Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

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Warpath

Damnation

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Un nouveau virus débarque de la Perfide Albion pour contaminer nos contrées. Son nom : Warpath. La presse médicale a beau l’ignorer, petit à petit, il gagne du terrain. Déjà l’Angleterre et le Japon ont succombé. Votre serviteur lui-même vient d’être contaminé. Pour le quadragénaire que je suis, l’effet est dévastateur. Tel un Alzheimer précoce et fulgurant, il s’attaque aux cellules du cerveau et joue des tours à la mémoire. Les vingt-cinq dernières années de mon existence sont balayées et oubliées en quelques secondes. J’ai de nouveau 15 ans, je suis dans ma chambre. Les murs sont recouverts des posters de mes idoles : Metallica, Exodus, Overkill, Slayer et Agent Steel. Le vinyle qui tourne à la vitesse de 33 tours minutes sur ma platine déchaîne l’enfer dans les haut-parleurs de ma chaine stéréo. Ma mère tambourine à s’en rompre le poignet sur la porte de mon antre en hurlant : ‘Il va trop fort ton machin’ ! Je n’en ai rien à battre. Je secoue ma crinière au rythme effréné du thrash métal et je continue à gratouiller ma guitare invisible.

« Damnation » est l’album ‘Thrash’ le plus excitant de ces dernières années. Et je ne fais pas allusion à la succession de riffs gonflés artificiellement et dénués de soli de guitares sur laquelle un hurleur standardisé place des vocaux hardcore que l’on appelle ‘trash moderne’. Non, moi je vous parle de Thrash ‘Old School’. Celui d’Exodus, de Testament, de Nuclear Assault, d’Onslaught et d’Overkill. Celui qui, chez nous, avait enfanté Cyclone.

Warpath est un groupe anglais qui, bien que formé en 2003, a un pied bien ancré dans les années quatre-vingt. Le fait de n’être signé sur aucun label ne l’empêche aucunement de cartonner dans sa patrie. Elu deux années de suite ‘Meilleur Groupe Non-Signé’ par les lecteurs du célèbre magazine Terrorizer, le groupe a eu l’honneur récemment de faire une apparition dans le show hebdomadaire que présente Bruce Dickinson sur la BBC. Le chanteur d’Iron Maiden y a présenté « Damnation » comme : ‘une fine tranche de thrash métal classique’. Et pour cause. Tout sur ce disque évoque les classiques du thrash. Des guitares qui assènent des riffs tranchants déclinés une vitesse ultrasonique et –surtout– délivrent des soli flamboyants. Une section rythmique hallucinante, forte d’un jeu de batterie si inspiré et technique qu’il en est presque inhumain ; sans oublier de superbes lignes de basse qui, pour une fois, ne sont pas noyées dans le mix. Fait plutôt rare de nos jours dans ce style musical, le vocaliste a un timbre qui ne ressemble pas à celui des autres et confère une identité unique au thrash du combo.

Tout comme la dextérité des musiciens, le son de « Damnation » est excellent et bien au dessus de la moyenne. Enregistré aux Etats-Unis, dans les studios de Kevin Talley (Chimaira, DAATH), il a été mastérisé par James Murphy, expert ultime en matière de thrash puisqu’il a été, entre autres, le guitariste de Testament, Death et même d’Agent Steel.

Si vous êtes fan de thrash métal, il ne vous reste qu’une chose à faire : vous connecter à la page MySpace de Warpath pour contracter le virus et éventuellement y acquérir « Damnation » pour la modique somme de onze livres sterling, port compris. Un must, tout simplement.

30 Seconds To Mars

This is War

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Menant deux carrières de front, Jared Leto n’a guère de temps libre. Passant d’une caméra à un micro et inversement, notre artiste polyvalent américain arrive tout juste à concilier ses deux passions. Pas facile de délaisser l’une pour l’autre. C’est sans doute la raison pour laquelle depuis 1998, date de sa fondation, le groupe au patronyme (un programme à lui seul !) plus que bizarre n’a publié que trois albums.

En 2002, leur première œuvre éponyme avait ouvert leur discographie en mode mineur. Mais le succès sera déjà au rendez-vous lors de la sortie trois ans plus tard, du très bien surexploité, « A beautiful Lie ». Puis la bande aux frères Leto (Jared au chant et aux guitares, Shannon aux drums) entre en conflit avec leur maison de disques de l’époque (Virgin Records). Ils perdent même leur procès. Si bien qu’il faudra attendre cinq longues années avant de voir paraître ce « This is War ».

La recette est toujours identique : un bon rock ‘fm’, une voix reconnaissable entre mille, des mélodies faciles, plutôt gentilles et des chœurs, des chœurs, des tonnes de chœurs… Bref pas grand-chose d’original à se mettre sous la dent. Mais pas non plus de quoi jeter le bébé avec l’eau du bain…

30 Seconds to Mars reste un bon petit groupe agréable à écouter ; quelques morceaux sont même d’excellente facture (« Kings and Queens », « This is War », « Closer to the Edge ») et les trois ou quatre tendres ballades (« 100Suns », « Hurricane », « Alibi ») feront certainement frémir les jeunes filles de moins de 18 ans (NDR : la majorité des fans du groupe), toutes folles, sans aucun doute, du beau Jared.

Jared s’offre une (très) bonne parenthèse musicale avant d’entamer la promo de son prochain long métrage ‘Mr Nobody’, réalisé par notre compatriote Jaco Van Dormael et dont la sortie est prévue pour ce début d’année.

A noter que le band est en tournée dans nos contrées le 1er mars à Bruxelles et les 4 et 5 mars chez nos voisins d’outre-Quiévrain (Lille et Paris).

Julie Doiron

I Can Wonder What You Did With Your Day

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Adepte du ‘vite fait, bien fait’, Julie Doiron opère une nouvelle livraison expresse. Toute chaude, la galette privilégie les mélodies ‘upbeat’ qui manquaient cruellement au pourtant très bon « Woke Myself Up », publié en 2007. Si on néglige les collaborations opérées auprès d’Okkervil River et de Wooden Stars, « I Can Wonder What You Did With Your Day » s’installe en septième position de la discographie conséquente de la Canadienne. Entourée ici de Rick White, un autre rescapé d’Eric’s Trip ainsi que de Fred Squire, son nouvel acolyte, Julie Doiron propulse douze ritournelles redoutablement efficaces, aux mélodies plus irrésistibles les unes que les autres. La chanteuse, d’une constance impressionnante, varie cette fois les plaisirs par le biais de « Je le savais », un morceau entièrement interprété dans la langue de Molière.

« I can Wonder What You Did With Your Day » est probablement l’œuvre la plus accomplie de Julie Doiron. Cette dernière s’amuse enfin ; et cette bonne humeur est communiquée avec justesse aux travers d’extraits comme « Borrowed Minivans », « Consolation Prize », « The Life Of Dreams » ou le bien nommé « Glad To Be Alive ». Mais ceux qui préfèrent le côté obscur des compos de la belle ne seront pas en reste ; « Blue », « Spill Yer Lungs », « Heavy Snow » traduisant à merveille ses idées noires. Bref, quelques bons points de plus dans le carnet de notes de cette élève modèle. 

Expatriate

In The Midst Of This

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Pour qu’un album soit édité en Europe plus de deux ans après sa sortie australienne initiale, c’est qu’il dispose de solides références ! Et en effet, une seule écoute d’« In The Midst Of This », suffit pour affirmer que des qualités, Expatriate en possède assurément. Comme l’avait laissé entrevoir leur Ep 4 titres, « Home », sorti il y a quelques mois en Europe, Expatriate (NDR : en réunissant des ‘expatriés’, le choix de ce patronyme s’imposait naturellement) évolue dans la catégorie des groupes de festival taillant des compositions épiques comme d’autres se brosseraient les dents. « Gotta Get Home », « The Spaces Between », « Get Out, Give In » ou « Crazy » devraient passer en boucle sur toutes les ondes hertziennes. Et récolter un succès fulgurant. Une aubaine, en perspective, pour les programmateurs avisés ! Le premier album des Australiens regorge donc de hits à chanter en chœur ou sous sa douche. L’ambiance est quasiment 80’s. On pense bien entendu au Killers, à U2, à Placebo (dont ils ont d’ailleurs assuré la première partie) ou à Echo & The Bunnymen. Voire à Kasabian pour ne pas remonter si loin dans le temps.

Les Expatriate en font-ils trop dans la grandiloquence ? Probablement ! Mais est-ce réellement un problème lorsqu’on sait que le groupe possède une telle force mélodique ? Il serait en tout cas dommage de passer à côté d’« In The Midst Of This » pour cause de délit hymnique! Et qu’importe si la date de consommation est expirée ou que l’ensemble manque d’originalité. Les compositions des ‘Expatriates’ s’avèrent parfaites pour mettre de bonne humeur. A écouter de préférence puissance maximale en voiture ou en vacances. « In The Midst Of This » est un petit concentré de vitamines rock à tendance new wave en provenance directe de Sidney. Vive l’import-export !

Fuzz Orchestra

Comunicato N°2

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C’est toujours avec une certaine appréhension que je vois atterrir dans ma boîte aux lettres, les Cd promos estampillés du logo de Mandaï Distribution. Bien que j’admire le courage commercial de ce distributeur d’enregistrements indépendants, j’avoue à ma grande honte que ses produits, souvent difficiles d’accès, me laissent souvent indifférent. « Communicato N°2 » des Italiens de Fuzz Orchestra pourrait bien changer un peu la donne.

Fuzz Orchestra est né en 2005. Il a été fondé par trois des quatre membres de Bron Y Aur. Objectif ? Créer un groupe différent dont la musique serait basée sur une improvisation construite autour d’une structure rock et de manipulation sonores. En clair : on s’enferme dans un studio, Luca improvise de gros riffs de guitare, Marco y colle la batterie, on s’enregistre et Fiè bidouille les bandes en y ajoutant des sons aussi divers et variés que des discours de Mussolini, des extraits de films (italiens), des sirènes, etc. Plutôt surprenant, surtout que parfois, l’improvisation débouche sur un résultat d’assez bonne facture. Comme par exemple l’excellent « Focu d’Amuri » où un énorme riff doom métal est mixé avec un sample de l’harmonica de la B.O. du ‘Il était une fois dans l’ouest’ d’Enio Morricone et à un chant féminin relativement exotique tiré d’un film italien quelconque. A d’autres moments, par contre, les improvisations et les bidouillages digitaux sont beaucoup moins heureux et débouchent sur une bouillie sonore plutôt imbuvable. Au rayon ‘horripilant’ on notera aussi l’abus d’utilisation d’un saxophone dissonant qui, s’il donne un côté jazz rock à la musique, agresse quand même un peu l’oreille de l’amateur de rock pur et simple. Sur « Luglio 01 », le titre le plus accessible de l’album, le chant (en italien) vient apporter une couleur Black Sabbath ‘vintage’ bienvenue.

Bien loin d’être un disque de mauvaise facture, « Communicato N°2 » nécessite cependant une certaine acclimatation pour être apprécié. La guitare lourde et les rythmes lents pourraient probablement plaire aux amateurs de doom métal les plus ouverts ou aux inconditionnels du rock expérimental.

Bruce Gilbert

This way (réédition)

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« This way » constitue le premier album solo du guitariste de Wire, Bruce Gilbert. Il date de 1984 et vient d’être réédité, après remasterisation. Un disque dont les deux premiers morceaux étaient destinés à sonoriser « Do you me ? I did », une chorégraphie imaginée par l’enfant terrible du ballet britannique, Michael Clark. Deux plages qui s’étalent respectivement sur 20’09 et 10’18. Les deux autres morceaux, « Here visit » et « U, Mu, U », quoique de durée plus brève (NDR : 5’53 et 3’12), s’inscrivent cependant parfaitement dans la philosophie sonore de cette œuvre expérimentale. Synthés, bourdonnements, boucles, chœurs et tutti quanti, sans oublier les inévitables rythmes pulsants, tissent une texture semi-ambient, semi-postindustrielle, qui aurait pu naître d’une rencontre hypothétique entre Stockhausen, Einsturzende Neubauten et Popol Vuh. A l’écoute de cette musique, vous êtes successivement envahis par des tas de sentiments : l’inquiétude, l’angoisse, la peur voire le cauchemar ; mais aussi la quiétude et l’évasion. Une œuvre avant-gardiste pour l’époque, devenue intemporelle, mais qui s’adresse exclusivement à un public averti…

Dayna Kurtz

American Standard

Écrit par

Dayna Kurtz a littéralement bluffé la presse spécialisée en 2006 lors de la publication de son grandiose « Another Black Feather (For The Wings Of A Sinner) », un disque d’une intensité rare. Quatre ans plus tard, l’espoir de voir ce classique jouir d’une succession digne de ce nom s’évanouit au moment où « American Standard » rejoint les bacs. La richesse des mélodies à la fois introspectives et cathartiques d’« Another Black Feather » sont délaissées au profit d’un son résolument Americana. Ce qui n’est pas un mal en soi. Mais l’inspiration de la dame semble être confrontée à ses limites.

Un fait d’autant plus avéré que les morceaux les plus réussis de ce nouveau recueil émanent de la plume d’autres artistes (« Here Comes A Regular » des Replacements, « Don’t Go Down » d’Elliott Smith et « Lou Lou Knows » de Slim Willet). Pour le reste, les arrangements sont d’une banalité ultra-décevante et l’intervention de Keren Ann au sein des chœurs ne change pas la donne. Des écrits de la singer-songwriter à la voix grave, seule l’interprétation a capella du très court « You Fine Girl » évoque la Dayna Kurtz qui a fait fondre les critiques quatre années auparavant. Dommage !

Lightning Dust

Infinite Light

Écrit par

Noyé dans les flux tourbillonnants du grand fleuve sonore 2009, le projet parallèle d’Amber Webber et Joshua Wells, membres de « Black Moutain », souffre de ne pas avoir cheminé dans le paysage médiatique de notre continent.

Un deuxième album en duo pour le groupe indé canadien qui offre pourtant un folk dépouillé d’une pureté bouleversante. Une poussière de poussière. Une poussière infinitésimale de lumière qui illumine un monde immobile et serein. Une nostalgie inerte peinte d’une ère post-Woodstock. Un tableau où se profile une cathédrale de sons architecturée par Joshua Wells et effleurée par les traits délicats d’Amber Webber. Un lieu rare et minimaliste suspendu au milieu du vide. Cette œuvre d’art est le fruit de la plume de Webber et de la musique de Wells. Quand lui désirait construire ‘un son plus doux et plus mélodique que « Black Mountain »’, elle rêvait ‘d’explorer un versant plus gothique’ : le résultat est soufflant !

Loin de l’univers électrique et propulsif de « Black Mountain », l’inertie grisante de Lightning Dust nous régale d’un album doux et rêveur où la voix de la belle Canadienne occupe tout l’espace. Une voix au bord de la crise de nerfs qui s’habille de cordes graciles (guitare acoustique, violon, violoncelle), de notes délicates de piano et d’une batterie léchée.

L’introspection s’exprime idéalement sur « Dreamer », morceau reposant sur une orchestration minimaliste aux rythmiques martelées et aux violons insistants. Ecrin idéal pour porter la voix fragile d’Amber Webber jusqu’aux cimes limpides d’un ‘drama-folk’ hautement émotif. Un chant tragique et sanglotant qui frissonne au corps et marbre de froidure les chairs de l’auditeur.

Un elpee 10 titres qui s’ouvre fragilement sur le piano disloqué d’Eno Brian et la voix chevrotante d’Amber Webber s’étirant sur de multiples mesures (« Antonia Jane ») puis s’éteint langoureusement sur un staccato de violon mélancolique qui effleure le mystique (« Take It Home »).

Un délicieux album sans comédie et sans emphase. 

 

Eamon McGrath

13 songs of whiskey and light

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Il vient à peine de fêter ses vingt ans, et compte déjà la bagatelle de 18 albums différents à son actif. Ainsi il rejoint, voire dépasse, Conor Oberst au panthéon des jeunes folkeux prolifiques. Il est canadien et se nomme Eamon Mcgrath. Le natif d’Edmonton vient cependant de réunir sur « 13 Songs of Whiskey and Light », ses treize meilleurs morceaux publiés entre 2006 et 2009, c’est-à-dire au sein d’un répertoire de plus de 100 chansons. Excusez du peu !

Mais le plus étonnant procède de son timbre vocal, vu son jeune âge. Un timbre ravagé, nicotiné, imbibé de whiskey, comme s’il était rongé par le tabagisme et avait passé de folles soirées à siroter du bourbon. Et pourtant, ce n’est ni le fils de Tom Waits, ni le frère cadet de Ben Weaver…

Eamon pratique une forme de folk-blues évoquant tantôt Bruce Springsteen voire Neil Young ; néanmoins quand les compos s’électrifient, à l’instar de « Big River » ou encore « Cadillac Rosetown », c’est plutôt du côté de Kings Of Leon que son inspiration semble s’orienter. Enfin, « Last Man  Standing » aurait parfaitement pu figurer sur la bande originale du film des frères Cohen, « O’brothers ». A cause de cette mélodie indolente, rythmée par les sonorités de chaînes qui s’entrechoquent, projetant l’image d’une colonne de prisonniers, déambulant le long d’une longue route sèche et poussiéreuse du Sud des USA…

Multi-instrumentiste, McGrath glisse allègrement du piano à l’harmonica, en passant par la guitare acoustique et électrique. Paisibles, plus enlevés ou chargés d’une grande sensibilité, ses compos ne cherchent jamais à surprendre. Mais tout simplement à flatter l’oreille. Bref, un elpee agréable à écouter ; mais surtout une bonne occasion de découvrir ce jeune Canadien, dont le futur est plus que prometteur. Mais chaque chose en son temps. En 20 années d’existence, Eamon Mcgrath a déjà montré toute l’étendue de son talent. Il ne lui reste plus qu’à confirmer. Vivement la suite !

Midlake

The Courage of Others

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Si à l’instar de votre serviteur, vous avez pleuré de bonheur en écoutant « The Trials of Van Occupanther », l’annonce de la sortie du dernier opus de Midlake vous aura certainement fait frémir de plaisir. Paru en 2006, ce précédent long playing exhalait un parfum folk 70’s à la fois puissant et cristallin. Il avait presque touché au sublime et une sensation extrême de bien-être vous avait alors envahi. Conservez ces instants de grâce en mémoire avant de passer à l’écoute de « The Courage of Others ». Car il vous sera nécessaire, une nouvelle fois, d’accepter de voyager sans boussole, sur la frégate des Texans ; et ce, sans jamais douter des capacités des explorateurs qui vous guideront. Mais à l’instar du précédent elpee, ces derniers feront tout ce qui est en leur pouvoir pour vous préserver d’une quelconque violence extérieure.

Dès l’ouverture, les alchimistes de Midlake vous servent un subtil cocktail de romantisme, grâce et volupté. Tissant ensuite des mélodies cotonneuses en toute discrétion, mais en y injectant une puissance éblouissante. Simples et délicates, les envolées décrivent sans cesse les mêmes ellipses. Avec ce petit air inexplicable de Malicorne, les Américains se posent en ménestrels, en troubadour de la cour. Sur des rythmes de tambourin, ils emboîtent le pas à des souffleurs de fifre pour une balade dans des sous-bois magiques. Et c’est tout naturellement que nous suivons la troupe, sans se soucier de l’heure ni de la fraîcheur des lieux.

Partagé en onze itinéraires, « The Courage of Others » s’étale sur 40 minutes. Suffisant pour se laisser totalement envoûter par la tessiture de coton noble tramée patiemment par Midlake. Une telle œuvre ne s’écoute pas d’une oreille distraite tout en vaquant à d’autres occupations. Il exige une certaine forme d’intériorisation ; un réel détachement du monde réel qui nous entoure. Il est aussi très susceptible de modifier le fil de votre existence…

 

R.J. Mischo

Knowledge you can't get in College

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RJ Mischo est un excellent harmoniciste. Ce n’est pas encore un vétéran, mais il compte déjà vingt bonnes années de carrière au compteur. En outre, il jouit encore et toujours d’une solide réputation sur la scène contemporaine. Il se considère même comme un monarque de l’harmo. D’ailleurs, lorsqu’il est photographié, il aime poser la tête ceinte d'une couronne. Il a opéré ses débuts à Minneapolis, sous l'œil bienveillant de Mojo Buford, autre souffleur qui avait milité au sein du band de Muddy Waters. Il monte sa première formation en compagnie du guitariste Teddy (alors Kid) Morgan et du chanteur noir Percy Strother. De ce projet naîtra un elpee : "Ready to go". Publié en 92. Au cœur des années 90, il tourne régulièrement en Europe et signe deux opus pour l’écurie allemande Crosscut : le live "Rough 'n' tough" et "Cool disposition". Respectivement en 96 et 97. En 1998, RJ émigre sur la côté Ouest des States. A San Francisco, très exactement, où il ne tarde guère à se faire une solide réputation. Il enregistre régulièrement et participe à deux volumes des "Blues Harp Meltdown", pour le label Mountain Top, et concocte un superbe album en 99, "West wind blowin'". Il participe au projet Downhome Super Trio, en compagnie de Frank ‘Paris Slim’ Goldwasser et du drummer Richard Innes, une aventure immortalisée par le long playing "Live at Lucerne Jazz Festival", un disque à nouveau publié chez Crosscut, en 2003. Il commet encore, toujours pour la même boîte, "Meet me on the coast" la même année et "He came to play" trois ans plus tard. Son dernier cd, "King of a mighty good time" date de 2008. Depuis, il s'est installé à Fayetteville dans l'Arkansas.

“Knowledge you can't get in College” constitue donc déjà son dixième album. Et pour le confectionner, il est retourné en Californie, du côté de San José, dans le studio Greaseland du guitariste Chris ‘Kid’ Andersen. Il a en outre reçu la collaboration de professionnels du style : Kid Andersen et Rusty Zinn aux guitares, Sid Morris aux claviers, June Core aux drums et Kedar Roy à la basse. Rien que du beau monde!

La ‘connaissance’ de Mischo s’ouvre par "Two hours from Tulsa", une compo évoluant sur le rythme d’une rumba. Les deux gratteurs sont à l'affût ; mais c'est le Kid qui décroche le droit de sortie. Toujours aussi inspiré, l'homme du nord ne concède que les notes qui tuent. Il est toujours au sommet de son art. Au sein du décor sonore, Zinn écrase modestement une pédale. RJ souffle judicieusement dans son instrument chromatique. Tout en jazz et swing, "Too cool for school" est un instrumental court, nerveux et rapide. La section rythmique est mise à l'épreuve. Kedar Roy assure pourtant sur sa lourde contrebasse acoustique, tout comme June Core derrière ses fûts, à l’instar de Matthew Dallonge, l'œil rivé sur la silhouette féline de son leader. Le titre maître démarre en puissance. Une compo qui avait forgé la notoriété de Slim Harpo, sur les routes humides qui reliaient la Louisiane au Texas voisin! Mischo chante "Little Joe" d'une voix soul. Une ballade légère et atmosphérique baignant au sein d’un climat empreint d’une grande sérénité. June et Rusty entretiennent de subtiles percus à l’aide de leurs mains, alors que Lisa Lou y pose son timbre féminin. Le sextet est vraiment convaincant tout au long d’"Ain't nothin' new", une plage légèrement R&B, illuminée par la guitare largement amplifiée de Rusty Zinn. Une petite perle dans le style, digne d’un certain Paul Butterfield. Sid Morris s’installe derrière son piano pour introduire "Ruthie Lee", une compo issue d’un autre pianiste légendaire, Roosevelt Sykes. Une bonne tranche de Chicago blues caractérisée par les excellents soli d'Andersen et RJ. "Big plans" et "Rich cat" évoluent dans un même registre, tout en poussant Rusty Zinn à l'avant-plan. Imprimé discrètement sur un tempo boogie, le "Please don't leave" de Big Lucky Carter est certainement un des meilleurs morceaux de l’elpee. Très en verve, Zinn y tire parfaitement son épingle du jeu. Accrocheur et hypnotique, "Don't look twice" emprunte un thème proche de Slim Harpo. Mischo souffle à la manière de Sonny Boy Williamson II, sur un autre instrumental intitulé "Teacher's pet". "Devil's love sin"/The wrong man" est un medley relevant successivement des plumes de Walter Vinson et Mojo Buford. L’immersion dans les profondeurs du Chicago Souhside est totale. Et lors de cette adaptation, Mischo est vraiment dans son élément. Les rythmes syncopés de la Nouvelle Orléans envahissent "Down in the bottom", Sid se chargeant de baliser le tout de ses ivoires. RJ se retire en toute quiétude en interprétant le "Mama don' t tear my clothes" de Snooks Eaglin. Un excellent album!

 

My Diet Pill

Beautiful Girls Like Science-Fiction

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My Diet Pill ? Quel drôle d’oiseau ! Vu son emballage tape à l’œil et ses couleurs chatoyantes, on se demande rapidement si le ramage vaut bien le plumage. La galette est livrée avec un book. Assez intriguant. Du style Comics Marvel, où des super héros vont casser les antennes à des cafards géants et les super héroïnes arborent des nibards hyper fermes enserrés dans des bonnets 110 E.

“Beautiful Girls Like Science-Fiction” cumule donc compact-disc et bande dessinée. Comique comme approche ! Mais ce stratagème n’est-il pas destiné à nous en mettre plus dans la vue que dans les oreilles ? Honnêtement, un petit peu quand même. Pas que la formation française soit constituée de bras cassés ; loin de là. Mais si l’originalité procède de l’emballage, elle fait largement défaut dans son contenu.

Les accents rock teenager (« Cockroach Blues »), le rock garage (« Alice ») voire les faux airs de Maxïmo Park ou encore de Bloc Party (« Drowning Man », « ABC on The Bell ») laissent une impression de déjà entendu, plutôt marquante. Cette carence d’identité est en outre accentuée par les 10 remixes des 5 premiers morceaux du disque. De quoi s’emmerder grave ! Ou de zapper sans scrupules, en imaginant une intention de nous mettre en couleur ! C’est un Ep ? Ah, bon !

Pourtant, la formation ne manque ni de bonne volonté, ni de talent. Et elle est manifestement susceptible de construire son propre univers sonore. Sans oublier l’excellent boulot accompli lors des arrangements et de la mise en forme. Etonnant, non ? Alors pourquoi ce mimétisme ?

Petula Clarck

Aye-Aye-Aye

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Ne pas confondre Petula Clarck et Petula Clark, actrice et chanteuse britannique de variétés ayant rencontré un énorme succès à travers le monde, mais surtout en France et en Grande Bretagne, entre 1949 et 1970 (NDR : son plus gros tube, « Downtown », avait fait un carton en 1965 !). C’est vrai que la similitude orthographique est flagrante ; mais la différence musicale l’est tout autant. Attention, la surprise pourrait être fatale !

Petula Clarck (avec un ‘c’ donc) est un duo montois pratiquant un post punk particulièrement prisé au sein de cette mouvance. « Aye-Aye-Aye » constitue leur premier elpee. Il est découpé en 20 morceaux étalés en moins de trente minutes ; d’ailleurs, seuls cinq titres dépassent les cent-vingt secondes. La formule est rituelle : une guitare fortement électrisée s’épuise sous les coups de butoir des drums déchaînés. Pas question ici de timbre tout en finesse cher à la cantatrice british. Non, hormis quelques rares bribes de chant, les vocaux sont réduits à des onomatopées vociférées, comme chez le Singe Blanc. Rapidité et puissance sont les deux mots clés pour décrire la musique de Petula Clarck. Une exception qui confirme la règle : « Coyote ». En ralentissant quelque peu le tempo, l’auditeur a ainsi le temps de reprendre son souffle, avant de repartir à l’assaut. Idéal pour se réveiller. Imparable en live. Les deux Montois n’en demandent pas plus et nous non plus, soit dit en passant. Certes l’expression sonore du tandem ne va pas révolutionner le genre. Mais pourquoi changer une formule qui a fait ses preuves ? Les amateurs adopteront Petula Clarck, les autres passeront leur chemin. Et puis soyons franc, un sentiment de satisfaction m’envahit toujours lorsqu’un groupe belge affiche un tel potentiel.

 

Le retour du vinyle

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Vous avez jeté ou revendu votre vieille platine aux puces ? Ou alors, pas précaution, vous l’avez rangée quelque part dans votre grenier ? Va falloir la ressortir. Ou en racheter une nouvelle. Alors qu’on ne parle plus que de numérique voire de dématérialisation de la musique (pensez au MP3 et à l’iTunes), le vinyle refait surface. Au cours des 80’s, l’elpee était devenu ringard ou alors faisait exclusivement le bonheur des collectionneurs. Seuls les Djs et les rappeurs s’en servaient encore. Et pas nécessairement de manière conventionnelle. Mais, depuis quelques années, outre-Manche, les 45 tours ont recommencé à fleurir dans les bacs de disquaires et les 33 tours semblent suivre le même chemin. Plusieurs raisons à ce phénomène ? Tout d’abord, le graphisme de la pochette. En compact-disc le digipack est trop souvent réduit à sa plus simple expression. Et son minimalisme peut devenir frustrant. Surtout quand cette pochette est réduite à son strict minimum. Et le mélomane a l’impression, vu le prix réclamé pour ce produit, d’être roulé dans la farine. La pochette d’un 33 tours a souvent été élevé au rang d’œuvre d’art. Pas pour rien que c’est dans cet exercice de style que des Paul Whitehead, Roger Dean, Barry Godber ou encore Andy Warhol ont forgé leur notoriété. Et puis, pensez aux classiques de Pink Floyd, Genesis, Rolling Stones, Jethro Tull, Led Zeppelin, Yes, King Crimson, Velvet Undergound ou encore Iron Maiden. La liste est d’ailleurs loin d’être exhaustive. Enfin, il y a la différence de son. Que les spécialistes estiment clinique et glacial pour le cd ; imparfait, mais tellement chaud pour le vinyle.

Dès 2001, les Strokes se sont remis au vinyle. Et les Libertines, les White Stripes, Kills et tutti quanti de leur emboîter le pas. Mais apparemment, c’est surtout le back catalogue des artistes légendaires qui semble justifier ce retour aux sources. Et pour cause, les acheteurs potentiels sont, pour la plupart, des collectionneurs. A voir maintenant si les plus jeunes mélomanes ont vraiment envie de conserver une trace de ce qu’ils écoutent ou ont écouté. Mais pourquoi pas, puisqu’on est en pleine mode ‘vintage’. Et puis c’est peut-être le meilleur moyen de relancer la vente du disque. Petite indication, au cours de l’exercice 2009, la vente de vinyle a augmenté de 10%. Certains labels majors ont déjà bien compris l’intérêt de cette formule ; mais Music on Vinyl, distribué au sein du Benelux et en France par Bertus (http://www.bertus.com) a décidé de mettre la gomme. Pour une première fournée, Jeff Buckley, Johnny Cash, Clash, Jimi Hendrix, Michael Jackson, Elvis Presley, Santana, Lou Reed, Patti Smith, Bruce Springsteen et j’en passe ont déjà ou seront très prochainement réédités en vinyle.

Pour plus d’infos : http://www.musiconvinyl.com

 

Good Shoes

A côté de ses pompes…

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Curiosité bien ordinaire que de venir découvrir les derniers phénomènes émergents indie-pop d’outre-Manche ce mardi 26 janvier au Botanique. C’est principalement en 2007, en assurant des premières parties de groupes tels que The Rakes, Kaiser Chiefs, Maxïmo Park ou encore Blood Red Shoes, que le quatuor londonien s’était fait connaître et nous avait présenté les contes adolescents de son premier elpee, « Think Before You Speak ». Un premier album prometteur mais trahissant un manque de maturité.

Peu avant la sortie du deuxième long playing (« No Hope, No Future »), Rhys Jones, leader de la formation, élevait cependant le discours en nous annonçant la sortie d’un elpee ‘plus complexe et plus lourd’. Encore fallait-il le démontrer sur les planches de la Rotonde, à Bruxelles.

Les Kids anars de Mordem (banlieue Sud de Londres) n’avaient pas laissé la promo de « No Hope, No Future » au hasard et avaient la ferme intention de se faire entendre, d’emblée, sur toutes les scènes d’Europe. Leur agenda d’horloger en est témoin : sortie belge de l’album le 25.01.2010, suivi d’un concert à Bruxelles le 26.01.2010 ; sortie française prévue le 26.01.2010, suivi, sans transition, d’un live au Point Ephémère à Paris le 27.01.2010…

La variation annoncée entre le premier et le deuxième album n’est cependant pas à la hauteur des ambitions affichées. Quelques minutes live suffisent pour comprendre que Good Shoes ne représente qu’un groupe indie britannique de plus (ou de trop !) Une formation qui chante, une fois de plus, la vie ordinaire et cruelle de banlieusards londoniens et souffre cruellement de personnalité : Futureheads et Artic Monkeys pour le versant punk-rock et Robert Smith pour le côté new-wave nostalgique.

Good Shoes propose une setlist expéditive aux mélodies répétitives. Un pop-rock nerveux, pas franchement mauvais, mais insipide et indolore. Pas de secousse sismique au sein de la Rotonde. 100 DBA qui ne s’envolent jamais et nous présentent une prestation globalement punk-rock et sans sueur. Un set aux enchaînements rapides et expéditifs qui nous rappellerait presque les Ramones. « Ice Age », coloré d’une voix sans émotion, se fait d’ailleurs remarquer par ses refrains ‘ramonesques’.  

A vrai dire, ce concert évoque davantage la performance d’un bon groupe animant un bal de fin d’année dans un collège. Les jeunes Londoniens aux allures de teenagers désabusés accusent déjà des signes de fatigue sur scène et adoptent un comportement légèrement ‘sick of it all’.

Et, malheureusement, c’est contagieux ! Zéro rappel confirmera cette tendance.

(Organisation Botanique) 

 

Shudder To Think

Live From Home

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Faute avouée est à moitié pardonnée (NDR : enfin, j’espère !), mais je reconnais ne jamais avoir beaucoup accordé d’attention à Shudder To Think, une formation fondée en 1986 par le chanteur/guitariste Craig Wedren, le second sixcordiste Chris Matthews, le bassiste Stuart Hill et le drummer Mike Russell. Rapidement signé par le célèbre label de Washington D.C, Dischord, écurie hébergeant la formation mythique Fugazi, Shudder To Think publiera trois albums avant de se faire enrôler par les Smashing Pumpkins et… Fugazi pour assurer le supporting act de leurs tournées, en1992. Matthews et Russel seront rapidement remplacés par Adam Wade (Jawbox) et par le guitariste suisse Nathan Larson. Boostés par leur succès, ils passent chez Epic (Sony), en 1994. Leur musique mathématique, qualifiée de ‘post-moderne’ ou de ‘post-hardcore’, leur vaut rapidement un statut de ‘culte’ chez les fans de musique indie. Le groupe publie un dernier elpee en 1997 avant de se séparer en 1998, suite au départ de Larson. Les membres se lancent alors dans diverses carrières solos. Le succès commercial n’a malheureusement (ou pas…) jamais touché le groupe.

Dix ans ont passé, lorsqu’en 2007, Wedren, Larson et March se produisent ensemble au Mercury Lounge à New-York ; puis en 2008 lors de la campagne présidentielle de Barak Obama, pour soutenir sa candidature. Ils enregistrent également ce live sobrement intitulé « Live From Home », lors d’une tournée de reformation, la même année. Vu l’intégrité de ces musiciens, l’aspect lucratif a été relégué au second plan… 

Pour vous donner une petite idée de leur style musical, imaginez un mélange entre celui de Filter (le chant), Don Caballera (les poussées math-rock) et Fugazi (les guitares acérées et métalliques). Les changements de rythme sont constants. Les vocaux perturbent régulièrement, n’hésitant pas à glisser vers le falsetto. Les compos ne cherchent pas à flatter l’oreille ; mais plutôt à impressionner. A l’instar de  morceaux comme « Shake Your Halo » ou « Rag ».

Le groupe a suscité de nombreuses vocations dont Thursday et Incubus (NDR : qui utilise une partie du titre « X-French Tee Shirt » sur « Nowhere Fast »). Jeff Buckley était fan et Pearl Jam les a également invités à tourner avec eux ! Cette formation est incontestablement une légende. Mais personnellement, j’éprouve d’énormes difficultés à accrocher. En cause ? La voix de Craig Wedren ; trop proche de cette du chanteur de Filter, Patrick Richard… que je n’ai jamais aimée ! Après avoir écouté « Live From Home », on se demande toutefois comment un groupe à la musique aussi alternative ait pu jour pu être signée sur une ‘major’… C’est quasi inimaginable de nos jours. Les années dorées de l’industrie musicale semblent définitivement révolues…

 

NOFX

Cokie The Clown (Ep)

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Formé en 1983 à Los Angeles par Michael ‘Fat Mike’ Burkett, Eric Melvin et Erik Sandin, NOFX est l’un des parrains de la scène ‘Skate-Punk Californienne’. Contrairement aux autres ‘punks à roulettes’, NOFX à toujours pris soin de se tenir a l’écart du travail d’aseptisation de la scène californienne par la très puissante MTV. Fat Mike, chanteur et bassiste (NDR : et fondateur de Fat Wreck Chords qui est le plus grand label punk rock américain) n’a jamais mis de gants pour aborder, avec humour, les sujets sérieux qui lui tiennent à cœur comme la liberté d’expression, la politique, la religion, l’interdiction des armes a feu, la légalisation de la drogue et de la prostitution.

Les cinq titres figurant sur l’Ep « Cokie The Clown » ont été mis en boîte durant les sessions d’enregistrement de « Coaster », le dernier album en date, sorti en avril 2009. En dix minutes (la durée du Cd) NOFX fait ce qu’il a toujours fait et donc ce qu’il fait de mieux : du punk aux mélodies entraînantes, riffs de guitares rapides et lyrics acides. Seul « My Orphan Year » (un titre acoustique au cours duquel il épanche sa rancœur envers son père et manifeste l’amour porté à sa mère qui l’a élevé seule, avant de succomber à un cancer, en 2006) sort du schéma habituel proposé par NOFX.

« Cokie The Clown » est un disque sympathique, mais plutôt anecdotique. A réserver aux inconditionnels !

Tindersticks

Falling Down A Mountain

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En 1993, un véritable OVNI traverse le paysage déjà fort brillant de la pop britannique. Son patronyme ? Tindersticks. Or, à l’époque, les médias belges n’ont d’yeux (NDR : et d’oreilles) que pour dEUS. Et pourtant, le combo belge n’avait pas particulièrement innové. En fait, il avait simplement pris le train en marche, un convoi tracté alors par deux locomotives venues d’outre-Manche : The Auteurs et Tindersticks…

Dix ans plus tard, la carrière du groupe de Nottingham commence cependant à s’essouffler. Et la confection d’un décevant « Waiting for the moon » en est une parfaite illustration. D’ailleurs, Stuart Staples, se lance parallèlement, dans une carrière solo. En 2008, la formation se rappelle à notre bon souvenir, en éditant « The Hungry saw ». Mais le combo a été remanié. Et le plus regrettable, c’est manifestement le départ d’un des membres fondateurs, Dickon Hinchliffe. Depuis, le line up du band a encore changé. Et des débuts, il ne reste plus que le drummer/percussionniste David Boutler ainsi que le chanteur au baryton si caractéristique, Stuart Staples.

L’opus recèle ses inévitables ballades traditionnelles. Celles qu’on écouterait volontiers un dimanche bien pluvieux, histoire de s’enfoncer encore plus dans la déprime. Réminiscente de « Night in », plage issue du premier elpee, « Factory girls » en est la plus belle illustration. Et « Keep you beautiful » n’est pas non plus de nature à révolutionner le paysage sonore des Tindersticks. A l’instar de l’interlude « Hubbards hills » (NDR : un clin d’œil adressé à Ennio Morricone ?) et du morceau final, « Piano music », les instrumentaux –quoique agréables à écouter– s’inscrivent dans la lignée des compos destinées aux B.O. de films comme ‘Nénette et Bonni’ ainsi que ‘White material’, dont la sortie officielle est prévue pour le cours de cette année. Entrons maintenant dans la quintessence de l’œuvre. Amorcée par le surprenant titre éponyme qui ouvre le long playing. Un titre audacieux de 6 minutes 34, dont les cuivres et les percus montent en crescendo pour se muer en cacophonie maîtrisée. En général, les artistes placent ce type de compo en fin de parcours. Voire même en finale. Mais Tindersticks a toujours aimé brouiller les pistes. « Harmony around my table » agrège le profil le plus allègre de Belle & Sebastian et l’instinct flower power de Devandra Banhart. Sur « Peanuts », Stuart échange un duo étonnant en compagnie de la vocaliste canadienne Mary Margaret O'Hara, une plage au cours de laquelle harmonica et cuivres entretiennent tour à tour un climat de douceur ou de surprise. A contrario de son titre, « Black smoke » trace un véritable arc-en-ciel sonore. C’est aussi le morceau-phare de l’elpee. A l’instar de l’image reproduite sur la pochette (on imagine un volcan en éruption au beau milieu des montagnes), cet album est d’ailleurs beaucoup plus coloré que tout ce que Tindersticks a pu nous réserver à ce jour. Et si l’aspect mélancolique est encore bien présent, il n’est plus omniprésent. Même que circonstanciellement, en mêlant pop, jazz et folk déjanté, certaines compos me rappellent un certain Gallon Drunk.

Et pour que votre info soit complète, sachez qu’une partie des sessions d’enregistrement a été opérée au sein des studios ixellois ICP. Enfin, le groupe se produira ce 13 mai 2010 au Cirque Royal, dans le cadre des Nuits Botanique.

 

tUnE-yArDs

BiRd-BrAiNs

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Insolite ! D’abord, à cause de ce patronyme étrange. Et puis de sa musique à la fois hybride et imprévisible. « BiRd-BrAiNs » réunit 13 comptines folk détraquées, susceptibles de ravir les fans de CocoRosie. Rien d’aussi délicatement tordu ne nous avait été proposé depuis les méfaits perpétrés par les sœurs Cassidy. Signe qui ne trompe pas, le premier essai de cette artiste prometteuse est paru chez 4AD, boîte dont la notoriété est plus qu’établie…

De son véritable nom Merril Garbus, tUnE-yArDs nous vient de Nouvelle-Angleterre (NDR c’est au Nord-est des Etats-Unis), une région dont la chaleur estivale de l’été contraste avec le froid mordant de l’hiver (NDR : nous ne sommes pas loin du Canada).

« BiRd-BrAiNs » (NDR : amis artistes, pensez aux pauvres chroniqueurs qui doivent transcrire votre patronyme ou le fruit de vos élucubrations) réunit 13 morceaux sculptés dans une lo-fi chaleureuse ; des compos enregistrées en solitaire, probablement dans sa chambre (NDR : comme le veut la tradition), pour lesquelles elle s’est servi d’un éventail très large de samples, filtres, effets et boucles. Serions-nous en présence d’une ‘M.I.A. des bois’ ? Le New-York Times n’a pas hésité à comparer ses travaux à une rencontre réussie entre Aretha Franklin et Yoko Ono. Pourquoi pas ? Pourvu qu’elles soient décalées, toutes les définitions me semblent plausibles.

Merril joue essentiellement de l’ukulélé et de la guitare ; mais se sert également d’une belle panoplie d’instruments singuliers, sans jamais se départir de son aisance naturelle à en disposer. Et puis, il y a son timbre vocal de lutin, tantôt masculin, tantôt féminin, qui convient parfaitement à cette musique foutraque et ludique.

Constamment triturés, les rythmes et les sonorités évoluent paradoxalement au cœur d’un univers sonore folk paisible. Une toux sèche enfantine balise « Jamaican » ; et le résultat est aussi étonnant que réussi. « Hatari » s’aventure en terres africaines, et va même au-delà des incursions opérées par un Vampire Weekend. Malgré le format folk, « Lions » et « Fiya » émargent au R’n’B… Le hip hop et le funk sont même visités, sur cette plaque. Un reproche ? Le ton. Un peu trop monocorde à mon goût ; et sur la longueur, il peut même finir par agacer… Sans quoi, si la raison (NDR : ou le business) lui conseillait de canaliser davantage son inspiration, personnellement, je préfère qu’elle continue allègrement son travail d’expérimentation. Au moins, elle a l’audace de se démarquer du ‘mainstream’, en privilégiant la créativité. Et tant pis s’il subsiste quelques déchets ; suffit alors de faire le tri…

 

Richard Walters

The Animal

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Sur la photo de la pochette, un jeune homme dévore des prises jacks. Et son appétit semble vorace. On peut alors facilement extrapoler en imaginant la musique de Richard Walters, très féroce. Et en y associant même une dérive électro-rock. Mais après avoir écouté cet album, l’impression laissée est totalement différente. Il n’y a rien d’animal dans cette solution sonore ; ou alors, on est plus proche de l’agneau que du lion.

Richard nous vient d’Oxford. Il est à peine âgé de 23 ans ; même si sur sa photo on a l’impression qu’il a quelques années de plus. « The Animal » constitue son premier album solo ; cependant, pour un premier essai, le jeune compositeur est parvenu à bien s’entourer. Et pour cause, il a reçu le concours de l’ex-Suede Bernard Butler et du producteur Guy Sigsworth (Sigur Ros, Lamb,…) A premier abord, la musique de Walters évoque Damian Rice en plus posé et moins larmoyant. Pas de mur du son redoutable à franchir sur cet opus, non plus ; mais une solution sonore baignant dans un climat folk typiquement britannique, ma foi fort classique, aux arrangements subtils et extrêmement délicats (piano, cordes, chœurs éthérés et cordes de guitare acoustique), le tout balayé par une voix dont le timbre lorgne manifestement vers Jude. Bien sûr, on ne peut pas dire que ce soit particulièrement original ; mais Richard a le bon goût d’éviter la mièvrerie. Véritable talent à l’état brut, il pose ici ses premiers pas dans le cercle fermé des songwriters respectés, outre-Manche. Il lui restera à polir ses aptitudes. Pour ne pas en rester à concocter du sous-Sufjan Stevens… Et puis également inoculer un peu de folie dans son inspiration. Au sein du tracklisting, j’épinglerai quand même la jolie reprise du « True Love Will Find You In The End » piquée à l’autrement plus détraqué Daniel Johnston et le morceau maître, réellement bouleversant.

A Sunny Day In Glasgow

Ashes Grammar

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Rien ne se perd… tout se recycle ! Depuis 2008, on assiste effectivement à une résurgence de la dream pop sur la scène musicale indépendante (Beach House, School of Seven Bells, The XX…) Genre musical où l'essence de la musique converge vers les textures et les ambiances éthérées plutôt que sur les riffs rock propulsifs. Largement diffusé par le label indépendant 4AD, ce phénomène ne demeure cependant pas exclusivement britannique. 

En effet, le label Mis Ojos Discos et la formation philadelphienne A Sunny Day In Glasgow confirment la bonne santé du genre sur le continent américain. Collaboration qui a donné naissance à « Ashes Grammar ». Long playing 100% pur dream pop qui ravira sans doute les amateurs de jolis bruits. Chacun d’entre eux trouvera certainement son bonheur sur cette galette composée de –chose assez rare pour être soulignée– pas moins de 22 pistes. Près d’une heure de sonorités abstraites qui bourdonneront avec délice, à vos oreilles. Un album à l’architecture et aux enchaînements linéaires sous haute surveillance qui ondulent sur des nuages pop et des nébuleuses galactiques. Une cathédrale sonore sise sur des sables mouvants mais habitée de mélodies ellipsoïdales nimbées d’échos, de nappes électroniques et de guitares filtrées.

Une dream pop sombre et sensuelle sculptée dans la pure tradition britannique des 80’s qui contemple les horizons lointains de « Victorialand » (Cocteau Twins) et de Lush.

Hormis les séquences électro habilement orchestrées, on pourrait hâtivement cataloguer  « Ashes Grammar » comme un album pop de plus qui n’apporte rien d’exceptionnellement neuf. Comme un nouveau voyage musical qui revisite joliment les années 80 et parlerait uniquement aux nostalgique du genre. Or, A Sunny Day In Glasgow ne se présente pas exclusivement comme un simple ersatz de Slowdive ou de Curve. Il trace de majestueux ‘soundscapes’ abyssaux, personnels et uniques. « Slaughter Killing Carnage – The meaning of words » givre l’instant d’une voix féminine soufflée (Robin Daniels) et immortalise des paysages sonores introspectifs et existentialistes qui vous glacent le sang. Aucune sensibilité artistique ne peut dès lors échapper au charme narcotique du collectif de Philadelphia.

59 minutes et 9 secondes qui ne laissent pas indifférent !!!         

A découvrir le 12 mai 2010 aux ‘Nuits du Botanique’ à Bruxelles.