La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

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John Long

Lost & Found

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Avant sa mort, Muddy Waters avait déclaré que John Long était le meilleur jeune artiste de country blues encore en vie. Considéré par les spécialistes comme un véritable trésor national, John est né à St Louis, dans le Missouri. En 1950. Très jeune, il écoutait déjà les 78 tours de jazz et R&B de sa mère ou se postait devant sa radio pour écouter les programmes consacrés à la musique noire. Au début des années 60, il milite au sein d’un groupe de rock’n’roll et de R&B, en compagnie de son frère : les Mystics. Mais il séjourne régulièrement à St Louis où il côtoie de vieux bluesmen comme Big Joe Williams et Doc Terry. A l’aube des seventies, il atterrit à Chicago où il fréquente assidûment Homesick James Williamson. Ce dernier lui enseigne pas mal de ficelles. Il existe très peu de témoignages enregistrés de John Long. Ce qui explique pourquoi il est demeuré si longtemps méconnu. Il aura fallu qu'une de ses démos tombe dans les mains d'Al Blake, le chanteur/harmoniciste du Hollywood Fats Band et des Hollywood Blue Flames, pour le sortir de l’anonymat. Mis au parfum, Randy Chortkoff, boss de Delta Groove (NDR : dynamique label blues de Los Angeles), lui offre enfin l’opportunité de graver un album éponyme. Sous le charme, Chortkoff a le sentiment que cette découverte est semblable à celle d'Alan Lomax, lorsqu'il a invité Muddy Waters à entrer en studio, pour la toute première fois. John Long semble sorti tout droit des années glorieuses d'avant-guerre. Un bluesman pur et dur qui évolue sur le même terrain que Tampa Red, Scrapper Blackwell ou Peetie Wheatstraw. L'elpee a été concocté en une journée. A Burbank, en Californie. Long a composé la plupart des compos du disque. Il a cependant reçu le concours de son frère Claude pour quatre plages. A l’écriture. John chante, joue de la guitare et de l'harmonica. Fred Kaplan (NDR : un acolyte de longue date d'Al Blake) le soutient au piano pour trois morceaux.

Entièrement respectueux du blues ancestral, John chante "Hokum town" d’une voix vivace. Il la met cependant au service de la composition. Expert dans le traitement des cordes, ses attaques sont sans fioritures. Il les place pourtant au coeur de la tradition musicale. Et on ne peut alors s’empêcher de penser aux créateurs depuis longtemps disparus tels que Charlie Patton, Son House ou Willie Brown. "Pressure cooker ('bout to blow)" est imprimé sur un tempo bien marqué. John y ajoute l'harmonica ; mais il évolue ici dans un registre rythmique bien plus proche d’un Jimmy Reed. Fred Kaplan le rejoint au piano pour "Hell cat". Long manifeste une authenticité stupéfiante lors de léger blues alliant guitare et piano. Imaginez-vous soixante ans plus tôt à l’écoute de Leroy Carr et Scrapper Blackwell, Big Bill Broonzy ou encore de Big Maceo Merryweather, un peu plus tard. Authentique, il l’est tout autant sur "Blues and boogie woogie". Ce chanteur/guitariste se met dans la peau des artistes delta blues les plus significatifs. Et je pense tout particulièrement à Robert Johnson. Voire à Tommy Johnson. D’ailleurs cette compo aurait fait un malheur si elle avait été interprétée par le Canned Heat de Bob Hite et Alan Wilson! "Foot stompin' daddy" est de la même trempe. Et signé par son frangin, "Greyhound diver" joue les prolongations. Nuance : la présence d’un bottleneck ; et puis la voix est bien plus mâle que celle du légendaire Johnson! "Stranglevine" constitue un des meilleurs moments de l’elpee. Kaplan s’y réserve le piano. Long gratte en soufflant dans son harmo posé sur le rack. Nous ne sommes alors plus très loin d’un classique du blues comme "It hurts me too". A moins que ce ne soit de Big Bill Broonzy. A cause de la sobriété et de la facilité manifestées dans l’interprétation. Déconcertant ! Il remet le couvert lors du séduisant "Mean ole rootin' ground sloth". Un fragment bouleversant d'authenticité et de sincérité! John cumule guitare, harmonica et percussions sur le boogie instrumental "Johnnie's jump". Secondé par une guitare aux accords jazzyfiants, Long chante d’un timbre intimiste et chaleureux "Healin' touch". On ressent très fort sa présence. A un tel point que parfois, on a l’impression qu’il est assis près de vous. Impressionnant! Lost & found" s’achève par deux versions différentes de "Leavin' St Louis". Tout d’abord en solo : John, son chant volontaire, ses cordes, l'harmonica fragile et acéré comme un Jimmy Reed au sommet de son art. Assurément, Jon vit son blues. A un tel point que son inspiration, sa créativité, se fondent dans son art. Trop peu d’artistes contemporains manifestent une telle passion. Ce n’est donc pas une surprise lorsqu’il adapte ce thème, flanqué de Fred Kaplan aux ivoires. Difficile alors de ne pas penser au grand Otis Spann et aux belles années qu’il nous a gratifiées. On comprend mieux pourquoi, Jon impressionna en son temps une légende comme Muddy Waters! Cet homme attachant vient de commettre un album tout bonnement remarquable.

 

 

Jurassic 5

Feedback

Écrit par

Fans de Hip-Hop, accrocs de la platine, disciples du gros son, préparez-vous à frémir, car l’armada Jurassic 5 envahit à nouveau vos soundsystems et semble des plus revancharde ! Après quatre longues années d’absence, véritable traversée du désert pour les inconditionnels du combo californien, c’est un « Feedback » très inspiré qui succède à « Power in Numbers », en balayant d’un revers de la main les ultimes doutes des mélomanes cartésiens… La bande à Chali 2na demeure bel et bien dans les hautes sphères du "Panthéon du Rap". Les armes ont été affûtées : mélodies précises, samples efficaces, rythmes entraînants, flots irréprochables, scratches endiablés. Le tout, saupoudré d’élans funky (par exemple, sur le savoureux « Gotta Understand » et son sample de Curtis Mayfield) ou soul (avec « Brown girl » sur lequel posent les deux sœurs Brick & Lace) auxquels nous ont habitués les J5. A la mesure de l’attente légitime, ce quatrième opus atteint une nouvelle fois sa cible. Pourtant l’équipe, orpheline de l’un de ses deux fameux Dj - en l’occurrence Cut Chemist - était attendue au tournant. Profitant de l’élan de son « Litmus Test » - sorti en 2004- ce dernier a définitivement décidé de voler de ses propres ailes. Intitulé « The Audience's Listening » son premier véritable album solo a d’ailleurs envahi les bacs depuis juillet et vaut à plus d’un titre le coup d’oreille. Néanmoins Nu-Mark, ex-côté pile du duo, négocie parfaitement le virage et signe même sur la dernière plage de « Feedback » une instru réjouissante, « Canto De Ossanha », qui ravira tous les apprentis Dj’s. Côté collaboration, signalons la présence de quelques guests-stars, un featuring de Mos Def sur « Where We At » et la participation, un peu plus surprenante, de Dave Matthews Band pour « Work It Out ». Enfin, « Get it Together » adresse un petit clin d’œil au « Come Together » des Beatles. Car, à l’instar des quatre de Liverpool, les 5 de Los Angeles sont eux aussi des ‘garçons dans le vent’. Ce dernier soufflait déjà en 1993 depuis la côte Ouest, et ne semble pas encore prêt de cesser.

Charlotte Gainsbourg

5:55

Écrit par

Evoquer Charlotte sans effleurer la mémoire de Serge n’est pas chose évidente. Charlotte Gainsbourg est donc bien la fille de son père. Mais certainement pas une fille à papa. Capable de se débrouiller seule, Charlotte sait s’entourer. Pour son retour à la musique, elle a donc choisi de s’oublier dans les mélodies de Nicolas Godin et Benoît Dunckel (les artisans de Air), de chanter les textes de Jarvis Cocker (Pulp) ou de Neil Hannon (The Divine Comedy). Aux manettes, l’incontournable Nigel Godrich fait des merveilles. Epaulée par de telles pointures, Charlotte ne pouvait manquer son rendez-vous, l’heure fatidique : « 5:55 ».

Près de vingt ans après « Charlotte Forever », les premiers mots de la chanteuse sont fredonnés en français (« 5:55 »). Une exception pour confirmer la règle : « Tel que tu es » mis à part, le reste du disque s’égraine dans la langue de Shakespeare. La deuxième chanson, intitulée « AF 607105 », évoque les aléas d’un voyage en avion. L’album peut enfin décoller. Lentement, d’un ton mélancolique, Charlotte pose son timbre sur une couette sonore aérienne, atmosphérique. Nonchalante, elle abandonne ce filet de voix aux étoiles, à la nuit. « The songs that we sing », premier single de ce recueil nocturne, relance le rythme de l’album. En fin de parcours, Charlotte se laisse aller au gré de « Morning song », hymne oedipien, seul titre du disque écrit de ses mains. « 5:55 ». Il se fait tard. Demain est un autre soir. Ne l’oublions jamais. Et Charlotte chantera... Forever.

Golden Smog

Another Fine Day

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Composé de musiciens recrutés dans des bands comme Soul Asylum (Daniel Murphy), The Jayhawks (Marc Perlman et Gary Louris) ou encore l’excellent Wilco (Jeff Tweedy), ce combo hybride apparaît comme une savante réunion de prestataires qui n’ont aucune envie d’élire une tête pensante. Se répartissant les tâches avec anarchie, ils se retrouvent huit années après un album intitulé Weird Tales qui - soyons honnêtes - n’avait pas marqué les mémoires. Quand l’un chante, l’autre joue de la guitare, et quand l’autre se met aux ‘drums’, l’un s’adonne aux ‘vocals’. Le résultat est forcément déstabilisant, puisqu’on perd chaque fois nos repères au fur et à mesure du défilement des chansons. D’un pop-rock banal en ouverture, on passe directement à un rock’n roll plus enjoué, avant de poursuivre dans la légèreté et de s’abandonner, ici et là, à des plages plus délicates d'où s'extirpe une voix féminine. Le fil conducteur ? Il se décèle après plusieurs écoutes, lorsque nos oreilles comprennent qu’il n’y a rien à comprendre. Il suffit d’accepter le fait que le conventionnel peut côtoyer le plaisant.

Roger Eno

The Flatlands

Écrit par

Le nom de l'artiste renvoie évidemment à celui de son frère Brian, claviériste originel chez Roxy Music et magicien des sons. Roger collabore fréquemment avec ce dernier, ainsi que d'autres personnages illustres du vaste monde rock, parmi lesquels Daniel Lanois. Roger est aussi le compositeur de nombreux soundtracks, dont ceux des films 'Dune' et 'Neuf semaines et demie'. La présente réédition nous révèle encore une autre facette de ce multi-instrumentiste. Réalisé en 94, « The Flatlands » propose 18 courtes compositions pour piano et cordes. Soit une musique de chambre contemporaine aux réminiscences du septième art. Subtiles et délicates, légères sans jamais être mièvres, les plages se succèdent dans une délicieuse ambiance feutrée. Cette œuvre entièrement instrumentale ne livrera toutefois sa beauté fragile qu'aux amateurs du genre.

Devastations

Coal

Écrit par

En 2002, après seulement quatre concerts, la jeune formation de Devastations est invitée à assurer la première partie des Tindersticks lors de leur tournée australienne. Une marque de reconnaissance qui n’a rien d’étonnant, tant la qualité des compositions a largement de quoi séduire les amateurs de sons doux, mélancoliques, sombres mais bienfaisants. Lors de la sortie du premier album éponyme (en 2003), Karen O des Yeah Yeah Yeahs clamait que c’était ‘ la plus belle chose qu’elle ait entendue cette année-là’. Bizarrement, derrière un nom de baptême que n’aurait pas renié un groupe de metal slave, se cache une apaisante cascade de chansons dont la voix dicte le rythme. Une voix suave, non forcée, dont le timbre rappelle parfois celui de Leonard Cohen dans sa façon de s’étirer sans jamais oser s’envoler. Le piano, présent sur chaque titre de ce deuxième album, apparaît comme le second élément essentiel de la barque et ne lâche jamais prise jusqu’au dernier (et magnifique) morceau de clôture où il est rejoint par un… violon. Tout au long de la promenade, le trio australien (désormais établi à Berlin pour les raisons qu’on imagine) déborde d’arguments et manifeste une cohérence mélodique exemplaire. Un disque à placer entre le salon et la chambre, voire dans une salle à manger où dansent quelques chandelles sur fond de tête-à-tête.

Various Artists

Ca balance pas mal à Liège / La compilation 2006

Écrit par

« Ca balance [pas mal] à Liège » est une initiative comme on voudrait en voir plus souvent. Né en 2002, ce projet, soutenu par Liège Province Culture et l’ALPEM, est destiné à aider les artistes débutants tant au niveau de la création, qu´au niveau de la diffusion, de la production et de l’édition discographique. Cette troisième compilation de « Ca balance [pas mal] à Liège » nous présente douze artistes issus d’univers musicaux très divers. Se côtoient donc sur ce cd pop, rock, folk, électro, variété française et musique arabo-andalouse. Rien à jeter sur cette compilation, les différents artistes nous proposant, chacun dans leur style, des morceaux de qualité et de charme. Mentions spéciales à Lydie Claire qui nous enchante par son « N´importe quoi » et à Blue Velvet et son excellent « Are you ready ? ». Espérons donc un avenir qui balance pour ces douze talents en devenir !

Au menu : Alcatraz (pop rock), Ananke (jazz), Blue Velvet (pop rock), Charlotte Renoy (chanson française), Crowded (pop rock), Dubicki-Tripodi Quintet (jazz), Gabrielle Ghray, Géraldine Cozier & the Swallows (jazz), Indoo (pop rock), Lydie Claire (chanson française), Moon Fish (électro pop) et Ourouk (world music).

Barbara Carlotti

Les Lys Brisés

Écrit par

Une Barbara méditerranéenne ? Une Nico hexagonale ? En écoutant Barbara Carlotti chanter, on songe à ces deux icônes de la chanson. Ces références mortelles entendues, on ne peut s’empêcher d’évoquer Françoise Hardy. L’ombre de l’égérie pop des sixties plane indiscutablement sur « Les Lys Brisés ». Ce premier album dévoile une artiste élégante. Entre pop romantique et chansons littéraires, la chanteuse pose sa voix. Ouvertement, sans ambages. Sensuels, les mots évoquent des histoires d’amours insensées, des rêves retardés. Les chansons de Barbara Carlotti sont intemporelles, soigneusement conservées dans un écrin de douceur. Plus personne ne chante de cette façon. Voilà la clef du chant de Barbara Carlotti. Ce côté suranné, un peu désuet, résonne sur notre platine comme le plus bel écho d’un passé fantasmé. Tellement vraies, ses paroles nous font rêver : ‘le malheur sur la Côte d’Azur. C’est que jamais rien ne dure’ (« Cannes »). Dandys décadents, démesures et autres curiosités participent aux bris de ces Lys. Et c’est un délice.

The Black Keys

Magic Potion

Écrit par

Quelques semaines plus tôt, les Black Keys rendaient hommage à Junior Kimbrough par le prisme d’un mini-album intitulé « Chulahoma ». Le flingue bariolé illustrant la pochette laissait entrevoir une œuvre sans concession. Le blues – base de production du duo d’Akron – du maître s’électrocutait alors aux riffs poisseux de ses élèves : Dan Auerbach (chant, guitare) et Patrick Carney (batterie). Après cette dédicace distordue, les Black Keys goûtent aux effets de « Magic Potion ». Sur ce nouvel album, le rock tente de subordonner le blues. Mais ce dernier riposte. Il sursaute, vibre. Et jamais ne se laisse dompter. L’antidote concocté par Carney et Auerbach constitue un nouveau tour de force : confrontation instable campée entre rock’n’roll et blues, douleur et sueur. La guitare et la batterie célèbrent ici une symbiose de tous les instants. Le timbre de Dan Auerbach évoque celui d’un vieux bluesman, éreinté par la vie, accablé par les brûlures du soleil mais fier de son pacte conclu avec le diable. A l’heure du quatrième album, les Black Keys affichent leur personnalité. Entière, vouée aux souvenirs de l’esclavagisme noir américain et aux riffs burnés d’une meute de teenagers restés trop longtemps cloîtrés dans leur garage. Remède moderne aux divers égarements sonores, « Magic Potion » est une fiole de jouvence essentielle pour ce bon vieux rock’n’roll. Sans crainte, les novices peuvent absorber « Just A Little Heat » et « Goodbye Babylon ». Métamorphosés, ils marcheront dans le droit chemin. L’effet est immédiat, garanti. Pas rétrogrades, mais fidèles aux principes fondateurs du mode binaire, les Black Keys demeurent nos druides favoris. Buvons à cette « Magic Potion ». Buvons !

Skeil

Sexustation

Écrit par

Non ce n’est pas du Jamiroquai, mais Skeil, un quintet qui pratique un funk/electro/acid/jazz d’excellente facture et bien rythmé. La formation reconnaît, bien évidemment, Jason Kayn comme influence majeure, mais aussi Stevie Wonder, Weather Report, Jaco Pastorius et même Eric Truffaz. Skeil, c’est également le claviériste et surtout le vocaliste du combo. Et le leader, par déduction. Il possède une très bonne voix, particulièrement adaptée au style. Faudrait maintenant voir le résultat sur les planches. Mais vu la pêche des compos, les musiciens doivent certainement mettre de l’ambiance…

Bubble Trap

Jay

Écrit par

‘A creuser’, c´est la conclusion qui s’impose après avoir écouté les deux morceaux ("Jay" et "I am nothing") figurant sur le single de ce groupe montois invité à monter sur les planches, lors du festival de Dour, en juillet dernier. Relativement paisible, leur pop-rock bénéficie de la présence d’un chanteur (Sébastien Boutry) dont le timbre rappelle celui de Morrissey... Rien de bien révolutionnaire, mais pas mal du tout pour un début.

Freaks

Don t smile

Écrit par

Freaks est surtout connu pour son excellent titre électro « My bloody animal ». Son nouveau single, « Don´t smile », agrège pour la circonstance électro, rock et rap (ce qui rend inévitable la comparaison avec Linkin Park). Le résultat de ce cocktail (d)étonnant est très prometteur. L´album devrait suivre prochainement…



Venus

Savoure le rouge

Trois ans après l'ampoulé « Vertigone », les Bruxellois de Venus ont rendossé leurs beaux costumes de scène, cette fois en rouge et noir. Deux couleurs qui leur vont à merveille, puisqu'elles soulignent avec force ces treize nouveaux titres aux ambiances souffreteuses. Le sang, la colère, la passion : si l'atmosphère de « The Red Room » risque bien de plomber vos dimanches, elle vaut bien n'importe quel bovarysme? Et de fesser vigoureusement la chair, et d'y voir palpiter nos désirs les plus fous, pour qu'enfin 'décadence' rime avec 'élégance', et que Venus se détache pour de bon de l'emphase à la « Beautiful Day » ! Welcome in the red room, et n'oubliez pas d'enlever vos chaussures? La visite peut commencer !

Depuis « Vertigone » et votre tournée, il s'est passé plus de deux ans. Qu'est-ce que vous avez fait durant tout ce temps ?

Pierre Jacqmin (basse, contrebasse) : De janvier à août 2004 on a pris des vacances, on a travaillé chacun sur d'autres projets, et puis on a commencé à bosser régulièrement sur cet album... On n'a donc pas chômé, même s'il est vrai qu'on ne donnait plus trop de nouvelles de nous !

Christian Schreurs (violon, guitare) : On a commencé, en fait, à enregistrer en septembre 2005, après un an d'écriture.

Il est exact que la dernière fois qu'on vous avait vus sur scène, c'était à l'Octopus, fin juillet 2005 ?

C. S. : C'était un concert test, puisqu'on avait quasiment fini l'album, et il nous a permis de voir ce qui fonctionnait ou pas. Il faut admettre qu'il était risqué de ne jouer pratiquement que des nouveaux morceaux, surtout lors d'un festival d'été?

P. J. : ?D'autant plus qu'on ne les maîtrisait pas encore bien. On les interprétait pour la première fois en concert !

C. S. : Mais tout y était ! Il ne nous restait plus qu'à entrer en studio avec Head, qui est un excellent ingénieur du son, pour peaufiner le tout de manière optimale. C'était un boulot considérable.

Et au final le résultat sonne plus rock qu'auparavant. Il est plus âpre, plus sombre aussi.

C. S. : Oui, absolument, c'est un peu un tournant. Mais c'était déjà le cas pour « Vertigone », qui ne sonne pas de la même manière que « Welcome to the Modern Dance Hall »? On aime bien essayer des choses différentes, selon nos envies. Après la tournée « Vertigone » on s'est tous mis d'accord sur le fait qu'on avait envie de travailler le son, d'aller plus loin dans ce sens. Sur « Vertigone » on avait déjà tenté de se départir un peu de l'acoustique, mais ici on a mis les bouchées doubles.

« Vertigone » est très pop, tandis que celui-ci est plus incantatoire, plus brut de décoffrage.

C. S. : Il est clair qu'on a moins insisté cette fois sur les arrangements : on n'a pas eu peur d'élaguer?

P. J. : On a voulu garder que l'essentiel. Et puis on s'est rendu compte qu'on avait du mal à jouer les morceaux de « Vertigone » à quatre. Parce qu'il y avait tellement d'arrangements qu'il devenait impossible de les reproduire tels quels en live. Pour « The Red Room » on a essayé de ne pas refaire les mêmes erreurs, et la solution était de tout simplifier au lieu d'en rajouter.

Pourquoi avez-vous fait appel à Head pour produire « The Red Room » ?

P. J. : Parce que ce n'est pas un producteur, mais un ingénieur du son ! En fait au départ on avait pensé travailler sous la houlette de John Parish, mais il n'était pas disponible. C'est lui qui nous a conseillé Head. Il aimait bien ce qu'on faisait, donc ça tombait bien ! Et puis faut dire que c'est pas la 'dernière des caisses' (NDR : expression brusseleer ?) : il suffit d'écouter le boulot qu'il a accompli pour PJ Harvey et Marianne Faithfull !

Il est vrai qu'à l'écoute de « The Red Room » on sent la patte du producteur de PJ Harvey !

C. S. : Ce type aime les sons secs et rugueux. Il préfère travailler sur la matière du son plutôt que de l'embellir?

Il n'est pas le seul responsable de ce son sec et tortueux, je suppose ? Vous avez connu des coups de blues ?

C. S. : On a toujours privilégié les atmosphères sombres à celles plus 'poppy'? « She's So Disco » par exemple est juste une 'private joke', et on ne le renie pas ! Mais c'est à mille lieues de ce qu'on fait aujourd'hui? Faut bien se laisser aller de temps en temps, non ?

Comment travaillez-vous à l'écriture ?

P. J. : Marc (NDR : A. Huyghens - voix, guitare) vient avec la plupart des idées. Il nous apporte des ébauches de chansons, guitare-voix, et on retravaille tout ensemble. La structure, l'harmonie, les arrangements,? Mais sur cet album-ci en l'occurrence, il y a deux morceaux qui viennent de Christian?

Lesquels ?

C. S. : « Underwater » et « Unknown »

« Underwater » est sans doute le titre le plus léger du disque, tiens?

C. S. : Effectivement. Et c'est marrant, car le résultat est totalement différent de la matière que j'avais apportée au départ? Mais rien n'a été calculé : on l'a juste senti comme ça ! Et c'est d'ailleurs aussi valable pour le reste de l'album : rien n'était prémédité, tout est venu assez naturellement. En fait ce n'est pas compliqué : je ne me suis jamais senti aussi bien dans le groupe depuis nos débuts !

On le ressent sur le disque !

P. J. : Oui, tout s'est très bien passé, c'était très confortable. Et même si on a ramé sur certains titres, on a toujours eu l'impression d'être dans le bon, que ça sonnait juste. Cela n'a jamais été aussi évident et naturel, même en retravaillant les vieux morceaux !

Parlons-en justement? Vous allez les électrifier, si je puis dire ?

P. J. : Pas forcément? Il est vrai qu'au début on avait ce concept du tout acoustique, mais il ne doit pas nous freiner dans nos envies ! Pourquoi ne pourrait-on pas utiliser une guitare ou une basse électrique si on en éprouve le désir ?

Et ce titre, « The Red Room », il renvoie à quoi ?

P. J. : C'est la chambre de Marc, qui est peinte en rouge.

Ca me fait penser aux parois utérines du ventre maternel, bref à nos origines.

P. J. : Tiens oui ! C'est bien la preuve que chacun définit comme il l'entend sa propre pièce rouge, en fait?

(NDR : à cet instant Marc A. Huyghens déboule d'une autre interview, la mine fatiguée par ce petit jeu de chaises promotionnelles) M. A. H. : C'est juste un lieu confiné, d'introspection, mais qui pourrait très bien être aussi un bordel ou un dancing?

P. J. : (NDR : lui parlant) Sa propre interprétation serait un retour à l'état f?tal !

M. A. H. : Pourquoi pas, oui?

Ok? Vous pouvez me parler de votre grand retour chez Bang! ? Ca s'est mal passé avec Virgin ?

C. S. : On a été virés après la sortie de « Vertigone » parce qu'on n'en avait pas vendus assez à leur goût? Quand tu n'atteins pas un certain chiffre de vente, t'es tout simplement rayé de leur carte?

M. A. H. : Ce processus faisait partie des grosses restructurations chez EMI : il n'y avait même pas moyen de discuter, c'était purement économique.

P. J. : Ce ne sont pas les gens avec lesquels on travaillait directement qui sont responsables de cette décision, mais les financiers d'EMI, à la maison mère. Ils avaient une liste avec du rouge et du vert, et si t'étais dans le rouge tu te faisais virer? Ils n'ont même jamais écouté ce qu'on faisait, c'était pas leur problème ! »

Aaaah, les majors? Et que pensez-vous justement de cette guéguerre entre Bang ! et Gang (www.wearegang.be), des « Sacrés Belges » et de tout le bazar ? Vous êtes un peu les parrains de la scène rock bruxelloise et wallonne?

M. A. H. : Il y a toujours des gens qui pensent 'noir', d'autres 'blanc', pouvoir/contre-pouvoir,? Si c'est par opposition à Bang ! c'est rigolo et il y a sans doute un fond de vérité. Mais il ne faut pas renier le travail accompli par les types de Bang ! depuis des années, comme défenseurs du rock bruxellois, wallon. Et ça on ne peut pas le leur retirer ! C'est quand même eux qui ont signé dEUS en premier, même si l'exemple est gros comme un camion? Après, c'est vrai qu'il doit y avoir de la place pour tout le monde ! Il faut persévérer.

Ce sera le mot de la fin !

Psapp

Cat Power !

Écrit par

Galia Durant et Carim Classmann ne font pas de la musique. Ils s'amusent. Les deux garnements viennent d'offrir au monde le jouet le plus innovateur de la décennie. « The Only Thing I Ever wanted » s'adresse à tous les enfants, de 3 à 83 ans. Les risques de surconsommation sont néanmoins très élevés. Histoire d'en savoir plus sur leur formule magique, Musiczine a rencontré les têtes pensantes de Psapp lors de cette exceptionnelle édition du Pukkelpop. Si l'on s'imaginait qu'interviewer le duo serait, naturellement, un jeu d'enfant, c'était sans compter sur les interruptions impromptues provoquées par la diabolique Sock Pupett.

A quoi ressemblait la vie avant Psapp pour vous ?

Galia Durrant : La rencontre s'est effectuée par l'intermédiaire d'un ami commun, Tim. A l'époque, je jouais au sein d'un groupe et Carim participait à plusieurs projets. Aucun d'entre nous n'était satisfait de sa situation (NDR : Première interruption de la Sock Pupett que Galia menace de démembrer)… Nous avons ensuite collaboré avec toute une série de personnes avant de travailler en duo. C'est à partir de ce moment que avons vraiment été enthousiasmés par notre travail…

Psapp, c'était le nom de l'un de vos chats ?

Carim Classmann : (Rires) Oui, effectivement. Un chat que nous n'avons jamais rencontré. En fait c'était un chat-fantôme.

G.D. : Elle (NDR : apparemment une femelle) nous a envoyé un mail en nous ordonnant d'appeler le groupe 'Psapp'. C'était une chatte très puissante qui nous a menacé de…

C.C. : … de faire sonner notre musique comme du George Michael. Elle nous a menacé d'autre chose, non ?

G.D. : Oui. De nous transformer en Phil Collins.

L'horrible cauchemar !

C.C. : Je n'avais pas envie de perdre tous mes cheveux alors j'ai cédé.

G.D. : Ouais. Elle faisait vraiment peur. C'est la raison pour laquelle le groupe s'appelle 'Psapp'. Tu veux entendre mon imitation de Phil Collins ?

Non merci ! Comment vous est venue l'idée d'utiliser des objets insolites tels que des jouets dans vos compositions ?

G.D. : C'était un processus naturel. On ne s'est jamais dit 'Tiens, on utiliserait bien tel jouet'»…

C.C. : Ces objets ont toujours été notre propriété.

G.D. : On disposait tous les deux d'un stock de jouets que…

(NDR : Seconde interruption de la Sock Puppet) C'est décidé, je la kidnappe quand je m'en vais…

C.C. : Mais enfin… Ca met du piment !

G.D. : Elle est pas mal, hein ? On en a fabriqué plusieurs sur la route, à l'aide de chaussettes et de coussins. Tout le monde dormait dans le bus alors on s'est amusé à en confectionner quelques unes (NDR : ils se mettent à jouer avec deux sock pupetts).

CC. : Pour en revenir à la question, lorsque nous nous sommes rencontrés, nous disposions tous les deux une large collection d'objets bizarres et Galia possédait un énorme assortiment de vieux synthés Casio pour gosses…

G.D. : Oui, j'en avais bien une dizaine ou une quinzaine.

C.C. : A vrai dire, les jouets n'ont en fait pas tellement d'importance. C'est le son qui doit être intéressant. On collectionne tout objet susceptible de produire des sons étranges. Evidemment, si ces objets ont une apparence amusante, c'est encore mieux.

G.D. : On n'utilise cependant pas une aussi grande quantité de jouets qu'il n'y paraît. Mais surtout des objets insolites tels que des tables, des instruments de cuisine, du bois, des verres, des meubles ou encore des cailloux. A cause du bruit lorsqu'on marche dessus.

C.C. : Plutôt varié donc. On teste beaucoup d'objets afin d'en mesurer la musicalité. Certains fonctionnent bien, d'autres moins. J'ai offert, par exemple, un poulet en plastique à ma sœur pour la Noël. Il a fini sur deux morceaux !

G.D. : Nous sommes en général toujours emballés par les sons que nous n'avons pas encore eu l'occasion d'expérimenter dans les albums. Utiliser les mêmes instruments plusieurs fois de suite m'ennuie rapidement. Et comme nous ne sommes pas millionnaires, on ne peut pas se permettre d'acheter des tonnes d'instruments. Du coup, on les fabrique nous-même.

D'où votre son si particulier. Quel est votre processus d'écriture ?

C.C. : On écrit ensemble en studio. Le point de départ, ce sont des bribes d'idées qui prennent forme tout au long de la journée.

G.D. : Il est également très important pour nous de travailler ensemble. Je n'écris pas les paroles dans mon coin. On a des idées plutôt similaires. C'est un peu comme si nous communiquions par télépathie ! Cette méthode nous permet d'avancer assez rapidement.

C.C. : Il nous est logiquement plus facile de comprendre l'autre quand on est dans la même pièce. Ensuite, le processus se déroule naturellement. On ne réfléchit pas trop à ce que l'on fait. Le soir, on décide des idées à exploiter ou à jeter.

Votre musique est impossible à comparer avec quoi que ce soit de connu. Quelles sont vos influences ?

G.D. : Il est assez difficile de répondre à cette question parce qu'elle signifie que nous avons écouté l'un ou l'autre disque avant de se dire 'tiens, j'aimerais bien que ma musique soit similaire'. Ce n'est pas trop dans notre manière de travailler. Du moins, pas consciemment. On n'a pas envie de reproduire le même genre de musique que d'autres.

C.C. : Si, pendant le processus d'écriture, je devais me rendre compte que l'une des chansons résonnait comme quelque chose de connu, je l'abandonnerais pour passer à autre chose.

G.D. : Il y a néanmoins beaucoup d'artistes que l'on adore vraiment tous les deux. Nos goûts varient d'Erik Satie à Fela Kuti en passant par The Cure…

C.C. : Oui, on ratisse large, des années 20 aux années 80… Les Sex Pistols sont des idoles pour nous mais je ne pense pas que notre musique soit vraiment similaire !

G.D. : Moi, si !

C.C. : Tu veux parler de notre nouvelle chanson, « Anarchy Of The Sock Puppet » ? (Rires)

Comment décririez-vous « The Only Thing I Ever Wanted » par rapport à « Tiger, My Friend » ?

C.C. : (NDR : après une troisième interruption de sa Sock Puppet). On n'a pas vraiment pensé à créer quelque chose de différent, c'est venu naturellement. Le nouvel album est toutefois beaucoup moins électronique et plus acoustique mais il retentit un peu comme 400 chats dans un parc à ordures. Il existe une autre atmosphère sur « Tiger, My Friend ».

G.D. : Les deux albums traduisent notre amour des sons étranges et des harmonies vocales.

C.C. : Les sons dépendent aussi énormément des instruments dénichés pendant les enregistrements.

Vous avez été révélés par le titre « Cosy In A Rocket ». C'est aussi le générique de la série « Grey's Anatomy ». Ces événements ont-ils changé la vie de Psapp depuis que la série et la chanson sont devenues des gros hits ?

C.C. : En fait, il n'a pas récolté de gros succès en Grande-Bretagne. Le phénomène est plutôt américain. Il n'y a donc aucune conséquence sur notre manière d'écrire ou sur nos vies en général. De plus, la télé n'est pas vraiment notre tasse de thé…

Et si vous étiez approchés par des créateurs de séries ou des cinéastes afin d'écrire une bande son pour leur œuvre, accepteriez-vous de le faire ?

C.C. : On ne se sentirait pas à l'aise dans l'exercice. Certes, le groupe pourrait créer l'un ou l'autre titre pour un projet qui lui semble intéressant. Si c'est une commande pour un programme comme « Friends » ou un truc du genre, ça ne risque pas d'arriver.

Et s'il s'agissait d'un album de reprises pour la comédie musicale « Cats » ?

C.C. : (Rires) Je ne suis pas un grand fan des reprises mais nous en avons déjà fait deux pour l'instant. Les deux titres contiennent le mot « Cats » ! Il s'agit de « Everybody Wants To Be A Cat » (NDR : tiré du film de Dinsey 'Les Aristochats') ainsi que « In The Year Of The Cat » d'Al Stewart.

D'où vient cette obsession pour les chats ?

C.C. : Depuis hier, c'est fini. Maintenant, ce sont les Sock Pupetts (NDR : suivi naturellement par la quatrième interruption de ces derniers).

G.D. : On l'a toujours été, en fait. C'est un animal amusant. A vrai dire, les chats sont en quelque sorte assez humains. Ils sont à la fois fiers et stupides…

Vos vidéo-clips se marient à merveille avec vos compositions. Etes-vous en charge de la direction artistique ou est-ce le régisseur ?

G.D. : On se charge de toute la partie artistique. Pour le clip de « Hi », par exemple, il s'agit d'une idée apparue il y a très longtemps mais elle n'avait jamais abouti car, avant de signer chez Domino, nous n'avions pas le budget.

C.C. : De plus, ce clip ne ressemble à aucun autre que je n'ai pu voir. Certaines personnes apprécient, d'autres se demandent 'qu'est ce que c'est que ce truc ?'… La part de rejet et d'admiration est équivalente.

Quels sont vos projets à court terme ?

C.C. : Enregistrer un troisième album. On emménage dans un nouveau studio le mois prochain.

G.D. : Oui, on se concentre surtout sur cet objectif pour l'instant. C.C. : Fabriquer plus de Sock Puppets…

G.D. : Nous sommes occupés de préparer un expo. Elle se déroulera fin septembre, à Paris. On aimerait aussi s'impliquer dans l'animation et les comic books. Bref, des activités très variées !

C.C. : On a beaucoup d'idées mais peu aboutissent !

G.D. : Effectivement, lorsqu'on se lance dans un projet, il arrive fréquemment qu'il bifurque et prend une direction totalement différente ! Dis, tu vas quand même pas nous kidnapper notre Sock Pupett pour de vrai ?

Si, si !

Rom

Carnet de route

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Ce groupe belge cumule les distinctions. Parmi les plus prestigieuses, il a décroché un premier lauréat et le prix du public, lors de l’édition 2005 du concours « Belle à chanter » organisé à Mons, et le deuxième lauréat des Francofolies de Spa en 2004. Il a, en outre, assuré les premières parties des Ogres de Barback et de Vincent Venet. Pourtant, à l’origine, Rom n’était qu’un projet solo imaginé par Rom Renard. Objectif : créer une bande-son visionnaire destinée à illustrer un voyage entre Bruxelles et le Maroc. Et ce qui n’était au départ qu’un dessein personnel, s’est transformé en concept collectif, puisque le line up implique aujourd’hui 6 musiciens.

Mais quel beau périple nous propose Rom tout au long de son « Carnet de route » ! Il nous entraîne en Europe Centrale, en Afrique et même au bout du monde, sur une musique folk aux accents jazzy et orientaux. Riche en instruments divers (guitare, contrebasse, cornet, violon, clavier, etc.) cette solution sonore est épicée par la voix du chanteur, dont le timbre mais aussi les inflexions sont assez proches de ceux de Bertrand Cantat, leader charismatique de Noir Désir. Au fil du disque (NDR cinq fragments dont deux immortalisés en live), on découvre leurs récits, leurs histoires vécues ou fictives…

Déjà très intéressante sur Cd, on imagine l’envoûtement que leur musique doit exercer sur scène… A voir donc. Et en attendant, à écouter !

Steve N Rocca

Les chaînes invisibles

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Ce jeune chanteur français nous propose un album métissé. Métissage musical tout d’abord, parce qu’il s’inspire de la world, du R’n´b et du reggae. Métissage de la langue également, car il interprète ses chansons tantôt en français ou en anglais. Malheureusement, ce métissage n’a pas atteint le résultat escompté. Un peu trop brouillon à mon goût, l’opus manque de cohérence et aligne des morceaux tirés en longueur. Il y a bien un superbe solo de piano ; et puis le chanteur marque les compos de son empreinte vocale. Il le sait. Ce n’est pas pour rien qu’il a rejoint une chorale dès l’âge de 10 ans. Une expérience qui lui a permis d’effectuer des tournées à travers toute l’Europe, mais aussi en Thaïlande. Cependant, il use et abuse parfois trop de son organe. Les incursions répétées dans les aigus finissent même rapidement par devenir lassantes, voire irritantes. Certains titres en souffrent, manifestement. Paradoxalement, son timbre passe mieux la rampe lorsqu’il s’exprime dans la langue de Shakespeare, évoquant même parfois celui du Lionel Richie de « All night long ».

Félicitons quand même cet artiste pour ce mélange de couleurs et laissons-lui encore un peu de temps pour se perfectionner.

Vendredi Simple

Cahokia

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Lauréat ‘Paris Jeunes Talents 2003’, Vendredi Simple pratique une musique puissante, romantique et espiègle (NDR : c’est la bio qui le dit !) à la croisée des chemins du rock, de la chanson française, de la dance et du punk. Des influences ? Pixies, Renaud, Clash, Lio, Happy Mondays, The Beatles, Arno, Blur, Pavement, Depeche Mode et surtout Noir Désir. La voix éraillée du chanteur accentuant cette impression tout au long des sept morceaux remuants de « Cahokia », leur premier opus autoproduit. Pas mal…



Te Deum

Rearranged

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En matière de métal l’Allemagne est une grande productrice de combos inspirés par Iron Maiden, Scorpions et Judas Priest. Souvent lourdingues et dénués d’originalité - à de rares exceptions près - ces formations se contentent de piller l’œuvre des trois références métalliques précitées. Ce n’est pas le cas de Te Deum, nouvelle sensation teutonique qui réunit six ‘charismatic boys’, comme le précise la bio, et se proclame groupe de ‘Nu Melodic Rock’. Loin d’Helloween, d’Axel Rudy Pell ou de Grave Digger, Te Deum se contente de singer Linkin Park, Blink 182 ou Deftones. Là où le bât blesse, c’est au niveau des compositions : elles sont stupéfiantes de banalité. Quant à la production, elle est incapable de rivaliser avec celle des monstres de la grosse industrie ricaine. Sans aucun intérêt !

Supersystem

A Million Microphones

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L’année dernière, Supersystem publiait son premier album : « Always Never Again ». La démarche consistait à croiser beats et hymnes punk, rock et dance. Programme pour le moins putassier. Et, de fait, cette vulgarité affirmée engendra un oubli spontané de cet essai loupé. Allez hop, deuxième tentative : « A Million Microphones ». Placée en ouverture du disque, « Not The Concept » ne change pas forcément la donne. Prenez la choucroute d’hier, tapez-là au micro-onde, appréciez : c’est réchauffé...

Mais ne jetons pas trop vite la pierre au cul de Supersystem. Leur tambouille semble en effet se diversifier. Parti d’un bordel sonore uniforme et inconsistant, le groupe met les gaz, passe la quatrième et accélère dans les montées. Du coup, on se surprend à remuer du popotin (« prophets »), secouer le bas des reins (« Revolution Summer ») et faire coin coin. Super chouette mais pas extra fou, ce nouvel album replace Supersystem sur la carte bâtarde de l’electro-clash. Quelques morceaux laissent encore à désirer. « The Only Way It Ever Been Done » et son beat boosté aux pouets pouets d’un klaxon digne du plus fidèle supporter de Manchester United ou le triste « Joy ». Inodore, indolore.

Pour le reste, c’est plaisant : cycliques, les lignes de basse subissent les attaques répétées de riffs nerveux. Ces vrais instruments enfantent ainsi une musique festive, proche des déflagrations produites du côté de chez DFA. On pense évidemment à LCD Soundsystem mais aussi à The Rapture. Par modestie, on rapprochera davantage le concept de Hot Chip ou d’Out Hud. Bref, le system n’est pas encore super. Mais le processeur semble avoir trouvé sa vitesse de croisière...

 

 

Sonic Youth

Rather ripped

Écrit par

Exit Jim O’Rourke, le line up de Sonic Youth en est donc revenu au quatuor de base. Et curieusement, leur musique épouse une forme plus pop, plus mélodique, comme au début des années 90, période marquée par la sortie des albums « Goo » et « Dirt ». Ce qui n’empêche pas la formation new-yorkaise de continuer à jouer sur les dissonances. De mouler les compos dans leur noisy, parfois même à la limite du psychédélisme. Plus étonnant, alors que le groupe constitue une référence de choix pour de nombreux artistes contemporains, cet elpee laisse transparaître ses propres influences de manière bien plus évidente. Qui manifestement oscillent ici du Velvet Underground à Can en passant par Television. Pour enregistrer cet elpee, S.Y. a reçu le concours de John Agnello (NDR : dont la carte de visite impressionnante – pour plus d’infos http://www.johnagnello.com/index.php?sitesection=discography - mentionne notamment Cell, Dinosaur Jr, Dylan, Graham Parker, Breeders, Lemonheads, Madrugada, Mark Lanegan, Patti Smith, Roger Waters, Screaming Trees, Steve Wynn et The Kills) à la co-production. Et il faut reconnaître que la mise en forme des treize titres de cette plaque est parfaite. Ce que les aficionados d’expérimentation pure leur reprocheront sans doute. N’empêche, cet opus s’avère de bonne facture et recèle même de petites perles. Et je pense tout particulièrement au visionnaire « Reena », à l’incandescent (NDR : oui je sais, le jeu de mot est facile) « Incinerate », au brumeux « Do you believe in rapture ? », à l’atmosphérique « Pink steam » ou encore à la rencontre entre post folk et néo krautrock opérée sur « Or ». Titres plus aventureux, « Sleepin around » (Grateful Dead ?), l’hypnotique « What a waste », « Rats », un fragment intimiste parcouru par la basse no wave de Kim Gordon ainsi que « Helen Lundeberg », bonus track torturé, tourmenté, presque martial, démontrent que le combo n’est pas en panne d’imagination. Un disque pour faire le point, tout simplement.

Scala & Kolacny Brothers

It all leads to this

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Pour ceux qui ne connaissent pas encore Scala, le concept de base est simple : une chorale reprend des morceaux pop-rock à succès. Composée uniquement de jeunes filles, elle est soutenue par un piano. Cet album réunit notamment des titres de U2, Radiohead, Coldplay, Kaiser Chiefs, Depeche Mode et Alanis Morissette. Deux frères ont initié ce projet : Steven et Stijn Kolacny. Un projet qui n'est d'ailleurs pas passée inaperçu. En effet, la chorale d´Aarschot a remporté le titre de ‘Chœur de l´année 1999-2000’, collaboré plusieurs fois avec Indochine (lors de leur précédente tournée et sur l´album « Alice and June »), ouvert le dernier concert d´Alanis Morissette à Bruxelles et pourrait rejoindre Muse en studio.

Cependant, même si l´ambiance dégagée par les voix de ces jeunes filles est séduisante, dès que l´effet de surprise est passé, les exercices opérés par Scala s´essoufflent et survivent surtout grâce au choix judicieux des reprises. C´est exactement l´impression laissée par « It all leads to this » qui constitue ‘déjà’ le cinquième album de la chorale. ‘Déjà’, car Scala n´est, au bout du compte… qu´une chorale ! Et quoi de plus difficile pour des chœurs de se renouveler. Ce disque n´est donc que la suite des précédents : « Scala on the rocks », sorti en 2002, « Dream on », en 2004, « Respire », recelant essentiellement des titres chantés dans la langue de Molière, paru la même année et « Grenzenlos », celui-ci dans la langue de Goethe, en 2005. Une œuvre sans grande originalité, même si certains titres préparés à la sauce Scala valent le détour. « Yellow » de Coldplay et « Enjoy the silence » de Depeche Mode, tout particulièrement.