Les idoles de Yungblud…

Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

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Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

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Willard Grant Conspiracy

Symphonie pour un pèlerin

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Robert Fischer est imprévisible. Après avoir écouté son dernier album, « Pilgrim road », je me suis demandé quelle mouche l’avait donc bien piqué pour accoucher d’une musique aussi orchestrale. D’ailleurs, je dois avouer avoir imaginé que cet opus était un projet sans lendemain. Et je me suis lourdement trompé. La plus belle preuve par son set accordé ce samedi 24 mai au Handelbeurs de Gand.

Howe Gelb assure le supporting act de la nouvelle tournée de WGC. Il joue même sur le piano d’un des musiciens du groupe, alors que son compère emprunte la contrebasse d’Eric Van Loo. Au milieu de sa prestation, le drummer de la bande à Fischer vient même donner quelques coups de balais. Mais venons-en à la prestation de Gelb. Il joue des ivoires sur la moitié de son set. Ses chansons baignent manifestement dans le jazz. Aussi bien allègre que mélancolique. Et les accords tout en nuances accordés par le contrebassiste accentuent cette impression d’intimisme syncopé. Heureusement, Gelb parsème sa prestation de traits d’humour. Il se lève régulièrement de son tabouret pour aller pincer les cordes à l’intérieur du piano à queue. Fait craquer son support de micro lorsqu’il achève ses morceaux. Balance l’une ou l’autre plaisanterie. Converse parfois avec le public. Après 7 ou 8 titres, il passe à la guitare à 12 cordes dont il parvient à sortir des sonorités incroyables, tout en recadrant constamment une ligne de conduite essentiellement semi-acoustique. Et en fin de parcours, il revient siéger derrière le piano pour interpréter une compo à la limite du dixieland. On est quand même très loin de ses expérimentations extrêmes opérées au sein de Giant Sand, voici plus de 10 ans. L’homme à mûri. Seules ses expressions du visage trahissent encore son esprit malicieux.

Pas le temps d’avaler sa blanche (NDR : un petit quart d’heure !) et Willard Grant Conspiracy monte sur le podium. Ils sont onze sur scène (*)! Tous assis, sauf le contrebassiste Eric Van Loo, légèrement en retrait, sur la gauche. En fait de contrebasse, il s’agit réellement d’une double basse. En front de scène et de gauche à droite s’installent un pianiste (guitariste aussi, mais surtout à mi-parcours), Robert (il ne jouera pas de gratte avant le 11ème morceau), une charmante vocaliste (dès son arrivée, elle a planté une fleur sur son pied de micro) douée d’un timbre vocal exceptionnel rappelant Joan Baez (elle n’assure pourtant que la contre voix), un guitariste (et pas n’importe qui, puisqu’il s’agit de Chris Eckman !) et le drummer. Derrière, dans le même ordre, campent une claviériste (toute menue, d’origine asiatique, elle viendra prendre place derrière les ivoires lors du tout dernier morceau, « Distant shore »), un violoncelliste coiffé d’un drôle de chapeau, un violoniste, un trompettiste/accordéoniste et un tromboniste. Le compte est bon ! Et surtout le team prêt à jouer son « Pilgrim road ». Robert (il est imberbe !) se concentre sur ses vocaux. Et son baryton sensible, chaleureux, est souvent proche de celui de Neil Diamond, même lorsqu’il s’exprime à travers une forme de prière (le très beau « Painter blue »), alors que la musique majestueuse, belle, luxuriante rappelle plutôt le Divine Comedy. Aussi lorsque l’orchestration monte en intensité, on en attrape des frissons dans le dos. La fin du set est plus électrique. Robert à empoigné sa sèche. Certains musiciens changent de rôle. Un ballet décrit par Robert comme de la chorégraphie. C’est le moment choisi par les deux gratteurs pour injecter leur dose maximale d’électricité dans les compos, parfois même en se servant du bottleneck, mais surtout de pédales de distorsion. On aura ainsi droit à une version fabuleuse de « Let it roll », proche de l’envoûtement. Mais sous cette forme, lorsque les arrangements orchestraux viennent enrichir la solution sonore, je ne peux m’empêcher de penser à Sophia. Un seul rappel consacré à une seule chanson. Encore plus rock. D’ailleurs le drummer a alors changé ses balais contre des baguettes. Mais franchement, ce set m’a véritablement impressionné, même s’il n’a duré qu’une heure et une bonne quinzaine de minutes…

(*)

Malcolm Lindsay - piano et guitare
Erik Van Loo - double basse
Yuko Murata - claviers et piano
Peter Harvey - violoncelle
Josh Hillman - alto
Dennis Hillman - trompette et accordéon
Tom King - drums

Chris Eckman - guitare acoustique et électique
John Songdahl - trombone and orgue
Iona MacDonald - chant
Et bien sûr Robert Fischer au chant et à la guitare.

Organisation : Handelsbeurs

Sortie du troisième volume d’"Ed Rec" ce 30 mai

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Le label Ed Banger Records a connu ces deux dernières années une consécration internationale sans précèdent pour une écurie 100% française. A la tête de cette grande famille électronique : Pedro Winter. Les artistes qu’on retrouve aujourd’hui signés chez Ed Banger sont pour la plupart ses découvertes et coups de cœur.

Derrière l’ultra médiatisé duo de Justice suivent des artistes grimpants et d’autres déjà largement reconnus tels que Uffie, Feadz, DJ Mehdi, DSL, Mr Oizo, Vicarious Bliss, Mr Flash, Krazy Baldhead, SebastiAn,… Avec une tournée mondiale à guichets fermés pour tous les artistes du label (DJ comme live), le label est d'ores et déjà entré dans la légende de la pop culture mondiale…

D’une part à la tête de son label, Pedro Winter est également connu sous son nom d’artiste DJ : Busy P. Que ce soit au cœur de l’industrie de la musique tirant les ficelles ou derrière ses machines, ce personnage est partout...

(suivant communiqué de presse)

Tracklisting :

1. Mr. Oizo - "Yves"
2. Busy P (featuring MURS) - "To Protect and Entertain"
3. Mr. Flash - "Over The Top"
4. SebastiAn - "Dog"
5. Uffie - "Robot Oeuf"
6. Justice - "Stress (Auto Remix)"
7. Mr. Oizo - "Minuteman's Pulse"
8. DJ Mehdi - "Pocket Piano"
9. Krazy Baldhead - "No Cow, No Pow"
10. DSL - "Find Me In The World"
11. Feadz (featuring Spank Rock) - "Back It Up"

12. So Me - "Decalcomania"

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/edbangerrecords

 

Les fantômes du passé hantent Bardi Johannsson

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Alias Bang Gang, Bardi Johannsson sortira son troisième opus ce 23 Juin. Depuis la parution de son deuxième elpee, « Something Wrong », l’Islandais n'a pourtant pas chômé. Il a ainsi enregistré un album sous le nom de Lady Bird en compagnie de Keren Ann et s’est consacré à la production.

Pour plus d’infos : http://www.banggang.net

 

 

Réédition du premier album de Dennis Wilson

Écrit par

En 1977, Dennis Wilson enregistrait un album solo. Intitulé « Pacific Ocean Blue”, il s’agissait de la première expérience en solitaire d’un membre des Beach Boys. Plus de 30 années plus tard, l’album du drummer de la formation légendaire vient d’être réédité. Une réédition deluxe partagée en eux cds comprenant l’elpee original et un best of de Dennis comprenant des titres jamais enregistrés de son projet Bambu. Le disque sera dans les bacs ce 14 juin. Pour rappel, Dennis Wilson est décédé le 28 décembre 1983.

Tracklisting:

Disc One

Pacific Ocean Blue

1. River Song (3:44)
2. What’s Wrong (2:23)
3. Moonshine (2:27)
4. Friday Night (3:10)
5. Dreamer (4:23)
6. Thoughts Of You (3:04)
7. Time (3:32)
8. You And I (3:25)
9. Pacific Ocean Blues (2:37)
10. Farewell My Friend (2:26)
11. Rainbows (2:48)
12. End Of The Show (2:57)

Bonus Tracks:

13. Tug Of Love (Previously Unreleased) (3:44)
14. Only With You (Previously Unreleased) (3:57)
15. Holy Man (Instrumental) (Previously Unreleased)
16. Mexico (Previously Unreleased)

Disc Two

Bambu (The Caribou Sessions)

1. Under The Moonlight (3:55)
2. It’s Not Too Late (4:32)
3. School Girl (2:31)
4. Love Remember Me (4:04)
5. Love Surrounds Me (3:40)
6. Wild Situation (2:41)
7. Common (3:34)
8. Are You Real (3:38)
9. He’s A Bum (2:50)
10. Cocktails (3:00)
11. I Love You (2:02)
12. Constant Companion (3:22)
13. Time For Bed (3:07)
14. Album Tag Song (3:45)
15. All Alone (3:44)
16. Piano Variations On Thoughts Of You (3:03)

Bonus Track:

17. Holy Man (Taylor Hawkins Version) (4:25)

 

Alain Bashung

Bashung, sinon rien !

Écrit par

Jeudi 29 mai. Bruxelles. Le temps est lourd. Très lourd. Le soleil n’y est pas, mais tout le monde sait où le retrouver : au Cirque Royal. Ce soir, le soleil porte un nom : Alain Bashung. Il est venu présenter son nouvel album, « Bleu Pétrole ». Ce soir, pas de set intimiste ; car le concert affiche complet depuis belle lurette. Mais qu’importe, la présence de Monsieur Bashung est tellement rare qu’on irait le voir n’importe où.

En première partie, Chloé Mons est complètement passée à travers. Elle a même dû quitter le podium après seulement 15 bonnes minutes. Faut dire que pour elle, rien ne collait. On avait même parfois l’impression qu’elle chantait faux. En outre, on ne lui attribuera pas le premier prix d’élégance… Sur scène, la pauvre fille semble abandonnée à son triste sort. Elle n’a pour seul compagnon qu’une guitare. Mais elle ne lui est pas d’un grand secours. Pourtant, elle a quand même enregistré un album en duo avec Bashung (« Cantique des Cantiques »). Mais au sein de cet immense espace, elle semble perdue. Et la foule est impatiente. Elle est venue voir le ténor. Le réclame déjà. Et le folk/blues de la donzelle lui tape rapidement sur le système. C’est donc sous les sifflets et les huées que Chloé Mons a vidé les lieux.

Après cet interlude de mauvais goût, l’auditoire semble soulagé, mais recommence à exiger la présence de Bashung. De plus en plus fort. Il est 21h10. Un homme usé, rongé par la maladie, fait son apparition. Il est tout de noir vêtu, coiffé d’un chapeau, les yeux cachés par des lunettes fumées. Les applaudissements sont déjà nourris. Malgré son teint livide et les moments douloureux qu’il traverse actuellement, Bashung semble d’humeur conquérante. Il prononce quelques mots dont il a le secret, nonchalamment. Mais malgré son attitude ‘je m’enfoutiste’, ont ressent une grande sincérité dans ses propos. Des propos fidèles au personnage qu’il incarne depuis le début de sa carrière. Il entame son set par un extrait de son dernier opus, « Comme un lego ». Assis, en jouant de la guitare. Le public retient son souffle pendant plus de 5 minutes. La voix suave et grave de Bashung augure un spectacle unique, intense et magique. Mais pour y parvenir, il peut compter sur son groupe : guitariste, batteur, bassiste et violoncelliste. Le band soutient magistralement l’homme qui voulait devenir l’Elvis de l’Hexagone. Et ce soir, Bashung joue tous ses plus grands succès pour le plus grand plaisir d’un public multi-générationnel. Un public, en quête de nostalgie. Qui ne se lasse pas d’écouter ou de réécouter l’elpee « Fantaisie Militaire », dont il interprète les compos à la perfection. Et ce ne sont pas les saturations causées par un ingénieur du son, sorti de nulle part, qui y changeront quelque chose. On est même à deux doigts de verser une larme, lorsqu’il entonne « La Nuit Je Mens ». C’est une version dynamique de « Osez Joséphine » qui fera exploser l’ambiance. Après une heure de trente de prestation, au cours de laquelle il n’oubliera pas de nous réserver ses incontournables « Fantaisie Militaire » et « Résident de la République », il décide de se retirer.

Le rappel est inévitable. La clameur ‘hénaurme’. L’homme revient chanter l’inusable « Madame Rêve ». Ravi, le public lui adresse –comme si c’était logique– un ‘Merci Alain !’ Le Français poursuit par un duo auquel participe… Chloé Mons. Paradoxalement, son accueil est plus chaleureux. Après nous avoir réservé quelques compos tantôt douces, tantôt énervées, le chanteur quitte une deuxième fois les planches, sous une salve nourrie d’applaudissements, laissant le soin à ses complices d’achever un spectacle chargé d’une dose d’émotion inouïe.

Et comme pour prolonger cette vive émotion, l’artiste, seul à la guitare, remonte sur le podium partager un dernier moment d’intimité en interprétant « Angora » et la cover du « Night in White Satin » de Procol Harum. Visiblement ému, Monsieur Bashung prend alors congé de son auditoire, en lui adressant un dernier salut. Il laisse alors, après deux heures de prestation, un public charmé, conquis, évacuant le Cirque Royal, des étoiles plein la tête… Merci Alain !

Nouvelle date le 27 novembre 2008 à l’AB.

Organisation Ubu Concerts 

 

Annihilation Time

III, Tales of the Ancient Age

Écrit par

Annihilation Time ou quand quatre sales gamins californiens, nourris aux albums de Black Flag, Thin Lizzy et Discharge, unissent leurs efforts pour foutre un sacré bordel sur la nouvelle scène metal américaine. Sur ce premier album en forme de coup de poing flanqué dans la gueule, le malsain  combo se lance à travers un crossover infernal, savant mélange de hard-core/metal et de punk survitaminé. Dès l’écoute de « Slash Back » qui ouvre les hostilités, et dont l’intro a été empruntée à l’Exorciste, on se remémore les grands moments des groupes les plus underground de la scène New Wave of British Heavy Metal, tant le son et l’esprit semblent proches du Venom des débuts et même d’un certain Iron Maiden, quand celui-ci ne disposait encore que d’un 45tours autoproduit, qu’il vendait à la sortie de ses concerts.

Annihilation Time lorgne aussi, sans en être réellement conscient, vers Turbo Negro sur des titres comme « Get Ajob » ou « Just Guzzlin », et appartient à la même famille que les thrashers de Municipal Waste, dont ils partagent le sens de la dérision et l’imagerie post apocalyptique. Bien sûr, Annihilation Time ne révolutionnera pas l’industrie du disque, se limitant à accorder des concerts dans de petits clubs enfumés, réservés à quelques rares initiés. Mais ce sont des groupes de cette trempe qui donnent naissance à de nouveaux courants. Malheureusement, ils sont rarement récompensés par le fruit de leur travail, profitant le plus souvent à leur postérité. Et l’exemple le plus flagrant est incarné par un groupe canadien : Anvil. Un combo fantastique qui a créé le thrash. Pourtant, c’est Metallica qui s’est attribué la paternité du style. L’injustice dans toute sa splendeur !

Annihilation Time est l’exemple type du combo susceptible d’être programmé au Negasonic d’Alost, le plus petit, mais le plus sympa club metal de Belgique. Punks et thrashers, ne passez pas à côté de cette pépite de rock surexcité
 
Dans le cadre de son Euro Tour From Hell 08, Annihilation Time se produira :

Le jeudi 5 juin à Lyon, France (Le Sonic)
Le vendredi 6 jui à Paris, France (Le Klub)
Le samedi 7 juin à Gand, Belgique (Frontline)
Le dimanche 8 juin à Arnhem, Pays-Bas (The Stage)
Le lundi 9 juin à Amsterdam, Pays-Bas (Bitterzoet)

 
 

 


 

Various Artists

New Orleans Funk volume 2

Écrit par

L’excellent label Soul Jazz se penche pour la troisième fois sur le funk de Crescent City. Après l’indispensable « New Orleans Funk » et le bon « Saturday Niht Fish Fry », ce volume deux reprend plus ou moins les mêmes ingrédients. Des titres rares du mythique Eddie Bo (que Vampisoul vient de mettre à l’honneur), des morceaux solos des frères Neville et de leur groupe the Meters, la diva Betty Harris et des légendes comme Lee Dorsey et Allen Toussaint, pour ne citer que les plus connus. Vingt-cinq titres qui puisent au sein d’une musique puissamment originale ; le funk de la Nouvelle Orléans émergeant du lot, à cause de ses rythmiques inventives. Hormis quelques reprises (Bo Diddley, James Brown), les compos proposées sur cet opus sont originales, et souvent de bonne qualité. Parmi les exemples les plus éloquents (mais il y en a d’autres), on épinglera le formidable « Right Place, Wrong Time », samplé par Rza sur la b.o. de « Ghost Dog », le magnifique « What Do You See In Her » et le guilleret « You Keep Me Hanging On », pur concentré de groove. Bien sûr, cet elpee n’atteint pas les niveaux d’excellence du premier volume (qui reste difficile à égaler) mais cette compilation demeure de premier ordre et constitue un bon point d’entrée dans une des scènes musicales les plus riches des années soixante et septante, époque à laquelle ces morceaux ont été enregistrés.

 

Virgin Passages

Distance (Ep)

Il y a des groupes qui se contentent de suivre la vague et d’autres qui préfèrent prendre un chemin de traverse, loin des sentiers battus. C’est le cas de Virgin Passages, dont le retour en force s’est opéré à travers un six titres intitulé « Distance ». Tout au long de ses vingt-trois minutes, le disque nous invite à vivre une expérience unique, dans un style à la fois rock, alternatif et expérimental. Le combo y injecte, cependant, une bonne dose de folk psychédélique. Certes, les mots peuvent effrayer un peu, mais n’ayez crainte, il n’y a rien de chinois là-dedans. Mélangeant guitare à la reverb prononcée, cuivres, synthés, percussions et encore d’autres instruments inconnus au bataillon, le sextuor londonien concocte une musique parfaite pour vos soirées d’été, une bière dans une main, une brochette de viande fraîchement cuite dans l’autre.

Planants, parfois exotiques, les morceaux crachés par les haut-parleurs nous rappellent, par leur sensibilité, des groupes comme Mercury Rev, Spacemen 3, Jackie Motherfucker ou encore Sufjan Stevens. Néanmoins, Virgin Passages parvient facilement à s’extraire du lot, en improvisant la plus grande partie de l’album en studio. Et cela se sent. Par exemple, sur “Do You Love Me”, on appréhende aisément la base sur laquelle les musiciens ont échafaudé leur structure. Mais petit à petit, les ouvertures propices aux petits délires personnels se multiplient ; ils sont même parfois suivis par le reste du groupe. Bref, les Anglais signent un nouvel album d’excellente facture. Et il suffit d’écouter les deux titres d’ouverture, “Distance” et “This is not the end of the world again”, pour en être convaincus.

 

The Winchester Club

Britannia Triumphant

Écrit par

Bienvenue à bord du « Britannia Triumphant ». Conduit par l’équipe du Winchester Club, le navire vogue sur des eaux déjà explorées par d’autres matelots bien plus expérimentés. Quels matelots ? Ceux-là mêmes qui ramènent de leur long voyage des histoires passionnantes, parfois délirantes, souvent déchirantes. Ceux-là même qui ont déjà accompli le tour des océans et ne laissent à leurs successeurs que les miettes de virées bien trop complètes et complexes, histoire de faire le vide autour d’eux. Ceux-là même qui ont baptisé leur navire de patronymes aussi cocasses que Mogwai ou encore Godspeed You! Black Emperor.

Une évidence cependant. The Winchester Club tient extrêmement bien la barre durant la première demi-heure de route. Car durant ce laps de temps, les cinq membres de l’équipage parviennent à tenir en haleine leurs invités qui se laissent aller à quelques rêveries en scrutant le fond des eaux d’un œil absent. Mais lorsque les maîtres de bord prennent le risque de s’aventurer en eaux troubles, ils perdent tout simplement toute l’attention que les convives leur avaient prêtée. Après l’amarrage, ces derniers redescendent alors du « Britannia Triumphant » assez déçus, ne retenant que la dernière partie du voyage, peu consistante et totalement futile. Peut-être l’équipage du Winchester Club a-t-il encore besoin de patauger dans quelque lac ou étang avant de passer à la vitesse supérieure…

 

At The Close Of Every Day

Troostprijs

Écrit par

Le duo néerlandais At The Close Of Every Day apporte un soin tout particulier à l’élaboration de ses pochettes. « The silja symphony » était présenté sous la forme d’un calendrier et le remix « Leaves you puzzeld » d’un puzzle (of course !). Quant à ce « Troostprijs », le quatrième opus studio des Amstellodamois, il  est emballé sous une enveloppe de papier argenté orné d’un superbe ruban. A l’intérieur, le booklet de couleur mauve, se déplie en cinq volets et, en l’ouvrant, on peut décrocher le cd. Un packaging limité aux 1 000 premiers exemplaires, au sein duquel figurent les lyrics. Des textes qui traitent très souvent de thème religieux, voire bibliques. Hormis le titre maître, toutes les compos sont chantées dans la langue de Shakespeare.

At The Close Of Every Day adore les paradoxes. Et il le prouve à nouveau sur ce nouvel elpee. Un disque dont les arrangements sont superbes, raffinés et surtout très riches. Orchestraux voire symphoniques, ils impliquent des instruments à vent, à cuivres, à cordes, et tutti quanti. Et puis un piano électrique, dont les accords sont plaqués à la manière de Supertramp sur deux plages (« It’s like fire » et « I need to break your heart »). Hormis les arrangements orchestraux, Axel Kabbord et Minco Eggersman se chargent à peu près de tout. Même la production. Le premier se réserve, cependant les parties de guitare. Le second les drums et le chant. Sa voix possède d’ailleurs des inflexions fort proches de Mark Eitzel (NDR : mais certainement pas le timbre). Les compos les plus acoustiques, jouées en picking, peuvent d’ailleurs rappeler American Music Club. Mais en général, A.C.O.E.D. pratique une pop particulièrement mélodique, mélancolique mais jamais ténébreuse, qui évolue à la croisée des chemins d’Eels, des Nits et (ben oui !) de Girls In Hawaii (dans ses moments les plus tendres). Un album fort agréable à écouter.

 

Blaudzun

Blaudzun

‘23 heures. Je suis seul dans le compartiment du train. J’en profite donc pour me mettre à l’aise. Je ferme les yeux et enclenche mon lecteur mp3. Le convoi démarre, la musique également. Tout de suite, mon cœur ralentit. Des images défilent à toute vitesse devant mes yeux. Des souvenirs, des fantasmes. Peu importe. Nostalgie, adrénaline, joie et tristesse. Toutes les émotions se mêlent, confuses. Pourtant je me sens bien. La musique s’arrête. Quoi? Déjà? Ah, le train s’est aussi arrêté. 23 heures 40. Je suis arrivé à destination, en ayant l’étrange sentiment d’avoir été téléporté’.

Vous vous demandez sans doute l’intérêt d’une telle histoire. Il est simple. C’est typiquement ce qui risque de vous arriver si vous écouter Blaudzun. C’est sous ce pseudonyme que cet auteur/compositeur/interprète signe son premier album. Au titre éponyme. Son objectif : réaliser ‘une bande sonore pour favoriser des escapades en train ou en voiture’. Ses moyens : sa guitare et sa voix, parfois accompagnés d’un accordéon, de percussions ou d’autres instruments, le tout dans un pur style indie folk acoustique. Le résultat : une mission accomplie avec succès. Dès les premières notes de “Blindspot”, le titre d’ouverture, l’auditeur est transporté dans cette ambiance et se trouve, comme il le dit si bien “Lost in translation”. Et l’album continue, enchaînant des chansons telles que “California”, “Loveliesbleeding” et “Revolver”, pour finir en beauté par “She’s A Gentleman”. Aucun doute, cette collection de onze compositions uniques et sans déchet n’a pas fini de faire parler d’elle. “Blaudzun” est bien plus qu’un ‘must-have’.

 

Bloodsucking Zombies From Outer Space

Monster Mutant Boogie

Écrit par

Le jeune groupe autrichien nous avait déjà scotchés lors de la sortie de « A Night at Grand Guignol », un skeud enjoué qui s’auréolait d’un score haut en couleur dans nos colonnes, il y a un peu moins de deux ans. « Monster Mutant Boogie » est la suite logique à cet opus faussement sanguinolent. A l’instar des Misfits ou des Nekromantix, Bloodsucking Zombies From Outer Space s’inspire de l’imagerie des films d’horreur de séries B et se la joue Grand Guignol, tel un Alice Cooper qui aurait troqué ses bon vieux riffs de heavy metal contre quelques pincées d’horror punk et une solide dose de psychobilly ! Aussi, le terme Horrorbilly nous semble les plus approprié pour définir le style de ces zombies au look particulièrement misfitien…

Et sous un tel patronyme, ils ne risquent pas de passer inaperçus ! Un putain de rock n’roll accrocheur, festif, énergique, bourré de changements de tempos, d’effets spéciaux et d’intros empruntées aux classiques du cinoche d’épouvante. Teintée d’humour noir en permanence, l’œuvre rend aussi bien hommage à « Cannibal Holocaust » qu’à « L’étrange Noël de Monsieur Jack », sur fond de psychobilly échevelé, idéal pour les fiestas zombiesques. Jetez une oreille sur « Monster Mutant Boogie » et « Sweet love Lobotomy » et partez dans une ronde délicieusement infernale et lugubre à souhait. Les Zombies sont de retour… et ils jouent du rock n’ roll !

 

The Breeders

Mountain Battles

Écrit par

Six ans après « Title TK », les légendaires sœurs Deal font leur retour sur le devant de la scène pour présenter leur dernier né de leur progéniture : « Mountain Battles ». A l’instar de toutes les formations de cette trempe, les attentes sont énormes. Et les Breeders, comme d’habitude, s’avancent d’un pas nonchalant, sans se soucier de ce qui se passe autour d’eux. Les épisodes « Pod » et « Last Splash » semblent bien loin derrière eux et « Mountain Battles » ferait carrément oublier les « Pacer » et autres « Title TK ».

Dépouillé de toute hargne et d’interrogations, le nouveau Breeders respire la simplicité et l'harmonie. Si Kim et Kelley chantonnent ‘I Love No One / No One Loves Me’ sur « Bang On », deuxième morceau de l’œuvre, ce n’est pas tant pour se plaindre de leur condition que pour montrer à quel point elles n’en n’ont plus rien à foutre. Un sentiment qui émane de l’ensemble de la plaque. « Mountain Battles » est un recueil par les Breeders, pour les Breeders. Mais dans leur infinie sagesse, les membres du groupe nous permettent de pénétrer dans leur microcosme pour profiter quelques instants de l’excellent fruit de leur labeur. Et du shoegaze de « Overglaze » au minimalisme du titre-maître, en passant par la touche ensoleillée de « Regalame Esta Noche » et la nostalgie de « It’s The Love » (reprise de The Tasties), The Breeders font la nique à tous ceux qui espèrent encore et toujours un nouveau recueil des Pixies. « Mountain Battles » devrait balayer les attentes de ces derniers pendant un bon moment…    

Sean Carney

Provisions

Écrit par

Sean Carney est loin d’être un débutant ; mais qu’il ne nous en veuille pas si on le considère toujours comme une révélation. Et au vu de son parcours opéré au cours de ces dernières années, il mérite assurément ce statut. Etabli à Colombus, dans l'Ohio, ce guitariste a manifestement la classe. Il se produit régulièrement sur le Vieux Continent ; et à chaque périple il élargit son cercle d’amis et d’aficionados. Son dernier elpee, "Life of ease", était paru en 2006. « Provisions » n’est en fait que la réédition d’un opus édité sur Main Street Records. En 1998. Et pour notre plus grand bonheur, il est enrichi de trois bonus tracks datant de la même époque. C’est la raison pour laquelle l'étiquette ‘A second helping’ a été apposée sur le booklet.

"That's better for me" ouvre les hostilités. L’autorité manifestée rappelle le début des fifties. Tout au long de cette plage saturée de swing, Carney chante à la manière d'un shouter. Le piano de John Popovich est omniprésent. Les deux saxophones ne le sont pas moins, même si le ténor d'Eddie Bayard se met davantage en évidence. Le maître arrache de ses cordes un petit bijou de solo. Chanteur local, Willie Pooch interprète "It's my life baby". Sa voix est naturellement puissante et  chaleureuse. Les cuivres le suivent à la trace. Invité, Gene Walker brille sur son ténor. Slow blues fin de soirée, "Love is just a gamble" est exécuté en toute humilité sous la formule du quartet. Sean chante et joue à la manière du grand T-Bone Walker. En toile de fond, Popovich tisse discrètement ses accords de piano pendant que la section rythmique, constituée de Keith Koby à la basse acoustique et de David West aux baguettes, balise l’ensemble. Rythme et swing embrasent les Nightowls tout au long du "I believe I'll give it up" de Lowell Fulsom. Mais c’est un trio qui embraie facilement par une version très personnelle du "I'll die tryin'" de JB Lenoir. Un Chicago shuffle impeccable au cours duquel Sean comble tous les espaces de sa guitare bien amplifiée. Carney impressionne lorsqu'il aborde les thèmes lents. Très expressive, sa voix épouse les cordes. Et il y puise une sensibilité qui le hante en permanence, tout au long du "Sweet woman from Maine" de Robert Lockwood. Le merveilleux "True love untold" est chanté par la regrettée Christine Kittrell (NDR : elle nous a quittés en décembre 2001). Sa voix était manifestement taillée pour le blues. Ce morceau démontre la subtile complicité établie entre le piano et le sax ténor de Gene Walker. L’elpee recèle deux instrumentaux. Tout d’abord "The push". Caractérisé par de vifs échanges opérés entre les guitares de Carney et de James Ibold, il autorise l'envol du sax ténor d'Eddie Bayard. Et puis "Ain't that Dandy", signé Clarence Gatemouth Brown, un fragment contaminé par d’indéniables accents jazz. Le jeu de Sean s’y révèle incroyablement complexe et franchement génial ! La palette de blues est très large. On y retrouve ainsi des compos signées Ike Turner, Elmore James, Pee Wee Crayton et Johnny ‘Guitar’ Watson. Livrée à l’état brut, la performance réalisée à la slide par Ray Fuller (NDR : un pote issu également de Colombus à qui Sean a confié la coproduction de cet opus), sur la version du "I'm worried" de James, est remarquable. Ce tracklisting incarnait donc la première mouture de "Provisions", une œuvre dense, parfaitement interprétée par un musicien talentueux ; même s’il n’avait signé aucun des titres. La nouvelle version de l’opus propose trois inédits. D’une qualité identique à l’elpee paru, voici une décennie. "I got news" recèle un des meilleurs envols de Carney. Popovich excelle aux claviers sur l’adaptation d’"It's obdacious" de Buddy Johnson, une plage très jazz. Et en fin de parcours la version du "Good rockin' tonight" de Roy Brown est plutôt saignante. Ce disque constitue manifestement une remarquable performance ; surtout lorsqu’on pense qu'à l'époque, Carney avait à peine 25 ans.

 

Sean Costello

We can get it together

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Présenter ce nouvel album du jeune Sean Costello aurait dû être un plaisir. Malheureusement, Sean est décédé la veille de son 29ème anniversaire. On l’a retrouvé seul dans sa chambre d'hôtel, à Atlanta. Il était né le 16 avril 1979 et était à l'aube d'une brillante carrière. Il avait tapé dans l'oreille de Delta Groove, le label blues le plus entreprenant de ce début du XXIème siècle. "We can get it together" est donc déjà une œuvre posthume. Sean était né à Philadelphie. Il avait ensuite émigré à Atlanta. En compagnie de toute sa famille. Il joue de la guitare depuis son plus jeune âge. En 96, alors qu'il n'a encore que 17 ans, il concocte son premier opus : "Call the cops". Il est alors engagé au sein du backing band de la chanteuse Susan Tedeschi. Son album suivant, "Cuttin' in", paraît en 2000. Et "Moanin' for molasses", deux ans plus tard. Les deux elpees chez Landslide. Un opus éponyme est encore édité en 2005 sur Tone Cool. « We can get it together » constitue donc son cinquième. Ce sera aussi son dernier! Au fil du temps, Sean était devenu un redoutable guitariste ; mais aussi et surtout un excellent vocaliste. Ainsi qu’un compositeur affûté. Quoique notoire au sein des milieux du blues, son potentiel lui avait permis de répondre aux sirènes de la soul music et du R&B. En outre, s'il citait volontiers Otis Rush, Freddie King et Robert Lockwood Jr, comme influences majeures, il se sentait aussi proche d'Otis Redding, Johnny Taylor et Otis Clay! Depuis deux ans, ses prestations scéniques bénéficiaient de la présence d'une section rythmique unique, composée d’Aaron Trubic à la basse et et Paul Campanella Jr aux drums. Ils sont bien entendu de la partie.

En ouverture, "Anytime you want" souligne son timbre rugueux, terriblement expressif, très souple. Il colle bien à ses accès de gratte. Il y dispense des accords plaqués, pour y asseoir une assise redoutable à ses vocaux. Cette voix est éclatante, mais déjà bien ravagée. Elle illumine le blues rocker tonique "Same old game". Imprimé sur un tempo proche du "Cocaïne" de JJ Cale, cette plage nécessite un volume maximum pour être appréciée à sa juste valeur. Et son pouvoir de pénétration est irrésistible. "Can't let go" nous dévoile sa facette soul blue. Proche, sans aucun doute, de son idole Johnny Taylor. "Told me a lie" est une petite merveille sculptée dans la pop presque parfaite. A cause des arrangements très ‘beatlenesques’ et de la production luxuriante. En outre, la richesse de l’instrumentation accentue l’opulence de l’expression sonore. Un sousaphone communique des effets de basse saisissants. Un accordéon et chœurs entrent en ligne de compte. Impressionnant! "Hard luck woman" carbure dans l’esprit du Costello le plus pur. Un hard rocker imprimé sur un mid tempo. L’échange opéré entre le chant et la guitare est permanent. Les arrangements assez complexes. D’ailleurs la production est le fruit de la collaboration entre les trois musiciens. A ses débuts, Costello a été influencé par Stevie Ray Vaughan. Le puissant et ravageur "How in the devil" en est la plus belle démonstration. Un shuffle frénétique, implacable et conquérant. Très texan aussi. Ballade indolente, "Have you no shame" bénéficie de la participation de Rich Iannucci à l’orgue Hammond. Les répliques vocales sont ici accordées par Donnie McCormick. Une fameuse dose d'intensité, mais également de sensualité émane de la conjugaison des vocaux entretenue entre les deux comparses. "Going home" baigne au sein d’un climat paisible. Dense, mais aussi palpitant. Le ton est gospel. Donc les harmonies vocales importantes. En particulier les chœurs masculins concédés par le Northside Men's Choir. L’orgue Hammond est toujours de la partie. La voix du leader sanglote… "All this time" baigne dans la musique soul. Mais bluesy. Un style qu’il apprécie tout particulièrement. L’amplitude des intonations de sa voix est un réel plaisir des oreilles. "Feel like I ain't got a home" émarge au southern rock. Le son puissant, bien gras et réverbéré de sa Gibson Les Paul correspond admirablement à ce style sudiste particulièrement sauvage. Pour achever l’elpee, il adapte "Little lies", un traditionnel enseigné par son ami Levon Helm (du Band). Une plage nonchalante, qu’il chante en s’accompagnant –et pour la seule fois– de sa slide. Il s’y montre convaincant tout en manifestant beaucoup de sensibilité. Un album d’excellente facture !  

Def Leppard

Songs fron the Sparkle Lounge

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Il suffit de jeter un œil sur l’affiche du Graspop Metal Meeting 2008 pour constater que l’heure est au retour des grosses machines ayant marqué les années 80. Cette année, Judas Priest, Kiss, les frères Cavalera, Iron Maiden, Whitesnake, Ministry et Def Leppard se bousculent en haut de l’affiche. Hormis Cavalera Conspiracy, responsable d’une véritable petite bombe, la formation de Sheffield est la seule qui puisse brandir un nouvel elpee.

« Yeah ! », précédent essai de Def Leppard, n’était qu’un simple recueil de reprises. Quoique bien ficelé, il faisait figure d’alibi pour confirmer que le combo était toujours bien vivant. Ce nouvel opus fait donc suite à l’insipide « X ». Il a été baptisé « Songs from the Sparkle Lounge ». A cause de la zone backstage de la tournée précédente où ont été composées les onze nouvelles chansons. Il s’agit du premier véritable album de la bande à Joe Elliott depuis 2002. Si le son est résolument commercial, c’est sans nul doute pour mieux séduire encore le marché américain. Si vous avez aimé Def Lep à l’époque de la NWOBHM, si vous avez craqué sur « High n’ Dry » et « Pyromania », il y a de fortes chances que cette nouvelle livraison vous semble un tantinet sirupeuse. Enregistré à Dublin, dans les studios d’Elliot –il qualifie personnellement ce disque d’album aventureux– trahit de nombreuses références aux seventies, tout en sonnant néanmoins, très actuel.

Des morceaux tels que « Tomorrow » ou « Only the good die Young » ne sont pas si éloignés d’un U2, les gros riffs heavy en prime. Les vocaux et les chœurs demeurent la marque de fabrique du combo, mais Joe Elliott ne s’aventure plus dans les hurlements aigus comme à l’époque où le band assurait les premières parties d’AC/DC. Miracle, l’elpee ne recèle qu’une seule ballade ! « Love » Caractérisée par ses nombreux clins d’œil adressés à Queen, elle devrait faire le bonheur des programmateurs radio. Un beau travail de composition a été réalisé pour les plus heavy « Go », « Nine Lives » et le très glam rock « C’mon, C’mon » dont le riff a été emprunté à T Rex. Mais le meilleur est pour la fin… « Gotta let it Go » permet à Phil Collen et à Vivian Campbel de s’affronter lors d’un duel de guitare épique. C’est l’unique titre réminiscent des années brillantes de ce monstre sacré du métal. Paraît d’ailleurs qu’il a promis d’en mettre plein les mirettes et les cages à miel lors de sa prestation au Graspop Metal Meeting de Dessel. Faut-il rappeler qu’à ce jour, Def Leppard a vendu plus de 65 millions d’albums à travers le monde ? Une fameuse prouesse pour un groupe de heavy rock qui est aussi le seul groupe dont le batteur, Rick Allen, soit manchot !

 

 

The Dirtbombs

We Have You Surrounded

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Depuis 1996, les Dirtbombs maintiennent très haut la flamme du garage rock. Ils pratiquent une musique livrée à l’état brut, mais qui ne se contente pas de faire du bruit ; elle soigne les mélodies tout en puisant son inspiration dans la soul, le post-punk et le blues. La bande à Mick Collins (fondateur des légendaires et excellents Gories) possède aussi le chic pour reprendre de toujours belle manière des classiques ou des titres obscurs dans à peu près tous les genres. Cet album est le premier depuis 2003 ; mais entretemps, le groupe est resté fidèle à son habitude de sortir des ‘split singles’ sous la forme du vinyle, en compagnie d’artistes comme Adult, King Khan ou les Black Lips.

« We Have You Surrrounded » est un album hanté de sombres présages, dont les paroles tournent souvent autour de la dérive autodestructrice de notre civilisation. « It’s Fun Until They See You Cry », « Pretty Princess Day », « They Have Us Surrounded », « I Hear the Sirens » constituent un bloc de chansons à l’ambiance paranoïaque et torturée. Cette gravité est compensée par quelques envolées plus insouciantes comme les très soul « Ever Lovin’ Man » et « Indivisible ». Dans un rayon plus pop on épinglera le visionnaire « La fin du Monde » (chanté en français !) et « Sherlock Holmes », une belle reprise des Sparks. Malgré ses bons moments, « We Have You Surrounded » n’est pas le meilleur album des Dirtbombs et il ne constitue pas la pièce idéale pour entrer dans l’univers de la formation. Pour y parvenir, on vous conseillera plutôt la compilation « If you Don’t Already Have A Look », œuvre réunissant de nombreuses raretés de haute tenue.

 

dperd

Regaleró il mio tempo

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dperd est un duo italien constitué de Carlo Disimone et de Valeria Buono. Le premier se charge de la plupart des tâches instrumentales, la seconde des vocaux et de claviers. Leur expression sonore macère en pleine solution dark wave et puise essentiellement ses influences chez Cure (période « Disintegration ») et les Cranes. Synthés vaporeux, cordes de guitare introspectives, atmosphériques, légèrement reverb, accords de piano sonores, souvent spectraux, ligne de basse ténébreuse, drums emphatiques, voix féminine (NDR : dans la langue de Verdi) empreinte d’une grande sensibilité, sans pour autant se prévaloir d’un timbre exceptionnel, alimentent des mélopées hypnotiques, mélodiques, mélancoliques et envoûtantes. Le projet existe depuis 2003, mais le couple joue ensemble depuis 1995. J’ai bien dit 1995, pas 1985 !

Eclip6

Juste une Chance (Ep)

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Cet Ep d’Eclip6, dont les quatre membres sont originaires de Tournai et de Mons, aurait davantage mérité sa place dans la rubrique Pop/Rock si sa musique inclassable ne trahissait pas cette légère touche progressive. Le moins qu’on puisse écrire, après l’écoute de cette galette quatre titres, c’est que les musiciens ont incontestablement un niveau professionnel. Chacun maîtrise son instrument à la perfection, et les compos sont savamment structurées. « Par Vengeance », premier morceau de cette plaque où la mélodie est reine, évoque le rock progressif de Marillion, les atmosphères à la Toto, et même les sonorités de guitares ainsi que les constructions chères aux métalleux de Dream Theater. Mais cette filiation avec le métal s’avère nettement moins palpable sur les trois titres suivants. Indéniablement, Eclip6 s’adresse davantage aux amateurs de chanson française et de bonne variété. D’ailleurs, ne citent-ils pas, parmi leurs influences, Michel Berger, Guns n’Roses, Evanescence et Jacques Brel ? Quatre plages enrobées de miel et saupoudrées de limaille de fer. Eclip6 possède un potentiel énorme, commercialement parlant, et a davantage de chance de récolter les suffrages auprès des amateurs de Kyo et de Sinclair que ceux des fans de Judas Priest et de Porcupine Tree.

 

The La’s

The La’s

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The La’s est une formation liverpuldienne qui aurait pu devenir ‘hénaurme’, si son leader n’était pas été aussi perfectionniste (NDR : il a désavoué tous les producteurs qui lui étaient proposés, avant que le label  lui impose Steve Lilywhite, pour la mise en forme). Si elle avait pu bénéficier d’un chouia de chance. Si elle était née à la bonne époque. Si… pour plein de raisons. Si bien que sa carrière qui s’est étalée entre 1986 et 1991, n’a débouché que sur un seul véritable album et quelques singles. Parmi lesquels figurent quand même de véritables perles, comme « Way out » et surtout « There she goes ». Avec le recul, il faut admette que le groupe a tracé la voie à la britpop, dont Oasis et aujourd’hui les Kooks sont devenus les principaux bénéficiaires. Bien sûr, le quatuor était lui-même influencé par la pop des sixties. En particulier celle du Who (pensez à « Tommy ») et puis des Small Faces. Le leader du groupe, Lee Mavers, ne s’en est jamais remis. Et toutes ses tentatives de come-back ont avorté. De son côté, John Power a ensuite fondé Cast. Qui hormis le premier elpee, pourtant remarquable, n’a jamais réussi à confirmer.

The La’s s’est pourtant reformé en 2005, pour accomplir une mini-tournée. Une bonne occasion saisie par Polydor pour rééditer cet opus, en version deluxe. (NDR : pour information, l’an dernier, un opus consacré à d’excellentes sessions réalisées à la BBC, avait vu le jour). C'est-à-dire le tracklisting original du disque, enrichi de 13 versions alternatives enregistrées sous la houlette de Mick Hedges. Ainsi que 6 plages produites par les collaborateurs dont Lee Mavers ne voulait pas entendre parler et 7 remixes récemment opérés (NDR : on ne refuse pas le progrès !). Le tout est habillé d’un superbe digipack, incluant un booklet de 12 pages destiné aux commentaires, lyrics, photos d’époque, etc. Indispensable dans toute compactothèque, si vous vous intéressez à l’histoire de la musique pop/rock ! 

 

Sergio Mendes

Encanto

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Après avoir connu une absence discographique de dix ans, Sergio Mendes a opéré un come-back en 2006. Le pianiste, qui est l’artiste brésilien le plus connu au monde, avait été aidé par will.i.am, fan de longue date, mais surtout responsable de tubes pour la moitié des artistes américains. Ce nouvel album bénéficie à nouveau de l’aide du meneur des Black Eyed Peas. Il participe à la production de quatre des quatorze titres de « Encanto ». Les autres invités de marque ne manquent pas : Zap Mama, Jovanotti, Juanes, Carlinhos Brown, Fergie, plus quelques vieux complices comme Herb Alpert ou Joao Donato. La plupart des titres sont des reprises de classiques déjà maintes fois repris par Mendes : « Waters of March » (en deux versions, dont une en français par Zap Mama), « The Look Of Love » et plusieurs signés Jobim (le mentor de Mendes).

Les titres mis en forme par will.i.am sont essentiellement calibrés pour les radios. Notre homme apporte sa science du beat aux accords jazzy de Mendes et injecte de solides doses de Baile Funk à « Funky Bahia », titre qui a tout pour devenir le tube de l’été. Les chansons produites en personne par Mendes (NDR : quand même avec l’aide occasionnelle de Carlinhos Brown) sont plus personnelles et ancrées dans les musiques chères au bonhomme : bossa, percussions et jazz. Vous l’aurez donc compris, la bande son d’une certaine indolence et d’un mode de vie décontracté, à l’image du « Lugar Comun », rappé par Jovanotti et qui parle de plages et de joie de vivre. Rien d’original à se mettre sous la dent, mais « Encanto » est un disque estival agréable à écouter qui devrait être apprécié en période de vacances, sous le soleil ou à défaut de mieux, à Bruxelles-Plage, sous la pluie.