L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

logo_musiczine

Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26653 Items)

Elli Medeiros

For you

Écrit par

Elli est là, à l’arrache comme autrefois. Trois clics, deux polaroïds : une pochette parfaite pour l’ex égérie des Stinky Toys. Punk. Encore et toujours, la belle Elli n’a pas oublié ses premières parties pour les Clash et les Pistols. Sur ce nouvel album, Elli Medeiros s’enchante, se livre. Confession d’une femme fatale : Elli Medeiros vue par Elli Medeiros. « For You ». Un nouvel album donc. Il semble loin le temps du refrain en trois fois rien : « Toi, toi, mon toit, toi, toi, mon tout mon roi...» A presque cinquante balais (Dieu que c’est mal d’évoquer l’âge d’une femme !), Elli écrit des textes personnels, ambitieux, des tranches de vie qui lui ressemblent. Et elle chante. En français, en espagnol ou dans un anglais chic et branché. L’effet Medeiros demeure inchangé. Son histoire est faite d’exode. Entre l’Uruguay et l’Argentine, Londres et Paris. Et ce nouvel opus est à son image : un va-et-vient permanent à travers les genres et le temps. Du rock (« More Than Me »), du boléro (« Melancolia »), du punk (« Soulève-moi ») et un sublime duo franglais en compagnie d’Etienne Daho (« My Heart Belongs To Daddy », hymne popularisé par la blonde Marilyn). Vingt ans plus tôt, les ados rêvaient d’une fiancée comme Elli. Aujourd’hui, ces mêmes gars crèveraient de bonheur de défiler au bras de la belle. Ainsi va la vie...

Mojo Blues Band

Get out blues

Écrit par

Le Mojo Blues Band est une des plus anciennes formations européennes de blues. Elle compte déjà trente années d’existence. Ce groupe autrichien a été fondé en 1977 par le chanteur/guitariste Erik Trauner et l'excellent pianiste de boogie woogie Joachim Palden. Son premier elpee, "Shake that boogie" est paru en 1978. Puis "Hey bartender" en 1980. Le combo se met alors à tourner régulièrement en compagnie de la chanteuse anglaise Dana Gillespie. Elle participe d’ailleurs à la confection de leur 3ème opus, "…and the boogie woogie flu". En 1982. Deux ans plus tard, le MBB commet "Hot bricks" et se produit pour la première fois en Belgique. Joachim Palden vient de partir. Il est alors remplacé par le longiligne Christian Dozzler, une forte personnalité qui joue du piano, de l'accordéon et de l'harmonica. Le groupe tourne beaucoup en compagnie d’artistes de boogie woogie : Axel Zwingerberger, Little Willie Littlefield et Katie Webster. Un excellent elpee ‘live’ paraît en 1987 : "Midnight in Swampland". En 1989, le band revient en Belgique. Et se produit notamment au Banana Peel. La même année, il se rend à Chicago pour concocter l'album "The wild taste of Chicago". AC Reed, Taildragger et Willie Kent y participent. En 1990, ils participent au Spring Blues festival d'Ecaussinnes. En 91, ils enregistrent "Alligator walk", un elpee recelant - oh surprise !- un remarquable morceau instrumental intitulé "Banana Peel slide". Très boogie, il adresse un clin d’œil au plus célèbre des clubs belges de blues. A cette époque, ce titre figurait en flip side du 45 tours "Rosa Lee", un single alors disponible au Banana Peel. En 92, paraît un triple album ambitieux : "Super blues news. Ce sera le dernier auquel participera Chistian Dozzler. Ce qui n’a pas empêché le Mojo Blues Band de continuer à jouer son Chicago blues universel et bien sût de graver régulièrement des long playings. Notamment "20 years in the blues jungle" en 97, "A Chicago blues night live" (NDR: leur ami Taildragger y participe) en 99, et le double "Mojo Blues Band Blues Parade 2000", l’année suivante ; un disque qui bénéficie notamment du concours de Jimmy McCracklin, Nappy Brown, AC Reed et Little Mack Simmons. Depuis, le MMB avait quelque peu disparu de la circulation.

Sous-titré "Live at Jazzland", cette nouvelle plaque a été immortalisée à Vienne. En 2003 et 2004. Erik est soutenu par le second chanteur guitariste Siggi Fassl, le bassiste Georg Weghofer, le drummer Silvio Berger et le pianiste Charlie Furthner. Tous ces musiciens se lancent dans un boogie blues bien tonique : "Ain't it good to know, baby". Siggi se réserve le rôle de soliste à la guitare. De son jeu talentueux aux ivoires, Charlie perpétue la marque de fabrique du MBB. "You done a number on me" entre déjà dans le monde du boogie woogie. Erik souffle dans l’harmonica pour conduire "I'm down in the dumps", un Chicago blues dynamique. Le Chicago southside blues est un style au sein duquel les musiciens se révèlent les plus brillants. A l’instar de "Don't talk about the blues", un blues lent digne de Muddy Waters. La technique d’Erik à la slide est assez impressionnante. L’elpee nous réserve un instrumental boogie : "Masada". Au cours de cet excellent concert la formation reprend le "When I'm drinking" de Big Bill Broonzy et le "Danger zone" de Mercy Dee Walton. Siggi s’y réserve les vocaux pendant que Charlie sort le grand jeu au piano. Erik Trauner est passé à la guitare solo pour "Get out blues", une superbe plage qui ne maque pas d’énergie. Le blues louisianais domine "Cold hearted woman" et "Snake of a woman" ; le pur boogie woogie, "The mayor's players". La slide d’Erik gémit tout au long de "Wintertime is coming", elle émet les gloussements d’une poule en souffrance. Longue plage, "Superstitious blues" est manifestement inspirée par le Delta du Mississippi... J'ose espérer encore assister à un de leurs concerts dans le futur. Un univers au sein duquel le MBB excelle. Je me demande aussi comment Erik Trauner se débrouille pour dénicher ses remarquables pianistes. Une chose est sûre, l'Autriche semble être une terre fertile au boogie woogie!

Left Alone

Dead American Radio

Écrit par

Signé sur le fameux label californien Hellcat, le jeune groupe Left Alone sort tout juste son second opus intitulé Dead American Radio. Dans la lignée de leur patron Tim Armstrong (du groupe Rancid) en compagnie duquel ils co-signent le titre ‘City To City’, les membres de Left Alone nous dévoilent leur univers pur punk à travers l’album au titre provocateur « Dead American Radio ».

Habillant des textes qui se veulent critiques de l’industrie musicale, de la nouvelle tendance ‘emo’, ou encore anecdotes de vie de jeunes ados rebelles, les compositions punk teintées d’éléments ska et parfois pop, efficaces à la première écoute, se révèlent être malheureusement fertiles et fastidieuses à la longue. Certes, les titres sont entraînants et manifestent une grande énergie. En outre, Left Alone affiche une volonté féroce de distraire les foules. Mais le manque de variété dans la composition rend ce Dead American Radio bien trop linéaire et sans saveur. On peut passer notre chemin.

Mark Fosson

The Lost Takoma Sessions

Écrit par

Ce disque s’apparente à un miracle. Enregistré de novembre 1976 à février 1977, entre l’Ohio et la Californie, il sort officiellement dans les bacs en... 2006. Cette longue période de gestation mérite qu’on s’y attarde. Flash-back. Retour dans les seventies : le jeune Mark Fosson n’a pas vingt ans. Et déjà, il s’use les doigts sur les cordes de sa guitare, vénérant John Fahey comme on brûle des cierges à la Sainte Vierge. Au bout d’un moment, il se décide à envoyer ses démos chez Takoma Records, dont le propriétaire n’est autre que John Fahey. Les plages instrumentales composées par le jeune homme naviguent entre mélodies acoustiques et folk traditionnel. John Fahey craque, décide de produire le disque et de le signer sur son label. En 1977, l’album de Mark Fosson est achevé : magnifique, singulier. Mais, dans un même temps, Takoma Records essuie de terribles soucis financiers. En mars, à la stupéfaction de Mark Fosson, la nouvelle tombe : Takoma records glisse la clef sous la porte. Terminé, fermé.

Pendant près de trente ans, le disque de Fosson moisira dans les caisses de cette triste faillite. Heureusement, par la grâce du label Drag City, il resurgit aujourd’hui des méandres de l’histoire. Rationnellement intitulé « The Lost Takoma Sessions », l’album met en lumière le talent incontestable d’un artiste incroyable. Le jeu guitaristique du musicien n’a pas pris une ride. Pas une. L’injustice a donc frappé ce garçon de plein fouet, participant à écrire un des chapitres les plus vibrants de la musique folk. Passer à côté de ce disque, c’est oublier la légende. Et oublier les légendes, c’est se résigner. Alors, surtout, ne jamais se résigner. Tout vient à point...

Duke Special

Songs from the deep forest

Écrit par

En guise de lever de rideau: “Wake up Scarlett”. Ce premier titre de « Songs from the deep forest » n’est pas achevé que nous sommes déjà dans un vieux théâtre-cabaret, à la représentation d’un étrange spectacle de music-hall. Et alors qu’on se demande encore si oui ou non on a bien entendu les fameux sept coups, Duke Special (alias Peter Wilson) assène un « Everybody wants a little something » qui ôte tout doute. Tandis que la salle a les mains clouées aux accoudoirs des strapontins surgit le fabuleux et tragique « Brexton Leaves ». Et l’assemblée toute entière de frissonner au « The sun will rise once more » (« Brexton Leaves »). Les influences de Duke Special? Rufus Wainwright, Aimee Mann, The Divine Comedy, Dresden Dolls ou encore… le théâtre du Vaudeville. Pas de la petite pointure, donc. Mais si, parfois, on reconnaît leur style dans les chansons du Duke, ce dernier est tout de même parvenu à créer son univers musical propre. Univers qui, s’il est prenant dans les moments rythmés, l’est tout autant (si pas plus) dans les moments plus sombres. Pour la dernière scène, « This could be my last day », les lumières se fondent pour n’éclairer que l’essentiel: un artiste mis à nu qui, en fin de performance, abandonne son âme sur les planches. Dans la salle, plus un souffle. Rideau ? Allez… play !

Cassius

15 Again

Ils incarnaient dans les nineties, en compagnie de Daft Punk et de Super Discount, les parangons de la fameuse ‘French Touch’. Aujourd’hui un ‘label de qualité’ français aussi célèbre que le camembert, mais qui comme lui sent très mauvais… A force d’être resté au frigo depuis le triomphe de la scène teutonne (électro/minimale). A vrai dire on croyait que Philippe Zdar et Hubert « Boombass » Blanc-Francard n’étaient même plus de ce monde, tant leur dernier disque, « Au Rêve », frôlait le ridicule. Chance : la paire a depuis lors retrouvé l’inspiration, en s’enfermant trois semaines dans une baraque à Ibiza, avec quelques bonnes idées et du matos portable. Le résultat de leurs trépidations jeunistes s’intitule « 15 Again », et c’est vrai que ça sonne bien, comme en 1999, bref comme à l’époque de « Feeling For You » et de « La Mouche ». En moins housy pouet pouet. L’album débute sur les chapeaux de roues, par un « Toop Toop » tubesque et bon enfant. Le genre d’extase FM qui donne la banane. M à la guitare et Zdar au chant, c’est parti pour quatre minutes de pop (corn) technicolor, à fond les ballons, qui sont remplis d’hélium. « Rock Number One » porte bien son nom, puis le r’n’b déboule dans la place sur la chanson-titre et l’énorme « Eye Water », featuring Pharrell Williams, « The one and only ». Après un interlude reggae-funk (« See Me Now », co-écrit par un des deux Daft Punk), l’ambiance monte encore d’un cran sur les ‘killer tracks’ acid « Jackrock » et « Cactus ». Un hommage au son de Detroit, à « Jack Your Body » et au TB 303 : sur le dancefloor les bras dépassent des têtes, qui dégoulinent de sueur. C’est presque l’heure de la descente (« La Notte », du Sébastien Tellier version balearic), mais on ne résiste pas à l’envie d’appuyer sur la touche ‘Repeat’. ‘Take all away from me / But leave me youth and extasy’, peut-on entendre sur « 15 Again »… En l’espace d’une heure Cassius vient de perdre dix ans : une belle cure de jouvence, alors profitons-en !

Jay Bennett

The magnificent defeat

Écrit par

“The magnificient defeat”. Un titre presque trop bien choisi pour cet album de Jay Bennett. Dès la première plage (« Slow beautifully seconds faster ») démarre une suite de chansons bien ficelées, mais décevantes. Vague mélange d’Elvis Costello et de Tom Waits, en moins bon. Les treize chansons qui composent l’album s’enchaînent sans surprise. C’est que notre ancien membre de Wilco semble avoir définitivement laissé tomber les riffs étourdissants ou les envolées lyriques pour des mélodies plus lassantes, voire rébarbatives (« Out all night », « Butterfly »). Un court moment de répit nous est cependant accordé lors d’un « Overexcusers » aux accents plus festifs. Il entraîne l’auditeur stupéfait bien loin des premières mélodies. Jay Bennett a également le bon goût de terminer sur un petit blues sympathique (sans plus) dont l’avantage est de modifier l’impression déplaisante générale de l’œuvre. C’est donc sur un son quelque peu monocorde de garde-chiourme que Jay Bennett tente péniblement de faire voguer sa galère. Souquez, matelots! Souquez ferme! Les eaux profondes sont en vue, là-bas. Au loin.

Beyoncé

B´Day

Écrit par

Dégage du chemin, Letoya. Nous t’avions bien prévenu le mois dernier que ton règne de princesse R’n’B n’était que temporaire. Queen B est de retour et plus déterminée que jamais à reprendre possession de son trône. Une chance. Les convives de Letoya étaient justement sur le point de crever d’ennui, voire de s’arracher les oreilles. Beyoncé réinvestit le palais. L’hôtesse se déchaîne et offre à l’assistance une déferlante de tubes monstrueux, effaçant le souvenir de son barbant « Dangerously In Love » au passage. Sous le choc, les invités ne se posent aucune question et se laissent entraîner dans la tourmente des fabuleux « Freakum Dress », « Get Me Bodied », « Suga Mama » et son sample funky ou encore de l’incendiaire « Ring The Alarm ». A l’occasion, la reine de la soirée fait appel aux vocalises de son cher et tendre Jay-Z (« Déjà vu » et « Upgrade U ») qui ne servira ici que de faire-valoir. Le plus surprenant est que l’ex Destiny’s Child met dans le mille même lorsqu’elle s’adonne aux quelques mièvreries obligatoires (« Irreplaceable », passionnante leçon de savoir-vivre pour ces messieurs et l’excitant « Kitty Kat »). La faiblarde complainte « Resentment » mise à part, « B’Day » est un disque exemplaire pour le genre. Que les autres petites pétasses du R’n’B (LeToya, Rihanna ou les anorexiques de chez Pussycat Dolls, pour ne pas les citer) retiennent la leçon.

Beyoncé

Deja Vu (single)

Écrit par

Si tu es en possession d’une bagnole décapotable, que tu rêves de la transformer en discothèque ambulante au moindre petit rayon de soleil mais que tu n’as absolument aucune idée de quel pourrait être le hit indispensable pour pouvoir te la péter de manière optimale, ne cherche pas plus loin ! Le nouveau tube de Beyoncé est fait sur-mesure pour toi. Extrait de « B’Day », le second essai à paraître de la Miss, accompagnée ici de son cher et tendre Jay-Z, « Déjà Vu » revêt les traits du candidat idéal au mitraillage radiophonique. Et on ne s’en plaindra pas. Y’a déjà eu (bien) pire…

Leon Bibb with Eric Bibb

Praising peace

Écrit par

Eric Bibb est né à New York. En 1951. Un musicien talentueux qui se consacre surtout au blues acoustique. Dès ses débuts, il côtoie des artistes aussi célèbres que Bob Dylan, Woody Guthrie et Joan Baez. Il a depuis acquis une notoriété internationale et est entré au panthéon des monstres sacrés, à l’instar de Taj Mahal, Ry Cooder, Keb Mo ou Richie Havens. Il s’est établi depuis plusieurs années à Stockholm, en Suède où il y joue et développe le blues d'avant-guerre.

Léon Bibb est son père. Ce chanteur/comédien/guitariste est né en 1922. A Louisville, dans le Kentucky. Sur les conseils de Paul Robeson, il suit des cours de baryton classique ; mais rapidement il marque un grand intérêt pour la folk music. Il acquiert une certaine réputation sur la scène de Greenwich Village, dans les 50s. Il est à l’affiche du premier Folk Festival de Newport et grave toute une série de 33 tours consacrés au folk, aux spirituals, chain gang songs, field hollers et même à la ballade irlandaise. Pendant plusieurs années, il se produit dans les théâtres de Broadway! Depuis 1971, il s'est établi à Vancouver. Au Canada. Admirateur de Jacques Brel, cet artiste participe au spectacle "Jacques Brel is alive and well and leaving in Paris". En 1972. Et à "Jacques Brel". Vers 86-87. Au cours des dernières années, il s’est associé à son fils Eric, pour enregistrer un album en duo : "Family affair" (NDR paru en 2002 chez Tradition & Moderne), un elpee qui recèle des titres de Pete Seeger et Leadbelly.

Père et fils se sont à nouveau réunis pour rendre un hommage à Paul Robeson (NDR : il était par ailleurs le parrain d'Eric et un ami près proche de Leon). Fils d'un esclave, Paul est né en 1898. Diplômé de l'université de Columbia, il était acteur, compositeur et activiste de la cause noire. Il a combattu pour la liberté, les droits civils des noirs, contre la ségrégation raciale. Pas étonnant qu’il était répertorié, dans les années 60, sur la liste noire du clan du sénateur McCarthy. Mais c’était également un baryton à la voix exceptionnelle.

Cet hommage à leur ami disparu s’ouvre par un bref prélude instrumental dont la mélodie n’est autre que le "Ol' man river" de Robeson. Leon interprète de son baryton clair "Joe Hill", une vieille chanson militante. Eric chante les spirituals sur son tout nouvel album "12 gates to the city". Père et fils ont composé le titre maître. Une chanson dont les lyrics évoquent les mouvements pacifiques des sixties. Ils joignent leurs vocaux, avec beaucoup de délicatesse, face au piano et l'orgue Hammond de Bill Sample. Eric se réserve "Put on your Robe", (NDR : le nom de son parrain lui inspire un jeu de mots). Il s’accompagne à l’aide d’une guitare à 12 cordes. Son pote Michael Jerome-Browne lui apporte également son concours. Empreint d’une tristesse infinie, le piano de Sample introduit la voix de Leon. Il exécute "Sometimes I feel like a motherless child", un succès de feu son ami Paul. Eric se réserve deux spirituals : "Home in that rock", une plage enrichie par un harmonica, une mandoline et un accordéon, et puis "Weepin' Mary", un acte de foi accompli face au piano de Jerry Yester. Le vieil homme de 84 ans clame les vertus de sa nation sur "The house that I live in". Il attaque ensuite "The water is wide", un fragment qui baigne au sein d’une ambiance champêtre. Eric emprunte une inflexion grave pour aborder "Deep river". Il s’y accompagne à la guitare sèche. Mais soudainement, sa voix est rejointe par celle de Paul Robeson. Quelques secondes. Et même de son piano. Un grand moment d’émotion né de la magie opérée par la technologie moderne. Ultime hommage à son cher ami disparu, Leon reprend enfin le classique de Robeson, "Ol' man river"! Empreint d’une grande sensibilité, cet opus s’achève par un dernier clin d'œil adressé par Eric à "A friend like you"…

A.C.T

Silence

Écrit par

Titillé par les rapports dithyrambiques d'amis concernant leurs prestations scéniques, j'avais acquis l'album « Imaginary Friends » du groupe A.C.T (2001). Malgré les indéniables qualités de ce CD (énergie, inventivité, panthéisme et générosité), j'avoue être resté sur un sentiment de trop plein mal géré. Outre ma difficulté à accrocher à la voix du chanteur. J'ai donc fait l'impasse sur « Last Epic » (2003). Mea Culpa. « Silence », le nouvel opus, prouve que le band devait rester sous haute surveillance. Evoluant toujours dans un registre Pop/Prog/Rock, le groupe revendique des influences aussi éclatées que Muse, Rush, Saga, It Bites et ELO. Auxquelles il convient, en toute justice, d'ajouter au moins 10CC et City Boy. Mais le moins que l'on puisse dire est qu'aucune de ces influences ne fait d'ombre à nos cinq Suédois. Cet album renoue avec toutes les qualités de ses prédécesseurs et surtout, ne souffre aucun de leurs défauts. On déguste avec un immense plaisir cette pop certes dense et riche, technique et complexe, mais également très fluide, accrocheuse, facile à mémoriser et émaillée de mélodies et refrains inoxydables. Même la voix de Herman Saming, plus sobre et épaulée de splendides harmonies vocales, participe à cette beauté sophistiquée. Au point de rappeler parfois l'insolente flamboyance de Queen ou le plus espiègle Sparks. Les plus attentifs dénicheront quelques clins d'œil aux eighties (ici Scritti Politti, plus loin Squeeze,…). Chaque plage ou presque est un bijou; et on écoute d'une traite l'album sans jamais déchanter. Succédant à une collection de dix plages individuelles, la suite « Consequences » relate en neuf chapitres et plus de vingt minutes les mésaventures d'une jeune femme obsédée par sa volonté d'être mère. L'occasion d'introduire mélancolie et profondeur dans une œuvre jusque-là essentiellement festive. Un album complet, superbe de bout en bout, à la hauteur de ses ambitions et irréprochablement actuel. Bref : un must.

 

The Album Leaf

Into The Blue Again

Écrit par

Après avoir délivré de splendides plages atmosphériques en compagnie de certains membres de Múm et Sigur Rós sur « In A Safe Place » (2004), Jimmy LaValle reprend les manettes de son projet, en solitaire. De retour dans le grand bleu. Un grand bleu bien trop vaste pour The Album Leaf. Passé les dernières notes de l’abyssal « The Light », le musicien se perd dans des eaux troubles. Certainement flatté par son entourage pour ses vocalises, posées sur le titre « On Your Way » tiré de l’opus précédent, LaValle remet le couvert. A trois reprises. Et c’est là que ça coince. Car lorsque le jeune homme chante, ses compositions tombent à plat (un « Always for You » pop, dénotant fortement avec le reste de la plaque) ou s’apparentent carrément à du Moby (l’insupportable « Wherever I Go »). Certes, la beauté des paysages sonores est toujours aussi omniprésente. Mais il s’agit d’une beauté flétrie par un manque presque flagrant d’originalité (« Wishful Thinking », magnifique mais néanmoins incontestable reproduction instrumentale et aseptisée du « Saeglopur » de Sigur Rós). S’il ne veut pas noyer The Album Leaf dans un océan d’inconsistance, Jimmy LaValle ferait bien de ramer vers le rivage d’où il a pris son départ, quelques années auparavant.

The Year Of

Slow Days

Écrit par

Le label allemand Morr nous invite souvent à nous allonger pour mieux profiter de ses livraisons électroniques cotonneuses, rêveuses. Pour la circonstance, l’electronica n’est pas d’actualité. Le numérique au placard, The Year Of dépeint ses « Slow Days » en analogique. Piano, batterie, saxophone, vibraphone et guitares contribuent à façonner les expérimentations sonores de ces cinq Viennois. Belle et dépressive, la musique des Autrichiens fend le cœur de ses auditeurs. Et, même après la crise de nerfs jouissive engendrée à l’écoute de « Stephen Hawking », les temps ne sont pas aux grandes réjouissances. Pour la fête, on patientera. On se délecte donc de ces chansons désabusées, élancées sur les traces du Velvet, de Tarwater ou de Lambchop. Ces viennoiseries se dégusteront de préférence le soir autour d’un café noir. Histoire de remuer de sombres idées.

XsavioR

Caleidoscope

Écrit par

Atterri bien trop tardivement dans la discothèque de votre serviteur, ce premier CD sorti en 2005 ne mérite vraiment pas d'être passé sous silence. Les cinq Suédois qui forment Xsavior risquent fort, dès leur premier essai, d'intéresser le public qui a craqué pour un groupe comme Darkness. Ils mettent leur (impressionnant) background prog et métal au service d'une pop sophistiquée et oblique qui fait mouche à chaque plage. Inventivité, énergie et séduction sont toujours au rendez-vous. Entrée en matière, « April Skies » immédiatement le ton. C'est un condensé de prog articulé autour de nombreux breaks, mais qui évoque autant Queen que le Sparks des tout débuts. « Lex the Fly » poursuit sur la même lancée hyper- active chère à It Bites ponctuée de brillantes harmonies vocales. L'ombre du compatriote A.C.T (d'ailleurs sur le même label) plane également. Plus immédiatement accrocheuses, les deux plages suivantes installent de façon définitive cette pop foisonnante et festive mâtinée d'opéra-rock, à la fois technique et mélodique. Avant que la suite « Taj Mahal » enfonce le clou tout en élargissant ses horizons : voix féminine, mélodies en béton dignes du meilleur Saga et profondeur mélancolique (« Waves of the Sea »). Il reste encore cinq plages pour apprécier de nouvelles facettes du groupe : par ses performances vocales encadrées de métal, « Green Mile » évoque par exemple le regretté City Boy. Au passage, signalons que la voix secondaire y évoque furieusement Mario Guccio (Machiavel). Vous l'aurez compris, j'ai été fort impressionné par Xsavior. Moins cabotin que Darkness, le groupe canalise parfaitement son flot d'idées et la richesse des compositions ne nuit jamais à leur potentiel de séduction. L'album s’achève par un hit potentiel aux allures d’hymne. Une production irréprochable parachève ce travail d'excellence. Et rarement titre aura été aussi bien choisi!

Mitch Woods

Big easy boogie

Écrit par

Mitch est issu de Brooklyn, un quartier populaire de New York. En 1971, il s'installe du côté de San Francisco où il fonde son Red Hot Mama Band. En fait, il s’est inspiré du surnom de sa copine et chanteuse, Susan Savoy. Après avoir opéré un périple à Hawaï, il fonde les Rocket 88's en compagnie des membres du groupe de David Bromberg. Mitch a enregistré cinq albums pour le label Blind Pig : "Steady date" en 1984, "Mr Boogie is back in town" en 88 (NDR : pour lequel il a reçu le concours de l'excellent guitariste Danny Caron), "Solid gold Cadillac" en 91 (NDR : Charlie Musselwhite, Ronnie Earl et des membres de Roomful of Blues sont de la partie), "Shakin the shack" en 91 et "Jump for joy" en 2001. Mitch a également concocté un elpee solo : "Keeper of the flame". En 1996. Un hommage aux bluesmen qui l'ont le plus marqué. Mitch Woods est un artiste qui s’est toujours évertué à perpétuer l'héritage culturel d'une musique américaine née il y a des décennies. Un style appelé boogie woogie ou jump blues, dont l’apogée a été célébrée, fin des années 40, par les ensembles de Louis Jordan, Joe Liggins et Louis Prima.

Mitch vit sa musique. Une bête de scène qui donne tout ce qu’il a dans le ventre sur les planches. "Big easy boogie" est partagé entre un CD audio et un DVD live, immortalisé à New Orleans. Pour la circonstance, il est entouré de collaborateurs de couleur noire, parmi lesquels figurent de nombreux musiciens de Fats Domino (NDR : il fête ses 78 ans cette année !) ; et en particulier le batteur Earl Palmer, le bassiste Ervin Charles Jr et le saxophoniste ténor Herb Hardesty.

L'album studio a été enregistré au studio Boiler Room de New Orleans. En novembre 2000. Sous la houlette du légendaire Dave Bartholomew. "Big easy boogie" donne immédiatement le ton. Nous opérons un retour dans le passé de plus d'un demi-siècle. Le boogie est au menu. Toute la scène est occupée par un front de cuivres impressionnant : quatre saxophones et une trompette. Bien entendu, le piano de Mitch Woods est omniprésent. Il est incontestablement le roi de la scène. "Thought I heard Satchmo say" met en exergue la trompette du redoutable Dave Bortholomew. Le climat exotique peut surprendre ; mais ne sommes-nous pas dans la cité du Mardi gras ? Une ville qui a toujours eu le cœur à la fête! "Fallin' for you" est une ballade indolente, comme les aimait Fats Domino. Mitch chante passionnément, la main gauche sur le cœur pendant que la droite parcourt les ivoires. La guitare de Jimmy Molière est bien mise en évidence. Tout en rythme elle colore cette jolie mélodie empreinte de simplicité. Superbe ! Imprimé sur un tempo entraînant et face aux chœurs féminins chaleureux de Charmaine Neville et Maria Muldaur, "Counting the days" baigne encore dans la même ambiance néo-orléanaise. Les musiciens s'enfoncent davantage au sein du quartier français. Dans la Bourbon Street ! Caractérisé par les congos irrésistibles d'Alfred Roberts, un joyeux "Mojo Mambo" nous invite à faire la fête. Mr Woods se lance dans son exercice de style préféré : le boogie woogie instrumental. Tout au long de ce "Crescent city flyer", le piano est absolument superbe. Earl Palmer marque autoritairement le tempo. Les cuivres entrent dans la danse! "Heart and soul to you" est une tendre ballade abordée dans l’esprit de Domino. Le sax ténor de Hardesty se détache du front de cuivres. "Shout, sweet and tender" carbure au pur rock'n'roll. Un fragment vivace, efficace, enfiévré. Impossible de tenir en place. La rythmique de Molière est placée en avant. Les cuivres se conjuguent à l'unisson. "Back in my arms again" épouse un tempo plus modéré ; un rock'n'roll moins débridé mais légèrement parfumé d’exotisme. "I left my baby at the Mardi gras cryin" rend hommage de la plus belle manière la musique de New Orleans. Celle de Professor Longhair, Allen Toussaint, James Booker,… Les rythmes syncopés invitent à se trémousser. Pour la circonstance, il se réserve un solo sémillant. En fin de parcours la reprise du "I'm ready" de Fats Domino est un réel plaisir pour les oreilles. L'album s’achève par la ballade lente "The ballad of Dr Daddy-O". John Mooney se consacre à la six cordes. La voix de Tex Stephens, disc jockey légendaire de la Crescent City, est bien présente. L'album honore la mémoire d'Ervin Charles Jr, décédé en février 2003, quelque temps après ces enregistrements.

Mais la fête n'est pas terminée et se prolonge même lors de la lecture d’un DVD d’une durée de près de 2h15'. Il recèle quelques plages de cet album enregistrées live au New Orleans Jazz & Heritage Festival. En 2002. On y retrouve pratiquement les mêmes musiciens. La plaque inclut également quelques prises studio opérées, sous la direction de Dave Bartholomew, lors de l'enregistrement de l'elpee. Sans oublier des interviews accordées par Earl Palmer, Herb Hardesty, Mitch Woods et Cosimo Matassa (NDR : le propriétaire des studios J&M au sein desquels ont enregistré Little Richard, Fats Domino, Ray Charles et bien d'autres) ainsi que des extras bibliographiques et discographiques.

Tony Joe White

Uncovered

Écrit par

Tony Joe White est une institution dans l’univers du rock. Issu des swamps marécageux de la Louisiane (NDR : il est né à Goodwill, dans un quartier de Los Angeles, en 1943), il remporte un vif succès commercial lors de la sortie de "Polk salad Annie". Nous sommes alors en 1969. L'année suivante, son "Rainy night in Georgia", chanté par Brook Benton, obtient un hit retentissant. Depuis, il sillonne régulièrement les routes de tous les continents. Récoltant le même succès. Au cours de ces trois décennies, il a commis quelques elpees d'excellente facture ; mais aussi écrit pour des artistes aussi notoires que Ray Charles, Elvis Presley, Joe Cocker ou Tina Turner. Il est surnommé 'The swamp fox' (NDR : traduction le 'renard des marais'). ‘Live’ il se produit souvent en compagnie de son fils Jody, préposé à la batterie. C’est également son manager et le co-producteur de ce nouvel album, parfaitement enregistré dans la tradition de Tony Joe. Teinté de soul, son swamp blues baigne au sein d’une ambiance tellement personnelle : indolente, ‘laidback’ (NDR : suivant l’expression utilisée en anglo-saxon !). On l’imagine facilement assis devant un feu de bois, le long d'une rivière, chantant de sa voix chaude en grattant ses cordes.

Sur "Uncovered", White nous propose sept nouveaux titres et trois anciennes compos remises au goût du jour. "Run for cover" ouvre l’opus. Le tempo est flemmard. Les cuivres, l’orgue Hammond et surtout les choeurs des Settles Connection soutiennent très bien la voix chaude de Tony Joe. Swamp blues lent, familier, "Not one bad thought" trempe dans un univers typiquement White. Les deux guitares sont bien distinctes. A gauche, le son réverbéré, classique, de Tony Joe. A droite, le jeu tout en rythmique de - bien sûr ! - Mark Knopfler. Le soliste emblématique de Dire Straits partage même les couplets en compagnie de notre renard. Un léger parfum de funk paisible flotte tout au long de cette plage. Tony Joe White est passé maître dans l’art du style 'laidback', décontracté. A l’instar d’Eric Clapton. Le Londonien ! Qui apporte son concours pour une nouvelle version de "Did somebody make a fool out of you", une chanson écrite en 1973. Et c’est un véritable bonheur de retrouver ces deux musiciens chanter et jouer ensemble. Sans que quiconque ne tire la couverture vers lui. Et puis JJ Cale. La légende californienne susurre la jolie ballade "Louvelda". Les deux virtuoses se mesurent dans un dépouillement extrême. Mais ils entretiennent une telle flamme, une telle chaleur, que le climat finit par nous envoûter et surtout par nous interpeller. Même lorsqu’elle réverbère dans un écho lointain, la guitare ne désarme jamais ! "Rebellion" est la plage que je préfère. Une pointe d'agressivité (contenue) dans la voix, Tony Joe clame vouloir rester maître de son art. Composer et jouer sa musique sans la moindre contrainte ; et surtout ne pas devoir se plier aux impératifs commerciaux. La guitare se fait l'interprète de l'artiste pour entretenir ce climat de rébellion. "Shakin' the blues" constitue un autre moment empreint d'émotion et d'intensité. Un blues funkysant signé Waylon Jennings, un chanteur de country disparu en 2002. Waylon chante ici une de ses dernières chansons enregistrées chez Tony Joe. La magie des studios (NDR : ceux de Nashville) a permis à Jody White de retravailler cette plage. Waylon avait connu un certain succès en commettant "Rainy night in Georgia". Tony Joe White propose ici une nouvelle version de cette jolie chanson intimiste. Michael McDonald est le dernier collaborateur de cet opus. Ce chanteur est devenu très populaire outre-Atlantique en militant chez Steely Dan et les Doobie Brothers. Sa voix pure et cristalline illumine la ballade swamp soul "Baby don't look down". Tony Joe nous entraîne dans la confidence pour reprendre son "Taking the midnight train", une compo écrite en 1973. Et dans ce style, il est sans rival. D’excellente facture, cet elpee s’achève comme il s’était ouvert : par une plage funky. Intitulée "Keep of the fire", elle est enrichie de chœurs, de cuivres, tapissée d’un orgue et toujours canalisée par cette guitare fiévreuse…

 

 

Concours Circuit - Eliminatoires Catégorie Pop-Rock 2006

Écrit par

Saluées par certains, chahutées par d'autres, les éliminatoires du Concours-Circuit se sont déroulées du 15 au 30 septembre, un peu partout en Wallonie. Cette année, la catégorie 'pop-rock' au sens le plus large du terme était au programme. La bataille a été rude mais, en définitive, le jury a fini par trancher. Quinze noms (sur trente) ont été retenus pour participer aux demi-finales dont les dates sont fixées aux 21, 27 et 28 octobre.

A l'instar de Fred, cher confère de Nameless (www.webzinenameless.net), et pour les mêmes raisons que lui, il est impératif de mentionner la courte liste de mes connaissances ayant participé au concours : Néant! Il faut également souligner que les opinions exprimées dans cette review n'engagent que son auteur. Au moins, ainsi, les choses sont claires. Ce compte-rendu concerne donc mes 10 favoris, répertoriés dans un ordre tout à fait aléatoire.

Nicola Testa a eu la délicate tâche d'ouvrir les festivités. Ses compositions envoûtantes et le côté kitsch et fischerspooner-esque de sa prestation m'ont tout simplement séduits dès les premières secondes. L'un des rares artistes de la compétition que j'irai certainement revoir.

Il en va de même pour RS & La Scoumoune. Du rap bien capitonné qui ferait un tabac dans une salle telle que l'Orangerie du Botanique. Une prestation tout à fait pro et scéniquement au point. Pour quelqu'un qui ne raffole pourtant pas du tout de ce genre de musique, il s'agit d'une véritable révélation. A noter également que leur humilité et simplicité ont, du moins pour ma part, joué en leur faveur.

The Archbishops et Dancing Naked Ladies, sans être foncièrement originaux, ont été les plus efficaces dans la catégorie pop-rock pure (fm). Des riffs bien placés, des compos entraînantes, des vocalises impeccables et un jeu scénique adapté à leur public respectif. Ces deux formations ont su mettre à profit leurs 25 minutes imparties, sans redondance et sans avoir l'air de se faire chier sur scène ; ce qui n'est pas le cas de tous les groupes de cette même catégorie.

Deux autres petits coups de cœurs qui n'ont malheureusement pas impressionné le reste du jury : Spleen Sisters et, surtout, The Yesterday Wolf. Les premiers pour leur approche revival 90s et les seconds pour leur côté Bellrays.

Josie Duflan et les Ponettes Sauvages, également éjectés de ce concours, sont en quelque sorte Les Georges Leningrad belges avec un côté décalé et un humour à la ramasse bien marquants. Par contre, note à l'ingénieur : faudrait y aller mollo côté son.

We Are Not Flowers a joué le rôle d'Ovni dans cette compétition. Et tant mieux pour le duo, qui a soufflé un certain vent de fraîcheur sur l'ensemble de la compétition. Si tout n'est pas forcément en place, il a le mérite d'avoir été le plus original de cette fournée.

Le post-rock planant d'Ojo est passé comme une lettre à la poste. Pas beaucoup de reproches à leur encontre, hormis le fait qu'ils devraient calmer les ardeurs de certains de leurs fans. 'Mais tout cela ne nous regarde pas', comme dirait l'autre.

Enfin, Fractional opère une véritable recherche dans ses beats hypnotiques. Ce jeune homme devrait certainement faire un gros effet dans le circuit des soirées du type 'structure béton'.

En conclusion, suite a mon remplacement par un collègue de Musiczine pour l'une des six dates, il m'est dans l'impossibilité de me prononcer sur les performances de Bern Li, Blue Velvet, The Peas Project, Funk Sinatra et The KMG's. Leur absence dans cette liste n'a donc aucun rapport avec leur prestation. J'ajouterai également, comme j'en faisais part à mes confrères du jury durant les délibérations, que certains des participants, demi-finalistes ou non, devraient prendre des cours d'humilité. On ne citera aucun nom. En espérant, pour leur bien, qu'ils se reconnaissent.

Yeah Yeah Yeahs

Show your bones

Écrit par

Trente-neuf minutes, pas une seconde de plus ou de moins. Trente-neuf minutes de bonheur intense ne tolérant pas le moindre déchet sonore. Tout est déjà presque dit. Presque. Les New-yorkais sont en train de connaître un succès amplement mérité et incontestable à l’écoute de cet album miraculeux. Dès les premiers riffs et la démonstration du charisme vocal de Karen O, on se retrouve happé par un tourbillon de chansons claires, nettes, efficaces et diablement ensorcelantes. Du rock sincère et bien vivant, maîtrisé de bout en bout par des musiciens qui ont décidé de s’appliquer sur chaque arrangement et chaque changement de rythme. Quatre ans après le (déjà) tonitruant « Fever to Tell », ils confirment leur volonté de faire rimer vitalité avec électricité, raison probable pour laquelle ils ont fait appel, pour mixer le tout, aux services d’Alan Moulder (Nine Inch Nails, The Cure, My Bloody Valentine). Karen O et les siens semblent partis pour ne jamais décevoir, à condition de conserver cette énergie jouissive qui les anime. Et leur permet, sans reproche possible, de quitter ce « Show Your Bones » sur une ballade acoustique…

Various Artists

Boombal Vol 1

Écrit par

Le boombal, véritable phénomène de société, invite tout le Benelux à la danse folk. Investissant parfois des salles immenses (Sportpaleis d'Anvers, par exemple), il se décline en 4 ou 5 manifestations chaque semaine. Sélection basée sur 5 années de bal, cette compilation propose un bel échantillon de groupes folk belges. Les genres et sources d'inspiration, systématiquement traditionnelles, s'avèrent variés. Le celtique domine toutefois. Grande diversité dans les groupes, également, depuis les jeunots de Aedo (20 ans à peine) jusqu'aux vétérans de Kadril (30 ans de carrière), en passant par le groupe de Sophie Cavez (accordéoniste chez Urban Trad). De nombreuses plages séduisent par leurs qualités mélodiques, mais il est clair que ce CD propose avant tout de la musique pour les pieds. Dans cette perspective, le travail a été accompli avec sérieux. La captation live est de très bonne qualité, aucun groupe ne démérite et le livret est on ne peut plus complet: il présente chaque formation dans le détail et mentionne même ses coordonnées. Vous n'avez plus qu'à faire votre marché pour votre prochaine soirée folk… En attendant, Boombal Vol I mettra de l'ambiance dans vos chaumières. Pour les amateurs du genre, sans conteste un bel objet. Et si un test live vous tente, l'agenda boombal (http://boombal.be/) vous indiquera l'adresse

The Black Keys

Les ingrédients d'une potion magique

Écrit par

Ils sont deux. Dan Auerbach pose sa voix derrière le micro et martyrise sa guitare. A ses côtés, Patrick Carney frappe ses fûts avec l'énergie du désespoir. Et, en substance, les Black Keys réinventent le blues par le prisme d'un rock'n'roll primaire et sauvage. En duo, ils font plus de raffut qu'une armée de Panzers mal huilée. Sous ces apparences abruptes, ces deux musiciens libèrent pourtant une musique simple, pure, délivrée de toutes contraintes techniques. Le nouvel album des Black Keys s'intitule « Magic Potion ». Même les druides en redemandent...   

Quand on opère une comparaison entre vos précédents albums et « Magic Potion », on a l'impression qu'un changement s'est opéré sur le son...

C'est difficile à dire. Notre objectif n'était pas de trouver un son différent. Comme toujours, c'est un flux naturel. Il n'y a que nous deux : la batterie de Patrick contre ma guitare. Fidèles à nos habitudes, nous nous sommes installés dans la cave. Nous y avons répété et travaillé pour aboutir à ces nouvelles chansons

D'un point de vue artistique, est-ce contraignant de jouer à deux sur disque et sur scène ?

Nous n'avons jamais perçu notre duo comme une contrainte. Sinon, nous aurions changé de métier ! Mais l'idée de s'entourer d'un troisième ou d'un quatrième musicien ne nous a jamais effleuré l'esprit. Le fait de travailler à deux nous permet de créer un son brutal, spontané.

Vos précédents albums étaient signés sur le label Fat Possum, antre du blues rock. Pour « Magic Potion », votre nouvel album, vous déménagez chez V2 Records.

Nous sommes très contents de travailler avec cette nouvelle équipe. Les choses sont plus simples à gérer. Nous arrivions en fin de contrat chez Fat Possum. En réalité, notre collaboration avec le label V2 n'est effective qu'en Europe. Aux Etats-Unis, c'est le label Nonesuch qui distribue notre disque.

Quelle serait votre définition exacte de « Magic Potion » ?

Cette potion magique est un nouveau départ pour notre humanité. A nos yeux, elle constitue un remède permettant d'annihiler les enfances malheureuses. La potion magique doit venir en aide aux enfants du monde entier, tous les jours, tout le temps. 

L'intitulé de votre nouvel album sous-entend-t-il que vous délivrez une sorte de potion magique musicale ?

Non, notre démarche n'est pas aussi prétentieuse... En réalité, « Magic Potion » trouve son origine dans les paroles d'une de nos nouvelles chansons. Elle est intitulée « Modern Times ».

Les paroles de « Modern Times » résument-elles votre propre conception des temps modernes ?

Oui, particulièrement les temps modernes de notre pays. Nous aimons les Etats-Unis. C'est notre patrie. Cependant, nous sommes convaincus que quelque chose est en train de nous échapper. Nous ne sommes plus d'accord avec l'Amérique actuelle. Sa politique n'a plus de sens. L'administration jette de la poudre aux yeux des électeurs et, dans leurs dos, elle défend des intérêts lucratifs, très éloignés des véritables besoins sociaux. Quand nous quittons le territoire américain, nous partons sur les routes pour jouer des concerts. On se produit partout dans le monde : en Asie, en Europe, etc. Et, loin de notre pays, on se rend compte qu'il ne ressemble pas du tout à notre terre natale, au pays que l'on voudrait aimer.  

Sur « Magic Potion », un de vos morceaux évoque un départ de Babylone (« Goodbye Babylon »). La vision de Babylone varie souvent dans les représentations collectives. Quel est le sens profond de Babylone pour les Black Keys ?

Nous ne défendons pas une vision unique de ce concept. Lors de l'écriture de « Goodbye Babylon », nous songions aux impacts néfastes de l'administration sur notre société. Aujourd'hui, l'Amérique peine à trouver une ligne de conduite crédible. Mais pour revenir à la notion de Babylone, il convient de souligner que ce nom possède différentes significations. Tout dépend de nos auditeurs. C'est à eux de lui donner un sens. Pour une partie du monde, Babylone représente le côté mercantile et déshumanisé d'une société occidentale pervertie. Pour d'autres personnes, cette ville antique symbolise la corruption et la décadence. Pour notre part, nous laissons une liberté d'interprétation à nos auditeurs. C'est mieux ainsi... 

Peut-on considérer « Magic Potion » comme le premier album politiquement engagé de votre carrière ?

« Magic Potion » n'est pas un album politique. Pour la bonne et simple raison que nous n'avions aucune visée politique en commençant à travailler sur ce disque. Les chansons sont venues naturellement, sans aucune arrière-pensée. En ce sens, il ne s'agit pas d'un album politique. 

Quelques semaines avant la sortie officielle de votre nouvel album, vous avez publié un hommage à Junior Kimbrough. Quels sont les mobiles de cette démarche ?

Nous respectons énormément ce monsieur. Nous sommes de grands fans de sa musique. Il est incontestablement un des piliers du blues. Nous nous intéressons à sa musique depuis longtemps. Un jour, nous écoutions ses chansons. On s'est regardé en se disant : 'Bien sûr, on doit rendre hommage à ces magnifiques compositions !' Junior Kimbrough nous a donné l'impulsion nécessaire pour créer, jouer de la musique.  

A la fin de cet hommage, intitulé « Chulahoma », l'auditeur a l'occasion de découvrir une plage sonore cachée. Il s'agit de la voix de la veuve de Junior Kimbrough.  Cette dernière vous félicite... Quelle a été votre réaction en écoutant ce message ?

Nous étions très fiers, vraiment excités. C'est un peu comme un aboutissement. Notre admiration pour Junior Kimbrough est grande. Alors, les compliments de son épouse, c'est quelque chose d'énorme. Ensuite, si nous avons décidé d'enregistrer cette intervention sur le disque, ce n'est pas pour nous prendre la grosse tête. Nous considérons simplement que ce message fait partie d'un ensemble, entièrement dédié à Junior Kimbrough.

Seriez-vous d'accord de dire que vous êtes les rénovateurs du blues ?

Nous ne sommes pas des rénovateurs conscients. Notre démarche ne consiste pas à réinsérer le blues dans un schéma contemporain. On se contente simplement de jouer la musique que nous sommes capables de jouer. D'ailleurs, je pense que notre musique relève davantage du rock'n'roll que du blues !

En juin dernier, vous avez ouvert les concerts de Radiohead sur leur tournée nord-américaine. Comment les fans de Radiohead ont-ils perçu votre musique ?

En entrant sur scène, on ne cherche pas à savoir si notre musique va plaire ou non au public. On se lance, on joue. Nous n'avons jamais eu peur de monter sur scène. Que ce soit devant dix personnes ou des milliers de fans en délire !

Shugo Tokumaru

L.S.T.

Shogu Tokumaru n’a que 26 ans, mais sa musique est d’une maturité tout bonnement incroyable. Originaire de Tokyo, ce Géo Trouvetout de la pop schizophrène manie les instruments comme autant de jouets délirants, et c’est peu dire qu’on adore son univers, entre Cornelius, Animal Collective, The Pascals, The Books et l’exégète Brian Wilson. « L.S.T. », son deuxième album sorti au Japon en 2005, nous arrive enfin grâce à l’entremise du label parisien Active Suspension (Davide Balula, Domotic,…), et là on se met à genoux, on embrasse ces types sur la bouche et on verse une larme, voire deux, parce que ce disque est une véritable merveille. Mélange ludique et addictif de pop ensoleillée, de boucles facétieuses et de ritournelles acides pleines de tiroirs magiques, l’univers musical de Shugo Tokumaru nous donne envie de croire qu’au Japon le soleil ne fait que se lever, tout le temps, tellement ce « L.S.T. » se révèle un bonheur d’une intelligence rare. Dix chansons pop (etc.) aux couleurs chatoyantes, dix raisons d’apprendre le nippon pour reprendre en chœur ces non-refrains à l’euphorie naïve. C’est simple : « L.S.T. » est un petit chef-d’œuvre d’une demi-heure qui ne lasse jamais, tant chacune de ses compositions en révèle dix autres. Et au final on se retrouve avec cent disques en un. Ce disque serait-il l’antidote miracle à la neurasthénie ? La réponse se trouve dans son titre, à une lettre près.