L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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La langue acide de Jenny Lewis

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C’est le 7 septembre que paraîtra le nouvel opus solo de la native de Las Vegas. Il s’intitulera « Acid tongue ». Elle bosse également, pour l’instant, sur un nouvel elpee de Rilo Kiley tout en pensant déjà à un autre de Postal Service. En outre, elle envisage déjà de repartir en tournée…

Pour plus d’infos : http://www.jennylewis.com

 

Ardentes 2008 : jeudi 10 juillet

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Le marathon des Ardentes 2008, c'est parti ! Et Musiczine est bien présent pour en extraire la quintessence. Cette année, la manifestation a franchi un cap d'importance. Elle peut se targuer d'avoir atteint la taille critique d'un poids lourd dans le paysage festivalier wallon et belge. En seulement trois ans d'existence, c'est une gageure de taille. Plus de 50 000 personnes étaient attendues sur le site du Parc Astrid pour assister à plus de 80 concerts. Notons d'emblée un détail qui a son importance dans ce type de manifestation : la propreté. Certes, on réalise difficilement des miracles lors de rassemblements de cette importance, mais un réel effort a été accompli pour maintenir la qualité du site à un niveau acceptable. L'effort, payant à plus d'un égard, mérite d'être salué. Les nombreuses poubelles à tri sélectif et les toilettes qui ne dégagent généralement pas d'odeur pestilentielle ont grandement contribué au bien-être de tous. Si ces conditions n’avaient pas été remplies, le temps épouvantable de cette première journée de festival aurait peut-être réussi à entamer la bonne humeur des Liégeois. Mais établissons un petit état des lieux des concerts auxquels nous avons assisté...

Seules deux des trois scènes sont ouvertes pour cette première journée de festivités. La programmation a été savamment pensée pour nous obliger à courir d'un podium à l'autre ; un concert proposé dans les ‘Halles des Foires’ commençant exactement à la minute où le précédent se terminait à l'‘Open air’. Car longue est la ‘Route des Saveurs’ –allée gastronomique– qui relie les deux tableaux. Aussi, nous avions, à la nuit tombée déjà, quelques kilomètres dans les jambes.

La pluie s'est invitée dès les premières prestations. A notre arrivée, il subsiste encore de l'herbe sur les pelouses du parc, mais devant la scène principale, le sol s'est déjà transformé en fange aux remarquables vertus d’engluement. La prestation de The Do était particulièrement attendue ce jeudi. Evénement de ce début d'année, nous voulions voir si le buzz qui a boosté la sortie de leur premier album était justifié. L’accueil réservé par la foule au couple franco-finlandais est mesuré. Après un début plutôt animé, au cours duquel Olivia Merilahti gratte sa guitare, le set ramollit. En fait, dès que la chanteuse abandonne son instrument. Il retrouvera des couleurs lors des dernières chansons, c’est-à-dire lorsqu’Olivia va reprendre sa six cordes, redynamisant du même coup l’enthousiasme du public. Le groupe nous a cependant gâtés en nous réservant un « On my shoulders » tant espéré et bien sûr, apprécié.

Nos pas nous dirigent ensuite vers les ‘Halles des Foires’, où se déroule le concert d'Empyr. C'est en manifestant une certaine satisfaction que nous retrouvons le jeune groupe sur une scène couverte (NDR : et donc à l'abri des averses !) Le public est encore peu nombreux et très hétéroclite. Quelques égarés se sont plantés là, simplement séduits par la perspective d'un endroit chaud et sec. Ce genre de motivation va croître au fil des heures et de la dégradation du temps. Le quintette présente son premier album « The Peacefull Riot », livrant une musique très rock, lourde et bien bruyante. Benoît Poher s'agite sur scène comme à son habitude. Rôdés à l'exercice, les cinq artistes confirmés accordent un concert d’honnête facture ; mais le jeu plus brutal de Benoît et sa bande ne parvient pas à se départir d'un accent teenager qui parle davantage au jeune public. Le spectre de Kyo hanterait-il toujours Benoît ?

Ecourtant notre crochet, nous repartons vers l'‘Open air’ pour ne pas manquer l'entrée en scène de Yeal Naïm. La pluie s'est remise à tomber et alourdit de plus en plus les pelouses ( ?!?!?). Mais la chanteuse apparaît, et sa voix douce et chaleureuse ramène un peu de soleil dans nos cœurs. La pop teintée de folk servie par la chanteuse franco-israélienne constitue une excellente surprise, après les débuts rock de la journée. La jeune femme s’accompagne d’un tambourin, joue volontiers du piano ou de l’ukulélé. Sa prestation est rafraîchissante et met de bonne humeur. Quand la musique se fait plus soul, elle semble développer un lointain lien de parenté avec Amy Winehouse. Et en finale, elle nous a régalés d’un excellent « New Soul ».

Sébastien Tellier débarque ensuite. Dans les ‘Halles des Foires’, bien sûr. Sinon ce ne serait pas drôle ! Nous marchons d'un bon pas pour prendre le concert en cours. Après la douceur soul de Yeal, nous sommes invités à baigner dans de l'electro bien remuante. Le public apprécie, s'anime et danse. Le Français atypique et un brin provocateur n'économise pas ses efforts pour créer une atmosphère électrique et torride, à l’instar de celle qu’il a inoculé tout au long de son dernier album, « Sexuality », un manifeste débridé dont le titre suffit amplement à en exprimer le message.

Camille, pour sa part, nous aura un peu déçus. La chanteuse se lance dans son trip, mais oublie de convier l’audience à la rejoindre. Elle a beau être flanquée d’un chanteur de beat boxing, ses exercices d'imitation de boîtes à rythmes en tous genres font un peu pâle figure. La prestation de Yeal, qui venait de se produire juste avant elle, sur la scène extérieure, explique sans doute la réaction tiède de la foule. Et puis Naïm s’était montré tellement habile pour communiquer aux festivaliers son désir de fête. Bref, Camille nous a servi un numéro très musical, en apparence un peu fou, mais en somme, plutôt froid.

Arsenal est venu ensuite ou plutôt, nous sommes allés vers lui. De retour en intérieur, nous sommes bercés par la chaleur un peu latino de son expression sonore. L'ambiance est très bonne, les jeux de lumières donnent du relief à un style très electro et exotique. Cette nouvelle prestation est une autre rupture dans le fil de la programmation qui, décidément, se veut éclectique. Mais tant que la musique est bonne, qui s'en plaindra ?

Après le départ de nos amis Hendrik Willemyns et John Roan, nous décidons de camper sur place pour attendre Siouxsie. Nous nous asseyons à même le sol, tels des festivaliers chevronnés, méprisant les flaques de bière et autres breuvages collants qui ont été renversés négligemment. Le public est de plus en plus nombreux. Il faut dire que la pluie retombe de plus belle, dehors... Siouxsie Sioux, c'est un poids lourd du rock. Elle fait son entrée. Une apparition qui fait un peu penser à celle d'une star sur le retour. Affublée d'un tailleur digne d’une armure de 'power ranger' –évocation accidentelle vraisemblablement– la chanteuse nous a, avant tout, montré un joli jeu de jambes. Si l'on pouvait émettre quelques réserves sur la souplesse de la star, nous avons été, sur ce point, rassurés. Et comme ‘showwoman’, pas de doute, elle est rompue à l'exercice. Siouxsie et ses musiciens nous ont offert un spectacle de bonne facture, mêlant le rock à la pop, n’oubliant pas de nous dispenser le répertoire de son nouvel elpee, « Mantaray ». Bien sûr, on peut reprocher à ce set un manque de fantaisie. D’ailleurs, si les fans ont apprécié, une bonne partie de l’audience, venue dans les ‘Halles’ à la recherche d’un endroit sec, est restée de marbre.

Trentemoller et Cypress Hill assuraient la fin de soirée. Le premier, malgré une pluie persistante, a réussi le tour de force de faire danser les festivaliers dans la gadoue au son d'une musique inclassable mêlant electro, techno, house et tutti quanti.

Cypress Hill est le dernier groupe du jour que nous avons eu l'occasion de voir et d'écouter. Le groupe de hip hop a sorti la grosse artillerie. Sur scène, un roi squelette géant gonflable (NDR: et gonflé) est assis sur son trône. La salle ‘HF6’ est bondée. Déchaîné, le public jumpe et scande les paroles des chansons. L'atmosphère est étouffante mais on se dépense. Bonne ambiance!

Et déjà il est temps pour nous de prétendre au repos du juste. Au loin, Laurent Garnier termine d'embraser la plaine. Dans l'ensemble la journée a été très bonne : pas de grandes surprises mais pas de grosses déceptions non plus. La pluie, quant à elle, n'aura réussi que très modérément à ternir la fête.

Dix pierres pour Woven Hand

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Le nouvel opus de Woven Hand paraîtra ce 15 septembre. Coproduit par Edwards et Daniel Smith (Danielson) il a reçu le concours de Peter Van Laerhoven à la guitare d’Elin K. Smith de Danielson aux vocaux ainsi que des ex-16 Horsepower Pascal Humbert à la basse, Garrison aux drums, Nikolaisen à la guitare.

Pour plus d’infos : http://www.wovenhand.com

 

Willard Grant Conspiracy

Pilgrilm Road

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Pour enregistrer son septième opus, Robert Fisher a reçu le concours d’une multitude de collaborateurs. Plus d’une vingtaine. Malcolm Lindsey, tout d’abord. Un écossais responsable de la composition de B.O. de films, mais également de partitions plus ‘classiques’. Il partage l’écriture des morceaux et joue du piano, de la guitare acoustique et électrique, des claviers (notamment un orgue à soufflets) et apporte son concours aux vocaux. Il partage également la production et les arrangements avec Robert. Les sessions d’enregistrement se sont d’ailleurs déroulées, notamment à Glasgow au sein de studios de Malcolm, mais également à New York et Los Angeles. Et puis une pléiade de musiciens qui se partagent une volée d’instruments tant ‘classiques’ que conventionnels : piano, harmonium, six cordes, violon, violoncelle, trompette, vibraphone, alto, double basse, basse, slide, percus, drums, etc., sans oublier la chorale : The Pilgrim Choir. Parfois gospel, parfois puissante, solennelle. Robert se concentre exclusivement sur le chant. Et tout au long de cet elpee, son baryton est vraiment bouleversant. Sur le meilleur titre de l’œuvre, valse déchirée entre symphonie et fanfare, « Painter blue », il parle d’ailleurs plus qu’il ne chante, dans un registre proche de Simon Huw Jones, d’And Also the Trees. La symphonie, c’est d’ailleurs l’impression générale qui émane de ce « Pilgrim road », une symphonie souvent ténébreuse, toujours majestueuse, profonde, au cours de laquelle Fisher est à nouveau hanté par sa quête perpétuelle de la spiritualité. Et en particulier par la foi, la mort et la rédemption. Il aura cependant fallu cinq années pour réaliser un tel projet ; et si le résultat est tout à fait convainquant, il prend une toute dimension sur les planches. Plus vivante, moins sophistiquée, mais tout aussi riche…

The Willowz

Unveil

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Nous vivons à une époque au cours de laquelle pas mal de groupes rentrent en studio et aseptisent leurs compositions pour en faciliter l’écoute. Poussés derrière, par des maisons de disques qui leur balancent des ‘Coco ce que tu fais c’est bon, mais faudra faire des compromis pour que ça se vende’, The Willowz n’en a rien à cirer des concessions. Les adoucisseurs sont uniquement réservés à la lessive. Il provoque donc son public à travers un rock/garage/post punk énergique et brut de décoffrage. Porté aux nues par la bande son de « Eternal Sunshine Of The Spotless Mind », le combo Californien ne comptait pas s’arrêter en si bon chemin. C’est en véritables pyromanes de la scène, qu’ils déversent des jerricans d’essence. Armés d’allumettes, c’est le sourire carnassier aux lèvres qu’ils nous observent paniquer, et poussent le son de leur ampli à fond. A la moindre étincelle tout pète ; et cette peur de l’embrasement ultime procure un frisson charnel, addictif dès la première dose. « Unveil », quatrième galette du groupe, ne faillit pas à la règle. Puissants et corrosifs, les 20 plages (très courtes comme à leur habitude) de cet elpee sont fixées à l’aide de vieux clous rouillés, intouchables sans vaccin en ordre du tétanos. Ces vieux clous ont certainement été arrachés aux perfectos purulents d’ancêtres punk, et retapés à grand coups de marteau sans aucun état d’âme. Toujours aussi ambitieux et productifs, The Willowz démontre une fois de plus qu’ils n’ont peur de rien, et que tout ne fait que commencer pour eux. Bang ! (Chrome Hoof, Melvins, Deerhunter,…) peut se frotter les mains, il y a de l’énergie à revendre derrière ces p’tits gars, et ne pas s’en rendre compte serait nier le bon sens.

 

Sara Bareilles

Little Voice

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Un peu plus d’une dizaine d’années s’est écoulé depuis la dernière véritable explosion du Pop Rock au féminin. Au début des années nonante, elles s’appelaient Sheryl Crow, Alanis Morissette, Heather Nova ou Natalie Imbruglia. Aujourd’hui, la relève semble être assurée par des Colbie Caillat, Amy MacDonald et autres Sara Bareilles. Cette dernière profite de ce regain d’intérêt pour publier « Little Voice », son premier ouvrage. Ouvert par le hit radio « Love Song », le recueil distille une pop assez banale et par trop souvent sirupeuse. Sans pour autant atteindre le niveau de ‘nunucherie’ de Colbie Caillat, Sara Bareilles fait de l’amour l’unique thème de ses compositions, limitant considérablement son potentiel.

La Californienne au joli minois semble se cantonner volontairement dans un style voué à la désuétude. Faisant pourtant preuve d’une jolie technicité vocale, qui rappelle par instants Fiona Apple, Bareilles se contente d’une écriture proche de celles de Vanessa Carlton et Michelle Branch. Deux interprètes déjà envoyées aux oubliettes de ce côté de l’Atlantique. A l’écoute de « Little Voice », il est d’ailleurs difficile d’envisager un avenir différent pour la jeune interprète. Plutôt que de s’attarder sur ce type d’artistes, on préfèrera largement explorer la nouvelle vague Soul féminine britannique, beaucoup plus avenante et intemporelle que ce renouveau pop ricain aux intentions purement commerciales.

Lien iTunes : http://clk.tradedoubler.com/click?p=24379&a=1303609&url=http%3A%2F%2Fphobos.apple.com%2FWebObjects%2FMZStore.woa%2Fwa%2FviewAlbum%3Fi%3D274022990%26id%3D274022938%26s%3D143446%26partnerId%3D2003

 

 

Black Affair

Pleasure Pressure Point

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Après avoir milité au sein de The Beta Band et des obscurs King Biscuit Time, Steve Mason prend les choses en main et décide de faire cavalier seul. A travers Black Affair, son nouveau projet, l’homme veut nous faire croire qu’il dispense de la dark pop aux légères évocations sexuelles. Pas de pot. La seule chose que sa ‘dark pop’ inspire est un ennui profond. Ce « Pleasure Pressure Point » est, à vrai dire, l’un de ces disques que l’on subit plus que l’on écoute. Le genre que l’on aimerait enterrer mille pieds sous terre, en espérant ne jamais devoir subir un tel viol auditif. Ni le coup de main de Jimmy Edgar au mixage et à l’écriture sur le morceau « PPP », ni les vocalises de la petite copine de ce dernier sur « You And Me » ne donnent de cachet à l’ensemble. Devant un tel désastre, on a du mal à croire qu’il s’agit d’une œuvre produite par le même individu qui nous a tant comblés lorsqu’il jouait au sein de The Beta Band. Les morceaux de ce recueil évoquent un Erlend Oye peu inspiré qui aurait bouffé du Kraftwerk et de la synth-pop des années 80s tout au long de son adolescence et n’en démordrait toujours pas. Répétitif et peu réfléchi, « Pressure Pleasure Point » n’est rien d’autre qu’un essai anecdotique.

Francis Cabrel

Des Roses et Des Orties

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Quand j’étais petit, je comparais Francis Cabrel à un cocker. Ses longs cheveux bouclés pendaient de chaque coté de son visage. La moustache broussailleuse dessinait des babines. La compassion pour son prochain se lisait pareil dans ses yeux. Comme dans ceux du canidé. A cette époque, il ‘aimait à mourir’, mais il faut croire qu’il s’en est remis. Car après plus de 25 ans de carrière, il est toujours présent pour nous conter fleurette. Alors, malade imaginaire notre bon Francis ? Malade sans doute de voir ce qui se passe autour de lui, de sentir l’injustice gagner du terrain. Lui l’idéaliste, se sent investi d’une mission. Ecrire des textes, magnifiques au demeurant, pour relater des évènements de notre quotidien. Ces choses anodines que nous tolérons à force d’habitudes. Son message pourrait être sombre et particulièrement dépressif. Il ne l’est pas seulement. L’ingénieux artiste a dans sa botte, quelques secrets de douceur et de poésie, des secrets qui ont vite fait de faire pleurer les grands-mères, et les mamans. Pas toujours de tristesse, bien plus souvent d’émotion. Tout au long de « Des Roses et des Orties », monsieur Cabrel remet le couvert du menu tendresse, en éparpillant treize pétales autour des assiettes. Nous sommes conviés le plus chaleureusement du monde à prendre place, et écouter le poète déclamer ses textes, sur une musique composée d’eau de pluie, de nuages et surtout de beaucoup de soleil réparateur. Nous aurions tendance à rechigner le plaisir d’écoute de ce dernier opus, en le cataloguant de gnangnan. Mais il fait du bien, comme ses gaufres faites maison, comme ces pots de confitures sortis de leur cachette, comme ces après-midis collés à la personne qu’on aime. Francis Cabrel c’est beau, et on ne lui en demande pas plus.

Lien iTunes : http://clk.tradedoubler.com/click?p=24379&a=1303609&url=http%3A%2F%2Fphobos.apple.com%2FWebObjects%2FMZStore.woa%2Fwa%2FviewAlbum%3Fi%3D275391736%26id%3D275391705%26s%3D143446%26partnerId%3D2003

 

 

Dr John

City that care forgot

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Le ‘Night Tripper’ participe depuis très longtemps à la vie musicale de la Nouvelle Orléans, une cité qui a pourtant cruellement souffert des ravages de l'ouragan Katrina, et dont une bonne partie de sa population a été forcée de vider les lieux. Ce qui n’a pas empêché notre bon docteur de délivrer inlassablement ses prescriptions sonores. De son véritable nom Malcolm Rebennack, Dr John est aujourd’hui âgé de 67 ans. Il squatte les scènes musicales depuis les fifties. Il a composé et joué de la guitare pour des célébrités locales comme Professor Longhair et Art Neville. Il a entamé sa carrière personnelle au cœur des sixties. A l’époque, il dispensait un curieux cocktail de funk, de R&B, d'exotisme et de psychédélisme, hanté par une sorte de culture vaudou. Victime d’une manipulation maladroite d’arme à feu, il était entre-temps passé de la guitare aux claviers, au piano et à l’orgue. Il devient alors responsable d’elpees qui vont maquer son époque comme "Gris gris" en 1968, "Sun, moon and herbs" en 71 ou encore "In the right place" en 73. Pour enregistrer « City that care forgot », John est épaulé par sa formation : le Lower 911. C’est-à-dire le guitariste John Fohl, le drummer/percussionniste Herman Ernest III et le bassiste David Barard.

Dès les premières mesures de  "Keep on doin'", la musique baigne au sein d’un climat funky. Et la présence d’une section de cuivres n’y est pas étrangère. La voix de fausset du docteur est caractérisée par sa nonchalance habituelle. Tous les musiciens collaborent aux chœurs. "Time for a change" trempe dans une même solution sonore. Eric Clapton apporte son concours à la guitare. Son toucher aux six cordes est immédiatement saisissable. Willie Nelson participe à "Promises, promises". Le chant semble joyeux. Mais c’est loin d’être le cas. La réalité est toute autre. L’heure est grave. Souligné par un chant gospel participatif, le piano alerte de John anime les débats. ‘Le chemin pour la Maison Blanche est pavé de mensonges. Les enfants ont faim. Ils souffrent. Ils pleurent et meurent dans les rues’. Notre terre n'est décidément pas faite pour tout le monde! Les Créodelphic Strings colorent de leurs violons la ballade lente "You might be surprised". Le funk hypnotique refait surface sur "Dream warrior". John est passé à l'orgue. Il a revêtu le kimono du samouraï. Ce combattant du rêve brandit son glaive pour protéger les rivières et bayous louisianais. Le mysticisme vaudou plane. Le climat passe au jazz New Orleans sur "Black gold". Il évoque le rôle de cet or noir, si prisé par les financiers. La trompette et les saxophones marquent le rythme! L'amertume de l'artiste s'accentue davantage sur "We gettin' there", une compo au cours de laquelle on relève la présence de Terence Blanchard, l’ex trompettiste des Jazz Messengers. Les cordes de Clapton enrichissent deux autres plages. Tout d’abord "Stripped away". Ses partenaires en profitent pour libérer une dose maximum de groove. Et puis le titre maître. Une ballade majestueuse mais tellement critique sur le sort de la cité ravagée. Son sentiment douleur ne faiblit pas sur le titre suivant. Le docteur s’interroge même sur l’implacable "Say whut?". Ballade paresseuse "My people need a second line" se mue en dixieland dévastateur, lors de l’intervention de Troy ‘Trombone’ Shorty Andrews (ce jeune prodige tromboniste n’a que 22 ans !), rejoint par son frère aîné James, à la trompette (c’est aussi le leader du New Birth Brass Band).  Cet album d’excellente facture s’achève par "Save our wetlands", une prière dont les accents plaisants sont dispensés sur un mode zydeco. En outre Terence Simien, un des meilleurs artistes de ce style, y partage les vocaux.

 

Elbow

The Seldom Seen Kid

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Allons droit au but. La discographie de Guy Garvey et ses compères est un sans faute. Après des « Asleep In The Back », « A Cast Of Thousands » et « Leader Of The Free World » grandioses, il était difficile de croire qu’Elbow arriverait à nous éblouir pour une quatrième fois consécutive. Pourtant, le quintet l’a fait. Sans la moindre gaucherie. Alors que des Coldplay, Keane et autres Snow Patrol déchaînent les passions, Elbow fait son petit bonhomme de chemin. Et ce, sans trop attirer l’attention du public sur la qualité de ses travaux, qui dépassent pourtant amplement celle des œuvres de ses compatriotes. En toute humilité, la formation se contente de remplir des petites salles alors qu’un chef-d’œuvre tel que ce « The Seldom Seen Kid » devrait être entendu par plusieurs milliers de fans en furie.

D’une beauté déconcertante, ce quatrième essai démarre en grande pompe sur un « Starlings » orchestral qui annonce très adéquatement le calme avant la tempête. Lui succède alors perles sur perles. D’une part, les Mancuniens explorent des terres qu’ils ont déjà visitées, tel que sur « The Bones Of You » rappelant légèrement, au niveau du chant, l’extraordinaire « Fugitive Motel », extrait de « A Cast Of Thousands ». D’autre part, ils se lancent sur de nouveaux sentiers, comme sur « The Fix », duo entre Garvey et Richard Hawley ou sur les cathartiques « Grounds For Divorce », « Some Riot », « Friend Of Ours » et « Weather To Fly ». Seul « One Day Like This », second single extrait de la plaque, ne provoque pas l’effet escompté. Mais devant la quasi-perfection du reste de « The Seldom Seen Kid », il semble évident que ce petit écart d’attention ne changera rien au fait qu’Elbow soit bien parti pour s’inscrire comme l’une des rares formations à avoir tracé une véritable carrière sans faute, même sans succès commercial. Indispensable !

Get Well Soon

Rest now, Weary head ! You will get well soon

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« Rest now, Weary head ! You will get well soon » est la traduction –un peu à rallonge je le concède– d'un furieux talent. Get Well Soon est l'auteur de ce titre qui sonne comme une garantie ; mais Get well Soon n'est pas un groupe... il s'agit d'un homme, un seul, un vrai et talentueux qui plus est ! Konstantin Gropper est un jeune Berlinois de 25 ans. Il a eu l’idée géniale ou la folie de composer l’intégralité de cet album, se réservant tous les instruments, se chargeant de chaque arrangement, chantant ses propres textes ; et le résultat est épatant. Une seule imposture dans ce tableau de chasse édifiant : la douce et belle voix de sa sœur Verena. Elle vient au fil des élucubrations de l'artiste l'accompagner, le soutenir, lui répondre.

Mais venons-en à cet opus. « Rest now... » constitue donc la première œuvre d'un jeune homme de 25 ans. Il accomplit un parcours initiatique au sein d’un univers abouti, un recueil de chansons déterminées par des lois qui nous échappent complètement mais s'agencent de la façon la plus naturelle possible. Il règne tout au long de cet elpee, une même homogénéité atmosphérique que sur le « Fort Nightly » des White Rabbits. Peut-être davantage. Dans le monde de Konstantin, un sentiment naît, se meurt et ressuscite au fil des quatorze morceaux de l'elpee.

Dès les premiers accords du prélude, le jeu du Berlinois séduit. D'ailleurs si la première et la dernière plage de l'elpee évoquent une œuvre symphonique (prélude et coda), ce n'est pas une excentricité de plus à épingler au palmarès de Konstantin. Certains morceaux ont véritablement la dimension d'un grand orchestre. La musique, souvent progressive, s’alimente aux accords de violons, trompettes et orgue électrique qui réverbèrent des accents wagnériens. Quoi d'étonnant après tout ? Gropper a suivi une solide formation classique ; alors à mon humble avis, il aurait tort de ne pas s’en servir ! Cette touche orchestrale conjuguée aux thèmes évoqués et abordés suivant une technique de ‘questions/réponses’, renforce la cohésion de l'ensemble.

Mais attention, ce n’est pas le ‘classique’ qui domine ici l’expression sonore ; les chansons de Get Well Soon sont avant tout pop ! Lors de la deuxième chanson, l’intro nous entraîne dans une sorte de valse de salon interprétée au violon, avant que les trompettes ne se mettent à résonner en se mariant harmonieusement à la guitare et aux drums. Et le côté fanfare de cette plage refait surface par la suite.  Cependant, le ton est loin d'être joyeux. Dans la musique du Berlinois, on recèle même quelque trace d’inquiétude. Un sentiment qui ne fait que croître au fil de l’elpee. « Help to prevent forest-fires » marque un tournant dans l’œuvre. Après des débuts animés, la musique verse subitement au cœur d’une douce nostalgie et se mue même en mélancolie lors de l’excellent « We are safe inside while they burn down our house ». D’ailleurs, si on redécolle ensuite vers des sphères plus chaleureuses, la tristesse ne nous quittera plus.

Malgré la surenchère de regrets mélancoliques, on ne verse jamais dans le pathos. On le doit peut-être aux harmonies sans faille, au mélange savant des instruments, à la richesse musicale. A la capacité de l’artiste à préserver une ligne mélodique claire. On le doit certainement aux paroles signées par Konstantin. La mort hante la plupart des lyrics. Evoquer l’avenir trouble dans la saturation des basses et les effets Larsen d'un « I sold my hand fo food so please feed me » recèle une dimension glauque. Morceau sublime au passage qui a été taillé pour la scène !

On pourrait s’étendre encore pendant des heures pour tenter (vainement) décrire toute la magie de cet album. Une chose est sûre, sa musique vous travaille le corps et l'âme. La vie a une fin, c'est une évidence mais « Rest now... » a le mérite de nous le rappeler. Obstinément. Une obstination qu’il manifeste également pour nous remémorer aussi nos joies, nos peines, les souvenirs d'un désir acharné de vivre qui finiront par prendre toute la place, quand inexorablement, le temps qui passe, nous aura conduit devant la grande inconnue qu'est la Mort. Dans ces conditions dictées par Konstantin Gropper, nous nous interrogeons : à quoi bon ? Et je répondrai en citant l'artiste que je salue bien bas : « Shoot, baby ! Shoot ! Free us from the pressure ! With a rifle or a gun ! We can't live forever ! ». Définitivement, j'adore.

 

Indian Jewelry

We Are The Wild Beast

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« We Are The Wild Beast » c’est comme une blessure. Il y a d’abord le cri, représenté ici par la danse lancinante du saxophone. Aux confins de la douleur s’échappent des appels gutturaux, émaillés de chocs froids et tranchants. Vient ensuite le calme tout relatif, secrété par des beats calculés et répétitifs. S’approche alors, la révolte, l’orgueil de s’être bêtement blessé, traduit par des cordes grinçantes et hypnotiques. Indian Jewelry est une métaphore à lui tout seul. Il dispense son univers à grande brassée, se moquant bien des blessés collatéraux qui en seront affectés. Poussant au plus saturé ses effets, il découpe au scalpel nos peaux tendues et sensibles. Proposant une electro/pop expérimentale, il en devient aérien et menaçant, tout en déversant son acide sur la tête des curieux, le nez pointé vers le ciel. Pas moins de 32 musiciens ou collaborateurs participent au projet. Ils se définissent comme une troupe armée, une légion déterminée à encercler les ennemis potentiels. Force est de constater qu’ils parviennent à nous émouvoir ; si pas par la douceur, du moins par une sensation effroyable, telle une chute terrible sur le sol froid d’une arrière cour sordide. Après la douleur, pointe le réconfort. Le besoin d’être soigné se fait violence et se bat avec le mal qui tente de prendre possession de tout notre corps. Indian Jewerly est là aussi pour soigner, et nous coucher afin de reprendre des forces. Par le biais de mélodie enveloppantes et imaginaires parsemées ça et là sur l’album, il nous offre un répit, mais jusqu’à la prochaine attaque seulement.

M83

Saturdays=Youth

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A l’écoute d’une telle plaque, il est difficile de saisir la relative résistance du public face à Anthony Gonzalez, alias M83. Alors que celui-ci devrait l’aduler, le Français semble tout simplement ignoré (NDR : le concert accordé dans une AB à moitié vide en est la plus belle illustration). Il est vrai que le départ en 2005 de Nicolas Fromageau, bras droit de Gonzalez, a donné du fil à retordre à ce dernier qui semblait avoir du mal à réinventer le projet. Les deux ouvrages précédents étaient en effet loin d’être passionnants. Mais ce « Saturdays=Youth » devrait changer la donne pour Gonzalez et ses deux musiciens, Loïc Maurin et une certaine Morgan Kibby, impliquée déjà au sein de The Romanovs.

Contemplatif à souhait, ce cinquième recueil marie pertinemment shoegaze, pop et electronica. Toutes guitares en avant depuis « Before The Dawn Heals Us » (2005), les compositions de la formation conservent l’atmosphère ambient des travaux précédents à laquelle vient se greffer une nostalgie étonnante. En effet, Gonzalez, à peine âgé de 26 ans, évoque l’adolescence avec une maturité incroyable et la transpose dans un univers 80s extraordinairement précis. Un peu comme s’il avait véritablement vécu cette période de sa vie durant cette décennie.

En plus de constituer une agréable ode à l’adolescence, « Saturdays=Youth » célèbre également l’été à l’aide d’hymnes estivaux terriblement envoûtants, tels que de grandioses « Couleurs », « Too Late », « You, Appearing » et des époustouflants « Kim & Jessie » et « Graveyard Girl ». A ceux-ci s’ajoutent « Skin Of The Night » et « We Own The Sky », deux jolies complaintes interprétées par Morgan Kibby dont les vocalises rappellent incontestablement celles de Kate Bush. Mais c’est également à la dame que l’on doit le fragment le moins intéressant de la plaque, un « Up! » trop plat pour susciter un quelconque intérêt. « Saturdays=Youth » sur un « Midnight Souls Still Remain » intriguant et semblant tout droit issu de la bande son de la série Twin Peaks. Une belle réussite.

 

The M’s

Real close ones

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“Real close ones” constitue le troisième opus de The M’s, une formation chicagolaise qui puise ses influences aussi bien dans le rock, le glam, l’electro, le funk, la soul, le rock, le garage, le post punk, la noise, le folk et surtout la pop et le psychédélisme. Un peu dans l’esprit de The New Pornographers, Of Montreal ou de The Apples in Stereo. D’ailleurs le combo aurait pu relever du label Elephant 6…

Mais venons-en à cet elpee. Un disque qui privilégie les chansons cool, flemmardes, presque laidback. A l’instar de « Pigs fly », caractérisé par les harmonies vocales languissantes et son clavier Rhodes éthéré. De l’atmosphérique et presque contemplatif « Papers ». De l’indolent « Get your shit together », nonobstant ses accords de guitare subrepticement déchiquetés. Du pseudo lethargique « Days in the sun », une plage baignant au sein de claviers fluides, réminiscents des High Llamas. Mid tempo aussi, comme sur la valse lente excentrique, contrastée, « Breakfast score ». Plus acoustique, « Tryin to keep » aurait pu naître d’une rencontre entre les Shins et Devendra Banhart, alors que « Don’t be late’ lorgne manifestement vers Tyranosaurus Rex. Le spectre de Bolan, on le retrouve d’ailleurs tout au long de l’œuvre. Et pas seulement sur le capricieux et palpitant « Ultraviolent men », même si le timbre du chanteur me rappelle ici plutôt Jonas Almqvist, le leader de Leather Nun ou tout au long du rock délabré « Impossible view ». Ce qui n’empêche pas The M’s de se nourrir de références majeures issues de l’histoire du rock : T Rex (of course !), Bowie, les Beatles, les Kinks, et la liste est loin d’être exhaustive. Morceau curieux, « Naked » rappelle même « Put the line in the coconut » de Harry Nilsson ; à moins que ce ne soit « Sunshine superman » de Donovan. Deux compos auraient même pu figurer au répertoire de Supergrass. « Big sound » surtout. A cause du tempo, des accords de piano, des harmonies vocales et de ce feeling glamoureux, dont raffole tellement la bande à Gaz Coombes. « Bros in arms » également, même si le titre s’avère plus basique. Et en fin de parcours, The M’s adresse un clin d’œil à Willy Deville, en nous balançant un tango mélancolique, teinté de soul, intitulé « How could you ». On a même droit à des chœurs presque gospel ! Un groupe à suivre de très près !

 

Moby

Last Night

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Figure emblématique et véritable pionnier de la scène electro/pop, le New Yorkais Moby est probablement l’un des artistes contemporains les plus énigmatiques. Impressionnant sur « I Like to Score », œuvre au cours de laquelle il a martelé bien les têtes de ses splendides beats techno, l’Américain a créé la surprise, quelques années plus tard, en concoctant « Play », un ‘buzz’ aux titres forts et marquants. Après cette apothéose, place au gouffre ! « Hotel » n’est jamais parvenu à recueillir la ferveur de ses aficionados ; et son « Best Of », terni par la présence d’un duo partagé en compagnie de Mylène Farmer, a définitivement plongé Richard Melville Hall au plus bas de son crédit. Conscient de ces échecs commerciaux, l’artiste de la Grosse Pomme cherche manifestement à rebondir. Et une chose est sûre, son nouvel opus revient sur les traces de ses origines : la dance music. Tout en y ajoutant une touche d’ambiance 80’s. Le producteur rend en même temps ici un vibrant hommage à sa ville. « Ooh Yeah », « Everyday It’s 1989 » ainsi que « Alice » illustrent parfaitement cette semi-résurrection. Parce que tout n’est pas encore parfait. On se consolera néanmoins par l’énergie qu’il inocule tout au long de cette œuvre et son art à dispenser des beats comme il est le seul à pouvoir le faire, même si pour réaliser cet elpee, Moby a reçu le concours de quelques collaborateurs issus de la City. Un retour en forme ne serait pas pour nous déplaire. « Last Night » en est peut-être une première manifestation. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

 

The Offspring

Rise and Fall, Rage and Grace

Le lecteur se met en marche. Après dix secondes, on se demande si on ne s’est pas trompé de disque. Vérification faite, on est rassuré : ce n’est pas un album de Muse. Heureusement les événements reprennent rapidement leur cours normal et on est d’attaque pour écouter le huitième opus de The Offspring. Intitulé “Rise and Fall, Rage and Grace” il manifeste un sérieux qu’on ne connaissait guère chez la formation californienne, une austérité que certains médias n’ont pas hésité à comparer au Green Day d’“American Idiot”.

Musicalement, cependant, l’heure n’est pas encore au changement. D’ailleurs, tant le groupe que les fans souhaitent-ils un véritable changement ? L’abandon de la pop ‘cartoonesque’ (“Pretty Fly (For A White Guy)”) est même plutôt de nature à réconcilier les deux parties. D’autant que l’aspect énergique de leur punk rock qui a fait sa réputation est ici davantage mis en exergue, même si “Rise and Fall” n’est pas encore de la trempe de “Smash”. Le quatuor aux multiples disques de platine annonce la couleur : quelque chose ne tourne pas rond. Le message politique est clair. Les lyrics abordent des thèmes qui touchent tout particulièrement le peuple américain comme la guerre en Irak (“Hammerhead”) ou la téléréalité (“Stuff Is Messed Up”).  Mais également des relations humaines qui se détériorent (“Fix You”) ou simplement la manifestation de la colère (“Takes Me Nowhere”). Tous ces sujets sont exprimés par la voix atypique et unique du chanteur Dexter Holland, un chant soutenu par les harmonies vocales de Noodles et Greg K, probablement les meilleures qui puissent exister dans l’univers du punk. “Half-Truism”, “Trust In You” et “Hammerhead” rappellent davantage la période “Smash”. Les rythmes sont rapides. La guitare est agressive et mélodique. Bref tout ce qui nous a fait flasher à l’époque. Bien sûr, aujourd’hui le son est plus léché ; mais difficile de résister à une telle mise en forme, lorsqu’on bénéficie des moyens financiers de leur label Columbia. Si “Takes Me Nowhere” campe la chanson traditionnelle du skateur de la côte ouest (pour les amateurs de Tony Hawk), “Fix You” et “Nothingtown” sont destinées aux stations radiophoniques. Le quatuor concède une ballade plus paisible : “Kristy, Are You Doing Okay?”. Excellente par ailleurs. A conseiller pour sonoriser vos rassemblements autour d’un feu de camp ou d’un barbecue. Bob Rock assure la mise en forme de cet elpee ; et il faut reconnaître qu’il a fait de l’excellent boulot. D’une part il est parvenu à préserver l’esprit punk d’Offspring, mais en même temps, il y a réinjecté un feeling réminiscent d’« Epitaph ».

La critique vis-à-vis de “Rise and Fall, Rage and Grace” risque pourtant de ne pas partager mon point de vue. Je lis déjà : ‘ce disque n’est pas aussi bon que les précédents, ‘leur musique continue désespérément de stagner’ ou encore ‘le groupe a succombé aux sirènes de l’argent’, etc., etc.’. Quoiqu’il en soit, j’ai pris mon pied en écoutant cet opus. Et pas seulement parce que les textes de The Offspring sont solides. Rien que ceux dispensés tout au long de ce “Stuff Is Messed Up” démontrent que leur philosophie de vie est très loin de se confondre voire de se conformer dans et à la masse. “Rise and Fall, Rage and Grace” n’est peut-être pas l’album du siècle ; mais c’est un bon disque et surtout il marque un très bon retour du combo punk.

Lien iTunes : http://clk.tradedoubler.com/click?p=24379&a=1303609&url=http%3A%2F%2Fphobos.apple.com%2FWebObjects%2FMZStore.woa%2Fwa%2FviewAlbum%3Fi%3D281277245%26id%3D281277193%26s%3D143446%26partnerId%3D2003

 

 

Robert Pollard

Robert Pollard is Off to Business

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Difficile d’être plus prolifique que Robert Pollard. Depuis que Guided By Voices a splitté, c’est-à-dire en 2004, Bob a participé à l’enregistrement d’au moins dix-sept albums. Et au cours des douze derniers mois, il en a gravé trois. En outre, les deux précédents –plus expérimentaux, il faut le souligner– dépassaient allègrement les 70 minutes. « Robert Pollard is Off to Business » en revient à un format plus conventionnel, puisque non seulement il va à peine au-delà des 35 minutes, mais il ne compte que 10 plages, dont la plupart ne dépassent pas les 4 minutes. Un disque plus accessible. Plus pop donc. Dont les sessions d’enregistrement se sont déroulées de manière assez particulière. Robert a tout d’abord enregistré les pistes vocales, puis les a transmises via internet à son ami de longue date Todd Tobias (NDR : le frère de Tim, ex-bassiste de GBV) pour qu’il y ajoute l’instrumentation et assure la mise en forme. Une technique dont Pollard nous avait parlé dans une interview accordée voici déjà 5 ans.

Après avoir signé quatre elpees chez Merge, Robert vient donc de sortir son premier disque sur son propre label : Guided By Voices. Un œuvre au cours de laquelle il démontre à nouveau son art à torcher de superbes mélodies. Ensoleillées, contagieuses, hymniques, mid tempo, tantôt semi acoustiques, tantôt savoureusement électriques, bien dans l’esprit d’une de ses influences majeures : le Who circa « Tommy ». Le tout enrichi d’arrangements luxuriants et particulièrement soignés.

 

Poni Hoax

Images Of Sigrid

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« Images Of Sigrid » constitue le deuxième album des Parisiens de Poni Hoax. Oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, sous l’excellent accent et le parfum résolument américain, le combo débarque de Barbes, plutôt paradis du rap que de l’indie. Sous les coups de butoir de la rythmique qui s’emballe au fur et à mesure, les 5 gaillards fréquentent des sons aussi familiers que difficiles d’approche. Traduisez : il en faut plus à Poni Hoax pour se laisser piéger par les styles établis. D’ailleurs chez cette formation, les touches rock/electro/cold wave voire même disco ont la vie dure ; en outre, il serait ardu de leur attribuer un style bien précis. Cette envie de détourner des ambiances agréables en scènes percutantes dérange. C’est indéniablement le fer de lance du groupe. Assis sur la tombe de Ian Curtis, Nicolas Ker dégaine son stylo pour écrire les textes. Même que le chanteur s’est sans doute fait un shoot avec l’âme qui se dégageait de la sépulture. Noires comme la new-wave, explosives comme le disco, puissantes comme le rock, les 13 plages de cet opus se consomment en 72 minutes. Elles ne cessent de percuter tout en parvenant à nous enflammer jusqu’à nous immoler à l’aide de notre propre conformisme. Vu son éclectisme, l’opus peut revendiquer une intemporalité. L’association improbable de tous ces genres ne crée pas un capharnaüm auditif, il retrace juste des anciens plans, pour les mettre au goût du jour. « Images Of Sigrid » est un très bon album, même si plusieurs écoutes sont nécessaires pour le décoder. Recommandé donc aux mélomanes à l’esprit curieux et patient.

 

Refree

Els Invertebrats

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« Els Invertebrats », oui madame, c'est de l'espagnol et c'est le titre du quatrième album de Refree. Pour ce nouvel opus, Refree, alias Raül Fernandez (quand je vous dis que le gars est espagnol), s’est entouré d’excellents collaborateurs. En notamment Giovanni Di Domenico au piano, Manolo Cabras à la basse et Oriol Roca aux percussions. Un elpee dont les sessions d’enregistrement se sont déroulées à Bruxelles. Ce qui explique sans doute pourquoi la musique du Barcelonais (NDR : qui oserait encore douter des origines de notre ami Raül ?) dégage un petit côté sympathique.

En épinglant le côté pop de la musique d'« Els Invertebrats », la bio accompagnant le cd m'a plutôt surpris. Malgré les quelques effets peu orthodoxes susceptibles de ponctuer l’une ou l’autre mélodie, l'album est plutôt classique dans sa structure. Et pour cause, l’expression sonore est essentiellement alimentée par des instruments classiques (la contrebasse et le piano tout particulièrement) ; alors que lorsqu’elle s’autorise l’un ou l’autre dérapage un peu fou, l'ambiance vire au jazz. Nous sommes ici bien loin du pacte surprenant, passé entre une musique instrumentale et le rock. Bien loin du jeu hallucinant d'un Dresden Dolls ou plus intimiste d’An Pierlé et de son album « Mud Stories ». Plus conventionnel, l'artiste espagnol manifeste davantage de sagesse.

Mais qu'importe les genres, ce qui compte c'est la musique ! Et celle de Refree est très agréable à écouter. Si nous sommes plongés au beau milieu de la canicule de l'été catalan, Raül Fernandez est bien présent pour nous rafraîchir de sa voix. La mélodie est travaillée, voire savante, mais toujours légère et entraînante. Parfois même contagieuse. A l’instar d’« Un Oficio Antiguo » ou de « Marlina ». Et finalement si ces mélodies s’attardent dans notre esprit, ce n'est pas pour nous déplaire. L’aspect festif de certaines compos contraste avec le caractère secret d’autres. On passe ainsi de grands espaces ensoleillés aux intérieurs feutrés des bars branchés. Ce n'est pas un paradoxe, c'est simplement Refree. Serait-ce ainsi la bohème à Barcelone ? En tout cas « Els Invertebrats » s'écoute et se réécoute avec plaisir sans risque d'indigestion. Et ce disque risque fort de ravir tous les amateurs du genre.

 

Sigur Rós

Með Suð í Eyrum Við Spilum Endalaust

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‘Avec un bourdonnement dans nos oreilles, nous jouons infiniment’ nous annoncent les Islandais sur la pochette de leur cinquième essai. Résolument plus pop que ses prédécesseurs « Með Suð í Eyrum Við Spilum Endalaust » constitue une nouvelle et splendide ode à la liberté. Au naturel, comme au premier jour, Sigur Ròs se découvre et explore des capacités nouvellement acquises. Le quatuor s’analyse, opère des choix parfois surprenants et se créé un univers imperméable à tout élément perturbateur. Dans son nouveau monde, Sigur Ròs n’a de compte à rendre à personne. La formation peut aussi  bien visiter des terres inconnues que faire marche arrière afin de passer quelques instants dans des recoins autrefois parcourus. Peu importe la direction vers laquelle ils se dirigent, la magie opère instantanément. Comme si l’on était voués à tomber sous le charme des moindres faits de ces quatre Islandais.

Sur ce « Með Suð í Eyrum Við Spilum Endalaust », les vocalises de Jónsi n’atteignent pas toujours la même intensité que sur les essais précédents. Une légère perte d’intensité qui semble cependant justifiée par l’inédite légèreté des compositions. Sigur Ròs n’essaie plus d’atteindre le nirvana en apposant un climax au sein de chaque titre. Ils privilégient ici un dépouillement qui aurait pu porter préjudice à l’ensemble s’il n’était pas aussi bien maîtrisé. Preuve que la formation n’a pas peur de prendre des risques, comme elle le prouve d’ailleurs sur « All Alright », une toute première exploration de la langue de Shakespeare plutôt réussie. Il faut avouer néanmoins que cet opus au titre imprononçable met plus de temps à convaincre que ses prédécesseurs. Reste qu’une fois séduit, plus moyen de s’en débarrasser. ‘Avec un bourdonnement dans nos oreilles, nous écoutons infiniment’.

 

Sam Sparro

Sam Sparro

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Le nouveau tombeur de ces dames se nomme Sam Sparro. Et le bougre sait exactement ce qu’il faut faire pour faire fondre le cœur des demoiselles tout en obtenant l’approbation de leurs petits copains. Aussi bien capable de susurrer des mots doux à leurs oreilles que de les inviter à secouer l’arrière-train, l’Australien immigré à Los Angeles met fin à la guerre des sexes. Sur sa piste de danse, l’égalité est de mise. Le machisme et le crêpage de chignon sont gentiment rangés au vestiaire. Une fois installés sur le dancefloor, les couples se forment tandis que Sparro amorce la soirée sur un electrofunk galvanisant (« Too Many Questions ») qui donne tout de suite le ton. La nuit sera chaude.

S’ensuivent des « Black And Gold », « 21st Century Life », « Cottonmouth », « Sally », « Can’t Stop This ! » et « Sick » invitant aux danses les plus lascives. La température grimpe. Les gouttes de sueur commencent à perler sur le sol. Les vêtements se mettent à voler dans tous les sens. Les corps brûlants s’échangent et se mélangent à mesure que le funk, la soul, le disco et l’electro du jeune artiste s’extirpe des énormes baffles. La foule électrifiée se noie alors dans une vague de ravissement intégral, dépassant les limites de la décence. Michael Jackson (circa 80s), Calvin Harris, Prince, Jamie Lidell ou encore Scissor Sisters, assistent tous à la scène, fiers de leur petit frère spirituel. La soirée la plus chaude de l’année se clôture sur les très justement intitulés « Can’t Stop This! » et « Still Hungry ». Les corps se détachent progressivement les uns des autres et  les convives quittent alors l’établissement, impatients de recevoir leur invitation à la prochaine réunion charnelle de Sam Sparro…