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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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Steve Guyger

Radio blues

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Steve Guyger nous vient de Philadelphie. Harmoniciste depuis la fin des années 60, il a découvert le blues à l’initiative de Paul Butterfield. A partir de cet instant, il s'empresse d'aller écouter les grands bluesmen de Chicago. Il y a maintenant plus de trente ans qu'il a monté son groupe : les Excellos. Il a eu le bonheur de jouer longtemps (de 1980 à 94) au sein du backing band de Jimmy Rogers. Son premier album est paru en 1997 : "Last train to Dover". Sur Blues Leaf. Il a ensuite embrayé par "Live at Dinosaur". En 98. Un disque pour lequel il avait reçu le concours de Steve Freund et Dave Maxwell. Puis par "Past life blues", l'année suivante. Un elpee paru chez Severn. Il avait également concocté "Knockin' on the devil's door". En 1996. En compagnie de son ami Paul Osher, un ancien musicien du Muddy Waters Band. Une expérience en duo qu’il renouvèlera en 2000, pour "Living legends". Son dernier elpee, il l’avait également concocté en tandem : "Down home old school country blues". Paru en 2006, il épinglait pour partenaire Richard Ray Farrell.

Pour concocter ce nouvel opus, il a reçu le concours du Texan Johnny Moeller (NDR ; un remarquable guitariste qui milite aujourd’hui chez les Fabulous Thunderbirds), du claviériste Bill Heid, du drummer Robb Stupka (un ex-Darrell Nulish Band) et de son ami et bassiste Steve Gomes. Rick Estrin, le chanteur/harmoniciste de Little Charlie and the Nightcats s’est chargé des notes consignées dans le booklet.

Johnny Moeller introduit "Lookie here" par un puissant riff sur ses cordes. Steve chante d'une voix assurée, assez proche de Charlie Musselwhite. Claire et précise, sa première intervention à l’harmo déchire l'espace sonore. Plus léger, "You're so fine" est imprimé sur un tempo assez rapide. Les musicos manifestent énormément de cohésion. Le solo de Guyger est très créatif. Très expérimenté, il sait et fait ce qu'il veut. Pour la circonstance, il chante à travers son micro astatique. Préposé aux cordes, Moeller est un plaisir permanent. Blues alangui destiné aux soirées enivrées, "Cool in the evening" s’étire en toute décontraction. Réputé pour sa technique à l'orgue Hammond, Bill Heid joue ici du piano à la manière des seigneurs de Chicago. Plage allègre, proche de la bonne humeur entretenue par le zydeco, "Little Rita" recrée les rythmes dansants des bayous de la Louisiane. Heid siège enfin derrière son orgue, pour fluidifier "I can see by your eyes", une jolie ballade bercée par le rythme nonchalant des swamps. Guyger maîtrise aussi parfaitement l'harmonica chromatique. A l’instar de "Blues won't let me be", un blues lent, superbement chanté, au cours duquel le souffle libère une tristesse infinie. Des rythmes syncopés et exotiques contaminent "School is over". Stupka les alimente de ses fûts. Les tonalités des cordes de Moeller semblent hantées par Otis Rush. Le même Stupka excelle sur "Oh Red", une plage au cours de laquelle Steve est manifestement inspiré par Sonny Boy Williamson II. Boogie blues, "Won't you come on out tonight" déménage. La section rythmique réalise un travail remarquable. Il est vrai que Gomes et Stupka ont longtemps joué ensemble derrière Darrell Nulish. Caractérisé par un rythme participatif, élaboré par Steve et Robb, "Hey little baby" lorgne manifestement vers Billy Boy Arnold. L’elpee recèle l’une ou l’autre reprise. On en retiendra une excellente version du "I'm shakin" de Rudy Toombs (NDR : célèbre pour avoir écrit "One scotch, one bourbon, one beer") et, sans surprise, "Let me hang around" de Muddy Waters, une immersion dans le Southside, au cours de laquelle Moeller se révèle à la fois explosif, insatiable et intenable. Et on n’oubliera pas les performances instrumentales opérées par Guyger sur les courtes plages instrumentales, telles qu’"Afghan rumble" ou en finale, la cover du "Honeydripper" de Joe Liggins. Un excellent album!

Taïfun

Helmets On!!! It’s Raining Scalpels

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Que les fans de Motorpsycho ne s’y trompent pas. Bien que leur nom soit emprunté à une chanson des Norvégiens, Taïfun distille une power pop lorgnant vers l’emocore des premiers jours au moment où l’on s’y attendait le moins. Le titre « Snow Turns To Sleet » ouvre le bal sur une touche de douceur assez bienvenue avant de laisser place à des « Cop Cars » ou « Silence The Facts » plutôt énergisants. Quelques bémols cependant. Bien que les mélodies soient en majorité ‘nickel’, l’ensemble manque cruellement de travail au niveau des vocalises. Même des « Torpedo » et « Collective Mind » aux riffs assez accrocheurs finissent par lasser. Car maltraités par des chants peu harmonieux et un mixage assez moyen. Des éléments que Taïfun peut manifestement rectifier, comme en témoigne « Snow Turns To Sleet » et son bel arrangement. Allez les mecs, encore un peu de travail et on repassera vous voir…

 

Tegan & Sara

The Con

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Deux voix atypiques, une plume incisive et une sexualité affirmée sont quelques uns des éléments qui caractérisent le mieux les jumelles canadiennes Tegan & Sara. « The Con », leur cinquième œuvre, distille en toute simplicité un pop-rock radiophonique, à l’image de son fructueux prédécesseur, « So Jealous ». Probablement dégoûtées par le peu d’intérêt manifesté à l’égard du ‘pop-rock’ conjugué au féminin, les filles apparaissent, telles deux super-héroïnes, déterminées à sauver un genre en perdition. Sans cérémonie, elles prennent, retournent et humilient tous les parasites des ondes FM.

A la fois fines et acerbes, les proses de Tegan & Sara marquent par une évidente recherche. Au point que l’on éprouve quelques réminiscences de nos premiers émois adolescents au rythme des entêtants « Back In Your Head », « Floorplan » ou des plus captivants « Relief Next To Me », « Are You Ten Years Ago » et « Like O, Like H ». Les sœurettes n’évitent cependant pas la guimauve et les riffs ordinaires. Les insignifiants « Hop A Plane », « I Was Married » et « Soil, Soil » auraient aisément pu être amputés du recueil, sans grand heurt.

Suivant une ligne de conduite entreprise sur « So Jealous », le disque de la révélation, « The Con » (« L’arnarque » en V.F.) lutte contre les stéréotypes du pop-rock FM. Ce qui aura permis à Tegan & Sara une nomination aux Juno Awards 2008 (NDR : les Victoires de la Musique version canadienne) dans la catégorie ‘Best Alternative Album’. L’œuvre des jumelles est certes respectable mais face à des poids (très) lourds tels que Patrick Watson, Arcade Fire ou les sensationnels Holy Fuck, on ne peut s’empêcher de penser qu’une victoire potentielle aurait donné tout son sens à son intitulé. (NDR : le prix a été remporté par Arcade Fire et leur « Neon Bible »)

 

Jason Collett

Here’s To Being Here

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Jason Collett, Amy Millan et Stars, Feist, Emily Haines et Metric, Apostle Of Hustle, Kevin Drew… La liste des projets parallèles engendrés par Broken Social Scene ne cesse de s’étendre, parfois pour le meilleur, parfois pour le pire. « Here’s To Being Here », le quatrième ouvrage de Jason Collett se situerait aux portes de la seconde option.

Après « Roll On Oblivion », une introduction à la Josh Rouse, voire David Gray, le Canadien s’embourbe dans une série d’imitations parfaitement exécutées. Sans le moindre souci d’originalité, Collett marque vigoureusement son amour pour la douceur des mélodies de Rouse (« Waiting For The World »), les vocalises de Bob Dylan (« Sorry Lou », « Nothing To Lose »…), et les intonations de son pote Hawksley Workman (« Henry’s Song »). A l’instar de ses travaux précédents, « Here’s To Being Here » est un irritant melting-pot d’influences qui finit par lasser au bout de quelques morceaux. N’a pas le talent de Dylan qui veut…

 

The Black Keys

Attack & Release

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The Black Keys, les génies du blues rock contemporain, passent à la vitesse supérieure. Jusqu’ici reclus dans leur petite cave, Dan Auerbach et Patrick Carney ont décidé de balancer leurs vieilles habitudes aux oubliettes pour désormais voir les choses en plus grand. A l’origine, l’immense Danger Mouse (responsable du fameux « The Grey Album » et, surtout, autre moitié de Gnarls Barkley) les avait contactés, pour collaborer à un projet imaginé par Ike Turner. Malheureusement, suite au décès de ce dernier, le duo a dû interrompre les sessions.

Auerbach et Carney sont néanmoins rapidement retombés sur leurs pattes et ont décidé de poursuivre leur collaboration en compagnie du producteur. En résulte un « Attack & Release » parfaitement jouissif. « All you ever Wanted » et « I Got Mine », les deux plages introductives, nous plongent dans l’univers classique des Black Keys avant d’embrayer sur « Strange Times » et « Psychotic Girl », affichant les premiers symptômes du renouvellement. Dès les premières notes de ces morceaux, on identifie la griffe Danger Mouse, omniprésente sur tout le reste de cette surprenante nouvelle œuvre. S’enchaînent alors chœurs, piano, orgue, banjo, handclaps et autres sonorités, jusqu’ici étrangères au travail du duo.

Sans rien altérer de l’ouvrage des deux grands musiciens, les arrangements du producteur donnent une dimension particulière à ce cinquième disque. Classique instantané, « Attack & Release » et sa collection de tubes constituent un nouveau départ dont on attend d’ores et déjà l’étape suivante avec impatience…

 

My Brightest Diamond rejoue les dents de la mer…

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C’est le 16 juin que paraîtra le nouvel album de My Brightest Diamond. Il s’intitulera "A Thousand Shark's Teeth". Il s’agira du deuxième elpee de la guitariste/pianiste/chanteuse Shara Worden Les sessions d’enregistrement se sont déroulées à Berlin, Los Angeles et New York a bénéficié du concours de Tricky.

Tracklisting :

01 Inside a Boy

02 Ice and the Storm

03 If I Were Queen

04 Apples

05 From the Top of the World

06 Black and Costaud

07 To Pluto's Moon

08 Bass Player

09 Goodbye Forever

10 Like a Sieve

11 The Diamond

Pour voir la vidéo de "From The Top of the World" :
http://pitchfork.tv/dont-look-down/my-brightest-diamond-part-1-of-2
http://pitchfork.tv/dont-look-down

Pour plus d’infos : http://www.mybrightestdiamond.com

 

Rêveries pacifiques scandinaves…

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Pacific !, c’est le patronyme d’une nouvelle formation suédoise, responsable d’une musique pop synthétique. Son premier opus paraîtra ce 5 mai. Intitulé « Rêveries », il est le fruit de la collaboration entre Daniel Högberg et Björn Synneby, un duo bien décidé à faire revivre les sonorités des eighties…

Tracklisting : 

01. disappear

02. sunset blvd

03. runway to elsewhere

04. hold me

05. break your social system

06. number one

07. hot lips

08. love isn't always on time

09. poolside bungalow

10. villanova sunset

11. sunrise

12. silent running

 

Voir voir la vidéo du single « Hot Lips » : http://www.youtube.com/watch?v=TYNY1R-ZW9g

 
Pour plus d’infos : http://www.musicpacific.com

 

 

La dernière nuit de Moby

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Le sixième opus studio de Moby est dans les bacs depuis le 31 mars dernier. Il a été enregistré à Manhattan, dans le studio d'enregistrement de l’artiste. Il s’intitule " Last night" et son tracklisting est partagé entre titres tantôt electro, tantôt dance.

Tracklisting

    
1. ooh yeah   

2. I love to move in here   

3. 257.zero   

4. everyday it's 1989   

5. live for tomorrow   

6. la même nuit   

7. kyenas   

8. I'm in love   

9. disco lies   

10. the stars   

11. degenerates   

12. sweet apocalypse   

13. mothers of the night   

14. last night   

 
Pour plus d’infos : http://www.moby.com

 

Les samedis, c’est pour les jeunes, selon M83

Écrit par

Coproduit par Ewan Pearson et Ken Thomas (The Rapture, Sigur Ros), “Saturdays = Youth” constitue le quatrième opus de M83 alias Anthony Gonzalez. Il est dans les bacs depuis ce 14 avril. Suivant les premiers échos recueillis, il nous replongerait en pleine période shoegaze réminiscente de The Jesus and Mary Chain, de My Bloody Valentine ou encore de Ride.

Tracklisting :

 
1. You Appearing 

2. Kim And Jessie 

3. Skin Of The Night 

4. Graveyard Girl 

5. Couleurs 

6. Up 

7. We Own The Sky 

8. Highway Of Endless Dreams 

9. Too Late 

10. Dark Moves Of Love 

11. Midnight Souls Still Remain 

 

 

Pour voir la vidéo de « Graveyard Girl video » (dir Mathew Frost) : http://www.youtube.com/watch?v=gY8iy8S0S4w

 
Pour plus d’infos : http://www.ilovem83.com

 

 

Tiga et Richie Hawtin au festival de Dour

Écrit par

Tiga, DJ, producteur et compositeur originaire de Montréal est une star de la scène électronique. Aux commandes du label Turbo Recordings, Tiga enchaîne ses morceaux aux quatre coins du monde dans les endroits les plus prestigieux. Déjà venu en 2002 au festival, Tiga sera là avec à ses côtés Zombie Nation, pointure de la scène électro allemande et Ivan Smagghe, le brillant et respecté Français à l'origine du groupe Black Strobe. Nous vous annonçerons prochainement le nom des deux autres artistes qui se produiront cette nuit sur la scène Turbo Recordings. Ce sera le jeudi 17 juillet !

Richie Hawtin revient en forme au Festival de Dour. Artiste prolixe, patron du label M_nus où il déniche de petites perles, il est aussi à l'aise en studio pour produire ses albums que derrière des platines. Fondé en 1998, M_nus compte aujourd'hui près de 30 artistes de talent. Le label viendra fêter ses 10 ans durant toute une nuit au Festival de Dour. Au programme : Richie Hawtin, Magda, Heartthrob (live) et Ambivalent, le petit nouveau mais déjà grand de M_nus. Ce sera le vendredi 18 juillet !

De nouvelles confirmations seront annoncées dans les prochains jours.

Tremplin régional local pour le Dour Festival 2008!

Cette année la volonté d'éclectisme de la programmation du Dour Festival se manifestera enfin dans cette nouvelle édition du Tremplin Live qui décide de s'ouvrir à tous les styles du moment qu'un bon live est à la clé... Comme chaque année, le Dour Festival donne la chance à de nouveaux talents de sa région de se produire devant un public de connaisseurs et de professionnels, et pour certains à la 20ème édition du Dour Festival (17 au 20 Juillet 2008). Le Tremplin Live c'est : environ 10 groupes sélectionnés et une fête de la musique sous le signe de la rencontre entre passionnés amateurs ou professionnels. Pour cette 20ème édition, montrez-nous que la région a encore de beaux jours devant elle comme mère-patrie des nouveaux porte-paroles de la scène des musiques actuelles!

Comment faire?

Inscris-toi avant le 30 avril par e-mail : http://Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ! Tu recevras alors le règlement avec la liste des pièces à nous fournir pour ta participation. La sélection aura lieu début mai. Cette année encore, seuls les groupes autoproduits du Hainaut belge et proposant un répertoire original pourront participer. L'inscription est gratuite.

(Suivant communiqué de presse)

Pour plus d’infos : http://www.dourfestival.be et http://tickets.dourfestival.be

 

 

La maladresse de Be Your Own Pet

Écrit par

Le nouvel opus de Be Your Own Pet est dans les bacs. Intitulé « Get awkward », il a été enregistré à Nashville sous la houlette de Steve McDonald. Jonas, Jemina, Nathan et John se produiront ce 10 avril au Recyclart à Bruxelles.

Pour voir la video de “The Kelly Affair” :

http://pop.youtube.com/watch?v=wkv-pAYLrwQ&feature=user

Et celle de “Food Fight” :

http://pop.youtube.com/watch?v=Hg0H03Lm6io

Tracklisting :

1. Super Soaked     

2. Black Hole   

3. Heart Throb     

4. Becky   

5. The Kelly Affair     

6. Twisted Nerve     

7. Blow Your Mind   

8. Bummer Time     

9. Bitches Leave      

10. You're A Waste     

11. Food Fight!     

12. Zombie Graveyard Party!     

13. What's Your Damage?     

14. Creepy Crawl     

15. The Best Within   

 
Pour plus d’infos : http://beyourownpet.net/site et http://www.myspace.com/beyourownpetmusic

The BellRays

Il émane bien quelque chose de punk des Bellrays…

Écrit par

Si les spectateurs accueillent quelquefois froidement les premières parties ou même les boudent, la grande foule se presse déjà dans la Rotonde pour accueillir The Experimental Tropic Blues Band (ETTB). Il faut dire que le trio belge constitue une des formations scéniques les plus incontournables de notre plat pays. Le look toujours aussi sobre, TETBB ne manque ni de classe, ni de punch. Issu du collectif Jaune-Orange, le trio carbure toujours au rock’n’roll 60’s, un r’n’r boosté à l’intensité ‘stoogienne’. Encore que parfois, leur musique me fait penser au John Spencer Blues Explosion. Une chose est sûre, leurs prestations scéniques s’inscrivent dans la lignée des tous grands. Nuance, le combo inocule dans son expression sonore, cette petite touche de second degré bien belge ; à l’instar de leur longue plaidoirie anti-tabagique d’un des deux chanteurs, proclamée lors de la présentation du titre déjà culte « Hellelujah » (extrait de l’album studio du même nom). Ce qui n’empêche pas le combo de consommer un panaché de saveurs totalement différentes (NDR : quoique la dose de bière versée dans le contenu, soit quand même généreuse). Dans un contexte référentiel plus contemporain, on pourrait imaginer ce cocktail plutôt réussi, naître d’un mélange de styles très noir/jaune/rouge. Passés au mixer, si vous préférez. Et plus concrètement, puisant ses influences chez Such A Noise, Arno ou Ghinzu. Encore que l’attitude des membres du combo se révèle plutôt hétéroclite. Le comportement assez ‘rentre dedans’ de Dirty Wolf est ainsi accentué par son timbre vocal rauque, alors que Boogie Snake semble cultiver une image davantage ‘Datsuns’. Enfin, apparemment plus posé, Devil D’Inferno, le drummer, parvient à allier sobriété et efficacité. Sans vraiment pouvoir expliquer comment ni pourquoi, si ce n’est peut-être en se référant au fameux compromis à la belge, le résultat est probant, et les applaudissements nourris de la foule accordés en fin de parcours, en sont la plus belle des démonstrations.

Originaire de Riverside (Californie), The Bellrays milite depuis 1992 et a connu des hauts et des bas. Adulés par les Inrocks (NDR : leur festival les a programmés en 2003), ils étaient presque retombés dans un quasi-anonymat. Leur présence, lors du dernier festival de Dour, n’avait guère marqué les esprits. Quoiqu’il en soit, quand la charismatique Lisa Kekaula déboule sur le podium, peu après 21 heures, la Rotonde est pleine à craquer. Bien que le concert ne soit pas ‘sold out’, on a l’impression d’être coincés comme à l’intérieur d’une (demi-)boîte à sardines.

Très vite le public est conquis. Il faut dire que Lisa sait comment s’y prendre pour l’haranguer. Elle descend très tôt dans la foule, la traverse, monte les marches des gradins, tout en n’hésitant pas à accoster l’un ou l’autre spectateur. Une vraie femme à poigne, comme on dit chez nous. Finalement la sauce prend. BobVennum nous balance ses riffs à la façon d’un J.Mascis, pendant que le bassiste se déchaîne sur son manche, tout en bondissant comme Flea. Et pendant ce temps, la voix chargée de swing ou tout en puissance de Kekaula épate la galerie.

Le set ne souffre d’aucun temps mort. La musique oscille allègrement du jazz au punk, nous invite à opérer une traversée à travers les Etats-Unis ou dans le temps, passant des 60’s aux 90’s sans la moindre difficulté, sans oublier de transiter par la prog des 70’s. C’est tout dire !

Un regret quand même. Après 1h30 de prestation, le public a réclamé, à juste titre, un rappel. Il ne sera jamais accordé. Et pourtant, l’ambiance était vraiment montée d’un cran lors des derniers morceaux du set, et cette fin trop brutale laissera un petit goût de trop peu. Mais qu’importe, car le timbre de voix de Lisa nous trotte définitivement en tête. Il est tellement proche d’une Tina Turner ou d’une Amy Winehouse, les frasques en moins ! Et c’est le moins que l’on puisse écrire, puisqu’à peine le concert terminé, la chanteuse rejoint le stand de vente de t-shirts, juste à la sortie de la salle, pour se charger personnellement du merchandising. Finalement, en grattant un peu, on se rend compte qu’il émane bien quelque chose de punk des Bellrays.

Si vous les avez manqués ou si vous souhaitez les revoir, bonne nouvelle : ils viennent de confirmer leur retour en Belgique le 12 juillet 2008, dans le cadre du festival ‘Les Ardentes’ de Liège.

Organisation Botanique

The Jon Butler Trio

Grand National

Écrit par

« Grand National », dans la lignée des précédents albums, respire toujours le soleil et la mer australs. La voix de Jon Butler est chaleureuse, les arrangements folks et allégés, le ton souriant. L’album ne s’effiloche pas dans la dentelle ni dans de superflues sinuosités. Il s’inscrit sans ciller dans les chemins défrichés par Ben Harper et Jack Jonson, surtout dans son très pop « Better than », single et titre d’ouverture de « Grand National ». Mais comment lui reprocher de n’avoir choisi cachet plus irréductible, lorsque la formule se révèle fraîche et radieuse ? Les mélodies évoluent avec aisance et nonchalance, acheminant l’enivrement tout au long du reggae chaloupé de « Good excuse », les riffs blues de « Daniella », les guitares slide de « Funky tonight » et le groove irrésistible de « Used to get high ». On ne peut que se laisser gagner par l’addiction d’un message battant la mesure avec autant de franchise. Dommage pour le rock suranné de « Devil Running » et « Fire in the sky », ainsi que les ballades dispensables « Caroline », « Losing you » et « Nowhere man ». Pour le reste, Grand National installe un décor funky que ne refusera aucun matin ensoleillé.

The Kill Devil Hills

The drought

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Fondé en 2003, The Kill Devil Hills compte à ce jour deux albums à son actif. Une formation australienne dont le line up est passé d’un trio à un sextet, tout comme leur musique a viré du country/folk à une formule fondamentalement plus rock. Un rock ténébreux, teinté de blues, parfois de gospel, mais qui ne renie jamais ses racines. Et pour cause, le combo a toujours recours à des instruments aussi spécifiques que la mandoline, le banjo, la sèche, la slide et surtout le violon. C’est d’ailleurs le violon qui charpente la plupart des mélodies, tantôt en les berçant d’accents introspectifs, tantôt en les dynamisant d’énergie frénétique. L’instrumentation basique apporte davantage d’intensité aux compos ; et en particulier la guitare électrique.

Manifestement TKDH est une formation australienne. Qui puise essentiellement son inspiration chez les artistes australiens. Des noms ? Hugo Race, Beast of Bourbon, Triffids, Nick Cave & The Bad Seeds ou encore Crime and the City Solution… Vous me direz que la plupart de ces gens ont plus ou moins trempé dans le même milieu. Et vous n’avez pas tout à fait tort. D’autant plus que la seule compo qui s’écarte de la ligne de conduite, “New country”, émarge au psychobilly. Celui des Cramps, bien sûr. Or, Kid Congo Powers, l’ex-drummer de la bande à Lux Interior/Poison Ivy, n’a jamais caché son admiration pour toute cette mouvance, et est souvent venu apporter son concours en ‘live’ voire en studio, pour l’un ou l’autre de ces musiciens. Vous ne serez enfin pas étonnés de savoir que le vocaliste principal, Lachlan Gurr, emprunte régulièrement les inflexions de Cave, et même le timbre. D’excellente facture, « The drought » trahit malheureusement encore trop de références évidentes à ses maîtres pour ne pas être soumis au feu de la critique. Dommage, car ce groupe possède suffisamment de talent pour tracer sa propre voie, sans pour autant renier ses racines. Ce sera sans doute son prochain challenge !

 

Left Lane Cruiser

Bring yo' ass to the table

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Ce duo nous vient de Fort Wayne, dans l'Indiana. Mais en écoutant attentivement leur album, on finit par détecter les références de leur musique. Car manifestement, elle balayée par le souffle des collines du Nord Mississippi. A cause des sonorités dispensées. Déjantées. Réminiscentes de leurs lointains parents de chez Fat Possum! Joe Evans, alias Freddy J IV, chante et joue de la slide. Brenn Beck siège derrière sa batterie rudimentaire et sa panoplie de percussions. Difficile quand même de définir leur style. Sans trop prendre de risque on pourrait le décrire comme du heavy/boogie/punk/blues. Enumération à écrire dans l'ordre ou le désordre. Au choix. Une solution sonore manifestement primaire, sale, sans guère de production. En prise directe. Et pour cause, les prises de son en studio se sont déroulées comme si la formation affrontait son public, au sein d’un vieux juke joint enfumé. Brenn, le drummer, n’hésite jamais à en rajouter, une couche. Et même plusieurs. Il est d’ailleurs surnommé ‘Sausage paw’. Un véritable déménageur !

Frénétique et parfaitement intégrée dans le Sud profond, la musique de LLC puise donc bien des sources dans le Delta du Mississippi. Dès les premiers accords de "Wash it", la slide s'enfonce dans nos oreilles. Bien en profondeur. Elle n’en sortira plus qu’en fin de parcours. Et si d'aventure, elle s’autorise une pause, Brenn prend immédiatement le relais, histoire de nous asséner de violents coups percussifs. Un véritable enfer ! Pas le temps de reprendre son souffle et on embraie sur la plage suivante : "Set me down". Brenn doit avoir des bras en acier. La slide s'éclate. Et la pause de brève durée sert de tremplin aux deux possédés, déterminés à aller aux bout de leurs forces. Boogie ravagé, "Pork n' beans" aurait pu relever du répertoire de ZZ Top. Mais un ZZ Top, passé en enfer. Tout brûle en ce lieu maudit ; mais cette slide est tellement dense, qu’elle vous envoûte, vous pénètre, vous met à nu. "Big Momma" adopte un schéma semblable. Un boogie rageur, proche de la démesure. Les douze chapitres de cette aventure défilent en un éclair et sans jamais susciter le moindre ennui. Une homogénéité dans l’intensité et l’agressivité. La musique ne souffre pourtant pas d’une quelconque uniformité. La fureur constitue le dénominateur commun. Et reconnaissons qu’une plage comme "KFD" nous la ramène dans des limites plus sensibles. Brenn souffle dans un harmonica aux tonalités fantomatique. Le doigt d'acier fait vibrer les cordes, durant de brefs instants. Freddy y révèle un potentiel inattendu, empreint de délicatesse tout en surfant sur les différentes modulations de l'espace sonore. "Justify" émarge presque au punk. Enfin, surtout le chant. Le rythme épousant plutôt un Bo Didley beat. "Busket" et "Amerika" affrontent du garage punk. Le combat terminé, le tandem nous abandonne blêmes et livides. Et impossible de reprendre sa respiration. La paire impressionne lorsqu’elle se met à table. Elle avait démontré cet art culinaire, en avalant le plat de "porc et haricots". Et le confirme tout au long de "Amy's in the kitchen", une plage au cours de laquelle les riffs de la slide nous dévorent. En finale, "Heavy" reflète parfaitement son titre. Un opus à conseiller vivement aux fans des Black Keys ou encore North Mississippi All Stars. Remuez-vous, la musique continue!

Mooney Suzuki

Have Mercy

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En service actif depuis 1996, soit bien avant la vague garage de ces dernières années, les New-yorkais Mooney Suzuki remettent le couvert pour un quatrième album, « Have Mercy ».

Empreint de blues et de soul music, leur rock garage s’avère ici plutôt bien léché, manifestant un sens aigu des sons et des orchestrations (instruments et chœurs disséminés, un piano par ci, une guitare slide par là…) Lisse ? Ou plutôt un signe de maturité ?

Force est d’avouer que les compositions présentées sur cet opus recèlent leur part de trouvailles et de bonnes surprises, à l’instar de l’emballant « 99% » ouvrant le bal : guitare bluesy, beat sixties et chœurs beatlenesques, bercé par quelques voix féminines fort à propos. D’intéressants contrastes apparaissent, comme la surprenante alchimie entre mandoline et guitare Fuzz boueuse sur « This Broke Heart Of Mine » ou encore la flûte façon Jethro Tull de « Adam and Eve ». Et comment passer à côté d’un « Good Ol’ Alcohol » débordant de bonne humeur entre piano de bar, chants de taverne et fanfare de village !

Coté guitares, si les acoustiques sont très présentes, aucune chanson ne sombre dans la mollasserie –« Ashes » en est la preuve éclatante– et le groupe sait quand faire parler la poudre, assénant un solo particulièrement tranchant et gorgé de wah-wah sur « Mercy Me ». « Down But Not Out » clôt fort bien l’album sur une touche bluesy particulièrement réussie.

Bien produite, bien écrite, bien composée, une musique énergique et jamais ennuyeuse qui ne demande qu’à se faire entendre sur scène !

The Mountain Goats

Heretic Pride

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Triste constat. The Mountain Goats, l’œuvre du fertile John Darnielle nous revient presque deux ans après « Get Lonely », délivrant un « Heretic Pride » qui peine à convaincre. Celui que l’on pensait inépuisable semble être arrivé au bout de ses ressources.

Pourtant coproduit par l’ingénieux John Vanderslice, ce nouveau recueil laisse transparaître un Darnielle soucieux de vivre avec son temps, négligeant l’introspection de « Get lonely » au profit d’un mid-tempo peu engageant. Les vocalises de l’interprète sont plus nasillardes que jamais. Dès ses premières notes, cet « Heretic Pride » s’essouffle. Dans ces conditions, impossible d’apprécier des morceaux tels que les irritants « Sax Rohmer #1 », « Lovecraft In Brooklyn » ou encore le titre éponyme.

Sauvé de justesse par des compos plus spontanées, comme « Tianchi Lake » et « In The Craters On the Moon », « Heretic Pride » semble néanmoins l’œuvre la plus dispensable de la discographie de Darnielle et ses Mountain Goats. Le responsable de pas moins de seize disques, albums et EP confondus, nous avait pourtant habitués à mieux. Dommage…

 

Freddy Red & The HotRails

If my first song don't hitcha (demo)

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Alias Rolf Lott, Freddy Red est de nationalité allemande. Leader du New Chump Change, ce chanteur/guitariste s’est établi dans le sud de l'Hexagone, voici déjà quelques années. Freddy Red & Hotails constitue son nouveau projet. Une nouvelle aventure musicale opérée sous la forme d’un trio. Eric ‘Dutch Stonewall’ Litaudon s’y réserve la basse, alors que les drums sont assurés circonstanciellement par Jeff Gauthier ou Stéphane Mekki. Lors de l’enregistrement de cette démo, immortalisée en octobre 2006 et mixée en septembre dernier, Jeff s’est chargé des percussions. Le booklet ne mentionne pas l’identité Rolf/Freddy. Pourtant c'est bien lui qui signe sept des douze plages.

La plage maîtresse ouvre l’opus. Le message de Freddy est clair : ‘Si ma première chanson ne vous plait pas, je me barre’. Pas de souci, c'est une bonne composition, très laidback, légère. Fred chante posément. Empreinte d’une sonorité feutrée, sa guitare ne demande qu'à s'évader. Une excellente mise en bouche ! La musique du trio est assez minimaliste. Pas de fioriture. Volontairement discrète, la section rythmique porte Red, le leader incontesté et incontestable du band. Il tisse de bien jolis sons de sa guitare… de couleur rouge. Son style créatif sert parfaitement une voix assurée et bien expressive. "Three times nothing" maintient l’attention. Mais on passe aux choses sérieuses, lors de la reprise du "I just got to know" de Jimmy McCracklin. L’univers sonore lorgne du côté du quartier westside de Chicago plutôt que vers la banlieue de L.A. Il est vrai que Rolf est un adepte inconditionnel de Magic Sam Maghett ; et cela s'entend. Il y injecte toute sa sensibilité. Il se libère. Pas de filet ! Parfois il est au bord de la rupture, mais jamais il ne perd le contrôle de son instrument. Les Hotrails ont trouvé leur style ; un blues dont l'épicentre de l'inspiration est bien implanté à Chicago. Dépouillé, sans artifice, nonchalant, ce style leur va à ravir et permet au leader d’ouvrir son âme. Son chant désespéré balise le classique "Further on up the road", une cover de Bobby Bland. Au cœur de cette ambiance intimiste, on entend presque le mouvement des doigts de Red qui caresse ses cordes. Ce feeling et cette perfection rappellent le Peter Green des années 60. Des aptitudes également perceptibles sur une autre composition maison : "I give you all I can give". On sent bien l’émotion qui hante Freddy. Aussi bien dans la confection de son solo que lors de ses silences. Des silences qui ont autant d'importance que les notes ; et, croyez-moi, il tient aisément la distance! Il adapte enfin Magic Sam. En l’occurrence "That's all I need". Une ballade soul blues illuminée par la voix chevrotante. Son timbre transpire le vécu. Red vit bien un blues très personnel. Instrumental nerveux, "I need some more" rend hommage au style de BB King. Cet elpee reflète le talent naturel de Freddy. Pas une seule faute de goût n’est à relever. Et tout au long de cette œuvre, il partage bien d’excellents moments en compagnie de l'auditeur. Rolf Lott vit dans le Sud de la France ; et comme tout bon bluesman qui se respecte, il aime regarder les jolies filles locales. Certaines le font même frissonner. Il l’avoue sur "Southern french woman blues", un excellent slow blues au cours duquel il laisse libre cours à ses fantasmes pendant plus de 8'. Musicalement, il respecte un schéma classique, plus proche du quartier sud de Chicago. L'ami Pascal Martin est venu souffler dans son harmonica. Tantôt voluptueusement, tantôt pudiquement. La démo s’achève par une nouvelle version du "Cut you loose" de Mel London, une compo reprise en son temps par Buddy Guy et Junior Wells, ainsi que Luther Allison. Du tout bon blues!    

 

Brisa Roché

Takes

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Brisa Roché a 32 ans, le même nombre de dents, et la tête bien sur ses épaules. Après avoir traversé les salons jazzy de Saint Germain des Prés et nous avoir proposé « The Chase » en 2005, elle nous revient flanquée d’un nouvel elpee : « Takes ». Une œuvre pour laquelle elle a décidé d’embrasser un style différent. Bien différent de celui qui lui avait permis d’être encensé, voici trois ans. La jeune femme assume complètement ce revirement, et semble même le trouver très drôle. En chemin elle quitte EMI pour Discograph. C’est le grand nettoyage de printemps avant l’heure.

Plus abordable, « Takes » s’adresse à un public plus large. Aussi, avant de prendre place dans les bacs, elle a bénéficié d’une couverture plus commerciale. Au cœur de cet univers un peu décalé, Brisa pose sa douce voix. Toujours avec justesse. Les 15 plages de cet album oscillent entre Björk et Feist. Des morceaux comme « Airplane », « Little Robot » ou encore « Flying Too High » nous invitent à prendre place dans sa soucoupe, pour un voyage de 58 minutes. Dans le genre, « Takes » n’est pas un album novateur, mais il a le mérite d’être techniquement très au point. Il recèle quelques plages plus intimes ou entraînantes ; et c’est en affichant un sourire complice que l’on s’enfile la galette. Sourire oui, mais pas extase. Brisa à beau se dévêtir sur la pochette, il manque à l’intérieur de ce périple, un cachet groove. Ce petit ‘plus’ qui aiderait vraiment à prendre son pied. Bof bof quoi, mais pas horrible non plus.

 

Vampire Weekend

Vampire Weekend

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La pop n’en a pas finie d’être sauvée. Vampire Weekend, ces quatre New-Yorkais inspirés, se portent manifestement volontaires pour reprendre le flambeau lâchement abandonné par leurs nombreux prédécesseurs. Inspiré par Talking Heads, le quatuor nous entraîne dans une formidable promenade intemporelle autour du monde.

Après une première étape, consentie dans les rues de Grande-Bretagne (« Oxford Comma »), la formation nous offre une splendide halte dans les plus beaux panoramas d’Afrique et des Caraïbes (les bondissants « A-Punk », « Cape Cod Kwassa Kwassa ») avant de nous lâcher un petit moment, à l’insu de notre plein gré, en plein cœur d’une affreuse garden-party à Versailles (l’inutile « M79 »). Conscient de leur petite erreur, les quatre rigolos se feront pardonner en nous ramenant vers les terres plus familières des States (les irrésistibles hymnes pop-rock « Campus », « I Stand Corrected », « One (Blake’s Got A New Face) »).

Délirant et inventif, le disque éponyme de Vampire Weekend est un appel au voyage et à la désinvolture. Cette même désinvolture avec laquelle le quatuor réussit le pari d’imposer à la pop des sonorités inattendues. Probablement l’une des plus grandes révélations de cette année, Vampire Weekend renouvelle un genre prodigué par The Shins, quelques années auparavant. Et de la même manière ! Incontournable.

 

65daysofstatic

The Distant and Mechanised Glow of Eastern European Dance Parties (EP)

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Difficile de décrire le parcours de 65daysofstatic tant il est prolifique en matière de structures et de recherches sonores inventives. Le combo de Sheffield est certes, à la base d’un post-rock incroyablement intensif, que ce soit sur ses trois albums ou lors de ses performances scéniques. Dès son premier elpee, « The Fall Of Math », le quatuor a toujours cherché à mêler ses compositions à de nombreuses phases électro. Dans un style comparable à Aphex Twin ou encore Autechre. Il était dès lors évident d’imaginer que le groupe suivrait cette voie d’une façon magistrale.

Pourtant, « The Destruction of Small Ideas », sorti en 2007, a montré une légère baisse de forme ; et c’est lors d’une tournée accomplie en compagnie de The Cure (NDR : ponctuée par un bon coup de pied au cul de Robert Smith), que 65dos s’est redressé pour nous balancer ce « Dance Parties », un Ep étonnant, bourré de gros beats technoïdes et tempétueux. Un aspect clubber que l’on ne connaissait pas chez ces Britons mais qui surprend très agréablement. A cause de l’énergie dispensée et des rythmes aussi puissants qu’entrainants, susceptibles de mettre le feu sur un dancefloor à l’odeur de souffre. A l’instar des deux versions de « Dance Parties », issus de leur dernier album et remixés pour un effet rave party aux allures d’hystérie. La suite épingle « Goodbye, 2007 » et « Antique Hyper Mall », deux titres bien dans l’esprit d’un 65dos rituel. Bref, une formalité ou tout simplement un moyen de rassurer les fans qui ont fatalement dû ressentir un pincement au cœur en écoutant cet Ep.

Qu’importe, on peut être rockeur dans l’âme tout en aimant remuer ses membres sur une techno destructrice. C’est certain, 65dos l’a bien compris ; et l’envie me ronge de découvrir sans tarder leur future probable album. 65dos : l’un des rares groupes capable de fusionner des styles aussi antagonistes. Ca se respecte quand même, non ?