La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Les frangins de Black Keys

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Deux ans après l’excellent « Attack & Release » produit par Danger Mouse et leurs élucubrations hip-hop de l’an dernier sous le sobriquet de BlakRoc, the Black Keys reviennent avec un sixième album. Il s’intitulera « Brothers » et sera, cette fois, autoproduit. Danger Mouse apparaîtra néanmoins derrière les manettes d’un seul morceau (« Tighten Up »). Dans les bacs le 17 mai.

Tracklist "Brothers":

Everlasting Light
Next Girl
Tighten Up
Howlin' For You
She’s Long Gone
Black Mud
The Only One
Too Afraid To Love You
Ten Cent Pistol
Sinister Kid
The Go Getter
I'm Not The One
Unknown Brother

Never Gonna Give You Up
These Days

Seasick Steve chante pour Elizabeth

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Ce lundi 8 mars, Seasick Steve publiera son nouvel album, "Songs For Elizabeth", une compilation de ses meilleurs morceaux dédiées à sa bien aimée. Il contiendra un inédit, "Ready For Love". 
 
Tracklist:

1. 8 Ball
2. Walkin Man
3. My Donny
4. Dr Jekyll & Mr Hyde
5. Just Like A King
6. My Home (Blue Eyes)
7. Ready For Love

Un océan de CocoRosie

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Les déjantées Sierra et Blanca, aka CocoRosie, feront un détour par le Cirque Royal le 15 mai dans le cadre des Nuits Botanique. Mais 4 jours auparavant, elles délivreront « Grey Oceans », leur nouvel opus

1. Trinity’s Crying
2. Smokey Taboo
3. Hopscotch
4. Undertaker
5. Grey Oceans
6. R.I.P. Burn Face
7. The Moon Asked the Crow
8. Lemonade
9. Gallows
10. Fairy Paradise
11. Here I Come

Saint Damien Jurado

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Damien Jurado, le secret le mieux gardé du label Secretly Canadian publiera le 25 mai. « Saint Bartlett », un album très orchestral produit par Richard Swift. Il fait suite à « Caught In The Trees », paru l’an dernier.

Tracklisting :
1. Cloudy Shoes
2. Arkansas
3. Rachel & Cali
4. Throwing Your Voice
5. Wallingford
6. Pear
7. Kansas City
8. Harborview
9. Kalama
10. The Falling Snow
11. Beacon Hill
12. With Lightning In Your Hands

Un avant-goût sur http://www.saintbartlett.com


Keane se met… au rap !

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Après The Black Keys et leur projet hip-hop BlacRok, ce sont les Britons de Keane qui se tournent vers l’ « Urban Music ». Le 8 mai paraîtra « Night Train », un EP à dominance rap-pop auquel K’naan et Tigarah prêteront leur voix.
 
Tracklisting

'House Lights'
'Back In Time'
'Stop For A Minute' (feat. K'naan)
'Clear Skies'
'Ishin Denshin' (You've Got To Help Yourself) (feat. Tigarah)
'Your Love'
'Looking Back' (feat. K'naan)
'My Shadow'

LCD Soundsystem, #3

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Le très attendu troisième album de LCD Soundsystem devrait être publié le 14 mai prochain. Le disque n’a pas encore de titre mais on en connaît déjà la tracklist. A noter qu’il ne contiendra pas le ‘one-off’ single « Bye Bye Bayou ». Pour rappel, James Murphy a annoncé qu’il s’agira probablement du dernier disque de la formation. Ceux qui n’ont pas obtenu le sésame pour les voir sur scène le 5 mai à l’AB pourront se consoler à Rock Werchter le vendredi 2 juillet.

Tracklisting

Dance Yrself Clean
Drunk Girls
One Touch
All I Want
Change
Hit
Pow Pow
Somebody's Calling Me
What You Need

Peter Von Poehl

Entre miel et fiel…

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Que serait devenu Brett Dennen s’il avait été suédois et talentueux ? Certainement Peter von Poehl.

Mentionnons brièvement les introspections narratives dont usait le chanteur suédois pour exorciser ses mélancolies de l’exil (NDR : l’auteur-compositeur-interprète scandinave vivait alors entre Paris, Malmö et Berlin) sur son brillant premier opus intitulé « Going to where the tea-trees are ». Errance musicale et thérapeutique qui s’exhalait sur toutes les scènes européennes comme le parfum de son sillage.

Las de traîner ses guêtres sans fin vers l’horizon, Peter von Poehl pose enfin ses valises à Paris et y concocte « May Day ». Lieu de sédentarisation où il fait la rencontre de Marie Modiano (fille du célèbre écrivain français prix Goncourt 78 pour ‘Rue des boutiques obscures’). De cette rencontre artistique naît « May Day ». Un album écrit, composé et mis en scène par le duo couple franco-suédois. Apaisé, Peter von Poehl imprime des influx plus sereins à sa création artistique : ‘J'accompli fait beaucoup de concerts en solo, surtout en Grande-Bretagne où il n'est pas toujours facile de te faire entendre et c’est à cause de cela que j'ai probablement mis davantage l'accent sur l'intensité dans les nouvelles chansons. Je voulais sentir qu'il y avait quelqu'un sur l'autre extrémité. Ecouter quelqu'un. Ce n'était vraiment pas une préoccupation à l'époque du premier album’. Cette autre extrémité se nomme Marie Modiano.

Grâce à cet album, Peter von Poehl exorcise ses peurs et quitte les sentiers troubles de l’exil. Son univers jadis tissé de sentiments ombragés, éphémères et destructeurs finit par se dissoudre dans des eaux plus limpides. Les replis abyssaux de la nuit intérieure s’estompent peu à peu. Le visage lumineux de Peter quitte alors la chambre obscure de son existence et se projette sur les planches de la Rotonde.

Théâtre subtilement habillé de cordes, de cuivres, de percussions et de piano d’où émerge la voix angélique du chanteur nomade qui touche le public par sa sincérité. Lieu cousu de fils d’or mélodiques et finement brodé d’orchestrations cuivrées, paradoxalement policées et grinçantes. Mais aussi d’accords de piano vaporeux, aux sonorités Hammond, et d’un mélodica improvisé. Lieu insolite et personnel à l’écart des modes et des courants, sans filiation musicale : ni folk, ni pop, ni rock…

Autour de ce cocon musical, Peter von Poehl architecture son sens inné de la mélodie de sons travaillés, d’harmonies de chœurs... Ses compositions claires tirent sur une corde sensible mais sans lyrisme sous les sons caressants du clavier de Marie Modiano.

Un set entre miel et fiel qui alterne le nouveau et l’ancien, le radieux et l’obscur, l’intime et le public. Quand "Parliament", morceau rythmé, s’amuse de piano, synthés et cuivres, "May Day" ronronne d'une basse très sonore sur laquelle se posent alternativement des cordes et un joli ensemble piano/cuivres.

Malgré un set globalement plus lumineux, Peter Von Poehl n'est cependant jamais aussi touchant que lorsqu'il chante en spleen. L'histoire d’une funeste balade vers nulle part contée sur "Forgotten Garden" en témoigne délicieusement. Quant au final ("Lost In Space"), il nous habite somptueusement d’une sensation de solitude orchestrée de claviers et de chœurs aériens.

Trois rappels viendront finalement clôturer ce délicieux moment sur terre. Un dernier morceau sous forme d’impro session mêlant un rock-jazz-cabaret explosif, posera le dernier souffle sonore du combo franco-suédois. Ultime cadeau qui ravira un public conquis de la première à la dernière note.

(Organisation Botanique)

 

30 Seconds To Mars

Retourne sur ta planète Jared!

Écrit par

Waouw, quel événement ! Le groupe des frères Leto cartonne actuellement partout sur la planète et fait escale à Lille. Ni une ni deux, je saute dans ma voiture avec ma complice photographe pour aller immortaliser pareil événement. Une fois n’est pas coutume, l’Aéronef est plein comme un œuf. Plein de ‘petits jeunes’ (surtout du beau sexe) dont la moyenne d’âge frôle les 16-17 printemps à peine. Bon ben, on est déjà sûrs d’une chose, ça va ‘gueuler’ du début à la fin ! Préparons-nous à subir les hurlements de jeunes filles en fleur (en chaleur serait plus approprié).

Pour chauffer l’assistance, si c’était encore nécessaire, Street Drum Corps assure la première partie des festivités ; un rôle joué par le combo partout où Jared et sa bande se produisent. Y’a pas à dire, ils connaissent leur métier les bougres. Pour chauffer, ça chauffe ! Le ton est donné. Une musique au son destructeur. Du néo-punk/rock qui rend plus d’un spectateur complètement sourd…

Il est 20h35 et une première opération marketing se dessine. On est où là ? A la foire à la grosse saucisse ? En tout cas, ça y ressemble fort puisqu’on assiste à une distribution gratuite de bracelets phosphorescents, jetés du balcon, et qu’on a droit à une mini animation ‘style foire commerciale’ avant d’entrer dans le vif du sujet. Mais kékséksa ??? Jamais vu un truc pareil !

Et Jared de faire son apparition sous les roulements de tambour (comme au cirque) dans une tenue à la limite du ridicule (c’est lui le clown ?) Une veste militaire galonnée bleu marine et une coupe de cheveux digne des ‘marines’ U.S. (This is War of course…) Délire chez les ados qui ne se contrôlent plus, poussent, tirent, sautent à qui mieux-mieux dans tous les sens. Mais qu’est ce que je fous ici moi ?

« Night Of The Hunter » est le premier titre interprété par les troupes du ‘sergent chef’ Leto. Et c’est parti pour 90 minutes de bonheur pour les uns, d’insatisfaction voire d’ennui pour les autres (NDR : ben oui j’suis dans les autres !) Durant tout le set, Jared entretient le culte de la vedette. 30 Seconds to Mars, c’est LUI, en pleine lumière, et quelques autres, dont son frère, dans l’ombre. Parfois, il fait appel à ses larbins de Street Drum Corps, maquillés et tatoués à faire peur, pour agiter un drapeau ou taper sur une caisse claire. Comme si ce n’était pas suffisant, il sait très bien que les filles en pincent pour lui. Il en remet une couche, et même parfois deux. Il devient même parfois très lourd lorsqu’il éructe dans un ‘franglais’ très subtil des ‘Je t’aime’ ou ‘Voulez-vous coucher avec moi ce soir’. De ridicule, on passe à pathétique. Comme si on avait besoin de ces artifices pour apprécier la (bonne) musique dispensée par le groupe sur disque. Mais visiblement, ce soir, ce n’est pas le chanteur qui est sur scène, c’est l’acteur. Et aucun espoir pour lui, la prestation réalisée ne mérite ni César (on est en France) ni Oscar… Comble du ‘léchage de cul’, Jared se drape dans le drapeau bleu blanc rouge ; ce qui visiblement provoque un orgasme chez une groupie. Son soutien-gorge atterrit aux pieds du petit soldat qui s’empresse, comble de la bêtise, de l’enfiler. Ben oui, on n’est plus à une facétie près.

‘Il est aussi con que ses fans’. J’ai pas rêvé, j’ai bien entendu ça. Et de la bouche d’une fille en plus. Ouf je ne suis pas seul sur mon île. Et ce n’est pas tout. Son ramage n’étant pas à la hauteur de son plumage, quand l’exercice vocal se fait trop pointu (ben oui, on n’est pas en studio), le bel américain se tait et invite ses admiratrices à chanter. Hé pas con hein !!! Et il parle, il parle entre deux titres. Finalement je me demande même s’il n’a pas plus parlé que chanté durant son show. Et pour ne rien dire ou si peu…

Si j’étais prof, je noterais sa copie comme ceci : bien au début (dernier album en majorité), a créé alors une bonne ambiance, creux au milieu, difficile à supporter dans le troisième quart et lamentable en fin de set. Inconsistant et superficiel ! A améliorer d’urgence !

Ah oui, j’allais oublier de vous raconter : pour clôturer la soirée, une seconde opération marketing s’est à nouveau déroulée : Jared, non seulement nous offre des affiches de ses ‘ouvriers’ de Street Drum Corps, mais en outre, il nous invite à le rejoindre gratuitement à Bercy. Oui, oui, vous ne rêvez pas, les tickets sont distribués à la demande. Faut croire que le bide n’est pas très loin !!! Ça ferait deux de suite…

Y paraît qu’y’a de l’eau sur Mars. Fais gaffe de pas te noyer Jared !

Organisation A Gauche de La Lune

(Voir aussi notre section photos)

Hockey

Ce Hockey m’est resté en travers de la gorge, toute la soirée…

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A l’instar de MGMT et de Passion Pit aux States, mais également de Friendly Fires en Grande-Bretagne, Hockey fait l’objet d’un véritable ‘hype’. Il se produisait au Botanique ce 3 mars 2010, pour y défendre son « Mind Chaos », un très bon premier opus sorti durant l’été 2009. Le combo avait, par la même occasion, la ferme intention de montrer son savoir-faire ; mais également prouver qu’il méritait une place au sein de la scène pop indie festive...

Début des hostilités à 20 heures. Ce soir la Rotonde n’affiche pas complet. Lorsque les musiciens montent sur les planches, on constate que le line up s’est enrichi d’un nouveau membre. Un claviériste, plus précisément. Tout au long du set, il va saupoudrer la solution sonore d’interventions électro. Si leur elpee brillait par son dynamisme et sa vivacité, on ne peut en dire autant de sa transposition en live. Et pourtant la prestation avait commencé en force. Mais après avoir aligné quelques morceaux excitants, Hockey a progressivement perdu son fil conducteur. Et la version country de « Four Holy Photos » (NDR : une horreur !) ainsi que l’adaptation d’« Everyone’s The Same Age » en slow ringard, en sont vraiment de parfaites illustrations. Et franchement, elles n’ont vraiment plus rien de percutant. On a même eu droit à une nouvelle compo. Pathétique ! Drôle d’idée de briser constamment le rythme. Ce qui n’annonce rien de bon pour le prochain album…

Les Ricains vont achever leur show par « Too Fake ». Les percus sont enfin judicieuses et stimulantes, mais elles ne font pas long feu. De quoi accentuer notre sentiment de désillusion. D’ailleurs on ne peut pas dire que les acclamations aient été nourries. Alors qu’on s’attendait à un concert festif et riche en déhanchés, ont a dû se contenter d’un spectacle mou et laborieux…

(Organisation : Botanique)

Gary War

New Raytheonport

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Phil Gone alias Gary War est un individu plutôt mystérieux. Il vit à New York et compte déjà quelques albums à son actif. Mais pour le surplus, il ne filtre guère d’informations officielles à son sujet sur le net. Pas pour rien que le gaillard aime brouiller les pistes…

Album surprenant, « New Raytheonport » reflète l’esprit claustrophobe et schizophrène de l’artiste. Au cours de sa jeunesse, il a certainement dû dévorer tous les classiques de l’histoire du rock. Et pour cause, sur cet opus, les influences oscillent du psychédélisme au shoegazing, en passant par la cold wave et le rock garage. Un sacré bordel donc !!! Un peu comme si Panda Bear avait grandi à l’écoute de Joy Division et The Talking Heads plutôt que de s’immerger dans l’œuvre de Beach Boys. Ou alors à l’instar d’un Liam Finn qui aurait abusé de psychotropes. Phil Gone aime expérimenter. Et refuse de suivre le mainstream. Si ses compos sont souvent torturées, il ne néglige pourtant pas pour autant leur aspect mélodique. Simplement, il faut gratter un peu avant de déceler cette sensibilité.

Tout au long de « New Raytheonport », l’Américain se laisse emporter par le fil de ses idées. Tel un aventurier sonore, il goûte à tous les styles et tous les climats. Des climats tour à tour atmosphériques, ténébreux ou allègres. Un « Clouds Went That Way » lorgne ainsi vers un Animal Collective période « Feels » alors qu’« Obscure Preference » baigne dans la cold wave circa Joy Division. Et l’éventail de références est loin d’être exhaustif.

La voix de l’artiste est difficilement détectable tant elle est trafiquée, se fondant même parfois complètement dans l’expression sonore. Impossible d’isoler les différents instruments. La musique de Gary War forme un tout, une masse intelligemment agencée. Ce n’est qu’après plusieurs écoutes que se dessine la réelle puissance de l’album. N’y cherchez pas la rigueur. Ce n’est pas le souci majeur du Newyorkais. Même qu’il lui arrive, à force d’expérimenter, de se planter. On ne fait pas l’omelette sans casser d’œufs…

Gary War ne deviendra sans doute jamais populaire. Mais son cas mérite d’être examiné. A cause de son immense potentiel créatif. Et puis, si vous appréciez la musique alternative, ne passez pas à côté de son œuvre. Et tout particulièrement de ce « New Raytheonport », un opus dont les compos nécessitent un certain laps de temps avant d’être appréciées à leur juste valeur ; mais qui après avoir pénétré dans votre subconscient ne veulent plus en sortir…

Arid

Under The Cold Street Lights

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1998, un album sorti de nulle part concocté par un ‘petit groupe’ flamand issu de la région gantoise obtient un succès retentissant en Belgique. Cet album s’intitule « Little Things of Venom » et la formation coupable de ce magnifique ouvrage porte le patronyme d’Arid.

Depuis le siècle passé (ben oui), Jasper Steverlinck et ses complices sont devenus un des groupes-phares de la scène rock/pop ‘made in Belgium’. Chaque nouvelle réalisation est accueillie par un public qui s’élargit au fil des disques et des concerts du band.

Deux elpees confirment le statut de révélation de cette fin de millénaire. « All is quiet now », tout d’abord. Publié en 2002, il s’avère pour les uns, plus calme et moins audacieux, pour les autres plus intimiste et plus profond. « All Things come in Waves » tombe dans les bacs en janvier 2008. Un retour aux sources, couronné de succès et considéré comme l’album le plus abouti du combo gantois. La tournée consécutive à la parution de cet opus permet au combo d’acquérir de l’expérience ; et surtout d’accentuer sa popularité. A ce moment, Arid est quasiment considéré comme la meilleure formation belge de l’époque. Il lui aura fallu six ans pour arriver au sommet de la reconnaissance. Jasper Steverlinck, chanteur/guitariste et âme du groupe, volontiers comparé au regretté Freddy Mercury pour son organe vocal, a entretemps tenté une petite percée personnelle en concoctant un album solo intitulé « Songs of Innocence », un long playing truffé de reprises (Bowie, d’Arby) qui récolte un succès tout à fait inattendu.

2010, « Under the cold Street Lights », quatrième réalisation d’Arid, paraît ce 1er mars, soit deux ans seulement après la sortie de son très abouti troisième opus.

Rien de bien neuf, de bien surprenant à l’horizon musical de la bande à Jasper. Le menu proposé opère un mix entre toutes leurs facettes, de toutes leurs possibilités et envies. La ligne mélodique reste toujours très soignée, oscillant entre ballades lancinantes (« Seven Odd Years », « Mindless »), titres plus dansants, plus pop (« Something brighter », « Custom Gold ») et morceaux plus ‘musclés’ (« The Flood », « Come On »). La voix (et quelle voix !) du leader faisant le reste. Jasper reste très performant et centralise autour de sa personne quasiment tous les intérêts portés à la formation. Le ‘Freddy Mercury gantois’ (ne lui dites pas, il déteste la comparaison) étale à nouveau tout son talent d’interprète, visite tous les registres, tout en restant le songwriter du band (écoutez donc le splendide « All that’s here is all what that’s left »). Gloire à lui !

« Under the cold Street Lights » ne révolutionnera pas le rock belge, ne surprendra pas les spécialistes, ne fera finalement pas autre chose que de confirmer un état des lieux que l’on connaît déjà : Arid reste bien une des formations les plus pop(ulaires) de notre (mini)planète musicale.

A découvrir, à écouter, à déguster, à apprécier selon ses propres envies… Perso j’en reprendrai bien un peu, dix plages seulement, c’est trop peu !

Une question me taraude cependant l’esprit. Comment diable vont-ils s’en sortir sur scène ? Filip Ros, bassiste depuis la création du groupe n’apparaît plus ni sur la photo de la pochette, ni dans les crédits de l’album ? Ne restent donc ‘en course’ que Jasper au chant et à la guitare rythmique, David Du Pré à la guitare solo et Steven Van Haevere aux drums.

 

Corinne Bailey Rae

The Sea

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Il y a 4 ans, porté par des singles ultra-radiophoniques comme « Like A Star » et surtout « Put Your Records On », le recueil éponyme de Corinne Bailey Rae réalisait un carton. Originaire de Leeds, la jolie Anglaise avait d’ailleurs été nominée aux Brit Awards et pour pas moins de 4 Grammy Awards, lors de cet exercice. La belle vie. Du moins jusqu’en 2008. Cette année-là, Jason Rae, le mari de la chanteuse décède d’une overdose. La jeune femme se retire alors de la scène, l’espace de deux ans. Une période de deuil qu’elle mettra à profit pour écrire son second labeur.

« The Sea » aurait pu constituer une galette triste et accablée mais ce serait mal connaître Corinne Bailey Rae qui retombe sur ses pattes et déploie onze morceaux printaniers dans la droite lignée des compositions de son éponyme. Bien que la majorité des textes soient clairement dédiés à la mémoire de son défunt mari (« Are You Here », « The Sea » ou « Diving For Hearts », pour ne citer que les plus affectés), la compositrice privilégie les mélodies upbeat et ensoleillées. La belle condense ses influences Jazz (« I’d Do It All Again »), Soul/Funk (« Feels Like The First Time », le très Prince « Closer ») et Pop-Rock (« Diving For Hearts », « Paris Nights/New York Mornings », « Paper Dolls »). Malgré quelques titres tout à fait dispensables, « The Sea » est un disque plein d’optimisme qui, par moment, fait du bien par où il passe. Mais point trop n’en faut…

 

Biestig

Nebenan

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Pour pouvoir apprécier la musique de Biestig, il est nécessaire de passer, avant tout, la barrière de la langue. Et pour cause, les lyrics sont chantés dans la langue de Goethe. Pas que cet idiome soit systématiquement un handicap, mais ses accents gutturaux passent plus difficilement la rampe. Il est donc nécessaire d’écouter deux ou trois plages, avant de s’immerger totalement dans l’univers sonore de ce duo allemand. Un duo réunissant deux charmantes jeunes filles d’à peine 16 ans. Mais une immersion qui crée quelques turbulences. Et pour cause, le punk-rock du tandem féminin est incontestablement énergique. Jude et Anne sont en colère et elles épanchent leur courroux. Elles chantent ou vocifèrent leurs frustrations d’adolescentes et vilipendent la société contemporaine. C’est très instinctif, mais très basique. A un tel point qu’on a parfois l’impression que les dix titres de la plaque sont un peu trop semblables. Heureusement, l’elpee ne dure qu’une petite demi-heure. Une caractéristique très souvent rencontrée dans ce style musical. Et tout à fait judicieuse pour cet opus. Bref, vu l’âge des deux demoiselles, leur expression sonore ne peut que prendre de la bouteille. L’envie et l’énergie y sont déjà. Reste à trouver l’inspiration.

 

Nick Cave & Warren Ellis

The Road

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Deux ans plus tôt paraissait « La Route », un thriller psychologique magistralement écrit par le talentueux Cormac McCarthy. L’histoire d’un homme et de son enfant évoluant dans un univers post-apocalyptique inquiétant, où les hommes se laissent aller à leurs plus bas instincts. Le père et le fils n’ont qu’un but : atteindre le Sud. Et survivre, surtout. En 2009, le chef-d’œuvre, récompensé du prix Pulitzer, s’est matérialisé en un long-métrage porté à l’écran par Viggo Mortensen et Charlize Theron et diffusé fin janvier 2010, dans nos salles. Et qui dit long-métrage, dit bande originale. La production de celle-ci n’a pas été confiée à n’importe qui. Ce sont Nick Cave et son partenaire habituel de l’exercice de musique de films, Warren Ellis (Dirty Three), qui s’y sont collés.

Cette nouvelle collaboration a accouché d’un emballage sonore illustrant à merveille le film de John Hillcoat. Les paysages désolés, la tension, la grisaille sont enveloppées par un duo piano/violon classique de toute beauté. Tout à leur honneur, Nick Cave & Warren Ellis se détachent du côté pathos exacerbé de certaines scènes du film en esquivant les évidentes escalades symphoniques inhérente à ce type de travaux. Un peu comme si les deux hommes s’étaient davantage inspirés de la version littéraire, plus sobre, de l’œuvre. De fait, « The Road » est une bande son qui se suffit à elle-même. D’ailleurs, six morceaux sont repris indépendamment sur la compilation « White Lunar », réunissant le meilleur des travaux du duo. Du beau travail, néanmoins réservé aux amateurs du genre.

 

Nick Curran

Reform school girl

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Nous l’avions évoqué lors de la sortie de son dernier album, Nick Curran pourrait bien reprendre la place laissée vacante par feu Sean Costello, disparu l'année dernière. Ce jeune chanteur/guitariste texan possède en tout cas, tout le talent, pour y parvenir. Nick a signé chez un solide label, Eclecto Groove, mais une écurie orientée davantage vers le rock. Faut dire que ses influences originelles, il les puise dans le blues mais aussi le rockabilly. Originaire de Portland dans le Maine, il a été très tôt repéré par la chanteuse de rockabilly texane, Kim Lenz. Elle lui demande d’intégrer ses Jaguars. Il accepte et vient vivre au Texas ; ce qui lui permet de fréquenter les scènes musicales de Dallas et d’Austin. Son premier elpee, il se grave en 2000. Soutenu par son groupe The Nitelifes. Il s’intitule "Fixin' your head". Et l’année suivante paraît "Nitelige boogie". Les deux disques sont publiés sur le label Texas Jamboree. Mais en 2002, il rejoint le label de San Francisco, Blind Pig. Il y publie "Doctor Velver". En 2002. Et deux ans plus tard, "The Player!". Sollicité par Kim Wilson, il rejoint les Fabulous Thunderbids de Kim Wilson, en 2005. Il y militera jusqu’en 2007 et participe à l’enregistrement de l’elpee "Painted on".

Pour concocter "Reform school girl", Nick a remonté un backing band : les Lowlifes. Comme à ses débuts, il aime enregistrer sur du vieux matériel, du vintage fifties, histoire de communiquer le son direct des vieux vinyles 45 et 33 tours. Nick a suivi ses premières leçons auprès du regretté Ronnie Dawson, un chanteur de rockabilly texan qui nonobstant un succès d’estime a connu une assez longue carrière.

Phil Alvin, le chanteur/guitariste des Blasters est responsable des notes consignées à l’intérieur de la pochette. Il nous présente un Curran, adepte d’un rock'n'roll biberonné au funk, punk, blues et psychobilly. Et après avoir écouté cet opus, la description me semble exacte.

Lors de la confection de cet elpee, Curran a reçu le concours du bassiste Billy Horton, également responsable de la coproduction en compagnie de Nick. Mais également du drummer Nikki K, du pianiste Derek Bossanova et des saxophonistes Jon Doyle et Dan Torosian. Etabli à Austin, Billy Horton est aussi contaminé par le virus du rockabilly. Il milite au sein des Horton Brothers, en compagnie de son frangin (NDR : fallait s’en douter), Bobby. Enfin, pour que votre info soit complète, cachez que Curran signe 11 des 14 plages.

Le "Tough lover" d'Etta James ouvre l’elpee. Du rock'n'roll brut, primaire et furieux. Nick chante comme un possédé. Dans un style ‘shouter’ proche de Little Richard. Le sax ténor s’autorise une belle envolée bien graisseuse. "Reel rock party" est une compo propice à danser le rock'n'roll au sein d’un cercle d’amis. L’ambiance est excellente. Nick se libère à la guitare. Jason Ricci concède une intervention brillante à l'harmonica. Toute une équipe qui prend littéralement son pied au sein des studios Fort Horton. "Reform school girl" est sculpté dans la pop. Une véritable perle mélodieuse qui aurait pu garnir un juke box poussiéreux de la fin des fifties. L’intro évoque curieusement l’univers sonore de Phil Spector. On se demande même si les interventions vocales ne sont pas assurées par Ronnie Spector. D’autant plus que l’ensemble est enrichi de chœurs. Pour la circonstance, assurés par les Honey Bee Babes. Les accords de guitare sont simples, directs et efficaces. "Kill my baby" est un rocker largement teinté de blues. La voix de Nick est dévastatrice au sein d’un univers sonore particulièrement cohérent. "Psycho" nous replonge au cours des années folles. C’est-à-dire vécues entre les années 50 et 60. Un morceau détraqué mais racoleur, au cours duquel les cordes libèrent, avec une facilité déconcertante, des sonorités pas possible. Remarquable, "Sheena'sback" nous invite à nouveau dans l’univers de Little Richard. Des chœurs ‘vintage’ répondent au chant nettement blues. "Baby you crazy" trempe dans un rock'n'roll pur et dur. De la dynamite prête à exploser. Nick se force les cordes vocales jusqu'au seuil de la douleur, alors que Derek dispense des accords sautillants sur ses 88 touches d'ivoire. "Ain't no good" campe un rockabilly d’une grande limpidité. Billy Horton répond instantanément aux phrases sauvages exécutées par le leader. "The lowlife" s’engage sur un riff emprunté à Chuck Berry. Un peu comme si Little Richard  chantait "Maybelline". On imagine alors facilement Curran exécutant la danse du canard, sur les planches. "Dream girl" est la plage la plus longue de l’elpee ; mais aussi la plus lente. Elle baigne au sein d’une atmosphère lugubre, un climat entretenu par les accords de guitare reverb et par la voix digne d’un film d’épouvante. "Flyin' blind" nous replonge dans une atmosphère plus allègre. Un rockabilly dont les vocaux sont partagés entre Phil et Nick. Et au cours duquel les guitares de Phil, Nick et Chris Ruest se conjuguent remarquablement. Une des meilleures plages de l’elpee, c’est une certitude. Une bonne humeur répercutée tout au long de l’enlevé "Filthy", une compo réminiscente du début des sixties, à une époque où la musique était prétexte à danser. Sans prendre le moindre temps de repos. D’excellente facture, cet opus s’achève par une par version infernale, mais à des années-lumière du heavy métal du "Rocker" d'AC DC.

Nick n’a pas encore 33 ans. Et affiche déjà une fameuse carrière derrière lui. La presse spécialisée estime qu’il pourrait succéder au défunt Sean Costello. Malédiction, il est également dans une mauvaise passe. Atteint d’un cancer de la langue, il suit pour l’instant un traitement particulièrement lourd. Chez lui, à Austin. Et il espère guérir de cette épreuve, pour revenir au sommet de sa forme. C’est tout le mal qu’on lui souhaite…

 

Deadmau5

For Lack Of A Better Name

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Le Mickey Mouse canadien revient pour la cinquième fois et frappe fort. Un an après son « Random Album Title. », Joel Zimmerman, alias Deadmau5, prend une nouvelle fois son pied en balançant des beats sous acide, sans concessions et tapageurs à mort. Le genre de tubes pas subtil pour un sou mais qui parvient à faire danser les kids jusqu’à ce que leurs pieds soient en sang. La souris, adulée autant par la presse spécialisée que par ses confrères, réalise avec « For Lack Of A Better Name » le disque de la consécration, atteignant le top 20 des charts ‘dance’ américains et britanniques.

Deadmau5 (prononcez dead mouse) ne semble plus aujourd’hui avoir la moindre prétention de réinventer la Progressive House ou d’y ajouter quoi que ce soit de neuf, comme à ses débuts. Il envoie, le plus naturellement du monde, dix moteurs à sudation qui atteignent souvent leur cible en plein dans le mille (« Moar Ghosts ‘n’ Stuff », « Strobe » et son intro planante, « Hi Friend! » et son sample inversé du « Thriller » de Michael Jackson ou le spasmodique « Lack Of A Better Name ») et parvient encore à surprendre (la jolie partition piano de « Soma »). Mais un disque de ce genre ne peut être parfait. Le DJ/producteur commet donc parfois des erreurs de calcul comme sur un « Word Problems » radicalement plat ou un « Ghosts ‘n’ Stuff » superflu dont les vocalises autotunées et exaspérantes sont assurées par Rob Swire (Pendulum). Et malgré ces réserves, « For Lack Of A Better Name » vaut mieux que dix Tiësto d’affilée.

En concert le 15 mai à l’AB.

Efterklang

Magic Chairs

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Le troisième long playing du groupe sorti ce 22 février 2010 imprime une petite révolution dans le monde post-rock-électro de la formation danoise. « Magic Chairs » reflète en effet le premier album pop (de chambre) du combo scandinave. Efterlang sort du confort autosuffisant de son bunker Rumraket de Copenhague (label qui héberge Grizzly Bear, amiina, Taxi Taxi !, Slaraffenland…) et foule des territoires restés encore inexplorés par le quartet. Processus de réalisation qui s’éloigne des rythmiques électroniques complexes et des grands élans orchestraux présents sur les deux albums précédents (« Tripper » et « Parades ») pour se concentrer sur de nouveaux sons, des structures ‘pop’ sensiblement plus épurées.

A l’image de l’album, le morceau d’ouverture « Modern Drift » se construit d’arpèges en boucles complexes. La batterie est solide et omniprésente. La basse ronflante. Les refrains sont mélodieux et entêtants. La valeur sûre de la scène post-rock européenne souvent associée à des groupes tels que Sigur Ròs et mùm rend son espace sonore plus accessible au public sans effacer cependant les stigmates d’antan. La marque de fabrique du groupe transparaît en filigrane et parsème parcimonieusement le champ musical de buzz électronique et de fleurs chorales. Bref, un travail studio plus rationnel, un groupe qui évolue en pop mais continue à se poser intelligemment sur un substrat solide, essentiel au développement original des ambitions nouvelles. Le résultat final dresse un tableau kaléidoscopique aux facettes fracturées de rythmiques ‘trip pop’ sur « Alike », de ballades chaleureuses sur « The Soft Beating », de caresses folk sur « Natural Tune »… 

Un virage artistique concordant avec son entrée dans la légendaire écurie 4AD (TV On The Radio, Bon Iver, Cocteau Twins…) et la collaboration artistique du producteur-ingénieur britannique Gareth Jones (Nick Cave, Depeche Mode, Mogwai, Interpol, Grizzly Bear…) qui a assuré le mixage final à Londres. Un artwork intime et confidentiel ponctué par la présence du duo de designers danois Hvass&Hannibal.

Les célèbres et somptueuses orchestrations organiques du combo danois illumineront les planches du Cirque Royal ce 15 mai 2010 en première partie de CocoRosie lors de la prochaine édition des Nuits Botanique.    

Hot Chip

One Life Stand

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« One Life Stand », le dernier elpee de Hot Chip, fait l’objet des critiques les plus diverses. Suffit de consulter la toile pour s’en rendre compte. Il fait suite « Coming On Strong » paru en 2004, « The Warning » en 2006 et « Made In The Dark » en 2008. Faut dire que les cinq geeks jouent de plus en plus au caméléon. Et ce nouvel elpee en est une nouvelle illustration.

Après avoir successivement trempé dans l’ambient, le nerd disco et le dark disco, Hot Chip a décidé de passer à la pop, mais une pop subtilement saupoudrée de techno. « One Life Stand » puise ainsi son influence majeure chez le pionnier de la techno ‘made in Detroit’, Carl Craig, un personnage génial qui a d’ailleurs remixé leur titre éponyme. Et pourtant, à l’issue de la première écoute de ce long playing, je n’étais pas particulièrement emballé. Etonnant lorsque je me souviens, voici quelque mois, avoir vibré aux beats de « Take It In », premier single issu de leur nouvelle galette, et m’être dit ‘Yeah ! Voilà le grand retour des lunettes à grosses montures !’ Sculpté dans une électro brillante et caractérisé par un refrain terriblement efficace, ce morceau avait été bien mis en forme. Or, en écoutant cet elpee pour la première fois, ce n’est pas l’impression que je ressens. Et rester sur cette impression est une erreur ; car il est nécessaire de réécouter cette œuvre à plusieurs reprises, avant de pouvoir vraiment l’apprécier. C’est à ce moment, et à ce moment seulement, qu’on se rend compte que Hot Chip est arrivé au sommet de son art. Une affirmation qui risque sans doute de déclencher une pluie de critiques. Je les assume. Et comme dirait l’adage : ‘Ca glisse sur …’

Hot Chip est un drôle de phénomène quand même. Il est capable de s’adapter à toutes les situations et à en tirer la quintessence. Riche en claviers et sonorités synthétiques (NDR : dont celles très présentes de marimbas hawaiiens) les plages de cette plaque sont d’une efficacité redoutable sur les dancefloors (NDR : déjà testé !) Les séquenceurs rythmiques et les percussions balisent à merveille les vocalises toujours aussi pointues d’Al Doyle, de Joe Goddard ou encore du nerveux Alexis Taylor. Et c’est ainsi qu’un titre comme « Hand Me Down Your Love », caractérisé par sa programmation de cordes mélancoliques, se transforme en une merveille pop. « One Life Stand » affronte de gros beats techno alors qu’« I Feel Better » est un morceau ringard. Comparable aux navets ‘techno’ diffusés sur Radio NRJ. Mais sa texture est scintillante et il accroche. A un tel point que sa ringardise finit par séduire….

En quatre albums, Hot Chip a démontré qu’il était en progression constante. Sous leurs airs de benêts, les cinq Anglais sont finalement des personnages particulièrement ingénieux. Et aujourd’hui, sans aucun doute un des meilleurs groupes ‘électro’ de la planète. Tant pis pour la contestation ; perso je dis ‘respect’ !

Langhorne Slim

Be Set Free

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Le nouvel opus de Langhorne Slim recèle une compo qui, à elle seule, justifie son acquisition. Et à prix fort s’il vous plait ! Son titre ? « Land Of Dreams ». Une chanson vraiment remarquable aux lyrics bouleversants, véhiculés par la superbe voix de Sean Scolnick. Une intro acoustique élégante. Des accords de banjo judicieusement dispensés. Et puis des chœurs, en finale, à vous flanquer des frissons partout. Digne d’un classique de Neil Young (NDR : ouais, c’est vrai, je m’emballe…) Grâce a cet hymne d’alt country, Langhorne Slim mériterait d’entrer au panthéon des meilleurs songwriters américains…

Agé à peine de 30 ans, Sean nous vient de Langhorne, en Pennsylvanie. Un folk singer peu connu de ce côté de l’Atlantique. Et pourtant, il a déjà tourné, notamment, en compagnie de Cake, Jeffrey Lewis, The Violent Femmes et Rocky Votolato. En outre, il s’est également produit lors d’une émission TV de Dave Letterman. Et « Be Set Free » constitue déjà son 6ème album.

Scolnick puise essentiellement son inspiration dans le country/folk traditionnel. Yankee surtout. Il possède un timbre vocal nasillard, émouvant, très caractéristique. Il arrive même à ce cowboy de se la jouer crooner. Les arrangements sont très ‘classe’ et riches. Piano, trombone, Hammond et Farsifa viennent régulièrement colorer l’expression sonore. De « Be Set Free » j’épinglerai, outre le morceau d’exception, « Be Set Free », « I Love You But Goodbye » et « Back To The Wild ». Confiée à Chris Funk (The Decemberists), la production est impeccable. Laura Veirs a collaboré à la confection de cet elpee. Pas étonnant, puisque son univers, finalement, jouxte celui Langhorne Slim. Le long playing recèle quelques titres plus anecdotiques, mais en général, cet elpee est agréable à écouter. Reste maintenant à savoir s’il est capable de traverser l’Atlantique, car sa musique est tellement américaine, qu’aucune date européenne n’est prévue pour l’instant…

 

Miossec

Finistériens

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Septième galette pour le breton Miossec. Et quelle galette ! Elle est lourde, très lourde, voire indigeste. Pire que du pain rassis. L’ennui coule par tous les trous. On ne peut pas vraiment dire que le gars déborde de joie et de bonne humeur… Ah ça non ! Il aurait des envies suicidaires que je ne serais pas étonné tiens.

Et dire que c’est Yann Tiersen qui s’est chargé de la réalisation. Ben dis donc, il nous avait habitués à autre chose l’animal. Ses compos à lui sont d’une autre trempe, bien plus enjouées.

Visiblement, le ciel gris et la pluie bretonne ont fait leur œuvre. Après avoir écouté cet elpee, quelques réflexions en vrac me viennent à l’esprit :

- Fatigué ? Pas de sédatif ? Pas grave, un petit coup de « Finistérien » et hop, vous êtes dans le gaz. « Finistérien », le somnifère efficace et sans danger pour la santé. Quoique !

- Dépressif ? Ecoutez-moi ça ! Alors, ça va mieux ? Ben vous voyez, y’a pire que vous !

- Des difficultés à évacuer ? Ballonné ? Constipé peut-être ? Une bonne dose de Miossec et ça dégage aussi sec !

- Un petit jeu ? Une roulette russe ? Non ? Vous cherchez mieux ? Alors écoutez cet album. A quel titre succomberez-vous ? Vous faudra-t-il un deuxième essai ?

 Ok, stop, j’arrête mon petit ‘concon’.

Ben oui, j’aime pas. Mais alors pas du tout. Rien n’arrive à m’accrocher. Miossec demeure pour moi une énigme de la chanson française. Porté aux nues par les médias culturellement spécialisés, il n’en touche pas une chez votre serviteur. Ses compos sont insipides, incolores et inodores ; or, je croyais qu’il avait déjà touché le fond. Mais non, il continue de creuser visiblement. Pas grave, s’il y trouve un quelconque plaisir. Mais franchement de cet album, tout comme du précédent, de celui d’avant et de celui qui précédait celui d’avant (où j’en suis là ?), je ne parviens pas à choisir ce qui me consterne le plus : la fadeur des textes insipides ou les mélodies faiblardes ?

Mais pas de problème pour celles et ceux qui l’aiment et chérissent le genre, il n’a pas changé de fusil d’épaule. Par contre, si vous n’appréciez pas trop son dernier recueil de ‘mouchoirs usagés et trempés’, vous pouvez toujours vous procurer le dernier Delerm.

 

R.U.N.I.

Fula Fula Fular

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Le logo de Wallace Records véhicule un véritable symbole : Marcellus Wallace. Ben oui, souvenez-vous du ‘Pulp fiction’ de Tarantino. Car l’écurie italienne ne fait pas dans le détail. En effet, les artistes qui y sont signés privilégient un goût certain pour l’expérimentation. Parmi les moins anonymes, on peut citer X-mary, ZU, Bachi Da Pietra ou encore Mulu. Mirko Spino en est le fondateur. Une boîte qu’il a montée en 1999. Objectif : rendre des couleurs à la musique alternative italienne. Faut dire qu’elle en en avait bien besoin. Toute proportion gardée (NDR : j’insiste sur cette précision), Wallace Records pourrait incarner le pendant italien d’Ipecac.

« Fula Fula Fular » est paru en 2008. Un mini album disponible uniquement en vinyle chez Mandaï Distribution. Il fait suite à deux long playings. En mêlant toute une série de styles oscillant du krautrock à la noise, R.U.N.I parvient à concocter une musique très alternative. Les vocaux sont acérés. Les mélodies déstructurées. On pense parfois à Deerhoof ou au Singe Blanc, mais en moins délirant. Bref, on est en présence d’un joyeux bordel sonore sur ressorts. Mais le plus étonnant procède de cette capacité à rendre les mélodies particulièrement tourmentées et contagieuses. Et après plusieurs écoutes, on se surprend même à les fredonner. Vous rendant même de bonne humeur. « Se Vooi Un Bassista » et « Eppore Mi Cambio Le Mutande Tutti I Giorni » en sont les plus belles illustrations. Partagé en sept plages, « Fula Fula Fular » ne va pas au-delà de la demi-heure. Juste assez pour pouvoir apprécier le groupe à sa juste valeur...