Paris. Et en 2000, il est repéré par le label Epic, qui le signe. Ce qui lui permettra de publier son premier elpee, « Préambule », la même année. « Nu là-bas » constitue son septième opus.

« Nu là-bas » est peuplé de plages aux rythmes dansants. Des morceaux allègres au cours desquels Tété s’accompagne, en général, de la six cordes. Il entame les hostilités par le titre maître. Une piste bien enlevée. Tété aime les voyages et déclare ‘imaginez vous et moi contre le monde, abandonnés sur la plage au fil de l’onde’. « Marie Laveau » est une piste au message davantage culturel, dans le sens le plus ethnique du terme. Tété y raconte l’histoire d’une femme créole libre, considérée comme une prêtresse vaudou. Elle était détestée, mais en même temps elle fascinait. A cause de son art à exercer la magie. La voix de l’artiste est plus posée, plus sombre, plus mystique, comme s’il voulait transmettre ce sentiment étrange de l’histoire, auprès du mélomane. Un simple sifflotement parcourt « Cadeau », lui conférant une touche plus atypique. Pourtant, l’aspect dansant est toujours bien préservé ; et puis c’est la voix de Tété qui fait le charme à la compo. « A Cour ou Jardin » révèle une autre dimension du talent de Tété. Ses bouts de phrases, il les chante d’un timbre plus aigu. Ce qui rend le climat plus mélancolique. « Les Ruisseaux de la colère » clôt le disque. Un air de violon balaie la piste. Tété tente d’y dompter les ruisseaux de la misère à l’aide d’une mélodie plus guillerette, tout en se référant au choix artistique qu’il pose tout au long de ce long playing…

 

PVT

Le dessert avant le plat de résistance…

Écrit par

Quoiqu’expérimentales, les trois formations qui vont se succéder ce soir, au Grand Mix de Tourcoing, jouissent toutes d’une certaine notoriété sur la scène indie. En l’occurrence Valleys, PVT et Suuns. Valleys et Suuns sont des groupes issus de Montréal. Le premier est un trio qui a publié l’album « Are You Going To Stand There And Talk Weird All Night ? », fin avril. Le second, un quatuor, dont l’elpee « Images du futur » est paru en mars. Quant à PVT, c’est un autre trio, mais australien. Il a gravé « Homosapien », en février dernier. Et tous sont venus défendre leur dernier opus.     

Valleys ouvre le bal vers 20h30. Il est réduit à un duo. Soit un guitariste chevelu et une claviériste. Le public est plus que clairsemé. Le couple nous propose une musique éthérée oscillant entre dream-pop et shoegaze. A la croisée des chemins de The Beach House et de The XX, si vous préférez. De quoi tenir normalement un public en haleine. Le set dure une demi-heure. Malgré l’indifférence manifestée par l’auditoire, le duo canadien, n’a pas à rougir de sa prestation.

Après une brève pause, au cours de laquelle les spectateurs ont à peine le temps de prendre l’air et se déshydrater, PVT monte sur l’estrade. Il est près de 21h00. Cette fois, l’assistance semble plus intéressée et s’approche du podium, afin de ne rien manquer du concert. Faut dire que le trio aussie, répondant autrefois au nom de Pivot, a déjà pondu quatre elpees. Et que son dernier marque un changement radical de style, davantage orienté électro-pop. Après avoir transité par le post rock et l’électro-math-rock, on peut affirmer que le band est en constante évolution. Le drummer s’installe derrière ses fûts, le bidouilleur, ses machines, et le bassiste, son clavier, au centre de la scène.  

Le set va durer une bonne heure. Un laps de temps au cours duquel PVT va enchaîner les morceaux de main de maître, en retranscrivant parfaitement les sonorités dispensées sur sib dernier long playing. La voix de Richard Pike est impeccable. Instrumentalement, la prestation est tout simplement remarquable. Et les jeux de lumières sont judicieusement utilisés pour rendre le show plus vivant. Ravi, le public savoure ces moments, d’autant plus que le combo a le bon goût d’intégrer des titres issus de leurs derniers elpees, dans leur tracklisting. A l’instar, de l’excellent « Windows », certainement le clou du spectacle.

Avant d’assister à la prestation de Suuns, la soirée est de toute manière, déjà réussie. Leur premier long playing, « Zeroes QC », était paru, en 2010. Après avoir sorti un vinyle intitulé « Bambi b/w Red Song », l’année suivante, il vient donc de publier son nouvel opus. Et cet « Images du futur » a fait l’unanimité auprès de la presse spécialisée. Leur set débute à 22h précises. Le quatuor canadien a la pression sur les épaules, vu la prestation de PVT ; même si les deux groupes ne s’expriment pas dans le même registre. Psyché/rock, la musique de Suuns est de forme plus classique. Le jeu de scène est plus dépouillé que celui de PVT. L’expression sonore est dense, intense, mais le band maîtrise assez bien son sujet, même ses nouvelles compos. Le concert tient la route, mais personnellement j’éprouve des difficultés à me libérer de la claque prise, une heure plus tôt. En fait, il aurait peut-être été judicieux d’inverser l’ordre de passage des deux derniers groupes. Néanmoins, les 90 minutes pendant lesquelles le chanteur, Ben Shemie, se trémoussera sur les planches, va passer assez vite. Une belle preuve que le set n’était certainement pas ennuyeux. Suuns achève sa prestation par une reprise ; en l’occurrence « Le Goudron » de Brigitte Fontaine. Parfait pour clôturer une affiche réussie, programmant des formations aux profils différents, mais finalement complémentaires…

(Organisation Grand Mix)

 

Suuns

Le plat de résistance après le dessert…

Écrit par

Quoiqu’expérimentales, les trois formations qui vont se succéder ce soir, au Grand Mix de Tourcoing, jouissent toutes d’une certaine notoriété sur la scène indie. En l’occurrence Valleys, PVT et Suuns. Valleys et Suuns sont des groupes issus de Montréal. Le premier est un trio qui a publié l’album « Are You Going To Stand There And Talk Weird All Night ? », fin avril. Le second, un quatuor, dont l’elpee « Images du futur » est paru en mars. Quant à PVT, c’est un autre trio, mais australien. Il a gravé « Homosapien », en février dernier. Et tous sont venus défendre leur dernier opus.     

Valleys ouvre le bal vers 20h30. Il est réduit à un duo. Soit un guitariste chevelu et une claviériste. Le public est plus que clairsemé. Le couple nous propose une musique éthérée oscillant entre dream-pop et shoegaze. A la croisée des chemins de The Beach House et de The XX, si vous préférez. De quoi tenir normalement un public en haleine. Le set dure une demi-heure. Malgré l’indifférence manifestée par l’auditoire, le duo canadien, n’a pas à rougir de sa prestation.

Après une brève pause, au cours de laquelle les spectateurs ont à peine le temps de prendre l’air et se déshydrater, PVT monte sur l’estrade. Il est près de 21h00. Cette fois, l’assistance semble plus intéressée et s’approche du podium, afin de ne rien manquer du concert. Faut dire que le trio aussie, répondant autrefois au nom de Pivot, a déjà pondu quatre elpees. Et que son dernier marque un changement radical de style, davantage orienté électro-pop. Après avoir transité par le post rock et l’électro-math-rock, on peut affirmer que le band est en constante évolution. Le drummer s’installe derrière ses fûts, le bidouilleur, ses machines, et le bassiste, son clavier, au centre de la scène.  

Le set va durer une bonne heure. Un laps de temps au cours duquel PVT va enchaîner les morceaux de main de maître, en retranscrivant parfaitement les sonorités dispensées sur sib dernier long playing. La voix de Richard Pike est impeccable. Instrumentalement, la prestation est tout simplement remarquable. Et les jeux de lumières sont judicieusement utilisés pour rendre le show plus vivant. Ravi, le public savoure ces moments, d’autant plus que le combo a le bon goût d’intégrer des titres issus de leurs derniers elpees, dans leur tracklisting. A l’instar, de l’excellent « Windows », certainement le clou du spectacle.

Avant d’assister à la prestation de Suuns, la soirée est de toute manière, déjà réussie. Leur premier long playing, « Zeroes QC », était paru, en 2010. Après avoir sorti un vinyle intitulé « Bambi b/w Red Song », l’année suivante, il vient donc de publier son nouvel opus. Et cet « Images du futur » a fait l’unanimité auprès de la presse spécialisée. Leur set débute à 22h précises. Le quatuor canadien a la pression sur les épaules, vu la prestation de PVT ; même si les deux groupes ne s’expriment pas dans le même registre. Psyché/rock, la musique de Suuns est de forme plus classique. Le jeu de scène est plus dépouillé que celui de PVT. L’expression sonore est dense, intense, mais le band maîtrise assez bien son sujet, même ses nouvelles compos. Le concert tient la route, mais personnellement j’éprouve des difficultés à me libérer de la claque prise, une heure plus tôt. En fait, il aurait peut-être été judicieux d’inverser l’ordre de passage des deux derniers groupes. Néanmoins, les 90 minutes pendant lesquelles le chanteur, Ben Shemie, se trémoussera sur les planches, va passer assez vite. Une belle preuve que le set n’était certainement pas ennuyeux. Suuns achève sa prestation par une reprise ; en l’occurrence « Le Goudron » de Brigitte Fontaine. Parfait pour clôturer une affiche réussie, programmant des formations aux profils différents, mais finalement complémentaires…

(Organisation Grand Mix)

 

Une tonne d’amour pour les Editors…

Écrit par

Le nouvel album des Editors paraîtra ce 1er juillet 2013. Il s’intitulera « The Weight Of Your Love ». Et ce sera leur quatrième. En attendant cette sortie, la formation insulaire a publié un single. « A ton of Love » est en écoute sur la toile. Et c’est ici

 

 

 

Pet Shop Boys de nouveau branché…

Écrit par

« Electric », c’est le titre du nouvel opus des Pet Shop Boys. Il sortira ce 15 juillet 2013 sur Kobalt Label Services. Produit par Stuart Price il devrait à nouveau être branché sur l’électro-pop pratiquée depuis plus de vingt ans…

Pour écouter le titre « Axis », c’est ici

 

 

Les nouvelles télévisées de Fastlane Candies…

Écrit par

Bonne nouvelle puisque le groupe liégeois Fastlane Candies a annoncé la date de sortie de son très attendu prochain album. « Telenovelas » devrait paraître ce 7 octobre ; et dans un souci de partage et d’amitié, le groupe vous propose de découvrir ses nouveaux titres dans l’intimité de milieux sympas et décalés.

Pour un avant goût en catimini, rendez vous :

Le 20 juin à Namur (Musique à tous les étages)

Le 04 juillet pour nos amis Parisiens (International Records)

Et le 10 Juillet à Liège (Appartement Session)

https://www.facebook.com/fastlanecandies

 

 

Bliss revient parmi nous…

Écrit par

Formation danoise, Bliss publiera un nouvel album ce 22 mai 2013. Lors des sessions d’enregistrement de « So Many Of US », elle a reçu le concours de quelques collaborateurs, et notamment Lisbeth Scott ainsi que Jeanette Olson.

Tracklisting

01. La Mamounia Theme (Cello Solo)
02. Desert Sun
03. Marrakesh
04. The Atlas Mountains Reprise
05. Absence of Fear
06. Casablanca
07. Believe
08. Calling For Prayer
09. La Mamounia Theme
10. North Atlantic Sea
11. Femmes Du Marroc
12. Nomads Of The Desert
13. Searching
14. The Atlas Mountains
15. End Titles