Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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La famille Bettens de retour !

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Après 6 ans de silence, K’s Choice fait son comeback en 2010. Le groupe belge, qui a rencontré un grand succès, à travers le monde, entre 1993 et 2003, s’était à nouveau réuni, en 2009, pour participer au festival de Dranouter. Cette réunion a été tellement été appréciée par Sarah et Gert Bettens qu’ils ont décidé de se retourner en studio afin d’enregistrer un nouvel album. Il sera double et paraîtra ce 26 mars 2010. Intitulé « Echo Mountain », il se réfère au nom du studio sis aux Etats-Unis, au sein desquels K’s Choice a enregistré son nouvel opus.

Le single, « Come Live The Life » est disponible sur leur site web: http://www.kschoice.be

 

Warpath

Trasheurs anglais sur le sentier de la guerre

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Nous avons récemment découvert les trashers anglais de Warpath lors de la sortie de leur album « Damnation ». Leur voyage aux sources du Trash métal original a été pour nous une véritable cure de jouvence. Interview de ces guerriers britanniques quelques semaines avant leur grand voyage à la conquête du Pays du Soleil Levant.

Quelques mots de présentation tout d’abord, pour celles et ceux qui ne vous connaissent pas encore…

Rich : Warpath est un groupe Heavy/Trash métal basé en Angleterre. Notre premier album « Damnation » est sorti en 2008 après avoir été mastérisé par James Murphy (Testament).

Vous avez été élu ‘Meilleur Groupe Non Signé de l’Année’ par les lecteurs de Terrorizer Magazine pour la seconde année consécutive. N’est-il pas un peu frustrant de ne pas être sous contrat, alors que vous êtes soutenus par tant de fans?

Rich : Oui et non. Nous ne voudrions pas conclure un mauvais deal. Nous allons patienter jusqu’au moment où nous recevrons une offre à la fois satisfaisante pour nous ainsi que pour le label, afin de pouvoir donner à nos fans ce qu’ils méritent. D’un autre côté, c’est génial d’avoir une fan-base aussi importante qui nous soutient même si nous n’avons pas de label.
Pete : Oui, et qu’un groupe de métal parvienne à prendre de l’amplitude par ses propres moyens, est vraiment fantastique. En tout cas, ne pas être sous contrat nous encourage à travailler dur pour encore progresser.

James : Aussi, c’est génial de savoir que tant de monde aime ce que nous faisons !

Certains artistes préfèrent écouler leurs albums directement auprès de leurs fans sans passer par l’intermédiaire d’un label. Est-ce aussi le choix de Warpath ?

Rich : Jusqu’à présent, personne ne nous a offert de deal qui vaille la peine d’être accepté ; aussi nous avons choisi de ne rien signer tant qu’un label ne nous fasse pas une proposition intéressante. Les temps sont en train de changer pour les compagnies discographiques et pas question de se faire entuber ! A l’heure actuelle, notre contact auprès des fans est direct ; et c’est plutôt génial.
James: J’adore discuter de notre musique et de tout ce qui s’y rapporte avec les gens qui nous apprécient. Nos fans comptent parmi les gens les plus sincères que j’ai pu rencontrer.

Votre biographie sur MySpace vous décrit comme un groupe ‘Métal’. Cette appellation ne décrit pas vraiment très bien votre style. ‘Trash Métal Old School’ serait une bien meilleure définition. Votre musique me fait penser aux vieux Metallica, Testament, Megadeth ou Exodus. Dans le processus de composition, avez-vous déjà décidé d’écarter tel ou tel riff parce qu’il ne sonnait pas comme du Trash Old School ?

Rich : Nous essayons de prendre un peu de recul par rapport aux autres combos trash anglais, parce qu’il y se produit tellement de merdes entre la plupart d’entre eux que nous préférons ne pas être impliqués. Nous ne nous forçons pas à ressembler à quelqu’un d’autre. Nous sommes des fans de heavy/trash métal et si un riff sonne bien, il sonne bien. Nous le conservons et nous l’insérons dans une chanson. Nous ne penserons jamais quelque chose comme : ‘Ce riff ne sonne pas comme Exodus, abandonnons le !’ ; ce serait complètement ridicule.
Pete : Nous détesterions écrire de cette manière. De nos jours, il existe tellement de groupes trash qui veulent marcher sur les traces des vieux Overkill ou comme les autres ensembles trash issus de cette période. Ils se baladent en baskets blanches et portent des cartouchières comme s’ils vivaient encore en 1987. Pour moi, ce n’est vraiment pas très original et je commence à trouver cette attitude très agaçante…
James : Personnellement, je n’ai jamais entendu une seule chanson d’Exodus. De plus, je méprise vraiment les bandes dessinées, les déchets nucléaires et les autres conneries que tous ces nouveaux combos trash semblent glorifier religieusement.

Quel est votre background musical ? Avez-vous milité au sein d’autres formations avant Warpath ? Quel genre de musique écoutez-vous ? Qui sont vos groupes favoris et vos héros ?

Rich : J’ai commencé à jouer de la musique à l’âge de 5 ans. J’ai étudié le classique et la théorie musicale. Je suis passé au heavy métal à 16 ans. Mes groupes favoris et mes influences sont Dave Mustaine, Megadeth, James Hetfield, Metallica, Axl Rose, Guns’n’Roses, Marty Friedman, Pantera et tout un tas de choses en musique classique. J’aime aussi les bandes originales de films, la musique latino et quelques trucs pop/rock des seventies et des eighties.
Pete : J’ai commencé à apprendre la guitare à 10 ans, mais ce n’est qu’à 14, lorsque j’ai découvert le clip vidéo d’Iron Maiden « Stranger in A Strange Land » que j’ai pris la musique –et particulièrement le heavy métal– au sérieux et que je m’y suis consacré entièrement. J’écoute à peu près tout. De King Diamond à Primal Fear en passant par Nile et Hypocrisy. Dans un autre style, j’aime aussi Sarah Brightman et même Norah Jones ! Mais ne le dis à personne (NDR : Tu peux compter sur moi). Mes plus grands ‘guitar heroes’ sont Doug Aldrich (Whitesnake), Glen Drover (King Diamond, Megadeth), Jeff Waters (Annihilator), Dave Murray (Iron Maiden) et Tony Macalpine, qui sont tous des guitaristes fantastiques.
James : En écoutant notre album « Damnation », tu peux remarquer la grande variété de rythmes et l’abondante utilisation de la grosse caisse. Le métal que j’écoute est vraiment d’une autre génération que celui qu’écoute Rich. Je suis influencé par tout ce qui est sorti entre la moitié des nineties et aujourd’hui car, à partir de cette époque, la manière de jouer de la batterie a commencé à évoluer et même à s’améliorer. Mes groupes préférés sont Fear Factory, Devildriver, Static X, Dagoba, Divine Heresy et presque tout ce qui relève de la scène extrême et industrielle de Los Angeles, San Francisco et de la Floride. Je suis un fan absolu du travail de Derek Roddy (Hate Eternal, Nile), George Kollias (Nile) et Tim Yeung (Hate Eternal, Divine Heresy).

Au cours des eighties, les leaders de la scène trash metal anglaise étaient Onslaught et Sabbat. Vous sentez vous proches de ces groupes? Ont-ils influencé votre musique? 

Rich : Non, en aucune manière.
Pete : Personnellement, je n’aime que l’album « In Search Of Sanity » d’Onslaught. Je pense que les titres qui y figurent sont meilleurs que tout ce qu’ils ont pu faire et ce, parce que Steve Grimmet (ex- Grim Reaper) y assure les vocaux. Sans quoi, je n’aime rien de la scène trash anglaise.

Comment avez-vous rencontré James Murphy ? A-t-il été difficile de le convaincre de masteriser votre album ? Etes-vous toujours en contact avec lui ?

Rich : Je lui ai envoyé quelques e-mails, nous avons discuté un peu au téléphone et il a accepté de masteriser l’album. Il a été génial sur ce coup là. C’était un très grand honneur pour nous qu’il accepte de travailler sur notre album. La dernière fois que nous avons parlé ensemble, cela devait être l’année dernière. C’est un mec très occupé !

Vous semblez attirer un public conséquent au Japon. Toutes les copies de votre album y ont été vendues en deux jours. De plus, votre participation au True Trash Festival d’Osaka en mars 2010 a été confirmée. Pourquoi êtes-vous aussi populaires au pays du soleil levant ?

Rich : Les gens sont fous de heavy métal au Japon. En plus, l’organisateur du True Trash Festival est notre distributeur dans ce pays. Il nous aide constamment à faire la promotion de Warpath au Japon. C’est un grand fan du groupe.
Pete : Il existe quelques groupes heavy géniaux au Japon : Anthem, Loudness, Earthshaker. D’excellentes formations trash aussi comme Sabbrabells et Crowley pour n’en citer que quelques unes. Donc, ce n’est probablement pas seulement parce que nous sommes anglais et que nous jouons du métal qu’ils nous apprécient. Ils adorent la musique en général et sont très fidèles aux artistes qu’ils aiment.

Etes-vous excités à l’idée de jouer au Japon?

Rich : Enormément ! Dès que nous y serons, je crains qu’on ne veuille plus revenir chez nous…
Pete : C’est un honneur et un ‘rêve métal’ devenu réalité de pouvoir se rendre là-bas !
James : P… oui ! Ça va être une expérience unique et en plus, nous sommes très emballés de savoir que nous allons travailler en compagnie de toute l’équipe de l’organisation. Ces shows vont être de véritables tueries.

De nombreux albums live géniaux ont été enregistrés au Japon. Est-on en droit d’espérer un « Warpath Made In Japan » ou un « Warpath at Budokan » ?

Rich : Budokan dans quelques années peut-être ! Mais pour l’instant, l’organisateur à l’intention de sortir le show complet en Cd et en Dvd. Donc, il y aura bien de l’audio et de la vidéo à se mettre sous les oreilles et les yeux. Nous filmerons aussi notre voyage dans son entièreté afin de réaliser un Dvd.
Pete: Arch Enemy a filmé son dernier Dvd au Japon et le résultat est incroyable ! Les fans sont à la fois sauvages et respectueux du groupe. Ils rentrent vraiment dans la musique et semblent reconnaissants envers les artistes qui jouent dans leur pays. Je suis tellement excité de vivre une telle aventure.

Si vous aviez le choix, de quel groupe célèbre voudriez vous assurer la première partie ?

Rich : Metallica, Megadeth ou Testament!
Pete : Je ne sais pas. Ca ne me dérangerait pas de tourner avec les Pussycat Dolls!
Rich : En fait oui, les Pussycat Dolls aussi pour moi!
James: Slayer.

Vous vivez au Pays de Galles. Parlez-nous un peu de la scène métal galloise. Y dénombre-t-on des groupes intéressants? Quels sont les rapports entre les groupes gallois ? Amicaux ou source de compétition ?

Rich : Il y a longtemps que j’ai cessé de prêter attention aux groupes issus de ma ville d’origine (NDR : Swansea). Cependant, à Cardiff, il y a un excellent groupe appelé Hunted. Nous avons aussi joué en compagnie d’excellentes formations de la région de Newport.
Pete : Je viens de Coventry, dans la région des West Midlands, où le groupe le plus célèbre jouait du ska/punk dans les années quatre vingt. En fait, c’était plutôt de la merde. Ceci dit, cette ville est très proche de Birmingham d’où sont originaires des groupes géniaux comme Judas Priest, Black Sabbath et Diamond Head et ça, c’est plutôt cool.

Les fans de métal sont collectionneurs dans l’âme. Même s’il y a beaucoup de moyens différents d’acheter de la musique de nos jours, ils préfèrent toujours tenir un véritable Cd entre leurs mains. Est-ce également le cas pour votre album ? Vendez-vous toujours plus de compact discs que de fichiers mp3 ?

Rich : Je partage ton avis. Les MP3’s c’est de la merde comparé au vrai Cd. Jusqu'à présent, nous avons vendus plus de cds que de téléchargements digitaux, cependant, depuis peu, les téléchargements digitaux semblent s’intensifier.
Pete : J’aime tenir un véritable Cd dans les mains et lire les paroles des chansons en même temps que j’écoute la musique. Un Cd est quelque chose de beaucoup moins impersonnel qu’un fichier Mp3. Et puis, j’adore signer notre album pour les fans. C’est quelque chose que tu ne peux pas faire sur des MP3s.

En tant que groupe, quelle est votre opinion à propos des téléchargements illégaux ? (*)

Rich : J’y suis opposé à 100%. Il n’y a absolument aucune justification à cette pratique. C’est du vol pur et simple. De nos jours, tu peux écouter des albums entiers sur MySpace, YouTube, etc. et les téléchargements légaux coûtent moins d’une livre sterling par chanson. Je pouvais comprendre les téléchargements illégaux il y a dix ans, quand les gens étaient obligés de payer très cher pour des Cds alors qu’ils n’aimaient qu’une chanson ou deux. Mais, ce n’est plus le cas depuis qu’iTunes existe. Le téléchargement illégal doit être réprimé car il cause énormément de tort aux artistes.
James : Tu ne volerais pas un CD à quelqu’un dans la rue, n’est-ce pas ? Et tu ne piquerais pas un Cd sur notre stand pendant un concert ? Pourtant, c’est exactement la même chose pour le téléchargement illégal. Que ce soit au niveau de la musique, de la vidéo, des livres et même des pochettes de Cd, cette pratique doit cesser.

Pensez-vous qu’en programmant un de vos titres le ‘Bruce Dickinson BBC Rock Show’ a accentué votre popularité en Angleterre? Avez-vous constaté un ‘rush’ sur votre web shop après la diffusion d’une de votre chanson, par le chanteur d’Iron Maiden, dans son émission ?

Rich : Tout à fait ! C’est Bruce Dickinson ! Qu’une légende comme lui qualifie notre musique de ‘classic trash metal’ est tout à fait incroyable. C’est comme un véritable cachet d’approbation de la part des autorités du métal !
Pete : Comme je l’ai dit, je suis un véritable fan d’Iron Maiden. C’est, sans doute possible, mon groupe préféré et ma plus grande influence. Que Bruce passe un de nos titres et fasse un commentaire aussi incroyable était pour moi une véritable joie et un immense honneur. Si je n’étais pas membre de Warpath et que j’étais simplement un fan de métal, j’aurais à coup sûr essayé d’en savoir un peu plus sur ce groupe dont Bruce Dickinson a dit du bien.

“Damnation” est sorti en mai 2008. C’était il y a presque 2 ans. Bossez-vous actuellement sur la confection d’un nouvel album ? Si oui, avez-vous une idée de la date de sa sortie et de ce à quoi on doit s’attendre ?

Rich : Nous avons composé quelques nouvelles chansons. Nous commencerons probablement à les travailler dans quelques mois. « Damnation » se vend encore bien et nous recevons toujours de nouvelles chroniques deux ans après sa sortie. Dès lors, nous allons continuer à en faire la promotion avant de commencer à travailler à plein temps sur un nouveau Cd.

Personnellement, j’ai découvert Warpath via MySpace. Que pensez-vous de ces ‘sites web de réseaux sociaux’ ? Est-ce le meilleur moyen pour un groupe non signé comme le vôtre de faire connaître son nom dans le monde entier ?

Rich : Oui, sans aucun doute. C’est le meilleur moyen pour un groupe non signé et ne disposant d’aucun budget pour promouvoir sa musique.

Bien que je sois vraiment impressionné par toute cette histoire de ‘Meilleur Groupe Non Signé de l’Année’, je souhaite vraiment que vous n’obteniez pas ce titre une troisième année de suite. C’est pourquoi, hormis un contrat discographique chez un bon label, j’aimerais vous demander ce que nous pouvons vous souhaiter pour l’année 2010 ?

Rich : Merci ! Je crois que certains groupes en voudraient à notre vie si nous obtenions ce titre pour la troisième fois consécutive. Donc, si vous travaillez pour un label et que vous lisez cet article, sachez que cette décision ne dépend plus que de vous ! Outre notre périple au Hammerfest et au Japon, nous allons accorder d’autres shows en Angleterre et en Europe. Nous préparons aussi notre future invasion de l’Amérique et un autre clip vidéo. Nous étudions également une nouvelle ligne de merchandising.

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Rich : Merci pour la lecture et le support. Rendez-vous sur scène !
Pete : Merci pour cette chouette interview Michel. Salut à toi, à tes lecteurs et à tous ceux qui supportent les vrais groupes et le métal véritable.
James : Salut à tous et continuez à supporter le métal et Warpath !

*(NDLR : ayant réalisé un mémoire sur le marché du disque, à une certaine époque, je me permets de mentionner quelques remarques. Car le débat bien est plus complexe qu’il n’y paraît. Et évitons de se voiler la face derrière des arguments simplistes. D’ailleurs, rien qu’en posant les bonnes questions, il est facile de les démonter. Lesquelles ? Tout d’abord pourquoi le téléchargement illégal est-il né ? Qui en est le véritable responsable ? Pourquoi lors de son lancement sur le marché, le compact-disc coûtait presque trois fois plus cher qu’un vinyle, alors que le prix de revient du cd était trois fois moindre que celui du 33 tours. A qui a profité cette arnaque ? Pas aux artistes, c’est une certitude. Ou alors aux plus fortunés. Et quand ces responsables, qui aujourd’hui se plaignent du manque à gagner, ont cherché à rectifier le tir, il était déjà trop tard. Le mal était déjà fait. Et pour faire marche arrière… On appelle cette pratique, scier la branche sur laquelle on est assis. Ou ne pas voir plus loin que le bout de son nez. Et pour élargir le débat, on pourrait transposer, voire même lier, le chapitre au prix des places de (certains) concerts et festivals. On peut même encore soulever la nouvelle philosophie de certains artistes (surtout alternatifs !) qui préfèrent être téléchargés (il)légalement pour mieux se faire connaître et ainsi tirer parti de cette popularité pour remplir les salles, lors de leurs tournées. A méditer ! B.D.)

Arid

Et ben Jasper, qu’est-ce qui t’Arid ?

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En ce dernier week-end de février, l’Ancienne Belgique était entièrement réservée (dévouée) à un ‘petit groupe’ belge : Arid. Samedi et dimanche, la (plus belle) salle de concert de la capitale affichait complet, soit 4 000 personnes pour les deux représentations de la formation du ‘Freddy Mercury’ gantois. Appréciable…

A titre de comparaison, Ghinzu, autre combo noir-jaune-rouge avait attiré autant d’aficionados, mais dans l’antre de Forest National et en une seule soirée (ce qui faisait un peu vide, il faut l’avouer). Mais revenons à nos ‘schapen’ (moutons en français).

En première partie, Roadburg, formation limbourgeoise, réussit à rassembler et à captiver plus de la moitié du public présent, en dispensant un mélange de  jazz et d’indie alternatif. A revoir assurément! Il est 20h15, le band vide les lieux. Le rideau tombe ; et, c’est caché derrière ce voile que la suite se prépare, à l’abri des yeux indiscrets. Mmmm, surprise surprise ?

20 h 45, les premiers accords de « Something Brighter » retentissent. La lumière disparaît et au lever du rideau… pas de surprise, rien d’étonnant ! Ben pourquoi tant de mystères alors? Bon, pas grave ! Jasper est bien là, David Du Pré et sa guitare aussi et Steven Van Haevere est également présent derrière ses drums. Manque à l’appel le bassiste Filip Ros. Il a quitté le combo et est remplacé par Wladimir Geels ; le claviériste Luc Weytjens complétant le line up.

D’entrée de jeu, Jasper, très à l’aise, communique son énergie à ses fans, maniant aisément les deux langues nationales, s’excusant pour la présence des caméras (en vue de la réalisation d’un dvd) dans le public et invitant ses fidèles à battre des mains, à chanter et danser avec lui. Racoleur, le gaillard a du charisme à revendre et il gagne aisément son pari. La communion est totale, à tel point que lors de l’interprétation du futur tube « All that’s here is all that’s left », il descend de son estrade, s’invite au milieu de ‘son’ public pour partager encore plus ses émotions. Il n’y a pas à dire, il sait y faire. Quel charmeur le Jasper ! Tout au long du set, il volera la vedette à ses acolytes. Et l’auditoire n’aura d’yeux que pour lui, tantôt à la guitare, au piano et bien sûr au chant.

Pendant plus d’une heure et demie, Jasper, heu, Arid pardon, va nous proposer vingt titres, mêlant les succès 'classiques’ aux plages plus récentes du dernier opus (sortie ce 1er mars) pour le plus grand plaisir de la foule en délire. Car en ce qui concerne l’ambiance, on peut parler de délire. Assurément. Un summum ! Que du plaisir donc. Mais au top, on ne peut pas l’être constamment… Jasper va en faire la triste expérience à trois reprises. La première fois lorsqu’il massacre (et ce n’est pas peu dire) la splendide ballade « Mindless », chantant un ton en-dessous de ses musiciens (aïe aïe aïe, les oreilles). La seconde lorsqu’il se trompe de guitare, s’en rend compte, change d’instrument, s’excuse et recommence tout à zéro ; et enfin, la dernière, lors de l’ultime rappel, le batteur manquant précisément à l’appel (sans jeu de mots) !

Ces trois malheureux détails n’ont cependant pas gâché une superbe soirée où (presque) tous se sont régalés de la splendide voix d’un interprète hors du commun.

Organisation AB

(Voir aussi notre section photos)

Le Loup

Hungry Like The Wolf

Écrit par

Le 27 février 2008, Le Loup déployait ses griffes pour la première fois dans la petite salle bruxelloise. Presque deux ans jour pour jour après avoir perpétré son premier carnage à la Rotonde du Botanique, la meute, dont deux membres se sont fait abattre en cours de route, revient semer la terreur. Pour attirer le gibier, elle s’est armée de « Family », une formidable deuxième galette, évoquant un Fleet Foxes voire un Grizzly Bear dévoré par des Animal Collective. Ce soir, c’est sûr, ça va sentir la bête !

A 20h15, une Rotonde à moitié remplie accueille les cinq bestiaux washingtoniens. Ils sont venus défendre leur nouvelle portée. En ouverture, on se repaît d’un « Saddle Mountain », immédiatement enchaîné par un « Beach Town » de toute beauté. Le leader de la troupe, Sam Simkoff, sautille devant son clavier. Le public, lui, se contient. Quelques fessiers gigotent sur les tribunes mais personne n’ose encore s’avancer sur le parterre, à découvert. C’est que Le Loup montre les crocs et accélère la cadence.

Les sonorités frénétiques de « Family » rejoignent harmonieusement celles de « The Throne Of The Third Heaven Of The Nations’ Millenium General Assembly ». « We Are Gods, We Are Wolves » s’échappe des baffles, très vite suivi par le titre-maître du deuxième Long Play et un « Outside Of This Car, The End Of The World » à la rythmique envoûtante. Difficile de rester le cul scotché aux gradins. Les proies bouillonnent. Le Loup s’en lèche les babines : ‘Tôt ou tard, vous succomberez !’ Déjà « A Celebration » vient clôturer le set.  Un berger s’approche et se laisse emporter par le son des percussions. Victoire ! Justement, un « Sherpa » salutaire va servir de rappel festif. Très vite, une bonne partie du troupeau s’approche à son tour, histoire d’allécher Le Loup, qui peut enfin se retirer, repu.

Organisation : Botanique

Florence + The Copyrights

Écrit par

Florence Welsh et sa machine ont fait une petite entorse aux droits d'auteurs pour leur single "Rabbit Heart (Raise It Up)". Les trois mercenaires de Gang Gang Dance se sont aperçus que la belle leur a gentillement emprunté quelques phrases du premier couplet de leur "House Jam" sans prendre la peine de les avertir. Résultat: un petit procès au cul de Florence + The Machine. La jolie rousse admet son erreur en soulignant qu'il s'agissait là d'un hommage à un groupe dont elle est une grande fan. Un hommage qui risque bien de lui coûter quelques billets verts...

My Little Cheap Dictaphone (MLCD)

The Tragic Tale of Brian Wilson !

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Bienvenue dans le monde merveilleux de Brian Wilson (fondateur des Beach Boys) ! Sous le ciel gris de Bruxelles, l’Archiduc ouvrait généreusement ses portes aux derniers récits sonores de My Little Cheap Dictaphone (NDR : prononcez MLCD !).

Deux ans d’écriture résumés en cinq clins d’œil mélancolico-tragiques tirés du nouveau ‘spectacle-album’ minimalement orchestré par Redboy (Chant-guitare), Xavier Guinotte (Basse) et Louis Louis (Piano). Architecture narrative habilement désossée contant le destin torturé du leader des Beach Boys.

Essence d’un opéra pop qui éclipsera les premiers visages sur les planches du Cirque Royal le 08 mai 2010. Un univers kaléidoscopique qui évoque, d’une voix ‘tomwaitsienne’ en filigrane, le monde magique de Mercury Rev et Bernard Herrmann (musiques de films Hitchcock). Fiction ingénieusement drapée d’une mise en scène orchestrée par Bubble Duchesse (Eve Martin) et d’une scénographie réalisée par Catherine Cosme et Gaspard Berlier. Vidéos (Eve Martin et Nico Bueno) qui prêtent un supplément d’âme aux symphonies ‘dictaphoniennes’. Spectacle sonore et visuel qui image le décor ‘rockocos’ d’une animation 50’s d’une synchronisation digne d’un d’horloger suisse. Attention aux oreilles et aux yeux car le résultat est surprenant !

Entre rêve et réalité le quatuor liégeois tourne les pages de la vie captivante du musicien californien avec un talent narratif digne de Tom Waits. Une expression surréaliste à ne surtout pas rater dans les bacs dès la mi-mars.

Concert-Spectacle à découvrir impérativement le 07 mai 2010 à la Caserne Fonck (Liège) et le 08 mai 2010 au Cirque Royal (Bruxelles) dans le cadre des Nuits du Botanique.              

 

Tannhauser

Löven

Écrit par

Piste 1 : « Night Shop »… intronisation dream-pop immédiate qui se pose sur les nuages vaporeux de l’univers ‘cocteautwinesque’. Fondé en 2007, le jeune quatuor louvaniste nous rappelle sans détour que les mouvements dream-pop et shoegazing brillent actuellement de mille feux. ‘Soukazing’ ingénieusement ordonné autour de Slowdive, My Bloody Valentine, Cocteau Twins et Ride.

Sur ce premier elpee autoproduit, « Tannhauser » (NDR : pseudonyme emprunté au célèbre opéra de Richard Wagner) ne verse nullement dans la créativité artistique mais use plutôt de la richesse de ses influences hermétiques pour bricoler astucieusement un opéra noisy-pop. Empire céleste voûté de guitares fuzz et de synthés rêveurs destiné principalement aux amateurs du genre.     

Du tracklisting, on épinglera tout particulièrement l’onirique, mais également bucolique « A Little Blood » (NDR : un hommage à My Bloody Valentine ?)

Bref, en 10 titres pour 41 minutes, Tannhausser semble avoir trouvé un refuge cotonneux au cœur des antres de la noisy-pop.

Cette nouvelle formation flamande, dont les noms des musiciens méritent un arrêt sur image (NDR : Erick de Deyn –c’est le seul garçon du line up– au chant et à la guitare, Ine Vlassaks aux drums et à la clarinette, Karlien Vermeiren au chant et au synthé ainsi que et Joke Duponcheel à la basse), devrait certainement et très prochainement fouler les  planches des salles de notre plat-pays. A suivre de très près…

The Swell Season

Soldiers Of Love

Écrit par

En 2008 paraissait « Once », un petit film musical irlandais, sans prétention. Ce Dvd mettait en scène Glen Hansard, leader de The Frames, et une certaine Markéta Irglovà. En tant que mélomane et fan des Frames, impossible de passer à côté. Une petite location et 1h20 plus tard, c’est le coup de foudre. Le lendemain, je décidais donc d’acquérir non seulement le Dvd mais également le splendide disque éponyme du duo qui finira par tourner en boucle dans la platine. Parce que The Swell Season n’est pas un groupe que l’on apprécie vulgairement mais une formation dont on tombe amoureux, inconditionnellement. Et le concert accordé au sein d’une AB, dans sa configuration Flex (semi-assis), comble et comblée n’a fait qu’accentuer ce sentiment !

Josh Ritter a manifestement un penchant pour les Irlandais. Pour son premier passage en Belgique, il était soutenu par Damien Rice. C’était en 2004. Six ans plus tard, le troubadour nous offre un set du même acabit, un sourire figé sur le visage. Seul avec sa guitare, Ritter parcourt le meilleur de sa discographie qui compte quatre enregistrements studios presque impeccables. Il est content d’être là, le bougre. Et le public l’écoute. Religieusement. Après un court récital de 30 minutes, il se retire, promettant de revenir au printemps. Le rendez-vous est pris !

The Swell Season ne fait pas attendre son public. Seulement un quart d’heure plus tard, Glen Hansard débarque sur scène salue le parterre et entame un « Say It To Me Now » en solo avant d’être rejoint au micro par Makéta Irglovà pour « All The Way Down ». Le ton est donné. Ce soir on va frissonner. Glen, particulièrement bavard et amusant, présente ensuite ses amis de The Frames, invités à monter sur le podium pour la suite des festivités. Elles démarrent par le décontractant « Low Rising ». Les extraits du récent « Strict Joy » vont joliment se mêler à ceux de l’éponyme. La formation fait vibrer l’AB à plusieurs reprises. Et notamment lorsque Hansard interprète un « Leave » intense, au point de donner la chair de poule. Carrément !

The Swell Season est un collectif et le démontre en cédant l’avant-scène d’abord à Rob Bochnik (guitare). Ce dernier réinterprète magistralement le « Little Arithmetics » de dEUS. Puis à Colm Mac Con Iomair (violon). Il présente un extrait de « The Hare’s Corner », son recueil de musiques traditionnelles irlandaises. Retour ensuite à la prestation de la troupe qui enchaîne par « The Rain », « The Moon », « Back Broke », « Fantasy Man » et encore « When Your Mind’s Made Up », avant de se retirer sous une ovation bien méritée.

Le rappel sera l’occasion pour le combo de présenter d’autres morceaux de « Strict Joy » et surtout, le splendide et ‘oscarisé’ « Falling Slowly ». Josh Ritter rejoint ses amis le temps d’un « Come And Find Me », extrait de son « Golden Age Of Radio ». Après 2 somptueuses heures, Glen, Markéta et les autres membres de The Swell Season se retirent une dernière fois, laissant derrière eux un public entièrement conquis à leur cause. On en redemande !

Organisation : Ancienne Belgique

Nutrition

Eye Of The Anunnaki (Ep)

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Du Métal Pour Pas Un Balle…

Musiczine a décidé de vous aider à faire des économies en ces temps de crise.

‘Du métal pour pas un balle’ est une nouvelle rubrique destinée à vous faire découvrir des albums de heavy métal de qualité ainsi que des démos mis à disposition en téléchargement gratuit et tout à fait légal par les artistes eux-mêmes sur leurs sites internet.

Cette rubrique nous emmène souvent dans des pays lointains et exotiques. Pour la circonstance, c’est carrément vers une autre planète que nous nous dirigeons. Jeremy Mauney et Roland La Goy ne sont pas de ce monde. Le vaisseau mère a dû les oublier sur notre terre et en attendant son retour, ils sont très énervés. Pour calmer leur nervosité, ils ont décidé de jouer de la musique. Quoi de plus relaxant que le black métal ?

En 2009, Jeremy Mauney, ex-vocaliste du combo death métal japonais Detrium est de retour dans son Amérique natale. Souhaitant créer une musique alliant ses passions pour la science-fiction et le black métal, il s’associe à Roland La Goy, compositeur de bandes sonores de jeux vidéo et membre unique du projet black métal Inlaid Rust. C’est sous le nom plutôt étrange de Nutrition qu’ils enregistrent en 2009 un premier Ep intitulé « Hyperdimensional Awakening ».  Ce premier effort est suivi début 2010 par « Eye Of The Anunnaki », un second Ep trois titres beaucoup plus abouti où le style assez particulier du groupe se dessine peu à peu. Imaginez un black métal ultra rapide et violent aux vocaux râpeux comme du papier de verre, combiné à des effets de synthétiseurs futuristes. Tout au long d’« Eye Of The Anunnaki », Nutrition se pose en véritable Hawkwind de l’extrême et mène le black métal vers une autre dimension.

« Eye Of The Anunnaki », tout comme le premier Ep « Hyperdimensional Awakening », est disponible en téléchargement gratuit au format mp3/256kbps (NDR : artwork compris), sur la page MySpace du groupe (http://www.myspace.com/nutrition)

Que la force soit avec vous !

Alors, elle n’est pas belle la vie en temps de crise ? Merci Nutrition !

Slaraffenland

We’re On Your Side

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Slaraffenland est une formation danoise. A ce jour, elle compte trois albums à son actif. Le second, « Private Cinema » avait reçu d’excellentes critiques, dans la presse spécialisée, même britannique. Leur troisième essai, le combo l’a enregistré en rentrant de leur tournée américaine, périple qu’il avait accompli en compagnie d’Akron/Family. Et il s’intitule « We’re On Your Side ».

Oscillant du post-rock au rock expérimental, en passant par la noise pop et le jazz moderne, leurs influences sont multiples. Certains n’hésitent pas à les comparer aux collectifs Broken Social Scene et Arcade Fire. Pourquoi pas ? Mais leur feeling est avant tout scandinave. Et ça s’entend. Notamment à cause de ce profil folk, souvent adopté par les songwriters suédois. Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que le quintet invite régulièrement des collaborateurs issus de leur pays, dont les compatriotes d’Efterklang, pour opérer des expérimentations en ‘live’, sous le patronyme de Slaraffenklang. Des expérimentations jazz/pop plus proche de l’univers sonore des Norvégiens de Jaga Jazzist.

Chez Slaraffenland l’air est encore frais. Les forêts recouvrent la majorité du territoire. Les gens sont paisibles. La machine économique est mise en mode ‘pause’, le temps d’une petite heure. Guitares, chœurs et percussions sont en parfaite harmonie. Les cuivres donnent le ton. Le rythme s’écoule tranquillement…

« Long Gone » ouvre l’elpee. Une invitation à nous évader au cœur du pays du lait et du miel. Le combo hausse le tempo pour « The Right Place » et « Meet and Greet » ; mais en même temps privilégie un sens mélodique contagieux, un peu comme si les cinq farfadets nous conviaient à s’asseoir autour d’un feu de camp, pour y partager le chant. Plus atmosphérique, « Falling Out » s’éloigne quelque peu du format pop. Après une intro a cappella, « Away » « We’re On Your Side » clôt l’œuvre, en nous ramenant à la dure réalité…

Slaraffenland se produira au Dunk festival, début mars, en compagnie notamment de Thee Silver Mt. Zion, Hrsta, Frank Shinobi et beaucoup d’autres. A bon entendeur…

 

Pink Martini

Splendor in the Grass

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Pink Martini n’est pas une formation très prolifique. Et pour cause, elle vient d’enregistrer son quatrième album en seize longues années. Mais tout vient à point à qui sait attendre. Et le résultat n’en est que meilleur !

L’histoire du combo remonte à une quinzaine d’années. Les deux figures de proue du projet, Thomas Lauderdale et China Forbes se rencontrent à Harvard. Tous deux sont passionnés par la littérature et le cinéma. L'étudiant en histoire et l'étudiante en arts visuels décident, dès 1994, de monter un groupe. Très inspiré et influencé par des musiques exotiques et les ambiances cinématographiques, le duo est alors rejoint par plusieurs musiciens issus d’orchestres classiques et symphoniques. Si bien que le line up compte alors plus d'une dizaine de membres.

Le premier album du groupe « Sympathique » sort en 1997. Il recèle un énorme tube : "Je ne veux pas travailler". Vendu à plus de 650 000 exemplaires dans le monde, il est disque d'or en France. Il faudra attendre sept ans et une multitude de concerts accordés aux quatre coins du globe, pour voir Pink Martini publier sort son second elpee : « Hang On Little Potato ». Un peu moins consistant, sa ligne directrice s’avère néanmoins plus originale. Leurs chansons sont dès lors utilisées dans divers médias, que ce soit au cinéma ou dans des œuvres télévisuelles. En 2007, Pink Martini revient à un style plus éclectique, plus proche de ses débuts, pour concocter son troisième opus, « Hey Eugene! ». 

Enfin, le quatrième long playing studio est paru fin 2009. Intitulé « Splendor In The Grass », il résume bien l’histoire du groupe et son esprit d’ouverture. Enregistré dans la ville de Portland (Oregon), il réunit 9 chansons originales et 4 reprises, panachant chansons en anglais, en napolitain, en italien, en français et en espagnol. « Over the Valley » est un petit chef-d'œuvre. Des coups de cœur ? « Tuca Tuca », « Betty Boppy Betty » et « Où est ma tête ». A cause de cette touche humoristique qui s’ajoute au charme incomparable de cet opus.

« Splendor in the Grass » démontre que Pink Martini a atteint sa pleine maturité artistique ; mais aussi illustre toute l’étendue de son talent et de sa créativité. Inclassable, ce genre musical s’adresse néanmoins à des mélomanes avertis.

My Robot Friend

Soft-Core

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Mon ami le robot répond au doux nom de Howard ‘Robot’ Rigberg. Il est du genre conciliant. Pas compliqué pour un sou. Il suffit de lui glisser un synthé sous les doigts et, instantanément, de sympathiques mélodies s’échappent de ses baffles intégrés. Avant de s’attaquer à la création de « Soft-Core », ce cher tas de ferraille nous avait déjà gratifiés de deux œuvres biscornues mais plutôt bien conçues. Même Anthony Hegarty (Anthony & The Johnson) avait succombé aux bidouillages de ce dernier, prêtant sa voix à l’un des morceaux de « Dial 0 ».

Pour cette séance de « Soft-Core », Mr Robot a rassemblé d’autres amoureux du ‘triturage’ électronique comme Zombie Nation, Outputmessage, Alison Moyet et Dean Wareham, ex-guitariste de Galaxie 500 et Luna. My Robot Friend clôture d’ailleurs sa galette par le « 23 minutes to Brussels » de ces derniers. Un choix étrange, ce même titre ouvrant les festivités du précédent « Dial 0 ». La machine new-yorkaise lorgne souvent du côté de chez Hot Chip (« The Short Game », « Boyfriend! » et surtout « Robot High School », « Mean ») et parfois The Postal Service (« By Your Side »). Loin d’être à l’abri de quelques défaillances, l’électro lo-fi de My Robot Friend vacille constamment du bas de gamme à l’hautement utilitaire. Le système a donc encore besoin de se stabiliser un peu avant de pouvoir envisager une domination mondiale. Oui, « Soft-Core » est un disque de geek pour les geeks. Domo Arrigato, Mister Roboto.

 

Majestic Scene

Swinging in a Perfect Poise

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L’histoire de cette formation commence en 1989. Rob Van Rijswijk et Joop Van Der Kuip se rencontrent sur les bancs du Cobbenhagen College, à Tillburg. Ils remarquent qu’ils partagent une passion commune pour les icônes des seventies. Et en particulier pour Neil Young, Robert Plant ou encore Syd Barrett. Qui vont très rapidement devenir une source d’inspiration majeure. La machine Majestic Scene est en route. Une ambition ? Adapter les compos de leurs modèles. Il faudra quand même attendre 1997 avant de voir paraître leur premier Ep. Un disque publié sur un label indie. Intitulé « Bite The Lemon Instead Of The Orange », il est instantanément encensé par la critique. Dans la foulée, le band immortalise un ‘live’, opère une collaboration en compagnie de Motorspycho, avant de graver un autre album. Après 21 ans de carrière, il faut reconnaître que Majestic Scene n’est pas très prolifique. Il faut dire que depuis la sortie de leur premier Ep, de l’eau à coulé sous les ponts. En effet, Rob Van Rijswijk a quitté le bateau pour embrasser des projets parallèles. Et deux nouveaux musiciens ont fait leur apparition : le guitariste Antoine Kroes et la claviériste/guitariste Eileen Beneken. Cinq années après la sortie de son dernier long playing, c’est donc une nouvelle mouture du Majestic Scene qui a concocté ce « Swinging In a Perfect Poise ».

Et l’attente en valait la peine. Surtout pour les trois premiers morceaux de l’album. Des compos absolument splendides ! La voix nasillarde et austère de Joop Van Der Kuip se pose parfaitement sur la texture ténébreuse et vibrante des guitares, tout au long de « Black Water ». « Perfect Mother » est parcouru d’harmonies vocales bouleversantes. « Misery » est décliné en deux versions. Une plus électrifiée et rythmée. L’autre davantage sombre et indolente. L’ombre de Neil Young n’est pas loin. L’influence du Canadien, mais également de Dylan, sont d’ailleurs très présentes tout au long de l’elpee. A cause de cette conjugaison si spécifique de cordes de guitare électriques et acoustiques, du recours à la lapsteel, et puis de cette sensibilité country/folk rock typiquement yankee. Mais au fil du sillon, l’intensité commence à baisser. Il est vrai que maintenir un niveau aussi élevé tout au long de l’opus n’était pas une mince affaire. Et puis peut-être que l’inspiration commençait à faire défaut. Néanmoins, il faut reconnaître qu’après un peu plus de 20 années d’existence, Majestic Scene possède encore de beaux restes. Et les superbes premières plages du début de l’elpee, en sont la plus belle illustration.

 

Katherine Jenkins

Believe

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Septième album déjà pour Katherine Jenkins qui compte à peine 29 printemps. Quelle productivité, quel don de soi ! Ouais, le problème c’est qu’elle aurait mieux fait de tout garder pour elle et de se contenter d’apparaître (comme elle le fait si bien) sur de jolies photos. Là, je lui aurais accordé toute l’attention qu’elle mérite ! (NDR : mais oui, je suis gentil)

Bon ben pour faire vite alors, cette belle plante blonde, née au Pays de Galles en 1981, est immensément connue dans son île (NDR : pourvu que ça le reste), pour ses ‘talents’ de chanteuse d’opéra et ses interprétations de ‘standards pop britanniques’. Ah bon !

Vendre plus de 4 millions d’albums et être nominée au ‘Brit Awards’ deux fois de suite n’est pas, à mon humble avis, une garantie de qualité. On connaît trop bien les goûts parfois bizarres de nos amis britanniques. Et ce n’est pas Suzan Boyle qui me contredira…

Bref, si vous avez du temps et de l’argent à dépenser stupidement, jetez-vous sur cet album regorgeant de reprises aussi mièvres que désastreuses. En sachant qu’elle a reçu la collaboration et la bénédiction d’Andréa Boccelli et d’André Rieu pour concocter cet elpee, mon jugement n’est que renforcé. N’est pas Shirley Bassey qui veut… Et vous qu’en dites-vous ?

Hallo Kosmo

Kazablanka

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A l’origine, Hallo Kosmo est le projet solo de Daniel Offerman, le bassiste de Girls In Hawaii. Fondé il y a deux ans, ce divertissement parallèle est entre-temps devenu un projet électro-rock. Un projet nourrissant certaines ambitions depuis l’arrivée de Denis Wielemans (batteur de Girls In Hawaii), de François Gustin (ex-Tellers) et de Fabrice Detry (Austin Lace). Un ‘supergroupe’ issu de la scène belge (wallonne même…) en quelque sorte. Question : la solution sonore concoctée par ce jeune quartet mérite-t-elle un super-engouement ?

A l’instar de sa pochette colorée, les compos d’Hallo Kosmo baignent dans une pop rafraîchissante, ‘flashy’ tout en demeurant légère. Quelques morceaux se détachent néanmoins du lot. Tout d’abord, « Ain’t a Thing », chanson minimaliste enrichie de chœurs. « Every Line », également. Plus contemporaine, mais menée tambour battant. Les plages sont criblées de références. Oscillant de Gorillaz (l’ouverture d’esprit) à Phoenix (le profil mélodique et classieux), en passant par les Strokes (la mélancolie nonchalante de la voix). « Money People » et « Drums & Bass » lorgnent même carrément vers Beck. A cause de ces accès judicieux, décalés mais aventureux dans le hip-hop. Dan Lacksman, a participé à la mise en forme de certaines plages de « Kasablanka ». La patte de l’ex-Telex, en son temps formation reine de l’électro made in Belgium, est d’ailleurs immédiatement identifiable. Notamment sur le single ultra-efficace « Rockpolizei » (NDR : ce vocodeur !) ainsi que sur le morceau caché interprété dans la langue de Molière. Mais je réserverai mon coup de cœur à « Old Friend », une très belle mais hilarante ballade, qui clôt le cd, et à laquelle leur amie An Pirelé, est venue apporter son concours au piano.

Bref, sans être exceptionnel, cette œuvre regorge de bonnes idées et libère une fameuse dose de bonne humeur. Une petite ode hédoniste dont le monde du rock belge nous avait très peu habitué. Hallo Kosmo ? Ici Kazablanka !

En Concert :

01/04 au Vooruit à Gand
07/05 au Inc’Roc à Incourt
11/05 aux Nuits Botaniques à Bruxelles
20/06 aux Fêtes de la Musique à St-Gilles (Bruxelles)
26/06 au Musik Marathon à Eupen

Galactic

Ya-ka-may

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Si le label Epitaph plaçait sur orbite, il y a pratiquement un an jour pour jour, le « The Spirit Of Apollo » du groupe N.A.S.A, sa petite sœur Anti réitère l’exploration spatiale en 2010, en nous expédiant dans le cosmos pour visiter les nébuleuses du « Ya-ka-may » de Galactic. Mazette, quelle expédition !

Galactic est né en 1993. A la Nouvelles-Orléans. Et depuis sa fondation, il nous incite à balancer les bras d’avant en arrière, sur des rythmes consensuels. Pour satisfaire tout le monde, le combo puise dans tout ce que Louisiane recèle comme influences musicales. Du jazz à la soul, en passant par le funk, le blues, le hip hop bien ‘trendy’, et le rythm n’ blues enfumé. Rien n’est épargné ! Dès que tous ces éléments musicaux entrent en fusion, une voix adéquate s’impose. Ici encore, grâce à un bon dosage dans le métissage, le résultat est excellent. En bénéficiant de featurings comme Big Freedia, Irma Thomas, Allen Toussaint, Big Chief Bo Dollis ou encore The Rebirth Brass Band, l’opus navigue aux confins d’une voie lactée, que peu d’aventuriers sont parvenus à approcher. Pourtant, on ne peut pas dire que ce « Ya-ka-may » innove. Nous plonge dans l’inconnu. Mais le cocktail de styles est tellement réussi et se révèle tellement complexe, qu’on ne peut que s’incliner face à tel projet. Il n’est pourtant pas rare de se retrouver en terrain connu ; alors qu’il est impossible de s’y être un jour aventuré. Un peu comme lorsqu’on a l’impression de vivre un moment, déjà vécu… « Ya-ka-may » c’est le bouillon de légumes qui réchauffe, la couverture qui rassure, la gaufre qui rassasie, la louche de miel ajoutée au lait chaud. Un moment de bien être à consommer par grosses doses.

 

Field Music

Field Music (Measure)

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Vingt morceaux qui s’étalent sur plus de 70 minutes ! Pas très motivant. Surtout pour un adepte des albums concis, directs et sans fioritures. D’ailleurs, après une première écoute, on se demande quand même s’il existe une quelconque ligne de conduite. Et pour cause, on a parfois l’impression que l’éclectisme est poussé à son paroxysme. Une seconde audition s’impose avant de commencer à cerner les desseins titanesques des frères Brewis…

Mais avant d’aborder l’analyse du troisième essai de cette formation insulaire, il me semble indispensable de se pencher sur leur biographie. Field Music est une formation issue de Sunderland. A la barre : les frangins David et Peter Brewis (NDR : ce dernier s’est, à une certaine époque, chargé des fûts au sein de Futureheads) ; mais également le claviériste Andrew Moore. Un noyau dur régulièrement soutenu par des membres de Maxïmo Park et des Futureheads. « Field Music (Measure) » constitue donc le troisième méfait des Anglais. Il fait suite à un éponyme et « Tones of Town », deux long playings publiés respectivement en 2006 et 2007. A l’issue de la sortie de ce dernier elpee, des rumeurs de split ont commencé à circuler. En fait, le band voulait s’accorder une pause. Elle a duré trois ans. Une période au cours de laquelle David (School Of Language) et Peter (The Week That Was) vont développer des projets personnels. 

Partagée en deux volumes, cette œuvre est particulièrement copieuse. A cause du nombre de plages, mais également du foisonnement d’idées véhiculées au sein d’une même chanson. Et pas seulement à cause des claquements de main, de la basse caoutchouteuse, des soli inattendus et des boucles folles. Les influences sont multiples et les déceler s’apparente à un exercice de style à la fois enrichissant et ludique. Perso, j’y ai recensé des traces de Led Zeppelin, Prince, Fleetwood Mac, les Beatles, David Bowie, Roxy Music, King Crimson, Talk Talk ; mais la liste est loin d’être exhaustive. Cependant, la référence contemporaine la plus pertinente me semble revenir aux maîtres de la pop californienne, Pinback. Déstructurées, opulentes et recherchées, les compos souffrent quand même d’une carence en originalité. Un constat, avouons-le, quand même paradoxal ! Hormis le contagieux « Them That Do Nothing » et le délirant « The Rest Is Noise », aucun autre titre ne sort vraiment du lot. Manifestement, Field Music a monté un projet particulièrement ambitieux. Un peu trop peut-être. A la limite de la prog. Ce qui explique pourquoi les 8 autres plages ne parviennent jamais à s’extraire du lot.

Field Music aurait peut-être intérêt à en revenir à une formule plus simple, plus basique. Mais il est à craindre que ce soit au détriment de la créativité. Simplifier sans pour autant brider l’inspiration. Un fameux challenge…

 

Elva Snow

Elva Snow

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L’idylle de Spencer Cobrin, ancien musicien de Morrissey et du songwriter Scott Matthew n’aura pas fait long feu. Formé en 1999, le duo publie un Ep et un seul recueil avant de rendre les armes en 2005. Depuis, Matthew a fait son bonhomme de chemin, entre composition de musiques de films et autres projets musicaux. Cinq ans après avoir mis un terme à l’aventure, Matthew et Cobrin ressassent le passé. Elva Snow renaît de ses cendres. Une résurrection que l’on doit au succès grandissant de Scott Matthew, responsable de deux excellents disques solo (« Scott Matthew » en 2008, « There Is An Ocean That Divides… » en 2009). L’éponyme retrouve le chemin des bacs pour le plus grand plaisir des fans du barbu.

« Elva Snow » dévoile le côté brut de l’animal. Ceux qui recherchent l’intensité et/ou la théâtralité des travaux personnels de Scott Matthew seront probablement déçus tant cette œuvre diffère de ces derniers. Les premiers écrits du duo sont résolument pop-rock, à commencer par l’irrésistible morceau d’ouverture, « Pavement Kisses ». Bien qu’elle soit moins mise en valeur que de coutume, la voix de Matthew demeure divinement envoûtante et ‘bowie-esque’. En bonus, deux nouvelles compositions, le léger « Last Drink » et le plus introspectif « Hollywood Ending » viennent agrémenter cette réédition. « Elva Snow » est la preuve par 10 que Scott Matthew n’est pas complètement dépressif. Un vrai régal !

 

Doug Deming

Falling through the cracks

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Doug Deming est un guitariste particulièrement talentueux. Il a même la grande classe. Il réside à Detroit, et a fondé son groupe en 1991. A l’époque il répondait au patronyme de The Blue Suit Band. Il puise ses principales influences chez ses anciens maîtres : T-Bone Walker et Charlie Christian ; et parmi les plus contemporains, Jimmie Vaughan et Ronnie Earl. Au fil du temps, la formation a changé de patronyme et s’est rebaptisée The Jewel Tones. Ce backing band a accompagné de nombreux grands noms du blues en tournée ; et notamment Louisiana  Red, A.C Reed, Lazy Lester, Johnny ‘Yard Dog’ Jones, Alberta Adams ou encore Johnny Dyer. Cet ensemble a publié son premier long playing en 2002. Produit par Rick Holmstrom, "Double down" était paru sur le même label, Mighty Tiger. Harmoniciste notoire, Greg Fingers Taylor avait d’ailleurs participé aux sessions d’enregistrement d’"Hi-Fi baby", le second elpee gravé l’année suivante. Mais également Doug Deming. Une œuvre qui avait été mise en forme par Kim Wilson.

Pour concocter "Falling through the cracks", Doug est épaulé par sa section rythmique, c’est à dire Bob Conner à la basse et Julian Van Slyke à la batterie. En outre, il a bénéficié du concours de quelques invités de marque, dont Kim Wilson, le redoutable harmoniciste Dennis Gruenling et le claviériste Bill Heid, un concitoyen qui s'est souvent illustré auprès de Johnny Bassett, un illustre bluesman issu de la Cité de l'automobile.

L'album s'ouvre dans le rythme. La voix de Doug est légère mais affirmée. L'harmonica du jeune et talentueux Dennis Gruenling talonne chacune de ses phrases avant de prendre le premier billet de sortie et de se lancer dans un envol long, mais de tout haut niveau. Excellent ! Doug prend le relais. Son solo bien cadencé surprend par son originalité. Un début très prometteur! Un autre souffleur introduit "Don't worry me (Part 1). Un certain Dave Morris. Cet ex- Big Dave and the Ultrasonics manifeste beaucoup de vitalité dans son jeu. Sa vitesse d'exécution est sans faille. Et il reproduit ce type d’intervention sur "Put it down", une compo directement issue des bayous! La formule trio classique attaque "Falling through the cracks" sur un riff rendu jadis célèbre par Magic Sam, au cœur du Chicago Westside. Et lors de cet exercice de style, Mr Deming nous donne une subtile leçon d'efficacité. A l’instar d’une plage hyper speedée, signée Jimmy Reed, "Momma didn't raise no fool" accueille un troisième souffleur : le grand Kim Wilson ; prouvant ainsi qu’il ne craint pas d'affronter ses jeunes rivaux. Changement de style pour "You changed" (NDR : évidemment !) Du R&B classieux balisé par l’orgue Hammond du maître claviériste de Detroit, Bill Heid. Doug affronte le swing, face à une section de cuivres sur "It was the wine", en s’accompagnant d’une guitare écorchée réminiscente du meilleur de Jimmie Vaughan. Mais ce n’est pas vraiment une surprise. Des cuivres toujours bien présents lors de l’indolent, très fin de soirée "Every night when I get home" ainsi que "No sense" dont le style swing jazz cabaret est entretenu par le piano de Bill Heid. Deming est aussi très susceptible de s’immiscer dans l’univers roots. A l’instar d’"Only time will tell", compo qu’il chante à la perfection. Plus Chicago blues, "I can't believe my eyes" met en exergue Kim Wilson, qui se sent T Birds comme à la grande époque. Doug et Kim reprennent "Don't worry me (Part 2)" en duo. Dennis Gruenlong refait surface lors de l'instrumental offensif "East side hop" ainsi que tout au long de "Whisper", une savoureuse plage saturée de swing. Et cette fête s’achève par "Heiding out!", un autre instrumental hydraté par l’orgue de Heid, dans un registre Memphis R&B ou si vous préférez très Booker T & the MGs. Un album 5 étoiles !

Biffy Clyro

Only Revolutions

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Fort du succès de l’exemplaire « Puzzle », publié en 2007, Biffy Clyro continue son bonhomme de chemin en publiant une nouvelle galette regorgeant de riffs efficaces. Comme d’habitude. Le trio écossais, enfin reconnu à sa valeur, propose un cinquième labeur certes moins classieux et percutant que le précédent mais toujours aussi efficace. « Only Revolutions » est, en quelque sorte, le compromis idéal entre le Biffy Clyro des premières heures et celui qui s’est réinventé trois ans auparavant. Les arpèges rutilants de « That Golden Rule » et les harmonies de « Many Of Horror » évoquent donc « Puzzle », tandis que les offensifs « Cloud Of Stink », « Booooom, Blast & Ruin » et « Shock Shock » dépoussièrent « Blackened Sky » et « The Vertigo Of Bliss ».

Plus que jamais, Biffy Clyro est plébiscité par la presse outre-Manche, comme un NME qui n’hésite pas à les présenter comme le meilleur groupe rock de Grande-Bretagne (NDR : comme beaucoup d’autres, me direz-vous). Josh Homme approuve en déployant son savoir-faire ‘guitaristique’ en climax du morceau « Bubbles », single à paraître en avril. En huit ans, Simon Neil et les frangins Johnston ont grimpé pas mal d’échelons de la scène rock et, même si les plus hautes sphères leur sont encore inaccessibles, ils persévèrent encore et toujours, infatigablement. Ce qui vaut bien tout le respect que le trio mérite.

 

BASta !

Cycles

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Quelle bonne surprise ! Cette galette a été pressée par le label Homerecords pour le projet solo de Joris Vanvinckenroye ! La musique de BASta! évoque à la fois le répertoire classique de Jordi Savall et les sons électro de Air, ainsi que la musique du film « Himalaya, l’enfance d’un chef ».

Joris a étudié le violoncelle au conservatoire royal d’Anvers, puis il s’est fait la main et l’oreille aux côtés d’artistes tels que Sandy Dillon, Björk, Satisho Takeishi, Toon Fret, Jan Marmenout, Robby Lakatos, en compagnie desquels il a participé à divers projets. Fondateur et compositeur du groupe Troissoeur, puis de l’autre formation (toujours active) Aranis, il participe aussi à des projets théâtraux. On l’aura compris, le bonhomme a eu l’occasion de se faire l’archet au gré de moult expériences.

S’il n’a que quatre cordes à sa contrebasse, il a plus d’un tour dans sa poche et surtout, une loop station qui lui permet de superposer les couches et d’avoir, pour ce projet solo, l’étoffe d’un orchestre de contrebasses !

« Cycles » est un album solo atypique. Les rythmes répétitifs sont posés sur des basses qui parfois trompent l’oreille et se prennent pour des sons électroniques. John Cage ne doit pas être bien loin, Joris pince, tape, frotte, secoue sa contrebasse et en sort des sons inattendus. L’instrument grince ou chante, c’est selon.

Dans un genre indéfinissable, mais à qui le terme ‘rock de chambre’ sied plutôt bien, BASta! est un projet expérimental et novateur, bien qu’on puisse évoquer les Velvet Underground et Brian Eno, entre (de trop nombreux) autres. On pourrait citer également le joueur d’oud Anouar Brahem pour l’aspect cyclique, la douceur et la sensualité des mélodies. La musique, harmonieuse, consistante et chargée de suspense, revêt aussi une dimension méditative, quasi-métaphysique. Joris joue seul dans un orchestre imaginaire et dès lors, très personnel. Basta ? Mais non, on en veut encore!