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My Little Cheap Dictaphone (MLCD)

The Tragic Tale of Brian Wilson !

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Bienvenue dans le monde merveilleux de Brian Wilson (fondateur des Beach Boys) ! Sous le ciel gris de Bruxelles, l’Archiduc ouvrait généreusement ses portes aux derniers récits sonores de My Little Cheap Dictaphone (NDR : prononcez MLCD !).

Deux ans d’écriture résumés en cinq clins d’œil mélancolico-tragiques tirés du nouveau ‘spectacle-album’ minimalement orchestré par Redboy (Chant-guitare), Xavier Guinotte (Basse) et Louis Louis (Piano). Architecture narrative habilement désossée contant le destin torturé du leader des Beach Boys.

Essence d’un opéra pop qui éclipsera les premiers visages sur les planches du Cirque Royal le 08 mai 2010. Un univers kaléidoscopique qui évoque, d’une voix ‘tomwaitsienne’ en filigrane, le monde magique de Mercury Rev et Bernard Herrmann (musiques de films Hitchcock). Fiction ingénieusement drapée d’une mise en scène orchestrée par Bubble Duchesse (Eve Martin) et d’une scénographie réalisée par Catherine Cosme et Gaspard Berlier. Vidéos (Eve Martin et Nico Bueno) qui prêtent un supplément d’âme aux symphonies ‘dictaphoniennes’. Spectacle sonore et visuel qui image le décor ‘rockocos’ d’une animation 50’s d’une synchronisation digne d’un d’horloger suisse. Attention aux oreilles et aux yeux car le résultat est surprenant !

Entre rêve et réalité le quatuor liégeois tourne les pages de la vie captivante du musicien californien avec un talent narratif digne de Tom Waits. Une expression surréaliste à ne surtout pas rater dans les bacs dès la mi-mars.

Concert-Spectacle à découvrir impérativement le 07 mai 2010 à la Caserne Fonck (Liège) et le 08 mai 2010 au Cirque Royal (Bruxelles) dans le cadre des Nuits du Botanique.              

 

Tannhauser

Löven

Écrit par

Piste 1 : « Night Shop »… intronisation dream-pop immédiate qui se pose sur les nuages vaporeux de l’univers ‘cocteautwinesque’. Fondé en 2007, le jeune quatuor louvaniste nous rappelle sans détour que les mouvements dream-pop et shoegazing brillent actuellement de mille feux. ‘Soukazing’ ingénieusement ordonné autour de Slowdive, My Bloody Valentine, Cocteau Twins et Ride.

Sur ce premier elpee autoproduit, « Tannhauser » (NDR : pseudonyme emprunté au célèbre opéra de Richard Wagner) ne verse nullement dans la créativité artistique mais use plutôt de la richesse de ses influences hermétiques pour bricoler astucieusement un opéra noisy-pop. Empire céleste voûté de guitares fuzz et de synthés rêveurs destiné principalement aux amateurs du genre.     

Du tracklisting, on épinglera tout particulièrement l’onirique, mais également bucolique « A Little Blood » (NDR : un hommage à My Bloody Valentine ?)

Bref, en 10 titres pour 41 minutes, Tannhausser semble avoir trouvé un refuge cotonneux au cœur des antres de la noisy-pop.

Cette nouvelle formation flamande, dont les noms des musiciens méritent un arrêt sur image (NDR : Erick de Deyn –c’est le seul garçon du line up– au chant et à la guitare, Ine Vlassaks aux drums et à la clarinette, Karlien Vermeiren au chant et au synthé ainsi que et Joke Duponcheel à la basse), devrait certainement et très prochainement fouler les  planches des salles de notre plat-pays. A suivre de très près…

The Swell Season

Soldiers Of Love

Écrit par

En 2008 paraissait « Once », un petit film musical irlandais, sans prétention. Ce Dvd mettait en scène Glen Hansard, leader de The Frames, et une certaine Markéta Irglovà. En tant que mélomane et fan des Frames, impossible de passer à côté. Une petite location et 1h20 plus tard, c’est le coup de foudre. Le lendemain, je décidais donc d’acquérir non seulement le Dvd mais également le splendide disque éponyme du duo qui finira par tourner en boucle dans la platine. Parce que The Swell Season n’est pas un groupe que l’on apprécie vulgairement mais une formation dont on tombe amoureux, inconditionnellement. Et le concert accordé au sein d’une AB, dans sa configuration Flex (semi-assis), comble et comblée n’a fait qu’accentuer ce sentiment !

Josh Ritter a manifestement un penchant pour les Irlandais. Pour son premier passage en Belgique, il était soutenu par Damien Rice. C’était en 2004. Six ans plus tard, le troubadour nous offre un set du même acabit, un sourire figé sur le visage. Seul avec sa guitare, Ritter parcourt le meilleur de sa discographie qui compte quatre enregistrements studios presque impeccables. Il est content d’être là, le bougre. Et le public l’écoute. Religieusement. Après un court récital de 30 minutes, il se retire, promettant de revenir au printemps. Le rendez-vous est pris !

The Swell Season ne fait pas attendre son public. Seulement un quart d’heure plus tard, Glen Hansard débarque sur scène salue le parterre et entame un « Say It To Me Now » en solo avant d’être rejoint au micro par Makéta Irglovà pour « All The Way Down ». Le ton est donné. Ce soir on va frissonner. Glen, particulièrement bavard et amusant, présente ensuite ses amis de The Frames, invités à monter sur le podium pour la suite des festivités. Elles démarrent par le décontractant « Low Rising ». Les extraits du récent « Strict Joy » vont joliment se mêler à ceux de l’éponyme. La formation fait vibrer l’AB à plusieurs reprises. Et notamment lorsque Hansard interprète un « Leave » intense, au point de donner la chair de poule. Carrément !

The Swell Season est un collectif et le démontre en cédant l’avant-scène d’abord à Rob Bochnik (guitare). Ce dernier réinterprète magistralement le « Little Arithmetics » de dEUS. Puis à Colm Mac Con Iomair (violon). Il présente un extrait de « The Hare’s Corner », son recueil de musiques traditionnelles irlandaises. Retour ensuite à la prestation de la troupe qui enchaîne par « The Rain », « The Moon », « Back Broke », « Fantasy Man » et encore « When Your Mind’s Made Up », avant de se retirer sous une ovation bien méritée.

Le rappel sera l’occasion pour le combo de présenter d’autres morceaux de « Strict Joy » et surtout, le splendide et ‘oscarisé’ « Falling Slowly ». Josh Ritter rejoint ses amis le temps d’un « Come And Find Me », extrait de son « Golden Age Of Radio ». Après 2 somptueuses heures, Glen, Markéta et les autres membres de The Swell Season se retirent une dernière fois, laissant derrière eux un public entièrement conquis à leur cause. On en redemande !

Organisation : Ancienne Belgique

Nutrition

Eye Of The Anunnaki (Ep)

Écrit par

Du Métal Pour Pas Un Balle…

Musiczine a décidé de vous aider à faire des économies en ces temps de crise.

‘Du métal pour pas un balle’ est une nouvelle rubrique destinée à vous faire découvrir des albums de heavy métal de qualité ainsi que des démos mis à disposition en téléchargement gratuit et tout à fait légal par les artistes eux-mêmes sur leurs sites internet.

Cette rubrique nous emmène souvent dans des pays lointains et exotiques. Pour la circonstance, c’est carrément vers une autre planète que nous nous dirigeons. Jeremy Mauney et Roland La Goy ne sont pas de ce monde. Le vaisseau mère a dû les oublier sur notre terre et en attendant son retour, ils sont très énervés. Pour calmer leur nervosité, ils ont décidé de jouer de la musique. Quoi de plus relaxant que le black métal ?

En 2009, Jeremy Mauney, ex-vocaliste du combo death métal japonais Detrium est de retour dans son Amérique natale. Souhaitant créer une musique alliant ses passions pour la science-fiction et le black métal, il s’associe à Roland La Goy, compositeur de bandes sonores de jeux vidéo et membre unique du projet black métal Inlaid Rust. C’est sous le nom plutôt étrange de Nutrition qu’ils enregistrent en 2009 un premier Ep intitulé « Hyperdimensional Awakening ».  Ce premier effort est suivi début 2010 par « Eye Of The Anunnaki », un second Ep trois titres beaucoup plus abouti où le style assez particulier du groupe se dessine peu à peu. Imaginez un black métal ultra rapide et violent aux vocaux râpeux comme du papier de verre, combiné à des effets de synthétiseurs futuristes. Tout au long d’« Eye Of The Anunnaki », Nutrition se pose en véritable Hawkwind de l’extrême et mène le black métal vers une autre dimension.

« Eye Of The Anunnaki », tout comme le premier Ep « Hyperdimensional Awakening », est disponible en téléchargement gratuit au format mp3/256kbps (NDR : artwork compris), sur la page MySpace du groupe (http://www.myspace.com/nutrition)

Que la force soit avec vous !

Alors, elle n’est pas belle la vie en temps de crise ? Merci Nutrition !

Various Artists

Belga Queen - His Mistress’ Voice

Écrit par

A l’heure où certains représentants de notre belle patrie dévalent les pistes de ski canadiennes en quête d’une hypothétique médaille (NDR : n’importe laquelle, nous ne sommes pas difficiles), d’autres préfèrent arpenter tout schuss, les couloirs d’un des restaurants ‘Belga Queen’. Et on les comprend. Véritable fleuron belge de nos soirées et de nos nuits, le Belga Queen met toujours les petits plats dans les grands pour mettre en exergue notre patrimoine national. Belges et fiers de l’être, les patrons font tout ce qui est en leur pouvoir pour l’afficher de manière noble et fluctuante. Si ces restaurants comblent déjà nos papilles gustatives ; ils ont aussi décidé de nous en mettre plein le conduit auditif.

Adoptant un même concept, 100% pur belge, « His Mistress’ Voice » réunit 14 titres que les DJ Joaquin Baixa et Patrick Balzat viennent déverser lors des soirées programmées dans ces  établissements. Un peu à l’instar de Claude Challe et son Buddha Bar pour l’Hexagone, dans le fond. On est donc en présence d’une compile au cours desquelles deux Djs nous arrosent de leurs beats trendy et lounge, aussi malicieusement qu’altièrement. D’Alice de Selys à Bai Kamara Jr., en passant par Natacha Atlas et Hooverphonic, les morceaux s’enchaînent pour ne former qu’un coussin moelleux et accueillant. Idéale décoration sonore pour vos soirées cosy à la maison, « His Mistress’ Voice » peut se targuer d’inoculer une bonne dose de chill-out et de zen attitude lors de son écoute. Un conseil quand même : éviter de vous farcir ce type de disque lors de longs trajets en voiture ; vous finiriez par vous endormir…

Vampire Weekend

Contra

Écrit par

Dans les méandres ‘hype’ du milieu culturel musical, fustiger ce qui est adulé est souvent comparé à du nihilisme, voire même du snobisme. Aussi, pour pouvoir faire passer son message, il est souvent nécessaire de devoir faire face à la vox populi. Ne pas tarir d’éloges Vampire Weekend c’est comme lâcher une flatulence au restaurant et subir ce long moment de solitude, quand tous les clients n’ont d’yeux que pour vous.

Si le premier album des New-Yorkais était parvenu à annihiler toute réserve, leur nouvel elpee ne jouit plus du même crédit. Evidemment, l’album est excellent. Evidemment, il est une source de convivialité et libère une énergie positive communicative. Evidemment, il n’y a pas grand-chose à redire. Mais à dire non plus, dans le fond. Tout est parfaitement millimétré. Tout est bien en place. Pas la moindre trace de désordre, ni même d’une difficulté à mettre en boîte le moindre morceau. Pas de dérapage, de folie, ni de prise de risque. « Contra » est tout simplement, surprenant de facilité. Aseptisé, même. Une bonne dose de rythmiques africanisées, parfumée par quelques zestes de fruits caribéens. Un subtil mélange entre pop et électro. Une voix chargée de quiétude, mais aussi de juste ce qu’il faut comme émotion. D’excellents ingrédients qui devraient permettre à cet opus de cartonner sur les radios FM. « ‘C’est beau, mais on dirait du Paul Simon, mauvaise période’ me disait mon ami Enzo après avoir écouté ce disque. C’est que ce n’est pas un con mon ami. Il a du flair et de l’oreille. Et puis surtout il partage mon avis. Nous sommes ainsi déjà deux à émettre le même avis. Les candidatures sont ouvertes si vous souhaitez rejoindre notre groupe. Alors ne craignez plus de ramer à contre-courant de l’opinion générale. Et battez-vous… camarades !!!

 

Yakity Yak

Born in the country

Écrit par

De son véritable nom William Smith, Yakity Yak est originaire de Lansing, dans le Michigan. Etabli aujourd’hui à Detroit, ce chanteur/harmoniciste de couleur noire relève du label local, No Cover. Pour enregistrer cet elpee, il a bénéficié de la collaboration du Mike Espy Band, une formation au sein duquel milite inévitablement Mike, le leader et guitariste (NDR : il est également prof de math !), le guitariste rythmique Chris Hillabrad et le drummer John Barrera. Espy est issu de Kalamazoo mais a fait ses gammes à Memphis! Yak et Espy jouent ensemble depuis 1995. Hormis le "Sadie" de Hound Dog Taylor et le "Sundown" de Charlie Musselwhite, tout le répertoire est signé par le tandem. Mike Boulan, boss de No Cover et actuellement président de la Detroit Blues Society, s’est chargé de la production et du mixing. Il faut dire que c’est sa victoire au Detroit Blues Challenge, décrochée en 2006, qui a permis à Yakity Yak d'enregistrer cet album. Depuis, le Mike Espy Band a publié un cd instrumental baptisé "Son to father".

L'ouverture nous plonge dans le Delta du Mississippi. Les rythmes sont primaires, les percussions lourdes. La technique à l’harmonica est rudimentaire. La slide dispense un son immédiat. Légèrement éraillée, la voix de Yak est très présente. Et le tout est imprimé sur un tempo digne de Howlin' Wolf. Une excellente entrée en matière! Simple mais efficace, "Texas blues" est très proche du "Jesus left Chicago" de ZZ Top, un des meilleurs blues concocté par le trio de Houston. La section rythmique ne fait certainement pas dans la dentelle, mais Espy se révèle bon gratteur pour la circonstance. Une formule qui se poursuit tout au long de "Do you still love me?" Les compositions de Yak sont très souvent pompées sur des thèmes traditionnels notoires. A l’instar de l’hypnotique "Back to the Crossroads", au cours duquel la guitare bien amplifiée se montre aventureuse. Un climat qui se prolonge lors de "Lonesome road" ; et en devient presque envoûtant. La reprise du "Sadie" de Hound Dog Taylor a été préparée, sans surprise, à la sauce Yakity. Ballade blues, "Drunken all day " est manifestement une compo  autobiographique. Un morceau fort bien ficelé, au cours duquel les petits accès d'harmo répondent au chant. Le répertoire trahit une certaine uniformité, et ne recèle guère de surprises. "Trouble" constitue le long blues lent de circonstance. Mike souligne parfaitement de ses cordes le timbre tour à tour puissant, dramatique ou intimiste de Yak. Une slide élégante parcourt "Love my woman", un morceau fort entraînant. Notre vieux bluesman a des planches. Et les deux versions ‘live’ de "Drunk all day" et "Born in the country", proposées en duo avec Mike Epsy, en sont la plus belle illustration…

 

A consommer de préférence

Doré à point

Écrit par

Extraits d’une conversation imaginaire sur une musique imaginaire :

- Surprenante, votre galette intitulée « Doré à point ». Quel est son contenu ?

- Beaucoup d’ingrédients ! Tout d’abord, du jazz ! Un mélange de violon, piano, saxophone, rehaussé de guitare, d’un peu d’accordéon et de percussions. Quelques gouttes de ska et des miettes de berceuses, du pipeau, trois grelots.

- Oui, ceci m’a rappelé les sablés Eric Satie de ma grand-mère, mais aussi, étrangement, le ska de mes copains Caravan Palace, le jazz manouche, et les ogres de Barback. Il y a des cris d’oiseaux aussi, des cris humains je crois, et je perçois un zeste de musique balkanique. Attendez, je goûte à nouveau, car tout se mélange un peu.

- Oui, je dois vous avouer que… la recette est un peu improvisée ! De très bons champignons poussent dans la région et, on dit qu’ils donnent de l’inspiration ! Huhuhuhu !

- Personnellement, j’estime qu’il y a parfois trop de saveurs pour mon palais. Le troisième morceau auquel j’ai goûté, « Sortilège », était délicieux, très sapide ! Mais ce ‘happy end’ en mode majeur m’a laissé une impression trop suave sur la langue.

- Oui, nous appelons cette mixture de la ‘musique positive orchestrée’ et nous tenons à garder une note joyeuse.

- C’est regrettable, je trouve. Le sucré, à la longue, est écœurant. De manière générale, c’est plutôt léger et frais mais quelques morceaux sont un peu difficiles à avaler. Et quels contrastes au sein d’une même bouchée ! Parfois, c’en est trop, et ça devient visqueux comme ces champignons dont vous me parliez à l’instant. Mais je dois bien saluer l’inventivité et l’audace dont vous faites preuve, parce qu’aujourd’hui à part les hamburgers, des tranches de mou dans du pain mou, on ne trouve pas grand-chose à se mettre sous la dent. J’ai vraiment apprécié la « Petite valse macabre ». En fait, ce que vous faites, c’est réinventer des recettes traditionnelles, n’est-ce pas ? Une sorte de musique folklorique imaginaire.

- Si vous regardez bien sur la boîte, il est écrit ‘modern folk’.

- Effectivement. (Elle est vraiment vilaine, cette boîte.) Vous permettez que j’en reprenne un peu ? … C’est vraiment déroutant, toutes ces dissonances, je n’ai pas l’habitude. Et pourtant elles me rappellent constamment quelques saveurs déjà testées. Ici je crois reconnaître une note boisée ; mais non, c’est plus épicé, ce n’est pas ça. Dites, je peux emporter un dogy-bag ?

 

Admiral Freebee

The Honey & The Knife

Écrit par

En 2003, Admiral Freebee publiait un premier opus. Remarquable, il était éponyme. Progressivement, il s’était peu à peu éloigné des eaux turbulentes de son style originel, pour embrasser un profil davantage ‘mainstream’. Et les deux elpees suivants corroboraient cette situation. Curieusement, cette métamorphose l’a rendu moins populaire. Pas étonnant qu’il ait dès lors voulu en revenir aux sources. « The Honey & The Knife » en est une parfaite illustration. Et selon ses déclarations, il a retrouvé la liberté de ton et d’improvisation. En outre, la production a été confiée à Jo Franken, responsable de la mise en forme du premier long playing.

Cette autonomie, s’exprime parfaitement sur les deux premiers extraits de l’album : « Blues From A Hypochondriac (Always Hoping For The Worst) » et « My Hippie Ain’t Hip ». Deux plages formidables, très électriques, sauvages et totalement débridées. Deux compos qui donnent vraiment l’envie de les (re)découvrir sur scène. Dommage que cet esprit ne hante pas l’intégralité de « The Honey & The Knife ». Mais une chose est sûre, Tom Van Laere était particulièrement inspiré quand il a composé ces deux titres. Passé l’orage, le reste du tracklisting s’avère plus calme, mais néanmoins de bonne facture. La voix du vieux loup de mer est toujours aussi expressive et peut même se révéler bouleversante. Une émotion particulièrement palpable sur « Look At What Love Has Done ». Certains titres sont enrichis tantôt d’un harmonica, d’accords de piano, d’arrangements de cordes ou encore de chœurs féminins, rendant l’ensemble plus éclectique. On a même droit à une chanson dansante : « Always On The Run ». Un morceau fluidifié par des claviers ‘vintage’, alors que Tom emprunte des intonations vocales ‘rollingstoniennes’. Et le tout est contaminé par l’humour du grand gaillard. Faut dire que l’Anversois ne se prend pas la tête ; mais prend le soin de ne pas confondre bonne humeur communicative et facilité.

Retour gagnant pour cet artiste attachant. Enfin, c’est tout ce qu’on lui souhaite. L’amiral semble en pleine forme et pour défendre son « The Honey & The Knife » il a décidé de voguer de salle en salle, à travers la Belgique, pour notre plus grand plaisir ! Il se produira d’ailleurs en concert le 4 avril à l’AB de Bruxelles…

Johnnie Bassett

The gentleman is back

Écrit par

Johnnie Bassett est un vétéran du blues. Et vit depuis bien longtemps dans sa bonne Motor City de Detroit. Aujourd’hui âgé de 75 balais, il est originaire de Marianna, en Floride. Ce qui explique pourquoi il a eu le bonheur de voir et entendre Tampa Red et Big Boy Crudup. Ce remarquable chanteur et guitariste a le plus souvent cherché son inspiration dans les œuvres de ses contemporains ; et notamment T Bone Walker, Albert et surtout BB King. Lorsqu'il s’établit à Detroit dans les fifties, il rejoint la formation de Joe Weaver & the Blue Notes. En  1992, il a monté son groupe, les Blues Insurgents en compagnie desquels, il a sorti quelques albums de bonne facture. On ne compte plus ses tournées opérées aux States et en Europe. Mais son dernier elpee remonte à plus de dix années. Sur la pochette, l’artiste pose vêtu d’un smoking, chaussé de pompes blanches, approchant fièrement de sa vieille Cadillac blanche ; manifestement, the gentleman is back!

Ce nouvel opus s'ouvre dans une ambiance plutôt relax. L’aspect mélodique y est privilégié. Un peu comme sur les elpees de BB King. Johnny chante "A woman's got ways" d'une voix remarquable, taillée pour chanter le blues. Il concède quelques notes concises de sa gratte, un peu come BB, sur Lucille. Curieux ! Mais quelle leçon d'efficacité ! Imprimé sur un tempo bien enlevé, "Keep your hands off my babe" baigne davantage dans le west coast swing. Assurés par les Motor City Horns, les cuivres sont bien présents ; d’ailleurs la trompette et le saxophone ténor parviennent même à s’extraire triomphalement de la mêlée. Bassett chante "Nice guys finish last" d’un timbre nasillard, un superbe blues qui transpire le vécu. Le piano soutient parfaitement le tempo. La guitare du maître ondule sur la solution sonore avant de s’en extraire avec délectation. Tout est parfaitement en place. Il est vrai que nous sommes en présence de vieux routiniers du style. "Georgia" est une compo popularisée par Ray Charles. Cette nouvelle version est très respectueuse de celle du génie. Le rythme reprend ses droits pour "You real gutchiegummie" et surtout "Feeling lucky", caractérisé par une sortie de cordes particulièrement élégante. Tous les instrumentistes remplissent leur rôle à merveille. Que ce soit Skeeto Valdez aux drums, James Simonson à la basse, Chris Codish aux claviers ou encore Keith Kaminski aux différents saxophones. En outre, la cohésion manifestée par toutes ces différentes composantes est remarquable. Une homogénéité parfaitement illustrée tout au long du superbe "I'm lost". Dans ces conditions, Johnny n’éprouve guère de difficulté à tirer son épingle du jeu. Son jeu subtil et fluide s’adapte parfaitement aussi bien au cœur d'une section de cuivres que sous une forme dépouillée. Soutenu par la steel guitar de James Morris, il chante d’une voix indolente "I can't see what I saw in you", dans un style sis à mi-chemin entre le Memphis blues et le country de Nashville. Une compo déconcertante d’efficacité ! "I love the way you look" vire au jazz et au swing et laisse à nouveau voix au chapitre aux cuivres et à l'orgue Hammond. "My old flame" clôt l’elpee. Un long blues lent bouleversant. Voix, cordes, piano et cuivres s’y conjuguent à la perfection.

En concoctant cet elpee, Johnnie Bassett vient de frapper très fort. Et pour cause « The gentleman is back » est un opus remarquable ! Néanmoins, il faut aussi tenir compte du rôle joué par Chris Codish qui non seulement se charge des parties d’orgue, mais également a assuré la production et coécrit la plupart du répertoire.

 

BASta !

Cycles

Écrit par

Quelle bonne surprise ! Cette galette a été pressée par le label Homerecords pour le projet solo de Joris Vanvinckenroye ! La musique de BASta! évoque à la fois le répertoire classique de Jordi Savall et les sons électro de Air, ainsi que la musique du film « Himalaya, l’enfance d’un chef ».

Joris a étudié le violoncelle au conservatoire royal d’Anvers, puis il s’est fait la main et l’oreille aux côtés d’artistes tels que Sandy Dillon, Björk, Satisho Takeishi, Toon Fret, Jan Marmenout, Robby Lakatos, en compagnie desquels il a participé à divers projets. Fondateur et compositeur du groupe Troissoeur, puis de l’autre formation (toujours active) Aranis, il participe aussi à des projets théâtraux. On l’aura compris, le bonhomme a eu l’occasion de se faire l’archet au gré de moult expériences.

S’il n’a que quatre cordes à sa contrebasse, il a plus d’un tour dans sa poche et surtout, une loop station qui lui permet de superposer les couches et d’avoir, pour ce projet solo, l’étoffe d’un orchestre de contrebasses !

« Cycles » est un album solo atypique. Les rythmes répétitifs sont posés sur des basses qui parfois trompent l’oreille et se prennent pour des sons électroniques. John Cage ne doit pas être bien loin, Joris pince, tape, frotte, secoue sa contrebasse et en sort des sons inattendus. L’instrument grince ou chante, c’est selon.

Dans un genre indéfinissable, mais à qui le terme ‘rock de chambre’ sied plutôt bien, BASta! est un projet expérimental et novateur, bien qu’on puisse évoquer les Velvet Underground et Brian Eno, entre (de trop nombreux) autres. On pourrait citer également le joueur d’oud Anouar Brahem pour l’aspect cyclique, la douceur et la sensualité des mélodies. La musique, harmonieuse, consistante et chargée de suspense, revêt aussi une dimension méditative, quasi-métaphysique. Joris joue seul dans un orchestre imaginaire et dès lors, très personnel. Basta ? Mais non, on en veut encore!

Biffy Clyro

Only Revolutions

Écrit par

Fort du succès de l’exemplaire « Puzzle », publié en 2007, Biffy Clyro continue son bonhomme de chemin en publiant une nouvelle galette regorgeant de riffs efficaces. Comme d’habitude. Le trio écossais, enfin reconnu à sa valeur, propose un cinquième labeur certes moins classieux et percutant que le précédent mais toujours aussi efficace. « Only Revolutions » est, en quelque sorte, le compromis idéal entre le Biffy Clyro des premières heures et celui qui s’est réinventé trois ans auparavant. Les arpèges rutilants de « That Golden Rule » et les harmonies de « Many Of Horror » évoquent donc « Puzzle », tandis que les offensifs « Cloud Of Stink », « Booooom, Blast & Ruin » et « Shock Shock » dépoussièrent « Blackened Sky » et « The Vertigo Of Bliss ».

Plus que jamais, Biffy Clyro est plébiscité par la presse outre-Manche, comme un NME qui n’hésite pas à les présenter comme le meilleur groupe rock de Grande-Bretagne (NDR : comme beaucoup d’autres, me direz-vous). Josh Homme approuve en déployant son savoir-faire ‘guitaristique’ en climax du morceau « Bubbles », single à paraître en avril. En huit ans, Simon Neil et les frangins Johnston ont grimpé pas mal d’échelons de la scène rock et, même si les plus hautes sphères leur sont encore inaccessibles, ils persévèrent encore et toujours, infatigablement. Ce qui vaut bien tout le respect que le trio mérite.

 

Doug Deming

Falling through the cracks

Écrit par

Doug Deming est un guitariste particulièrement talentueux. Il a même la grande classe. Il réside à Detroit, et a fondé son groupe en 1991. A l’époque il répondait au patronyme de The Blue Suit Band. Il puise ses principales influences chez ses anciens maîtres : T-Bone Walker et Charlie Christian ; et parmi les plus contemporains, Jimmie Vaughan et Ronnie Earl. Au fil du temps, la formation a changé de patronyme et s’est rebaptisée The Jewel Tones. Ce backing band a accompagné de nombreux grands noms du blues en tournée ; et notamment Louisiana  Red, A.C Reed, Lazy Lester, Johnny ‘Yard Dog’ Jones, Alberta Adams ou encore Johnny Dyer. Cet ensemble a publié son premier long playing en 2002. Produit par Rick Holmstrom, "Double down" était paru sur le même label, Mighty Tiger. Harmoniciste notoire, Greg Fingers Taylor avait d’ailleurs participé aux sessions d’enregistrement d’"Hi-Fi baby", le second elpee gravé l’année suivante. Mais également Doug Deming. Une œuvre qui avait été mise en forme par Kim Wilson.

Pour concocter "Falling through the cracks", Doug est épaulé par sa section rythmique, c’est à dire Bob Conner à la basse et Julian Van Slyke à la batterie. En outre, il a bénéficié du concours de quelques invités de marque, dont Kim Wilson, le redoutable harmoniciste Dennis Gruenling et le claviériste Bill Heid, un concitoyen qui s'est souvent illustré auprès de Johnny Bassett, un illustre bluesman issu de la Cité de l'automobile.

L'album s'ouvre dans le rythme. La voix de Doug est légère mais affirmée. L'harmonica du jeune et talentueux Dennis Gruenling talonne chacune de ses phrases avant de prendre le premier billet de sortie et de se lancer dans un envol long, mais de tout haut niveau. Excellent ! Doug prend le relais. Son solo bien cadencé surprend par son originalité. Un début très prometteur! Un autre souffleur introduit "Don't worry me (Part 1). Un certain Dave Morris. Cet ex- Big Dave and the Ultrasonics manifeste beaucoup de vitalité dans son jeu. Sa vitesse d'exécution est sans faille. Et il reproduit ce type d’intervention sur "Put it down", une compo directement issue des bayous! La formule trio classique attaque "Falling through the cracks" sur un riff rendu jadis célèbre par Magic Sam, au cœur du Chicago Westside. Et lors de cet exercice de style, Mr Deming nous donne une subtile leçon d'efficacité. A l’instar d’une plage hyper speedée, signée Jimmy Reed, "Momma didn't raise no fool" accueille un troisième souffleur : le grand Kim Wilson ; prouvant ainsi qu’il ne craint pas d'affronter ses jeunes rivaux. Changement de style pour "You changed" (NDR : évidemment !) Du R&B classieux balisé par l’orgue Hammond du maître claviériste de Detroit, Bill Heid. Doug affronte le swing, face à une section de cuivres sur "It was the wine", en s’accompagnant d’une guitare écorchée réminiscente du meilleur de Jimmie Vaughan. Mais ce n’est pas vraiment une surprise. Des cuivres toujours bien présents lors de l’indolent, très fin de soirée "Every night when I get home" ainsi que "No sense" dont le style swing jazz cabaret est entretenu par le piano de Bill Heid. Deming est aussi très susceptible de s’immiscer dans l’univers roots. A l’instar d’"Only time will tell", compo qu’il chante à la perfection. Plus Chicago blues, "I can't believe my eyes" met en exergue Kim Wilson, qui se sent T Birds comme à la grande époque. Doug et Kim reprennent "Don't worry me (Part 2)" en duo. Dennis Gruenlong refait surface lors de l'instrumental offensif "East side hop" ainsi que tout au long de "Whisper", une savoureuse plage saturée de swing. Et cette fête s’achève par "Heiding out!", un autre instrumental hydraté par l’orgue de Heid, dans un registre Memphis R&B ou si vous préférez très Booker T & the MGs. Un album 5 étoiles !

Elva Snow

Elva Snow

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L’idylle de Spencer Cobrin, ancien musicien de Morrissey et du songwriter Scott Matthew n’aura pas fait long feu. Formé en 1999, le duo publie un Ep et un seul recueil avant de rendre les armes en 2005. Depuis, Matthew a fait son bonhomme de chemin, entre composition de musiques de films et autres projets musicaux. Cinq ans après avoir mis un terme à l’aventure, Matthew et Cobrin ressassent le passé. Elva Snow renaît de ses cendres. Une résurrection que l’on doit au succès grandissant de Scott Matthew, responsable de deux excellents disques solo (« Scott Matthew » en 2008, « There Is An Ocean That Divides… » en 2009). L’éponyme retrouve le chemin des bacs pour le plus grand plaisir des fans du barbu.

« Elva Snow » dévoile le côté brut de l’animal. Ceux qui recherchent l’intensité et/ou la théâtralité des travaux personnels de Scott Matthew seront probablement déçus tant cette œuvre diffère de ces derniers. Les premiers écrits du duo sont résolument pop-rock, à commencer par l’irrésistible morceau d’ouverture, « Pavement Kisses ». Bien qu’elle soit moins mise en valeur que de coutume, la voix de Matthew demeure divinement envoûtante et ‘bowie-esque’. En bonus, deux nouvelles compositions, le léger « Last Drink » et le plus introspectif « Hollywood Ending » viennent agrémenter cette réédition. « Elva Snow » est la preuve par 10 que Scott Matthew n’est pas complètement dépressif. Un vrai régal !

 

Field Music

Field Music (Measure)

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Vingt morceaux qui s’étalent sur plus de 70 minutes ! Pas très motivant. Surtout pour un adepte des albums concis, directs et sans fioritures. D’ailleurs, après une première écoute, on se demande quand même s’il existe une quelconque ligne de conduite. Et pour cause, on a parfois l’impression que l’éclectisme est poussé à son paroxysme. Une seconde audition s’impose avant de commencer à cerner les desseins titanesques des frères Brewis…

Mais avant d’aborder l’analyse du troisième essai de cette formation insulaire, il me semble indispensable de se pencher sur leur biographie. Field Music est une formation issue de Sunderland. A la barre : les frangins David et Peter Brewis (NDR : ce dernier s’est, à une certaine époque, chargé des fûts au sein de Futureheads) ; mais également le claviériste Andrew Moore. Un noyau dur régulièrement soutenu par des membres de Maxïmo Park et des Futureheads. « Field Music (Measure) » constitue donc le troisième méfait des Anglais. Il fait suite à un éponyme et « Tones of Town », deux long playings publiés respectivement en 2006 et 2007. A l’issue de la sortie de ce dernier elpee, des rumeurs de split ont commencé à circuler. En fait, le band voulait s’accorder une pause. Elle a duré trois ans. Une période au cours de laquelle David (School Of Language) et Peter (The Week That Was) vont développer des projets personnels. 

Partagée en deux volumes, cette œuvre est particulièrement copieuse. A cause du nombre de plages, mais également du foisonnement d’idées véhiculées au sein d’une même chanson. Et pas seulement à cause des claquements de main, de la basse caoutchouteuse, des soli inattendus et des boucles folles. Les influences sont multiples et les déceler s’apparente à un exercice de style à la fois enrichissant et ludique. Perso, j’y ai recensé des traces de Led Zeppelin, Prince, Fleetwood Mac, les Beatles, David Bowie, Roxy Music, King Crimson, Talk Talk ; mais la liste est loin d’être exhaustive. Cependant, la référence contemporaine la plus pertinente me semble revenir aux maîtres de la pop californienne, Pinback. Déstructurées, opulentes et recherchées, les compos souffrent quand même d’une carence en originalité. Un constat, avouons-le, quand même paradoxal ! Hormis le contagieux « Them That Do Nothing » et le délirant « The Rest Is Noise », aucun autre titre ne sort vraiment du lot. Manifestement, Field Music a monté un projet particulièrement ambitieux. Un peu trop peut-être. A la limite de la prog. Ce qui explique pourquoi les 8 autres plages ne parviennent jamais à s’extraire du lot.

Field Music aurait peut-être intérêt à en revenir à une formule plus simple, plus basique. Mais il est à craindre que ce soit au détriment de la créativité. Simplifier sans pour autant brider l’inspiration. Un fameux challenge…

 

Galactic

Ya-ka-may

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Si le label Epitaph plaçait sur orbite, il y a pratiquement un an jour pour jour, le « The Spirit Of Apollo » du groupe N.A.S.A, sa petite sœur Anti réitère l’exploration spatiale en 2010, en nous expédiant dans le cosmos pour visiter les nébuleuses du « Ya-ka-may » de Galactic. Mazette, quelle expédition !

Galactic est né en 1993. A la Nouvelles-Orléans. Et depuis sa fondation, il nous incite à balancer les bras d’avant en arrière, sur des rythmes consensuels. Pour satisfaire tout le monde, le combo puise dans tout ce que Louisiane recèle comme influences musicales. Du jazz à la soul, en passant par le funk, le blues, le hip hop bien ‘trendy’, et le rythm n’ blues enfumé. Rien n’est épargné ! Dès que tous ces éléments musicaux entrent en fusion, une voix adéquate s’impose. Ici encore, grâce à un bon dosage dans le métissage, le résultat est excellent. En bénéficiant de featurings comme Big Freedia, Irma Thomas, Allen Toussaint, Big Chief Bo Dollis ou encore The Rebirth Brass Band, l’opus navigue aux confins d’une voie lactée, que peu d’aventuriers sont parvenus à approcher. Pourtant, on ne peut pas dire que ce « Ya-ka-may » innove. Nous plonge dans l’inconnu. Mais le cocktail de styles est tellement réussi et se révèle tellement complexe, qu’on ne peut que s’incliner face à tel projet. Il n’est pourtant pas rare de se retrouver en terrain connu ; alors qu’il est impossible de s’y être un jour aventuré. Un peu comme lorsqu’on a l’impression de vivre un moment, déjà vécu… « Ya-ka-may » c’est le bouillon de légumes qui réchauffe, la couverture qui rassure, la gaufre qui rassasie, la louche de miel ajoutée au lait chaud. Un moment de bien être à consommer par grosses doses.

 

Hallo Kosmo

Kazablanka

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A l’origine, Hallo Kosmo est le projet solo de Daniel Offerman, le bassiste de Girls In Hawaii. Fondé il y a deux ans, ce divertissement parallèle est entre-temps devenu un projet électro-rock. Un projet nourrissant certaines ambitions depuis l’arrivée de Denis Wielemans (batteur de Girls In Hawaii), de François Gustin (ex-Tellers) et de Fabrice Detry (Austin Lace). Un ‘supergroupe’ issu de la scène belge (wallonne même…) en quelque sorte. Question : la solution sonore concoctée par ce jeune quartet mérite-t-elle un super-engouement ?

A l’instar de sa pochette colorée, les compos d’Hallo Kosmo baignent dans une pop rafraîchissante, ‘flashy’ tout en demeurant légère. Quelques morceaux se détachent néanmoins du lot. Tout d’abord, « Ain’t a Thing », chanson minimaliste enrichie de chœurs. « Every Line », également. Plus contemporaine, mais menée tambour battant. Les plages sont criblées de références. Oscillant de Gorillaz (l’ouverture d’esprit) à Phoenix (le profil mélodique et classieux), en passant par les Strokes (la mélancolie nonchalante de la voix). « Money People » et « Drums & Bass » lorgnent même carrément vers Beck. A cause de ces accès judicieux, décalés mais aventureux dans le hip-hop. Dan Lacksman, a participé à la mise en forme de certaines plages de « Kasablanka ». La patte de l’ex-Telex, en son temps formation reine de l’électro made in Belgium, est d’ailleurs immédiatement identifiable. Notamment sur le single ultra-efficace « Rockpolizei » (NDR : ce vocodeur !) ainsi que sur le morceau caché interprété dans la langue de Molière. Mais je réserverai mon coup de cœur à « Old Friend », une très belle mais hilarante ballade, qui clôt le cd, et à laquelle leur amie An Pirelé, est venue apporter son concours au piano.

Bref, sans être exceptionnel, cette œuvre regorge de bonnes idées et libère une fameuse dose de bonne humeur. Une petite ode hédoniste dont le monde du rock belge nous avait très peu habitué. Hallo Kosmo ? Ici Kazablanka !

En Concert :

01/04 au Vooruit à Gand
07/05 au Inc’Roc à Incourt
11/05 aux Nuits Botaniques à Bruxelles
20/06 aux Fêtes de la Musique à St-Gilles (Bruxelles)
26/06 au Musik Marathon à Eupen

Katherine Jenkins

Believe

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Septième album déjà pour Katherine Jenkins qui compte à peine 29 printemps. Quelle productivité, quel don de soi ! Ouais, le problème c’est qu’elle aurait mieux fait de tout garder pour elle et de se contenter d’apparaître (comme elle le fait si bien) sur de jolies photos. Là, je lui aurais accordé toute l’attention qu’elle mérite ! (NDR : mais oui, je suis gentil)

Bon ben pour faire vite alors, cette belle plante blonde, née au Pays de Galles en 1981, est immensément connue dans son île (NDR : pourvu que ça le reste), pour ses ‘talents’ de chanteuse d’opéra et ses interprétations de ‘standards pop britanniques’. Ah bon !

Vendre plus de 4 millions d’albums et être nominée au ‘Brit Awards’ deux fois de suite n’est pas, à mon humble avis, une garantie de qualité. On connaît trop bien les goûts parfois bizarres de nos amis britanniques. Et ce n’est pas Suzan Boyle qui me contredira…

Bref, si vous avez du temps et de l’argent à dépenser stupidement, jetez-vous sur cet album regorgeant de reprises aussi mièvres que désastreuses. En sachant qu’elle a reçu la collaboration et la bénédiction d’Andréa Boccelli et d’André Rieu pour concocter cet elpee, mon jugement n’est que renforcé. N’est pas Shirley Bassey qui veut… Et vous qu’en dites-vous ?

Majestic Scene

Swinging in a Perfect Poise

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L’histoire de cette formation commence en 1989. Rob Van Rijswijk et Joop Van Der Kuip se rencontrent sur les bancs du Cobbenhagen College, à Tillburg. Ils remarquent qu’ils partagent une passion commune pour les icônes des seventies. Et en particulier pour Neil Young, Robert Plant ou encore Syd Barrett. Qui vont très rapidement devenir une source d’inspiration majeure. La machine Majestic Scene est en route. Une ambition ? Adapter les compos de leurs modèles. Il faudra quand même attendre 1997 avant de voir paraître leur premier Ep. Un disque publié sur un label indie. Intitulé « Bite The Lemon Instead Of The Orange », il est instantanément encensé par la critique. Dans la foulée, le band immortalise un ‘live’, opère une collaboration en compagnie de Motorspycho, avant de graver un autre album. Après 21 ans de carrière, il faut reconnaître que Majestic Scene n’est pas très prolifique. Il faut dire que depuis la sortie de leur premier Ep, de l’eau à coulé sous les ponts. En effet, Rob Van Rijswijk a quitté le bateau pour embrasser des projets parallèles. Et deux nouveaux musiciens ont fait leur apparition : le guitariste Antoine Kroes et la claviériste/guitariste Eileen Beneken. Cinq années après la sortie de son dernier long playing, c’est donc une nouvelle mouture du Majestic Scene qui a concocté ce « Swinging In a Perfect Poise ».

Et l’attente en valait la peine. Surtout pour les trois premiers morceaux de l’album. Des compos absolument splendides ! La voix nasillarde et austère de Joop Van Der Kuip se pose parfaitement sur la texture ténébreuse et vibrante des guitares, tout au long de « Black Water ». « Perfect Mother » est parcouru d’harmonies vocales bouleversantes. « Misery » est décliné en deux versions. Une plus électrifiée et rythmée. L’autre davantage sombre et indolente. L’ombre de Neil Young n’est pas loin. L’influence du Canadien, mais également de Dylan, sont d’ailleurs très présentes tout au long de l’elpee. A cause de cette conjugaison si spécifique de cordes de guitare électriques et acoustiques, du recours à la lapsteel, et puis de cette sensibilité country/folk rock typiquement yankee. Mais au fil du sillon, l’intensité commence à baisser. Il est vrai que maintenir un niveau aussi élevé tout au long de l’opus n’était pas une mince affaire. Et puis peut-être que l’inspiration commençait à faire défaut. Néanmoins, il faut reconnaître qu’après un peu plus de 20 années d’existence, Majestic Scene possède encore de beaux restes. Et les superbes premières plages du début de l’elpee, en sont la plus belle illustration.

 

My Robot Friend

Soft-Core

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Mon ami le robot répond au doux nom de Howard ‘Robot’ Rigberg. Il est du genre conciliant. Pas compliqué pour un sou. Il suffit de lui glisser un synthé sous les doigts et, instantanément, de sympathiques mélodies s’échappent de ses baffles intégrés. Avant de s’attaquer à la création de « Soft-Core », ce cher tas de ferraille nous avait déjà gratifiés de deux œuvres biscornues mais plutôt bien conçues. Même Anthony Hegarty (Anthony & The Johnson) avait succombé aux bidouillages de ce dernier, prêtant sa voix à l’un des morceaux de « Dial 0 ».

Pour cette séance de « Soft-Core », Mr Robot a rassemblé d’autres amoureux du ‘triturage’ électronique comme Zombie Nation, Outputmessage, Alison Moyet et Dean Wareham, ex-guitariste de Galaxie 500 et Luna. My Robot Friend clôture d’ailleurs sa galette par le « 23 minutes to Brussels » de ces derniers. Un choix étrange, ce même titre ouvrant les festivités du précédent « Dial 0 ». La machine new-yorkaise lorgne souvent du côté de chez Hot Chip (« The Short Game », « Boyfriend! » et surtout « Robot High School », « Mean ») et parfois The Postal Service (« By Your Side »). Loin d’être à l’abri de quelques défaillances, l’électro lo-fi de My Robot Friend vacille constamment du bas de gamme à l’hautement utilitaire. Le système a donc encore besoin de se stabiliser un peu avant de pouvoir envisager une domination mondiale. Oui, « Soft-Core » est un disque de geek pour les geeks. Domo Arrigato, Mister Roboto.

 

Pink Martini

Splendor in the Grass

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Pink Martini n’est pas une formation très prolifique. Et pour cause, elle vient d’enregistrer son quatrième album en seize longues années. Mais tout vient à point à qui sait attendre. Et le résultat n’en est que meilleur !

L’histoire du combo remonte à une quinzaine d’années. Les deux figures de proue du projet, Thomas Lauderdale et China Forbes se rencontrent à Harvard. Tous deux sont passionnés par la littérature et le cinéma. L'étudiant en histoire et l'étudiante en arts visuels décident, dès 1994, de monter un groupe. Très inspiré et influencé par des musiques exotiques et les ambiances cinématographiques, le duo est alors rejoint par plusieurs musiciens issus d’orchestres classiques et symphoniques. Si bien que le line up compte alors plus d'une dizaine de membres.

Le premier album du groupe « Sympathique » sort en 1997. Il recèle un énorme tube : "Je ne veux pas travailler". Vendu à plus de 650 000 exemplaires dans le monde, il est disque d'or en France. Il faudra attendre sept ans et une multitude de concerts accordés aux quatre coins du globe, pour voir Pink Martini publier sort son second elpee : « Hang On Little Potato ». Un peu moins consistant, sa ligne directrice s’avère néanmoins plus originale. Leurs chansons sont dès lors utilisées dans divers médias, que ce soit au cinéma ou dans des œuvres télévisuelles. En 2007, Pink Martini revient à un style plus éclectique, plus proche de ses débuts, pour concocter son troisième opus, « Hey Eugene! ». 

Enfin, le quatrième long playing studio est paru fin 2009. Intitulé « Splendor In The Grass », il résume bien l’histoire du groupe et son esprit d’ouverture. Enregistré dans la ville de Portland (Oregon), il réunit 9 chansons originales et 4 reprises, panachant chansons en anglais, en napolitain, en italien, en français et en espagnol. « Over the Valley » est un petit chef-d'œuvre. Des coups de cœur ? « Tuca Tuca », « Betty Boppy Betty » et « Où est ma tête ». A cause de cette touche humoristique qui s’ajoute au charme incomparable de cet opus.

« Splendor in the Grass » démontre que Pink Martini a atteint sa pleine maturité artistique ; mais aussi illustre toute l’étendue de son talent et de sa créativité. Inclassable, ce genre musical s’adresse néanmoins à des mélomanes avertis.