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Un nouveau buzz britannique : Wild Beasts

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Wild Beasts c’est le nouveau buzz en Grande Bretagne. Leur nouvel elpee, « Limbo Panto », vient de tomber dans les bacs et les chroniques à son sujet sont dithyrambiques. Suivant l’expression consacrée : à suivre et même de très près

Tracklisting

1. Vigil For A Fuddy Duddy 
2. Club Of Fathomless Love 
3. Devil's Crayon 
4. Woebegone Wanderers 
5. Old Dog 
6. Please Sir 
7. His Grinning Skull 
8. She Purred While I Grrred 
9. Brave Bulging Buoyant Clairvoyants 
10. Cheerio Chaps Cheerio Goodbye 

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/wildbeasts

 

 

 

The Verve va de l’avant

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« Forth », c’est le titre du nouvel opus de The Verve. Il paraîtra ce 18 août. Le groupe avait enregistré douze compos dans un studio à Richmond, un patelin sis au sud-ouest de Londres, mais après le mixing, 10 titres ont finalement été retenus. En attendant, le clip du nouveau single, « Love is noise » est disponible sur le lien suivant : http://www.youtube.com/watch?v=wcOX0MiV97A

Tracklisting:

1. Sit And Wonder 
2. Love Is Noise 
3. Rather Be 
4. Judas 
5. Numbness 
6. I See Houses 

7. Noise Epic 
8. Valium Skies 
9. Mama Soul 
10. Appalachian Springs 

Pour plus d’infos : http://www.theverve.co.uk et http://www.myspace.com/thevervetv

 

Une rafale pour l’oiseau de Lazare…

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C’est le 19 septembre que paraîtra le nouvel album de Burst, « Lazarus bird ». Cet elpee fait suite à Origo, paru en 2006. Il a été enregistré, une nouvelle fois, sous la houlette de l’ingénieur du son Fredrik Reinedahl (Opeth, In Flames), au sein des studios Bohussound (Status Quo, Abba) à Kungalv, en Suède, leur pays natal.

Pour plus d’infos : http://www.burst.nu et http://www.myspace.com/burstrelapse

 

Un Cd et un Dvd ‘live’ pour Vanessa Paradis

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Accompagnée notamment de M, Vanessa Paradis est donc occupée de terminer sa tournée qui l’a emmenée sur les routes de la France et de la Belgique au cours des derniers mois. 30 concerts ‘sold out’ dont 3 Zéniths et un Bercy à Paris constituent les points d’orgue d’un périple qui a également enchanté les festivals. A la rentrée, le 15 septembre précisément, sortiront donc le DVD et le CD du « Divinidylle Tour », témoignages d’une tournée exceptionnelle et d’une belle aventure artistique.

En attendant, voici le clip de « Les Piles » interprété en duo ave M en ‘live’, un des temps forts de leur tournée « Divinidylle Tour ».
http://fr.youtube.com/watch?v=qLGjKiaPSVo
http://www.dailymotion.com/vanessa_paradis/video/x64wr8_vanessa-paradis-m-les-piles_music

 

Et puis celui d’« Il y a », nouveau single écrit et composé par Gaëtan Roussel (Louise Attaque, Tarmac, Alain Bashung...) et réalisé par Johnny Depp :
http://www.alloclips.com/video/Vanessa_Paradis/Il_y_a

(d’après communiqué de presse)

Les prochaines dates de concert :

22 juillet : Nimes (30), Festival de Nîmes
23 juillet : Lyon (69), Les Nuits de Fourvière
24 juillet : Carcassonne (11), Festival de la Cité
26 juillet : Nyon (Suisse), Paléo Festival

Pour plus d’infos : http://www.vanessaparadis.fr

 

Dour festival 2008 : dimanche 20 juillet

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C’est déjà le quatrième et dernier jour du festival. Il doit être 15 heures. Nous croisons autant de personnes qui arrivent que de campeurs pliant bagage. La moyenne d’âge est aussi plus élevée. De nombreux riverains du site ont été invités par le Bourgmestre. Ils en profitent pour faire leur petit tour. Résultat, en ce début d’après-midi, l’ambiance au sein du public est plutôt calme.

Ce calme est toutefois de courte durée. Moins d’une semaine après avoir vécu un séisme de degré trois sur l’échelle de Richter, les terres douroises tremblent à nouveau ; mais sur celle de Lofofora cette fois-ci, une des grosses pointures du hardcore français. Après avoir commis un excellent opus, intitulé  « Dur comme fer », les Parisiens ont un peu tourné en rond. Le public d’ailleurs aussi. Mais à leur manière, puisque les ‘circle pits’ et autres pogos n’ont pas tardé à se déclencher. Pourtant, le set manque de subtilité. Tout comme les commentaires du vocaliste Reuno, par ailleurs. Mais les nombreux fans, dont notre Ponpon, ne leur jettent pourtant pas la pierre.

Au sein de Heavy Trash, Jon Spencer ne fait plus dans le Blues Explosion, mais plutôt dans le rockabilly. Il est secondé par Matt Verta-Ray (du groupe Speedball Baby). Bien que toujours très énergique, la prestation ne parvient pas à capter l’attention de la foule, sans doute fatiguée par quatre jours de réjouissances. Jon a beau être enthousiaste, ses ‘Oh Yeah !’ ne sont guère partagés. Maintenant, il est vrai que leur set était peut-être programmé un peu trop tôt dans l’après-midi…

Efterklang est un ensemble danois. Dans leur langue, ce terme se traduit par résonance ou réminiscence. Sur scène, leur mélange de post-rock, d’électro et de cuivres passe plutôt bien la rampe. Imaginez un peu 7 musiciens en tenue (négligée) de mousquetaires. Le spectacle assez plaisant rappelle quelque part leurs voisins d’I’m from Barcelona. Mais leur univers multi-instrumental est plutôt bordélique. Et seules les oreilles averties parviendront à tenir la distance. En outre, vu la programmation chargée de ce dimanche, on préfère zapper.

Le festival de Dour ne manque jamais d’artistes à découvrir. Tout dépend de sa culture musicale. Lorsqu’un ami ou un journaliste (l’un n’excluant pas toujours l’autre) nous recommande un groupe ou un musicien, notre curiosité nous pousse à s’y intéresser. Et à se rendre jusqu’au podium pour se faire sa propre opinion. C’est le cas de Chrome Hoof et de Why ? Les premiers pratiquent un rock inclassable, dont le style navigue quelque part entre les Bellrays (NDR : aussi déjantée, leur chanteuse est également de couleur noire) et Siouxsie. Le second ne nous botte pas trop. Why ? est un autre bidule à tendance hip-hop. Nos conseillers nous confient cependant que la prestation douroise est loin de celle accordée dans le cadre des dernières Nuits du Bota.

La toute grosse foule se masse sous le Dance Hall. Et même à l’extérieur. Didier Super jubile. Il faut dire que son humour énième degré cadre bien avec le festival. Son rock provoc’ fait toujours autant recette. Il vilipende constamment son public, notamment sur la pédophilie en Belgique ; et ses musiciens font même mine de le quitter, fâchés. Mais ce scénario n’est évidemment qu’une mise en scène bien huilée. Un des deux plus grand succès de foule ce dimanche (Alpha Blondy, programmé plus tard en soirée, sera l’autre), avant la première réjouissance, musicale cette fois-ci, de l’après-midi.

Au début des années 60 Buddy Holy signait « Rave on ». Ce tube a inspiré The Raveonnettes, une formation qui nous replonge dans l’histoire du rock’n roll. Et parfois plusieurs décennies, auparavant. Même si le fil conducteur semble s’attarder vers la fin des 80’s et le début des 90’s ; et nous rappeler en particulier des combos comme Jesus and Mary Chain ou Slowdive. Première surprise, ce n’est pas la délicieuse blonde Sharin Foo qui monte sur les planches. Mais sa sœur Louise. Sharin est enceinte. Les frangines possèdent un physique à nous rendre Foo. Louise ressemble à Kirsten Dunst (n’oubliez pas notre section ‘Live photos’). Elle est membre du collectif Ohmarymary. Plus réservée, sa tonalité vocale est tout aussi sensible ; mais son timbre est parfaitement complémentaire avec celui de Sune Rose Wagner. Les échanges d’harmonies vocales sont d’ailleurs savoureux. Bref, le spectateur ne perd pas au change. On a l’impression de déguster un bon homard arrosé d’un Bordeaux-supérieur. Enfin, un spectacle apprécié de bout en bout, même si les aficionados nous confieront qu’en salle, flanqué de la chanteuse principale, c’est encore mieux.

Autre régal de la soirée : Fujiya & Miyagi. Retenez bien leur nom : Fujiya & Miyagi ! On ne peut pas parler de coup de cœur, car on avait déjà pu assister à leur set accord au Pukkelpop, l’année dernière. Mais d’une confirmation. On est bien en présence d’un des meilleurs groupes découverts lors de ces deux dernières années. Le club circuit Marquee n’est pourtant qu’à moitié rempli, mais tous les spectateurs manifestent de l’enthousiasme, même ceux qui, comme nous, prennent le concert en cours de route. L’ombre de Yo la Tengo plane encore sous ce chapiteau qui les avait accueillis deux ans plus tôt. Surtout lors du final d’une durée, quand même, de plus de 10 minutes. Avant que le public n’applaudisse chaleureusement le départ du trio anglais.

Il est déjà 22h30. La foule est beaucoup plus conséquente. Certains festivaliers se seraient-ils réveillés tardivement ? Ou alors la présence d’Alpha Blondy focaliserait-elle un nombre très élevé de spectateurs. Déjà gâtés les jours précédents, les fans de reggae s’en donnent à cœur joie. De son véritable nom Seydou Koné, Alpha Blondy est en effet une des plus grandes figures du genre africain. Et dire que c’était déjà la troisième fois qu’il faisait honneur à Dour. A 55 ans, il n’a rien perdu de sa verve, arborant même fièrement un tee-shirt ‘sex machine’. Ambassadeur de la paix dans son pays, la Côte d’Ivoire, il se démène sans compter pour conduire son combat. Il est bien soutenu par deux choristes. Les mêmes que celles épaulant son compatriote Tiken Jah Fakoly, me semble-t-il…

La soi-disant ‘tête d’affiche’, pour autant que l’on puisse l’appeler ainsi, était Gogol Bordello. Ce groupe multiculturel résume à lui seul l’atmosphère du festival. Un sacré mélange des genres. Un foutu bordel mais qui a du style et de la pêche. Bref, une recette idéale pour faire la fête. Il ne faut que quelques minutes au leader Eugène Hütz pour électriser les premiers rangs. « Not a crime » sonne le départ d’un cortège incessant de slams et pogos. Pendant « Start wearing purple », la moitié de l’assemblée jumpe. Le final est un peu long. Plus d’un quart d’heure. Un massacre du pourtant sublimissime « When The Trickster Starts A-Poking ». Mais bon, vu l’ambiance, personne ne semble s’en soucier. Bonne nouvelle pour les nombreux aficionados, ils reviennent le 17 décembre 2008 au Splendid de Lille, au terme d’une tournée qui les mènera de Tokyo à Montréal en passant par Moscou. Le tout, en moins d’une semaine. Quelle santé !

Quant à nous, il est temps de penser à la route du retour. Emprunter ces fameuses passerelles casse-gueule à la sortie du site, après cette journée marathon. Heureusement c’est aussi celle de la clôture.

P.S. : Je me permettrai quand même d’ajouter un petit commentaire au sujet de l’ambiance qui a pourri le set des BB Brunes. En toute franchise, je dois avouer ne pas être trop branché par leur univers sonore. Lors de leur prestation, j’ai pris un certain recul. Au propre comme au figuré. Mais quel triste spectacle ! Pas celui accordé par le groupe, qui ma foi lorgne davantage vers le rock qu’un vulgaire ‘boys band’. D’ailleurs, la veille, dans le cadre des Francos de Spa, il avait récolté un franc succès, lors. Mais à Dour, les applaudissements étaient largement dominés par les lazzis ; si bien que la formation a dû se produire dans une cacophonie indescriptible. Aussi, je me demande qui est le plus immature ? Les jeunes ados ou cette frange du public dourois qui, après Patrick Juvet et Diam’s, a jugé bon de balancer une série de projectiles vers la scène. Le problème c’est qu’ils n'ont pratiquement jamais atteint leur cible, mais plutôt les spectateurs des premiers rangs. Dont de nombreux jeunes qui participaient pour la première fois à ce festival. Quel souvenir garderont ces ados de Dour ? Auront-ils envie d'y revenir ? Et que penser de ces médias (y compris le site officiel live.dour) qui se sont contentés de tirer à boulets rouges sur le groupe sans remettre un instant en question l'attitude du public. ‘BB cadum ? Dur dur d'être BB’ titrent-ils ? N'empêche les BB Brunes sont parvenus à tenir tête à leurs détracteurs et ont démontré qu’ils ne manquaient pas d'humour. Tout d’abord en respectant leur timing (NDR : dans ces conditions, difficile d’accorder un quelconque rappel). Ensuite, en leur rétorquant qu’ils étaient incapables de viser correctement. Faut croire que ces ‘hooligans’ qui dansaient la farandole sur des reprises d'Abba, le mercredi soir, jugeaient sans doute leur comportement plus branché... Tout est question de point de vue…

 

 

The Sean Carney Band

14th Annual Telluride Blues & Brews Festival

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Imaginez que vous êtes paumés au fin fond du Colorado. Dans un tout petit patelin, non loin du Nouveau Mexique et de l'Utah : Telluride. Un trou perdu, pensez-vous ? Ben, pas tant que vous le craigniez. En fait, c’est en ce lieu que se rencontrent une cinquantaine de micro-brasseries et surtout une vingtaine d'artistes issus d'horizons musicaux divers. Les plus proches du blues, quand même. Le 15 septembre 2007, se déroulait le ‘14th Annual Telluride Blues & Brews Festival’. La prise de son est remarquable. On a même l’impression d’être au beau milieu du public!

Fin 2006, flanqué de son band et soutenu par une flopée d’amis, Sean Carney avait concocté un superbe album intitulé "Life of ease". C'est au sein de cet opus qu'il puise son répertoire pour nous le restituer sur les planches. Il démarre sur les chapeaux de roues par une plage instrumentale très tonique. Les trois acteurs se réservent successivement le devant de la scène. Leur technique est brillante, mais ils manifestent également une cohésion remarquable. Après avoir présenté ses musiciens, Sean s’adresse au public pour leur présenter le titre maître de son dernier elpee. Un blues lent qu'il chante d’un timbre tempéré, mais harmonieux. La basse acoustique est très sonore. L’atmosphère cool. Sean prend le temps d’imaginer et de structurer son solo, empruntant d’abord au maître T-Bone Walker, avant de laisser libre cours à son inspiration. "Bad side baby" est caractérisé par des changements de tempo. Une situation qui permet à notre Mr Carney de prendre son pied. Il aime l’éclectisme, mais aussi l’électricité. Il est aussi capable d’afficher un profil rocker. Et d’apporter à une ligne de conduite très conventionnelle, des tonalités enivrantes. Bref, c’est un gratteur créatif. Après six minutes de fluctuations en tous genres, il se décide de passer au blues lent. Il se met à chanter sans se soucier de savoir qu’il se trouve à plusieurs mètres du micro. Il vit son blues, notre Sean. Il le célèbre dans son monde intérieur. Il a le blues à fleur de peau. Les notes émanent du cœur. Sa sensibilité est exacerbée. Le blues de Carney, c'est du bonheur à l'état pur! Après avoir sifflé sa bière, il attaque "All these worries". Un blues subrepticement inspiré par la Nouvelle Orléans. Les percussions d'Eric Blume sont bien mises en exergue. Sean remet le couvert en alignant des chapelets de notes incisives, ravageuses et vivifiantes. Et manifestement, il prend un grand plaisir dans son trip. Le Carney Band achève le set par un "Why do you lie" bien saignant. La section rythmique est saturée de swing. Elle autorise une dernière fois le leader à prendre le large. Il se lâche complètement, puisant au passage dans l’univers d’Albert Collins, tout en adoptant une démarche (NDR : mais pas le style) que n'auraient pas reniés un Rory Gallagher ou un Johny Winter au sommet de leur art. Franchement en observant Sean jouer le blues, on ne peut qu’être admiratif…

 

Rusty Zinn

Live featuring Kim Wilson

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J’ignore la raison pour laquelle cet album n'est pas signé par le Kim Wilson Band ; car on est bien en présence du line up au grand complet. Pour un set accordé ‘live’ au Moe's Alley de Santa Cruz. Le 2 août 1996. Kim, le chanteur/harmoniciste et Rusty, préposé bien entendu à la guitare, sont est soutenus par des musiciens d’exception ; en l’occurrence les anciens baroudeurs du Hollywood Fats Band : le pianiste Fred Kaplan, le bassiste Larry Taylor et le drummer Richard Innes. Zinn est un surdoué de la six cordes. Il est également un des artistes les plus prolifiques du west coast jump. D’ailleurs, sa discographie est impressionnante. Ses dernières œuvres ont cependant pris le large par rapport au blues. Et saluons l’audace de ce musicien qui n’hésite pas à explorer de nouveaux horizons sonores.

Mais je vous invite à faire un saut de douze années dans le passé. Le présentateur du Moe's Alley introduit le band à la Danny Boy. Les cinq musiciens attaquent "Don't bite that hand that feeds you" (NDR : une plage issue de l’elpee "That's life", paru en 1994). Un morceau de Plus de 11' ! Kaplan est en grande forme. Kim chante de son timbre chaleureux très caractéristique. Tous les acteurs sont d’une efficacité irréprochable. Pas une surprise, d’ailleurs. Et en particulier cette section rythmique de luxe! Une longue introduction instrumentale prépare le chant de Kim pour interpréter un saignant "Rock with me tonight", un morceau qui figurait déjà à son répertoire à l’époque des Fabulous Thunderbirds. Zinn démontre ici qu'il a bien intégré toutes les ficelles du west coast jump. L’ensemble de la panoplie des phrasés de Kim est passée en revue. Trois plages préfigurent l'album live "Smokin' joint", sorti en 2001: "I can tell", "I ain't gonna do it" et "High & lonesome". Cet elpee ne souffre d’aucune faiblesse. Kim chante "I'm trying". Ses compères l’épaulent brillamment. Les sorties de Kaplan et de Zinn sont étonnantes et détonantes. Rusty n'est pas un vocaliste remarquable, mais il se débrouille plutôt bien sur "How long". Kim en profite pour se concentrer sur son instrument.

Le deuxième set s'ouvre par "I ain't gonna do it", un boogie woogie au cours duquel Fred Kaplan malmène ses ivoires, Kim monte doucement en puissance. Tous les partenaires rament dans le même sens. Ce qui explique sans doute pourquoi la musique atteint de tels sommets. Le disque recèle également "Tigerman", le morceau maître du premier opus solo, paru en 1993. "Date bait" (extrait de "My blues") et "Why I sing the blues" sont enchaînés sous la forme d’un medley. Tout comme "High & lonesome", dispensé en fin de concert ; un blues lent, bien relaxant, qui accélère progressivement pour se muer en "T-Bone shuffle". Rusty Zinn et Kim Wilson y étalent pour la toute dernière fois leurs prouesses. Cet album de Rusty Zinn & the Roadmasters est un indispensable témoignage du Kim Wilson Band.

Cloud Cult

The meaning of 8

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Cloud Cult (traduisez 'Le Culte des Nuages') n’est pas né de la dernière pluie. Les premières traces de son existence remontent d’ailleurs déjà à 1995. En outre, « The meaning of 8 » constitue déjà son septième opus. Un disque paru en 2007, mais qui vient seulement de nous parvenir. Faut croire qu’il a traversé l’Atlantique à la nage. Pas une mince affaire, lorsqu’on sait que la formation est issue d’Amérique du Nord. De Toronto très exactement. Ô, ce n’est pas un reproche. D’ailleurs une traversée à la nage est bien plus respectueuse de l'environnement qu’un trajet par avion. Faut dire que ce combo a fait de l'écologie son cheval de bataille. Aussi ce détail a son importance. Un combat authentique. Certainement plus authentique que celui de Radiohead qui ne souhaite plus mettre les pieds dans un festival, s’il ne dispose pas d’une station d'épuration à côté des toilettes chimiques de l'espace camping… Je n’ai pas l’intention de débattre de cette épineuse question. Je ne suis pas payé pour juger la philosophie des artistes (NDR : je ne suis pas payé du tout notez bien, le plaisir de nos chers internautes est un salaire amplement suffisant pour votre serviteur), mais tout simplement donner une appréciation sur une œuvre artistique. En l’occurrence l’album « The meaning of 8 » de Cloud Cult. N’empêche, on peut quand même se demander si ce type de militantisme n’est pas un effet de mode ? Pour répondre à cette question, la réponse est peut-être à trouver du côté de l’écurie. Earthology Records est un label écologique, indépendant et sans but lucratif, mis sur pied pour distribuer la musique de Cloud Cult, au grand dam des majors, qui ont plus d'une fois essayé de débaucher le groupe…

Actuellement, le line up de Cloud Cult implique sept membres dont Connie Minowa et Scott West, deux artistes qui peignent des toiles sur scène lors des exhibitions ‘live’, et puis Craig Minowa, le leader/chanteur du groupe. Dans l'ensemble, cet album épouse un profil bucolique. La toute première plage concède même des airs héroïco-fantaisistes qui devraient plaire aux amateurs du genre. Mais en général, il faut reconnaître que Cloud Cult semble avoir davantage puisé son inspiration au sein des profondeurs chtoniennes que dans les nuages... Ce n'est pas une critique, loin de là, mais un constat. La mélodie est tellement consistante, pesante même, que toute tentative d’effet aérien en est gommé. D’ailleurs, en conjuguant efficacité, charme et maîtrise, les premiers morceaux laissent présager une œuvre de toute bonne facture. On imagine fort bien le petit faune reproduit sur la pochette de l'album danser et chanter en s’accompagnant à la guitare. Les effets choisis pour colorer chaque plage sont aussi séduisants que convaincants et ils finissent par nous persuader de danser comme des damnés sur une colline, après s’être coiffé d’une couronne de coquelicots. « Brain Gateway » semble même avoir été écrit pour inviter les arbres de nos forêts à s’agiter. Et des morceaux comme « Brain Gateway », « Take Your Medicine » ou encore « Dance For The Dead » constituent probablement les meilleurs morceaux de cet opus.

Passé ces sommets, plus rien... Nous en sommes pourtant à la onzième compo. Et on a l’impression que l’œuvre ne parvient pas à trouver son second souffle. Il faut dire que l'album est particulièrement copieux : dix-huit plages. Aussi après l'émerveillement provoqué par les morceaux de la première partie de l’elpee, on a la sensation de retomber sur terre. Les petites astuces susceptibles de nous faire mousser lorsqu’elles étaient inédites, ne parviennent plus à nous surprendre ; et elles finissent même par lasser. Surtout quand elles sont déclinées dans tous les modes majeurs et mineurs. En fait, la seconde partie de l'elpee a un goût de réchauffé. En outre, la solution sonore souffre d’effets electro surfaits lorsqu’elle ne vire pas au noise. Quand à l'esprit champêtre, il s’est tout simplement volatilisé. Les rares trouvailles sont trop fugaces pour véritablement accrocher

Sur un disque, on peut bien sûr admettre que certains passages soient moins inspirés que d’autres. Mais dans le cas présent, il s’agit quand même d'une bonne moitié de l'album, c’est-à-dire près d'une dizaine de morceaux ! A se demander pourquoi le combo a concocté un album marathon, alors qu’en se contentant de la quintessence, il nous aurait comblés. En gros, douze chansons rondement menées et tout le monde était content.

Penchons nous maintenant sur le titre de cette septième production : « The Meaning Of 8 ». La signification du chiffre 8 a déjà fait couler beaucoup d’encre. On découvre sur la (jolie) jaquette du cd une dissertation digne d'une entrée du Dictionnaire des Symboles sur le sens du chiffre 8, à travers toutes les cultures de l'humanité. On effectue le tour du globe. Un périple qui fait escale tour à tour chez les Hindous, les Grecs, les Chrétiens et les Musulmans. Sans oublier d’aller jeter un œil du côté des Amérindiens. La lecture est très enrichissante. Le chiffre 8 est un symbole cosmique universel. Il possède sa signification dans toutes les religions de l'humanité et il est judicieux de rapprocher ainsi tous les gens qui peuplent la terre. Je reste cependant plus sceptique sur la pertinence de ce message par rapport à l’opus. Car après avoir écouté très attentivement les textes des compos, je dois avouer ne pas avoir rencontré de thèmes particulièrement évocateurs à ce sujet. Et je pense tout particulièrement à la 'division de l'univers en 8 parties' selon les Grecs ou 'du lieu qui gît derrière le monde physique' au sens hébreu du terme... Bref, il n'y a rien de mystique ici et la signification de 8 est sans doute à rechercher ailleurs…

Born Ruffians

Red, Yellow and Blue

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Vous avez faim et soif ? Born Ruffians pense à vous. Et pour causse, tout au long de son elpee, « Red, Yellow and Blue », il y a à boire et à manger. Un disque qui ne va d’ailleurs pas au-delà de la quarantaine de minutes pour onze titres. Luke Lalonde (chant et guitare), Mitch Derosier (bassiste) et Steve Hamelin (batterie) constituent le line up de ce Born Ruffians, un groupe canadien qui puise manifestement ses influences majeures dans le folk américain. 

Minimaliste, leur musique met en exergue un jeu de guitare nerveux et une rythmique pulsante. Le résultat est souvent sympathique, voire franchement bon. D’autant que les vocaux échangés entre Luke Lalonde (NDR : il a en outre, un superbe timbre !) et ses deux comparses Mitch et Steve sont particulièrement soignés, mélodieux et plein de surprises. Des échanges opérés sous forme de dialogue qui rendent la musique vivante. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes s’il n’y avait la ligne mélodique. Le point noir ! Born Ruffians raffole des arpèges de trois ou quatre notes qu’il répète inlassablement. A un tel point que cette technique finit par devenir agaçante. Et, comme les compos sont très (trop ?) épurées, difficile de rencontrer la moindre diversion. Surtout en début de parcours. Même que les voix de nos caribous du grand nord ne parviennent pas à compenser cette carence. Heureusement, la suite des événements est plus intéressante. Parce que les Torontois parviennent enfin à réaliser l'osmose entre voix et accompagnement. A l’instar de « I Need A Life », une des meilleures compos de l’elpee. Ou encore « Foxes Mate For Life », une des compos qui m’a le plus fait flasher. A cause des accords de guitare parcimonieux mais incisifs. On a d’ailleurs l’impression que sur ce morceau, Luke et ses amis se sont vraiment lâchés.

Il est clair que Born Ruffians est un ensemble qui dispose d’un potentiel énorme. Et pas seulement vocal. Son « Red, Yellow and Blue » manque tout simplement d’audace. Il ne lui restera donc plus, à l’avenir, qu’à inoculer un petit grain de folie dans son expression sonore pour pouvoir faire la différence…

 

The Fratellis

Here we stand

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Si « Costello Music », le premier opus du trio glasgowégien, réverbérait d’abord des échos de Libertines, Babyshambles, Dirty Pretty Things ou encore des Arctic Monkeys. « Here we stand » lorgne davantage vers The Coral et les Kooks. Des Arctic Monkeys, il ne demeure plus que le débit verbal proche d’Alex Turner. Ses intonations savoureusement éraillées et judicieusement réverbérées rappellent encore et toujours celles de John Lennon ; quant aux inflexions, elles sont circonstanciellement empruntées à Tim Booth, le leader de James. Le ‘glam’ n’apparaît plus qu’en filigrane. Tout comme le spectre du Clash, même si on y retrouve encore des riffs de guitare tranchants et des compos hymniques. Quoique l’électricité épouse parfois un profil plus stoner, à la limite du métal, quand elle ne s’autorise pas l’une ou l’autre envolée ‘crazyhorsienne’ voire psychédélique. Quant aux hymnes, ils naissent de mélodies contagieuses, beatlenesques et de refrains accrocheurs. Bref, de quoi inviter les festivaliers à reprendre leurs chansons en chœur. La formation écossaise s’autorise quand même l’une ou l’autre ouverture. Et je pense tout particulièrement au single « Mistress Mabel », caractérisé par son piano à la Jerry Lee Lewis. Un piano qui a davantage droit de cité sur cet opus. A l’instar de la très jolie compo finale « Milk and money » ou encore du semi-rockabilly « Tell me a lie ». Bref si cet elpee ne révolutionnera pas l’histoire de la musique pop/rock, il a le grand mérite de rendre de bonne humeur. Ce qui n’est déjà pas si mal…

 

Jet Black Crayon

In The Interim

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Jet Black Crayon est une formation née en 1999. Tommy Guerrero venait de convaincre deux complices susceptibles de partager les mêmes perspectives musicales, de tenter l’aventure d’un groupe. Depuis, il faut reconnaître que le projet est en constant développement, et qu’il a acquis une fameuse réputation dans le monde de la découverte musicale.

« In The Interim » constitue une nouvelle étape dans leur exploration musicale. Pour y parvenir, le trio de San Francisco a reçu la collaboration de différents compositeurs. Des réalisateurs de films. L’univers sonore de « In The Interim » est troublant, atmosphérique, mélancolique. Alimenté par quelques beats cérébraux, des cordes de guitares douces, des rythmes drum’n bass et un piano aux accords profonds, le disque audio passe néanmoins trop vite pour pouvoir être apprécié à sa juste valeur. Faut dire que 26 minutes, c’est un peu court. Par contre, le Dvd prend une toute autre dimension. Ce magnifique voyage dans le monde audiovisuel propose une série de sept courts métrages mis en musique par le combo. Et il faut reconnaître que l’association entre l’image et le son est une parfaite réussite. Le trio yankee s’est d’ailleurs investi totalement pour atteindre son objectif. Et apparemment, l’‘Art Concept’, c’est vraiment son truc. D’ailleurs, on se demande si le projet ne risque pas de récolter davantage de succès dans le cadre d’une exposition d’art contemporain que lors d’un concert…

Mudhoney

The lucky ones

Écrit par

En 20 années d’existence, Mudhoney a commis 8 albums studio ; et ce « The lucky ones » en en est le huitième. La formation est née en pleine explosion grunge ; mais à contrario des Nirvana, Soundgarden, Alice In Chains ou encore Pearl Jam, elle n’est jamais parvenue à acquérir une notoriété, qu’elle aurait pourtant amplement méritée. Maintenant, il est vrai qu’elle a toujours préféré évoluer dans la zone crépusculaire de l’underground. Pas pour rien d’ailleurs qu’elle est restée fidèle à Sub Pop.

L’enregistrement de cet elpee a été opéré en 3 jours et demi. Peu d’overdubs donc, mais une solution sonore âpre, malsaine, rampante, féroce, torturée, chargée de ‘fuzz’ et de feedback. Une sorte de punk/garage/blues dispensé dans l’esprit des Stooges, MC5, Black Flag voire même des Scientists. Steve Turner s’est réservé toutes les parties de guitare ; mais pour extraire des sonorités aussi déchiquetées et frénétiques, il devait être hanté par le spectre de Ron Asheton. Mark Aram crache sa bile. Il ricane, grogne, gémit, rugit. Son cri primal rend hommage à Iggy Pop, c’est une certitude. Et la ligne de basse semi-bluesy ainsi que les rythmes semi-tribaux, parfois rejoints par des accords de piano discordants, tentent de canaliser toute cette intensité dévastatrice. Parfois en vain. Comme sur « Tales of terror », un morceau de hardcore particulièrement impétueux. L’opus a bénéficié de la mise en forme de Tucker Marine. Il est découpé en onze fragments qui ne vont jamais au-delà des 5 minutes. Et je dois avouer que le résultat va bien au-delà de ce que j’espérais encore un jour entendre chez Mudhoney.

Revival

Horses of war

Écrit par

Il y a quelque chose de singulièrement britannique dans la musique de cette formation californienne. De Los Angeles, très exactement. Le sens mélodique. Probablement. Mais surtout les harmonies vocales sinusoïdales, qui évoquent pour les plus jeunes Archive, et pour les vétérans, le Floyd. Surtout la période « Wish you were here ». Même si on y décèle également quelques traces de country. Et puis, n’oublions pas les guitares. Tour à tour pétillantes, belliqueuses, atmosphériques, limpides, crépitantes, écorchées ou alanguies. Un peu dans l’esprit de Madrugada (NDR : ce ne sont pas des insulaires, mais des Norvégiens) voire dans celui du défunt Hurricane #1, notamment lorsque les mélodies deviennent hymniques. Les ballades dominent le tracklisting. Imprimées sur un mid tempo elles peuvent aussi emprunter celui le rythme d’une valse (« King of Kings »), avant de s’abandonner en fin de parcours dans une sorte d’éther alangui, atmosphérique, propice à la méditation en solitaire. D’autant plus que les lyrics réverbèrent, en général des sentiments de colère, de mélancolie voire même de désespoir… 

 

Dour Festival 2008 : samedi 19 juillet

Troisième jour de festival et la fatigue commence à se faire rudement sentir. Pourtant, la journée sera longue. Riche en découverte et promesses, elle risque même de nous entraîner au bout de la nuit. Suffira donc d’avoir encore les jambes pour courir d’un podium à l’autre sur la plaine de la Machine à Feu…

En ce début de journée nous entamons notre randonnée par Ufo Goes UFA (‘Petite maison dans la prairie’), formation britannique/belge qui s'est tout de suite distinguée par sa pop rafraîchissante et ses vocaux sucrés. Le batteur avait placé toute sa section rythmique latéralement. Une curiosité parmi d’autres pour un ensemble qui déploie son talent de manière sage et détendue.

Abyss (‘Dance hall’) est un combo wallon. Il évolue dans un registre hybride ou se mêlent ligne de basse plombée, guitares, claviers et effets psychédéliques. Une formule qui gagne à être connue.

Toujours au ‘Dance hall’, les Elegant Garage Gunners évoluent dans un style totalement différent : à mi-chemin entre une pop britannique classique et un rock’n’roll rétro 70’s. Esthétiques et humbles, ces Français ont charmé la demoiselle de l’équipe qui en fait sa ‘top découverte’ du festival.

Coming Soon (‘The red frequency’) est plutôt convaincant. Ce sont de dignes ‘héritiers’ de Decemberists, Arcade Fire, Pavement et Feelies. Son batteur n’est pas plus haut que trois pommes ; ce qui n’empêche pas son groupe de s’élever vers des sommets intéressants. Ils concluent leur prestation par une reprise de Léonard Cohen. Même pas peur !

Mais dans la catégorie bonne impression, Syd Matters (‘La petite maison dans la prairie’) a décroché la palme d’or. Bien connus des rédacteurs francophones de Musiczine, les Français ont séduit notre homme du Nord par leur style tendre et émouvant. Proche de Belle & Sebastian, Loney, Dear et Sufjan Stevens, le groupe fait des merveilles sur scène. Sous la cape du chanteur Jonathan Morali tout n’est que raffinement et subtilité.

A tout seigneur, tout honneur, Chuck Dukowski (de son vrai nom Gary McDaniel) est âgé de 54 ans, mais il ne jouit pas vraiment d’une grande notoriété. Mini-bio pour planter le décor : il a été le fondateur et le bassiste du groupe punk légendaire Black Flag, aux côtés d’Henry Rollins et Greg Ginn. Il est également le papa de SST record (chez qui, entre autres, ont milité Sonic Youth, Dinosaur Jr., Minutemen et Meat Puppets). Il y a quelques années, il a donné naissance, en compagnie de la chanteuse Lora – sa compagne à la ville– de The Chuck Dukowski Sextet, qui n’est en réalité qu’un quatuor. Un fameux cv et pourtant seule une petite centaine de festivaliers se sont déplacés sur la ‘Red frequency’… Extraits de leurs albums « Eat my life » et « Reverse the polarity », leurs titres sont le fruit d’un mélange de rock alternatif, de post-hardcore, de punk, de (free) jazz et de psychédélisme. La basse Fender à cinq cordes, et le guitariste Milo Gonzalez ajoutent une bonne note au spectacle. La voix flexible de la front woman Lora nous emmène, quelque part entre Kim Gordon (Sonic Youth), Courtney Love ou encore Donita Sparks (L7). Pourtant l'étincelle ne se produit pas dans le public ; et c’est donc avec une frustrante impression de chance manquée que nous quittons ce band !

Autres vétérans, et pionniers du grunge, les Meat Puppets prennent le relais sur la ‘Red Frequency.’ Les frères Kirkwood ont reformé le groupe en 2002, et ont sorti l’année dernière « Rise to your knees », toujours influencé par le rock US, le folk et la pop. Ce samedi, ils nous offrent un petit set, certes puissant, mais manquant toutefois de vigueur. Les singles “Oh me”, “Plateau” ou encore “Backwater” s’enchaînent. Une reprise de Nirvana ‘unplugged' a quand même provoqué l’étincelle qui manquait aux titres précédents.

Dans la série des routiniers, on continue dans le registre punk. Et pour cause, Lagwagon, formation issue de Santa Barbara, nous balance un punk-rock plein d’énergie dans la tradition de Bad Religion, de NOFX ou encore Pennywise. De quoi satisfaire les aficionados du genre, sans plus…

Dave Eugene Edwards et son groupe Woven Hand débarquent ensuite sur la ‘Red Frequency’. Dans un décor qui lui convient bien : la pleine lune dans le ciel, et un clocher d’église sur sa droite, ce singer/songwriter est parvenu à déployer son rock à la fois intense et religieux. « Roma », « Your russia », « Whisting  girl » et « Tin fingers » ont été autant de moments forts, tout en adressant un clin d’œil à 16 Horsepower (NDLR : fallait s’en douter !)

Nous attendions beaucoup de la formation hip-hop oldschool hardcore Black Moon. Dans le ‘Club circuit marquee’, la formation de Brooklyn était malheureusement incomplète. Le deuxième MC 5FT manquait en effet à l’appel (il purge une peine de prison). Le fondateur Buckshot (membre aussi de Boot Camp Clik) et le DJ Evil Dee (membre de Da Beatminerz) ont donc dû assurer seuls. A côté des titres de Black Moon (les classiques "Buck 'em down", "How many emcee's?”, "Who got the props?"), les deux albums de Buckshot avec DJ 9th Wonder ("The formula" en "Chemistry") ont aussi été joués, tout comme quelques titres solos ("Hold it down", "Stay real"). Leur rap agressif et rapide, a néanmoins fini par lasser sur la longueur.

La formation britannique The Herbaliser (‘Eastpak core stage’) propose une musique née d’un mix de soul, funk, rock, free jazz et hip-hop. La dernière fois nous les avions vus à l’œuvre c’était au précédent FihP à Oudenaarde, dans une ambiance plutôt lounge. Flanqué d’un nouveau cd sous le bras (« Same as it ever was »), le groupe, drivé par la chanteuse Jessica Geenfield, livre un set énergique, swinguant, entraînant et surtout pleinement réussi.

Le plus grand succès de foule du samedi reviendra indubitablement aux icônes du hardcore Hatebreed. Issus de New Haven, dans le Connecticut, ils sont également les représentants ‘best seller’ du hardcore/punk/metal de ces dix dernières années. C’est donc assez logiquement que la Last Arena été assaillie par des milliers fans. Les influences du hardcore (Sick of It All, Agnostic front, Cro-Mags ou Madball), de groupes métal (Slayer, Sepultura ou Crowbar) sont indéniables dans leur son. Pourtant, ils parviennent à lui communiquer un feeling unique. Leur frontman Jamey Jasta et ses quatre acolytes nous passent en revue leur discographie. On aura ainsi notamment droit à “Perseverance”, “Live for this”, “Destroy everything”, “Tear it down”, “Defeatist” et “I will be heard”. De la toute grande classe et une popularité justifiée.

Nous entrons alors dans notre randonnée nocturne des DJ en compagnie de nos Wallons de Superlux. Leur pop électro kitsch sonne plutôt bien. Faut dire qu’il libère une bonne dose de groove et balancent de fameux beats tout en soignant les mélodies. Mais même si Elena en fait gazouiller plus d’un, le groupe n’a visiblement pas encore tout le potentiel pour passionner son assistance pendant une heure.

Otto von Schirach avait déjà laissé une forte impression l’année dernière. Il était accompagné, pour la circonstance, par le DJ 666Cent (également drummer), DJ urine (une française),  DJ Esperanza. Le chapiteau a bien tremblé, dans une ambiance aux frontières du réel. Un set vraiment original, peut-être le plus original de tout ce festival, A voir et à revoir.

Et si notre infatigable Johan se sent encore d’attaque pour les autres DJ sets (DJ Krush, Droon ou The Subs) nous déposons les armes après cette journée déjà bien chargée. N’hésitez pas à jeter un œil sur la partie néerlandophone du site si vous souhaitez prolonger la nuit en sa compagnie…

 

Francofolies de Spa : samedi 19 juillet

Les Francofolies de Spa : on s’y sent bien et on y revient. Une ambiance bon-enfant, un centre ville agréable. Sans oublier notre séjour dans une auberge (Mambaye) sympathique, sise en plein cœur d’un parc naturel irrigué de sources. Autant de bonnes raisons de vouloir s’attarder sur place ; mais notre séjour doit (déjà) s’achever et l’heure du bilan a sonné.

Au rayon des tops du festival on épinglera :

1) une équipe des relations publiques aux petits soins pour les médias
2) l’accessibilité globale du site et les facilités prévues pour les personnes handicapées
3) des artistes sympathiques et disponibles comme Stephan Eicher ou Maurane
4) l’hystérie des ados pour les BB Brunes.

Au rayon des flops en revanche on regrettera:

1) le service de sécurité en front stage, un peu trop militaire.
2) l’exiguïté du parc (Village Francofou).
3) la sélection des photographes opérée par les agents des têtes d’affiche qui ne se sont soucié que de quelques médias.
4) l’hystérie des ados pour les BB Brunes  (nos tympans en souffrent encore).

Entamer son après-midi par un set de Daniel Darc peut s’apparenter à de l’autodestruction. Ou du moins à se plonger dans le spleen alors que le soleil fait enfin son apparition. Le contraste est bien présent, car non seulement le Français est tout de noir vêtu, mais ses musiciens –brillants par ailleurs– ont décidé de nous plonger au sein d’une ambiance presque funèbre. Seule une minorité du public semble accrocher (NDR : normal puisqu’il est constitué en majorité d’ados et de leurs parents qui attendent les BB Brunes). Il aurait peut-être été préférable de programmer ces BB à la place de l’ex-Taxi Girl, pour permettre aux enfants d’aller se coucher plus tôt, et ainsi permettre au Parisien de s’adresser à une audience plus avertie. Quoiqu’il en soit, nous apprécions beaucoup l’auteur/compositeur de « Crève-cœur » et « Amours suprêmes ». Et on n’a certainement pas envie de le bouder. Le grand-public, lui, attend la fin du show pour se réveiller. Pas difficile, puisqu’il est marqué par l’interprétation de « Chercher le garçon »...

Mais la grosse surprise de cette journée est venue de Benjamin Biolay. On craignait le pire pour l’ex-gendre de Catherine Deneuve, surtout en voyant le parterre de midinettes blondes agglutinées aux premiers rangs. Mais tirons rapidement un trait sur ses (anciennes) frasques, et sur le prix d’entrée démesuré qu’il exigeait, il y a quelques années, à l’AB. La plus belle preuve ? Pour son spectacle, on est libre de toute contrainte photo (NDR : chouette, il est agréable de pouvoir faire son boulot, sans entrave). Et sa tenue décontractée, lorsqu’il monte sur les planches, gomme nos à-priori ‘people’. La formule minimaliste du line up (NDR : uniquement un claviériste et une guitariste) est destinée à mettre en exergue le chant. Sur « Laisse aboyer les chiens » sa voix s’envole même, telle une colombe libérée de sa cage. Un timbre qui tantôt rappelle Miossec, tantôt pastiche Gainsbourg, surtout lorsqu’il tient une clope à la main. Protégé par les arbres du parc Francofou, la douceur d’un climat s’installe, le public s’approprie les émotions et s’emballe même sur « Dans la Merco Benz ». Benjamin Biolay nous a vraiment fait passer une fin d’après-midi inoubliable.

BB Brunes peut définitivement être catalogué de groupe d’ados. Ses membres viennent juste de passer l’âge de la majorité, mais la voix du chanteur Adrien a du mal à muer. Espérons juste pour les BB que la chute ne sera pas aussi rapide que leur ascension (NDR : en moins d’un an ils sont passés du club de l’AB à Forest National). Et évoquons surtout ce jeune public spadois, qui leur vole la vedette. Ils étaient déjà des milliers d’aficionados à faire la file au stand de dédicaces, une bonne heure avant le show. Des jeunes filles de 15 ans de moyenne d’âge, en larmes, qui téléphonent à leur ami(e)s pour leur raconter ‘je les ai vus, ils sont trop beaux, le chanteur m’a même regardé et fait un sourire, hiiiii’. Avant même que le concert débute, la sécurité et la croix rouge doivent mettre les bouchées doubles. En cause : les nombreux évanouissements de fans qui ne se sentent plus. Et la musique alors, me direz-vous ? Et bien honnêtement, il est difficile d’apprécier un concert lorsqu’il est couvert par une concentration de tels cris stridents, produits par des ados, au bord de l’hystérie. On a quand même pu évaluer le jeu de scène des Parisiens et découvrir leur touche rock garage à la Babyshambles. La maturité en moins, compensée cependant par une énergie juvénile récréative.

Nous quittons donc rapidement cet univers peuplé de groupies, pour nous assister à un spectacle plus adulte : celui de Calogero. Malgré plusieurs dates programmées en Belgique, celle de ces Francos est archi-complète. Sa musique oscille toujours entre variété française et pop/rock anglais (Calogero n’a jamais caché son intérêt pour Cure et Radiohead). Et l’artiste évite soigneusement les clichés rock, histoire de ne froisser personne. L’artiste va également nous réserver l’une ou l’autre surprise. Et notamment un duo échangé avec Stanislas, en fin de parcours. Ils y interpréteront « Mes Racines ». Pendant 1h30, la panoplie de tubes va illuminer la scène Pierre Rapsat. Et pendant ce temps-là, dans la foule, les petites maracas lumineuses, distribuées par le sponsor, brillent aussi de milles feux.

Une chose est sûre, il faut une fameuse capacité d’adaptation pour passer de Daniel Darc aux BB Brunes, puis à Calogero. Et ne parlons même pas des changements de décor entre le parc, le casino et l’hôtel de ville. Non vraiment Spa est une source inépuisable de diversités ; et c’est sûr on y reviendra !

Dour festival 2008 : vendredi 18 juillet

Deuxième jour de festivités et horreur : on a perdu le ciel ! Plafond de nuages et murs du son : une architecture qui semble convenir aux résidents. Les festivaliers sont nombreux et la programmation bien construite. De courses de scènes en scènes en ravitaillement, voici les temps plus ou moins forts de ce vendredi.

My Mortality ouvrait les hostilités sur la scène Eastpak. Débarqué en emportant ses influences à la Alice in Chains, Staind ou encore Stone Temple Pilots, le groupe allie rock groovy grunge et métal sans jamais arriver à la cheville de ses références. La monotonie s’immisce faute d’inspiration dans ce set sans âme. Notons néanmoins les intéressants « Swallowing my gun » et « Pulling me down » et le public restreint –à peine 200 festivaliers les yeux pleins de sommeil– qui n’a pas aidé à relever le niveau de la performance.

Du beau monde au Marquee ce vendredi, à commencer par The Germans qui offre un exaltant mélange de rock de punk et d’électro. En fermant les yeux on pouvait presque imaginer Girls Against Boys, Barkmaket, The Pixies et les Liars réunis sur une même scène.

Pour assurer le live, le groupe sort l’artillerie lourde et leur box-officé « Elf shot lame witch ». Nous avons attrapé au vol « Your DNA » et les rifs nerveux de Cauwels, l’habillement construit « Carolife Dasy » et la reprise de The Jesus Lizard, « Waiting for the band ». Le chapiteau a acclamé « Witch », « Lame » ou encore « Lalaliar » mais a surtout salué l’originalité maîtrisée des Germans qui ont offert un show à la hauteur de leur répertoire.

Ultraphallus, le nom avait le mérite d’intriguer une foule de non-initiés. Meonnu, le quatuor brusselo-liégeois était pourtant venu défendre son second album : « The clever ». Association hasardeuse d’un micro braillard, de basses profondes et d’intrigants passages au clavier sur fond de batterie répétitive, les Ultraphallus oscillent de l’érection prometteuse à la parfaite débandade. Souvent étranger aux concepts de subtilité et de nuance, le travail de ces Wallons n’est pourtant pas à rejeter. Retenons quelques bons morceaux et attendons la suite…

Deux-tiers de McLusy et un de Jacrew, sous vos applaudissements montent sur les planches Future Of The Left ! Le gros des fêtards se réveille et le trio de Cardiff prêche son rock destoy au Marquee. Ils reviennent plus psychédéliques qu’avant mais toujours aussi habiles quand il s’agit de faire vibrer les cordes. Les ‘addicts’ des deux groupes défunts sont rassurés, les autres suivent le rythme. Une prestation noisy mais bien dosée à l’image de leur album « Cursus ».

Les festivaliers du Marquee se sont laissé emporter par la prestation du trio belge de Triggerfinger et de son nouveau bassiste. Alternant tubes et nouveautés, le groupe voyage aisément de « What grabs ya ? » à « First taste » ou « On my knees ». Joli clin d’œil à ZZ Top avec ce show retrorock’n’roll sans concession.

Déboulant de San Diego après avoir opéré un passage remarqué au Cactus Festival une semaine auparavant, Pinback crée une ambiance remplie d’étoiles avant l’heure. La plaine de la Red Frequency se love dans les chansons intimes et mélancoliques qui ne manquent pas de rappeler Pavement. A la fois charismatique et un peu gauche sur la grande scène, Pinback séduit et chaque morceau est savouré, des connus « Penelope », « Tripoli » et « Loro » aux nouveautés charmeuses.

Après le calme, la tempête et un enchaînement fort en gueule sur la Last Arena. Les régionaux de l’étape, Do or Die, franchissaient le col de la machine à feu pour la cinquième fois et n’en ont pas gardé sous la pédale. Plus percutants que jamais depuis « Pray For Them », les Montois ont ouvert dignement la scène hardcore de ce vendredi.

Un Agnostic Front plus tard, la Last monte encore en puissance. Et pur cause, Life of Agony, le mythique groupe new-yorkais a craché sa puissance retrouvée dans des enceintes gonflées à bloc. Bravant tous les dangers pour leurs tympans, les festivaliers se sont déplacés en masse pour jouir de cette belle exclusivité belge. Forts de l’association de personnalités marquées, de textes groovy et de mélodies travaillées, les monstres sacrés sont bel et bien vivants. Les infatigables phénix offrent un show qui laissera des traces même si Keith Caputo –fortement alcoolisé selon ses dires– semble négliger une partie de son potentiel et malgré quelques défaillances techniques.

Nouveau changement radical de rythme… The Notwist était sur la Red Frequency. Depuis leur passage au festival l’an dernier, les Bavarois ont accouché du pertinent « The Devil, You + Me ». Si la météo nous a épargné une pluie baptismale, l’assemblée a salué la naissance du petit dernier tant désiré. Fidèles à leur électro-pop onirique les frères Acher ont charmé la plaine dans un set à la pointe du délire technologique.

Le jour est tombé sur un des grands moments de cette édition. Résolument décalés, les quatre alchimistes de Battles ont confirmé leur  talent à enchanter là où d’autres auraient agacé ou laissé de marbre. Rencontres improbables de sons ronds et décharnés, savant dosage de rythmes pénétrants… Un vrai beau moment qui invite à clôturer là-dessus, abandonnant la foule qui hurle en attendant l’arrivée de Wu-Tang Clan et quitte à renoncer aux sets prometteurs de Boys Noize et consorts…

 

Francofolies de Spa 2008 : vendredi 18 juillet

Le premier soir des Francos (le jeudi 17) proposait une affiche plutôt légère, surtout depuis le forfait de dernière minute d’Aaron, remplacé au pied levé par IAMX. En revanche pour ce vendredi, la programmation est manifestement conséquente. En comme le temps semble enfin plus clément… En outre, c’est l’ouverture de la scène Pierre Rapsat sur l’esplanade de l’Hôtel de Ville. Aussi, dès 22 heures, opérer un choix en devenait presque cornélien. Et pour cause, Stéphane Eicher, Ben Ricour, Girls in Hawaii et Vanessa Paradis se produisaient à peu près au même moment.

Et finalement c’est pour l’ex-Lolita que nous avons opté. Elle est accompagnée par M sur les planches. Une bonne raison, donc, de lui accorder une préférence. D’autant plus que les concerts de la native de Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne) sont plutôt rares. ‘Pour notre 15ème anniversaire nous vous avons fait un cadeau, puisqu’elle ne joue que 10 dates cet été (NDR : et à peine 30 sur toute sa tournée)’ précise le présentateur, devant un public déjà chaud et conquis. « Divinidylle » et un peu plus tard « Be My Baby » donnent le ton d’un début de set très rock. Faut dire que les musiciens sont solides. Vêtue d’un jeans bien moulant, elle se déhanche et prend rapidement ses aises. En milieu de parcours, elle réserve quelques compos plus calmes et douces comme « Dis-lui toi que je t’aime ». La transition s’opère lors de l’interprétation de « Pourtant », morceau tout d’abord empreint de douceur, qui s’achève en envolée métallique, M en profitant pour exp(l)oser ses riffs, un peu comme si Angus Young débarquait subitement dans le décor. Et il faut avouer que jusqu’alors discret, M nous nous en met plein la vue et les oreilles. Tout au long du show, on assiste à la réécriture du conte « La belle et la bête » (de scène). Les deux artistes sont très complices. Et pas seulement en studio (NDR : cf. « Bliss » et « Divinidylle »). Par contre Vanessa Paradis est toujours aussi peu à l’aise pour établir un dialogue avec son public. Elle continue de jouer à l’ingénue. D’ailleurs l’image de la petite ado continue de trotter dans nos têtes. Si les Francofolies ont atteint l’âge de l’adolescence (15 ans), elle semble ne pas encore avoir dépassé ce stade. Et le contenu de ses interviews en est la plus belle illustration. Pas étonnant donc que ce type d’article soit aussi rare dans les médias. Tout comme les photos d’ailleurs. Et on en a eu un nouvel exemple, puisque l’accès photo aux Francos de Spa –déjà très strict– n’a été accordé qu’à la presse écrite, et nationale de surcroît ! (NDR : pas la peine donc de chercher des images de son set dans notre rubrique.) Pour le reste, il faut bien avouer que si mes à-priori étaient plutôt négatifs avant ce concert, je dois admettre qu’ils ont été balayés ce soir. Son chant est irréprochable et ne souffre d’aucune baisse de régime. En bref, elle a démontré un (trop ?) grand professionnalisme, ce soir.

En compagnie de Stephan Eicher, on entre dans un autre univers. Non seulement il a la classe, mais il est épatant de générosité. L’artiste rejoint la salle du Casino à pied, tranquille, signant au passage quelques autographes et sympathisant même avec ses fans. Un véritable troubadour moderne et affable. Et sur scène, plutôt que de verser dans le ‘best of’ pieux, il étale tout son talent tout en se distinguant par son originalité. Il entame sa prestation en solo. Sous une forme minimaliste. Tout comme son light show, d’ailleurs. (NDR : caramba encore raté pour prendre des clichés au cours des 3 premiers titres !) Puis ses musiciens le rejoignent. L’un après l’autre. En toute discrétion. Et l’intensité de son set s’élève en crescendo. On s’imagine alors admirer la progression d’un magnifique lever de soleil. Et sa brillance ainsi que son authenticité finissent par nous émouvoir profondément. Malheureusement notre timing nous impose de quitter le Casino. Mais ce n’est que partie remise. Une autre fois, nous irons le revoir. C’est promis. Et puis, nous n’hésiterons pas de conseiller à nos amis de faire de même.

Quelques heures plus tôt, sur la même scène, Thomas Dutronc proposait son show. Son premier opus, "Comme un manouche sans guitare", n’avait pas laissé une grosse impression. Sur les planches, par contre, l’artiste se montre plus convaincant. Digne héritier de son père, il affiche une attitude nonchalante voire désinvolte. Mais c’est aussi un être sensible et attachant. Il déboule sur scène sans chichis et entame son set par une cover de Django Reinhardt, une de ses influences majeures, avant de nous entraîner dans le climat latino d’un air de mambo. Il faut cependant attendre son troisième titre, « J’aime pas Paris », pour que le public s’enthousiasme enfin. En fait, Thomas s’est forgé son propre style. Pas vraiment destiné au grand-public. A cet instant, on en conclut que si Thomas n’avait pas pour nom de famille ‘Dutronc’, il aurait été programmé sur une scène de plus petite taille. Un choix qui aurait été finalement plus judicieux. D’ailleurs, il sera de retour chez nous, à l’Ancienne Belgique, le 18 octobre prochain.

A contrario, Hollywood P$$$ Stars a dû se sentir à l’étroit au village Francofou. Faut dire que le groupe belge joue à domicile devant des milliers d’aficionados, pressés comme des sardines contre la petite scène FNAC. Leur popularité commence franchement à impressionner. Et ma foi elle est franchement méritée. Tout le bien que nous pensons de HPS a déjà été écrit sur Musiczine, et nous ne pouvons, une nouvelle fois, que réitérer nos éloges.

En clôture de cette journée, Vive la Fête a démontré qu’il existe encore une unité en Belgique. Des Flamands qui chantent en français, et terminent cette soirée au village Francofou, que demander de plus ? A l’heure où nos dirigeants politiques (dont certains, comme notre vice-premier, s’étaient mêlés au public de Spa) ont du mal à s’entendre sur le volet communautaire, la formation de Kruishoutem balaye d’une main ou plutôt de quelques beats 80’s, toutes ces tensions, pour créer un véritable esprit de fête. Jusqu’alors pondérés, (sous le contrôle du service de sécurité, il faut bien l’avouer) les festivaliers vont alors se déchaîner sur le répertoire composé de morceaux dépouillés mais toujours dansants d’Els Pynoo et Danny Mommens (NDR : ex-dEUS faut-il encore le rappeler). Sexy voire provocante, Els est vêtue ( ?!?!?) d’une minirobe noire ; mais son attitude communique un charme certain à post new-wave un peu décalée.

Ne nous demandez pas d’émettre une impression sur le set que Pierre Fuse accordait au Lido à 1 heure du mat’ ; car nous étions sur le chemin du retour, à une bonne demi-heure de marche de notre Auberge à Mambaye. Et nous préférions conserver toutes nos forces pour la journée du lendemain qui s’annonce déjà bien chargée en émotions.

Dour Festival 2008 : jeudi 17 juillet

Ce jeudi 17 juillet 2008, la Belgique n’a toujours pas de gouvernement. La pluie est persistante et le climat politique tout aussi maussade et pessimiste. Qu’importe pour les 36.000 festivaliers qui ont décidé d’être de la partie pour cette 20ème édition du festival de Dour. Pour eux les mots d’ordre durant 4 jours seront : vie en communauté, fête et musique à gogo.

Pas question de problèmes communautaires pour les Wallons, Flamands, et Français en grande partie. On croise même des Hollandais, des Italiens, des Anglais, voire des jeunes gens originaires des pays de l’Est, pour les plus acharnés. Dès la veille, ils ont rejoint le camping en masse. Un camping toujours impressionnant et agrandi cette année (qui a dit que les organisateurs n’avaient fait aucun effort pour cette 20ème édition ?).

Autre effort notoire : l’ouverture anticipée de ce camping le mercredi. (NDR : cette initiative judicieuse a permis de limiter les files d’accès, le jeudi !) Et si nous n’étions pas encore sur place ce mercredi, les échos recueillis étaient plutôt positifs. Les organisateurs avaient en effet réservé quelques surprises comme un concert de Bjorn Again. Devant la grande scène les punks se mélangeaient aisément aux habitués des dancefloors, pour participer à d’interminables farandoles. Le tout sur des reprises d’Abba. On vous laisse imaginer ! Ca aussi c’est l’ambiance décalée de Dour !

 ***

Notre journée débute vers 16 heures, par le set des Gallois Neon Neon. Ce nom étrange rend hommage aux 80’s. Impression confirmée à l’écoute de leur électro au sein de laquelle une ligne de guitare navigue quelque part entre New Order et les Buggles. A la base, le duo réunit le producteur Boom Bip et Gruff Rhys, le chanteur de Super Furry Animals. Pour la circonstance, il a été renforcé par de nombreux ‘guests’. Dont la charmante Cate LeBon (n’oubliez pas de jetez un œil à notre section photo les mecs) en backing vocals, qui ajoute de la finesse à une électro parfois minimaliste, voire ‘has been’. Mais pour une mise en bouche, le set reste maîtrisé et agréable à écouter.

Pas de temps à perdre, comme souvent à Dour quand les groupes que l’on aime se succèdent. The Teenagers montent déjà sur les planches de l’Eastpak core stage. Un chapiteau déjà bien rempli, sans doute à cause de la pluie qui commence à tomber. Histoire de prendre une longueur d’avance, les Français débutent leur prestation par le single « Starlett Johansson », qui trotte dans toutes nos oreilles, après avoir été balancé en masse sur nos ondes FM. Ce trio français a eu la bonne idée de migrer à Londres et d’y croiser le producteur des Kooks. Ils sont jeunes, plus vraiment ados comme leur nom l’indique, mais quand même. Et pourtant sur scène, ils font déjà preuve d’une belle maturité. Un groupe à suivre dans les années à venir donc.

De nombreux fans de punk/ska auraient aimé voir les Américains déjantés de Voodoo Glow Skulls mais ceux-ci avaient annulé quelques semaines avant le festival, et été remplacés par Burning Heads. ‘Nous avons été invités en dernière minute mais nous sommes vraiment heureux d’être là’ précise le batteur en début de concert. Le public aussi visiblement, et les premiers pogos sont lancés. Originaires d’Orléans, les Burning Heads sont l’une des figures de proue du punk/rock français. Un punk souvent limité à quelques accords et à des refrains simplistes, mais plein d’énergie. Contrairement à leurs débuts, les Burning Heads ont la bonne idée de ne plus tomber dans le piège ‘ramonesque’ et ajoutent savamment quelque touches de reggae pour calmer nos esprits et refroidir nos muscles, avant de repartir de plus belle.

Retour sur la grande scène, qui peut décidemment être cataloguée en grande partie de ‘pop-rock’ dansant ce jeudi. Puisque Foals, puis The Hoosiers, deux formations anglaises dans le vent s’y succèdent. Ces deux formations réussissent à attirer (enfin) un peu de monde, mais ont tendance à lasser sur la longueur. L’auditeur a rapidement l’impression de se replonger dans le concert de The Rapture, présent un an plus tôt sur le même podium. Et l’on éprouve un sentiment de déjà vu voire de déjà entendu, rencontré chez des dizaines d’autres groupes du même genre.

Toujours dans le même style mais bien plus originaux, les Norvégiens de The Withest Boy Alive se démarquent par leur look décalé. Mais aussi par une allure décontractée, voire lymphatique. Mais comme par magie ou parce que l’heure avance, le public s’enflamme davantage et l’ambiance monte encore d’un cran. A la tête du groupe, Erlend Oye avait déjà collaboré auprès de Röyksopp et fondé Kings of Convenience. Il a l’air vraiment dans son jus. En plus il est sympa, ce qui ne gâche rien. Tout comme la formation d’ailleurs qui communique rapidement sa bonne humeur aux premiers rangs. Tel un vent frais (ces harmonies !) qui se met subitement à souffler en pleine canicule, la prestation de ces Whitest Boys Alive reste l’un des points positifs de cette journée.

A l'inverse, le concert frileux de Goldfrapp a déçu. Traditionnellement provocante et ondulante, Alison, toute de blanc vêtue a des allures de vestale dans ses drapés, mais sans aura. Aussi, le public s’endort. Seul le « Ooh la la »  parvient à rallumer provisoirement une assemblée éteinte par la pluie et le manque de relief du set.

Mika in French?

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Le chanteur, qui a passé son enfance à Paris, a annoncé lors d’une conférence de presse aux Francofolies de La Rochelle qu’il travaillait avec des paroliers français pour son prochain album… Pas de nom pour l’instant, affaire à suivre !

Pandore Institut

Démo

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On ne va pas trop s’attarder sur la signification du patronyme de ce quintet ; la bio est suffisamment éloquente à ce sujet. Par contre, j’avoue être plutôt dubitatif quand je lis que la formation namuroise se déclare ouvertement ‘groupe de rock français’. Ou s’exprimant en français, peu importe. Bien sûr, les textes sont écrits dans la langue de Voltaire, mais ils n’ont strictement rien de rock’n roll. On est en présence de prose ou de poésie ténébreuse, pessimiste et fataliste conçue dans l’esprit de la bonne chanson française. En outre, il faut redoubler d’attention pour bien comprendre les mots, trop souvent étouffés par une instrumentation assez envahissante. Triturée, la ligne de guitare électrique n’y est pas pour rien. Et en particulier sur les deux premiers morceaux de cette démo qui en compte quatre. Paradoxalement, « Il pleure, elle hurle » me fait parfois penser à Indochine sous son profil le plus mélancolique, alors que « Anodin » lorgne manifestement vers Serge Lama. De la pop aux variétés, il n’y a qu’un pas, puisque si le chanteur possède un joli timbre, quoique chevrotant, sa voix collerait plutôt à la ‘variétoche’ qu’à la pop. Quant au rock, là on n’est plus du tout sur la même longueur d’ondes. Plus intimistes, les deux dernières plages souffrent quand même moins de ces antagonismes. D’abord les vocaux sont chuchotés. Et l’association entre les accords de piano allègres voire sonores avec les interventions ondoyantes du violon passe mieux la rampe. Car finalement, le line up est constitué de très bons musiciens, il ne faut pas l’oublier. Mais la qualité ne suffit pas, il faut aussi de la complémentarité… 

 

Francofolies La Rochelle 2008 : mardi 15 juillet

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Soirée pyjama et girl power à l’affiche de la grande scène ce mardi. Cinquième jour de musique et toujours pas la moindre boue sur les baskets… Vive les festivals urbains et le soleil charentais!

Ce qu’on a vu en quelques mots…

Un fameux Chantier.
Une Rose épineuse.
Les chaussettes en laine de Camille.
Les Rita(ge) post Chichin.

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Fête de fin de Chantier à la Motte Rouge. Toute l’année, des artistes à haut potentiel se succèdent au Chantier. Ils profitent des conseils de pros pour progresser et dans l’idéal… définitivement percer. Pauline Croze, Cali, Emilie Loizeau ou encore Ours ont usé ses planches avant de s’attaquer aux grandes scènes. La promotion 2008 était réunie pour un mini-concert varié et prometteur.

Voici nos coups de cœurs : écoutez par vous-même…

La maison Telier : « Faux frères » à l’imaginaire sorti d’un bordel de Maupassant, le groupe anime en cordes et rythmiques des mini-récits énergiques : http://www.myspace.com/lamaisontellier

Piuma : légèreté de la plume et puissance du rock : un duo féminin sensuel et envoûtant : http://www.myspace.com/piumamusik

Maloh : un Breton et sa guitare pour des ballades poétiques « le cœur à quai » : http://www.maloh.net

Claire Denamur : une voix bluffante : http://www.myspace.com/artisteinconnue

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Rose reprenait le flambeau au rap ultra-référencé d’Hocus Pocus sur la grande scène. Face à un public qui la connaît peu, la jeune femme en fleur peine à imposer ces ballades. Émue sur ses talons aiguille, la chanteuse donne beaucoup, l’atmosphère est douce mais la fosse n’entre pas dans la danse. Un nouveau morceau « Je guéris » laisse entrevoir un second album, plus positif.

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Dans la famille ‘sur cd, on aime ou on déteste’, je demande Camille. Quelle claque sur scène ! D’orange vêtue, mais les contours flous, la voltigeuse contamine l’ensemble du public au virus de son univers déjanté. Autour d’un piano la joyeuse équipe multiplie les rythmes improbables. Textes acides, humour rageur… Camille puise dans sa palette vocale et scénique sans prétention. Prête à satisfaire le moindre caprice de la showgirl, l’assemblée complète les paroles d’« Au port », se confond dans d’affectueux « Salope », fait le chien, le chat et ronronne de plaisir. L’artiste termine son set dans un long fourreau noir, les fesses offertes à la brise rochelaise. Pour son ultime morceau, elle s’assied sagement au piano avec son frère pour quelques minutes intimistes et une autre facette d’un personnage insaisissable. Définitivement, la demoiselle est habitée ; d’un démon lyrique et joueur. Vade retro l’exorciste, on en redemande !

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Vous avez peut-être vu qu’il manque Fred Chichin. Je ne sais pas si tout le monde est au courant ?! On a décidé de continuer sans lui, j’espère que le spectacle vous plaira…’ Catherine Ringet explique, rappelle et déjà les fans l’acclament. Mêmes musiciens, même sonorisateur, même rock provocateur ; autour de Catherine Ringet, l’aventure reprend la route. Le groupe tronqué a failli s’appeler Tamits, une consonance de rescapés incomplets qui eut été menteuse tant l’énergie qui sort de scène est vibrante. Veuve digne, Ringet exploite la force des Rita Mitsouko et des douleurs récentes. Plus pétillante que classe, elle en impose en grande dame de la niaque. Entre chaque morceau, le public semblait la remercier de ne pas avoir enterré les Rita.

Les photos du festival sur http://www.hiersoir.com