Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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Le prix ‘Coup de Coeur 2008’ de l’Académie Française Charles Cros décerné à Cloé Defossez!

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L’album « Microclimat » de Cloé Defossez a reçu le prix Prix ‘Coup de Cœur 2008’ de l’Académie française Charles Cros.

L'Académie Charles-Cros est une association créée en 1947 par un groupe de critiques et de spécialistes du disque, parmi lesquels Armand Panigel, José Bruyr, Antoine Goléa, Franck Ténot, Pierre Brive réunis autour de Roger Vincent, son fondateur, et placée sous la présidence du musicologue Marc Pincherle.

Elle est composée d'une cinquantaine de membres cooptés, spécialisés dans les domaines de la critique musicale, de l'enregistrement sonore et de la vie culturelle. Elle a été créée en l'honneur de Charles Cros (1842-1888), poète (ami d'Arthur Rimbaud et Verlaine), et aussi inventeur autodidacte, notamment un des pionniers de l'enregistrement sonore.

Les buts de l'Académie sont de constituer un collectif de compétences chargé d'être un intermédiaire entre les pouvoirs publics qui définissent la politique culturelle et l'ensemble des professionnels de la musique et du disque.

Depuis 1948, l'Académie décerne chaque année des Grand Prix du Disque qui récompensent des œuvres musicales enregistrées originales de qualité dans le domaine de la chanson, de la musique populaire ou savante. Plusieurs Grands Prix du Disque de l'Académie Charles-Cros récompensent des œuvres dans des catégories comme : « chanson », « musique classique », « jazz » etc. Un prix récompense également les livres remarquables de musicologie. Suivant l'évolution des techniques, les prix, décernés aux origines à des 78 tours, sont attribués de nos jours à des CD ou des DVD.

(d’après Wikipédia)

Pour plus d’infos : http://www.cloedutrefle.com et http://www.myspace.com/cloedutrefle

Et pour lire son interview accordée à Musiczine en 2007 :

http://www.musiczine.net/fr/index.php?option=com_alphacontent&section=2&cat=12187&task=view&id=1411&Itemid=36

 

 

 

 

Les Nuits Botanique : jeudi 15 mai 2008

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‘La pluie qui tombe m’effraye un peu’ chante Daniel Darc. Il est 22h30. Faut dire que les spectateurs qui se sont déplacés pour assister au festival, ce soir, ont dû s’armer de courage (et d’un parapluie qu’il valait mieux tenir à deux mains) pour affronter les orages et pluies diluviennes, qui se sont abattues sur la commune de Saint-Josse, à partir de 19h30. Des conditions météorologiques qui pourraient bien se reproduire lors des prochains festivals d’été, si le climat continue à flirter avec des températures aussi élevées. Et ce n’est pas une bonne nouvelle pour les organisateurs, qui risquent de devoir alors faire face à d’autres problèmes bien plus conséquents. Mais inutile d’anticiper, chaque chose en son temps… 

C’est donc trempés jusqu’aux os que la plupart des spectateurs sont arrivés au Bota sur le coup de 20h. Parfois même simplement après avoir traversé le parc. Il est alors 20 heures. L’œil furtif, j’observe d’un air amusé le comportement des individus. De jolies jeunes filles moulées dans leur t-shirt (mouillé) côtoient des cadres à peine sortis de leurs bureaux et quelques punks errants. Un public aussi hétéroclite que l’expo proposée au Witloof Bar.

En déambulant dans les couloirs, on croise Brisa Roché et Daniel Darc. La première conjugue beauté et élégance. Par contre, on ne peut pas en dire autant de l’ex-leader de Taxi Gril. Trapu, presque bossu, son corps et son visage sont profondément marqués par les excès commis au cours de sa jeunesse. Et pourtant, Daniel Darc passerait incognito parmi les musiciens de rue et les mendiants du quartier. Mais respect pour ces artistes. Y compris Daniel Darc. Car se soir, il va nous accorder un show de toute bonne facture. Car comme chez tous les écorchés vifs, on ne sait jamais à quoi s’attendre. Lors de son dernier passage à Dour, son concert était pathétique ; alors que quelques jours plus tard il livrait un set d’exception aux Francos de Spa.

Mais ce soir, c’est le bon soir. Sur le coup de 22 heures, il monte sur les planches, empoigne le micro d’une main ferme et donne immédiatement le ton : le spectacle sera rock’n’roll. Il enchaîne les différents titres de son dernier opus « Amours suprêmes », mais en adoptant un tempo nettement plus enlevé que sur disque. Juste avant, mais aussi après « Les remords », Darc échange quelques mots avec une jeune groupie perdue au milieu de l’auditoire. Une réaction qui démontre l’état de forme de notre homme. Le set monte en puissance et atteint un des premiers sommets lors de l’interprétation du single « J’irai au paradis ». Puis par « Je me souviens, je me rappelle ». On lui pardonnera cependant, des improvisations souvent foireuses. Tout comme ses errements dans ses textes. Il s’en excuse d’ailleurs, spontanément. Des carences largement compensées par un backing group particulièrement solide et talentueux. Darc a quand même le bon goût de le remercier, juste avant d’attaquer « L.U.V.», morceau au cours duquel le guitariste se substitue à Alain Bashung pour partager le duo. Manifestement, du Daniel Darc de cette trempe, on en veut bien encore…

Un peu plus tôt en soirée, Brisa Roché avait précédé le Parisien sur le même podium. Les médias comparent souvent la Franco-américaine à Björk. Si c’est pour le physique, elle mérite mieux. Quant à la voix, elle possède sans doute les inflexions de l’Islandaise, mais pas le timbre. Habillée d’une longue robe colorée, la diva campe un jeu de scène qui colle bien avec celui de ses musiciens, tout de blanc vêtus. (NDR : Richard, le bassiste, me fait penser à Stefan Oldsdal, le bassiste de Placebo). Malheureusement, le chapiteau n’est qu’à moitié rempli et le public n’applaudit guère. Ou à peine. Même lorsque la belle fait son entrée. Et pas davantage à l’issue de ses premières chansons. Il faut avouer que son style, oscillant du jazz au gospel, joue constamment sur les atmosphères. Et cette approche musicale plutôt déconcertante est assez difficile à apprécier d’entrée de jeu. Pourtant, malgré l’ambiance presque glaciale et le manque de réaction manifestée par le public, le collectif ne se décourage pas pour autant et ne se départit jamais de son sourire. Et finalement leurs efforts seront récompensés ; puisque après avoir invité les spectateurs à siffloter son tube « Whistle », Brisa hérite d’un tout autre accueil. Bien plus convivial. Soudainement, l’ambiance monte d’un cran et la bonne humeur devient communicative. Les applaudissements concurrencent même la pluie, qui n’a pas cessé de tomber à l’extérieur. On a même droit à un fin de parcours nettement plus rock’n’roll. Le band précise d’ailleurs que le temps imparti sur scène lui est compté. Et dès lors qu’il préfère raccourcir la setlist, tout en la rythmant. Une initiative très appréciable, dans le contexte d’un festival.

Après avoir assisté aux bonnes prestations de ces deux artistes, nous sommes repassés prendre un denier verre au bar du Bota. Tranquilos ! En plaignant les spectateurs entassés comme dans une  boîte à sardines au sein de la Rotonde pour applaudir le set de Girls in Hawaii, sold out depuis des lustres. Et on n’avait même pas envie d’être à leur place, tant nous avions pris notre pied lors de la prestation de ces artistes français, ce soir…

Daniel Darc + Brisa Roché

Organisation Botanique

 

Joe Satriani

Professor Satchafunkilus and the Mysterion of Rock

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Qu’on aime ou que l’on déteste le style, force est de constater que Joe Satriani est le seul rescapé de la vague des fameux ‘guitar heroes’ issus des années 80. Bien sûr, les Yngwie Malmsteen, Vinie Moore et autre Tony Mc Alpine ne sont pas relégués aux oubliettes, mais leurs œuvres ne sont plus distribuées par une major, comme c’est le cas de cette nouvelle offrande du Satch. Son secret ? Aussi à l’aise dans le heavy, que dans le jazz, le folk, ou le funk, Satriani a compris qu’il fallait se renouveler pour garder toute crédibilité dans le domaine du hard rock instrumental. Bien sûr, on se demande bien où il est allé chercher un nom d’album pareil ; mais ce douzième opus se révèle tout aussi mystérieux et passionnant au fil des écoutes. D’emblée, le riff de « Musterion » évoque le classique « Surfing with the Alien ». On reconnaît immédiatement la patte du maître ! Le son se révèle plus agressif sur « Overdriver », mais la mélodie est quelque peu délaissée, au profit de la virtuosité. « I Just Wanna Rock » est le seul titre véritablement accessible dès la première écoute. On y entend Joe y chanter d’une voix métallique, façon Peter Frampton. Pas étonnant qu’il soit sorti en format single. Plus dansant, et introduit par un saxophone, « Professor Satchafunkilus » contraste avec la ballade « Revelation » et son lyrisme exacerbé. Si « Out of the Sunrise » s’oriente sans pudeur vers un blues rock sexy et vénéneux, le sommet de la technique instrumentale explose sur les deux titres finaux. Les sonorités du fantastique « Asik Vaysel » ne sont pas sans rappeler l’incontournable « The Extremist ». A déconseiller aux ‘sixcordistes’ en herbe, sauf s’ils souhaitent être dégoûtés à vie de leur instrument de prédilection !

Un excellent album, signé par un grand musicien, pour des amateurs de grande musique… chapeau bas !

Various Artists

Concours Circuit 2007 - Rock dur

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Sympa ! Et bien plus encore… L’idée de rassembler les six finalistes du Concours circuit Rock Dur 2007 est d’autant plus réjouissante qu’elle offre aux heureux élus une superbe carte de visite. Et les protagonistes de l’évènement n’ont pas fait les choses à moitié. Ici, il ne s’agit pas d’un CD copié, flanqué d’une étiquette à la typographie douteuse, le tout glissé dans une pochette carton format promo. C’est bien en dépliant un superbe digipack que nous découvrons les noms des six combos belges et des douze titres qui ont été mis en place pour l’occasion.

Bien sûr, notre cœur bat très fort pour les gagnants de Suicide of Demons dont le death metal technique évoque à la fois Morbid Angel et Megadeth, mais les titres de The Chargers résonnent comme du pur bonheur dans nos oreilles de métalleux, et Kill My Doll sort plutôt bien son épingle du jeu dans un style plus néo et metalcore. Black Bleeding et Amadeus se lancent dans des expérimentations de bon aloi, tandis que les Tournaisiens d’Evergrey Sky tentent de nous faire croire que le mois de juin tombe en hiver, sur fond de hard-core impitoyable et sauvage.

Un objet de collection puisque hors commerce. A se procurer via les groupes concernés ou en envoyant un mail à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Various Artists

Eccentric Soul : The Outskirts of Deep City

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Cette compilation se penche sur le riche monde musical de Miami. Deuxième volume de la série consacré au label soul/funk Deep City, « The Outskirts » se concentre sur des titres qui n’ont pu être insérés sur la première compilation. La sélection est enrichie d’inédits récupérés dans un garage. Au cours de sa courte existence, le label Deep City n’a publié que quelques singles et un elpee. Des disques parus entre 1966 et 1968. Mais certaines chansons retenues datent de 69 à 71. Elles sont, en outre, signées par une série d’artistes assez obscurs. Deux exceptions : la chanteuse Helene Smith (diva soul de Miami) et Clarence Reid, mieux connu pour avoir créé le personnage de Blowfly, un super héro lubrique considéré comme un des précurseurs du rap.

Les morceaux inclus sont plutôt de bonne facture et oscillent entre le funk de la Nouvelle Orléans (en moins syncopé), la soul décontractée (comme l’ensoleillé « Do What you’re Doing ») ainsi que les ballades tragiques et arrache-larmes (il suffit d’écouter « Don’t Be Surprised » de Lynn Williams pour comprendre). D’autres plages s’inspirent de tubes de l’époque ; des hits concoctés par James Brown et les Jackson Five. On frôle quelquefois le plagiat, mais la qualité musicale est indéniable. Les bonnes mélodies aussi, souvent composées par ce vieux filou de Clarence Reid, sans son déguisement de Blowfly. En somme, les amateurs de soul ne devraient pas être déçus par ce beau recueil de ‘feel good music’.

 

Martha Wainwright

I Know You’re Married But I’ve Got Feelings Too

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Petite Martha deviendra grande. Pour son second recueil au titre éloquent, la cadette des Wainwright prend son envol et répond aux attentes de la presse par un joli doigt d’honneur. Exit la pop du disque éponyme, aujourd’hui Martha fait ce qu’elle veut, comme elle le veut. Elle bidouille, brode, joue au yo-yo avec ses cordes vocales et fait de l’esprit sans en avoir l’air. La jeune femme se permet même d’emprunter le « See Emily Play » des Pink Floyd, de le dépouiller de sa carcasse et le modeler pour en faire un pur produit Wainwright. Des intonations ‘Kate Bush-iennes’ rôdent souvent autour des vocalises de la demoiselle qui en joue toujours au moment le plus opportun et de manière très subtile, comme sur « So Many Friends » ou le splendide « Tower ».

La petite sœur de Rufus, qui lui prête d’ailleurs ses talents de guitariste sur l’intense ballade country folk « In The Middle Of The Night », n’échappe malheureusement pas à quelques accidents de parcours (les banals « Comin’ Tonight », « Heart Club Band »). Ces derniers sont cependant très vite rattrapés par le savoir-faire de l’artiste qui balance sans ménagement tueries sur tueries (le magnifique « Jimi » côtoyé par les excellents « Niger River », « The George Song » et « See Emily Play »). Entourée d’une série d’invités de prestige tels que Pete Townshend, Donald Fagen (Steely Dan), Garth Hudson (The Band) ainsi qu’une bonne partie de sa famille (son frère, sa mère, sa tante et une cousine !), Martha Wainwright ne révolutionne pas nécessairement le genre mais s’est offert, en concoctant cet intelligent « I Know You’re Married But I’ve Got Feelings Too », une place en or sur la scène indie.

AqME

Heresie

Écrit par

L’histoire d’Aqme commence par une petite annonce publiée dans un magazine métal en avril 1996. Puis par la rencontre entre un batteur et un guitariste devant le club parisien La Loco. Etienne est à fond sur Suicidal Tendencies et Machine Head. Ben, lui, est plutôt attiré par les Smashing Pumpkins et Nirvana. Onze ans plus tard, les deux gaillards ne se sont toujours pas séparés et proposent le quatrième album de leur combo ; un ensemble qui aura marqué la scène rock française de son empreinte ‘métallico-hip hopienne’. Un style qui n’a jamais été ma tasse de thé, autant le souligner une nouvelle fois. Mais objectivement, Aqme revient cette année en réutilisant tous les ingrédients qui ont fait son indéniable succès. Les textes sont plus vindicatifs que jamais. Les riffs de guitares syncopés dispensés sur « Uniformes », « Lourd Sacrifice », « Casser/Détruire » et le titre maître demeurent sévèrement burnés. A l’instar des précédents elpees, « Heresie » risque de provoquer des nausées chez les fans d’Iron Maiden, de Nightwish, Obituary, Rush, Dream Theater ou même Slayer, aussi de ravir les amateurs de Skarbone 14, Mass Hysteria, Lofofora et autre Enhancer. Même que parfois l’expression sonore évoque… un certain Kyo ! Aqme lorgnerait-il vers les plus hautes marches du hit parade français ? En grec, le mot acmé signifie l’apogée. Tout un symbole… A conseiller uniquement aux adeptes du rock festif à la française.

 

Asva

What You don’t Know is Frontier

Écrit par

Dans la catégorie foutage de gueule, il est difficile de faire mieux que ce second opus du groupe californien Asva. Quatre morceaux pour une rondelle de près de 70 minutes. Une heure dix de musique soporifique, profondément ennuyeuse, axée sur des riffs lents et ultra distordus auxquels viennent s’ajouter, dans un cafouillage inimaginable, des percussions probablement improvisées. Ne cherchez pas de structures, de logique, de mélodie, de technique… Ce disque en est complètement dépourvu. Certains justifieront ce choix en invoquant l’expérimental. Mais n’est pas Klaus Schulze, Hawkwind ou même Tool qui veut !

Ni stoner, ni doom, Asva se réclame du post rock. Un sous-genre où se retrouvent habituellement tous les combos qu’on n’arrive pas à classer dans un style bien précis ainsi que ceux dont on cherche encore et toujours l’essence même de leurs créations.

 

Boris

Smile

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Au Pays du Soleil Levant, sa terre natale, le trio Boris est considéré comme une icône du sludge/doom rock. Influencé par les Melvins et Merzbow (combo d’electro/noisy japonais), le groupe fait parler la poudre à l’aube de l’an 2000. Depuis, sept skeuds ont vu le jour, dont un enregistré en étroite collaboration avec le non moins culte SunnO )))

Sur le plan purement artistique, on peut écrire aisément que les Nippons exploitent de multiples sentiers, et cherche à mêler, dans une anarchie toute relative, le doom, le stoner, le psyché, le sludge et la noisy… à la japonaise, entendons-nous ! Pour le moins versatile, ce petit « Smile » ressemble à un joli bordel organisé. Un chaos bancal qui prête parfois à rire, souvent à pleurer. Les amateurs de post rock y trouveront probablement une dose de jouvence, mais les accros au Visual Kei (Moi dix Mois, Malice Mizer…) et surtout les nostalgiques de Vow Wow et de Loudness, auront bien du mal à s’identifier à ce rock mal dilué, décousu, et bourré de clichés. « Smile » devrait, selon toute vraisemblance, convaincre n’importe quel fan de Boris, et au final, de Boris uniquement !

 

David Thomas Broughton vs. 7 Hertz

David Thomas Broughton vs. 7 Hertz

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Pour son nouvel EP, le musicien David Thomas Broughton a fait appel aux expérimentations du quatuor de Leeds, 7 Hertz. En cinq morceaux étalés sur un petit plus d’une heure, Broughton donne tout son sens au mot ‘urticaire’. Bien que le talent des musiciens de 7 Hertz soit incomparable, les envolées de violons et de basses communiquant sans aucun mal la chair de poule, la nouvelle œuvre de David Thomas Broughton souffre, ironiquement, de sa propre présence. Les vocalises irritantes de l’homme gâchent l’entièreté de la plaque et diminuent les efforts de 7 Hertz dans leur quête de transcendance. L’œuvre éponyme des collaborateurs partait pourtant d’une session d’enregistrement spontanée qui aurait pu être prometteuse si l’une des deux parties s’était désistée. Mais malgré ses affreuses intonations, on saluera tout de même la maîtrise de l’interprète dans la juxtaposition de ses vocalises sur des mélodies entièrement improvisées. De plus, lorsqu’il ne manie que la guitare, les élucubrations de Broughton se marient à merveille à celles du quartet. Ce dernier point laisse ainsi penser que cet ouvrage aurait gagné à n’être constitué que de plages instrumentales… 1 pour 7 Hertz, 0 pour Broughton.

Cajun Dance Party

The Colourful Life

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Les formations de brit(pop/rock) continuent de proliférer. Et les Kooks ont ouvert la voie à une nouvelle génération. Evidemment, Cajun Dance Party n’a pas envie qu’on lui colle une étiquette de suiveur, préférant se voir attribuer une personnalité bien spécifique. Pourtant, si ce quintette issu du nord de Londres réfute toute analogie avec le quatuor de Brighton voire même toutes ces formations branchouilles qui peuplent la péninsule, il est impossible de ne pas admettre le rapprochement, tant la voix du vocaliste est semblable à celle du chanteur des Kooks.

« Colourful Life » constitue leur premier opus. Un disque qui a bénéficié du concours de l’ex-guitariste du groupe Suede, Bernard Butler, à la production. En 40 minutes, ces petits gars à peine sortis de l’adolescence, démontrent qu’ils sont d’excellents musiciens. C’est déjà ça de gagné ! Malheureusement, pour l’originalité, ils repasseront. Pourtant, des titres comme « Colourful Life » ou encore « Amylase » accrochent instantanément et passent bien la rampe. Ils sont même susceptibles d’ensoleiller vos journées les plus moroses. Les compos ne manquent d’ailleurs pas d’énergie voire de fougue. Elles sont même très agréables à écouter, sans pour autant casser la baraque. En outre, l’art du rythme n’est plus un secret pour eux. Mais si le groupe ne veut pas stagner en seconde division, il a tout intérêt à se créer son propre style. Maintenant, vu la maturité affichée par le band, il n’est pas exclu que l’on reparle bientôt de ce Cajun Dance Party. Et en bien !

Charlie Musselwhite

Rough dried

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« Rough dried » constitue le premier opus live de Charlie depuis 23 ans. Sous-titré “Live at the Triple Door”, il a été immortalisé à Seattle. Le 20 mai 2007. Pour la circonstance, il est soutenu par le band qui l’accompagne depuis plusieurs années ; en l’occurrence le Norvégien Kid Andersen à la guitare, Randy Bermudes à la basse et June Core à la batterie. Le disque a été produit par Henri Musselwhite. En réalité la mise en forme a été réalisée par Henrietta. C'est-à-dire sa femme et son manager. D’ailleurs l’elpee est paru chez Henrietta Records. Pas besoin de vous faire un dessin.

C’est une surprise, aucun morceau de ses deux derniers albums studio, "Delta hardware" et "Sanctuary", ne figure sur ce « Rough dried ». L'oncle Charlie entre immédiatement dans le vif du sujet en attaquant "River hip mama", un solide boogie issu de "Ace of harps", un disque édité chez Alligator, en 1990. Charlie est comme un poisson dans l’eau au sein de cette solution sonore excitante et propice à la danse. L’harmonica se fond parfaitement dans l’ensemble. Le band embraie par "If I should have bad luck", un bon shuffle inspiré des meilleurs moments du Chicago blues. Il est vrai que lorsque Charlie a quitté Memphis, au début des 60s, il a émigré vers la Cité des vents. Kid Andersen se révèle très efficace et respectueux lors de sa première sortie. Notre vétéran est très convaincant lors de son adaptation de "Strange land", un de ses classiques fixé sur son tout premier elpee "Stand back!". C’était en 1967 ! Andersen nous restitue le jeu débridé, audacieux, à l'aube du psychédélisme, de l'époque. Il est vrai qu'alors, c'était Harvey Mandel qui tenait les cordes. Musselwhite est en forme. Il se libère, souffle comme il est le seul à pouvoir le faire sur le titre maître. Ce n'est pas un grand chanteur, mais il vit sa musique. La pureté du style de Musselwhite illumine "Blues overtook me". Une confession ! C’est le moment choisi par le Kid pour se déchaîner sur ses cordes. Charlie parle à son public. De son intérêt pour le blues pratiqué au Brésil. Pas étonnant que les rythmes de la samba croisent donc son blues sur "Feel it in your heart" (NDR : issu de "Rough news"). Insatiable, Charlie chante le blues comme dans ses jeunes années. Plus de 30 ans qu'il joue ce "Wild wild woman", une compo issue de la plume du mandoliniste Johnny Young. "She may be your woman" campe enfin le blues lent de circonstance. C’est également un extrait de "Ace of harps". Il dialogue avec son instrument, le fait vivre, vibrer, pleurer, jouir! "Long lean lanky mama" ne figure apparemment sur aucun de ses albums. Le tempo est assez élevé. L’harmonica gouailleur et assez excitant! Andersen en profite pour faire monter l’ambiance de quelques degrés. Son solo monte progressivement en puissance. Il aligne ses notes en continu. "Movin' and groovin'" nous dévoile une face plus swing de Musselwhite. Les phrases dispensées par le Kid adoptent des tonalités fort jazz! Colorée de West Coast jump, cette plage est très chaleureuse. "Droop down baby" est imprimé sur un mid tempo dynamique. Je ne la connaissais pas. C'est du Musselwhite 100% garanti. La basse autoritaire de Randy Bermudes propulse ses collègues sur les rails. June Core sort aussi de sa réserve. On nage dans le R&B. Brillant, Charlie rend hommage à ces fameuses "Big legged women". Et de rappliquer en rappel pour concéder son hymne instrumental immortel : "Cristo Redentor". Il doit même être incapable de déterminer combien de fois il a pu l’interpréter au cours de sa longue carrière. Un excellent album ! Si vous souhaitez commander ce disque, il vous suffit de vous rendre sur le site web de l'artiste ; en outre, vous recevrez un exemplaire signé de la main de l’artiste… Dépêchez-vous, l’offre est limitée…

 

Children of Bodom

Blooddrunk

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Le nouveau méfait de Children of Bodom risque de diviser ses fans. Pour la première fois de son histoire, le combo mené par l’excellent Alexi Laïo déçoit, par son manque d’inspiration.

Si le titre « Hellhouds on my Trail » constitue une introduction plutôt pêchue, les morceaux passent sans jamais retenir notre attention. Ils se suivent et se ressemblent, donnant la cruelle sensation que C.O.B. tourne en rond et pire, tente de marcher sur les plates-bandes d’In Flames, alors que leur death metal si personnel, réputé pour ses breaks lumineux et ses soli de guitare à couper le souffle, avait tout pour séduire. Bye bye énergie et spontanéité…

Plus invraisemblable encore, alors que les Nordiques bénéficient d’une solide distribution sur le major Universal, sa production n’a jamais été aussi médiocre. Sur l’ensemble de « Blooddrunk », les instruments sont comprimés, le son est écrasé. Seuls les synthés de Janne Warman ont bénéficié d’une attention particulière, d’où cette sensation ‘d’un peu trop’ sur de nombreux titres de cette nouvelle livraison dont nous espérons qu’elle ne soit juste qu’une erreur sur un parcours jusqu’alors sans faille !


 

Chris Garneau

Music For Tourists

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Initialement publié en janvier 2007, « Music For Tourists », le premier recueil de Chris Garneau, débarque tardivement dans les bacs européens. Et mauvaise surprise pour le continent, non seulement l’attente a été interminable, mais la nouvelle mouture du disque ne compte désormais plus que onze titres, contre quatorze pour l’original. Le jeune homme au physique à la Sufjan Stevensien déverse donc un peu plus brièvement la douce mélancolie des litanies dépouillées et introspectives de son œuvre d'admission. Hormis quelques interventions assez modérées d’une batterie et d’une section de cuivres, Garneau n’a pour compagnons qu’un piano et un violoncelle dont les complaintes traversent l’échine et donnent la larme à l’œil. La tristesse des compositions, flirtant avec un léger maniérisme et des vocalises souvent androgynes, est toutefois si pesante qu’au terme du recueil, on ne peut s’empêcher de se demander s’il est arrivé au jeune artiste de connaître l’un ou l’autre instant de bonheur dans sa vie.

Originaire de Brooklyn, Chris Garneau n’hésite pas à s’incruster discrètement sur le terrain de jeu de Cat Power ou encore plus finement sur celui d’Elliott Smith, dont il reprend le titre « Between The Bars », en guise de ‘hidden track’. Bien que l’on ressente l’étrange besoin de se tirer une balle dans la tête après avoir passé trois quarts d’heure en compagnie de Garneau, on ne peut que saluer la beauté de l’écriture et la profondeur des mélodies dispensées sur « Music For Tourists ». A écouter entre le Prozac et le whisky.  

 


 

The Hottness

Stay Classy

Amis du hard rock, punk et southern metal, bienvenue dans le monde de Hottness, un groupe particulièrement turbulent. Et son nouvel album « Stay Classy », en est la plus belle illustration. Originaire de Wilmigton (N.C.), la formation parvient à réaliser un cocktail unique des styles susvisés. Des riffs de guitares rock’n roll, des breakdowns, une rythmique simple mais entraînante et ‘dansante’, un chanteur qui tantôt crie, tantôt pose sa voix comme s’il sévissait au sein d’un bon vieux groupe de hard rock (NDR : issu de Virginie du Sud), tout en encourageant ses semblables à l’accompagner : ce sont les grandes lignes tracées par ce band sur cet elpee. Et alors que beaucoup d’entre eux se noient dans ce courant déjà surpeuplé, The Hottness parvient à sortir (NDLR : la tête ?) du lot. Sa recette ? Ajouter des influences punk, sans avoir peur de maîtriser voire de ralentir le tempo ; histoire de laisser de l’espace à des accès plus mélodiques et empreints d’émotion (NDR : tout en prenant bien soin de ne pas sombrer dans l’emo/screamo).

L’album s’ouvre en force par “Straight Brown”. Rapide, cette chanson rappellera aux connaisseurs le “I Am Hollywood” de He Is Legend. Le combo embraie par “Blue Eyed” avant d’attaquer “Dearly Departed”, plage qui s’ébroue dans un style semblable, quoique davantage chargé de feeling. “This City Is Ours” est sculpté dans le pur southern metal. Alors que le morceau s’appuie d’abord sur un riff bien musclé, incitant pour la circonstance l’auditeur à se remuer, il glisse ensuite vers une partie chantée très caractéristique du genre, puis enchaîne par un breakdown destiné à vous communiquer l’envie de hocher la tête tout en secouant votre chevelure (NDR : que vous aurez laissé pousser pour l’occasion). En d’autres termes, il invite à vous abandonner au ‘head banging’. Parmi les dix pistes de cet essai qui compte trente-neuf minutes, j’épinglerai également “Classy”, une ballade susceptible de vous téléporter dans un état du Sud des USA, avant la guerre de sécession.

Vous êtes fan de Queens of the Stone Age, Every Time I Die et Maylene and the Sons of Disaster ? Aucun doute possible, Stay Classy est fait pour vous !

 

I Walk The Line

Black Wave Rising !

Écrit par

Que l’on ne se trompe pas. Bien que le patronyme de cette formation soit un hommage à un classique de Johnny Cash, le cheval de bataille de I Walk The Line évolue à des milliers d’années lumières de la discographie du légendaire songwriter. Ces Finlandais présentent sur « Black Wave Rising ! », leur troisième ouvrage, une espèce de soupe pseudo-innovatrice. Constituée de 80% de punk rock et 20% de sons synthétiques, I Walk The Line tente de se poser comme le pionnier d’un nouveau genre ; mais il est pourtant loin d’en être. Même s’ils peuvent parfois interpeller par quelques riffs accrocheurs (« Demonic Verses », « Stigmatized »), les punk rockers de I Walk The Line finissent toujours par horripiler. En cause : un manque évident de personnalité et, donc, d’originalité (« Way Back Home », « Paradise », l'effroyable reprise de « The Metro »). Une évidence, le quintet devrait mettre au placard la discographie des Clash et mettre en sourdine les intonations de James Hetfield. I Walk The Line pourrait alors éventuellement accroître le relatif intérêt que l’on veut bien lui porter…


 

 

The Kooks

Konk

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« Konk », du nom du fameux studio de Ray Davies, au sein duquel cet opus à été enregistré, est le second recueil des Kooks, l’une des plus fulgurantes success-story britanniques de ces dernières années. En 2006, leurs tubes « Naïve », « Eddie’s Gun » ou encore « She Moves In Her Own Way » étaient sur toutes les lèvres. Aujourd’hui, le quatuor revient sur le devant de la scène pour présenter ses douze nouveaux cartons potentiels. Presque aussi ‘catchy’ que « Inside In/Inside Out », son prédécesseur, « Konk » souffre néanmoins d’un certain manque de folie. Un peu comme si la formation originaire de Brighton avait décrété qu’il était temps de grandir et de laisser au placard le relatif second degré de sa première œuvre. Décidé à se reposer sur ses acquis, The Kooks dévoile une facette plus réfléchie de sa personnalité. Ce qui ne convainc pas forcément aussitôt…

Passés les premiers titres de ce nouveau recueil, dont l’entêtant single « Always Where I Need To Be », on ressent comme un ennui progressif. Celui-ci connaîtra malgré tout un léger répit à quelques rares moments (« Stormy Weather », « Down To The Market »). Mais au bout des 43 minutes de « Konk », on n’arrive que difficilement à chasser cette lassitude. L’effet immédiat des « See The World », « Ooh La » ou « Naïve » a donc laissé place à des « See The Sun », « Tick Of Time », « Shine On » et autres « Do You Wanna » beaucoup moins directs. « Konk » est, dans l’ensemble, un disque qui s’apprivoise et se bonifie au fil des écoutes. Et à l’allure frénétique où la Grande-Bretagne nous balance ses nouveaux espoirs, le temps est une donnée qui pourrait malheureusement porter préjudice au quatuor.

 


Lowgold

Promise lands

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On la cherchera sans la trouver, cette ligne mélodique, cette énergie, cette surprise. « Promise lands », loin de tenir ses promesses, se confond en excuses. Désolé pour ce pop-rock indécis, ce ton monocorde et mièvre, cette voix étouffée et malheureuse, cet inlassable rythme propice au torticolis. Tout au plus y trouvera-t-on la bande son d’un Beverly Hills axé sur les amours déchus de Brandon ou Brenda. Outre réservé à cette singulière destinée, on cherche désespérément une saillie sur cette roche lisse et uniformément grise. C’est la chute libre. Interruption parachute pour « Dead sea », où la mer morte capture une épaisseur de nostalgie, captive presque, en s’élevant sur un ton post rock dont s’accommodent bien mieux les guitares lancinantes de Lowgold. Un court instant, l’album ouvre une brèche et fait miroiter ; voilà comment il pourrait évoluer s’il s’engouffrait tête baissée au cœur de cette formule post-rock doublée d’un tempérament plus téméraire. Malheureusement, trois minutes s’écoulent et le mirage s’estompe devant l’insipide. L’absence de repères mélodiques reprend le dessus sans s’en inquiéter outre mesure. La terre promise façon Lowgold est décidément une bien morne plaine.

 

Omar Rodriguez-Lopez

The Apocalypse Inside Of An Orange

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Depuis le début de cette année, Omar Rodriguez Lopez n’en finit plus de produire et de composer. Après avoir commis un épatant quatrième opus, intitulé « The Bedlam in Goliath », en compagnie de The Mars Volta, le Texan (NDR : il est originaire d’El Paso) nous propose son troisième elpee solo, « The Apocalypse Inside Of An Orange ». Les ambiances propices aux improvisations sont souvent très complexes. Faut dire que la technique d’Omar est irréprochable. Elle est même susceptible de méduser bon nombre de guitaristes. Il n’empêche que le chevelu travaille dur pour atteindre ce niveau. Toutefois, il ne faut pas oublier que même s’il est un excellent chef d’orchestre, il bénéficie de la collaboration de remarquables instrumentistes, dont son frère, à la batterie, et Money Mark, aux claviers.

Surfant sur des vagues hypnotiques de free jazz, de funk et de psychédélisme, le quintette propose huit compositions explosives. Des plages qui devraient combler la frustration des passionnés –et ils sont rares– de free jazz. Une réussite, car même si les expérimentations pêchent par une certaine longueur et une implacable rigueur, elles bénéficient constamment d’une ‘survitamination’. Personnellement, de cet elpee, je retiendrai surtout « Jacob Van Lennepkade II », un fragment qui figurait sur son précédent essai. Pour la circonstance, cette compo a été retravaillée par le quintette, l’aspect expérimental voire même délirant ayant été ici accentué. Les cordes d’Omar y sont grinçantes et ses solos ultras nerveux. Le clavier souvent limpide et le saxo magnifiquement stylisé. En outre, Rodriguez donne l’impression de prendre son pied en dirigeant le reste de l’équipe.

En 60 minutes, Omar Rodriguez Lopez démontre qu’il est bien un des meilleurs gratteurs de la planète. Et à mon humble avis, sa place est déjà gardée chaude au Panthéon des guitaristes. Quelque part entre Jimi Hendrix et Django Reinhardt !

 


R.J. Mischo

King of a mighty good time

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RJ est un des meilleurs chanteurs/harmonicistes contemporains. Il arpente les routes du blues depuis plus de vingt ans, et se produit régulièrement, chez nous. Il a accompli ses débuts au sein de son Minneapolis natal. Notamment pour y accompagner des musiciens noirs locaux : Mojo Buford, Sonny Rogers, Percy Strother et Milwaukee Slim. Il est d'ailleurs l'un des enfants chéris du label allemand Crosscut. Cette écurie a ainsi distribué quatre de ses albums : "Cool disposition" en 1997, "West wind blowin'" en de 98 ainsi que les superbes "Meet me o the Coast" en 2001 et "He came to play" en 2004. Pour enregistrer « King of a mighty good time », Mischo n’a conservé qu’un seul musicien ayant participé à son opus précédent : le Norvégien Chris ‘Kid’ Andersen. Ce dernier s’est chargé des parties de guitare, du mixing, et de la production. RJ s'est entretemps établi en Californie. Il réside, semble-t-il, à Fayetteville, dans l'Arkansas.

L’elpee ne démarre pas par un brûlot, mais un morceau divertissant : "Cheap wine". Apparemment assoiffé, RJ est à la recherche de vin bon marché. Instrumental, "Joint!" libère du groove et de l'énergie. La cohésion entre les musiciens est parfaite. La voix de RJ me plaît beaucoup. Rugueuse mais très mélodique, elle se révèle terriblement expressive sur "Too little love" (too much religion)". Une plage quasi tribale au cours de laquelle Hans Bosse secoue ses maigres percussions. Jon Lawton glisse son bottleneck sur son Resonator. L’étonnant Kid produit des sons incroyables sur un sitar tandis que l'harmonica gémit au cœur de ce décor étrange. Signé Otis Spann, "Who's out there?" est introduit par le piano de Bob Welsh. RJ est très en verve sur son instrument tout au long de ce Chicago blues. L'émotion envahit "Crawlin' kingsnake", un fragment imprimé sur un tempo primaire, indolent. RJ épuise tous les artifices chers à Sonny Boy Williamson II. Manifestement son influence majeure. "Greyhound" nous invite ensuite à accomplir un périple sur les routes californiennes. Propice à la bonne humeur, cette plage déborde d’enthousiasme. On y sillonne les itinéraires ensoleillés de l'Ouest. Kid sort enfin de sa réserve et produit un solo nerveux tout en picking. Mr Mischo nous avertit : "RJ's back in town". Toujours aussi soutenu, le rythme semble pour la circonstance emprunté à Jimmy Reed. Il déménage même. L'harmo se déchaîne face aux cordes rythmiques d'Andersen et Welsh. Plus classique, "Bird nest on the ground" évolue sur un tempo aussi élevé. Tout au long de cette compo musclée, mais légèrement teintée de R&B, la rythmique d’Andersen est implacable, pendant que Welsh assure sur ses ivoires. Mischo rend enfin un hommage à son maître Rice Miller alias Sonny Boy II sur le blues lent et dépouillé "I can't do without you". Il embraie par un shuffle léger. La basse acoustique de Kedar Roy colle à l'harmo dont la magie expressive de Sonny Boy est à nouveau parfaitement rendue, alors que Bob Welsh entretient parfaitement l'ambiance fiévreuse des clubs du Chicago southside. Cet excellent opus nous réserve encore d’autres facettes de son talent. A l’instar de "Good bad Co", un morceau découpé dans un swing léger presque manouche. Il rend un autre hommage, mais à un de ses mentors qui ont guidé sa voie lors de ses débuts, à Minneapolis : George ‘Mojo’ Buford. Il reprend ici l'excellent "Watch dog", en appuyant ses phrasés d'harmo comme le faisait cet ancien membre du Muddy Waters Band. Cet elpee s’achève dans la bonne humeur. Il pose une couronne sur sa tête et devient le "King of a mighty goodtime", en exécutant une musique joyeusement acoustique, face aux chœurs des Heart Stoppers. 

 

The Notwist

La musique est notre façon d’exprimer nos sentiments…

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On ne les attendait plus, mais on espérait. Aujourd’hui, les Notwist persistent et signent un album intitulé « The devil, you + me », une œuvre écrite partiellement par l’Andromeda Mega Express Orchestra, ensemble berlinois dont la musique oscille entre jazz et classique. Six ans se sont écoulés depuis l’excellent « Neon Golden », six années au cours desquelles les membres du groupe n’ont pas vraiment chômé. Martin Gretschmann, alias Console, raconte…

Après la sortie de « Neon Golden », The Notwist a beaucoup tourné. Un an et demi plus ou moins. On a ensuite réalisé d’autres disques, au sein de nos différents groupes. On a alors envisagé de se concentrer sur un nouvel album de Notwist ; mais auparavant on a voulu terminer celui de 13 & God. En fait, au départ, nous ne devions pas lui consacrer trop de temps, puisqu’il était envisagé de se limiter à un mini elpee. Mais finalement au fil des sessions on a changé d’avis, et on a opté pour un full cd. Et pour corser le tout, on s’est tapé une nouvelle tournée. Longue de surcroît. Ainsi le temps à passé. Puis on s’est fixé deux ans pour concocter celui de Notwist. Mais quand on l’a finalement achevé, on a réalisé que 6 ans s’étaient écoulés depuis le dernier. C’est conséquent, mais on ne s’est pas ennuyé au cours de toute cette période.

Les membres du groupe travaillent sur différents projets (Lali Puna, Console, 13 & God…) Vos expériences individuelles influencent-elles The Notwist ?

Ces expérimentations exercent toujours une répercussion sur le groupe. On en tire toujours des enseignements. Une idée concrétisée chez Console, par exemple, est très susceptible de servir à The Notwist. Mais en même temps, on a le souci de bien mettre des balises entre ces groupes afin qu’ils puissent sonner différemment. C’est le but du jeu.

Comment s’est déroulé l’enregistrement de cet album ?

A l’instar de « Neon golden », on a opéré beaucoup d’expérimentations. On teste tout ce qui nous passe par la tête. Tous les mois on se retrouve une semaine en studio et on bosse ensemble. Le reste du temps, chacun travaille chez soi : on écoute les chansons et on y réfléchit. Lorsqu’on se réunit en studio, c’est pour voir si nos desseins correspondent. On enregistre des tas de chansons, mais la plupart finissent à la poubelle.

Vous avez également reçu le concours de l’Andromeda Mega Express Orchestra…

En fait, Andy Haberl, le batteur des Notwist, se produit également au sein de l’Andromeda Mega Express Orchestra. On a parlé de ce projet au compositeur Daniel Glatzels. Et il nous a répondu être disposé à écrire pour nous. Il a travaillé sur 8 ou 9 chansons différentes. Nous sommes allés en studio à Berlin pour enregistrer l’orchestre. Ce qu’il a écrit était brillant ; mais on n’a pas tout utilisé, car certaines compos ne collaient pas à l’ensemble. Dans le même esprit, nous avons écarté des dizaines de nos chansons enregistrées, parce qu’elles étaient trop ou… que sais-je ? C’était vraiment une bonne expérience ; mais il n’est pas dans notre ligne de conduite de travailler en compagnie d’un orchestre. Quand on imagine ce type de collaboration, on le conçoit comme quelque chose de grand, de pathétique… On n’a jamais vraiment imaginé quelque chose de semblable. On préfère intégrer des sonorités différentes, inédites aux chansons. Et c’est ce qu’il a fait.

Quel est, en tant qu’être humain, votre rapport aux machines?

Personnellement, j’aime les machines. Les machines ne sont pas parfaites, elles sont créées par des êtres humains. Elles peuvent être très différentes. Tout dépend de la personne qui les utilise. Ce qui est intéressant, c’est justement l’usage que chacun peut en faire. Les machines m’inspirent…

« The Devil, You & me », qui ou qu’est ce diable?

Ce que vous voulez que ce soit. Ce n’est pas défini. Pour le commun des mortels ce titre signifie le mal.

C’est une idée, une forme intouchable ?

Oui, exactement, quelque chose de négatif…

Les paroles de vos chansons sont claustrophobiques. Les mélodies vous permettent-elles de vous évader ?

Parfois oui. C’est une façon de nous exprimer sans paroles. Mais je pense qu’il y a toujours une interaction entre les textes et la musique. Parfois la mélodie n’est pas triste mais calme ou légère. Quant aux paroles elles sont plus sombres ou abordent des sujets difficiles. On aime ces contrastes.  

Vos chansons (“Alphabet” par exemple) jouent sur les mots comme des instruments à part entière. Un véritable exercice de style…

Oui, Markus écrit les paroles et y consacre beaucoup de temps. Il accorde de l’importance à l’agencement des mots, pour voir comment ils sonnent ; et s’ils ne sont pas adéquats à la musique, il les élimine. Ils doivent sonner juste.

Comprenez-vous toujours ce qu’il écrit ?

Non, mais on n’a pas besoin de comprendre. Il les écrit toujours d’une manière assez abstraite. Les gens n’ont pas besoin de déchiffrer ce qu’il dit. L’idée oui, mais il faut pouvoir l’interpréter individuellement. C’est toujours critique et obscur, il n’aime pas les slogans. Il est très important pour lui que ces textes ne se réduisent pas à des clichés du genre : ‘le capitalisme, c’est mal’ ou ‘n’allez pas au MacDonald’. Il cherche toujours un sujet susceptible d’être compris de différentes manières. Lorsque vous lisez ou écoutez les paroles, vous pouvez leur attribuer une signification. Après les avoir lues ou écoutées, un peu plus tard, vous pouvez les appréhender très différemment. Il suffit d’avoir repéré un mot pour que la phrase prenne un autre sens. Et si vous y rencontrez un autre point de vue, cette perception devient très intéressante.

Les thèmes principaux développés se focalisent autour de la culpabilité, l’abandon et la fuite. Rien d’évident…

Rien de facile, non. Ce sont des événements que nous avons dû vivre au cours de ces six dernières années. Par exemple, le fait qu’ils soient liés à votre propre existence : même si on veut s’y soustraire, on est obligé de les supporter et on ne sait pas s’en débarrasser. Au final, c’est ce que tout le monde vit : des situations heureuses ou malheureuses. Et personne ne peut ou ne veut s’en échapper. On doit faire avec. Dans nos vies personnelles, on a traversé des épreuves extrêmes, comme des amis qui tombent gravement malades ou sont victimes d’accidents. La musique est notre façon d’exprimer nos sentiments : on y pose toutes nos questions, concentre nos espoirs et épanche notre tristesse…

Cet elpee raconte-t-il une seule et même histoire, où chaque chanson serait un chapitre ?

L’ordre est très important pour nous. On y a beaucoup réfléchi et on s’est un peu cassé la tête pour trouver le meilleur agencement des plages. D’une façon oui, c’est une grande histoire découpée en différents chapitres, mais en même temps on ne pense pas que ce soit un album concept ou quelque chose du genre. Au final, on a conclu que pour atteindre toute leur signification, les chansons devaient respecter cet enchaînement.

The Notwist existe depuis près de 20 ans ; quel est votre meilleur ou votre pire souvenir ?

C’est difficile à dire. Il n’existe pas un meilleur ou pire moment. Il y a un événement qui nous a rendus heureux. Le succès enfin récolté aux Etats-Unis. On y joue depuis 1998 ; mais la première année de notre tournée était horrible. Personne n’assistait à nos concerts. Après « Neon Golden », la situation a sensiblement évolué. On peut même dire que ça s’est même très bien passé ; et beaucoup de gens sont venus nous voir. Ils apprécient spécialement les paroles de Markus. Et nous sommes très heureux de cette réaction parce qu’en Allemagne, on entretient toujours le débat de la langue : pourquoi ne chanterait-on pas en allemand ? L’anglais/allemand de Markus a toujours été sujet à la critique. Aux États-Unis, il est perçu comme de la poésie. Les Anglophones de pure souche émettent davantage de réserve ; donc Markus exprime ou décrit les choses différemment. C’est une très bonne chose.

Avez-vous prévu de retrouver Themselves pour un nouvel album de 13 & God?

Il n’y a rien de concret pour le moment mais on veut définitivement s’y consacrer. Ils sont fort occupés sur différents projets en ce moment. The Notwist va repartir en tournée. On a l’intention de réaliser un projet ensemble, mais on ne sait ni quand, ni où.

D’autres souhaits pour l’avenir du groupe ?

Tôt ou tard, on enregistrera un autre album de Notwist. On n’a pas vraiment de souhait précis. On espère juste pouvoir continuer à créer de la musique. C’est le principal. Peu importe la forme qu’elle prendra. Pour le reste, on verra…