Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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The Dandy Warhols

…The Dandy Warhols come down

Psychédélique jusqu’au bout des orteils, ce quatuor issu de l’Oregon, de Portland très exactement, remet au goût du jour le garage/pop sixties avec beaucoup de savoir-faire. Farfisa rogné, crémeux, guitares distordues, vibratoires, harmonies vocales lysergiques, angéliques. Tout y est. Un peu comme si on célébrait une hypothétique rencontre entre Spacemen 3, les Stone Roses, Syd Barrett, House Of Love et Inspiral Carpets. En fait, la musique de Dandy Warhols avoue un net penchant anglophile, même si le groupe reconnaît pour influences majeures le Velvet Underground et les Beach Boys. Qu’à cela ne tienne, son deuxième opus vaut son pesant d’or mélodique, recelant quelques véritables petites perles, telles " Boys better ", " Good morning ", " Every day should be a holiday ", et bien sûr le single hyper contagieux, " Not if you were the last junkie on earth "…

 

Damon & Naomi

Playback singers

Damon Krukowski et Naomi Yang constituaient, autrefois, les deux tiers du Galaxie 500. A l’issue du split de ce groupe, Dean Wareham s’en est allé fonder Luna, tandis que le couple décidait de poursuivre l’aventure en duo. Qui en est ainsi à son troisième album. Damon s’est cependant reconverti à la guitare acoustique, sans pour autant négliger les drums, alors que Naomi cumule aujourd’hui basse, six cordes électriques et un curieux instrument responsable de sonorités aussi spectrales que bourdonnantes. Enfin, ils chantent tous les deux. Surtout Damon. Toutes les compositions de ce " Playback singers " baignent au sein d’un climat indolent, mélancolique, climat qui au fil de l’écoute, vous flanque carrément le bourdon. Pas que les compositions soient mal ficelées, mais plutôt linéaire, à notre goût. Avec un peu de relief et surtout une bonne dose d’intensité électrique, cet opus décrochait, la timbale. Ce n’est malheureusement pas le cas… 

 

Drugstore

White magic for lovers

Isabelle Monteiro, Mike Chilinsky et Daron Robinson, rejoints depuis peu par une violoncelliste, sont de grands admirateurs de Radiohead. Sur scène, il leur arrive même régulièrement de reprendre " Black star ". Pas étonnant que Thom Yorke leur ait renvoyé l’ascenseur, en participant à l’enregistrement de leur formidable single " El president ". Une chanson très engagée, qui traite de la politique interventionniste des Etats Unis. Une composition que l’on retrouve sur le nouvel album de Drugstore, " White magic for lovers ". Faut dire qu’Isabel est née au Brésil, et qu’elle n’a pas sa langue en poche. Un autre exemple ? " Say hello ", titre où elle se soucie du sort des prostituées, des junkies et des paumés. Pour enregistrer son dernier opus, la formation a reçu le concours d’un ensemble mariachi. Ce qui vous donne une petite idée de la coloration sonore de leur musique, que l’on pourrait qualifier de pop dans l’esprit de Mazzy Star, mais avec un esprit fondamentalement plus optimiste…

 

The Divine Comedy

Fin de siècle

Pour enregistrer leur nouvel album, The Divine Comedy a de nouveau fait appel à l’orchestre philarmonique The Brunel Ensemble, toujours sous la direction de Chris Austin. Un nouvel elpee qui s’inscrit parfaitement dans la lignée des " Casanova " et de " A short album about love ". Neil Hannon, leader, chanteur et principal compositeur y joue à être Kurt Weill, Marc Almond, Phil Spector, Scott Walker et Frederic Chopin en même temps. Encore, que sur cet opus, on a parfois l’impression de retrouver la solennité d’un Peter Hammill ou la gravité de Magma. Enfin juste le temps d’y penser, avant que le soufflet ne retombe dans la fantaisie du music-hall. C’est d’ailleurs en tirant parti de ces paradoxes que Neil nourrit son Divine Comedy. Une nourriture faite de chimères baroques, de cabaret et de mélodie romantique, dans le sens le plus easy listening du terme. Souvent déconcertant, cet opus n’en est pas moins séduisant, démontrant ainsi tout le savoir-faire de ce génie narcissique de la pop britannique…
 

 

The Din Pedals

The Din Pedals

Fondé en 1990, cet ensemble était, à l’origine, constitué d’un trio. Et, à l’instar de China Drum, offrait la particularité de compter en son sein un drummer/chanteur. Depuis l’arrivée d’un nouveau batteur, James Grundler a pu se consacrer exclusivement au chant. Une aubaine pour le groupe, car cet artiste possède un organe vocal impressionnant. Se payant même un timbre et des inflexions héritées en ligne droite de Bono et de Thom Yorke. Or la musique des Din Pedals navigue à la croisée des chemins de U2 circa " Boy " et de Radiohead, libérant tout au long de cet opus éponyme, onze mélodies pop/rock mélancoliques, hymniques, dont la texture est musclée par une section rythmique puissante, solide, électrifiée par des cordes de guitares jaillissantes, pétillantes, jacassantes ou gémissantes et enrichies de lyrics psychotiques… Inévitablement, une question nous vient à l’esprit : serions-nous en présence d’un futur supergroupe ?

 

Ani DiFranco

Little plastic castle

Guitariste/compositrice/chanteuse folk punk dans le sens le plus alternatif du terme, Ani DiFranco sort des albums à une cadence infernale. Si nos renseignements sont exacts, ce " Little plastic castle " doit être au moins son dixième. En huit années, ce n’est quand même pas de la tarte ! Ce dernier opus, constitue, en outre, son œuvre la plus accessible, commise à ce jour. Les cuivres y font une apparition remarquée. Notamment sur le titre maître, " Deep fish " ainsi que " Pulse ", ce dernier fragment bénéficiant même du concours de Jon Hassell à la trompette. Mais le changement le plus caractéristique procède de la plus grande mélodicité de ses chansons que nous pourrions qualifier de pop, nonobstant des lyrics toujours aussi féroces, féministes dans le sens le plus libéré du terme, qu’elle chante d’une voix très vibrante, dont le timbre navigue quelque part entre celui de Tracey Chapman et de Suzanne Vega…
 

 

 

 

The Delgados

Peloton

Laika, They Might Be Russians, Rollerskate Skinny, Throwing Muses et surtout Mercury Rev auraient influencé cet ensemble glasgowégien, que nous ne serions pas surpris. Le Velvet et les Pastels également. Mais là, c’est une évidence. Pourtant, chez les Delgados, il y a tellement de fraîcheur, qu’n’on a jamais l’impression de se farcir un recyclage. Que du contraire. Parce que leur musique recèle une foule de nuances subtiles et d’idées ambitieuses, aventureuses mêmes, susceptibles de sonder l’underground sans pour autant abandonner une piste mélodiquement pop, sûrement tracée. En intitulant son deuxième album " Peloton ", et en s’inspirant de Pedro Delgado, champion cycliste espagnol qui avait brillé au tour de France voici quelques années, pour choisir son patronyme, le groupe a peut-être encore l’intention de gagner quelques étapes. Mais revenons à leur dernier opus. Tantôt fragile, tantôt rebelle, souvent capricieux, il alterne climats atmosphériques, tantôt traversés d’une section à cordes, tantôt d’une flûte, enrichis par la conjugaison des vocaux moelleux d’Emma Pollock et d’Alun Woodward, et climats électriques bourdonnants, presque ‘mybloodyvalentinesques’, comme sur le superbe et sinusoïdal " Russia orthodox ". Remarquable !

 

Del Amitri

Hatful of rain

‘Si vous aimez les Byrds et le Crazy Horse, vous aimerez Del Amitri’. C’est ce que la bio du net annonce. Sorry, mais c’est vraiment n’importe quoi. D’abord, si à ses débuts, la formation glasgowégienne était issue de la vague ‘postcard’, on ne peut pas vraiment dire qu’elle en était un parfait exemple. Nonobstant le fait que le combo se soit toujours ouvertement réclamé d’Orange Juice et de Joseph K. M’enfin, une chose est incontestable, à l’origine, sa pop était contagieuse et surtout rafraîchissante. Mais de là à envisager des comparaisons aussi approximatives, il y a une marge électrique que nous n’oserions même pas franchir. D’ailleurs, au fil des albums, la bande à Justin Currie s’est mise à épouser un profil de plus en plus accessible, de plus en plus mièvre. A un tel point qu’on se demande aujourd’hui, comment Del Amitri, pourtant remanié à plusieurs reprises, est encore vivant. Reste quand même toute une flopée de singles, tels que " Nothing ever happens ", Kiss this thing goodbye ", " Roll to me ", " Always the last to know ", " Don’t come home too soon " " et " Cry to be found ". Sans oublier les quelques compositions d’honnête et même parfois d’excellente facture, curieusement le plus souvent sculptées sous un format acoustique, qui font l’objet de ce " Best of ". Un seul regret, l’absence de " Sense sickness " et de " No strings ". Mais on suppose que ses chansons n’avaient pas suffisamment d’impact commercial…

 

Embrace

The good will out

Le plus dérangeant chez Embrace, ce sont les affinités qu’il partage, sans doute involontairement, avec des formations aussi contemporaines que The Verve, Oasis et les Stone Roses. Encore que ces derniers soient séparés depuis peu. Affinités musicales, mais également d’attitude et d’intensité émotionnelle. Ajoutez-y deux frères. A la guitare, Dany et Richard (NDR : non, non, pas Ashcroft) Mc Namara. Le premier, lead singer, campe des inflexions qui nous rappellent Gary Brooker du mythique Procol Harum, alors que le second, s’il chante beaucoup plus rarement, possède un timbre fort proche de Liam Gallagher. Des conditions qui alimentent inévitablement les comparaisons. Et pourtant, leur premier opus est excellent. La plupart du temps enrichi d’orchestrations luxuriantes. Hormis le " charlatanesque " " Fireworks " et le plus intimiste " Now you’re nobody ", interprété dans l’esprit de Simon & Garfunkel, les compositions se révèlent le plus souvent hymniques, empreintes d’une mélancolie typiquement britpop, pop britannique, quoi !…

 

Mark Eitzel

Caught in a trap and I can’t back out’ cause I love you too much, baby

Difficile de faire plus bref dans le choix du titre d’un album. Manquait plus que trois ou quatre phrases supplémentaires dans l’intitulé, et la chronique était bouclée. Ce qui aurait été franchement injuste, puisque le nouvel opus de Mark Eitzel est fort intéressant. D’abord, il y a la partie minimaliste, dépouillée. Plus conventionnelle, mais excellente, où l’artiste interprète d’une voix gémissante, veloutée, des chansons noyées dans les lyrics cruellement introspectifs, en s’accompagnant d’une guitare acoustique aux sonorités vulnérables pépiantes. Et puis, bonne surprise, Mark opère un retour à l’électricité. D’abord, en catimini, sur " Goodbye ", à l’instar d’un Red House Painters. Et puis, avec une incandescence aussi intense, luxuriante et écorchée de feedback que chez le défunt American Music Club. Sur deux titres, " Queen of no one " et " Cold light of day ". Et pour réaliser cette performance, il a reçu le concours de Steve Shelley, de James Mc New et surtout de l’ex-Cramps, ex-Gun Club, King Congo Powers. Et avant de revenir, le temps de deux fragments dans son univers intimiste, il nous accorde avec " Go away " un détour par une pop plus chatoyante, kaléidoscopique, tellement proche de Kitchens of Distinction…