Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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La Divine Comédie de Lora Gabriel

Lora Gabriel a trouvé sa voie en oscillant constamment entre les polarités pour mieux les réconcilier. Cette quête débute dès son enfance, lorsqu'un professeur de flûte traversière, au conservatoire, lui propose de chanter les notes qu'elle joue. Son premier…

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Jack Adaptor

Road rail river

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J’avoue ne pas avoir été fort tendre lors de la critique du premier album de cette formation anglaise. Faut dire que bourré de bonnes compos, le disque était gâché par une production poussive. Ce « Road Rail River » semble avoir tiré des leçons du passé : du pop rock classique mais classieux, sous la haute influence de Sir Paul Mc Cartney. Qui dit Macca dit mélodie et c’est l’intérêt premier de cette galette, dont une bonne moitié est constituée de chansons susceptibles de traîner dans les limbes du cerveau, bien après les avoir écoutées (NDR : les aériens « Who can shout loudest » et « Everyone talked about us »). A contrario du précédent opus, les arrangements et autres incursions électroniques sont parfaitement intégrés à la musique et jamais hors propos. Nonobstant quelques baisses de régime et des emprunts un peu trop flagrants (le couplet de « The Inevitable » est pompé sur « Riders on the Storm » des Doors), ce disque devrait plaire aux amateurs de pop soucieux de panser les plaies d’un spleen persistant.

Isan

Plans drawn in pencil

Écrit par

Le deuxième elpee de ce duo anglais semble inviter l’auditeur à l’exploration des grands fonds marins. Les lignes profondes de basse, les synthétiseurs rêveurs et les rythmiques électroniques ‘bruissantes’ alimentent des mélodies dilatées qui ne dépareraient pas dans un documentaire dont les héros, ressemblant à des créatures biscornues, hanteraient les profondeurs de l’océan. A l’instar d’une peinture pointilliste, l’accumulation de minuscules tonalités finit par créer de petites cathédrales sonores. Cette musique ouatée, atmosphérique, s’entend plus qu’elle ne s’écoute, même si le soin porté à la mise en forme de ce disque devrait ravir les amateurs de textures complexes... Désolé, mais le commandant Cousteau vient d’arriver. Le temps d’enfiler une combinaison de plongée et nous sommes partis !

The Hidden Cameras

Awoo

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L’heure du troisième album des Hidden Cameras a sonné. Face à la débauche d’énergie dégagée par cette chorale lesbienne, enfermée depuis deux ans dans une chapelle désertée de tous ses Saints, un constat historique s’impose. Il sera sans doute accepté de tous. En 2003, le collectif canadien publie « The Smell of Our Own », son premier album. A l’écoute de cette pop multicolore, le cœur palpite, les corps s’élèvent. Ceux qui sont tombés sur ce disque ne s’en sont pas encore relevés. L’année suivante, une deuxième livraison (« Mississauga Goddam ») séduit les oreilles vierges du choc provoqué par le premier album. L’orchestration et les chansons des Hidden Cameras se découvrent telle une évidence. Et, dans les mémoires, la première rencontre avec l’univers du groupe demeure impérissable. Que ceux qui sont passés à côté des deux albums précédents se procurent « Awoo », nouvel album de ces gays lurons. Le coup de foudre est garanti.

Oui, chaque année, c’est comme ça : on attend un arrivage festif en provenance de Toronto, capitale de l’Ontario. Jamais déçu. Toujours convaincu. Et les treize nouvelles compos des Hidden Cameras ne dérogent pas à la règle : des cordes, des harmonies raffinées et une avalanche de mélodies entraînantes. Comment ne pas succomber ? Les hits s’accumulent : « Lollipop », « Heji » ou l’éponyme « Awoo ». Derrière le micro, la voix de Joel Gibb s’affole sur des orchestrations soignées, déjantées. Les Hidden Cameras évoquent une nuit de luxure entre Michael Stipe (R.E.M.) et Brian Wilson (The Beach Boys). Le premier pour le chant, le second pour les arrangements. Décidément, ces deux-là jouiraient d’une place de choix sous la couette de notre chorale arc-en-ciel. « Awoo » ! Approbation générale.

Hulk

The Codeïne Session Ep

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Pour faire patienter les fans du sauvage « Cowboys coffee n’burned Knives », le plus puissant trio belge actuel nous balance « The Codeïne Session », un maxi cinq titres concocté aux States en compagnie d’une pléiade d’invités (Chris Goss, Brant Björk…). Enrichie de deux clips exclusifs réalisés par Marco Laguna, la pièce est limitée à 1000 copies numérotées. Lors de l’album paru en 2004, le ‘géant vert’ puisait son inspiration dans les racines les plus profondes du rock, avec l’arrogance du punk et la puissance sonique du hard rock des seventies. Proche à la fois des Stooges, d’AC/DC, de Marvin Gaye et de Black Sabbath, la musique du combo était diantrement puissante et ralliait les amateurs de stoner comme les plus furieux des punks ! Osons espérer que ce maxi CD n’est qu’une parenthèse dans la carrière de Hulk, car si l’originalité et l’innovation sont bien au rendez-vous, la sauvagerie spontanée des premières années a totalement disparu. Moins métallique, plus orientée pop/alternatif - hormis le très bon « Keep Talking » - les nouvelles compos nous font craindre le pire ! Enregistré cet été, un nouvel album devrait voir le jour… cet hiver. S’il est du même calibre, Hulk perdra ses aficionados de la première heure pour séduire un public plus hétéroclite. Affaire à suivre…

Five Deez

Slow children playing

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« Slow Children Playing » réunit des travaux opérés entre 1993 et 1998 par le groupe de Cincinnati alors que la majeure partie des musiciens fréquentait encore l’école. Une excellente manière de découvrir la préhistoire de Five Deez, formation dont on se rappelle surtout la très sympathique prestation scénique accordé aux « Nachten », en 2004. Nonobstant leur jeune âge, le boulot exécuté par les gaillards à l’époque était d’un excellent niveau. Ils s’inspirent vraiment beaucoup (trop ?) du collectif Native Tongues : le flow des mc’s renvoie à De La Soul, les boucles jazzy rappellent A Tribe Called Quest. Sauf qu’ici tout est un peu plus brumeux, sombre et intellectuel. A l’instar de « Cerebral Attax », fragment qui ouvre l’elpee. Le hip hop évolue constamment et ce disque en est la plus belle illustration. Réservé aux fans.

Sue Foley

New used car

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Sue Foley n’a pas encore 40 balais et compte déjà vingt années d’expérience musicale à son actif. Cette chanteuse/guitariste/compositrice canadienne cumule les distinctions. Elle a remporté un ‘Juno award’ dans son pays en 2000 et de multiples ‘Maple Blues Awards’. Sue est également une femme d'affaires. Elle a acquis son indépendance artistique et financière en fondant sa compagnie : Guitar Woman Inc. Elle écrit pour l’instant un bouquin consacré aux guitaristes féminines ; un livre dont la sortie est prévue pour 2007. "New used car" constitue déjà son dixième elpee. Il fait suite à cinq elpees parus sur le label texan Antone's : "Young girl blues" en 91, "Without warning" en 93, "Big city blues" en 95, "Walk in the sun" en 96 et "Back to the blues" en 2000. Trois chez Shanachie : "Ten days in november" en 98, "Love comin' down" en 2000 et "Where the action is" en 2002. Elle avait enfin commis "Change" sur Ruf, en 2004 ; et, bien entendu, participé à la collection "Blues guitar women", en 2005.

Ce nouvel opus a été enregistré au Canada. En août 2005. Sue est soutenue par Graham Guest aux claviers, Mike Turenne à la basse, Tom Bona aux drums et Corey Macfadyen aux percussions. La plage éponyme ouvre le disque. Très rock et particulièrement électrique sa mise en forme est sophistiquée. La voix nasillarde de Sue peine à retenir ses cordes. Son jeu est ici assez complexe. Une plage chiadée parcourue de nombreux changements de rythme. "Make it real" débute sous la forme d’un blues rock éclos au cœur des bayous louisianais. Le timbre de Sue est naturellement sensuel. Tendre aussi. Mais il est susceptible d’exploser à tout instant. Un fragment également fort travaillé, alignant successivement des tableaux parfois très rock! Ballade très mélodique, le "When I come back to ya" de Terry Gillespie est hydratée par l’orgue Hammond. C’est aussi la seule reprise de l'album. Sue dispense un solo extrêmement raffiné et limpide sur les cordes de sa Télécaster. Long slow blues, "Absolution" est construit de manière classique. Graham double à l'orgue et au piano. Le chant puéril, divin, de Miss Foley fait face à la guitare qui ne cesse de tenter une sortie. Et lorsqu’elle y parvient c’est avec beaucoup de délicatesse et une sensibilité infinie. Un excellent Texas blues dont la démarche est tellement proche de Stevie Ray Vaughan ! Toute l’expérience acquise lors des années vécues à Austin transpire à travers ce merveilleux blues! Une atmosphère surannée envahit "Sugar", une ballade rock aux accents pop, sucrée à l’instar de son titre. Néanmoins, instrumentalement la compo tient solidement la route. Elle me fait d’ailleurs penser aux Faces de l’époque Rod Stewart. Ballade R&B très mélodique, "Do it again" est dominée par l'orgue Hammond. Elle macère dans une ambiance Memphis, mais sans les cuivres. "Little things" est issu du même moule. La guitare électrique épouse les sonorités réverbérées d’un Jorma Kaukonen, lorsque le Jefferson Airplane était au faîte de sa gloire. Autre morceau lent, "Mother" véhicule des accents dramatiques. La voix est suave. Les guitares se dédoublent. Sue injecte une fameuse dose d’intensité dans son jeu! Seule, elle s’accompagne à la guitare acoustique lors de la ballade "Long tomorrow". Rafraîchissant ! Le Bo Diddley beat balise le puissant et saignant "Found my love". La voix de fausset de Sue fait des ravages. Un Foley plus classique ! Imprégné de southern rock, "Deep freeze" ne manque ni de punch ni d'audace. Conjuguant cordes amplifiées et acoustiques, "Change your mind" achève l’opus sur un mode très blues parcouru de sonorités particulièrement bayou. Manifestement, le climat général de cet elpee est dominé par le rock ; mais il est constamment traversé par des accents bluesy. Certainement un des tous meilleurs albums de Miss Foley!

 

 

 

Espers

Espers II

L’immaculée perfection folk, entre traditionalisme païen et modernité marketing. Espers surfe sur la vague ‘new weird folk’, et ses complaintes boisées sonnent comme un retour aux sources : après le déluge, la fin du monde, le 11 septembre, chacun désire revenir aux plaisirs des choses simples. A l’instar de Pentangle, de l’Incredible String Band et de Fairport Convention, les six bardes d’Espers (Philadelphie) chipotent au violon, à la harpe, aux clochettes, à la flûte (de Pan ?), au synthé, à la guitare, aux percus, au doumbek, au dholak (etc.), en espérant raviver la flamme (la flemme ?) d’une musique ancestrale, parce que sans âges. Au milieu de cet amas fumant de prog-folk composté, les diamants sont éternels : ils garnissent la couronne d’un roi ou d’une reine, sans doute morts en plein tourment médiéval. De quoi parlent ces chansons à la psyché mélancolique ? De cyclopes, de dieux et de veuves éplorées, bref de légendes acculées qui s’avèrent le miroir de nos hantises profondes. Et quand les riffs de Weeks fendent l’atmosphère de ses crachins sanguins, mieux vaut prier le Saint-Sulpice pour le salut de notre âme. On a le temps de voir venir (sept minutes par titre, en moyenne), mais restons sur nos gardes : un coup de barbe peut rendre aveugle n’importe quel blaireau qui croit encore que Devendra Banhart a inventé l’eau chaude.

Various Artists

Les Eclectiques - Le Dvd

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Après avoir édité sa compilation « Les Eclectiques Vol.2 », Absynthetic continue à promouvoir ses poulains. Mais pour la circonstance, par le biais d’un support visuel. Le rapport qualité prix demeure tout aussi intéressant : sept groupes, quatorze titres, pour 6€. Ici la tendance est nettement metal/rock. L’électronique est totalement absente. Au programme, Oxees, Svald, Cloon, Demo, Wombat, Ex-Kafka et Lopsided. Deux titres par groupe !

Ce DVD recoupe très bien « Les éclectiques » sans faire double emploi et prend même tout son sens chez un groupe tel que Svald. Celui-ci définit sa musique comme un ‘rock théâtral’ et ses prestations scéniques sont effectivement de véritables spectacles à part entière ; l’image est partie intégrante de l´oeuvre. Cloon étale également sa furie metalleuse avec un grand sens de l’humour (NDR : comment pourrait-il en être autrement lorsqu’on intitule une compo « Star Alcoolémie » ?) Côté technique, le mixing sonore est irréprochable. La présentation est sobre. Pas de bonus, mais la musique parle d’elle-même !

Ce DVD constitue un excellent complément à la version audio.

Various Artists

Les Eclectiques Vol.2

Écrit par

Absynthetic propose, pour la deuxième fois, une compilation consacrée à des groupes français du Nord qui jouissent d’une popularité régionale ou nationale (on y retrouve notamment Jérôme Attal). Seize pistes pour un prix réduit (5€), c’est plutôt une bonne affaire pour les mélomanes curieux de découvrir ce que la France peut produire en dehors des daubes marquetées par TF1 et consorts. Et si ces « Eclectiques » ne sont peut-être pas destinés à toutes les oreilles, ils prouvent qu’il existe encore une créativité musicale dans l’Hexagone. Outre les premiers titres assez rock, la tendance générale est fortement metal (Svald et ses cris gutturaux, Wombat glissant d’un couplet jazz/funk à un refrain métallique) et électro (Cpoupa, Naos…). Costa Gravos clôt la compilation par les six minutes de folie d’« Eeny meeny miny moe », cocktail indéfinissable de genres destiné à former une sorte de mini-opéra délirant.

 

Various Artists

Metalfingers presents Special Herbs : The Box set vol.0-9

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Figure hip hop underground bien connue pour ses collaborations avec de la Soul et Prince Paul, MF Doom (alias Metalfinger pour l'occasion) a décidé de s'accorder quelques moments de détente... Et quoi de plus relaxant qu'une petite série de mixings légers et pépères? Partagé entre deux cd's d'environ une heure, "Special Herbs, the box set vol 0-9" propose ainsi un total de 72 plages hip hop instrumentales courtes et chaloupées, idéales pour servir de fond sonore à une petite soirée délétère entre amis... On ne criera pas au génie à l'écoute de ces petites ambiances quelquefois old-school ; mais l'ensemble tient la route et se révèle circonstanciellement fort convaincant. Pour votre info sachez qu'un cd bonus est inclus dans le joli package. Celui-ci recèle une série d'instrumentaux de KMD, l'ex-groupe de MF Doom au sein duquel militait son défunt frère, le regretté DJ Subroc...

Blue Rodeo

Are you ready

Écrit par

Formé à Toronto en 1984, Blue Rodeo bénéficie d’une énorme popularité au Canada, où tout amateur de musique connaît son nom. Le volume de leur discographie parle de lui-même : cet « Are you ready » constitue leur dixième rondelle, et les récompenses glanées ici et là (7 Juno Awards, les Music Awards canadiens) témoignent d’un engouement quasi unanime. Mais parlons musique. Et de cet album qui, sur sa couverture, montre un chemin gazonneux s’éloignant de la forêt pour rejoindre la montagne. Tout semble naturel, verdoyant, limpide et invite au voyage. Vers les sommets. Après une introduction anodine, le ton décolle grâce à quelques audaces soft-pop qui détendent doucement l’atmosphère, un peu comme le font très bien les Hollandais des Nits. Pourtant, Blue Rodeo n’assume ses origines que sur le quatrième morceau, lors d’une country sautillante qui déclenche (enfin) la mécanique de ce qui va, petit à petit, devenir un trip rafraîchissant au pays de la légèreté. Rien de transcendant, mais une harmonie entre la voix (chaude), les rythmes (colorés) et les influences (celtiques) d’où émerge une impression maîtresse: la qualité. Les sommets ne sont peut-être pas atteints, mais ce n’était probablement que le but secondaire de cette randonnée.

Broadcast

The Future Crayon

Trois albums (« The Noise Made By People », 2000, « Haha Sound », 2003, « Tender Buttons », 2005), une compile de leurs premiers morceaux (« Work and Non-Work », 1997), et voilà que Warp a la bonne idée de réunir sur un seul CD la plupart des autres titres que Broadcast a signés au fil de ces années. Qu’ils soient issus d’Ep’s (les fameux « Extended Play 1 & 2 », « Come On Let’s Go », « Pendulum » et « Echo’s Answer ») ou d’efforts collectifs (« We Are Reasonable People », la sortie n°100 de Warp, et « All Tomorrow’s Parties 01 », du nom du festival), ces 18 titres reflètent bien toute l’étendue sonique et mélodique du quintet de Birmingham, aujourd’hui un duo (le couple Trish Keenan-James Cargill). Du ‘space pop’ « Illumination » aux dilatations kraut de « Minus Two » et de « Violent Playground », cette compile retrace sans le vouloir la carrière d’un des groupes les plus attachants de ces dix dernières années. En convoquant les fantômes des United States of America, des frères Barron et de Hans-Joachim Roedelius, Broadcast imagine en musique nos rêves les plus surréalistes. On vient de découvrir que même dans le coma, l’homme pense et possède une conscience. Peut-être entend-t-il, comme B.O. de ses visions mentales, une musique proche de ce qui se trame ici… « Poem of Dead Song » ? C’est le titre d’un des plus beaux morceaux de cette compile. Même morte, elle résonne : ça doit être ça, l’état végétatif.

Atari Teenage Riot

1992-2000

Un best of d’Atari Teenage Riot ? Alec Empire et ses trois sbires (Hanin Elias, Nic Endo et (feu) Carl Crack, alias « The Black Sid Vicious ») ont toujours craché sur le capitalisme, et pourtant les voilà compilés comme de pauvres victimes de notre ère marketing. Elle est bien bonne ? A moitié, puisqu’une telle entreprise (ici un gros mot) semble en totale contradiction avec le message véhiculé par le groupe berlinois pendant ces huit années d’irascible existence. « Revolution Action » ? En mid-price au Media Markt, 18 titres, que de la balle. En à peine dix ans, ATR a quasiment inventé un style musical, entre breakcore et techno-trash, le ‘digital hardcore’. Un mix revêche de beats hardcore et de riffs diaboliques, sur lequel nos quatre amis teutons gueulent ‘Rage ! Fight ! Die ! Get Up ! Destroy !’, ce genre de slogans marteau-piqueur. Dommage que Carl Crack soit mort en 2001 de trop d’excès : on attendait l’album « nine eleven » d’ATR… Trois albums (« Delete Yourself », 1995, « The Future of War », 1997, « 60 Second Wipe Out », 1999), quelques Ep’s, assez de bruit pour inquiéter maman et vivre à fond toute crise de puberté. ‘Make some fucking noiiiise !!!’, dit le proverbe : sans Atari Teenage Riot, ça va sans doute être difficile. N’ayons pas de remords (« No Remorse », feat. Slayer, ici absent), la migraine va passer.

The Welch Boys

The Welch Boys

Écrit par

En déballant cette galette, une réflexion vous traverse immédiatement l’esprit : depuis l’automne 2001, de nombreux artistes crient bien haut leur opposition au gouvernement Bush. Depuis l’engagement sincère à l’opportunisme démago. Surprise, à l’ouverture du livret, une petite note du guitariste TJ Welch remercie ‘les forces armées U.S’ devant la photo d’un panneau affichant un inventaire des pertes américaines en Irak… Introduit par un extrait du film « Patton » (la fameuse citation ‘le but de la guerre n’est pas de mourir pour son pays mais de faire en sorte que le salaud d’en face meure pour le sien !’), le titre « Can’t Wait » est ainsi dédié à un fan en uniforme parti pour le Moyen-Orient ! Humour décalé ? On peut se le demander en écoutant un morceau comme « United » (We Won’t Surrender/We Were Born To Fight/They Make The Wrong/And We Create The Right) ? Ce genre de prise de position est plutôt rare chez un groupe de punk-hardcore ! On ne peut pas brûler les artistes pour leurs opinions (remember le boycott des malheureuses Dixie Chicks après leurs déclarations à l’encontre du Résident des USA), les Welch Boys ont au moins l’honnêteté d’assumer les leurs.

Quoiqu’il en soit, la musique de ce combo bostonien se défend très bien et ne manque pas d’arguments massues : du punk brut de décoffrage se situant dans la droite ligne de Black Flag, avec vocaux gutturaux, tempos speedés et petits solos rock & roll. Energique et efficace. Le groupe déménage et ça, c’est une considération purement objective !

Van Hunt

On The Jungle Floor

On découvrait Van Hunt il y a deux ans lors de la sortie d’un premier disque pétulant, mix élégiaque de soul, de funk, de pop et de r’n’b dans la lignée des grands crus de Prince et de D’Angelo. Produit par Bill Bottrell (Michael Jackson, Madonna, Sheryl Crow,…), le deuxième album de Van Hunt grossit le trait pour plaire au plus grand nombre. Tel un bonbon qui fond lentement dans la bouche, « On The Jungle Floor » réunit donc 16 titres qui font la part belle aux mélodies sucrées, à consommer fissa. « If I Take You Home » ouvre le bal, et déjà toutes les filles se pressent sur la piste de danse. Ne reste plus qu’à les cueillir, ouvertes, sur le groovy « Hot Stage Lights », en feignant de miauler comme un chat en chaleur (la voix, falsetto). Un « Girl, I wanna be your superman » dans l’oreille (« Daredevil, Baby »), et le tour est joué : elles se pâment, glissent sur les cordes, lovent leur bassin dans le creux de notre ventre offert. ‘Ride, Ride, Ride !!!’, crie-t-on en tirant une grosse langue comme Lenny Kravitz (le riff), avant de calmer nos ardeurs sur « Suspicion », « No Sense of Crime » (une cover des Stooges !) et le très « smooth » « Priest or Police ». « On The Jungle Floor » réveille en nous, mâles ou femelles, les démons de minuit : entre chien et loup, mieux vaut ne pas choisir et rugir de plaisir. C’est la jungle, baby, alors assure ton derrière : la nuit ne fait que commencer.

John Vanderslice

Five Years

Écrit par

Quelques mois après sa sortie, le « Five Years » de John Vanderslice débarque sur notre platine pour le plus grand plaisir de nos petites oreilles. Celui qu’on a récemment pu voir en première partie de la tournée européenne de Josh Rouse nous livre ici une collection efficace et intemporelle de ses meilleurs titres enregistrés entre 2000 et 2005. Une introduction idéale au charme à la fois austère et cathartique des mélodies de l’homme (« My Old Flame », « Time Travel Is Lonely »). Si certains morceaux évoquent Spoon ou encore The Flaming Lips (« Keep The Dream Alive », « Up Above The Sea »), le côté délirant en moins, ils sont surtout caractérisés par une plume particulièrement aigre-douce (« Bill Gates Must Die », « Exodus Damage »). « Five Years » constitue donc un excellent cours de rattrapage pour tous ceux qui auraient manqué les cinq premières leçons de vie de John Vanderslice.

Jackson & His Computer Band

Electron libre

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Comme tous les genres, la musique électronique évolue. Elle cherche sa voie, entre samples et beats frénétiques. Astucieuse ou vigoureuse, elle tend toujours à imposer son rythme. En France, au début des années 90, la mode électro convoitait les artistes assimilés à la « French touch », mouvement musical abstrait au sein duquel cohabitaient des artistes aux influences éloignées (Air, Daft Punk, Cassius, Stardust, Laurent Garnier, etc.). Quelques années plus tard, le passage au nouveau millénaire a amorcé un renouveau. Désormais la « French Touch » semble bien loin. La boule à facettes a tourné, l'électronique s'est décomplexée, modernisée. Enfant de cette nouvelle vague, Jackson Fourgeaud déconstruit les sons pour mieux les danser. Auteur d'un premier album (« Smash ») revigorant, l'esthète parisien s'est laissé accoster par Warp Records, le plus prestigieux des labels électroniques. Jackson & His Computer Band entraient ainsi dans la transe. Japon, Etats-Unis, Europe, le chemin des dance-floors s'ouvrait à lui, mais non sans mal : Jackson pose son computer et s'explique...  

Comment arrive-t-on à la musique électronique ? Est-ce un ras-le-bol des guitares ou un flux naturel ?

L'esthétique de la musique électronique m'a séduit. Quand ce style musical est apparu, nous n'avions aucun repère. Elle ne ressemblait à rien de connu. C'était une musique de fin du monde, en quelque sorte. Le fait d'être confronté à une musique où les balises n'étaient pas établies me plaisait. Déjà, elle ne me renvoyait pas à mes parents, à leurs goûts personnels. En ce sens, elle constituait une véritable mouvance générationnelle. Il s'agissait d'une véritable remise en question. Je suis né en 1979. Mais jusqu'au déclic 'électronique', je rejetais catégoriquement tous les sons issus d'une boîte à rythmes. Adolescent, je vibrais aux sons des seventies : les Rolling Stones, Pink Floyd, Jimmy Hendrix étaient mes modèles d'alors. A l'époque, le mot 'machine' était synonyme de 'mauvais'. Le jour où je me suis aperçu que l'essence de la musique n'était pas la virtuosité, j'ai changé mon fusil d'épaule. Ma conception des choses devait ainsi changer. J'ai donc rencontré des gens obnubilés par les musiques électroniques. En entendant leurs 'morceaux' pour la première fois, j'ai rigolé, commençant à les mépriser et leur soutenir qu'en moins d'une journée, je leur composerais un titre techno d'anthologie. A la maison, ma mère possédait un petit synthétiseur. Je me suis acharné dessus comme un forcené, fier d'apporter à mes nouveaux amis le fruit d'une journée de dur labeur. On l'a écouté ensemble. Après cette écoute, je suis devenu la risée de mes potes. Ça ne ressemblait à rien. Fâché, je suis rentré chez moi, bien décidé à m'y remettre... A partir de cet instant, j'ai commencé à travailler plus sérieusement, prenant soin de ne louper aucune 'rave party'.

Et comment débarque-t-on chez Warp Records ? Chose plutôt rare, d'ailleurs, pour un artiste français. Quel est le secret pour se faire une place au soleil de l'un des labels les plus influents dans la musique électronique ?

Le label est venu me chercher ! Vous voulez connaître l'histoire ? Au départ, un journaliste anglais a rédigé un article à mon sujet. Ensuite, il a mentionné mon nom auprès des représentants du label... Quelques jours plus tard, je devais recevoir un coup de téléphone et une proposition émanant de chez Warp. Je suis conscient d'être hébergé sur un label de grande qualité. Et force est d'admettre que de nombreux artistes signés chez eux ont eu une influence considérable sur ma musique.

Serais-tu tenté de colporter ta musique par le seul biais d'Internet ?

Je ne pense pas. L'objet physique me plaît : c'est une sorte de totem. Tout le processus de création est immatériel. Mais au final, c'est un objet qui fixe le résultat de ton travail. Ce principe est important. Ensuite, on peut mettre en avant toute une esthétique, une imagerie associée au format album. Par contre, il ne faut pas nier l'impact d'Internet. Le public peut, pour la première fois, établir un lien direct avec l'artiste. Il n'y a plus d'obstacle, plus de logistique entre les musiciens et les mélomanes. Là, c'est clairement une avancée...  De plus, cette évolution met en exergue le point fort de l'industrie du disque : les artistes. Jusqu'à maintenant, les artistes étaient planqués. Grâce aux nouvelles technologies, ils redeviennent les vrais protagonistes de l'industrie musicale. Aujourd'hui, tu peux même dialoguer avec les artistes grâce aux ordinateurs. Internet contribue ainsi à détruire certaines idées reçues. Vu le développement du réseau de l'information, rien n'est acquis : on n'est pas fatalement un musicien alternatif (underground) ou un artiste mainstream. Internet participe à brouiller les frontières. Sur le web, le génie se retrouve partout. Aussi bien dans une musique de stade que dans une musique complexe.

Ton premier album est sorti au milieu de l'année. Mais, auparavant, tu avais déjà lâché quelques singles. Pendant ce temps, le disque tardait à paraître. Comment expliques-tu ces longs délais d'attente ?

Je ne pense pas que je sois quelqu'un de 'désordonné' par nature. Cependant, quelque chose me poussait à évoluer à contre-courant, à défier les codes, les systèmes en place. En appréhendant les événements de cette façon, je me suis retrouvé livré à moi-même. Et un artiste lié à lui-même rencontre de nombreuses difficultés : des impératifs de temps, d'argent, d'organisation, etc. Du coup, mon disque a été livré dans le chaos le plus total. Je ne dormais plus depuis près d'une semaine, sans parvenir à achever cet album. Un de mes amis me payait un studio. Au bout d'un moment, il en a eu assez. Il m'a viré... Essentiellement pour une question de budget. Alors, je me suis promené, mon ordi sous le bras, à la recherche d'amplis : une véritable galère. C'est à moment-là que la maison de disques m'est à nouveau tombée dessus. Elle me pressait vraiment. J'ai encore essayé de les mener en bateau. Mais, après plus de deux ans de bobards, ce n'est plus passé. La maison de disques m'a donc annoncé la date définitive du mastering de l'album...

Et maintenant que l'album est disponible chez les disquaires, es-tu satisfait du résultat ? 

Je suis fier de la réaction des gens par rapport à ce disque. Je sais aussi que je ne pouvais pas en faire davantage. Ou peut-être que si. Mais alors, j'allais finir par me jeter dans la Seine. J'étais en train de devenir fou... Pour mon deuxième album, je ne veux plus me mettre dans ces états. C'est vraiment nul. Avec du recul, je considère cet affreux périple comme une fuite des responsabilités. Je refuse d'être ce mec là toute ma vie ! Dans ma carrière, ce premier album constituera sans doute une étape importante. Pour revenir au disque, j'espère qu'il existe plusieurs niveaux de lecture, que les gens écoutant l'album vivent la musique de façon différente. En espérant, aussi, que certaines personnes apprécient ce disque sans savoir pourquoi.

Quelles sont les étapes nécessaires dans ton processus créatif ?

C'est toujours une question d'équilibre et de contraintes. Peu à peu, j'ai cherché à enlever les contraintes. Il convient alors de trouver le juste équilibre entre ce qu'on a envie de faire et ce qu'on est capable de faire. Il est très difficile de trouver ce juste milieu. Au bout du compte, tout le monde a envie de se mettre devant un ordinateur et de mixer la somme de ses influences musicales. Mais en réalité, c'est moins drôle : après avoir samplé à souhait, on obtient un nouveau morceau. Et on se pose une question essentielle : est-ce qu'il me ressemble ? La mise en forme de mon premier album a été périlleuse : je m'endettais, je perdais mes potes, je ne me faisais plus confiance, etc. Aujourd'hui, tout est rentré dans l'ordre... Ou presque !

La légende raconte que tu as été mannequin... la pochette de ton album est très stylisée. Considères-tu que la musique électronique s'associe forcément à une certaine forme vestimentaire ?

Ah, cette légende ! A 18 ans, j'ai été mannequin pendant 6 mois. Après cet épisode, les gens ont pensé qu'il s'agissait de mon métier. Mais je n'ai jamais été mannequin professionnel. Pour la pochette, c'est une autre histoire. J'écoute énormément de musique, j'adore de nombreux artistes. En règle générale, je me tape de savoir comment s'habille le chanteur d'une chanson que j'apprécie. Par contre, il est incroyable de pouvoir s'identifier à la musique. C'est un phénomène très puissant. Il est certain que j'aimerai trouver un style vestimentaire qui colle à ma musique. Mais aujourd'hui, je n'ai pas l'impression de l'avoir trouvé. Quand la musique te donne envie de changer ta façon de vivre, de t'habiller, c'est qu'elle dégage un truc énorme. J'aime l'implication totale dans la musique.

Ta maman vient poser sa voix sur deux titres de l'album (« Utopia » et « Fast Life »). Alors, comment demande-t-on à sa mère de participer à un projet électro ?

Un jour, elle est venue manger à la maison. J'étais occupé de bosser sur « Utopia ». A la base, je souhaitais inviter une chorale pour chanter sur ce morceau. Je voulais y apporter un beat christique, un relent ecclésiastique, quelque chose de sacré. Dans les années 80, ma mère était chanteuse. Profitant de sa présence, je lui ai demandé de chanter, un peu comme dans une chorale. Et si c'était à refaire ? Je retourne directement dans les bras de ma mère !

Uncode Duello

Uncode Duello

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A l'instar de leurs compatriotes de Bron Y Aur, ces joyeux drilles semblent préférer l'expérimentation et les collages à la mélodie et aux constructions musicales. Bruitages, bandes, voix enregistrées et interventions minimalistes de musiciens s'associent donc pour un résultat à classer entre 'noise', 'soundtrack', 'ambient' et 'psyché-punk-kraut'. Le groupe est doué pour créer des ambiances oppressantes, et s'engage parfois sur des pistes intéressantes, surtout en recherche sonore. Mais l'argument est souvent trop mince pour passionner, voire maintenir l'intérêt. Pour les inconditionnels du genre.

Ali Farka Touré

Savane (1)

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Feu Ali Ibrahim Touré est né 1939. Au Mali. Le long du fleuve Niger. Dans le village de Kanau, très exactement. Il avait reçu le surnom de "Farka" (NDR : traduction ‘âne’, symbole de la force et de la résistance physique), car il était le premier des dix enfants de la famille à avoir vécu jusque l'âge adulte. Très jeune, il s'installe à Niafounké, une bourgade sise à 200 km au sud de Tombouctou. Il en deviendra le maire. Ali s'est éteint en mars dernier. Il était atteint d’un cancer des os. Ali n'a pas fréquenté l'école. Il est devenu chauffeur de taxi, mais s’intéressait surtout à la musique. Il jouait de la guitare et plusieurs instruments traditionnels, tels le ngoni, le luth à 4 cordes, le njarka, le violon populaire ou encore le gurkel, petite guitare à une corde. Le Mali fête son indépendance en 1960 et Touré devient musicien professionnel. A la fin des années 60, il découvre la musique noire américaine et bien entendu le blues. Il est séduit par John Lee Hooker. En 1976, il commet son premier album "Farka". En 1987, il tourne en Europe et se produit à Wembley devant 18.000 personnes. Il se rend ensuite aux Etats-Unis et au Japon. Il signe chez World Circuit et grave un album éponyme. Puis "The river" en 1990 et "The source" en 91, flanqué de Taj Mahal. Il devient l'une des vedettes majeures de la World Music. Paru en 1993, et concocté en compagnie de Ry Cooder, "Talking Timbuktu" remporte un très gros succès. Réunissant des enregistrements antérieurs, "Radio Mali" est édité en 1996. Mais un an plus tard, il se retire chez lui, à Niafounké, pour se consacrer à l'agriculture. Il n'abandonne cependant pas définitivement la musique, puisqu'il aligne encore "Niafunke" en 99 et "In the heart of the moon" en 2005, avec le joueur de kora Toumani Diabaté. Pour cet elpee, un Grammy Award leur sera attribué ! En 2004, le réalisateur Martin Scorcese filme Ali dans un documentaire intitulé "Du Mali au Mississippi".

"Savane" constitue donc son album posthume. L’étiquette ‘le roi des chanteurs du blues du désert’ y a été apposée. Sur la pochette, Ali est assis sur un ‘rocking chair’. Sous les rayons d'un soleil que l'on devine brûlant, sa pose est nonchalante. Si la musique est qualifiée de ‘blues du désert’, c'est dans le sens le plus large du terme qu'il faut le comprendre. Balayé par le sable du désert malien, mais hydraté par le fleuve Niger, cette musique africaine est imprimée immuablement sur une rythmique hypnotique et entretenue par les cordes des ngonis, des njarkas et autres percussions. Des motifs répétitifs sur lesquels viennent se greffer l'harmonica de l'Anglais Little George Sueref (ex- Big Joe Louis & the Blues Kings) et le saxophone de Pee Wee Ellis (ex-James Brown Band). Ces deux musiciens opèrent le trait d'union entre le folklore malien et le blues tout au long du puissant titre d’ouverture "Ewly". Touré le chante d’une voix chaude qui ressemble étrangement à celle de John Lee Hooker. "Yer bounda fara" nous plonge davantage dans la culture indigène. Farka rejoint les voix des chœurs masculins. Tout comme sur "Sopa". La guitare adopte une ligne répétitive pour "Beto". Elle est suivie par le saxophone d'Ellis. Mais pour la circonstance, des voix féminines répondent au maître du désert. Enfin, d’une grande pureté, le titre maître met les cordes à l'honneur. Le rythme épouse imperceptiblement celui du reggae. Il provoque une certaine transe. Ali y improvise des mots dans la langue de Molière. "Penda yoro" rapproche davantage Touré du blues, en traçant, d'une certaine manière, un axe Niger Mississippi. Les deux grands fleuves entonnent des chants tribaux soutenus, par les inévitables percus. Sueref, le ngoni démoniaque de Ledi Coumbe, verse des larmes. Les cordes fiévreuses d’Ali entrent en éruption. Une nouvelle fois, "Machengoidi" nous entraîne dans un monde imaginaire fouetté par le blues des sables. Le motif rythmique y véhicule des chants plaintifs. Face à un ngoni dont la tonalité est empruntée à la basse, les poumons de George Sueref libèrent les notes d’un harmonica empreintes d’une grande tristesse. Cette conjugaison de sonorités opérées tout au long de "Ledi Coumbe" apporte du relief à cette plage à la richesse insoupçonnée. "Savane" poursuit son périple à travers les diversités des sons et des rythmes ainsi que des constantes imposées par l'ensemble. En finale, "Njarou" enfile de petites perles sur des cordes, des perles subtilement nacrées de jazz africain… Excellent!

Erik Trauner

A scarecrow´s moan

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Erik Trauner est né à Vienne. Agé de 48 ans, ce chanteur/guitariste/harmoniciste/compositeur est aussi et surtout le leader du Mojo Blues Band, depuis sa création en 1977. Le blues coule dans ses veines. Un passionné qui aime le Chicago blues, mais également les très louisianais cajun et zydeco. Il se produit régulièrement en solitaire lors de concerts acoustiques où il peut laisser brûler sa flamme et étaler son talent. A ce jour, il a commis deux elpees sous son patronyme : Up slide down", paru chez Wolf en 1995 et "I'll fly away", enregistré en compagnie de la chanteuse de gospel Sister Shirley Sidney, un disque édité sur Document en 1998.

Acoustique, ce nouvel opus a été concocté en solo. Assis sur un tabouret, Erik empoigne son dobro à l'armature métallique et commence à interpréter la plage éponyme. Il la chante de son timbre indolent. Son instrument libère une tonalité d’une limpidité étonnante. Trauner a composé la plupart des compos de ce disque. Il réalise son adaptation personnelle du blues rural, de ce country blues né il y a quelques décennies. Il a manifestement intégré cette musique. Et de la manière la plus naturelle possible. Ce Viennois est ainsi capable d’attaquer des styles totalement différents, tout en variant les tempi. A l’instar de "The kids can't stand it" ou du tribal "I hope this man was heaven bound", compo qui a reçu la participation de Siggi Fassl aux vocaux. Une collaboration qu’il renouvelle sur "Philly Angel". Membres du Mojo Blues Band, ces deux chanteurs/guitaristes se produisent parfois ensemble sous le patronyme de Wizards of Blues, un projet destiné à remettre au goût du jour le blues des années 30 et 40. Seul sur les planches, Erik se débrouille aussi bien. Il est capable de tirer le maximum de son répertoire et de créer une ambiance participative. Il le démontre tout au long de l’allègre "I ain't funny that way". Il a également le don de faire passer ses émotions, tant il vit sa musique. Sa gratte et lui ne font qu’un. Et lorsqu’il est hanté par Lightnin' Hopkins sur "You live so far away", l’intensité est à son comble. Il s'attaque également en solitaire au boogie entraînant "Mainstreet boogie". Trauner est également habile pour mouler son blues dans de biens jolies mélodies. Parfumé d’exotisme par une slide aux accents hawaiiens, "Inside job" en est la plus belle illustration. Cet elpee ne suscite jamais la lassitude. Même lors des reprises. Erik s’en réserve trois : le "Sleepy water Blues" de Lonnie Johnson, "Highway 61" de Mississippi Fred McDowell, caractérisé par un jeu aussi superbe que poignant au bottleneck, et "No, no blues" de Curley Weaver. Trauner achève cet opus par une longue plage instrumentale aux accents dramatiques. Son bottleneck glisse avec beaucoup de sensibilité, le long des cordes. On y discerne clairement la souffrance manifestée par les gémissements de son instrument. Le ton est volontairement grave pour marquer ce "Pontchartrain flood", en référence à l'ouragan Katrina qui dévasta une bonne partie de la Louisiane près de la Nouvelle-Orléans et du Mississippi. Excellent !

 

 

The Tellers

The Tellers

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Après avoir connu des débuts timides en 2005, The Tellers assure la première partie de Venus. Dans la foulée, le single ‘More’ vient aérer les ondes, dès le mois de juillet. Et d’entonner en chœur le désormais connu: ‘Oh hey oh, you don’t need me, no’. Voix envoûtante. Ballades. Rythmes soutenus. Parfois interrompus, pour reprendre de plus belle. L’univers musical des Tellers (qui n'est pas sans rappeler celui d'un Pete Doherty) charme d’autant plus aisément que leurs textes sonnent juste: ‘I told you I sailed the Seven Seas on a ship named Tangerine. But all I do is swimming.’ (“I lie”). Ou encore: ‘I’m gonna tell you what I’m looking for. Well, I’m not looking for…you’ (« Jacknife »). C’est sans fioritures que les Tellers nous embarquent dans leurs récits. Paroles simples sans être faciles, mélodies accrocheuses mais non racoleuses. Spontanées, leurs chansons possèdent toute la fraîcheur du groupe débutant passionné. Passionnés, Ben Baillieux-Beynon (voix, guitare) et Charles Blistin (guitare, piano, basse, contrebasse) le sont. C’est que les membres de notre jeune duo (19 et 20 ans) ont troqué leurs études pour la musique… pour notre plus grand plaisir. Petits derniers de l’écurie 62 TV Records (Girls in Hawaii, Malibu Stacy, Austin Lace…), ils sortent aujourd'hui ce mini-album. Petit duo deviendra grand…