New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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Steve Hackett

Wild Orchids

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Guitariste et co-compositeur des meilleurs albums de Genesis, de « Nursery Cryme » (71) à « Wind and Wuthering » (76), Steve Hackett est le seul membre de ce groupe encore fidèle au Prog, au point d'en être parfois considéré comme une icône. Et force est de reconnaître qu'après 20 albums solos, sa soif d'expérimentations sonores et culturelles, de découvertes et de subtils métissages reste d'une très respectable vivacité.

Sa musique en liberté associe classique et rock (« She moves in Memories »), sonorités orientales (« Waters of the Wild ») et folk écossais (« Set your Compass »), harmonies vocales éthérées et narration psychotique (« Down Street »), ambiance de recueillement quasi-religieux (« To a Close ») et puissantes éruptions (« Ego and Id »), piano jazz et rythmique plombée, dissonance (« Howl ») et esthétique tantôt sophistiquée (« The Fundamentals of Brainwashing »), tantôt majestueuse (« She moves in Memories »). La moindre de ses prouesses n'est sûrement pas de parvenir à intégrer toutes ces tendances en un CD fort cohérent, son inimitable jeu de guitare (électrique et classique) en guise de fil rouge. Certaines compositions pourront sembler peu à leur place aux oreilles des puristes (« A girl called Linda »), mais elles ne les dérangeront plus après deux ou trois écoutes. Si personnellement je déplore souvent que Steve assume le chant lui-même au lieu d'apporter à son travail la plus-value d'un solide chanteur attitré, il faut reconnaître que le travail sur les voix et les harmonies vocales est à nouveau impressionnant (« Set your Compass », « To a Close »). De plus, il convient d'épingler « Man in the long Black Coat », une belle reprise de Dylan, où le chant de notre homme, évoquant à la fois Nick Cave, Johnny Cash et Léonard Cohen, fait merveille. A son band dévoué et efficace, Steve associe un quintette classique pour plusieurs plages. Pour le reste, il conserve quelques bonnes habitudes, comme cette belle peinture signée Kim Poor sur la pochette.

En conclusion, un album très réussi, riche en climats et ambiances contrastées, maintenant sans faiblir l'intérêt de l'auditeur par ses compositions solides, et réservant de savoureuses trouvailles sur la plupart de ses treize plages. Malgré des échappées guitaristiques moins ambitieuses, un travail dans la lignée de ses prédécesseurs, à l'authentique parfum des orchidées sauvages. Merci, Monsieur Hackett, de nous procurer notre prog quotidien.

 

 

Lisa Germano

In the maybe world

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Cet opus risque de faire mal lorsque l'automne et l'hiver auront épuisé nos nerfs à coups de rafales de vent... Fidèle à l'esthétique si particulière développée par Lisa Germano au cours de ses 5 précédents albums, "In the Maybe World" est en effet un disque sépulcral qui risque d'en envoyer plus d'un par le fond... Comme d'habitude chez cette chère Lisa, une fois le disque introduit dans le lecteur, le mélomane est convié à un petit carnaval de damnés… Pour peu on imaginerait presque une bande de corbeaux dansant dans la neige au son d'un orchestre composé de squelettes...

Nonobstant ces considérations psychologiques, il faut cependant avouer qu'une fois de plus l'Américaine fait fort. Ses compositions baroques et cristallines, constellées d’accords de piano, font merveille et c'est avec un certain plaisir masochiste que l'on s'abandonne à l'écoute de ces complaintes susurrées d'une voix rauque à nos oreilles frigorifiées... Déjà le silence empli de tension au cours des 20 premières secondes de l'album annonce la couleur. "The day" ouvre ensuite le bal d'une splendide manière, suivi par un "Too much space" presque étrangement apaisé. Après "Into Oblivion" on est franchement sur les genoux alors que s'annonce à peine la moitié de l'opus... "In the land of fairies", carrément effrayant, ne vous donnera quant à lui plus jamais envie d'éteindre la lumière une fois le soleil couché... Pour le reste, on vous laisse découvrir cet album par vous-même tant il semble vain d'ergoter à l'envi à propos d'une œuvre qui devrait installer un peu plus encore Lisa Germano au panthéon des songwriters atypiques de ce début de siècle.

 

 

Piers Faccini

Tearing Sky

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La musique de Piers Faccini est à l’image de son créateur : sans frontières, sans barrières. Moitié italien, moitié britannique, résidant en France et enregistrant aux Etats-Unis, Piers Faccini applique cette universalité à son art : percussions, influences celtiques, instruments un peu exotiques (mandoline, kora, kamanech, bohdra, etc.) Ici, aucune place pour la démonstration et le roulage de mécaniques. Les compositions sont aériennes, les guitares acoustiques de Piers d’une légèreté inouïe. Sa voix murmurante capte immédiatement l’attention.

« Each Wave That Breaks » ouvre l’album tout en douceur. Son titre n’aurait pas pu être plus adapté, on sent presque les vagues mourir à nos pieds. Et parmi les chœurs, on retrouve rien moins que Ben Harper, invité à partager quelques chuchotements. « Sharpening Bone » disparaît dans un hypnotique maelström de percussions et de vocaux tribaux. « If I » lorgne du côté du Mississippi avec un harmonica bien cradingue comme l’amateur de blues les aime. Le temps de s’égarer dans l’atmosphère étrange de « Midnight Rolling » et on retombe dans l’extraordinaire feeling blues de « Talk To Her ». La production de JP Plunier est irréprochable. La section rythmique coule de source et les nombreux invités colorent agréablement ces quatorze plages tout en ambiances. Un disque envoûtant.

Peter Frampton

Fingerprints

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Peter Frampton s’est rendu célèbre en écoulant plus de 16 millions d’exemplaires de "Frampton comes alive", un double elpee paru en 1976 ! Un ‘live’ enregistré au Winterland Ballroom de San Francisco. Aujourd’hui encore, certaines plages n'ont pas pris une ride. Et je pense tout particulièrement à "Show me the way" ou encore "Do you feel like we do", au cours desquelles il utilise la fameuse talkbox (NDR : un boîtier électronique particulier qui donne à sa voix et à la guitare une sonorité synthétique). Bel homme au sourire généreux, ce guitariste anglais s’est tout d’abord illustré au sein d’un goupe pop : the Herd. Née au cœur des 60’s, cette formation a décroché quelques succès d'estime, sous la forme de 45 tours. A l’instar de "From the underworld". En 1969, il fonde un des tous premiers super-groupes, Humble Pie, au sein duquel sévira l'extraordinaire chanteur/guitariste des Small Faces, Steve Marriott. Peter y militera le temps de cinq albums dont le remarquable (NDR : déjà !) double "Rockin' the Fillmore". Nonobstant le succès important rencontré par cette œuvre, il entame une carrière solo. Une carrière émaillée par la sortie de plusieurs opus ; mais dont le succès commercial, hormis le phénoménal "Frampton comes alive", ne lui sourira plus guère…

Agé aujourd’hui de 56 balais, Frampton nous revient pour un opus instrumental. Le disque s’ouvre sur un ton dynamique. La batterie marque un tempo solide et implacable. L’orgue lui emboîte le pas. Alerte, la guitare est suivie à la trace par le saxophone de Courtney Pine, un jazzman anglais notoire. Les percussions demeurent un élément moteur tout au long d’"Ida Y Vuelta", une plage parfumée d'exotisme hispanique. Peter y joue de la guitare acoustique avec un feeling digne de Paco de Lucia. Un parfum qu’on retrouve en fin d’opus, sur "Oh when", nonobstant une orientation davantage jazzyfiante. La cover du "Black hole sun" de Soundgarden est déjà le sommet de l’elpee. Une aventure radicalement différente mais très réussie. Une expérience fort intéressante aussi qu’il a opérée en compagnie de Matt Cameron et Mike McCready de Pearl Jam. Le tempo est lent. Les climats sont instables. Les cordes tour à tour sereines, accablantes ou tourmentées. Elles se croisent, s’entrecroisent, se superposent dans un bel ensemble, mais avec une puissance et une effervescence étonnantes. Une réussite incontestable ! Légèrement bluesy et empreinte de douceur, "Float" est une ballade à la très jolie mélodie. Les guitares s’y dédoublent dans un élan de lyrisme esthétique. Guitariste de studio, dont la carte de visite mentionne des collaborations auprès d’Elvis Presley, de Roy Orbison et de Bob Dylan, Gordon Kennedy y apporte son concours. Cette grâce et cette délicatesse contaminent également "My cup of tea", une compo mêlant harmonieusement cordes acoustiques et électriques. Chirurgien des cordes, Hank Marvin est ici épaulé par Brian Bennett, son acolyte chez les Shadows, bien sûr! Comme son titre l’indique, "Blooze" est une jam blues. Une partie réservée pour deux guitares au cours de laquelle Warren Haynes est convié. Impliqué chez Allman Brothers Band et Govt Mule, il est considéré comme un des gratteurs les plus prolifiques du southern rock blues. Un gage de qualité manifeste! Peter n’abandonne pas les douze mesures pour attaquer "Cornerstones". Il y est épaulé par de véritables légendes vivantes. Et pour cause, il s’agit de l'inoubliable section rythmique de la grande époque des Rolling Stones : Charlie Watts et Bill Wyman. Peter a d'ailleurs régulièrement joué chez les Rhythm Kings de Wyman. Thème pour guitares en rythmes, "Double nickels" évolue dans un registre assez proche de ce que peuvent proposer les groupes sudistes ; avec plus de délicatesse et de sagesse. Légèrement country, le résultat est savoureux. Paul Franklin s’y réserve la pedal steel. "Smoky" marque un retour au blues. Mais un blues inspiré par le jazz, très fin de soirée. Peter y étale toute la subtilité de son doigté. De très bonne facture, cet opus s’achève par la ballade aux accents gypsy, "Souvenirs de nos pères". Frampton y opère un échange de cordes en compagnie d’un spécialiste du genre, John Jorgenson (des Hellcasters), dans un style qui nous rappelle l'inoubliable Django Reinhardt.

Darkel

Darkel

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Que les sceptiques se rassurent : il n’y a guère de changement dans l’Air. Après avoir travaillé comme des forcenés sur l’album ‘solo’ de Charlotte Gainsbourg, Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunckel, les plus célèbres ressortissants versaillais depuis Louis XIV, ont planché sur la quatrième livraison de Air. Mais pendant l’enregistrement du disque de la fille de l’homme à la tête de chou, Jean-Benoît Dunckel prenait de l’altitude. Une fois la nuit tombée, il endossait son patronyme préféré, sombre et distingué : Darkel. Résultat de cet effort solitaire, un premier album éponyme, beau et synthétique. Certes, « Darkel » évolue à proximité des contrées aériennes de son groupe. Mais le côté singulier de ses dix morceaux légitime l’avènement de ce disque événement. Synthés analogiques, timbres vocodés, instrumentaux extatiques : tous les éléments sont ici rassemblés pour nous faire rêver. Des superbes mélodies inspirées par l’axe McCartney-Harrison (« At The End Of The Sky », « Some Men », « My Own Sun ») aux paradis synthétiques (l’imparable « TV Destroy », « Earth »), Darkel insuffle un véritable courant d’Air frais sur cette rentrée musicale. D’autant plus appréciable qu’inattendu. On respire !

Bob Dylan

Modern times

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« Modern times » constitue le 44ème album de Robert Zimmerman. Un disque partagé en 10 titres, dont certains fragments les 9 minutes. Dernier épisode de sa trilogie entamée en 1997 (il fait donc suite à « Time out of mind » et « Love & Theft »), cet opus se réfère bien sûr aux « Temps modernes » de Charlie Chaplin. Tourné en 1936, ce long métrage mettait un terme à l’apogée des films muets. Mais le message de ce film est demeuré universel. En se servant d’une histoire d’amour, Chaplin pourfendait le système social, économique et politique des Etats-Unis d’Amérique. Soulevant une réflexion sur les aspects les plus déshumanisants et automatisés de l’existence. Le « Modern Times » de Dylan est également cinématique ; et à travers ses allégories, il veut reprendre le flambeau de Chaplin. Transposant la réflexion dans le monde contemporain. Ce qui lui permet de traiter des sujets aussi universels que l’amour, la vieillesse, la mort et le travail. Dylan n’offre cependant pas de réponses aux questions qu’il soulève. Il interpelle simplement les responsables de ce monde qui par en couilles. Un monde dont le vide spirituel est comblé par l’innovation technologique. Avec pour résultat la désintégration de toute valeur humaine. Bien sûr, ce courant philosophique n’est pas neuf. Mais il a le mérite d’aller à l’encontre d’un concept de société dominé par l’égoïsme et le profit.

Musicalement, le disque oscille entre titres swing, jazz, rock’n roll, blues (aussi bien bayou, roadhouse que boogie) et folk. Une majorité de ballades quand même et puis quelques clins d’œil adressés à Chuck Berry (« Thunder on the mountain », plage au cours de laquelle il évoque la chanteuse soul Alicia Soul), Muddy Waters (« Rollin’ & tumblin’ »), Bing Crosby (« When the deal goes down », « Beyond the horizon »), Lightnin’ Hopkins (« Someday baby »), Memphis Minnie (“The Levee’s gonna break”, chanson consacrée au désastre causé par l’ouragan Katrina et surtout à ses responsables) et Cole Porter (« When the deal goes down »). Et en finale, une remarquable compo mélancolique intitulée « Ain’t talkin’ » ; un morceau bouleversant, insidieux, digne de « Man in the long black coat ». Sur cet opus, Bob joue des claviers, de la guitare et de l’harmonica. Et puis il chante de son timbre éraillé si caractéristique. Enfin, il est soutenu par le quintet de base qui l’accompagne lors de ses tournées. A 65 balais, Dylan n’a toujours pas dit son dernier mot. Et ce qu’il raconte est fichtrement sensé…

Various Artists

London Sinfonietta - Warp Works & Twentieth Century Masters

Il faut remonter à « L’Art des Bruits », le manifeste publié en 1913 par le futuriste italien Luigi Russolo, pour comprendre le lien qui existe entre les musiques électroniques actuelles et l’avant-garde dite ‘contemporaine’. Que ce soit Fennesz, Squarepusher, Varèse ou Pierre Henry, tous ces artistes s’avouent ainsi convaincus du pouvoir créateur de la machine, et du ‘bruit’ comme musique à part entière… Et même si les technophiles d’aujourd’hui font souvent référence aux maîtres savants de la musique répétitive, sérielle ou concrète pour se donner une certaine contenance (l’héritage existe, mais il lui manque le ‘groove’…), on ne peut nier l’influence de Pierre Schaeffer, de John Cage et de György Ligeti chez des bidouilleurs populaires comme ceux qu’hébergent actuellement le label anglais Warp. La série de concerts ici compilés n’a donc rien de superfétatoire : il suffit par exemple d’écouter le « Gesang der Jünglinge » de Karlheinz Stockhausen pour comprendre d’où vient le « Windowlicker » d’Aphex Twin, et l’intégrale de Steve Reich pour saisir la portée hypnotique d’un track à la Underground Resistance… Une fois la formule assimilée, il devient facile de plonger dans les 19 compositions de ce double cd, sur lequel on retrouve six morceaux de Richard D. James et de Tom Jenkinson réarrangés par David Horne, le chef d’orchestre de la London Sinfonietta (une sorte d’équivalent de notre ‘Ensemble Musiques Nouvelles’). Selon ses propres dires, la retranscription orchestrale de ces tracks électro se révèle ‘impossible’, d’où sa volonté de les considérer comme de ‘nouvelles compositions originales, pour orchestre’ – et ça fonctionne ! En faisant ainsi se côtoyer Ligeti, Aphex Twin, Squarepusher et John Cage, le label Warp et le London Sinfonietta voulaient sans doute une fois pour toutes tordre le cou aux clichés qui collent encore à la techno (et affiliés), à savoir que celle-ci ne serait pas de la ‘musique’, puisque l’ordinateur n’est pas un ‘instrument’… Eh bien voilà la vérité : les guitares ne poussent pas dans les arbres, et un orchestre peut jouer « AFX237 V7 » si on le lui propose. Voilà la grande révolution : ne reste plus qu’à le dire à Jack White, pour qu’il ne meure pas idiot.

Various Artists

Welcome to Gearhead Country

Écrit par

Qu'il est bon de pouvoir de temps à autre s'envoyer une chouette petite plaque de rock garage de derrière les fagots... Réunissant 26 titres d'une vingtaine de groupes ‘garage’ (tous signés sur le label "Gearhead Records") parmi lesquels on trouve les Hellacopters, The Lords of Altamont ou encore les papys de New Bomb Turks, "Welcome to Gearhead Country" est une compilation qui a le mérite de ne pas se prendre la tête... Pas de pose trendy, pas de prétentions artistiques malvenues, juste une exigence: que ça balance ; en moins de 3 minutes si possible... Et pour balancer, ça balance... Bien sûr on trouvera aussi parmi ces titres quelques morceaux plus que dispensables mais l'ensemble sent tellement l'honnêteté qu'on se montre volontiers indulgent. La plupart des groupes présents ici ne joueront jamais au Pukkelpop, ne passeront jamais dans les soirées électroklash branchouilles et c'est tant mieux. Bottles and Skulls, Red Planet, Pink Swords, The Spunks sont les noms, parmi d'autres, de ces loosers (magnifiques?) dont la seule ambition est de faire péter les amplis... La démarche donne envie de taper du pied, mal à la tête aussi quelquefois ; mais surtout suscite le respect!

Comets On Fire

Avatar

Ils parlent ‘une espèce de langage ésotérique, un langage familial, une géométrie sémantique dans laquelle la distance la plus courte entre deux points est un cercle complet’ (J.D. Salinger). Les Comets On Fire jouent du rock fractal et délétère, en prise directe avec la fin des sixties et ses relents acid : au contact de leur musique proto-psychédélique s’altère rapidement notre esprit, se dilatent joyeusement nos synapses. Castaneda, es-tu là ? En plein solo barbiturique (« Dogwood Rust »), un homme-lézard fait crisser ses cordes vocales : les boules (même pas Quiès), qui tournent au-dessus de nos têtes comme autant de visions d’un nirvana cosmique. Plus loin des décharges électriques tentent de nous faire voir le septième ciel : l’escalier, en colimaçon, n’en finit pas de monter. C’est quasi la nausée (« Jaybird »). Sommes-nous en plein Eden chimique, version Las Vegas Parano ? « The Swallow’s Eye » déroule son prog rock fumant entre King Crimson et Hawkwind, puis l’Echoplex prend le relais et transforme les guitares en démons dissonants : c’est le Dead période Dali, les Stooges maîtres ès peyotl (« Holy Teeth », « Sour Smoke »). Ben Chasny de Six Organs of Admittance calme le jeu et tente d’inoculer son venin country-blues (confer Crazy Horse, Allman Brothers Band, voire Dr. John) à ceux qui sont toujours vivants (« Lucifer’s Memory »), mais il n’y a rien à faire : tout le monde est défoncé. La prochaine fois, faudra prévoir des camisoles.

Sophie Barker

Earthbound

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Choriste des célèbres Zéro 7, Sophie Barker fait le grand plongeon en solo... Accompagnée par Robin Guthrie (des Cocteau Twins) elle semble avoir décidé pour l'occasion de s'affranchir des ambiances électro privilégiées par le duo londonien. Résolument folk, "Earthbound" est ainsi composé de 8 morceaux organiques gentils et calmes sur lesquels la voix de la miss se pose en toute quiétude. Un sentiment de plénitude bien agréable mais qui finit malheureusement par desservir une plaque souffrant d’un excès de linéarité... Tout ceci n'est pas mal, certes, mais l'ensemble pourrait presque être vendu dans un magasin New Age entre le patchouli et les cd's ‘Bruits de la nature et chants des baleines’... On a quelquefois l'impression que Sophie Barker tente de séduire les fans des Cranberries tout en faisant de l'oeil aux agriculteurs bio... Alors bien sûr, des morceaux comme "Stop Me" ou "On my way home" sont bien sympathiques mais l’ensemble sent un peu trop la tasse de thé "Woman Secret" pour être vraiment honnête...

Basement Jaxx

Crazy Itch Radio

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Bienvenue sur Radio Basement Jaxx. Au programme de cette édition de « Crazy Itch Radio », absolument rien de neuf. Fidèles aux ingrédients qui ont fait le succès de nos précédents numéros, nous vous proposerons notre pop électronique habituelle, l’inspiration en moins. En effet, après un banal mais néanmoins efficace « Hush Boy », nous enchaînerons par « Take Me Back To Your House » et « Hey U », deux titres pleins d’idées mais peu aboutis. Les morceaux que nous vous réserverons ensuite seront majoritairement linéaires et soporifiques. Après quelques interludes publicitaires, vous aurez enfin droit à une seconde plage passablement correcte et entraînante. « Everybody » et son amusant mais court sample bollywoodien ne suffira cependant pas à sauver les meubles. Après un tel désenchantement, nous comprendrons, chers auditeurs, si vous décidez de rayez Radio Basement Jaxx de la liste de vos favoris…

Blues Disciples

Under construction

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Issue de la région de Milwaukee, cette formation s'est constituée en 1990. Le chanteur/harmoniciste "Barefoot" Jimmy Schwarz et le bassiste Kent ‘The Colonel’ Knapp en sont les fondateurs. Originaire du Texas, Paul Stilin est préposé à la guitare. Pas de drummer attitré, cependant, puisque ce rôle est partagé entre quatre collaborateurs, tout au long de cet opus !

La puissance du souffle de Jimmy Schwarz impressionne dès les premières notes de "Brady street". L'orgue Hammond de Ron Kovach tapisse le décor sonore. Paul se réserve le premier solo à la guitare. La voix de Jimmy est bien timbrée. Mais lorsqu’il pousse des cris, il élève son registre à la manière de Johnny Winter. "Dancin' woman" rappelle immanquablement le célèbre "Wang dang doodle" de Willie Dixon. Du bon Chicago blues au cours duquel Jimmy hausse facilement le ton de sa voix. Les chœurs des musiciens le soutient lorsqu’il attaque "Dancin' woman", à l'harmonica. Le leader démontre qu'il a beaucoup écouté Little Walter. Et surtout opéré une parfaite synthèse du maître. Mais il restitue cet acquis d’une manière très personnelle. Le résultat est en tout cas très probant ; d'autant plus que Jack Cole - un invité – se montre assez habile aux cordes. Schwarz a pratiquement composé toutes les chansons de cet opus ; mais la plupart du temps en s’inspirant des classiques du blues urbain. Il se révèle très proche de Slim Harpo sur "Takin' the carseat out". Constituée de Kent et Matt Liban, la section rythmique tisse une trame funky. La guitare fragile de Stilin sort de sa réserve ; mais c’est surtout le leader qui tire son épingle du jeu. Il concède un solo d’une puissance constante, ne s’accordant aucun répit. Le jeu développé par le guitariste s’avère plus franc et direct tout au long du slow blues classique "Fine woman blues". Blues bien rythmé, "Blues machine" rappelle le notoire "Born in Chicago" de Nick Gravenites. S’échangeant questions et réponses, les guitares de Paul Sitlin et Jack Cole s’affichent. Ballade blue, "Testify" opère un retour à l'orgue Hammond pendant que Barefoot se ménage une nouvelle escapade sur la musique à bouche. Invité de marque, Jim Liban (NDR : le maître de Jimmy !) apporte son concours à "Gettin' old", une plage qui rocke et rolle. Cet harmoniciste talentueux ne jouit pourtant pas d’une grande notoriété extra-muros. Changement de cap pour "Please leave me". Proche de Slim Harpo, Lazy Lester ou Jimmy Reed, cette plage baigne au sein d’une ambiance nonchalante réminiscente des swamps louisianais. Toujours bien présent, l'orgue de Kovach épaule les cordes de Stilin pendant que Barefoot privilégie les aigus sur son harmo diatonique. "Keep your hands off my daughter" se traîne sur un tempo indolent. La guitare est très acide. Schwarz et Zoe Whorall se partagent les vocaux. Jimmy force un peu trop sa voix sur "Seven Gs" pendant que deux harmonicistes rivalisent : le maître et son fils spirituel. Soit Jim Liban et Jimmy Schwartz. Vainqueur aux points : le maître ! Dommage que ce morceau soit si faible. Jeff Harrington joue de la slappin' basse sur "My baby", une bonne compo imprimée sur un rythme syncopé! Schwarz a écrit "Barefooot Jimmy", une chanson autobiographique, un peu à la manière de Paul Butterfield. A ses débuts ! Le souffleur possède des poumons d’acier. Et il le démontre encore lors du shuffle instrumental "Under construction". Très jump, ce fragment fait la part belle aux six cordes de Paul Stilin et de Jack Cole (NDR : sur sa Telecaster) ; mais également Marc Wilson à la basse acoustique. De bonne facture, cet opus s’achève par la version démo de "Gettin' old" ; mais pour la circonstance, sans Jim Liban!

 

Audioslave

Revelations

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On n’attendait pas de sitôt le troisième opus du groupe né de la fusion entre les musiciens de Rage Against The Machine et Chris Cornell, chanteur de Soundgarden. Moins d’un an après la sortie du décevant « Out of Exile », Audioslave a voulu remettre les pendules à l’heure. Certains médias n’hésitent pas à définir « Revelations » comme un croisement entre Earth Wind and Fire et Led Zeppelin. Rien que ça ! Si le combo de Page et Plant a toujours été une influence pour Cornell n’ co, le côté funk est nettement moins perceptible sur les 12 titres de la galette dont le son atypique évolue à des lieues du paysage musical actuel. Si vous espérez rencontrer de gros riffs heavy et un Cornell qui hurle comme à l’apogée de Soundgarden, passez votre chemin. Au début des années 90, la vague funk metal envahissait les charts. La démarche d’Audioslave évoque cette période. Les plus anciens se souviendront de Dan Reed Network, de Living Colour ou même de Faith No More à l’écoute de «Broken City », de « On and the same » et de l’excellent « Somedays ». Le groupe ne s’autorise aucune ballade, les refrains sont efficaces et parfois agrémentés de chœurs, et les petits gimmicks de Chris au chant se posent sur des orchestrations finement ciselées.

Plus conventionnelle, la seconde partie du disque s’avère moins inspirée et donne l’impression que le combo manque de souffle. Mais « A Jewel of the Summertime » redresse la barre et permet à l’ex Soundgarden d’explorer un registre de chant qu’on ne lui connaissait pas. Loin d’être l’album de la décennie, « Revelations » est un disque qui a du charme, une certaine classe et communique de très bonnes vibrations.

Alexisonfire

Crisis

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Prononcez Alexis On Fire et non pas Alex is On Fire ! Le groupe qui tire son nom du site Internet d’une stripteaseuse contorsionniste est originaire de l’Ontario. Formé en 2001 il accouche d’un premier album un an plus tard, et se forge déjà une solide réputation dans le milieu post hard core. Sa musique se caractérise par une association de hurlements rauques alternant à un chant doux et harmonieux, le tout couché sur des mélodies de guitares complexes. En 2004 il parcourt l’Europe en compagnie de Rise Against et promotionne l’album « Watch Out » qui récolte des critiques élogieuses.

« Crisis » est sans doute l’œuvre la plus aboutie du combo canadien. Les sons post hard core se marient désormais à des mélodies néo metal, voire à la limite du death dans les titres les plus violents. Dans la lignée d’un Thrice, le combo apprécie les sonorités torturées et aime répandre son énergie avec une férocité teintée de grâce. Bien loin de Motorhead, d’Alice Cooper, de Danko Jones ou de Paradise Lost, Alexisonfire - nonobstant son assimilation au metal - ne s’adresse pas aux headbangers, mais ravira les amateurs de System of a Down ou même de Dillinger Escape Plan. Pas vraiment notre tasse de thé, mais un album méritant qu’on y prête une oreille attentive.

7th Octave

The Se7enth degree

Écrit par

Tiens, on est de retour dans les années 90? Vous me direz, après le revival 80's actuel il faudra bien que les maisons de disque imaginent autre chose à se mettre dans l’oreille... Dès cet instant, elles composeront peut être le numéro de ce sacré Chuck D (à la production cette fois-ci) qui pourra une fois de plus se frotter les mains... Avec "7th Octave" il leur aura en effet concocté un bon petit revival métal-rap façon 1992. Mais oui, vous savez, cette époque où RATM, attiré par l'odeur des rots métalloïdes de Faith No More, commençait à poindre le bout de son nez... Une époque aussi où les teenagers se rendaient en masse au cinéma pour voir un "Judgment Night" dont la bande son annonçait des collaborations entre Biohazard et Onyx, Helmet et House of Pain, ou encore Sonic Youth et Cypress Hill... Une fois présenté en grande pompe par les Inrocks comme la nouvelle ‘Révolution musicale de l'année’, "The Seventh Degree" se vendra par brouettes entières à de jeunes gamins de 15 ans ou des trentenaires nostalgiques qui se presseront dans les festivals d'été pour applaudir la nouvelle sensation de l’'Underground’. Quoi? "The 7th Octave" n'a pas la pêche de RATM (quelle production horrible, mon dieu), ni la folie ou l'inventivité des Beastie Boys? Bof, de toutes façons Interpol n'a jamais remplacé Joy Division et Maximo Pärk ne concurrencera jamais les Smiths, alors... Allez, rendez-vous en 2020 pour un revival 2000...

James Yorkston

The Year of The Leopard

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Cette année, nous célébrerons le léopard. C’est écrit et chanté sur ce nouvel album de James Yorkston. Murmurés en douceur, les mots se déplacent en apesanteur. L’Ecossais nous invite à traverser ses verts paysages, ses pâturages décorés de laines blanches. C’est ici, le long des grands lacs et des fjords, que la musique de James Yorkston est née. Sensibilité épurée, chansons éplorées : son univers s’écoute avec sagesse. Fruit d’une béatitude consternée, sa musique s’écoule telles des larmes de bonheur. Ces dix chansons content des aventures imaginées au gré de ses voyages, de ses rencontres. « Us Late Travellers », « The Brussels Rambler » ou « Steady As She Goes » évoquent les périples rêvés par leur auteur. « The Year Of The Leopard » convie le fantôme de Nick Drake, les sombres mélodies de Scott Walker. James Yorkston demeure une des pointures du folk moderne. Et ce n’est pas le léopard qui changera la donne.

Vito

Make Good Areas Disturbed

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Petits protégés de Robin Propper-Sheppard, maître d’œuvre chez Sophia, les musiciens de Vito présentent « Make Good Areas Disturbed », première pierre d’une discographie en devenir. D’ailleurs, à l’heure où nous écrivons ces quelques lignes, ces esthètes s’attachent à déterminer la ligne de conduite d’un deuxième album. Mais revenons à ce disque. Produit par Charlie Francis, orfèvre aperçu aux côtés de REM ou Turin Brakes, « Make Good Areas Disturbed » séduit d’emblée l’auditeur. Entre rock ténébreux et post-rock classieux, le cœur de Vito balance. Le nôtre chavire. Les plages instrumentales, d’une beauté confondante, viennent échafauder une base solide, point d’ancrage nécessaire pour poser la voix. On songe alors aux échappées mélancoliques de Sigur Ros, aux montées en puissance d’Explosions In The Sky. Les déflagrations sonores de Mogwai ne sont pas loin non plus. Cachés derrière des numéros énigmatiques, les musiciens privilégient leur musique à la notoriété. L’intensité de ces neuf titres légitime amplement leur approche. L’écoute de ce disque s’impose.

Magnolia Electric Co.

Fading Trails

Suite des aventures de Jason Molina au pays des matins qui déchantent : après le gracieux mais souffreteux « What Comes After The Blues », il st de retour pour un Ep de neuf titres. En fait une compile de quatre sessions différentes, concoctées sous la houlette de James Lott, de David Lowery, de Steve Albini et de lui-même. Si les trois premiers titres (sessions « Nashville Moon », Albini) dévoilent leur spleen à la « Rust Never Sleeps » et donnent à voir un soleil noir quand on ouvre les yeux, ce n’est qu’un mirage de plus. Une vision de l’americana, renfrognée, atrabilaire, mystique, sauvée du marasme par un songwriting affûté. Après le temps se gâte encore (sessions « Black Ram », Lowery), et le riff bat en retraite (« A Little At A Time ») : ‘C’est comme une épée qui vous coupe la tête et qui pleure’, dirait sans doute Dylan, avant de pisser dans son froc en écoutant le reste (le piano hanté de « The Old Horizon »…) A la fin Molina est tout seul chez lui (« Spanish Moon Fall and Rise », « Steady Now »), et on dirait qu’il va se pendre dans sa cave. ‘The world does have to end pain’, gémit-il en grattant sa guitare… C’est un peu décadent ? Et ce n’est pas fini : après « Pyramid Electric Co. », Molina sort ces jours-ci son deuxième disque solo, « Let Me Go, Let Me Go, Let Me Go ». Espérons qu’il ne mette pas les voiles pour de bon, ce serait un beau gâchis.

Maximilian Hecker

Il n'y a pas de la tristesse sur cet album...

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En 2001, « Infinite love songs », chef d'œuvre du genre, révélait au grand jour le nom d'un artiste enchanteur. Cinq ans plus tard, Maximilian Hecker sort son quatrième album, 'I'll be a virgin, I'll be a mountain'. Mélodies aériennes, voix céleste, il continue à ériger cet 'univers parallèle', en quête de pureté. Romantique, oui. Mais certainement pas triste. Selon lui…

Comment doit-on interpréter le titre de votre album, « I'll be a virgin, I'll be a mountain »?

C'est un désir d'atteindre différents états. Je pense que c'est un désir humain naturel : la paix intérieure et la pureté. Une envie d'échapper à la réalité, pour atteindre un monde qui est ailleurs. Par exemple, dans le christianisme, cet 'univers parallèle' est le paradis. C'est similaire ici: il ne doit pas être le paradis chrétien mais un endroit où l'être humain est libéré de son corps et de ses besoins de la vie réelle. C'est, en fait, une image très facile…

Dans la chanson éponyme, vous chantez: 'I'll be a virgin when I reach you, I'll be a mountain when I touch you'. Ca pourrait être sexuel…

Non, bien sûr que non. Le sexe est bien trop réel.

Certaines chansons (« Messed-up girl » entre autres) rappellent fortement la musique de Paul Simon. Est-ce une influence pour vous ?

Oui, c'est une influence et il y en a d'autres: Bob Dylan et des groupes plus récents, Radiohead par exemple, Grandaddy…

Comment vous situez-vous dans un paysage musical allemand plus orienté vers l'électro que la pop ou le folk?

Je m'en fous. Comment cela pourrait-il m'affecter? Tant que le gouvernement allemand ne me force pas à faire de la musique électronique…

A deux reprises (« Snow White » et « Feel like children ») vous citez Blanche-Neige. Cette histoire vous inspire ?

Blanche-Neige a été empoisonnée. Elle était entre la vie et la mort. Mais elle n'est pas morte : quand ce gars est venu après un certain temps, elle s'est réveillée. Dans ce conte de fées, le paradoxe est possible : quelqu'un expérimente une paix éternelle et le silence tout en étant vivant. C'est un état intéressant.

Dans "The saviour", vous déclarez: 'there's nothing in this world to save my life'. C'est très dur…

Dur pour qui? Beaucoup de choses dans ce monde ne sont pas très heureuses. La mort est une question de culture. Elle n'est pas toujours envisagée comme une fin, c'est juste quelque chose qui arrive au cours d'un processus. Dans d'autres religions, c'est un cercle: la mort n'est pas considérée comme quelque chose de négatif. Pour moi, ce n'est pas négatif non plus. C'est juste une porte pour cet état, cet autre monde où l'on peut finalement ressentir cette paix éternelle. C'est quelque chose que tout le monde attend, la raison qui explique la lutte d'être en vie. Si les auditeurs rentrent dans cette idée, ils comprendront que je n'essaie pas de sonner triste. C'est l'inverse.

L'album s'achève sur ces mots: 'I lose my daydreams, I lose my colours, I lose my longing, I find myself' ("Grey"). Est-ce votre façon de conclure? Il y aurait plus d'espoir que de tristesse ?

Il n'y a pas de tristesse sur cet album. Selon moi, les choses tragiques et le désespoir sont très romantiques. C'est juste un état avant la liberté et la paix. Ca peut sembler paradoxal mais peut-être pas. Par exemple, les gens ont toujours écrit des drames pour le théâtre ou le cinéma. Créant un effet sur les spectateurs qui les regardent. Personne ne va voir le film Titanic pour déprimer davantage ensuite, mais pour se sentir transporté et être dans un bon état d'esprit. Et même pleurer a quelque chose de cathartique. Dans les moments de profond désespoir, tellement existentiel, vous anticipez déjà ce qui arrive après le moment cathartique. Ceci explique que quelque chose ici peut sonner triste ou est lié à la souffrance. Vous aimez vous faire du mal ?

Pas spécialement…

Donc si vous écoutez l'album, ce n'est pas pour vous faire souffrir, il doit y avoir une raison… Je pense que si vous n'écoutez pas les paroles, par exemple, et que vous n'écoutez que la musique, le sentiment que vous avez est chaud, positif. Même si les gens appellent cela de la musique triste, l'effet est contraire. Il existe beaucoup de musiques qui peuvent communiquer un sentiment de tristesse. Celle de Radiohead, par exemple. Mais les gens l'écoutent et ont un sentiment positif. Peu importe comment cette musique est baptisée ; ce qui compte c'est qu'on se sente bien en l'écoutant.

Étonnamment, certains vous comparent à James Blunt. Vous admettez la comparaison ?

Je ne connais pas vraiment la musique, je devrais vérifier. C'est plus pop, plus propre, non ? Peut-être est-ce le cliché de quelqu'un portant des longs cheveux, s'accompagnant à la guitare et écrivant des chansons d'amour. Au passage, je n'ai jamais composé une chanson d'amour. Si j'étais membre d'un groupe, personne ne me comparerait à James Blunt. Lui et moi utilisons juste un nom. Sa musique et la mienne ne sonnent pas vraiment comme de la musique de songwriter. Elle émane d'un groupe avec batterie, etc… Clichés.

Dernière question, on parle souvent de vos cheveux. Quel est votre secret ?

Le fait est que Liam Gallagher imite les Beatles et j'imite Liam Gallagher. Il n'y a donc aucun accomplissement personnel. C'est truqué.

The Veils

Une voix insaisissable...

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En mai 2004, les Veils s'étaient produits à Bruxelles dans le cadre des Nuits du Botanique. Un excellent concert accordé dans le cadre de la sortie d'un tout premier album. Apparemment le leader, Finn Andrews, n'était pas trop satisfait de ses musiciens, puisque dans les semaines qui ont suivi, il les a tous virés. Ce qui lui a valu une image de type difficile, acariâtre et à la limite inabordable. Août dernier, la formation se produisait au Pukkelpop. Sous un tout nouveau line up. Et puis pour y présenter les nouvelles chansons de son second opus, « Nux Vomica ». L'occasion idéale pour un entretien à bâtons rompus. Encore qu'avant de le rencontrer, une certaine appréhension m'avait envahi : cet artiste serait introverti, peu bavard et fort peu intéressant à converser. Comme quoi les clichés ont la dent dure. Parce que Finn est un type fort intéressant. Un peu timide, mais d'une grande gentillesse, extrêmement sensible et surtout profond. Le tout, c'était simplement de poser les bonnes questions…

Le Strychnos nux-vomica est un arbre sempervirent originaire de l'Asie du sud-est. Il pousse dans des habitats ouverts et atteint habituellement la taille d'environ 25 mètres. Son écorce recèle des composés toxiques, dont la brucine. Mais les semences enserrées à l'intérieur des fruits de l'arbre produisent de la strychnine, un alcaloïde extrêmement toxique, dont on se sert en médecine. En homéopathie, ce remède est le plus prescrit de tous, le plus fréquent en raison de la masse de ses symptômes, et surtout parce que les affections qu'il guérit correspondent aux troubles fonctionnels les plus souvent rencontrés en médecine. En particulier, les troubles digestifs et la tension nerveuse. C'est une des médications les plus adaptées aux conditions de vie moderne, stressante et rapide. Avant de commencer notre entretien, je lui montre un tube de granulées de Nux Vomica 5CH. Finn a l'air un peu embarrassé : « En fait, je ne connais pas bien l'homéopathie. Je n'en ai qu'une vague idée. J'ai des amis qui se soignent par cette médecine. Je sais qu'il existe des choses qui marchent. Mais pour moi cela reste un mystère… » Alors pourquoi avoir choisi un tel nom pour son album ? Finn se justifie : « Au départ, c'était le titre d'une chanson. Mais elle collait bien au thème général du disque. Parce que cet arbre symbolise la contradiction : il est à la fois toxique et curatif… » Serions nous donc en présence d'un concept album ? Finn clarifie : « Mon premier album ('The Runnaway Found') était plus conceptuel. Enfin, son écriture. C'est-à-dire que je compose au cours d'une période assez brève. Mais il est vrai que lorsque je m'arrête, l'intervalle de pause est parfois très long. Aussi, on peut attribuer la notion de concept, à la phase assez courte au cours de laquelle j'écris. Même si elle est assez féconde. Maintenant, le terme concept n'est peut être pas le plus judicieux. Il est un peu trop prog à mon goût… » Finn passe autant de temps en Nouvelle-Zélande qu'en Angleterre. A croire qu'il compte deux esprits et deux domiciles. Finn raconte : « Il y a un peu des deux. En fait jusqu'à présent j'ai vécu autant de temps en Angleterre qu'en Nouvelle-Zélande. Et je ne me sens pas plus néo-zélandais qu'anglais. Mais cette situation provoque inévitablement un trouble. Qui s'estompe au fil du temps. Je n'ai pas pour autant une double personnalité… » Mais doit-il fuir aux Antipodes pour écrire ? La réponse fuse : « Pas forcément. Honnêtement, cela pourrait être n'importe où. Mais il est vrai qu'il existe moins de pression de l'autre côté du globe qu'en Grande-Bretagne où rien n'a changé depuis quatre ans. La pression est toujours la même. Evidemment on peut imaginer qu'à cause de cette pression on perd un peu de la qualité esthétique d'un album. Notamment lorsqu'on doit sortir des singles. Mais j'aime ce type de pression. Par contre, il est vrai que lorsque je me trouve en Nouvelle-Zélande, je ne dois pas trop me soucier de l'environnement ni du management. Il y est plus facile de s'isoler… »

‘Nux Vomica’ a été mis en forme par Nick Launey, un producteur notoire dont la carte de visite mentionne des collaborations aussi prestigieuses que Queen, le Jam, XTC, David Byrne, INXS, Silverchair, PIL, Talking Heads, Gang of Four ou Nick Cave. Ce qui méritait quelques explications, vu la carte de visite du personnage : « En fait, lorsque j'étais gosse, je jouais en compagnie de ses enfants. C'est un ami proche de mes parents. Et puis on s'est perdu de vue pendant une bonne dizaine d'années. A l'origine, je n'avais aucune connaissance du monde des studios. C'était très confus en moi-même. A un certain moment, je me suis rendu compte que ce job était trop compliqué pour moi ; et c'est Nick qui m'a mis en contact avec le label Rough Trade. C'est un type fantastique. Il a immédiatement perçu les problèmes que je rencontrais et les solutions qu'il fallait envisager. Son timing est parfait. Sa lecture musicale est extraordinaire. Il a une patience d'ange. Il a développé une véritable philosophie de travail. Ce qui explique pourquoi il est aussi apprécié par les artistes. La vie d'un groupe est faite de hauts et de bas. Certains groupes sont éphémères. Travailler sous sa houlette est sécurisant. Pourtant, il utilise très peu d'overdubs. Privilégie les prises 'live'. L'approche de son travail est à la fois vivante et organique. Il plus intéressé par la performance que par le travail sur un ordinateur. C'est un ingénieur du son incroyable ! »

Finn possède une voix assez particulière. Lors de ses chansons les plus blues, elle épouse parfois le timbre de feus Jeff voire Tim Buckley, son père. On a parfois l'impression qu'elle est hantée par un esprit vaudou. Peut-être celui de la Nouvelle-Orléans… Finn confesse : « Je vis un conflit intérieur avec ma voix. J'e l'ai travaillée pendant trois longues années dans ma chambre avant de la faire écouter à quelqu'un. Elle est très difficile à maîtriser. C'est une préoccupation constante. Une source d'inquiétude. Parfois cette situation me persécute. J'ai toujours peur qu'elle m'abuse. J'essaie de la comprendre et de la maîtriser. Mais elle et toujours imprévisible. Parfois je ne la reconnais même pas moi-même. J'ai toujours aimé les chanteurs qui ont de superbes organes. Des artistes comme Bing Crosby ou George Michael ont une belle voix naturelle, lisse. Ce n'est pas mon cas. Mais je me suis rendu compte que j'avais plutôt intérêt à tirer le meilleur parti de mes capacités plutôt que de me soucier de la sonorité de mes cordes vocales. J'apprécie tout particulièrement des chanteurs comme Van Morrison, Tom Waits, Dylan, Léonard Cohen. Mais ils n'ont pas nécessairement de jolies voix. Van Morrison peut-être davantage aujourd'hui. J'ai mis longtemps pour accepter mon propre timbre… »

Deux chansons du nouvel album parlent des difficultés rencontrées par Finn à l'école, en Angleterre. 'Jesus for the jugular', tout d'abord. « Au cours de mon adolescence, j'ai fréquenté une école chrétienne qui imposait des règles très strictes. Or à la maison, toute la famille - il y avait quatre enfants - baignait au sein d'un univers artistique. A cause de mes parents (NDR : Finn est le fils de Barry Andrews, claviériste d'XTC). Je n'ai pas du tout bien vécu cette expérience. Je pose un regard amer sur cette période et ne la porte pas du tout dans mon cœur… » 'Advice for young mother be', ensuite. A premier abord un clin d'œil aux Shirelles. Ensuite le single qui a bénéficié d'un clip vidéo assez amusant. Mais finalement une remise en cause du système d'éducation. Finn confirme : « Elle est complémentaire à la précédente. Le monde est bien moins malintentionné qu'on veut nous faire croire. Si vous appliquez tout ce que les profs vous racontent à l'école, vous foutez votre vie en l'air. En fait, c'est une chanson légère qui raconte des choses sérieuses… » A ce propos, qu'est ce qui est le plus important pour notre interlocuteur : le succès ou l'intemporalité de ses chansons ? Question difficile… « La première chose, c'est de poursuivre son chemin. Et dans un premier temps récolter du succès. Je ne crache pas dessus. C'est normal. Et puis tu vises le second objectif. Question difficile, en effet. Si vous pensez trop à ce type de question, vous oubliez d'écrire. Le rock compte plus de 60 ans d'existence. Avant de devenir intemporelle, une chanson a peut-être besoin d'un siècle. McCartney n'a toujours pas cessé de chanter. Et à mon avis, il n'est pas prêt de s'arrêter. C'est sa vie… »

En bref, les musiciens des Delays et des Veils sont des amis. Ils ont accompli de longues tournées ensemble, en bus. Il leur arrive de jammer, mais dans le car. Pas de projet à court terme de collaboration. Enfin, pas dans l'immédiat. Peut-être un peu plus tard. Une chose est sûre, ils s'apprécient beaucoup. Signé Elvis Costello, ‘Shipbuilding’ est une des compos préférées de Finn. La version interprétée par Robert Wyatt. Toujours à cause de la voix. Finn a un jour déclaré que la démocratie était faite pour les idiots. Pas de panique, c'était une blague. Il respecte le consensus démocratique ; mais en tant que leader il a le devoir de prendre les décisions finales. Parce qu'il discerne le déroulement des événements. Il a aussi tâté de la peinture. Mais faute de temps, il a abandonné. Ajoutant : « Le résultat n'était pas probant. Et puis j'ai commencé à m'intéresser à la musique dès l'âge de 13 ans. Et à en jouer… » Enfin, Finn envisage-t-il un jour de travailler en compagnie de son père ? Question délicate. « J'ai un peu bossé avec mon paternel. En fait, j'écoute surtout ses conseils. Si nous voulions collaborer ensemble, le projet exigerait une coordination très importante. Et puis non, je crois qu'on n'en a pas trop envie. On se côtoie ; mais on travaille séparément… » 

Merci à Vincent Devos 


Walter Trout

Full circle

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Originaire du New Jersey, Walter Trout est âgé de 55 ans. Au cours de sa jeunesse, il se consacre à la trompette. Ce n’est qu’après avoir écouté l'album "The Paul Butterfield Blues Band", au sein duquel milite un certain Mike Bloomfield à la guitare, qu’il décide de passer à la six cordes. En 1973, il s’établit en Californie. Il y joue en compagnie de Finis Tasby, Lowell Fulsom, Percy Mayfield ou encore de l'organiste Deacon Jones ; mais surtout au sein des orchestres de John Lee Hooker et de Joe Tex. En 81, il rejoint Canned Heat. Il y restera trois bonnes années. Il transite par les Bluesbreakers de John Mayall aux côtés de Coco Montoya. Une expérience couronnée de succès. Enfin, en 1989, il fonde son Walter Trout Band, patronyme qu’il change rapidement en Free Radicals. Une aventure qui va lui permettre de récolter une notoriété internationale. Depuis, il a commis une multitude d’albums dont la plupart se sont bien vendus. Faut dire que le hard rockin' blues de Trout réunit un nombre impressionnant de fidèles aficionados. Produit par Jim Gaines, "Go the distance", son dernier album studio, était paru voici déjà cinq ans. Bien que proposant de nouvelles chansons, le "Relentless" de 2003 était un ‘live’. Et le "Deep Trout" de 2005 une compilation.

Il aura donc fallu 5 longues années pour voir Walter enregistrer un nouvel opus studio. Un nouvel elpee très blues pour lequel il a reçu le concours de vingt-cinq amis dont quelques artistes prestigieux. Sans oublier ses Radicals : Rick Knapp à la basse, Joseph Pafumi aux drums et Sammy Avila à l’orgue Hammond. Son premier invité n’est autre que John Mayall. Son boss des années 80 est au piano et à l'harmonica. Il donne également la réplique vocale sur le très inspiré "She takes more than she gives", un merveilleux blues lent digne des meilleurs moments des Bluesbreakers. Walter concède son meilleur solo de blues depuis bien longtemps. Plus de 8 minutes de bonheur! "Workin' overtime" a été enregistré au Canada. Jeff Healey et ses musiciens collaborent à ce blues rock au tempo lent ; mais dont l’intensité rappelle la quintessence du Cream, lorsque Clapton et Bruce étaient au sommet de leur art. Walter et Jeff conjuguent leurs guitares au sein d’un bain de décibels. Country blues proche du Delta, "Firehouse blues" ramène la sérénité. Walter cumule la guitare acoustique et l’harmonica. Réplique de Johnny Winter, Eric Sardinas se réserve le bottleneck et le chant. Autre bonne surprise : Walter et Coco Montoya sont à nouveau réunis pour "Who's listenin' in". Les deux guitaristes du Bluesbreakers des 80’s s’abandonnent dans une véritable orgie de cordes. Très habile, Junior Watson participe à un heureux intermède instrumental. Trout a bien de la peine à soutenir la différence. Evidemment, la plage est sculptée dans le jump, dont le maître incontesté reste Watson! La section rythmique est impressionnante : Johnny Ray Bartel (des Red Devils) à la basse et Bill Bateman (des Blasters) à la batterie. La présence de Guitar Shorty est une autre bonne nouvelle. Ce vétéran issu du nord ouest américain se consacre à la guitare et au chant sur "Wrapped around your finger", un blues rocker bien carré. Deacon Jones s’applique à l’orgue. Shorty est aussi balaise que Trout pour extraire des notes désespérées de ses cordes. Blues très roots, "A busy man" puise ses sources dans le Chicago Southside. Une compo signée James Harman. Walter et James se partagent le chant face au piano alerte de Rob Rio. La guitare devient envahissante. Dommage que Harman ne souffle pas davantage dans son harmonica. Aux ivoires, le bon vieux John vient insuffler un petit élan de boogie, à "The highway song", une chanson coécrite par Trout et Mayall. Très Chicago Westside "When will it ever change" évolue dans un registre assez proche d’un Magic Sam. Faut dire que le duelliste n’est autre que Bernard Allison, le fils d'un des rois du Westside. Il n’est donc pas étonnant d’y entendre un impressionnant flux de notes. La fin de l'album est bien moins intéressante. Sauvé par la voix de Finis Tasby et l'orgue de Deacon Jones, "Can't help falling apart" campe un blues rock lourd. Deacon est toujours au poste pour "After hours", un late night blues instrumental très atmosphérique. Blues rock lent parsemé d’accents dramatiques, "Clouds on the horizon" est caractérisé par moult joutes orgiaques sur les cordes. Le jeune Joe Bonamassa y participe allègrement. Cet opus s’achève par un instrumental rehaussé par la présence de Larry Keene (NDR : il est marié à la belle-sœur de Walter !), un DJ rock'n'roll qui a sévi sur les ondes au cours des années 60.