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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Editors
Jon Spencer

The Fleshtones

More than skin deep

Les Fleshtones viennent de fêter leur 22ème année d’existence. Et pourtant, ce groupe manifeste toujours le même enthousiasme, la même fraîcheur et la même fougue rock’n’rollienne. Sceptiques ? Allez donc les voir, lorsqu’ils se produisent sur les planches, et vous comprendrez pourquoi leurs concerts ont valeur de mythe. Le quatuor new-yorkais vient, en outre, de sortir un nouvel album, " More than skin deep ", un disque alliant fun et énergie, mais sans grande surprise. D’autant plus que sa confection n’a bénéficié d’aucune collaboration notoire à la production, de type Peter Buck ou Steve Albini, comme sur les précédents opus. Ce qui n’empêche pas les quatorze fragments de ce morceau de plastique de faire la part belle au psyché/garage/rock de la meilleure veine. Des chansons inévitablement hantées par les spectres des Yardbirds, de Count Five, de Sam the Sham, des Sonics, de Question Mark & The Mysterians ou des Stooges. Imprimées sur un tempo toujours aussi tribal, sur lequel vagabonde la ‘six cordes’ cristalline de Keith, elles sont écorchées tantôt par l’harmonica poussiéreux, le farfisa aigrelet et surtout la voix gémissante de Zaremba. Du pur Fleshtones quoi !…

 

Fastball

All the pain money can buy

Si vous n’avez jamais entendu de Fastball, que du hit single, " The way ", ou du clip consacré à cette chanson, vous imaginez probablement que ce trio pourrait entrer en compétition avec Cake. Et vous avez tout à fait tort. Oh, bien sûr, la suite de l’album recèle bien encore l’une ou l’autre miette de gâteau, mais elles sont tellement rares, qu’il vaut mieux les balayer. Bien que d’Austin dans le Texas, la formation n’émarge pas davantage au blues ou à la country, mais plutôt à la pop. En général, américaine sous son profil le plus fade Parce qu’inspirée par Tom Petty & the Heartbreakers ou Dylan, lorsqu’il était encore flanqué du Band. Heureusement, cet " All the pain money can buy " comporte également ses moments forts. Comme " Charlie the methadone man " et " Sweet water, Texas ", psychédéliques dans l’esprit de 13th Floor Elevator. Ou encore l’élégant " Out of my head ", qui aurait pu figurer dans le répertoire d’Elvis Costello ", voire le surprenant " Soon or later ", à la fois grunge dans le groove et beatlenesque au niveau des harmonies vocales. C’est vrai qu’en disposant de deux chanteurs aussi complets que Tony Scalzo et Miles Zuniga, Fastball peut imaginer, dans le futur, truster les hits. Suffit, de trouver les bonnes chansons !

 

Far

Water & solutions

Issu de Sacramento, en Californie, ce quartet vient d’enregistrer son deuxième opus. Sous la houlette de D. Sardy, chanteur/ guitariste de Barkmarket mais également producteur d’Helmet. Cependant, la musique de Far est à des années lumières du style emprunté par les deux formations susmentionnées. Courtisant un popcore criblé de breaks et de changements de rythmes à l’instar des Pixies, mais en plus grungey. Un popcore qui aurait adopté le feeling mélodique, hymnique, contagieux, irrésistible, de Weezer, impression accentuée par le timbre vocal clair, presque falsetto, de Jonah Matrenga, responsable de lyrics aux connotations spirituelles, mais symboliques…

 

Fun Lovin’ Criminals

100% colombian

Grosse polémique au sujet du titre du dernier album de Fun Lovin’ Criminals, accusé par la Colombie, d’intoxication intellectuelle et capitaliste. Une protestation déposée en bonne et due forme par l’ambassade du pays sud américain, auprès du gouvernement américain. A méditer ! Mais revenons à cet opus, qui a fait plus de vagues dans le domaine de la politique, qu’il n’en fera probablement sur le terrain du chiffre de ventes. Pas que l’album soit de piètre facture, mais parce qu’il n’atteint pas la qualité de " Come find yourself "… L’ombre de BB King est bien présente sur " Mini bar blues ", mais en général, les compositions souffrent d’un groove trop aseptisé, d’un tempo trop moelleux. Bref, un disque très ordinaire, nonobstant un style jazz/funk/rap/blues/rock qui se veut ténébreux et sensuel. Trois titres tentent cependant de s’extraire de ce marasme : le métallique " Southside ", aux samples blacksabbathiens (Paranoïd ?), l’hommage à Barry White, " Love unlimited ", et enfin un morceau caché, que nous qualifierions d’allègre, de ‘countrybillesque’…

 

Forest For The Trees

Forest for the trees

Forest For The Trees, c’est avant tout Carl Stephenson, multi-instrumentiste, compositeur, chanteur, bidouilleur, ingénieur du son et producteur. Son premier album, il l’a enregistré dans son propre studio, à la maison. Il a cependant reçu le concours de quelques potes. Notamment Beck. Pour un titre. Une manière très élégante de renvoyer l’ascenseur à Carl, lorsqu’on sait que ce dernier avait collaboré à la confection du hit " Loser ". D’ailleurs, les deux personnages ont pas mal de points communs dans l’approche torturée et éclectique de la pop mélodique. Simplement, Carl utilise davantage d’instruments insolites, tels que les cornemuses, les tablas ou le sitar. En plus des inévitables outils technologiques, bien sûr. Sa musique est également marquée par la trip hop, la new wave de Devo mais aussi par la phase orientaliste des Beatles. Et des influences il y en a tellement que nous ne pourrions pas toutes les citer ! Mais alors pourquoi avoir opté pour le patronyme Forest For The Trees ? La réponse est simple. Dans sa famille, on a étudié soit l’ornithologie, soit l’entomologie, soit la biologie ou une science qui se rapporte à la nature…

 

Flick

The perfect kellulight

Si, en général, la ville de Stockton, dans le Missouri, accouche de formations country & western et heavy metal, elle vient pourtant de mettre au monde un quatuor qui rame carrément à contre courant de ces tendances. Un groupe drivé par les frères Oran et Trevor Thorn, qui semble essentiellement influencé par la pop britannique. Celle de Radiohead , en particulier. A cause de l’électricité, à la fois intense et capricieuse, dispensée par les cordes de guitare. Mais aussi du sens mélodique contagieux. " The perfect kellulight " constitue apparemment, son premier album. Un disque d’excellente facture qui bénéficie d’arrangements aussi soignés que ceux de Smashing Pumpkins, majestueux que Procol Harum, luxuriants et psychédéliques que les Beatles circa " Magical Mystery tour ". Une œuvre déchirée entre mélancolie et agressivité, sophistication et sensibilité apportant une véritable bouffée de fraîcheur à la musique contemporaine. Suffit d’écouter, de véritables petites perles comme " Freezer burnt ", " Wishing well ", " The end ", " Anthem " ou " Electric pear ", pour s’en convaincre…

 

Garbage

Version 2.0

Depuis 1993, année de la naissance du groupe, la popularité de Garbage n'a jamais cessé de grimper. Une notoriété que le quatuor n'a pourtant acquise, qu'au prix de quelques singles et d'un elpee. Faut dire que le combo a beaucoup tourné ; et puis, cet opus éponyme, qui remonte déjà à 1995, était tout bonnement remarquable. Le deuxième album se devait donc de confirmer. Pas de panique, s'il n'est pas aussi exceptionnel, l'effet de surprise ne jouant plus, il est de la même veine. Le sens mélodique des chansons est intact, toujours aussi contagieux. Les arrangements aussi soignés, impeccables. La technologie propice aux effets spéciaux et aux boucles, plus présente ; mais sans pour autant dénaturer l'intensité de la texture sonore. Shirley Manson a composé la plupart des textes. Des contes visionnaires de perversion, de folie et de voyeurisme, qu'elle chante avec une fameuse dose d'émotion et de sensualité.

" Version 2.0 " est découpé en douze fragments. Depuis l'extatique " Temptation waits " au profond, poignant, mélancolique " You look so fine ", en passant par " I think I'm paranoid ", témoignage de l'admiration de Shirley pour Patti Smith, le bubblepop post Bangles de " When I grow up ", le troublant et majestueux (Depeche Mode ?) " Medication ", l'hommage aux Pretenders " Special ", même que Shirley semble ici possédée par l'âme de Chrissie Hynde, le post industriel, menaçant, digne de Nine Inch Nails, " The trick is to keep breathing ", le viscéral, énigmatique, techno dans l'esprit d'un Prodigy voire de Chemical Brothers, " Dumb ", le léger, hymnique, " Wicked ways " (Kim Wilde ?), et enfin les plus Garbage que nature " Push it " et " Sleep togegether " ; le premier caractérisé par un sampling de " Don't worry baby " des Beach Boys ", le deuxième alternant périodes d'intimisme spectral et jaillissements d'électricité. Deux titres qui nous rappellent, décidément encore et toujours, ce défunt et mésestimé Propaganda. Enfin ceux qui ont connu savent de quoi nous parlons.

 

G. Love & Special Sauce

Yeah, it’s that easy

Ce n’est pas tout à fait du blues urbain, même si le groupe bostonien reconnaît pour influences majeures John Lee Hooker, Bo Diddley, Screamin’ Jay Hawkins et Robert Johnson. Ni du rap. Nonobstant les fortes injections de hip hop dans ses roots. D’ailleurs, la musique de G Love & Special Sauce est beaucoup plus hybride. A l’instar de Beck. Surtout lorsqu’elle flirte avec le funk et le jazz. Mais en moins déjantée, en plus cool. Pour enregistrer ce " Yeah, it’s that easy ", le combo a décidé de se passer des services de Jim Dickinson, le sorcier de Memphis, préférant prendre le risque de s’autoproduire, plutôt que d’être saigné à blanc. Ce qui ne l’a pas empêché de recevoir le concours de grosses pointures, telles que Doctor John, Chuck Treece et King Kane. Et le résultat n’est pas mal du tout, même si on regrettera l’absence de cuivres et de banjo, qui apportaient une touche typiquement louisianaise sur l’album " Coast to coast motel "…

 

Guitar Wolf

Planet of the wolves

Même au pays du soleil levant, le garage punk fait des émules. 5, 6, 7, 8’s, Teengenerate et Guitar Wolf en sont ainsi les plus illustres ambassadeurs. Pas pour rien que ce dernier a décroché un contrat auprès du label américain " Matador ". Maintenant, côté musical, il faut vraiment s’accrocher, la formation dispensant, depuis 1987, un style aussi violent qu’imprévisible, aussi humoristique que chaotique. D’ailleurs, si ce " Planet of the wolves " ne s’adresse qu’aux inconditionnels de la surdose de décibels, c’est parce que MC5, les Ramones et les Stooges ont eu une influence majeure sur cet ensemble nippon….

 

Grant Lee Buffalo

Jubilee

Réduit à un duo depuis le départ de leur bassiste et producteur, Paul Kimble, Grant Lee Buffalo a fait appel à toute une série de collaborateurs pour enregistrer son quatrième album. Et notamment Michaël Stipe (REM), E (Eels), Robyn Hitchcock, le multi-instrumentiste Jon Brion, ainsi que Greg Leisz, virtuose de la slide guitar. En outre, le groupe a bénéficié du concours de Paul Fox (10.000Maniacs, XTC, Robyn Hitchcock), pour la mise en forme. Première constatation, la musique de Grant Lee Buffalo semble s’être libérée d’un certain carcan rock, qualifié de ténébreusement californien, qui prévalait sur ses trois premiers opus. Pour embrasser une pop, paradoxalement à l’intensité électrique ample, mais aussi et surtout davantage épanouie. Un peu à l’instar de la ‘big music’ des Waterboys, auquel le groupe est souvent comparé. Ce qui n’empêche pas Grant Lee Philipps de continuer à martyriser les émotions à l’aide de sa voix étonnante, plaintive, qui véhicule une poésie cinématique, capable de fusionner la beauté et la terreur, la foi et la peur, la fantaisie et le réalisme politique…