New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Al Dente

7 Moons

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Ce qui frappe d’abord en écoutant cet elpee, c’est la voix de Joseph Petolillo dont le timbre et les inflexions sont tellement proche de Peter Hammill (NDR : pas de David Bowie comme j’ai pu lire à mon grand étonnement, chez certains confrères). Al Dente est une formation belge. Née en 1998, elle est issue de la région de Mons. Et Joseph n’est pas un illustre inconnu, puisqu’avant de lancer son projet, il avait milité chez Treefoil, Slam to Slam, Raimbaut et même été le premier guitariste de Monsoon.

Musicalement, la formation puise une bonne partie de ses influences au sein de la prog des 70’s. Celle du Van Der Graaf Generator, probablement. Mais aussi de Magma époque « Mekanïk Destruktïẁ Kommandöh » (ces cuivres !), de Frank Zappa et de Weather Report. Mais plutôt que manifester l’austérité de la plupart de ses maîtres, Al Dente a le bon goût d’injecter une bonne dose de folie et de lyrisme dans sa solution sonore baroque. Tout en se frottant à des courants aussi disparates que la techno, la fanfare, le cirque, l’opéra, le funk et le ‘rock fusion’. Et le résultat est plutôt étonnant. Malheureusement, son style expérimental risque fort de le confiner, pour longtemps encore, dans la zone crépusculaire de l’underground…

 

Corde Sensible

Ep 2

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Quatre titres sur l’Ep de Corde Sensible, le projet de Mister LaCorde, un auteur/compositeur/interprète issu de la région parisienne qui avant de se lancer en solitaire, a sévi chez Goo Goo Blown, Zeta Triculi ou encore Melocotone. Un personnage qui doit adorer les Beatles, et en particulier l’elpee « Revolver ». C’est en tout cas l’impression laissée après avoir écouté les deux premiers titres de ce disque, « Le réel à l’endroit » balayé par un clavecin vintage et surtout « Mon refuge », une compo sinusoïdale, caractérisée par un zeste de tabla et de sitar ; encore que certaines inflexions vocales rappellent plutôt Nicola d’Indochine. On n’insistera pas trop sur « La crise », plage un peu mièvre dont le chant ne semble pas en phase avec la mélodie, pour plutôt s’attarder à « La corde au cou », un morceau imprimé sur un tempo plus lent, aux arrangements raffinés ainsi qu’aux lyrics ténébreux et bouleversants. Une chanson qui paradoxalement évoque davantage Laurent Voulzy que les Fab Four. Ce qui est sans doute pour cet artiste, également un compliment…

Southside Jukes

Cold Chills! Hep & shakin’

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John Lee Williamson nous permet de vivre un nouveau chapitre dans la vie des Southside Jukes. Et à ce titre on peut le remercier. Après avoir réédité leur album de 1995, "Cool cool place to go", et gravé "Down in Hollywood", à l’aide des bandes récupérées lors des mêmes sessions accordées au sein des Pinetone Studio de Slim Green, il est parvenu à rendre la vie à une toute nouvelle série de blues sales et primaires, mais aussi enchanteurs. Et aussi très 50’s. D’ailleurs le son est loin d’être hi-fi, mais c'est bien la dernière chose que l'on attend de ces archives datant de plus d’un demi-siècle.

Joe Lee Bush se met dans la peau de Rice Miller pour attaquer "Eyesight to the blind". Il enchaîne en manifestant la même authenticité par une version coupée au rasoir de "Baby please don't go", et embraie sur une reprise extraordinaire de "Got to find my baby". Une nouvelle fois, il parvient à faire revivre, tant dans le son que dans la démarche, le génial Little Walter! John Lee Williamson prend le relais aux vocaux pour aborder "Fishtail Cadillac". Le son est toujours aussi pourri. Bush souffle la tête rentrée dans les épaules, comme si sa vie en dépendait. Le lieutenant Jones malmène sa basse. Elle ronfle à l'avant-plan. Ce blues explosif est beau à pleurer! La machine des Jukes est parfaitement huilée. On a l’impression d’assister à un set au cours duquel tout est parfaitement en place, un set prêt à opérer une symbiose totale entre tous les partenaires. Ces artistes ne se prennent pas au sérieux, mais ils manifestent tellement de sincérité et d’authenticité, que rien de fâcheux ne peut leur arriver. Le cœur empli de joie, John Lee chante "She's dynamite!". La guitare de Moates sort de sa réserve. Elle libère un son pas possible. Plage instrumentale, "All that piano & harp boogie" est suffisamment explicite par son titre. Un boogie infernal au cours duquel Green et Bush s'échangent des chorus intenses. Williamson s’approche du micro. La rage au ventre, il nous crie son "Cold chills! Hep shakin", et embraie aussitôt par un "Secret weapon" paresseux, semblant sorti tout droit d'un joint poussiéreux de Baton Rouge. Bush arrache encore des notes de son harmonica, qu'il décoche comme autant de flèches brisées. Et il nous en remet une couche lors du classique "Mean old world". Bush est un extraordinaire harmoniciste de blues. Chacune de ses interventions est une marque de classe. Elles sont, en outre, empreintes de cette sensibilité qui le hante en permanence. Et ce feeling revient continuellement. A l’instar de l’instrumental "Chicken shack basement". Quand Williamson chante "Wee wee hours", Bush lui répond sur l'harmo chromatique ; à cet instant, on croirait entendre l'inoubliable George Smith en compagnie du Muddy Waters Band. D'ailleurs le "Telephone blues" relevait bien du répertoire de Smith. Et cette bonne tranche de downhome blues s’achève par un dernier classique intitulé "Key to the highway".

 

Southside Jukes

Cool cool place to go

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Les musiciens vous le confessent d'emblée : ‘Si vous voulez vous remettre en mémoire tous ces grands disparus, ces légendes qui ont fait le blues, écoutez donc notre album. Fermez les yeux, vous verrez défiler ces fantômes. Et surtout vous passerez un bien bon moment!’ C'est comme si vous remettiez vos vieux 78 ou 45 tours Chess, Veejay et Trumpet sur le tourne-disque…

L'album s'ouvre par "Rocket sixty-nine", une plage qui baigne dans le style west coast. Cette bonne partie de jump est entretenue par les cordes de Moates et les ivoires de Green. Quel bonheur d'entendre Joe Lee Bush souffler dans son harmonica chromatique. A l’époque, ce gosse n’avait que 14 ans ; et pourtant, il avait tout appris de Little Walter en personne, qui n’avait d’ailleurs pas dix ans de plus. L’interprétation du notoire "Black night" est admirable. Bush nous communique un sérieux frisson dans le dos à chacune de ses interventions. John Lee nous emmène sur ces routes sans fin, au volant d'une vieille Ford ou d’une Chevrolet. Il chante d’un timbre généreux "Motorhead babies", tout en grattant sa guitare rythmique à la manière d'Eddie Taylor. Les Jukes rendent d'ailleurs honneur à l'un de leurs héros : Jimmy Reed. John emprunte sa voix pour introduire "That aint right". Bush commence également à souffler comme le vieux Reed. Le blues lent a bien entendu sa place. Joe Lee chante le "Worried life blues" de Maceo Merryweather, face au piano de Green. Il souffle comme Walter Jacobs. "Someday baby, I ain't gonna worry my life anymore" est un incontournable du blues! "All messed up" nous ramène sur la route 66 : l'axe Chicago-Los Angeles! "Houserockin' boogie" déménage vigoureusement. Bush injecte toute sa puissance pour attaquer le titre maître. Il souffle à la manière de Sonny Boy Williamson II. Trouble et émotion nous envahissent. Dans la foulée, Joe Lee embraie par "Soon forgotten". Il y reproduit toutes les caractéristiques de son moule favori, en se faisant à nouveau Little Walter pour interpréter un lumineux "You better watch yourself". "Atlanta blues" est un rare témoignage live des Jukes. Williamson chante ce blues lent autobiographique. Moates, Bush et Green s’autorisent un moment de liberté, en démontrant une nouvelle fois qu’ils ont le blues dans l'âme. John chante encore "Irene". Un Texas blues proche des marais et des swamps louisianais. Cette tranche de vie fascine par sa simplicité et nous touche directement au cœur. Cet elpee d’excellente facture s’achève par "Merry Christmas baby". Slim Green se met dans la peau d’Otis Spann pour exécuter cet autre slow blues empreint d’une grande sensibilité et accordé dans le cadre d’une soirée de fête.

 

Southside Jukes

Down in Hollywood

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On retrouve les mêmes Jukes qui ont concocté l'album "Cool cool place to go". Ils démarrent en force par "Rock awhile", du rock'n'roll dynamité par les échanges opérés entre les cordes de Moates et les ivoires de Green. La machine s'emballe. Sur "Tell mama", elle emprunte le rythme du chemin de fer. Derrière ses fûts, le remuant Kokomo en est le principal responsable. Cette musique est à l'état brut, sans fioriture. Signé Guitar Slim, "Things I used to do" campe un blues louisianais par excellence. La version indolente des Jukes ne maque pas d’allure. Les interventions de Moates à la guitare sont superbes. John Lee chante "Black drawers". Son style rappelle Chuck Carbo. Tout au long de ce swing californien, le piano se révèle très présent, léger et sautillant pendant que la guitare manifeste une efficacité sans faille. "Sparks" nous invite à pénétrer dans l’univers d'Elmore James. Slim Green a empoigné sa slide. Il ne la ménage guère. Joe Lee Bush ressuscite Little Walter lors de l’adaptation du célèbre "Blues with a feelin'". Les flots de feeling dispensés par chaque note sont impressionnants. On en a les larmes aux yeux. Pourtant, ils prennent du bon temps nos Jukes et sont incapables de réfréner leurs propres exploits instrumentaux. Cette musique est souvent caractérisée par un son pourri. Simple et naturelle, elle nous pénètre jusqu’au plus profond de notre âme. A l’instar de "She's tryin' to ruin me", un downhome blues reflétant le désenchantement de John Lee. Les cordes sont maltraitées en rythmique pour communiquer cette déchirure. Direct, ce blues puise la majeure partie de son inspiration dans le blues de Chicago. Shuffle léger, "Red headed woman" libère sa dose de groove. Les guitaristes ne sont sans doute pas des virtuoses mais ils manifestent tellement de respect pour leur musique, un feeling naturel, de la sensibilité, du goût et de l'amour. Williamson chante le "Hustler blue" de Juke Logan, un blues très lent, simple et dépouillé. Les vocaux paresseux se traînent. Quelques notes de piano et de guitare s'échappent ça et là. C’est le bonheur! Génial, Bush impose le respect sur l'instrumental "Roller Coaster". Un bien bel hommage au style de son maître! De sa voix chaude, grave et noire LT Jones interprète "King Bee". La tonalité de son timbre est très proche de celle de Muddy Waters. Pendant ce temps, la slide flâne dans le décor! John Lee chante "TV the thing this year", l’esprit serein, alors que l’équipe se charge d’entretenir un excellent swing. "West Memphis" est un autre grand blues qui tourne au ralenti. Bush est au chant ; mais il souffle également dans un registre assez proche de Sonny Boy Williamson (Rice Miller). Cet excellent opus baigne manifestement au sein d’une atmosphère générée par le blues urbain d'après-guerre. Et il s’achève par "Rain", un bel instrumental au cours duquel la slide de Slim Green semble hantée par ses héros, Elmore James et Freddy Roulette.

 

C.R.A.C.

The Piece Talks

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Si la palme du meilleur disque hip hop devait être attribuée, c’est sans conteste au nouvel elpee de C.R.A.C. qu’elle reviendrait. Et très franchement ce prix ne serait pas usurpé ! Pourquoi ? C.R.A.C. (Collect Respect Anna Check) qui se prononce ‘crass’ et non pas ‘crack’, comme vous pourriez l’imaginer, revendique un hip hop comme on aime l’entendre. Un hip hop qui vient des tripes. Un hip hop de la trempe de celui de The Roots ou encore de De La Soul, à leurs débuts. Pourtant, Blu (à la base, c’est l’unique membre du projet) aurait pu baisser les bras, il y a deux ans. Période au cours que laquelle il n’avait sorti qu’un single et bossé sur les compos de ce « The Piece Talks », en compagnie du producteur et MC originaire de Détroit, Ta’Raachh. A l’époque, il relevait du label Sound In Colour. Dont il ne semblait pas satisfait. Ce qui explique pourquoi il a décidé de quitter cette écurie pour Tres Records, visiblement plus efficace. Et pour cause, « The Piece Talks » est donc finalement paru. Après avoir été réenregistré et remasterisé. Sculpté dans un hip hop très racé, cet opus recèle quelques pépites dont on n’a de cesse de se délecter. Les beats et autres bidouillages électroniques coulent de source. Les interventions du MC sont particulièrement dynamiques et se conjuguent magistralement avec la production bien huilée. Après une attente aussi longue, le duo était attendu au tournant. Et il a répondu présent. C.R.A.C. appartient désormais à une nouvelle génération de hip hop couillu ! Et en plus, il a la classe. Ce qui ne gâche rien…

Duo Terre Neuve

Best Of

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Soldat Louis, ça vous dit encore quelque chose ? Mais si, ce groupe de Lorient qui s’était fait remarquer (sic) en enregistrant ‘Du Rhum Des Femmes… et (surtout) d'la bière nom de dieu. Un accordéon pour valser tant qu'on veut…’ Ah oui là, c’est peut-être plus clair. Pourquoi, vous demandez vous, ressortir ce genre de référence ? Tout simplement parce que, après avoir écouté ce disque, j’y pense furieusement. Duo Terre Neuve, c’est le nom des loustics responsables de ces souvenirs douloureux. Biniou, accordéon, histoire de marins, tout un cocktail usé et suranné que l’on pensait, enfin enterré. Que nenni mes amis, quelques nostalgiques du style ont encore des choses à proposer, et nous le refourguent sans honte. Ben mon vieux, je ne voudrais pas être méchant, mais le résultat est à pleurer. Imaginez un karaoké dispensé au sein d’un ascenseur bloqué entre deux étages, en compagnie d’un type qui chante faux et vous comprendrez ma douleur. Les compositions sont insipides. Elles se ressemblent tellement, que l’on remarque, à peine, être passé à la suivante. Ce ‘best of’ (mais si, vous lisez bien) résume les quatre elpees que le groupe à déjà (osé) commettre. « Best Of », ça veut dire le meilleur, non ? Heureusement qu’un premier tri à été effectué. Je n’ose imaginer la qualité des compositions que l’on n’a pas souhaité retenir pour ce recueil en question. Le choix a quand même du être cornélien, car 21 morceaux ont quand même été sélectionnés pour figurer sur la même galette (bretonne ?). Si on tient compte que les 4 premiers morceaux sont sans doute les meilleurs, il reste 17 horreurs à s’enfiler en une heure à pleurer sa désolation auditive. Je vais être bon seigneur et ne pas trop parler du graphisme de la pochette ; mais franchement, le responsable de ce désastre pictural aurait tout intérêt à prendre quelques cours de ‘Photoshop’. Suis-je méchant ou cynique ? Je suis même prêt à recevoir des insultes ; mais seulement après vous avoir prêté l’objet incriminé. Et puis on pourra en rediscuter. C’est malin, maintenant j’ai un de ces mal de mer…

Electric President

Sleep Well

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Pour être chroniquer musical, il faut manifester un max d’objectivité. Réflexion pertinente, que chacun d’entre nous devons appliquer. Même lorsque qu’un album d’Electric President entre à la rédaction. Evidemment l’envie de s’emballer est présente. Evidemment le parfum de leurs précédentes compostions revient effleurer, tel un conditionnement de Pavlov, nos narines. Mais il faut garder la tête froide, et dresser nos oreilles professionnelles.

Ben Cooper est l’auteur du fabuleux « Ghost », sous le patronyme de Radical Face. Il s’associe à Alex Kane pour élever ce projet : Electric President. Tous deux sont désormais moins inconnus qu’à l’époque de « S/T » (2006), et peuvent se targuer d’être reconnaissants de la confiance que Morr Music (Ms John Soda, B. Fleischman, Tarwater,…) leur a témoignée à cette époque. « Sleep Well », le dernier né du duo, se devait aussi, d’être à la hauteur des espérances du public, encore enthousiasmé et sous le charme. C’était il y a deux ans. Force est de constater, que loin de la pression ambiante, les Américains d’origine, ont encore réussi un coup de maître en la matière. « Sleep Well » porte parfaitement son nom. Serait-il possible d’émettre la moindre once d’énervement quand s’enclenchent l’une des douze plages de l’album ? Un défi que je ne souhaite, absolument pas, relever. Complètement ‘électronisée’, cette deuxième galette bat, tel un rythme cardiaque apaisé. Il déballe un univers cotonneux à la limite de l’ataraxie, qui soulève un bien être et un émotif exacerbé. Proposant, de temps à autre quelques rythmes plus relevés, on finit toujours par se sentir amorti par une couche de douceur. Certains peut-être, y verront un cachet un tantinet mou, et n’écouteront qu’en surface le disque. D’autres iront au bout de la nuit, tourner autour des nimbes qu’Electric President à tracé. Fidèle et précieux, « Sleep Well » ravira ou questionnera, mais à coup sur, ne laissera pas indifférent.

 

Fleuv

Cinquante-trois minutes et trente-huit secondes sous un chêne

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Manifestement, cette formation française est influencée par la new wave atmosphérique. Et en particulier par des ensembles hexagonaux issus des 80’s comme Little Nemo, Dominic Sonic et surtout Collection d’Arnell-Andrea. Peut-être Marquis de Sade, mais alors uniquement les lyrics, alors. Les boîtes à rythmes et les guitares (tantôt subtiles dans l’esprit de Durutti Column, tantôt torturées et aventureuses comme tout au long des seventies ou encore distordues à la manière de Sonic Youth) se partagent l’essentiel du gâteau. Et puis il y a les vocaux. Chuchotés, ils passent plutôt bien la rampe. Pas pour rien que les quatre meilleures plages se partagent entre l’élégant « Corps et âme », l’envoûtant « La meule », le frémissant « La dérive » (Dream City Film club ?) et le sinistre « Dans l’ombre ». Parlés, ils laissent indifférents. Chantés, c’est une véritable catastrophe ! Dommage, car sans cette carence l’ensemble tenait plus ou bien la route.

Less Than Jake

GNV FLA

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Le style ska/punk, aurait-il trouvé l’ambroisie sacrée ? Cette source de jouvence que nombreux ont cherché ? Chez Less Than Jake, on aurait tendance à le croire, tant la durée et la productivité de ces derniers, peut être source de questions. Dans la même veine que Rancid, Mighty Mighty Bosstones ou Reel Big Fish, ces baroudeurs du son semblent infatigables. Il y a 16 ans que le combo de Floride, gratte et sue sur scène, pour satisfaire un public toujours bien fidèle. Et nous rappeler qu’ils ne sont pas de sinistres inconnus. Aussi, la maison de disque à décidé d’envoyer aux rédactions, en plus du dernier elpee, une série d’albums précédents. Le packaging comprend donc, 3 double albums, Cd + Dvd ainsi qu’un Dvd ‘live’ et « GNV FLA », leur dernière galette. Ce titre s’inspire d’une anagramme de Gainseville Florida, la ville natale du groupe. Les fans inconditionnels avaient souligné précédemment, une tendance à adoucir, au fil des albums, les compositions et l’esprit énergique qui caractérisaient Less Than Jake à leurs débuts. C’est donc remontés à bloc et soucieux de redistribuer leur force, que les membres du groupe ont commis ce dernier elpee. 15 plages y figurent, rien que ça, qui contiennent chacune leur dose de cuivres et basses nourries à l’éréthisme. Rythme effréné, impulsions vocales à profusion, Chris Demakes et sa bande, badinent sans complexe sur des morceaux qui n’excèdent pas, en moyenne, les 2 minutes. 15 plages à lyophiliser soi même, à l’aide d’une bonne dose de Jack Daniels, mais qui ne transcenderont ni l’auditeur curieux, ni l’habitué de leurs sons.

 

Parade Ground

Rosary

Écrit par

Entre 1983 et 1988, les frères Pauly, sous le patronyme de Parade Ground, avaient commis quelques singles ainsi qu’un album. Intitulé « Cut up », cet elpee avait même reçu le concours de Colin Newman à la production. Proche de l’équipe de Front 242, et en particulier de Patrick Codenys et de Daniel Bressanutti, le duo va même participer aux sessions d’enregistrement de « 06 :21 :03 Up Evil » et de « 05 :22 :12 Off ». Et puis le duo va disparaître de la circulation. Ne réapparaissant qu’en 2004, lors du 3ème Belgian Independent Music Festival à Anvers. « Rosary » constitue leur deuxième opus. Un disque qui réunit toutes leurs expériences opérées au cours des deux dernières décennies. Et, c’est Codenys qui s’est chargé de la mise en forme, tout en collaborant aux arrangements. 30 titres sont réunis sur cette plaque, dont 15 interludes intitulés « Rosary » et numérotés de I à XV. Des intermèdes bruitistes mais atmosphériques et de brève durée. Mais venons-en au contenu de ce disque. Clairement indus, il baigne au sein d’un climat austère, froid, inhospitalier, glauque, angoissant, décadent, ressuscitant en même temps les spectres de Front 242 (fallait s’en douter), mais aussi de Killing Joke (son aspect le plus indus), Depeche Mode circa « Construction time again », SPK et Test Department. Les trop rares mélodies (les superbes « Happy at all » et « Breath » constituant les exceptions qui confirment la règle) ne permettent pas à cet opus d’échapper à une dimension purement expérimentale que le groupe revendique par ailleurs. Des expérimentations qui impliquent aussi bien les samples métalliques, symphoniques, cinématiques (NDR : on a ainsi droit sur « Three faint fires » au célèbre dialogue entre Jean Gabin et Michèle Morgan, dans le film « Quai des brumes », ‘T’as d’beaux yeux tu sais…’), les boîtes à rythmes (psychotiques, mécaniques, obsessionnels, sordides, martiaux,…), les collages, les textures noisy, bourdonnantes, crépusculaires, ténébreuses, etc., le tout dans un esprit très eighties qui fait quand même assez daté. Dommage que Parade Ground n’ait pas sorti cet album 20 ans plus tôt, il serait peut-être devenu une référence. Aujourd’hui, d’autres sont passés avant lui…

Perverted

Spuma Lupi

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Nouveau mini-album 6 titres pour cette formation limbourgeoise qui continue son petit bonhomme de chemin, sans se soucier du temps et des modes. A sa tête, le compositeur/guitariste Genis U, qui a cédé les lead vocaux à la chanteuse féminine 2M, dont les inflexions peuvent rappeler Kristin Hersh (l’excellent post punk « Geiserland »). Même, « Throw in the grift » caractérisé par sa section rythmique très orientée dub et ses guitares turbulentes et stimulantes, n’échappe pas à la contagion. Du post punk qui contamine également le sauvage « Sonic Tideland » ainsi que « Mad Lee ». Cette dernière plage s’ouvre dans l’esprit de Siouxsie & The Banshees, avant de se lancer dans un final psychédélique digne des dinosaures issus des seventies (NDR : pensez à Grateful Dead). Un elpee au cours duquel Perverted a cependant décidé de s’attaquer à deux covers. Tout d’abord le « The boys are back in town » de Thin Lizzy, adapté en reggae et puis le « Nude as the news » de Cat Power, une ballade mid tempo qui au beau milieu du parcours, est paradoxalement cousue de funk blanc. Le tout a de nouveau été masterisé et mixé par Kramer, dans son studio à Miami aux States.

 

Simian Mobile Disco

Sample and Hold

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Un an plus tôt Simian Mobile Disco concoctait son excellent « Attack Decay Sustain Release ». A l’issue de la sortie de cet opus, le duo Anglais entamait une longue tournée au cours de laquel il allait embraser les dancefloors aux quatre coins du monde. Infatigables, les deux Londoniens ont quand même décidé de passer quelques séjours en studio pour bosser en compagnie de l’extravagante Peaches, du collectif The Last Shadow Puppets ou encore d’un certain Jamie Lidell. Bien entendu, ces collaborations n’étaient pas de nature à satisfaire leurs aficionados les plus exigeants. Aussi, bien conscients de leur impatience, SMD a décidé de nous refourguer ce même « Attack Decay Sustain Release » en le recouvrant d’une grosse tranche de beats. Des beats redessinés par les plus grosses pointures du monde des DJ’s. Parmi la crème de ces remixes, on épinglera la version très minimaliste de « Sleep Deprivation », signée Simon Baker. Et puis le « Hotdog » de Cosmo Vitelli, un exercice de style évoquant le son très funk entretenu par James Murphy et Tim Goldsworthy pour leurs compilations DFA Remixes. Un « Wooden » très deep et cérébral, également. La star montante Danton Eeprom nous y fait presque oublier la version originale. Une plage idéale pour se relaxer et ne penser qu’au soleil. Mais la mention spéciale reviendra à Shit Robot qui est parvenu à conserver la ligne directrice de « It’s the Beat », tout en y injectant une bonne dose d’exotisme (ces bongos !) ainsi que des accès de rock particulièrement prononcés (les accords grinçants de la guitare). Un titre qui synthétise parfaitement l’esprit de cet opus. Une chose est sûre, après avoir écouté ce disque bourré d’énergie et de groove, on salive déjà à l’idée de découvrir le prochain elpee des deux Britons ! En attendant, Simian Mobile Disco nous livrera, en août prochain, une nouvelle compilation ‘Fabriclive’ de la très prestigieuse boîte de nuit londonienne ! A suivre donc…

 

Patti Smith & Kevin Shields

The Coral Sea

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Photographe, Robert Mapplethope était un ami de Patti Smith. Atteint du SIDA, il est décédé en 1989. En 1997, Patti lui avait consacré un recueil de poèmes. Qu’elle ne s’est décidée à lire en public que le 22 juin 2005 et le 12 septembre 2006, au Queen Elisabeth Hall de Londres. En bénéficiant pour la circonstance du concours du leader/guitariste de My Bloody Valentine, Kevin Shields. Smith y rend un hommage posthume à son compagnon, celui qui avait notamment réalisé la pochette de son elpee légendaire « Horses », à travers son spoken word. Shields sonorisant cette prose de longues envolées atmosphériques. L’album est double, mais malheureusement, les lyrics, particulièrement douloureux, n’y sont pas inclus. Tout comme le tracklisting, par ailleurs.

10 Days Off 2008 : lundi 28 juillet

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Après 10 jours de sueur sur les pistes de danse du Vooruit, le grand marathon electro annuel de Gand s’achevait ce lundi 28 juillet en beauté. Et pour cause, Simian Mobile Disco avait été programmé en tête d’affiche. Petit tour d’horizon, histoire de prendre la température.

Arrivée à 00h30 aux portes du Vooruit. Déjà, vachement moins de monde à la porte que l’an dernier, le soir de clôture. Après une petite fouille de sacoche, on pénètre dans l’antre de l’électro et constate qu’à l’intérieur, il n’y pas beaucoup plus de peuple qu’à l’entrée. On se dirige alors vers la salle principale où Cozzy Mozzy et Jean Montevideo chauffent la foule à coups de gros tubes imparables. Un set un peu safe que l’on quitte assez rapidement pour aller mater le live de Poni Hoax, suppléant le défaillant McLean. Malgré un BallRoom au 3/4 vide, le son nickel nous permet d’apprécier d’autant plus la prestation. Venu principalement présenter leur premier essai « Images Of Sigrid », les Français ont également parcouru les EP précédents, offrant au peu de monde présent une excellente retranscription de « She’s On The Radio » et « Antibodies ». Au niveau des titres les plus récents, « Pretty Tall Girls », « The Paper Bride » et « All Things Burn » se distinguent sans mal et réveillent une formation quelque peu molle en début de parcours.

A 2h du matin, direction la grande Bacardi Room pour assister au DJ-Set des Simian Mobile Disco. Ou plutôt du Simian Mobile Disco. Car James Ford est aux abonnés absents ce soir. James Shaw est donc seul derrière les manettes et assure sans temps mort. A ce moment de la nuit, on se rend compte que le taux d’alcool dans le sang de l’assistance commence légèrement à grimper. Dans le même état que le reste de la foule, on n’aura pu identifier dans le tracklisting que quelques rares morceaux tels que l’introductif et irrésistible « Sleep Deprivation » du duo ou encore de terribles remixes de « Get Innocuous ! » de LCD Soundsystem ou « You Belong » des Hercules & Love Affair. Un regret : peu de morceaux signés S.M.D. Heureusement, James Shaw va se rattraper à quelques minutes de sa sortie de set en nous accordant l’indispensable « Hustler ».

A la BallRoom, Shit Robot se produit en même temps que Simian Mobile Disco. On s’est donc échappé quelques minutes de la Bacardi Room pour y jeter un œil. Un show pas assez convaincant pour nous retenir. On retourne donc sans attendre à la Bacardi Room afin d’assister quelques minutes à celui de Dr Lektroluv. Fidèle à lui-même, le géant vert reprend les manettes des mains de James Shaw. Cohérent, il enchaîne le live de Simian Mobile Disco sur le même style d’électro, en y ajoutant une dose de rythmes un peu plus putassiers. Mais jugeant la prestation un peu trop répétitive, on se dirige après une dernière pinte à 2,50€ vers la BallRoom pour assister au set des Gantois The Glimmers. Après tous ces beats synthétiques, la dose de funk supplémentaire du duo nous permet de tenir jusqu’aux petites heures. Sur les genoux, on reprend le train non content d’avoir perdu quelques kilos en sueur. Une jolie clôture, qui aurait gagné à être fêtée, par bien plus de monde…

 

 

James Deano

Grand frère malgré lui

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Spa, le 17 juillet 2008, 19h10. Les Francofolies de la ville d’eau ont commencé quelques heures plus tôt. De stratus en crachin, de gouttelettes en averses, les premiers participants font la file un peu partout, surtout où il reste des zones à l’abri. Aux stands bracelets et aux échoppes, le monde s’agglutine, sans opérer le moindre mouvement de foule incontrôlé. Un début de festivités donc, un peu froid et humide ; mais il en faut plus pour anéantir l’esprit ardennais. J’ai rendez-vous à 19h15 avec Emilie, attachée de presse auprès de la maison de disques Warner. Motif : une interview de James Deano. Dans le sas de l’hôtel Radisson, c’est l’effervescence à la réception. Armés de laissez-passer, de caméras, de micros et d’appareils photos, les journalistes se ruent sur l’accueil. Tout est goupillé à la minute près. Il s’agit de ne pas louper la sienne. Emilie me reçoit en affichant un grand sourire, aussi chaleureux que la couleur de veste ‘flashi’ qu’elle porte. ‘Je gère’ me dit-elle. ‘Tout est nickel. Tout est dans les temps’. Les interviews s’enchaînent. La séance de dédicaces reste d’actualité, même si Deano n’apprécie que très peu ce genre d’exercice. Il semble ne pas encore réaliser l’intérêt qu’on lui porte. L’entretien se déroulera dans le petit salon. Entre quatre yeux et deux cafés. ‘Bien chauds les cafés svp’…

Salut Olivier (NDR : Olivier Nardin est le véritable nom de James Deano). Comment vas-tu, dis moi ? Tu m’as l’air un peu ‘cassé’.

En fait, je suis malade comme un chien. Mes cordes vocales sont bousillées ; et je sens bien que techniquement, ce soir ça va être chaud.

Manifestement, j’entends bien que ta voix est plutôt ‘loin’ (NDR : le timbre de Deano est plutôt rauque, et pour bien le comprendre, il faut bien tendre l’oreille)

Ouais, mais c’est Spa. Les gens m’attendent. Certains au tournant d’ailleurs. Je dois donc jouer. J’ai failli laisser tomber ; mais je vais le faire. Il y a quelques années que je tourne et je n’ai jamais annulé une seule date. Je vais me produire ce soir. Mais ça risque d’être très chaud, c’est clair.

Tu n’en a pas un peu marre de toutes ces interviews ? Il faut presque se battre pour fixer un rendez-vous. A moins peut-être que ce rythme de vie te grise ?

Je vais t’avouer sincèrement : je sors d’une année faste. J’ai accordé des interviews partout. Je devais répondre non stop. J’en étais gavé. Mais là, il y a deux heures que je suis occupé, et je le vis bien. C’est sympa !

C’est vrai que la presse belge regorge de tes interviews…

Le pire, c’est que ma maison de disques ne me trouvait pas assez convaincant. Pas assez vendeur. Déjà que, je ne suis pas toujours à l’aise dans ce genre d’exercice. Mais si tu veux avoir confiance en toi, la pression ne t’aide pas. Surtout de leur part. Cette situation n’est pas drôle, tu sais. Aussi, je me suis posé pas mal de questions.

Oui, mais c’est de bonne guerre !

Exact, c’est de bonne guerre. Quoiqu’on en pense, c’est le jeu.

C’est le business quoi.

Il n’y a pas le choix de toute façon !

La sortie du « Fils Du Commissaire » date de janvier 2008. Mais il y a un bon moment que tu te sers des mêmes morceaux qui y figurent. Ca va, tu tiens le coup ?

Je t’avoue que je tourne avec les mêmes chansons depuis quatre grosses années. A force, c’est saoulant, oui. Je ne prends plus le même plaisir qu’au début, c’est certain. Heureusement il y a l’adrénaline du public. Elle se renouvelle constamment. Ce n’est jamais la même chose. Raper toujours les mêmes chansons devient obsessionnel, limite chiant.

Justement, au fil du temps, j’ai l’impression que tu t’es adouci dans tes sets. Tu semble moins tranchant, moins underground dans la manière de les jouer.

Oui et non. Les chansons sont toujours les mêmes. Elles n’ont pas pu changer du tout au tout. C’est pareil depuis le début. Du son au flow. J’ai du mal à croire que le changement soit si radical. A la limite, lors de la réinterprétation des textes sur l’album, il est possible que des adaptations soient intervenues. Sur scène, non !! Le truc qu’il faut se dire, c’est que quand tu composes un morceau, tu l’enregistres d’abord sur du ‘home studio’, un pc ou un autre support. Tu invites les gens qui gravitent autour de toi à écouter la maquette pour voir si elle plaît. Mais d’office quand tu passes en studio, tu radoucis l’ensemble. Ceux qui sont susceptibles de se rendre compte de cette situation n’appartiennent qu’à un cercle privé d’amis.

Si on compare tes compos actuelles, à l’esprit « Branleur de Service », tu avoueras que la métamorphose est quand même flagrante !

Ouaiiiiis, ça c’est clair. « Branleur de Service » date de 2003 !! Mais on n’est quand même pas si loin de ce que je fais actuellement ?? A savoir que c’était déjà un thème, une histoire, quelque chose d’un peu choquant,… tu vois ce que je veux dire ? Mais quand à cette époque, j’ai compris ce que ce morceau impliquait, je n’ai plus jamais voulu reproduire ce genre de truc. C’est tombé dans des oreilles de personnes que je ne ciblais pas. Je ne veux plus être aussi hardcore. Mais oui, c’est une critique qui revient souvent : ‘Ouais on te préférait comme t’étais avant, t’étais plus underground, plus hardcore, blabla…’ Ils ont raison. Personnellement, je n’ai plus envie d’être drôle ou doux. J’ai envie de retirer cette étiquette. Je souhaite quelque chose de plus violent. En plus, je suis quelqu’un de très violent, à l’intérieur de moi. Si je devais être fidèle à moi même, mon rap le serait beaucoup que ce qu’il est maintenant.

Qu’est-ce que tu veux dire ? Tu parles de ton avenir ?

Oui, il se peut que j’emprunte cette direction. Mais je ne renierai jamais mes choix. Il fallait adopter une stratégie, au début. Quelque part, si ce style a bien marché, c’est que j’ai pu bénéficier d’un support médiatique. Ma carrière à beaucoup évolué grâce à ce soutien. Ce n’était pas si mal joué de notre part. Ta carrière, heureusement, tu ne la fais pas que sur un seul album.

A ce moment précis, Michel Fugain fait son apparition devant le salon ou Deano et moi même nous entretenons. Il a une tête à faire peur. Il se rend à une interview, celle qui va le rendre un peu moins populaire pendant ce festival. Mais ça c’est une autre histoire.

Le gros buzz de James Deano, c’est quand même « Les Blancs ne Savent pas Danser ». Pourtant, ce morceau est tellement peu représentatif du reste de l’album. Dommage que ce soit celui-là qui ait été le plus médiatisé, non ?

Le problème, c’est que tu ne sais pas faire autrement. Mais moi, « Les Blancs ne Savent pas Danser », c’est un morceau que je kiffe. Et que je kiffe encore aujourd’hui. Où que j’aille en Belgique, en France. Quelle que soit la commune ou la profondeur du quartier, tout le monde la fredonne. Donc fatalement, c’est une chanson qui a plu, sinon les gens ne la connaîtraient pas. Même plus besoin de chanter le refrain. Je trouve son thème original, même si ce n’est pas ce que j’ai écrit de plus profond. Stratégiquement, tu ne peux pas vendre tout un album d’un coup. Tu dois choisir un extrait à la fois, et le balancer. Le boss de Skyrock France (NDR : Pierre Belanger) avait bien flashé dessus et a décidé de le booster. Immédiatement, ma maison de disques et moi même avons marqué notre accord. Il y a une brèche qui s’ouvre, on fonce ! C’est logique, tu essayes à un moment de vivre de ce que tu fais. Tu veux que ça aille plus loin.

Je comprends, mais tu ne m’ôteras pas l’idée que « Les Blancs… » n’est pas représentatif de l’elpee.

C’est clair. L’album n’a rien à voir avec « Les Blancs ne Savent pas Danser ». C’est le tout dernier morceau que j’ai écrit. Je voulais le concevoir dans un esprit ‘club’, mais ne pas faire du krunk, genre rap américain qui tourne pas mal pour le moment. C’était plutôt une envie de créer quelque chose de plus populaire, plus camping. Un esprit disco populo, avec un refrain où tout le monde chante dessus. J’ai bossé dessus dans cette optique. Je n’ai pas ‘vendu mon cul’ à qui que ce soit. Il est de la même veine que « El Playboy », ou « Tu t’es Vu ? ». Le but est purement commercial… Le revers c’est que pas mal de mamans et de petits ont dû être déçus. Ce morceau les a touchés ; et le reste de ce que je fais, n’est pas vraiment le même.

C’est ce qui explique un peu l’éclectisme de ton public ? Pas toujours habillé Adidas peau de pêche et casquette Lacoste. C’est devenu plus familial, grâce à ce morceau ?

Tout à fait, les petits viennent accompagnés de leur maman. J’ai flashé. Je ne connais pas leurs goûts ou ce qu’ils veulent. Je n’ai pas de petit frère ou de petits cousins, ça m’est complètement inconnu. Ca fout la trouille. Quand tu comprends que les familles viennent avec en tête « Les Blancs… », ils doivent se dire en voyant le set, que je suis plus violent, plus trash. Ils ne s’attendent pas à ça.

Et ça te bride ?

Non ça ne me bride pas, mais je me dis quand même, que certaines personnes ont dû être déçues en assistant à mes concerts.

Personnellement, je kiffe plus des morceaux comme « Le Son Du Cosmos » ou  « Loin de la Vérité ». Ils sont vraiment excellents ! C’est le genre de titre auquel je pense plus, quand je réfléchis à ton album. Pourquoi ne les joues-tu jamais en live ?

Le « Son du Cosmos », je t’explique. Un soir j’ai fait la première partie de Diam’s à l’Ancienne Belgique. Le public n’a rien compris. Il est resté interrogatif. Depuis, je ne le joue plus sur scène. C’est un morceau, qui n’est ni rap, ni slam. C’est un truc un peu bâtard. Peu de monde le comprend vraiment. Ca me fait plaisir de rencontrer quelqu’un qui l’aime bien.

A l’époque de « Branleur …», tu avais le soutien de Soprano, par exemple. Lors d’une émission sur Skyrock, où tu étais l’invité, des mecs du milieu rap français appelaient la radio pour t’encenser. Ils sont toujours là à te soutenir, maintenant que t’as modifié un peu ton style ?

Je ne sais pas. Soprano, il nous a supportés quand il fallait le faire. Il a raconté des bribes de l’aventure. Maintenant, je crois qu’il nous apprécie, sans plus. Le truc qui a peut-être perturbé l’avis des gens, c’est qu’à un moment, il fallait enregistrer un clip. Et que nous avons eu l’occasion de le réaliser pour deux morceaux. « Les Blancs ne Savent pas Danser » était un choix imparable. Il tournait en radio, il fallait le concrétiser. Pour le deuxième, par contre, nous aurions peut-être dû choisir une compo plus sombre, plus travaillée. Mais nous avons dû choisir le « Fils du Commissaire », pour justifier le titre de l’album. Tout le concept qu’on a mis en place, tournait autour de cette chanson. Ce sont deux plages ‘comiques’ qui sortent du lot. Du coup, bing ! Etiquette ! Mais on le savait. On a les couilles. Cette étiquette, je la retire quand je veux.

Ce qui laisse présager un deuxième album plus ‘travaillé’ ? Destiné à un autre public, du coup.

C’est clair, l’humour je ne m’en sens plus capable. Sincèrement, je n’ai plus envie de rire… ni de faire rire. Et encore moins de passer pour un bouffon. Je souhaite passer à quelque chose d’un peu plus violent. Attention, mes propos sont étrangers à toute incitation à la violence. Ce serait plutôt l’interprétation de ce mal-être qu’on a en nous, ce besoin de sortir ses tripes. Quelque chose qui correspond davantage à l’image que l’on a de moi : drôle et enjoué. Je suis plus torturé qu’enthousiaste et positif. Il y a une incohérence dans ma démarche.

Ton futur sera donc plus sincère ?

Pour être franc, le rap commence à me saouler un peu aussi ; tout cette subculture, cette expression de la rue ne me touche plus de la même façon. Pour le prochain album, je vais sans doute m’orienter vers une formule plus chantée. Proposer plus de vibrations et d’enchaînements. Un truc beaucoup plus musical.

On va te laisser certainement moins de temps que le premier, pour le concevoir. Tu vas être sous pression, gars !

Complètement, mais je le suis déjà maintenant tu sais. En plus, je n’ai pas encore un seul texte. Je n’ai rien. Pas une idée, pas une piste. Wellou. Je ne sais même pas si ça va être possible.

En tout cas, nous espérons bien te retrouver sur une deuxième galette !

Ben espérons… (rires)

 

 

Will Sheff cherche des remplaçants…

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Le nouvel album d’Overkill River a été enregistré à Austin. Il a été coproduit par le groupe et le collaborateur de longue date, Brian Beattie. Il paraîtra ce 9 septembre et s’intitule “The Stand Ins”. Lyriquement, il s’agit de la suite de “The stage names”, paru l’an dernier. Il recèle "Lost Coastlines", une dernière chanson que Will Sheff partage en compagnie de Jonathan Meiburg de Shearwater, qui a décidé de se consacrer exclusivement à son propre groupe.  

Tracklisting

1) Stand Ins, One
2) Lost Coastlines
3) Singer Songwriter
4) Starry Stairs
5) Blue Tulip
6) Stand Ins, Two
7) Pop Lie
8) On Tour With Zykos
9) Calling And Not Calling My Ex
10) Stand Ins, Three
11) Bruce Wayne Campbell Interviewed On The Roof Of The Chelsea Hotel, 1979

Pour plus d’infos : http://www.okkervilriver.com

 

N’ayez pas peur de Yo Majesty!

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Yo Majesty sortira son premier opus le 29 septembre. Il fera suite à un Ep intitulé "Kryptonite pussy", et est dans les bacs depuis quelques jours. Son titre ?  " Futuristically Speaking… Never Be Afraid " Le trio de filles (Shunda K, Shon B, Jwl.B) est issu de Tempa Bay, un patelin sis à l’ouest de la Floride, et pratique ce qu’on appelle de la post booty-music. L’elpee a été produit David Alexander et Richard Winstanley.  

Tracklisting :

01. Fucked Up
02. Night Riders
03. Blame It On The Change
04. Never Be Afraid
05. Don’t Let Go
06. Booty Klap
07. Buy Love
08. Get Down On The Floor
09. Hott
10. Leather Jacket
11. Grindin’ And Shakin’
12. Party Hardy
13. Club Action
14. Take It Away

Pour plus d’infos : http://www.yomajesty.com

Une nouvelle branche à l’arbre de Damien Jurado

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Le prochain opus de Damien Jurado paraîtra ce 8 septembre. Il s’intitulera « Caught in the trees ». Pour la composition et lors des sessions d’enregistrement, il a reçu la collaboration d’Eric Fisher et de Jenna Conrad. En outre, la mise en forme a été confiée aux producteurs Kory Kruckenberg et Casey Foubert.

Tracklisting :

1) Gillian Was A Horse
2) Trials
3) Caskets
4) Coats Of Ice
5) Go First
6) Sorry Is For You
7) Last Rights
8) Dimes
9) Everything Trying
10) Sheets
11) Paper Kite
12) Best Dress
13) Predictive Living

Pour plus d’infos : http://www.damienjurado.com

Damon Albarn et Jamie Hewlett font à nouveau le singe!

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Monkey c’est le nouveau projet des Gorillaz, Jamie Hewlett et de Damon Albarn. Un opéra dont les représentations ont notamment été accordées au Manchester International Festival en 2007, et qui a ouvert le Royal Opera House de Londres ce mercredi 23 juillet. Le spectacle va donc être immortalisé sur un compact disc qui sortira ce 1er septembre. Il réunit des musiciens et des chanteurs issus d’Europe, mais également de Chine. La production a été assurée par le leader de Blur. Ah oui, j’oubliais le principal, il s’intitulera « Journey To The West ».

Tracklisting

1) Monkey’s World
2) Monkey Travels
3) Into the Eastern Sea
4) The Living Sea
5) The Dragon King
6) Iron Rod
7) Out of the Eastern Sea
8) Heavenly Peach Banquet
9) Battle in Heaven
10) O Mi To Fu
11) Whisper
12) Tripitaka’s Curse
13) Confessions of a Pig
14) Sandy the River Demon
15) March of the Volunteers     
16) The White Skeleton Demon
17) Monk’s Song 
18) I love Buddha          
19) March of the Iron Army
20) Pigsy in Space  
21) Monkey Bee 
22) Disappearing Volcano

Pour plus d’infos : www.monkeyjourneytothewest.com

 

James Yorkston s’invite chez vous.

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Le quatrième album studio de James Yorkston paraîtra ce 1er septembre. Intitulé « When the haar rolls in », il a de nouveau bénéficié de la participation de ses Athletes. Une édition limitée de cet elpee sera mise sur le marché et inclura le cd, bien sûr, le double vinyle enrichi d’un morceau supplémentaire et des tas de bonus dont je vous invite à prendre connaissance sur son site. Il ne sera cependant édité qu’à 1 000 exemplaires. Mais le plus intéressant procède du concours organisé pour la circonstance. En fait, un heureux lauréat ayant acquis un de ces box aura la chance de voir James débarquer chez lui (pourvu que ce ne soit pas trop loin !) pour enregistrer une compo à son attention. Sympa non !

Tracklisting

1. B’s Jig
2. Tortoise Regrets Hare
3. Temptation
4. When The Haar Rolls In
5. Queen Of Spain
6. Midnight Feast
7. Would You Have Me Born With Wooden Eyes?
8. Summer’s Not The Same Without You
9. The Capture Of The Horse

Pour plus d’infos : http://www.jamesyorkston.co.uk