La terre fissurée de Daffo

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Collapse Under The Empire

The silent cry (Ep)

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Chris Burda et Martin Grimm sont de retour, un an seulement après avoir gravé leur album « Fragments Of A Prayer ». Les deux artistes allemands enchaînent brillamment les enregistrements. Et ils se multiplient ! Depuis 2008, année de la naissance de Collapse Under The Empire, on ne compte plus la publication d’albums, de maxis ou encore de splits Ep’s. Il est vrai que le duo hambourgeois a fondé son propre label. Ce qui explique sans doute cette situation…

Quoiqu’il en soit, si le groupe ne jouit pas encore d’une grande notoriété chez nous, il faut reconnaître que leur post-rock électronique tient la route. Au début de leur courte carrière, on  comparait leur musique (et à juste titre) à celle de la formation anglaise 65daysofstatics. Depuis que le combo insulaire a coulé dans les tréfonds de la techno de mauvais goût, ce n’est plus du tout le cas. CUTE n’a pas changé de cap et pourrait même remplacer le band de Sheffield dans le cœur des aficionados du style.

Son nouvel Ep répond au titre sympathique de « The Silent Cry ». Le tandem teuton continue de superposer en couches, rythmes électroniques et riffs de guitares tantôt explosifs, tantôt mélodiques pour élaborer son post rock. Il possède, en outre, une sacrée maîtrise dans l’art du crescendo ainsi qu’un talent certain pour soigner le sens mélodique. Petit changement quand même, la présence plus marquée du piano. « Shut off the lights », titre empreint de romantisme bien germanique, et la marche funèbre « Stjarna », compo signée Martin L.Gore (Depeche Mode), en sont les plus belles illustrations. Manifestement, le combo a de solides relations.

Les mauvaises langues pourraient leur reprocher un manque de prise de risques. Pour l’instant, CUTE cherche avant tout à maîtriser son sujet. Il est devenu une valeur sûre. L’évolution sera sans doute plus progressive. D’autant que le duo ne compte que 5 années d’existence. On espère cependant, qu’il se produira bientôt près de chez nous, histoire de voir ce qu’il a dans le ventre, en live…

 

Cosmin TRG

Gordian

Écrit par

Cosmin TRG est le patronyme du projet de Nicolae Cosmin, un Roumain qui s’est spécialisé dans l'électro expérimentale. Véritablement actif dans le milieu, depuis 2007, il nous propose aujourd'hui son nouvel essai, intitulé « Gordian ». Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le résultat est extrêmement décevant.

En effet, tout ici reflète l'amateurisme. Et si on pardonne facilement des erreurs de parcours à un néophyte, difficile de passer l'éponge quand elles sont commises par un artiste ‘confirmé’ !

En effet, les morceaux de cet elpee ressemblent à tout sauf à de la musique. Cet elpee est cependant homogène, puisque les plages sont constituées d’une simple juxtaposition de bruits et de sonorités diverses. Pas de chant, pas de mélodie, pas de rythme et encore moins d’énergie libérée. Et la liste des carences est loin d’être exhaustive. Interminables, les onze plages semblent nées des élucubrations d'un artiste en manque d'inspiration.

A réserver aux aficionados du bonhomme ou aux fans d'électro expérimentale complètement barrée. Tous les autres peuvent passer leur chemin, sans regret.

 

Crime & The City Solution

American Twilight

Écrit par

Toujours drivé par Simon Bonney, Crime & The City Solution s’est reformé en 2011, après s’être séparé en 1991. Au cours de son histoire, la formation a connu de multiples modifications de line up, le plus souvent dictés par des changements de résidence. Depuis Sydney à Detroit (aujourd’hui), en passant par Melbourne, Berlin et Londres. Mick Harvey (NDR: lui jusqu’en 1990), Rowland S. Howard (décédé le 30 décembre 2009), Harry Howard et Epic Soundtracks y ont même milité ensemble entre 85 et 86. Et Alexander Hacke, également impliqué chez Einstürzende Neubauten, ainsi que le violoniste Bronwyn Adams constituent les derniers rescapés de la précédente mouture. Pour la nouvelle version du projet, Simon a fait appel à David Eugene Edwards (Wovenhand) ainsi que l’ancien bassiste des Witches, Troy Gregory. Le vétéran Jim White, se chargeant des drums.

Malgré ces bouleversements, la musique de C&TCS continue de baigner dans un climat typiquement aussie. Epique, le plus souvent. Comme lors du titre d’entrée, le solide « Goddess » (Midnight Oil ?) Ou sur « My love takes me there », une compo hantée par le lyrisme ténébreux et urbain de Nick Cave. Celui de ses Bad Seeds des débuts, en particulier. La voix de Bonney est grave, les riffs de guitare bien saignants. Mais paradoxalement, l’ensemble est balayé de cuivres mariachi. Des cuivres que l’on retrouve épisodiquement tout au long de l’opus. Comme sur le blues enlevé « River man ». Plutôt tourmentés, ils nous renvoient cependant à Hunters & Collectors. Le recours aux chœurs r&b accentue d’ailleurs cette impression. Des chœurs qui peuvent devenir évangéliques. A l’instar de « Domina », une valse lente caractérisée par un solo de gratte gémissant, presque floydien. Ou sur le percutant et hypnotique « American twilight », une piste au cours de laquelle Simon psalmodie à la manière d’un Mark E. Smith, pendant que cette chorale entretient cette forme d’envoûtement (Hunters & Collectors ?) La voix peut cependant se faire crooner, comme sur la ballade meurtrière « Beyond good and evil » ou lors du titre final, « Street of West Memphis », une plage mélancolique construite sur un lent mais puissant crescendo. Cependant, le morceau le plus éloquent de l’elpee est manifestement, « The colonel », au cours duquel Simon chante ou déclame, à la manière de Jim Morrison. Tout en retenue mais menaçante, la tension est entretenue par la conjugaison entre le violon grinçant de Bronwyn Adams et les guitares cinglantes et savoureusement discordantes...

Plusieurs écoutes sont néanmoins nécessaires avant de bien assimiler cette œuvre. Et c’est alors et alors seulement qu’on se rend compte qu’elle est remarquable !

 

Guy Davis

Juba dance

Écrit par

Guy Davis jouit d’une belle notoriété dans l’univers du folk blues. Il a passé son enfance dans les faubourgs de New York. Artiste complet, il est devenu chanteur, guitariste, compositeur (NDR : également pour musiques de films) et acteur de théâtre. Très imprégné des traditions afro-américaines et notamment du blues acoustique, il puise ses racines chez les légendes du blues primitif : Blind Willie McTell, Mance Lipscomb, Skip James et Mississippi John Hurt. Il est aussi passionné par son contemporain, Taj Mahal.

La sortie de son premier elpee remonte à 1995. Il grave alors "Stomp down rider" pour le label Red House. Parmi sa discographie, unanimement appréciée par la critique, on épinglera surtout "Call down the thunder" et "You don't know my mind". Son dernier opus remontait à 2012, un double opus intitulé "The adventures of fishy waters : In bed with the blues". Lors de l’enregistrement de "Juba dance", il a surtout reçu le concours de l'harmoniciste italien Fabrizio Poggi, le leader de Chicken Mango, un blues band italien. C’est également ce dernier qui assure la production.

"Juba dance" réunit compositions personnelles et reprises. Tel un cheval au trot, "Lost again" ouvre la plaque. Une plage balayée de sonorités produites par des guitares à 6 et 12 cordes. Guy souffle dans les basses de son harmonica, tandis que Fabrizzio se consacre aux parties aigues. Signé Muddy Waters, "My eyes keep me in trouble" est un country blues authentique imprimé sur un tempo vivace. La voix de Davis est éraillée. Il joue de la slide à la manière du maître de Chicago, parfaitement secondé par la musique à bouche du Transalpin. Guy est rejoint au chant par la chanteuse de gospel Lea Gilmore pour interpréter "Some cold rainy day", un traditionnel du blues. Le duo étend paresseusement ses vocaux, sur fond de banjo à six cordes. Un traitement particulier a été réservé à la voix de Blind Lemon Jefferson sur "See that my grave is kept clean" pour soutenir les répliques vocales des Blind Boys of Alabama. De quoi vous flanquer des frissons dans le dos. "Dance juba dance" est abordé à la manière d’un holler nerveux. Soutenu par un banjo à 5 cordes très rythmique, et dans un concert de claquements de mains et de cuillères en bois, Guy récite ses lyrics. Superbe blues, "Black coffee" rend hommage à John Lee Hooker. Tout y est : la voix hypnotique, la slide et l'harmonica impeccable de Poggi. "Did you see my baby" est un autre hommage, mais réservé à Sonny Terry. Mais c'est Guy en personne qui souffle dans l’harmo. Une splendide version caractérisée par les fameux 'Whoops' à la Terry! Le long playing ne baisse jamais d’intensité. Et épingle encore quelques reprises. Dont le "That's no way to get along" de Reverend Robert Wilkins, le "Saturday blues" d'Ishman Bracey, illustré par un superbe one man band de Davis à la guitare, mandoline, harmo et tambourin ; et en final le célèbre "Statesboro blues" de Blind Willie McTell, adapté en folk blues traditionnel. Excellent!

 

Franka De Mille

Bridge the roads

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Franka De Mille est anglaise. Londonienne, très exactement. Auteur/compositeur, elle est également vocaliste. Particulièrement personnel, son style puise dans l'americana, la musique de chambre et le folk alternatif. On la compare volontiers à d'autres illustres artistes féminines comme Patti Smith, Kate Bush ou P.J Harvey. Sa musique a recours à une large panoplie instrumentale, depuis le violon aux claviers, en passant par les percussions, l’accordéon, la mandoline, la guitare et le violoncelle. Son amie violoncelliste Dorota Gralewska est présente sur toutes les plages de ce disque.

"Come on" est une excellente ouverture. La voix est gracieuse, limpide. Les interventions à la slide de Christian Fontana sont judicieuses et s’intègrent instinctivement dans l’ensemble, tout au long de ce titre folk teinté de blues. "Fallen" est une prise ‘live’. Le violon de Chris Stone prélude le chant de la belle Franka, une plage qui baigne dans un climat champêtre. La pureté naturelle de la voix de Miss De Mille illumine la superbe ballade "Solo", une piste bercée par le violon magique de Stone. Les lyrics de cette chanson sont destinés à éveiller la conscience de la population mondiale, face aux expérimentations en laboratoire opérées sur les animaux. Très jolie compo, "Gare du Nord" évoque la relation entre Franka et sa jeune sœur. Une chanson marquée par la présence d’un accordéon. Celui de Paul Tkachanko. Nous ne sommes plus très loin de la musique de chambre, malgré la voix qui s’épanouit face au violon de Deborah Gruman. Franka chante alors un couplet dans la langue de Molière. Puis le rythme s’accélère autorisant un flirt entre violon et violoncelle, avant que l'accordéon ne mette la touche finale. Les lyrics sont brillants. A l’instar de "Birds", une compo au cours de laquelle elle traite de la relation avec son père, malade. Dominée par la mandoline, la flûte et les cordes, l’instrumentation est complexe ; et pourtant le sens mélodique est particulièrement aiguisé. Lorsque ses vocaux sont plus offensifs, elle me fait penser à l'égérie newyorkaise Patti Smith. "So long" le rappelle sans équivoque, une piste au cours de laquelle les interventions de violon, violoncelle et d’oud sont superbes. Le titre maître a été immortalisé en ‘live’, et il met bien en exergue les aptitudes vocales de Franka. Cette œuvre empreinte de beauté et de poésie s’achève par une adaptation unplugged de "Gare du Nord". Cette version se révèle davantage profonde. Majestueux, le violoncelle ruisselle de mélancolie…

 

Guided By Voices

Class clown spots a UFO

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A peine reformé, Guided By Voices a donc publié deux albums en quelques mois. Soit « Factory » et ce « Class clown spots a UFO », un disque pour lequel Tobin Sprout s’est davantage investi. Notamment dans la composition. Résultat des courses ? Rien n’a vraiment changé. L’opus recèle une brouette de compos, dont certaines dépassent à peine soixante secondes. Le tout en moins de 40 minutes. Or, elles encadrent quelques superbes compos contagieuses, lo-fi, savoureusement discordantes, et pour la plupart hantées par le Who circa « Pinball Wizard », lorsque les plages épousent un profil plus acoustique. On rencontre même parfois quelques arrangements symphoniques, et puis une compo psychédélique, abordée dans l’esprit des Beatles (« Tyson’s high school »). Finalement, un Ep aurait largement suffi. C’est d’ailleurs toujours le problème de Robert Pollard, il est tellement prolifique qu’il ne parvient plus à faire le tri dans son répertoire afin de publier un album qui tienne la route. Dommage !

 

No Joy

Wait to pleasure

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Depuis plus de 10 ans, le Canada, et en particulier Montréal, est une source intarissable d’artistes novateurs. C’est d’ailleurs devenu le nouveau centre de gravité de la musique dite indépendante. Et chaque fois qu’un nouvel album débarque sur le Vieux Continent, on sait qu’on peut quasiment se le procurer, les yeux fermés. Et les oreilles grandes ouvertes. Car on sait que si surprise il y a, elle sera bonne…

No Joy nous vient donc de la métropole du Québec. « Wait to pleasure » constitue son deuxième album. Il fait suite à « Ghost Blonde », paru en 2010. La grande différence entre ses deux opus procède des conditions d’enregistrement. Davantage ‘DIY’, le premier elpee paraissait clairement plus brouillon.

Pour concocter ce nouvel opus, Jasamine White-Gluz (chant, guitare), Laura lLoyd (chant, guitare) et Garland Hastings (batterie) ont décidé d’accorder un plus grand soin à la mise en forme. Cependant, ne vous attendez pas à un lissage de leur expression sonore. No Joy pratique un rock à coloration shoegaze dans l’esprit de My Bloody Valentine. Aériennes, éthérées, les harmonies vocales féminines évoquent instantanément le groupe irlandais. Cependant, No Joy ne se contente pas de marcher sur les traces de MBV. Si la musique est puissante et la tension bien palpable, les climats sont variables, en fonction des plages. Certaines sont mélodieuses, comme sur « Hare Tarot Lies ». D’autres plus sauvages, à l’instar de « E ».

Bref, écouter « Wait to Pleasure », c’est un peu comme se taper un trip après avoir sniffé un flacon d’éther. Voguant très haut dans la stratosphère, le cerveau se paye quelques chutes vertigineuses, mais se sauve chaque fois, in extremis, pour recommencer un nouveau voyage en apesanteur…

 

Daniel Norgren

Buck

Écrit par

Daniel est un jeune chanteur/compositeur suédois. Il vient juste de fêter ses 30 balais. Il fabrique ses propres instruments et enregistre chez lui. Sa première création, "Kerosene dreams", date de 2007. Publiée en 2008, sa deuxième, "Outskirt", lui avait permis d’ouvrir les portes du reste de l'Europe et avait particulièrement bien été reçue par le public blues. Une situation favorable qui sera encore renforcée lors de la sortie d’"Horrifying Deatheating Bloodspider", en 2010. Pourtant, sa musique exprime son mal de vivre et baigne au sein d’une atmosphère parfois chaotique. En outre, en général, il crie plus qu’il ne chante…  

Daniel était attendu au tournant. "Buck" est habillé d’une pochette cartonnée luxueuse, comme un livre dont les pages sont illustrées par des photographies en couleur bien énigmatiques. L'artiste aurait-il à nouveau l’intention de nous raconter ses malheurs ? Pas du tout ! En fait, paradoxalement, "Buck" est empreint de beauté et d’une grande douceur, même si l’opus s’ouvre et se referme par des bruitages électroniques étranges.

"Howling around my happy home" est une fresque sonore de plus de 10 minutes. Une plage minimaliste que tapisse en quasi-permanence, un fond d'orgue. Les percus sont frêles. Les cordes de guitare et l’instrumentation électronique entrent en osmose. Une technique qui n’est pas sans rappeler la quintessence du krautrock originel. Petra (NDR : c’st la compagne de Daniel) chante "Once was a queen". Sa voix coule comme le miel tout au long de ce délicieux morceau de pop qui navigue quelque part entre l’univers sucré de John Lennon et sidéral de Syd Barrett. "Driving ghosts out of black buck with a weld" est parcouru de brèves expériences sonores, avant de se fondre au cœur d’une nouvelle tranche onctueuse. "Putting my tomorrow's behind" a bénéficié du concours de collaborateurs, et notamment son fidèle bassiste Anders Grahn, en compagnie duquel il se produit habituellement sur scène. Le tempo s’accélère pour "Whatever turns you on", une plage nerveuse, répétitive et spasmodique. Colorée par l'orgue d'Andreas Filipsson, elle lorgne manifestement vers le Velvet Underground. Daniel se réserve l'accordéon sur la très jolie ballade folk "Black vultures". "Music tape" baigne au sein d’une atmosphère cool. Un bon vieux country blues accordé sur le porche de la maison du bonheur. Une impression également présente tout au long du nonchalant "I'm a welder". L’accordéon est à peine effleuré, comme sur certains titres d’"Exile on Main street" des Rolling Stones. "Moonshine got me" a été immortalisé ‘live’, sous la formule trio. La musique prend une nouvelle dimension. Agréable, la voix ne manque pas de charme. Elle susurre à l’oreille même. Les cordes sont d’abord taquinées. Habilement. Puis montent en puissance lorsqu’elles s’évadent en toute liberté, avant de se dédoubler, de fusionner, et de s’acidifier au contact de l’orgue. Et Daniel se réserve ses claviers, pour interpréter en compagnie de Petra, son ultime joyau, "My hobo is rambling". Certainement le meilleur album commis par Norgren, à ce jour !

 

Popa Chubby

Universal breakdown blues

Écrit par

Ted ‘Popa Chubby’ Horowitz (NDR : en argot ‘Pop a Chubby’ signifie ‘avoir une érection’) est originaire du Bronx, à New York. Agé de 53 balais, il est chanteur et guitariste. Sauvage, son blues est teinté de rock, funk et pop. Il est très populaire en France. Sa première œuvre, "It's Chubby time", remonte à 1991. Depuis, il en a publié une trentaine. Le look de Popa est singulier. Sa dégaine plutôt patibulaire. Extraverti, le crâne rasé, il manifeste une tendance caractérisée à l'embonpoint et son corps est couvert de nombreux tatouages.

Dès "I don't want nobody", la machine est sur rails. Le rythme est très soutenu. Très amplifiée, la guitare dirige la manœuvre. On y décèle déjà les principales influences du popa : Jimi Hendrix et Buddy Guy. Sa voix est à la mesure de son physique : puissante et musclée. Soutenu de chœurs féminins, le chant de l’artiste est bien mis en exergue sur "I ain't giving up", un R&B lent au cours duquel les cordes parfaitement ciselées reflètent toute sa sensibilité humaine, vivant parfaitement le moment présent. Et pas question d’en remettre une couche ; ici, c’est l’expression de ses sentiments qui prévaut. Tout au long du titre maître, la voix colle parfaitement au jeu de cordes. Les phrases instrumentales jaillissent instinctivement. Popa exprime toute sa jouissance en écrasant ses pédales. Pour vous donner une idée du style pratiqué par le personnage, il le décrit comme soit une ‘rencontre’ entre les Stooges et Buddy Guy, Motörhead et Muddy Waters ou Jimi Hendrix et Robert Johnson. Entre les sonorités âpres et classiques. Entre le rock et le blues… Long blues lent, "The peoples blues" puise dans son vécu personnel. Les images défilent sans légèreté mais avec une passion certaine. Il exprime sa douleur à travers ses propres expériences malheureuses de la vie. Il reprend le classique des classiques, "Rock me baby", sur un tempo enlevé. Il y injecte toute sa passion. La voix est malveillante. Les soli son ravageurs. Il remet 100 fois son métier sur son ouvrage. Et cette passion sauvage n’est pas prête de l’abandonner. Il apporte une touche de soul à "69 dollars". Sa voix y est plus mûre. Sa ‘six cordes’ vagabonde constamment au sein de l’espace sonore, coloré par l'orgue Hammond. Sa version instrumentale du célèbre "Somewhere over the rainbow" lui permet de s’autoriser quelques escapades expérimentales. Gouailleur, son bottleneck stimule "Take me back to Amsterdam", un Chicago shuffle dispensé de manière fort classique. Il adresse un clin d’œil à Hound Dog Taylor, en faisant glisser sa slide sur le sympathique "The finger bangin' boogie". Et sa gratte totalement déjantée trouble brillamment "Mindbender", la plage finale…

 

Rick Redbeard

No selfish heart

Écrit par

Derrière le pseudonyme de Rick Redbeard, se cache l’Ecossais Rick Anthony. Pas un inconnu, puisque le barbu est également le leader de The Phantom Band. Le temps d’un album, il a donc décidé de mettre son groupe entre parenthèses. Un album sur lequel il calme le jeu et troque les réjouissances psyché-rock contre un paisible folk minimaliste.

Une pause carrière que l’on peut déjà annoncer comme réussie. Car, en effet, « No Selfish Heart » est un opus clairement abouti. Il faut dire que l’Ecossais a mis huit ans pour accoucher de ce disque. En observant l’illustration de la pochette, on se doute que l’univers sonore de Rick Redbeard sera serein. La voix de Rick est magistrale. L’instrumentation est 100% naturelle : sèche, xylophone, violon et piano. Tel un barde, il nous plonge dans son univers bucolique, pour mieux exprimer ses sentiments empreints de poésie. On se croirait au beau milieu des Highlands. La classe !

En dix morceaux, on est convaincu et, on en redemande ! Personnellement, j’épinglerai tout particulièrement « Any Way I Can » ainsi que « Now We’re Dancing ». Deux morceaux sur lesquels Rick Redbeard hausse le ton. Tout simplement magnifique !

 

Retribution Gospel Choir

3

Écrit par

En 2010, votre serviteur avait littéralement flashé sur le deuxième opus de Retribution Gospel Choir, le projet alternatif d’Alan Sparhawk, le leader de Low. Il avait même plébiscité cet elpee, parmi ses Tops de l’exercice. A cause de son électricité. Une électricité vivifiante, crépitante, déchiquetée, féroce, chatoyante, bringuebalante, languissante voire marécageuse. Ainsi que du soin apporté au sens mélodique et à la limpidité des harmonies vocales.

Le troisième essai est plus difficile d’accès. D’abord, il ne comporte que 2 titres de plus de 20 minutes. Deux exercices de style guitaristiques opérés dans l’esprit d’un Neil Young flanqué de son Crazy Horse, à l’instar de leur dernier double LP, « Psychedelic Pill ». Et pour la circonstance, c’est Neil Cline, préposé à la gratte chez Wilco, qui est venu donner le change à Alan Sparhawk. Le bassiste Steve Garrington et le drummer Eric Pollard forment toujours la section rythmique. Et c’est elle qui balise les deux morceaux enregistrés en une seule prise. Ils sont donc quatre à libérer cette prodigieuse intensité électrique, notamment sur « The great destroyer », un peu comme si Alan avait voulu évacuer sa frustration ressentie lors de l’enregistrement du dernier opus de Low, « The invisible way », trop lo-fi à notre goût.

Toujours aussi électrique, « Can’t walk out » s’avère cependant plus mélodique et nébuleux. Atmosphérique, la voix d’Alan me fait plutôt penser à celle de Ian McNabb, lorsqu’il a enregistré en compagnie du Crazy Horse, et certains aspects de l’expression sonore baignent dans une forme de shoegaze que n’aurait pas renié Swervedriver. Encore que parfois, le spectre du fabuleux « If I Could Only Remember My Name » revient inconsciemment à la surface. Bref, si ce disque n’est pas parfait, il est audacieux. Et à ce titre, Retribution Gospel Choir mérite qu’on lui accorde une attention particulière.

 

Gina Sicilia

It wasn't real

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Jeune et charmante, Gina est originaire de la banlieue de Philadelphie. Elle est à peine âgée de 28 ans. Cette fille d'immigré italien a décroché sa licence de journalisme à l'université de Temple. A l’âge de 12 ans, elle écrit déjà ses propres chansons. Elle publie son premier opus, "Allow me to confess", en 2007. Et embraie par "Hey Sugar", en 2008 et "Can't control myself", en 2011. Pour enregistrer cet elpee, elle avait reçu le concours du bassiste Steve Hornick, du drummer Erik Johnson, du claviériste Joel Bryant, de la percussionniste Mayra Casales et du guitariste Jef Lee Johnson. Ce dernier est depuis décédé. Et plus précisément, le 28 janvier dernier. Agé de 54 ans, il avait travaillé pour David Litterman, Mc Coy Tyner et Aretha Franklin.

"It was'nt real" est une excellente ouverture. Un blues cool, largement teinté de jazz, caractérisé par la voix sensuelle, voluptueuse de Gina. Une compo au cours de laquelle les interventions à l'orgue de Joel Bryant sont chaleureuses, alors que Jay Davidson se réserve un billet de sortie sur son saxophone ténor. Issue du répertoire d’Etta James, "Don't cry baby" est une compo qui évolue dans le même registre. Tout au long de ce blues cabaret, la voix veloutée de Gina trahit sa flamme pendant que le sax ténor, toujours en effervescence, fantasme devant le piano et la basse acoustique. La batterie d'Erik prélude un vocal syncopé sur "Please don't stop", une tranche de vie qui semble apporter de la joie à Miss Sicilia. Une voix qui devient carrément limpide sur "Wake up next to you", une ballade intimiste stimulée par un tempo exotique, au cours de laquelle les cordes de Jef Lee se réservent une sortie tout en délicatesse. "Walkin' along the avenue" est un petit joyau sculpté dans le swing. Une plage dont les brillantes interventions à l’harmo chromatique sont assurées par un invité de marque, Dennis Gruenling. Et au sein de cette atmosphère jazzyfiante tapissée par l’orgue Hammond, c’est la basse qui imprime le rythme. Blues remarquable, "City by the water" est dominé par la voix de Gina, une compo enfiévrée ponctuée par une nouvelle escapade valeureuse du saxophone. Superbe ! "Write a little song with you" baigne au sein d’un climat intimiste, une ballade country empreinte de délicatesse. Il ne manque qu'une pedal steel pour épouser le chant subtil de Gina, mais ce rôle est dévolu au dobro de Mike Brenner. Encore une autre ballade : "Don't wanna be no mother" ; et elle ne dénote pas dans l’ensemble. Plage royale, "Oh me, oh my" est soulignée par les interventions de Brenner à la lap steel. D’excellente facture, cet opus s’achève par "Walkin' shoes", une dernière ballade country, paradoxalement bien nerveuse. Les arrangements de voix sont judicieux. Et Johnson s’autorise une dernière sortie en picking. En enregistrant cet elpee, Gina Sicilia a frappé fort. Elle est parvenue à inscrire cette œuvre au carrefour du blues, du jazz et de la country, en préservant la qualité de son chant, mais surtout l’impact émotionnel, présent en permanence.

 

The Doors

Ray Manzarek a rejoint Jim Morrison et John Densmore…

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Ray Manzarek, le claviériste des Doors est décédé ce lundi 20 mai, des suites d’un cancer, à Rosenheim, en Bavière. Il avait 74 ans et était un des membres fondateurs groupe mythique étasunien. Malgré la disparition de leur leader charismatique, les trois autres musiciens avaient tenté poursuivre l’aventure, à plusieurs reprises, mais surtout opéré de multiples collaborations. Ray Manzarek avait notamment apporté son concours à Echo & The Bunnymen et Iggy Pop. Très caractéristiques, rognées, chaleureuses, les sonorités produites par son orgue Vox Continental et celles de son piano électrique apportaient un côté vintage à la musique des Doors. « Riders on the storm » et « Light my fire » en sont certainement les plus beaux exemples. D’origine polonaise, cet Américain avait publié sa biographie en 1998. Intitulé "Light my fire: my life with the Doors", ce livre avait recueilli un beau succès. En 2011, pour célébrer les 40 ans de la mort de Morrison, les deux survivants de la formation, Ray Manzarek et Robby Krieger avaient accordé un set au Bataclan de Paris, sous le patronyme des Doors. En franchissant, à son tour, les portes de l’au-delà, Ray Manzarek a rejoint Jim Morrison et John Densmore…

R.I.P.

 

Roger Hodgson 'like' Musiczine sur son Facebook!

Écrit par

Quand le co-fondateur et chanteur de Supertramp, Roger Hodgson nous "like" sur notre page Facebook cela fait plaisir.

Et même plus encore lorsqu'il nous recommande sur son propre mur.

Félicitations au rédacteur néerlandophone Gerrit Van De Vijver.

Et merci Roger, ‘Take the long way home !’

https://www.facebook.com/rogerhodgson

https://www.facebook.com/musiczine.net/posts/10151665562411948?comment_id=28978289&offset=0&total_comments=1

 

 

Deerhunter

Un rêve psychédélique chargé d’intensité et de puissance…

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Trois années se sont écoulées depuis la sortie de « Halycon Digest », un remarquable album qui avait propulsé Deerhunter au faîte du mouvement noise indépendant. Pendant ce long break, les musicos ne se sont cependant pas tourné les pouces, puisqu’ils ont développé leurs propres projets, à l’instar de Bradford Cox chez Atlas Sound ou de Lockett Pundt pour Lotus Plaza. C’est donc afin de défendre son nouvel elpee, « Monomania », que la formation étasunienne (NDR : elle est issue d’Atlanta) était venue se produire, ce lundi 20 mai, à l’Ancienne Belgique. Dans ses valises, elle a emmené His Clancyness, pour assurer la première partie.

Leader d’A Classic Education, Jonathan Clancy est canadien d’origine italienne. L’an dernier, il avait publié « Alway Mist Revisited », un essai paru à l’origine sous forme de cassette et réédité après remasterisation, mais enrichi de 7 nouvelles plages. Début 2013, il a terminé l’enregistrement d’un nouvel opus, enregistré à Detroit, sous la houlette de Chris Koltay (Atlas Sound, Liars, Akron/Family). Prévue pour cet automne, sa sortie a été précédée par celle d'un Ep. Sur les planches, il est soutenu par un batteur, un bassiste et une claviériste. Le combo ouvre les hostilités vers 20h00. Pendant une bonne trentaine de minutes, His Clancyness va dispenser un psyché-pop-rock d’excellente facture (voir section photos ici ). Une mise en bouche idéale avant de passer au plat consistant.

Après une demi-heure de pause, les musicos de Deerhunter débarquent sur fond sonore jazzyfiant. La salle est loin d’être remplie ; mais perso, j’estime que moins de monde se traduit pas plus d’espace et donc de confort pour le spectateur. Au centre, on reconnaît immédiatement la silhouette squelettique de Bradfort Cox ainsi que la tignasse de Lockett Pundt. Le morceau d’introduction plante le décor. A coups d’envolés de grattes, Deerhunter va nous balancer un set dense et psychédélique. Il faudra d’ailleurs attendre 10 bonnes minutes avant d’entendre, pour la première fois, la voix de Cox. Les guitares crissent, les larsens fusent. Résultat des courses, le public non non-averti file à l’anglaise. Le tracklisting puise au sein de toute la discographie de la formation. Bradford Cox et Lockett Pundt alternent au chant. Ce dernier pose sa voix sur les compos les plus atmosphériques, à l’instar du titre maître du dernier opus. Son acolyte se réserve le micro pour les morceaux davantage noise et n’hésite pas à pousser sa voix, au risque de se déchirer les cordes vocales. L’atmosphère qui règne sur l’estrade est plus que tamisée ; d’ailleurs, vu la disposition des jeux de lumières, on ne verra jamais distinctement la tête des musiciens. Par contre, nos tympans sont soumis à rude épreuve, même si l’effort en vaut la peine. Faut dire que le bruit est très mélodique. A mi-concert, le climat s’apaise quelque peu. Les Yankees puisent dans leur répertoire plus rythmé et allègre ; notamment, en interprétant « T.H.M » et « Back to the Middle ». Vers 22 heures, le band vide les lieux, dans un vacarme électrique étourdissant. Pour y revenir quelques minutes plus tard, afin d’accorder un rappel de quelques titres, dont une version sublime de « Cover Me ».

Exceptionnel, ce set a mis en scène un groupe qui marche allègrement sur les traces des mythiques Sonic Youth. Et puis, pour une fois qu’un line up ne compte pas de claviériste… Bref, ce soir, Deerhunter nous a plongés dans un rêve psychédélique chargé d’intensité et de puissance, même si pour y parvenir, il a pris nos tympans en otage… (voir section photos ici )

(Organisation Ancienne Belgique)

 

 

Carte postale de la cuisine d’Éric

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Petite escapade pour Eric In The Kitchen qui ose le pari d’un titre déclamé en français.

Textures sonores et ambiance de film noire pour ce morceau à paraître prochainement en EP.

 « From Thermopolis To Shoshoni » ne préfigure pas pour autant un changement de cap, après l’excellentissime « A Heart Of Clouds And Stars » chroniqué en ces colonnes (voir ici)

Ce titre est une extrapolation de l’univers d’un artiste décidément productif, talentueux, et généreux qui plus est, puisqu’il nous offre ici la version brute de ce morceau.

Un bien joli cadeau.

https://soundcloud.com/eric-in-the-kitchen/from-thermopolis-to-shoshoni

 

Les Smith Westerns en douceur…

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Les Smith Westerns publieront leur 3ème album, le 24 juin prochain.

« Soft Will » a été produit par Chris Coady que l’on a vu aux côtés de Beach House ou des Yeah Yeah Yeahs.

« Varsity », un premier extrait, est déjà disponible sur YouTube ; et c’est ici

Track Listing

1- 3am Spiritual
2 - Idol
3 - Glossed
4 - XXIII
5 - Fool Proof
6 - White Oath
7 - Only Natural
8 - Best Friend
9 - Cheer Up
10 - Varsity

http://www.smithwesternsmusic.com
http://www.facebook.com/smithwesterns
http://www.twitter.com/smithwesterns

http://www.instagram.com/smithwesterns

Dans la ‘Pow’ de Kendra Morris…

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Kendra Morris est new-yorkaise. Cette artiste a plus que probablement beaucoup écouté les disques de soul, de rock et de funk de ses parents ; mais elle est surtout excellente vocaliste...

On pourrait la classer au sein de la nouvelle scène pop-soul aux côtés de Sia, Mayer Hawthorne, Alice Russell, Alice Smith ou de la regrettée Amy Winehouse.

Après avoir longtemps tourné avec le légendaire guitariste Dennis Coffey et enregistré une poignée de singles dont « Concrete Waves », l’Américaine a terminé son premier opus. Il s’intitule « Banshee ». Un premier titre a été posté sur le net. 

Pour découvrir le clip de « Pow » c’est ici

http://www.kendramorris.fr/

 

Rachel Zeffira

The Deserters

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Aperçue récemment aux côtés de Faris Badwan, le leader de The Horrors, au sein du duo 60’s Cat’s Eyes, Rachel Zeffira se lance dans la souvent périlleuse aventure solo, sous le patronyme de The Deserters. Cette chanteuse lyrique soprano (NDR : elle s’est produite devant le Pape !) et multi-instrumentiste canadienne nous invite à découvrir un univers sombre et vaporeux aux réminiscences shoegaze. Particulièrement douée, la jeune femme –qui se réserve pas moins de 9 instruments sur « The Deserters »– construit des petites cathédrales atmosphériques et downtempo soutenues par un véritable orchestre. La voix fragile de Rachel Zeffira renvoie à celle de Trish Keenan, la regrettée leader de Broadcast. Difficile toutefois de détacher un morceau du lot et c’est peut-être ce qui fait la principale faiblesse de ce pourtant très bel album, calme en surface et tourmenté sous les interventions de cordes ou de pianos (« The Deserters », « Star »). « The Deserters » est enrichi d’une surprenante reprise du « To Here Knows When » de My Bloody Valentine, monument auquel il fallait oser s’attaquer…

 

Black Truth & White Lies

Backtrack Lane

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Après une intro dont les relents évoquent presque Muse, Backtrack Lane change de registre dès les premières notes de « Burn It », et ne relâche pas la pression jusqu’aux derniers accords d’« Hollywood Gonzo », morceau qui clôture la plaque. Au menu, un hard rock bien gras et survitaminé, aux refrains catchy et aux mélodies vocales inspirées. Malgré un son de guitare moderne à la Datsuns, The Vines, voire The White Stripes, c’est malgré tout le côté old school de la musique du groupe qui prévaut. Visiblement bercé par la scène hard rock de la fin des 80’s/début des 90’s, le band s’inspire librement de la simplicité carrée d’un AC/DC, du groove d’Aerosmith, l’associe à la hargne d’un Guns n’Roses, pour mieux le tremper dans des lignes de chant influencées par la scène grunge, Soundgarden en tête. Simple, carré et efficace, l’opus n’en est pas moins bien écrit et composé ; et si les influences sont bien présentes, Backtrack Lane évite brillamment de tomber dans la pâle copie en proposant un LP qui ne réinvente certes pas la roue, mais la fait tourner avec un plaisir non feint. En outre, le groupe se prête victorieusement à l’exercice difficile de la power ballad (« Ain’t It Enough », « Some Memories Remain ») ; ce qui permet au disque de respirer sans jamais lasser le mélomane.

Originaire de Paris, le line up du band réunit deux paires de frères, les Gatti au chant, guitare rythmique et basse, et les Crestey à la batterie et à la guitare lead. Lancé par leur victoire à un tremplin (le FallenFest), il a beaucoup bossé sur ce long playing, et s’il n’est pas exempt de défauts (certaines astuces de production déconcertantes, le funky et hors propos « I Live Again »), on ne peut que saluer le talent et le travail de ce jeune groupe plus que prometteur.

 

Danny Brillant

Hurricane

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Ce jeune bluesman insulaire a le vent en poupe. Flanqué de son Redeye Band, il a gravé plusieurs albums qui se sont bien écoulés sur le marché, et tout particulièrement "Just as I am", paru en 2010 et "Night life", en 2012. Son nouvel opus, il l’a publié sous son propre nom. Mais si la présence de son backing group n’est plus mentionnée, son paternel, Ken Bryant se réserve toujours la basse. En outre, la formule trio est préservée.

Danny démarre en force par "Prisoner of the blues". Puissant et percutant, ce blues rock libère énormément d’intensité dramatique. L'envol aux cordes est étincelant. "Greenwood 31" rend hommage à l'un des grands guitaristes du blues de Chicago, Hubert Sumlin, pionnier de la guitare électrique blues, et longtemps gratteur de service auprès de Howlin' Wolf. Danny restitue parfaitement le phrasé de Sumlin. Complainte blues indolente, "Can't hold on" met bien en exergue la voix expressive de Danny. L'orgue de Richard Hammerton soutient judicieusement l’ensemble, et à nouveau, la guitare est au sommet de son art. "Hurricane" adopte un profil pop, pas tellement adapté à l’artiste. Hanté par le diable, "Devil's got a hold on me" est imprimé sur un tempo boogie enlevé. Autre blues lent, "I'm broken" libère une fameuse dose d'émotion. La voix du fils Bryant, tout particulièrement. Une compo empreinte d’une grande sensibilité, au cours de laquelle, Danny libère des notes improbables. Beau à pleurer ! "All or nothing" opère une nouvelle incursion dans le pop/rock. Et elle est réussie cette fois, avouons-le ! "Losing you" nous replonge dans un univers mélancolique, un univers que Bryant aime explorer. Désenchanté, "Painkiller", le titre qui achève l’elpee, en est une nouvelle démonstration. Une compo au démarrage plus acoustique, caractérisé par les interventions d’un piano, mais également d’une mandoline, pincée par le frère cadet, Kirby. Avant que Danny ne reprenne le collier en rebranchant l’électricité.