La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

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Elvis’ Ghettoblaster

Love is a schizophrenic hungry monster

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Elvis Ghettoblaster est une formation dont la naissance remonte déjà à presque dix ans. Et pourtant, le quartet vient seulement d’enregistrer son deuxième album. Faut dire que la plupart des musiciens du groupe participe à d’autres projets. Et très souvent dans des styles diamétralement différents. Mais penchons-nous sur ce « Love is a schizophrenic hungry monster ». Si à l’origine leur musique était essentiellement influencée par le Velvet Underground, Pavement et le Jon Spencer Blues Explosion, aujourd’hui la palette de références s’est considérablement élargie.

Mixé par Christine Verschorren (Ghinzu, Moondog Jr, Montevideo, etc.) et Niek Meul (Das Pop), l’elpee creuse même aujourd’hui dans la techno et l’électrofunk. Mais pas seulement. La fureur des Pixies hante le vindicatif et furieux « Doll » (même si les vocaux sont aussi torturés que ceux de Marilyn Manson) et le contagieux « Love bites » est balayé par des chœurs réminiscents des Stones (NDR : pensez aux albums « Their satanic majesties request » ainsi qu’à « Beggars Banquet » et en particulier au célèbre « Sympathy for the devil »). Des chœurs que l’on retrouve sur « Fears », morceau davantage marqué par l’électro des eighties (Tubeway Army ?) ; encore que les riffs semblent parfois calqués sur le classique « I was made for loving you » de Kiss. Une électro dansante, mais encore plus frénétique sur « Die ugly girls die », abordée dans l’esprit de Suicide. Légèrement house (ces percus !), « Backseat » lorgne manifestement vers Ian Brown et surtout Happy Mondays, alors que des accords de guitares sculptés dans le funk (presque) blanc balisent la structure de « Bells ». Cosignée Fabrice Detry (Austin Lace), « Dino » est une ancienne chanson. Plus pop, elle est émaillée d’accès de guitare reggae (NDR : la griffe d’Enzo !), tout en se signalant par des vocalises à la Kaiser Chiefs. Empruntant un tempo cha-cha-cha (ces percus latino !), « Marieke » bénéficie d’orchestrations ‘tamlamotownesques’. Une expérience que n’aurait pas dénigrée un certain Devendra Banhart. Punk pop, « Radio days » marche (in)volontairement sur les traces des Buzzcoks, à moins que ce ne soit de P.I.L. (NDR : à cause des vocaux chevrotants, ‘lydonesques’), tandis que paradoxalement assez pêchu, « Linda Lee at french party » bénéficie d’une jolie mélodie. « Stoner » n’a rien de stoner. C’est même plutôt une compo franchement noisy. Digne du Jesus & Mary Chain. Deux titres ne sont pas chantés par Gregory. Tout d’abord le contagieux « Rochus parkus ». Le timbre sinusoïdal de John John colle parfaitement à cette excellente chanson, rappelant curieusement Original Mirrors. Et puis la ballade mid tempo « Champagne & Wine ». C’est Julien, le drummer, qui s’y colle. Son timbre semble hanté par Ray Davies des Kinks, mais surtout il s’y révèle un redoutable crooner. On comprend mieux ainsi pourquoi la plupart des compos de « Love is a schizophrenic hungry monster » traite des tourments de l’amour et des relations qui tournent au vinaigre. Mieux vaut le champagne et le vin. Côté bémol, on regrettera la production un peu trop brouillonne des titres les plus enlevés. Ce qui n’empêche pas cet opus de se révéler une excellente surprise…

En concert :

- 17 mai : Nuits Botanique (Brussels) + Coming Soon
- 20 juin : Coliseum (Charleroi) + Mud Flow + Yel
- 21 juin : Fête de la Musique à Liège + Superlux + The Tellers
- 26 juin : d:qliq (Luxembourg)
- 27 juin : Bear Rock Festival (Andenne)
- 17 juillet : Dour Festival
- 3 octobre : Manufactur Rock (Hannut)

Haircuts That Kill

Haircuts That Kill (Ep)

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Enfin un groupe tournaisien qui pratique du vrai metal ! Haircuts That Kill rassemble des ‘vieux’ routiers  (Fernand Delleau, Claude Jouret, Jean-Christophe Spreux) et de plus jeunes musiciens  (Vincent Bachely et Gilles Reignier). HTK semble avoir traversé le temps, et cette première offrande six titres nous replonge en plein cœur de la new wave of british heavy metal. Le combo est assurément une des meilleures réponses régionales aux vagues ‘ska punk’ et ‘metalcore’ qui s’imposent, avec de gros sabots, dans tous les festivals rock de la Wallonie Picarde. Les musiciens, tous très compétents dans leurs domaines respectifs, vouent un culte à Iron Maiden. Cela saute aux oreilles dès l’écoute du percutant « Prince of the Dark ». Breaks énergiques, envolées mélodiques, montées en puissance, le tout éclairé par les solos harmonieux de Fernand, guitariste particulièrement doué qui a bien évolué depuis l’époque où il traînait son cuir rouge auprès des gars de Barbarian, formation cultissime, dont l’unique 45 tours se vend désormais à plus de 50 € dans les conventions du disque !

Mais HTK va beaucoup plus loin dans sa démarche artistique ! Il signe un travail pointu, inspiré, mélodique et très mature méritant l’estime de tous les métalleux qui ont craqué dans les eighties sur « Somewhere in Time », « Strong Arm of the Law » ou « All for One »… L’excellent « Black Star » fait parler la poudre en manifestant autant de virulence. Le thème évoque une nouvelle fois ‘la Vierge de fer’ et ses solos très techniques mais jamais ennuyeux. Même si le chant de Jean-Christophe Spreux manque parfois de contraste et de puissance, l’esprit de la NWOBHM demeure intact et on sent les gaillards plus motivés que jamais !

Sur les six titres de cette première et prometteuse galette, les guitares sont reines, et sans vouloir tomber dans le jeu de mots facile, il pleut des cordes de l’intro de « Prince of the Dark » jusqu’au final de « Secret Garden ». Ce disque tient la route, c’est une certitude. Et aurait fait un tabac s’il était sorti, 25 ans plus tôt. Mais il suffit de regarder les affiches du célèbre ‘Wacken Festival’ pour constater que le revival du hard estampillé ‘80’ est plus que sur la bonne voie. Et personne n’accusera Haircuts That Kill de sauter dans le train en marche, car ‘ces gens là’ sont d’authentiques passionnés !

 

Richard Leo Johnson & Gregg Bendian

Who know Charlie Shoe ?

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Richard Leo Johnson est guitariste. Américain, ce virtuose du manche est constamment à la recherche de nouvelles expériences. Pour enregistrer cet album, il s’est acheté 5 guitares via eBay, à des prix n’excédant jamais les 100$. Pour lui, l’important, c’était qu’elles sonnent très différemment de tout ce qu’on peut trouver sur le marché officiel. Histoire d’en extraire les tonalités les plus originales possibles.

Leader du Mahavishnu Project (NDR : un groupe inévitablement influencé par le Mahavishnu Orchestra), Gregg Bendian est drummer et percussionniste. A ses débuts, il était vibraphoniste ! Egalement un artiste réputé. Né en 1963, il a notamment joué en compagnie de Nels Cline, Pat Metheny, Derek Bailey, Peter Brötzmann, Gary Lucas ou encore Cecil Taylor. Dans le domaine de l’expérimentation, il est aussi allumé, puisque pour concocter cet opus, il a eu recours à des percussions particulièrement et exclusivement insolites. Dont un balai, des brosses, des boîtes de conserve, des casseroles, des cruches à eau, des marches d’escalier, une planche à laver, des pots de fleurs, des tubes en métal, et j’en passe. Sans oublier les bruitages : cloches d’église, aboiements de chiens, chants d’oiseaux, etc.

Mais finalement, le résultat de tout ce bric à brac est souvent très réussi. Les 21 titres instrumentaux de cet opus sont relativement courts et naviguent quelque part entre folk, jazz, blues, roots, classique, expérimental, prog, latino et psychédélisme. Psychédélisme dans l’esprit de Syd Barrett. A cause du recours au bottleneck. Des titres minimalistes, mélodiques aventureux au cours desquels Richard privilégie la technique en picking. Parfois dans l’esprit de Django Reinhardt, surtout quand l’expression sonore vire au jazz ou au classique. Le dernier morceau de l’opus, « Forgotten lullaby » implique quand même du vibraphone. Que se réserve inévitablement Gregg, en jouant sur les oscillations sonores. Etonnant !

Les Savy Fav

Inches

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Le succès critique de leur dernier recueil aidant, Les Savy Fav et leur label ressortent les vieilleries du placard. « Inches », initialement publié en 2004, se refait une jeunesse quatre ans plus tard. La réédition de cette collection de singles et B-Sides ne s’adresse cependant qu’aux personnes ayant découvert Les Savy Fav au travers de « Let’s Stay Friends ». En effet, les dix-huit morceaux originels de cette compilation sont aussi intacts, bruts et féroces qu’à leur accouchement.

Extraits de neuf singles au total, parus un à un sous la coupe de neuf labels différents, « Inches » est probablement le disque qui définit les barbus new-yorkais de la manière la plus fidèle, voire la plus complète, et donne tout son sens au terme ‘Art-Punk’. De « Meet Me In the Dollar Bin » à « Rodeo » en passant par les puissants « Hold On To Your Genre », « Yawn, Yawn, Yawn » et « Knowing How The World Works », les extraits de « Inches » n’ont rien perdu en efficacité et donneront une bonne raison à tous les novices de courir se procurer l’excellent et tout frais « Let’s Stay Friends ».

 

Electrochoc pour Showstar

Écrit par

“Electrochoc”, c’est le titre du nouvel Ep de Showstar est disponible via téléchargement via Itunes ( http://www.itunes.com ), Believe (http://www.believe.fr/albums/16793,electrochoc-ep.html ) ou eMusic ( http://www.emusic.com/album/11158/11158653.html ).

Le tracklist :

1. Mad On Your Sister (The Film Remix)

2. Get Drunk (My Park Remix)

3. Superlover (Mister Torpedo Superclubber Remix)

4. Dan (My Friend RadioMonumentale Remix)

 

Pour plus d’infos : http://www.showstar.be

 

Les pulsions malveillantes de My Moring Jacket

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Le prochain album de My Morning Jacket paraîtra ce 9 juin. Intitulé « Evil urges », il a été enregistré sous la houlette de Joe Chiccarelli et fait donc suite à “Z”, paru en 2005.

Tracklisting:

01 "Evil Urges"

02 "Touch Me I'm Going to Scream Part 1"

03 "Highly Suspicious"

04 "I'm Amazed"

05 "Thank You Too"

06 "Sec Walkin'"

07 "Two Halves"

08 "Librarian"

09 "Look At You"

10 "Aluminum Park"

11 "Remnants"

12 "Smokin' From Shootin'"

13 "Touch Me I'm Going to Scream Part 2"

14 "Good Intentions"

Pour visionner les clips :

http://stereogum.com/archives/video/my-morning-jacket-showcase-their-evil-urges-in-hou_008429.html?utm_source=bb&utm_medium=mc

Pour plus d’infos : http://www.mymorningjacket.com

 

Les Raconteurs consolent les solitaires…

Écrit par

Le deuxième album des Raconteurs sera dans les bacs ce 25 mars. Il s’intitule “Consolers Of The Lonely”. Pour la circonstance, Jack White, Brendan Benson, Patrick Keeler, Dean Fertina et Jack Lawrence ont reçu, lors des sessions d’enregistrement, le concours de toute une série d’invités notoires…

Tracklisting

1. Consoler Of The Lonely

2. Salute Your Solution

3. You Don't Understand Me

4. Old Enough

5. The Switch And The Spur

6. Hold Up

7. Top Yourself

8. Many Shades Of Black

9. Five On The Five

10. Attention

11. Pull This Blanket Off

12. Rich Kid Blues

13. These Stones Will Shout

14. Carolina Drama

 
Pour plus d’infos : http://www.theraconteurs.com

 

 

Dave Fridmann derrière MGMT

Écrit par

Le premier opus de MGMT paraîtra ce 31 mars. Intitulé "Oracular Spectacular", il a bénéficié du concours de Dave Fridmann, le producteur des Flaming Lips et de Mercury Rev, à la mise en forme. Fatalement, on s’attend de la part de ce duo américain à une musique psychédélique. D’ailleurs le groupe décrit le nom ‘MGMT’ comme “an enigmatic and prophetic collection of hallucinatory sounds and hook-riddled pop tones for the new millennium.”

Au mois de mars, le groupe a entamé une tournée des clubs en Europe. Ils seront de retour cet été sur les festivals et dans d'autres clubs.

Tracklisting :

1. Time To Pretend    

2. Weekend Wars    

3. Youth    

4. Electric Feel    

5. Kids    

6. 4th Dimensional Transition    

7. Pieces Of What    

8. Of Moons Birds And Monsters    

9. Handshake    

10. Future Reflections    

11. Electric Feel   

Videoclips MGMT: http://www.youtube.com/user/mgmtmusic

Et pour voir le concert mega d' MGMT du 6 mars au Paradiso à Amsterdam : http://www.fabchannel.com/mgmt_concert

 
Pour plus d’infos : http://www.whoismgmt.net

 

 

Le chant, la danse et le vol au menu du prochain album de Jason Mraz

Écrit par

« We Sing, We Dance, We Steal Things », c’est le titre du troisième opus de Jason Mraz qui sortira le 20 mai prochain. Le disque a été produit par Martin Terefe, personnage qui a bossé sur les albums de KT Tunstall, Ron Sexsmith et James Morrison. Le premier morceau extrait de cet elpee s’intitule « I’m yours », une compo déjà sortie sous forme de démo, mais qui a bénéficié d’une remasterisation.

Tracklisting:

1. Make it Mine

2. I’m Yours

3. Lucky ft. Colbie Caillat

4. Butterfly

5. Live High

6. Love for a Child

7. Details In Fabric ft. James Morrison

8. Coyotes

9. Only Human

10. The Dynamo of Volition

11. If It Kills Me

12. A Beautiful Mess

 
Pour regarder le clip de « I'm Yours »

http://fr.youtube.com/watch?v=QedgzsjouXU

 

 

The Charlatans à la croisée des chemins

Écrit par

10ème album studio pour les Charlatans. Intitulé « You Cross My Path », il paraîtra ce 12 mai. Le disque a été enregistré en Californie (Los Angeles), en Irlande et dans leur propre studio, sis quelque part dans le Cheshire, en Angleterre. Il a été mixé par Alan Moulder et est déjà téléchargeable gratuitement via radio XFM ( http://www.xfm.co.uk/news/2008/download-charlatans-new-album-for-free )

Tracklisting

1) Oh! Vanity

2) Bad Days

3) Mis-takes

4) The Misbegotten

5) A Day For Letting Go

6) You Cross My Path

7) Missing Beats (Of A Generation)

8) My Name Is Despair

9) Bird / Reprise

10) This Is The End

 
Pour plus d’infos : http://www.thecharlatans.net et http://www.myspace.com/thecharlatans

 

 

American Music Club

Tempête en mer…

Écrit par

Club destiné aux concerts de musique actuelle, le 4AD est situé à Diksmuide, au cœur d'un quartier tranquille de la ville. Des bunkers ont été transformés en locaux de répétition et la salle de concert bénéficie d’une insonorisation hors norme ainsi que d’un matos ultra-performant. Si bien que lorsqu’on se trouve dans le café attenant à la salle ou à l’extérieur de l’immeuble, on n’entend pas le moindre bruit. Le complexe est superbe, design et convivial et la salle peut accueillir trois cent personnes dont cent sur un balcon où la visibilité est parfaite.

En entrant dans la salle, les musiciens d’American Music Club sont encore occupés de régler leur soundcheck. Quelques minutes plus tard, Mark Eitzel descend du podium et laisse le soin à ses trois autres comparses de régler leurs balances. En le croisant, il me reconnaît et nous nous saluons. Je lui demande des nouvelles de sa tournée, et il me répond être assez fatigué ; d’autant plus que la route qui l’a conduit jusque Diksmuide était assez longue et pénible. Plus de sept cent bornes perturbées par un temps exécrable lors du trajet opéré entre Geislingen, en Allemagne, et son point de chute. De quoi effectivement être épuisés.

Lisa Papineau a accompagné AMC, pour plusieurs dates de la tournée. Comme supporting act. Pour la circonstance, elle s’appuie sur deux musiciens français : Thomas Huiban et Matthieu LeSenechal. Des multi-instrumentistes, même si le premier se consacre davantage à la guitare et le second aux drums, quand ils ne s’appliquent pas aux claviers. Lisa Papineau ? Je confesse très mal connaître cette artiste. Et même pas du tout. Jusqu’à ce soir. En outre, en consultant sa bio, je me suis senti quelque peu embarrassé. Et pour cause, elle a posé sa voix sur des albums de Dan The Automator, Beck, Money Mark (le claviériste des Beastie Boys), les Rentals, Tim Commerford (le bassiste de Rage Against The Machine), Adrian Terrazas -González (flutiste/saxophoniste/clarinettiste/percussionniste chez Mars Volta), Air, M83 ou encore Scenario Rock. Elle a en outre, sévi chez Big Sir et Pet. Et vient d’enregistrer son deuxième opus solo, un disque pour lequel elle a reçu le concours de Matthieu Boogaerts et… de Mark Eitzel. Enfin, elle est également impliquée dans l’univers du cinéma, puisqu’elle a coproduit le film « Teason Island », un long métrage récompensé par un ‘Award’.

Première constatation, lorsque le trio monte sur les planches : ce ne sont pas des seconds couteaux. Et pour cause… Les deux ‘frenchies’ sont d’excellents instrumentistes et assurent les backing vocaux sans le moindre complexe. Lisa se charge circonstanciellement de claviers. Ou plus exactement, elle les poignarde ( ?!?!?) en enfonçant profondément et frénétiquement ses doigt dans les touches de ses synthés. Physiquement, elle affiche encore moins de formes que Jane Birkin (NDR : pourtant, certaines photos diffusées sur le net, lui conféraient des charmes bien féminins…) Filiforme ou anorexique, elle me fait penser à un fil de fer qui se cambre, convulse et vibre dès que les émotions gagnent en intensité. Des émotions qui émanent de son timbre de voix absolument remarquable. Un timbre bluesy, torturé, ample et bouleversant. On comprend mieux ainsi toutes les sollicitations antérieures, dont elle a fait l’objet. Quant à la musique, elle évolue au sein d’un cocktail de trip hop, de jazz, d’électro et de lounge. Des influences? A tout hasard : Massive Attack, Stereolab, 10 000 Maniacs voire Everything But The Girl. Et vers la fin du set, Mark Eitzel vient partager un duo en compagnie de Lisa, une chanson au cours de laquelle leurs timbres se conjuguent à merveille. 30 minutes pour convaincre : pari réussi !

Finalement, il n’y avait qu’une centaine de personnes pour assister au concert d’American Music Club. Dont le line up a donc changé. En fait, la section rythmique. Elle est aujourd’hui constituée de Steve Didelot aux drums et de Sean Hoffman à la basse. C’est ce dernier qui campe au beau milieu de la scène. Coiffé d’une casquette de pêcheur baltique, Vudi se poste à gauche. Et Mark à droite. Costard marron, chapeau bien vissé sur la tête, barbe de loup de mer, il est paré pour affronter un gros grain déboulant du large…

Le quatuor ouvre les hostilités par « All my love », un extrait du dernier elpee, « The golden age ». Plusieurs compos (« Windows of the world », « All the lost souls welcome you to San Francisco » et « I know that’s not really you ») alimenteront leur repertoire. Une setlist au sein de laquelle on remarquera également la présence de ‘classiques’ comme “Home”, “Wish the world away”, “The revolving door”, le très rock’n roll “Hello Amsterdam”, “Western sky”, “Blue and grey shirt” et en final un fantastique et terriblement électrique “Johnny Mathis’ feet”, issu du meilleur album d’AMC paru à ce jour, « Mercury ». Et si Mark troque de temps à autre sa six cordes contre une sèche, les versions sont beaucoup plus percutantes et même chargées de feedback. Faut dire que les rafales tempétueuses, tourbillonnantes, distordues, croustillantes, dispensées par Vudi y sont sans doute pour quelque chose. A cet instant, on a l’impression de lutter contre des bourrasques orageuses aussi vivifiantes que sauvages. Le timbre vocal d’Eitzel oscille entre le falsetto et le baryton âpre, trempé dans le whiskey. Mais quand il chante, le monde semble s’arrêter. Entre les morceaux, Mark plaisante avec le public. Il allie gestuelle et mimiques théâtrales. Derrière ses drums, Steve privilégie la caisse claire alors que Sean apporte une légère touche jazzyfiante aux compos. Parfois aussi, on a l’impression d’être bercé au sein d’un cocon de mélancolie douce et enchanteresse. Et pourtant, les lyrics de Mark sont rarement optimistes. Souvent grinçants, ténébreux, caustiques. Mais surtout signés de sa plume : une des plus belles qui soit encore de ce monde, aux States.

En rappel Mark et Vudi viennent interpréter « Jesus’hands » en acoustique. Une version confessionnelle, introvertie, dramatique. Et de revenir une seconde fois, toujours sous la même formule, avant de prendre congé de l’audience. Il est 23h30. Le temps a passé trop vite. Dehors, la pluie a cessé de tomber et le vent s’est calmé.

Organisation 4AD

 

Lisa Papineau

Hey Lisa!

Écrit par

Club destiné aux concerts de musique actuelle, le 4AD est situé à Diksmuide, au cœur d'un quartier tranquille de la ville. Des bunkers ont été transformés en locaux de répétition et la salle de concert bénéficie d’une insonorisation hors norme ainsi que d’un matos ultra-performant. Si bien que lorsqu’on se trouve dans le café attenant à la salle ou à l’extérieur de l’immeuble, on n’entend pas le moindre bruit. Le complexe est superbe, design et convivial et la salle peut accueillir trois cent personnes dont cent sur un balcon où la visibilité est parfaite.

En entrant dans la salle, les musiciens d’American Music Club sont encore occupés de régler leur soundcheck. Quelques minutes plus tard, Mark Eitzel descend du podium et laisse le soin à ses trois autres comparses de régler leurs balances. En le croisant, il me reconnaît et nous nous saluons. Je lui demande des nouvelles de sa tournée, et il me répond être assez fatigué ; d’autant plus que la route qui l’a conduit jusque Diksmuide était assez longue et pénible. Plus de sept cent bornes perturbées par un temps exécrable lors du trajet opéré entre Geislingen, en Allemagne, et son point de chute. De quoi effectivement être épuisés.

Lisa Papineau a accompagné AMC, pour plusieurs dates de la tournée. Comme supporting act. Pour la circonstance, elle s’appuie sur deux musiciens français : Thomas Huiban et Matthieu LeSenechal. Des multi-instrumentistes, même si le premier se consacre davantage à la guitare et le second aux drums, quand ils ne s’appliquent pas aux claviers. Lisa Papineau ? Je confesse très mal connaître cette artiste. Et même pas du tout. Jusqu’à ce soir. En outre, en consultant sa bio, je me suis senti quelque peu embarrassé. Et pour cause, elle a posé sa voix sur des albums de Dan The Automator, Beck, Money Mark (le claviériste des Beastie Boys), les Rentals, Tim Commerford (le bassiste de Rage Against The Machine), Adrian Terrazas -González (flutiste/saxophoniste/clarinettiste/percussionniste chez Mars Volta), Air, M83 ou encore Scenario Rock. Elle a en outre, sévi chez Big Sir et Pet. Et vient d’enregistrer son deuxième opus solo, un disque pour lequel elle a reçu le concours de Matthieu Boogaerts et… de Mark Eitzel. Enfin, elle est également impliquée dans l’univers du cinéma, puisqu’elle a coproduit le film « Teason Island », un long métrage récompensé par un ‘Award’.

Première constatation, lorsque le trio monte sur les planches : ce ne sont pas des seconds couteaux. Et pour cause… Les deux ‘frenchies’ sont d’excellents instrumentistes et assurent les backing vocaux sans le moindre complexe. Lisa se charge circonstanciellement de claviers. Ou plus exactement, elle les poignarde ( ?!?!?) en enfonçant profondément et frénétiquement ses doigt dans les touches de ses synthés. Physiquement, elle affiche encore moins de formes que Jane Birkin (NDR : pourtant, certaines photos diffusées sur le net, lui conféraient des charmes bien féminins…) Filiforme ou anorexique, elle me fait penser à un fil de fer qui se cambre, convulse et vibre dès que les émotions gagnent en intensité. Des émotions qui émanent de son timbre de voix absolument remarquable. Un timbre bluesy, torturé, ample et bouleversant. On comprend mieux ainsi toutes les sollicitations antérieures, dont elle a fait l’objet. Quant à la musique, elle évolue au sein d’un cocktail de trip hop, de jazz, d’électro et de lounge. Des influences? A tout hasard : Massive Attack, Stereolab, 10 000 Maniacs voire Everything But The Girl. Et vers la fin du set, Mark Eitzel vient partager un duo en compagnie de Lisa, une chanson au cours de laquelle leurs timbres se conjuguent à merveille. 30 minutes pour convaincre : pari réussi !

Finalement, il n’y avait qu’une centaine de personnes pour assister au concert d’American Music Club. Dont le line up a donc changé. En fait, la section rythmique. Elle est aujourd’hui constituée de Steve Didelot aux drums et de Sean Hoffman à la basse. C’est ce dernier qui campe au beau milieu de la scène. Coiffé d’une casquette de pêcheur baltique, Vudi se poste à gauche. Et Mark à droite. Costard marron, chapeau bien vissé sur la tête, barbe de loup de mer, il est paré pour affronter un gros grain déboulant du large…

Le quatuor ouvre les hostilités par « All my love », un extrait du dernier elpee, « The golden age ». Plusieurs compos (« Windows of the world », « All the lost souls welcome you to San Francisco » et « I know that’s not really you ») alimenteront leur repertoire. Une setlist au sein de laquelle on remarquera également la présence de ‘classiques’ comme “Home”, “Wish the world away”, “The revolving door”, le très rock’n roll “Hello Amsterdam”, “Western sky”, “Blue and grey shirt” et en final un fantastique et terriblement électrique “Johnny Mathis’ feet”, issu du meilleur album d’AMC paru à ce jour, « Mercury ». Et si Mark troque de temps à autre sa six cordes contre une sèche, les versions sont beaucoup plus percutantes et même chargées de feedback. Faut dire que les rafales tempétueuses, tourbillonnantes, distordues, croustillantes, dispensées par Vudi y sont sans doute pour quelque chose. A cet instant, on a l’impression de lutter contre des bourrasques orageuses aussi vivifiantes que sauvages. Le timbre vocal d’Eitzel oscille entre le falsetto et le baryton âpre, trempé dans le whiskey. Mais quand il chante, le monde semble s’arrêter. Entre les morceaux, Mark plaisante avec le public. Il allie gestuelle et mimiques théâtrales. Derrière ses drums, Steve privilégie la caisse claire alors que Sean apporte une légère touche jazzyfiante aux compos. Parfois aussi, on a l’impression d’être bercé au sein d’un cocon de mélancolie douce et enchanteresse. Et pourtant, les lyrics de Mark sont rarement optimistes. Souvent grinçants, ténébreux, caustiques. Mais surtout signés de sa plume : une des plus belles qui soit encore de ce monde, aux States.

En rappel Mark et Vudi viennent interpréter « Jesus’hands » en acoustique. Une version confessionnelle, introvertie, dramatique. Et de revenir une seconde fois, toujours sous la même formule, avant de prendre congé de l’audience. Il est 23h30. Le temps a passé trop vite. Dehors, la pluie a cessé de tomber et le vent s’est calmé.

 
Organisation 4AD

 

Meshell Ndegeocello

The world has made me the man of my dreams

Écrit par

Personnage à part (et plutôt ombrageux) dans l’histoire de la musique contemporaine, cette bassiste virtuose a pris l’habitude d’être là où on ne l’attendait pas. A l’époque où elle était hébergée sur le label de Madonna, Meshell Ndegeocello a tâté du hip hop et des sons r’n’b. Elle y a bien sûr imprimé sa touche iconoclaste et intellectuelle qui lui a valu d’être virée sans ménagement du label de la Material Girl. Elle emprunte depuis un chemin musical torturé et peu facile d’accès, qui a au moins le mérite d’être sans concessions. Cet album ne fait pas exception à la règle. « The world has made me the man of my dreams » a été conçu comme un hommage au jazz cosmique de Sun Ra. Même si l’esprit mystico-religieux est identique, musicalement on est loin des morceaux du légendaire jazzman. C’est un album qui pioche beaucoup dans le jazz électrique et métallique, les percussions latines, la new wave (« The sloganeer ») et les bruitages électroniques ; mais aussi dans un dub-punk qui n’est pas sans rappeler les travaux des Bad Brains. Meshell Ndegeocello chante et déclame des textes d’amour saphique, parle religion et s’amuse à saboter les morceaux, entraînant l’auditeur au sein d’un univers inexploré. Quelques pauses plus mélodiques (« Lovely Lovely », « Shirk ») aideront les téméraires à pénétrer dans cette jungle musicale complètement barrée.

Omar Perry

Man Free

Écrit par

Fils de l’illustre Lee ‘Scratch’ Perry, Omar Perry a logiquement attrapé le virus musical en grandissant aux côtés d’un des génies du reggae. Ce premier album couronne un parcours déjà riche qui l’a emmené de la Jamaïque en Gambie où il était programmateur musical sur la radio nationale. Il vit désormais en Belgique et les habitués du Vaartkapoen à Molenbeek ont sûrement déjà eu l’occasion de le voir sur scène, que ce soit au micro ou aux platines. Concocté par le saxophoniste/producteur Guillaume ‘Stepper’ Briard, « Man Free » est un disque qui touche un peu à tout. Roots, ragga mais aussi du ska (« Ska-Ta-Fright », qui rappelle le grand Scratch) et une incursion malheureuse dans le calypso (le raté « Cocoanut Woman »). Les compos les plus réussies sont roots. Et aussi énergiques. A l’instar de « Redder Than Red », « Ghetto Life », « Out Of De Cold », où le flow d’Omar Perry le rapproche des travaux de singjays comme Sizzla, Jah Mason ou Natural Black. Plus calmes, « Great Trumpet » et le romantique « Lady » font également belle figure. Notre réserve épinglera les titres purement ragga, moins naturels et un peu forcés. Hormis ces observations, ce premier album mérite un grand respect.

Pete Philly & Perquisite

Mystery Repeats

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Yo les filles, Pete Philly (MC) et Perquisite (Prod) sont dans la place, tout baigne ! Ce duo de beaux gosses stylés, ne sont pas à proprement parler de sinistres inconnus. C’est assez discrètement qu’était sorti leur premier opus « Mindstate », acclamé en son temps dans leur pays natal, la Hollande. Ils nous reviennent donc flanqués d’un deuxième elpee ; et surtout motivés par un appétit féroce. Ils veulent balancer leur son au-delà de leur frontière, et je dois avouer qu’en ce sens, ils ont de la bonne came à refourguer. « Mystery Repeats » n’est pas seulement un énième album de Hip Hop, c’est un condensé d’influences fort sympathiques. Soul, Jazz, Samba, Funk : tout ce que le corps réclame quand monte la chaleur, afin de se trémousser le fessier tout en respectant le style ‘bombasse’. Les deux artistes avouent un parcours classique. C’est d’ailleurs à l’académie qu’ils ont appris le violoncelle. Ce qui change la donne de départ. Ils connaissent le travail à fournir et l’application nécessaire lorsqu’on doit sortir des tripes pour produire un son cohérent. Influencés à l’origine par A Tribe Called Quest, De La Soul et Wu Tang Clan, Pete Philly & Perquisite lorgnent davantage aujourd’hui vers un univers à la Mattafix (« Time Files », « Believer ») ou Jamiroquaï de la belle époque (« Awake », « Last Love Song »,…) voire même Gravediggaz (« Fish To Fry », « Hectic »). Certains encore, y voient la patte de Guru ou Jazzamataz. Les beats bien ciselés, arrondis par des cordes ou le velours de saxo brûlant, nous incitent instinctivement à battre la mesure, si pas de la tête, tout du moins du pied. Excellemment bien mixés, les 16 plages affichent une qualité et un son digne du pays de l’Oncle Sam où Perquisite a travaillé pour y acquérir encore plus de qualité et de discipline. Un album intéressant donc, débordant d’influences savoureuses, que je recommande lors de coups de blues inopinés. Yo maaaan…

 

Alex Rossi

Let me in

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Ce n’est pas la première fois que je vous en parle, mais le blues brésilien est actuellement en plein essor. Il est riche et recèle une multitude d’artistes talentueux. Des harmonicistes, tout particulièrement. Dont Flavio Guimaraes et Robson Fernandes. Alex Rossi appartient également à cette catégorie. Aussi, lorsque les bluesmen américains tournent en Amérique du Sud, il est régulièrement invité à les rejoindre. Et notamment Honeyboy Edwards, Billy Branch, John Primer et Phil Guy. Sans oublier feu Jeff Healey. Mais là, c’est du passé… Alex aime se rendre au Texas, afin de prendre son pied dans les clubs de Dallas. Il a ainsi côtoyé, sur les planches, Lee McBee, Mike Morgan, Hash Brown, Smokin' Joe Kubek et même des légendes locales comme Sam Myers, Robert Ealey et Curly ‘Barefoot’ Miller. C’est à Dallas qu’il a également rencontré Richard Chalk, le patron de Topcat. Ce dernier lui a donné l'opportunité d'enregistrer un album. Un opus au cours duquel il s’est focalisé sur les reprises plutôt que de prendre le risque de présenter ses propres compositions. Un choix qui a cependant l'avantage de nous démontrer l'étendue de son registre. Pour réaliser cet elpee, il a reçu le concours de quelques collaborateurs. Et pas seulement du coin. Rossi adore se produire en compagnie d’autres souffleurs comme son compatriote Flavio Guimaraes, Billy Branch ou encore les regrettés Sam Myers et Carey Bell! Chez lui, il dirige son blues band : Alex Rossi and the Crazy Dogs. Il est cependant aussi capable de se frotter à d'autres styles. Qu’il aborde au sein d’un autre combo : le Trem27 Bluegrass Band. L’opus a bénéficié de deux sessions d’enregistrement différentes. L’une s’est déroulée à Porto Allegre, au Brésil et l’autre à Dallas. Quelques compatriotes ont donc participé à la confection de cette œuvre ; mais aussi des artistes notoires… Une chose est sûre, tous les invités semblent ici heureux d’avoir pu rendre service à ce musicien ambitieux.

En ouverture, Alex attaque "Tell me how you like it" en puissance. Il adopte un schéma musical proche de Howlin' Wolf. Les cariocas manifestent une excellente cohésion. Christiano Ferreira est le premier à s'envoler sur sa guitare. Luciano Leaes se montre très versatile sur son piano. Imprimé sur ce rythme très populaire, le "The sun is shining" de Jimmy Reed est interprété plutôt nerveusement par le chanteur/guitariste Omar Esteban Itcovici. Luciano maîtrise à la perfection ses 88 touches d'ivoire alors que le boss, Richard Chalk, semble totalement ravi de mettre sa gratte au service de l’équipe. Le célèbre thème instrumental "Caravan" rend un hommage à Duke Ellington. Rossi y démontre tout son talent, prouvant en même temps qu’il est parvenu à intégrer des styles bien différents. Le Chicago southside des années 50 occupe une large part dans cette œuvre. Les mêmes musiciens défient royalement le "Rock me" de Muddy Waters. Les partenaires ont choisi une version unplugged. Phil Guy chante d’un timbre profond, très sombre, singeant au passage la façon de vocaliser de Waters tout en empruntant la tonalité de John Lee Hooker. Il se charge également de la guitare acoustique, tout comme un autre Brésilien : Fernando Norhana (NDR : il a déjà tourné chez nous). Rossi s’y révèle un véritable virtuose. Guy chante autoritairement le "That's alright" de Jimmy Rogers. Luciano impressionne dans le rôle d'Otis Spann. Rossi souffle comme Sonny Boy II. Les plus belles réussites de cet opus impliquent régulièrement des artistes sud-américains. Itcovici est convainquant au chant et à la six cordes tout au long du "Crosseyed cat" de Muddy Waters et du classique "I just want to make love to you" de Willie Dixon. Le rythme participatif de Jimmy Reed refait surface sur "Good lover", un compo signée par sa compagne Mary Lee. Mais si Omar Dykes et Jimmie Vaughan, lors de la confection de l’album hommage à Reed, avaient invité Lou Ann Barton pour chanter ce titre, Rossi a fait appel à une autre chanteuse texane : Kathy Prather. Et elle se débrouille plutôt bien. Un fragment au cours duquel Hash Brown déménage à la gratte pendant qu’Alex souffle dans les aigus comme le vieux Reed. Instrumental allègre et rythmé, "Hawaian eye" déborde de swing. Alex est passé à l'instrument chromatique. Il souffle à la manière de George Smith. Le gratteur texan Holland K Smith et Leaes, préposé à l'orgue Hammond, entretiennent l’excellent niveau de cette plage. Phil Guy chante "Show me your Bombacha". Une plage issue d’une plume qu’il partage, pour la circonstance, avec Alex. C’est également le morceau final de cet elpee de bonne facture. Un boogie léger, hypnotique, balayé par un harmo atmosphérique et hydraté par l’orgue de Luciano.

Sons of Alpha Centauri

Sons of Alpha Centauri

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Non, ce ne sont pas les héritiers naturels de Tangerine Dream, mais une formation londonienne responsable d’un premier long format qui excelle dans le desert-rock. Ou si vous préférez, le stoner (NDR : pour les puristes notamment !) Et pour être tout à fait précis, Sons of Alpha Centauri pratique un stoner instrumental, une discipline initiée par le groupe, désormais culte, Karma to Burn ! Mais là s’arrête la comparaison entre le trio américain et S.O.A.C. Beaucoup plus floydien dans l’esprit, proche de Isis, le combo anglais marche sur les traces d’un Monkey 3, qui serait parvenu à insuffler des volutes de psychédélisme anglo-saxon à son rock aride. Douze plages pour plus d’une heure de musique parfois aérienne, souvent puissante. Une basse vrombissante, des guitares acérées, des sonorités space-rock, le tout au service d’un savoir-faire musical que chaque secoueur de tête appréciera à sa juste valeur.

Précisons encore que Sons of Alpha Centauri est déjà l’auteur de trente-quatre morceaux ; tous numérotés à la façon de Karma to Burn, mais ce n’est qu’un hasard…Nous avons donc droit aux chiffres « 2 », « 14 », « 15 », « 26 », « 23 », « 25 », « 28 », « 21 », « 9 », « 31 », « 8 » et « 34 », en guise de tracklisting ! Le package très élaboré de ce skeud hors du commun vous permettra d’apprécier le caractère original de cette présentation dépourvue de véritables titres. Amis du stoner, régalez-vous !

The Teenagers

Reality Check

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Eternels adolescents, Quentin, Dorian et Michael avaient un rêve. Comme beaucoup d’autres, ils s’imaginaient en haut de l’affiche, assailli par une horde de fans en délire. Trois alternatives s’offraient à eux : y arriver (ou pas), coûte que coûte, à la sueur de leur front, tenter l’aventure ‘nouvelle star’ ou passer par la nouvelle porte d’entrée des artistes ‘hype’, l’inévitable MySpace. Le trio aura choisi la dernière option. Leurs premiers émois pop font mouche sur la toile et, en quelques mois seulement, leur rêve est réalisé. Un label signe les trois Parisiens et les Teenagers sont lâchés.

« Reality Check » est alors concocté en deux temps trois mouvements. S’en dégage des mélodies pop estivales et accrocheuses, entre Phoenix et The Killers. Mais également des textes insipides et immatures. On n’en attendait certes pas moins de grands enfants mais l’écriture est malheureusement impossible à ignorer lorsque tous les morceaux de cet ouvrage sont interprétés à l’aide d’un accent frenchy à couper au couteau. De plus, une large partie de « Reality Check » est davantage ‘racontée’ que chantée (cfr « Popular », Nada Surf). Ce qui n’arrange rien. Amusant le premier quart d’heure, ce premier disque aurait plutôt tendance à casser les bonbons sur la longueur. Si ces Teenagers ne mûrissent pas vite, leur ‘reality check’ ne sera manifestement qu’anecdotique.

Various Artists

Monika Bärchen: Songs for Bruno, Knut & Tom

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Afin de célébrer ses dix années d’existence et après avoir édité 60 rondelles, le label berlinois Monika Enterprise a décidé de sortir sa première compilation. A première vue, rien de bien extraordinaire pour fêter un anniversaire. Sauf que pour la circonstance, Gudrun Gut, pion majeur de l’entreprise, a exigé des divers artistes hébergés, de concocter un titre original, afin de ne pas tomber dans le piège de la compile-bateau.

 
 

Surfant sur une vague électro prédisposée au minimalisme et à l’acoustique, « Monika Bärchen: Songs for Bruno, Knut & Tom » nous invite à découvrir ses artistes, pour la plupart féminins. Pourtant, il revient à Robert Lippok d’ouvrir l’opus en offrant un petit bijou électro très rythmique. Et puis à Max Punktezahl (The Notwist, Jersey, Contriva) de donner du « Dashes » à son cocktail expérimental opéré entre cordes de guitare acoustiques et beats électro hypnotiques. Une pure merveille ! Hormis ces deux artistes masculins, le reste de l’elpee est consacré aux dames. Et à l’accessibilité ainsi qu’à la mélancolie douce ! Bien entendu les dames qui font les beaux jours de Monika Entreprise. Masha Qrella reprend très sérieusement et rigoureusement le « Goodnight Lovers » de Depeche Mode. La voix câline d’Eglantine Gouzy ressemble à celle d’une Uffie en cure de désintox. Enfin, Gudrun Gut se lâche complètement sur un titre sculpté dans une sorte de polka électro. Et c’est tout à la gloire de Monika !

 
 

En une décennie, ce label s’est forgé une identité propre : discrétion, efficacité et classe semblent baliser leur ligne de conduite. Et les 15 fragments de ce recueil en sont la plus belle illustration.

7 Weeks

Black Days

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Originaire de la région de Limoges, 7 Weeks est l’auteur d’une démo quatre titres. Parue en 2006, elle était chargée de promesses. Tout au long de « Black Days », les ‘frenchies’ enfoncent le clou et nous balancent en pleine face huit pépites de stoner rock burné et diablement efficace. Il n’est pas aisé de se démarquer du style, tant la scène stoner pullule de combos allant de l’excellent au médiocre ; mais ce 7 Weeks parvient à sortir du lot.

Nourrie de riffs assassins, d’un groove fabuleux et de mélodies tubesques, la plaque ne peut qu’ensorceler les inconditionnels de Kyuss, Nebula, QOTSA, Foo Fighters et même Alice in Chains, une influence manifeste chez les quatre Limougeauds. Pour la formation, c’est surtout la volonté de créer un son rugueux, riche et massif qui la pousse à mixer la puissance du metal rock et les ambiances désertiques du stoner.

Dès la plage titulaire, 7 Weeks balance la purée avec une aisance des plus professionnelles. « Hooked » et sa section rythmique rouleau compresseur et le plus nuancé « The Pretender » confirment que le groupe ne plaisante pas et a bien l’intention de dynamiter la scène hexagonale dont la tendance à se bonifier, au cours de ces dernières années, est de plus en plus notable, en matière de metal.

BB and The Blues Shacks

Unique taste

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Cette formation nous vient de Hildesheim, en Allemagne. Fait remarquable, depuis sa constitution, elle est considérée comme une des plus solides évoluant en Europe. Les Blues Shacks, c’est avant tout les frères Alt. Michael au chant et à l’harmonica ainsi qu’Andreas à la guitare. Ils sont épaulés par Bernhard Egger à la batterie, Henning Hauerken à la basse et Dennis Koeckstadt au piano. Bernhard est le petit nouveau. Il remplace Andreas Bock, un Autrichien qui avait milité au sein du Mojo Blues Band, auprès de Hans Theesink et Christian Dozzler. En outre, il avait drivé son propre band, en compagnie duquel il a réalisé 5 albums. Les Shacks signent ici leur dixième opus. Il fait suite à “Live at Vier Linden”, un elpee commis en 2005. Et, croyez moi, le band a opéré un solide pas en avant ; car il constitue un véritable juke-box consacré à la musique des années 50 : le blues et le R&B. Le tout recouvert par une solide couche de soul. Rien n’est tiré en longueur. Dix-sept plages écrites de leur plume, dont le temps moyen dépasse à peine plus de trois minutes. Car leur espace sonore n’est plus uniquement limité, pour la circonstance, au west coast jump. Un style largement inspiré par T-Bone Walker. Franchement, l’ombre de BB King plane bien plus ici que celle du légendaire Texan.

Deux courants forts guident cet opus. Et tout d’abord le blues. Celui du King de Memphis. Charriant ainsi d’excellentes compos. A l’instar de "Little pins", un morceau lent, brûlant, chargé d’émotion, à la sonorité exceptionnelle. Andreas Alt s’y révèle divin. Et lorsque le tempo s’élève, la qualité est toujours au rendez-vous. "Like a woman that just bought shoes" (quel titre!) en est la plus belle démonstration. Dennis assure vigoureusement derrière son maître gratteur. "So glad I’m in your mind" est du même calibre. "When the night comes down" est sculpté par de courtes phrases qui s’épanchent comme si elles émanaient de Lucille. Oui, oui, celle de BB King ! Les Shacks flirtent aussi avec le boogie, injectant une énorme dose de swing à "Not the one for me" et de rock’n’roll tout au long de "Do my will". Par contre, je ne décèle guère de jump ni de swing sur l’imparable "Three handed woman" ; un morceau modulé par la basse acoustique de Henning et caressé par les balais aériens de Bernhard, au cours duquel le piano laisse les cordes de Mr Alt s’envoler. “The fool I am” émarge aussi au Shacks de conception classique.

Le reste de l’elpee est essentiellement consacré au B.B nouveau. Un climat franchement imbibé de soul et de R&B. L’omniprésence de Raphael Wressnig à l’orgue Hammond B3 y est sans doute pour quelque chose. Il y colore les compos de notes chaleureuses, à l’aide de son clavier. Tout un art mis en exergue sur le R&B "Keep my promises" et le titre maître, trempé dans le soul blues. Toute la générosité et la délicatesse de Wressnig envahit "I understand", alors qu’"Anything but you" épouse un format funky R&B. Concocté dans un esprit fort proche de Sam Cooke, le caractère tex mex et exotique de "Fool when you’re cool" surprend. Tout comme la qualité du chant de Michael Alt. Il s’est réservé pour les parties vocales et ne joue que très peu de son harmonica. "Step back a little" constitue assurément un des meilleurs moments de l’elpee. Bénéficiant d’une partie vocale absolument remarquable, cette ballade soul campe une superbe mélodie. Et "Tears about to fall" mérite également une mention spéciale. Le climat écrasant du sud est ici accentué par les interventions de Michael, qui souffle nonchalamment et paresseusement dans sa musique à bouche! Enfin, signalons encore la présence d’un instrumental digne du géant Texan Freddie King : "Cut it!". Un excellent album !