Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

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Mercury Rev

The Essential Mercury Rev - Stillness Breathes (1991-2006)

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Si vous ne connaissez Mercury Rev qu’à travers ses deux derniers albums (« All is dream » en 2001 et « The secret migration » en 2005), vous ne connaissez pas Mercury Rev. Pas que ces disques soient de mauvaise facture. Au contraire. Mais ce sont les opus les plus accessibles et surtout les moins aventureux. Pour célébrer son 15e anniversaire, la formation américaine vient de graver sa première compilation. Un double cd. Le premier disque se contente de retracer en quatorze plages la carrière de cet ensemble excentrique, depuis 1991 à 2006, et devrait permettre aux novices de survoler l’évolution de leur musique. Tantôt expérimentale, psychédélique, noisy, free jazz voire champêtre, mais toujours fascinante. La présence de David Barker n’y étant pas étrangère. Mais aussi, à l’époque d’une flûtiste qui répondait au nom de Suzanne Thorpe (NDR : elle avait interprétée le rôle d’une jeune défunte lors d’un film tourné par Barker et Grasshopper, alors étudiants en cinéma). Si vous disposez de toute la discographie de la bande à Johnathan Donahue, le second disque se révèle beaucoup plus intéressant, épinglant 18 titres partagés entre Peel sessions, remixes, raretés et quelques reprises dont le groupe est friand : Beatles, John Lennon, Dylan, Neil Young, David Bowie, James Brown...

Moonman

Necassary Alibis

Après le succès de son premier album « Manipulator », un disque teinté d’électronica et autres expérimentations musicale (« Pièces pour Guitare Préparée »), Moonman vient de commettre son second opus : « Necessary Alibis ». Ici, le cow-boy lunaire se lance dans des enjambées post rock et folk, toutes plus ambiguës les une que les autres. Onze morceaux dont une quadrilogie. Cet opus ne manque manifestement pas d’ambition. Lunatique et toujours en quête d’expérimentation, il nous plonge dans un univers musical à la fois complexe, torturé, et intense.

Moonman surprend et dérange à la fois. D’une part, surprend l’auditeur par des insertions raffinées à l'intérieur même de morceaux rock. Sur "Mascara and Glitch", entre deux puissants riffs de guitare électrique, s'interposent des cuivres, ajoutant une dimension quasi majestueuse au morceau. D’autre part, déconcerte, par une interprétation toujours ‘sur le fil du rasoir’, soit à la limite de la précision (« Self made man », « Lipstick Rebel »), soit a contrario d’une fragilité saisissante (« Smoother », « Bunch of Liars»). Il se démarque également par son songwriting recherché, abordant avec une certaine affliction des éléments plus personnels sur "Self made man" ou réalisant des comparaisons aussi réussies que risquées entre la gente féminine et la politique sur l’obsédante « Female democracy ». Il est clair que Moonman est un artiste singulier et prolifique. Or, comme tout expérimentaliste, l’ouverture d’esprit a toujours un revers de médaille : ici, un certain manque de cohérence. Ce qui, à la longue, conduit l’auditeur au choix de la facilité, c’est-à-dire s’attarder d’avantage sur des titres aux sonorités plus ‘universelles’. En effet, « Neccassary alibis » s’achève, malgré quelques sursauts d’intérêt, par une quadrilogie décevante. Celle-ci résulte plus du patchwork de bruits, d’interférences aux consonances post-rock, agrémenté de quelques déclamations de vers du poète Patrick Porter, que d’un réel effort de construction mélodique. Dommage l’idée paraissait pourtant séduisante.

En définitive, nonobstant une fin de parcours décevante, Moonman est parvenu à faire honneur à son pseudonyme. Faut dire que lorsque sa musique est versatile, troublante et à multiples facettes elle est, avouons-le, tout à fait captivante.

Hurt

Vol. 1

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Diffusé en heavy rotation quelques mois plus tôt sur tous les campus de l’Oncle Sam, le premier album de Hurt débarque sur nos rives. « Vol. 1 » s’apparente à un intitulé prophétique, annonciateur d’effroyables suites discographiques. Les musiciens de Hurt ont loupé le décollage du météore néo metal. Et, s’ils n’ont pas explosé en plein ciel, ils peinent aujourd’hui à s’adapter aux changements climatiques. Au chant, J. Loren s’entiche à caricaturer le timbre de James Hetfield (période « Reload »). Après, c’est une drôle d’histoire : Hurt semble persuadé d’être le nouveau Tool. Mais là, les gars se fourrent le doigt dans l’œil. Bien profond le doigt ! A s’en chatouiller le nerf optique (tiens, voilà une bonne idée pour le prochain clip de Tool). Cet album est une caricature nauséabonde du metal US. Même le titre des chansons sent l’arnaque (« Rapture », « Overdose », « Forever », « Losing » ou, encore, « Dirty »). Après Spinal Tap, voici Hurt. Mais c’est nettement moins drôle.

Gypsophile

Assunta

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Fluctuant au gré des entrées et sorties de ses musiciens, Gypsophile évolue au sein d’un univers musical intimiste, étrange, ténébreux même. Les vocaux y sont sans doute pour quelque chose. Que le timbre soit féminin ou masculin (NDR : ce dernier rappelant très fort Jean-Louis Murat). Un chant qui plane, en général, au-dessus d’accords minimalistes de guitare sèche. Textes et sonorités se conjuguent pour évoquer la nature, les voyages, des morceaux de vie.

« Assunta » constitue déjà le sixième album de Gypsophile. A l´écoute des premiers morceaux, on est séduit par l´ambiance énigmatique. Mais progressivement cet intimisme devient comateux. En outre, les mélodies répétitives et l’insertion peu harmonieuse de certains bruitages finissent par rendre l’écoute entière de cet opus difficile. Heureusement, en fin de parcours, batterie et saxophone aux accents jazzyfiants parviennent à relever le niveau général de l´œuvre. Un disque au final trop expérimental pour mettre entre toutes les oreilles…

Greg Graffin

Cold As The Clay

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‘Même si je suis un chanteur de punk-rock, les racines de mon chant sont mon enfance dans le Wisconsin et les réunions de famille dans l´Indiana. Pour la plus grande partie de ma vie, la musique traditionnelle de l´Amérique rurale a constitué la bande originale de ma vie et de mes routines quotidiennes.’ Pareil discours émanant du frontman des Bad Religion peut surprendre ! C´est pourtant dans une ambiance folk/country que Greg Graffin taille ce second effort solo, neuf ans après « American Lesion ». Banjo, mandoline, violon… Un retour aux sources à mille lieues des champs de guitares saturées du punk, où il puise aussi bien dans les traditionnels américains des 18e et 19e siècles que dans ses compositions personnelles.

Contrairement à « American Lesion », enregistré presque seul, Greg Graffin a ici choisi de s´entourer. On retrouve autour de lui des membres du groupe indie rock canadien The Weakerthans ainsi que la vocaliste Jolie Holland. Côté production, on reste en famille avec Brett Gurewitz (plus connu comme « Mr Brett » au sein des Bad Religion) aux manettes.

Force est d´avouer que l´ensemble fonctionne. Réalisé le plus sincèrement du monde, il possède a priori tout pour plaire aux amateurs de musique américaine traditionnelle, pour peu que ceux-ci ne s´arrêtent pas à l´étiquette keupon du lascar. « Don´t Be Afraid To Run » possède un parfum oscillant entre Springsteen et Dylan, la très belle voix de Jolie Holland berce « Talk About Suffering », l´harmonica et le violon de « Willie Moore » participent à l´atmosphère un peu western de la plupart des titres… Seul « Omie To Wise » semble s’abandonner un peu trop dans le pathos. Le type même de la ballade triste à se pendre ! Mais la perfection n´a jamais été de ce monde.

Une très belle preuve d’éclectisme.

 

Amp Fiddler

Afro Strut

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Joseph Fiddler trouve qu’il est plus sympa de s’appeler Amp Fiddler. Il n’a pas tort. C’est effectivement bien plus chic. Un musicien black en provenance de Detroit titille forcément les mémoires : Motown, vénérable usine à tubes établie dans la capitale motorisée du Michigan. Soul toujours, mais funk d’abord, la musique d’Amp Fiddler s’inspire directement de ses idoles. Marvin Gaye, Smokey Robinson, Sly et George Clinton, en tête. Pas franchement innovant dans son genre, Fiddler préfère laisser parler son savoir-faire. Ancien membre actif de la galaxie Funkadelic, le musicien a plus d’un tour dans son sac. Aussi, des titres comme « If I Don’t » ou « Right Where You Are » séduisent sans mal. Relax et sensuel, le grand black au chapeau à pompon signe un disque agréable et accessible, à la portée des néophytes d’un genre trop souvent souillé par des bobos à la popularité chancelante. Amp Fiddler n’est peut-être pas à la pointe de l’originalité. Mais il prend le temps d’édifier sa crédibilité. Loin des feux de l’actualité.

The Early Years

The Early Years

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Une pochette noire comme la mort, un son d’enfer : voici The Early Years. Le trio londonien signe un superbe premier album éponyme. Nous sommes ici en compagnie d’une formation au son hybride, choc frontal entre Acid Mother’s Temple, Electrelane, Stones Roses et Elbow. Etrange, surprenant. Deux guitares, une batterie, pas de basse. La claque est immédiate. David Malkinson, Roger Mackin et Phil Raines jouent une musique exquise, inventive à souhait. Les premiers accords retentissent. Le pied frappe le sol. En cadence. Le corps ondule, se laisse aller aux acrobaties les plus folles. Le rythme s’accélère encore. Nos veines battent la chamade. Et là, tout s’arrête. Méchante descente. « This Ain’t Happiness » clôture l’album comme si rien ne s’était passé. Impossible pourtant d’accepter l’illusion. Cette rencontre était bien réelle. On s’en pince encore...

The Datsuns

Smoke n´ Mirrors

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Mine de rien, le quartet néo-zélandais nous livre déjà sa troisième production, une nouvelle petite merveille de hard rock n’roll old school où se mêlent harmonieusement une myriade de nouvelles influences. Sur son opus précédent, « Outta Sight/Outa Mind », The Datsuns était brillamment parvenu à canaliser son énergie débridée. La production de John Paul Jones (ex Led Zeppelin) n’était pas étrangère à cette approche plus mélodique, mais pas pop pour autant. Armé et confiant, le band confirme cette maturité naissante et ouvre toutes grandes les portes de son univers où des influences soul, blues et même funk viennent se greffer. Sur « Two little Fire » et « All Abroad » on s’étonnera dès la première écoute de la présence de chœurs accordés par des divas noires, avant de devenir complètement accro à ces deux pépites paradoxales mais diablement efficaces. Piano et orgue viennent enrichir la large palette sonore, flattant la voix posée de Dolph. On savoure chaque seconde. Beaucoup plus heavy « Who are you Stamping your Foot for » constituera un titre d’intro idéal pour les concerts de la tournée européenne à venir. « Maximum Heartbreak » fera taper du pied les fans d’AC/DC et « Emperor’s New Clothes » laissera pantois plus d’un amateur de solos de gratte endiablée ! Génial !

On s’étonnera néanmoins de l’absence d’un producteur ! Le groupe s’est occupé personnellement de la tâche qui incombait autrefois au bassiste de Led Zep. Comme si personne n’avait été capable de bien assimiler le nouveau concept des Datsuns bien déterminé à opérer un subtil mélange de nombreux styles tout en préservant l’esprit rock n’ roll. Bref, encore un must !

Downpilot

Like you believe it

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Allègrement passé inaperçu chez nous, le premier album de Downpilot a pourtant reçu un accueil plus que chaleureux Outre-Atlantique. Alors que le deuxième bambin du multi-instrumentiste Paul Hiraga nous tombe dans les mains, pas plus d’écho de la presse spécialisée, encéphalogramme définitivement plat. Le projet a pourtant de quoi plaire ou au pire, interpeller. En effet, Hiraga est soutenu à la production et à la batterie par Tucker Martine, principal artisan des disques de la délicate et essentielle Laura Veirs (qu’il accompagne même en tournée), possède un enviable timbre de voix et un sens imparable de la mélodie. Mais voilà, le problème de cette Americana, est sans doute qu’elle est trop « américaine » pour séduire en nos contrées. Là où, Laura Veirs cajole l’Humanité, Wilco tutoie les étoiles ; et lorsque Jesse Sykes parle aux âmes maudites, Downpilot semble se cantonner à son bercail. Reste quelques belles envolées, « Tiny California » que ne renierait pas Jeff Tweedy ou « Antwerp » (‘Antwerp is listening, its gray docks are glistening’), seule apparente exception à son tempérament casanier.

Various Artists

Norman Jay Mbe – Good Times vol.6

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La semaine dernière, sur le point de m’atteler à la tâche potentiellement ardue d’un montage en série de meubles IKEA, je tentais de me préparer psychologiquement. Bien que, tout petit, j’étais un adepte du Kinder « Surprise », j’éprouvais déjà à l’époque des difficultés chroniques à décoder ces fameux plans en trois étapes sensés me guider dans la construction de mon joujou. Aujourd’hui il me rappelle étrangement ceux du géant suédois. Devant l’adversité d’une telle situation, il me semblait essentiel d’installer un décor sonore pertinent et un tant soit peu motivant. C’est finalement sur une compile de Norman Jay Mbe que mon choix s’est porté : « Good Times », 6ème du nom. Après tout, ce titre semblait tout à fait approprié pour exorciser les moments peu réjouissants qui m’attendaient à coup sûr.

Au terme de la première écoute, je me suis rendu compte qu’en fait j’avais très peu écouté ce disque. Et en dépit de l’intense fièvre mobilière vécue alors, c’était plutôt mauvais signe. A la seconde, cette succession de titres aux accents soul, funky ou R’n’B m’a vaguement rappelé les compilations concoctées par Ben, mon ancien colocataire, destinées, disait-il, à affûter ma culture musicale. Après une troisième lecture, un constat plus sévère s’est imposé : les compiles de Ben étaient en fait de bien meilleure qualité que ce pot-pourri (au sens figuré) de chansons sans queue ni tête !!! Ensuite les questions se sont mises à fuser.

Mais à quoi pensait donc Norman Jay quand il a produit ce 6ème opus de la collection Good Times ? A-t-il consacré plus de 5 minutes à l’élaboration de sa sélection ? Sous l’influence de quelle substance euphorisante était-il lorsqu’il a décidé de placer « Jump Around » de House of Pain à la plage 4 ? A ce prix-là, n’aurait-il pas pu enchaîner sur « The Power » de Snap, voire sur « Can’t touch This » de MC Hammer ? Que dire en outre de cet Untouchables Mix d’un morceau de Boyz II Men (« Thank you ») qui, non content d’être affublé d’un nom ridicule, atteint des sommets de guimauve et serait à même de faire passer Prince pour un métalleux agressif … ? Enfin dans sa générosité débordante, le Dj britannique se propose de faire découvrir aux quelques ermites qui ne les connaîtraient pas - d’après nos sources, ils seraient au nombre de six - « Rock the Casbah » des Clash, « The Israelites » du regretté Desmond Dekker ou encore « Don’t Make me Wait too long » de Barry White. Le cœur n’y est pas, c’est certain, mais mes meubles sont néanmoins montés... En tous cas si Norman tient à nous faire passer de Bons Moments, il devra à l’avenir s’appliquer un minimum !!!

Kip Boardman

Hello I Must Be…

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Deuxième album solo et pourtant, Kip Boardman demeure un relatif inconnu, abstraction faite d´un certain succès en Scandinavie. Sa pop douce-amère est bien douce à l’oreille. La musique de l´ami Kip est un melting pot d´influences bigarrées, parsemées de touches countrysantes jamais lourdingues, et peut s’avérer surprenante, comme en témoigne la reprise du « Dirty Work » de Steely Dan ou l’étrange « Spin Me Around ». Ce dernier morceau a reçu le concours de Van Dyke Parks, arrangeur réputé pour son travail en compagnie de Brian Wilson – avec ou sans les Beach Boys – et Rufus Wainwright. L’un des nombreux guests de luxe de « Hello I Must Be… », qui réunit la crème des session-men de Los Angeles, comme le batteur Don Heffington ou le claviériste Danny McGough (respectivement complices de Bob Dylan et Tom Waits).

De la jolie musique, simplement.

Cali

Le bordel magnifique

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Après deux albums appris sur le bout des doigts par ton père, ta mère, tes frères et tes sœurs, ho ho, Cali fait le bonheur de ses admirateurs. Et de ses nombreuses admiratrices. Cali, c’est le gars sympa par excellence. Impossible de lui en vouloir. Certes, les plus hargneux pointeront jalousement du doigt son cortège de midinettes en rut. Mais un type qui mouille sa chemise de cette façon, sans peur de trop plaire ou de déplaire, ne peut être soupçonné de cupides intentions. Alors voilà, le succès aidant, le Catalan publie « Le bordel magnifique », concert enregistré au Zénith de Lille le 18 mai dernier. Tous les tubes de Cali s’enchaînent dans le joie et l’allégresse (« Je m’en vais », « Menteur », « Dolorosa », « Elle m’a dit », etc.). La prise de son est impeccable et l’homme se présente à la scène comme un poisson dans l’eau. On regrettera cependant les séquences karaokés balancées ici et là. « C’est quand le bonheur ? ». Ouais, et ‘c’est quand il veut pour chanter’... Le public présent ce soir-là aimait à chanter avant son idole. Tout l’art de la Cal(l)igraphie est ainsi résumé. Pour le reste, les fans adoreront la démarche de leur chouchou. Même ma mère en raffole. D’ailleurs, hier, elle m’a dit : lalala lalala lalalala lala.

Goose

Bring It On

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Les beaux jours des omnipotents Soulwax et de leur Nite Versions touchent à leur fin. L’heure de la relève a sonné. Le long fleuve tranquille de la scène electro-rock belge risque bien de connaître une des plus grandes perturbations de son histoire : l’ouragan Goose. Après avoir participé à l’Humo Rock Rally et sorti un ou deux EPs, Mick, Dave, Bert et Tom délivrent un condensé de tubes dévastateurs à faire pâlir de jalousie les Dewaele Brothers. Sur leur dernière plaque, The Rapture se plaignent : 'People don’t dance no more…'. C’est sans compter sur l’efficacité de ce quatuor. Ouvrant les festivités par les bidouillages numériques de « Black Gloves », « Bring it On » ne lâche pas la vapeur une seule seconde. De « British Mode » et son obsédante ligne de basse au rassérénant « Safari Beach », Goose enchaîne des beats infectieux qui feront sans aucun doute le bonheur de tout Dj’s qui se respecte. On pourrait cependant leur reprocher d’avoir entaché leur petite merveille en y apposant l’inutile « Audience » (leur tout premier single) en bonus mais, au vu de la qualité de l’ensemble, ce serait se lancer dans des jérémiades pour pas grand-chose. Bien à l’abri au sein du label anglais Skint Records qui avait bien besoin d’être secoué, Goose s’annonce comme la grande révélation belge de cette fin d’année.

 

The Veils

Nux Vomica

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Deux ans plus tôt, la sortie du premier album des Veils, « The runaway found » avait fait naître la polémique. Au sein même de l’équipe de Musiczine. Certains n’y voyaient que de l’emphase puant le lyrisme de bas étage. D’autres, une oeuvre chargée de promesses commise par une formation drivée par un véritable prodige : Finn Andrews. Le fils de Barry Andrews, ex-membre de XTC et de Shriekback. « Nux Vomica » devrait faire taire tous ses détracteurs. Bien sûr, il y a la voix écorchée d’Andrews qui pour certains peut paraître agaçante. Et pour d’autres tout simplement belle et insaisissable. Finn nous en parle par ailleurs lors d’une interview qu’il a accordée à Musiczine. Mais venons-en à cet opus. Un disque partagé entre chansons intimistes, allègres et morceaux plus blues, plus intenses, plus rageurs. A l’instar du titre maître. Une compo venimeuse, fiévreuse, convulsive, jalonnée d’éruptions frénétiques. Le lugubre « Jesus fot the jugular » ainsi que le torturé « Pan » évoluent dans un registre semblable. Et puis l’épique, le cinématique « Not yet », digne des Triffids. Probablement les quatre meilleures plages de la plaque. Les spectres de feus Tim et Jeff Buckley, mais aussi de Tom Waits y sont alors très présents. Le reste de l’opus n’en est pas pour autant moins intéressant. Epinglant chansons plus pop (le single « Advice for young mothers to be », le contagieux « Calliope ! ») et ballades abordées dans l’esprit tantôt de Nick Cave (le sensuel « Under the folding branches » et le confessionnel « House where we all live »), de Divine Comedy (« A birthday present » et ses arrangements surannés, très sixties). Sans oublier « One night on earth ». Subrepticement new wave (cold wave?), il trahit des réminiscences de Joy Division. Il serait cependant injuste de ne pas mentionner l’apport extrêmement précieux de Liam Gérard dont les accords de piano sonore (souvent) ou de claviers rognés (parfois) apportent davantage de profondeur aux chansons. Et puis bien sûr des backing vocaux de Sophia Burn. A contrario, ils leur confèrent une certaine délicatesse. Côté lyrics, les dix morceaux de cet elpee sont particulièrement inspirés, Finn peuplant d’abondantes références religieuses et mythiques, ses chansons flamboyantes consacrées à l’amour et à la mort…

 

 

Dark Globe

Nostalgia for the future

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Tournez casquette, voilà Dark Globe ! Imaginé par les deux larrons Peter Diggens & Matt Frost, ce projet a tout pour laisser interrogatif. Les deux artistes reconnaissent pour influences majeures AC/DC, My Bloody Valentine, Kraftwerk et Jeff Mills, entres autres. Ils sont pourtant catalogués dans la dark-house ou l’underground pop (?). Ces nostalgiques de Culture Club essayent d’étonner en proposant des associations d’artistes tels que : Boy Georges (« Atoms ») et sa pote Amanda Ghost (« Break My World ») ou Imogen Andrews & Tom Verlaine (« Everybody Fades ») sans aucune envie de moquerie has-been.

Ce petit monde s’est rencontré lors de soirées enfumées organisées dans les différentes boîtes à la mode d’Angleterre où ils y jouent chacun leur tour voire ensemble. Dark Globe est réellement nostalgique des 80’s et surtout des sonorités immortalisées à cette époque. Leur premier sample date de cette période au cours de laquelle l’androgyne Boy George avait décidé de visser ces chapeaux ridicules sur la tête. Pour l’éternité… Outre sa volonté manifeste d’entretenir des liens d’amitié, « Nostalgia For The Future » trahit une réelle envie de proposer du son de qualité, mais malheureusement à part dans un endroit clos, enfumé et suintant sous les ‘light shows’, je ne vois pas d’autre situation pour essayer de capter l’âme susceptible de s’en extraire. Les 12 plages défilent et rien n’y fait, elles n’accrochent pas. On est ballotté maladroitement de ‘beats’ dance en mélodies aériennes. Ni le rythme balancé, ni la douceur, ne parviennent à se forger une place. On s’ennuie vite de ces fluctuations d’harmonies. Un opus face, décevant et peu novateur.

Les Kouzines

1er quart de siècle

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Quatre filles et cinq garçons constituent le line up des Kouzines. Mais ne vous y trompez pas, même si la gent féminine est en infériorité numérique, ce sont elles qui mènent la danse! Il suffit d´ailleurs d´écouter les paroles de "1er quart de siècle", pour s´en apercevoir ; des lyrics parlant d’amour et puis des hommes… qui en prennent... pour leur grade. Côté musique, l´album s’ouvre par un titre a capella. Ce n’est pas une raison pour penser que les Kouzines sont les dignes héritières des Pow Wow. Car la suite de l´elpee nous démontre que ces artistes sont capables d’élargir leur palette sonore ! Les quatre voix féminines viennent se greffer aux rythmes latino, jazz, mais aussi ragga et hip-hop pour consentir un opus aux couleurs chaudes et pétillantes. Un premier elpee, au final, très réussi, né après cinq années d´expériences scéniques et de répétitions. L’accent féministe, en plus !



Yannick Bernard

Rebelle

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C’est quelqu’un, ce Yannick Bernard ! Après la dissolution de plusieurs de ses groupes (Antigel, No Man’s Land, Lisa Complot, Kolo), il se lance seul dans l’élaboration de « Rebelle ». ‘J’ai le rock’n’roll qui me ronge les doigts’ (« Rock story »). Oui… Reste un petit souci : Yannick Bernard, c’est un peu comme un Johnny sans le rock, un Lavilliers sans la carrure, un Brassens sans la plume (mais la moustache !) ou encore un Fonck sans l’humour. A l’auditeur d’en avoir une sacrée dose pour se farcir les quelque 45 minutes de « Rebelle ». « Toujours debout, toujours rebelle », le titre de son album est, en fin de compte, bien choisi.



aMute

The Seahorse Limbo

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Dès l’ouverture de l’album « The Sea Horse Limbo », la tranquillité du son propose une invitation au bien-être, les cordes de guitares vibrent sur un appel lointain, comme propulsées au devant d’un écho. Le désir de s’installer confortablement apparaît opportun, tout comme l’envie de se balader vers le voyage proposé. C’est dans un mélange savoureux de douceur acoustique et d’acier que l’on s’immerge, tel un espace électro-aérien. Le Belge Jérôme Deuson (aka aMute) exprime tout son art en ces lieux, soulevé de temps à autre par des voix féminines mélodieuses. Affranchi d’une série incroyable de prestations ‘live’, accordées un peu partout à travers le monde, il est le guide qui pousse de vieilles portes grinçantes vers des jardins verdoyants. Etape par étape, l’infiniment doux frôle le froid calculé, les instruments se perdent volontairement dans les bois d’arbres métalliques, chahut malicieusement tracé par un chemin long de 50 minutes. Le label Intr-Version Records (Avia Gardner, Vitaminsforyou, Désormais …) enrichit ici sa collection d’une pièce maîtresse : le second et excellent album de notre compatriote.

Chip Taylor

Unglorious Hallelujah

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Le nom ne vous évoque peut-être rien, mais Chip Taylor n’est pas un bleu : compositeur de quelques unes des plus belles pages musicales des années 60 – « Wild Thing » des Troggs ou « Try A Little Bit Harder » de Janis Joplin, pour n’en citer que deux - il évolue depuis quelques années dans le style americana en compagnie de la chanteuse violoniste Carrie Rodriguez. Cet « Unglorious Hallelujah » réunit sur deux disques les morceaux qu’ils estimaient ne pas convenir à leur répertoire en duo. Ce qu’il appelle sa ‘thérapie musicale’ ; un terme qui prend tout son sens à l’écoute d’un morceau comme « Christmas In Jail », triste expérience personnelle qu’il décrit comme le pire jour de sa vie. La voix profonde de Taylor rappelle parfois Johnny Cash et sa complice Carrie Rodriguez est régulièrement venue poser quelques jolis chœurs en écho.

Sur le premier CD, « Unglorious Hallelujah », Chip Taylor trousse une douzaine de jolies ballades country, exorcisant ses démons (« I Need Some Help With That », qui évoque ses problèmes de bouteille) ou se transformant en conteur (« Jacknife »). « Hallelujah Boys » tâte de la critique politique tandis que « Michael’s Song » s’avère véritablement poignant. La seconde galette, « Red, Red Rose & Other Songs of Love, Pain & Destruction », compte également douze morceaux mais possède un ton plus léger, et se révèle moins marquant.

Au final, peut être cet « Unglorious Hallelujah » aurait-il gagné à être plus concis ou mieux équilibré, mais c’est souvent ce qu’on raconte face à des albums aussi personnels.

Regina Spektor

Begin To Hope

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Conteuse hors pair au parcours atypique, Regina Spektor (ce nom !) a du prendre son mal en patience. Après avoir occupé de nombreux soirs la scène d’un piano-bar dans lequel elle revendait des démos pour arrondir ses fins de mois, la post-adolescente (19 ans à l’époque) autoproduira ses deux premiers essais, « 11:11 » et « Soviet Kitsch ». Elle signera ensuite auprès du label Sire Records, filiale de Warner Music, qui tentera de donner une seconde vie commerciale à un « Soviet Kitsch » à nouveau très injustement ignoré par la critique. Début 2006, Warner voit en elle une potentielle vache à lait et décide de lui consacrer une promo à la hauteur de son talent. Les perles de ses travaux antérieurs se retrouveront donc compilés sur « Mary Ann Meets The Gravediggers and Other Short Stories » qui se frayera un chemin vers les oreilles attentives des critiques et du public. Enfin.

Satisfaits du succès généré par ce recueil, la jeune Russe juive du Bronx (rien que ça !) et son label précipitent la sortie de sa nouvelle plaque, « Begin To Hope ». Une petite merveille. Si quelques similarités entre Fiona Apple et Regina Spektor subsistent, il est aujourd’hui plus difficile de les démasquer. Qualifiée par la presse américaine d’anti-folk, la musique de la Russe ne se résume pas à un simple contre-courant. Les compositions abruptes de « Begin to Hope » sont un microcosme à elles seules. Un petit univers théâtral cosy où l’auditeur devient témoin, malgré lui, des frasques verbales d’une narratrice à la fois exubérante et attachante. Du trippant « 20 Years Of Snow » à l’affirmation de ses racines russes sur un bouleversant « Après Moi », Regina et son piano captivent. Ce qui suffit à notre bonheur.

 

 

Soysoy

Liquid

Écrit par

Auteur d’une superbe démo en 2002 (NDR : « Six teaspoons of eiran cari ») et d’un mini album ‘live’ en 2004 (NDR : « Six pinches of stage flavour »), Soyoy nous propose son premier véritable album. Un disque sur lequel figure « Loonontahi », superbe morceau qui figurait sur le premier essai ainsi que trois titres du deuxième (NDR : quatre si on compte le bonus track « Paradiso »), mais sous des versions retravaillées en studio. La musique est toujours aussi solennelle, empreinte d’accents mystiques, inspirée par les musiques traditionnelles ; et en particulier celtique, bulgare, mongole, galicienne et orientale. Et puis on y retrouve ces influences si reconnaissables : depuis Collection d’Arnell-Andréa à Bel Canto, en passant par les Cranes et Cocteau Twins. Sans oublier cette conjugaison vocale opérée dans l’esprit de Lisa Gerrard et Brendan Perry, entre le timbre éthéré, flottant, fragile, miaulant de Cécile et le baryton de Franck, capable de passer en falsetto. Passé à un trio depuis l’arrivée du claviériste Sebastien Lhoest, Soysoy nous entraîne tout au long de ce « Liquid » au sein d’un univers mystérieux, féerique, mystique presque gothique. Si la majorité des compos sont interprétées dans la langue de Shakespeare, deux titres sont chantés dans celle de Voltaire (« Home », « Diva »). Et puis deux autres encore (« Sintare sadio » et « Silla ») dans un langage imaginaire accentuant cette impression d’étrange. Si l’effet de surprise provoqué par « Six teaspoons of eiran cari » ne joue plus sur cet opus, l’ensemble demeure de très bonne facture et bénéficie d’arrangements particulièrement soignés voire même somptueux (« Into the wild »). Un seul fragment se démarque de l’ensemble : « King of the world ». Davantage orienté electro pop, il rappelle curieusement Ozark Henry…