Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Dernier concert - festival

L7
Gary Numan

Heliogabale

The full mind is alone the clear

Très long cet album. Peut-être trop. Sans doute parce que la plupart des chansons de ce groupe français, de La Norville très exactement, près de Paris, sont entrecoupées d’interminables intermèdes instrumentaux que nous pourrions qualifier d’‘ambient’. Quant à l’essentiel du répertoire, il a été enregistré à Chicago. Sous la houlette de l’ingénieur du son Steve Albini. Un disque dont le climat tantôt atmosphérique mais luxuriant (King Crimson ? Mahavishnu Orchestra ?), tantôt filandreux et claustrophobe (Sonic Youth ?) est déchiré par les inflexions vocales menaçantes, courroucées de Sasha Andrès, dont le timbre navigue quelque part entre celui de Björk et de Polley Harvey. Dommage d’ailleurs qu’elle ne chante pas plus souvent !

 

The Hangovers

Slow dirty tears

A la tête de ces Hangovers, on retrouve Gina Birch, membre du défunt et légendaire groupe féminin, Raincoats. Une fille qui possède une voix assez particulière, pour ne pas dire hors de l’ordinaire. Capable d’épouser des inflexions ou des timbres aussi différents que ceux de Janis Joplin, Mélanie, Maria Mc Kee (Lone Justice), Joan Baez, Marianne Faithfull ou même de Nina Hagen. Excusez du peu ! Tout ceci sur une musique expérimentale, atmosphérique, qui évoque tour à tour Rollerskate Skinny et Mercury Rev. Laika aussi. Pas étonnant, lorsqu’on sait que son bassiste a participé à l’enregistrement de ce " Slow dirty tears ". Un album qui ne néglige aucune piste. S’aventurant même dans la lo fi, le minimalisme et se payant même un pastiche disco de " Sweetest pain " des mêmes Raincoats. Mais les deux titres qui nous ont le plus fait flasher s’écartent totalement de ces critères éthérés. Il y a tout d’abord, le franchement agressif, " Sorry ", et puis le noisy, nébuleux, mais dans l’esprit de Sweverdriver, " We had a really smashing time ". Etonnant !

 

Half Film

East of monument

Si vous aimez Red House Painters, American Music Club et Idaho, Half Film devrait vous plaire. Constitué de deux Irlandais et d’une ressortissante du New Hampshire, ce trio fondé en 1996, s’est cependant fixé à San Francisco. Une excellente initiative au vu du style atmosphérique, minimaliste, quoique impressionniste et surtout mélancolique dans l’esprit d’un Léonard Cohen, mais lo-fi(lisé), pratiqué par le groupe tout au long de leur premier album. Encore, que parfois, on y retrouve certaines traces d’" I am a camera " d’REM, voire d’" If I could only rember my name " de David Crosby. Ce qui explique sans doute pourquoi, leur musique est moins ténébreuse que vous pourriez l’imaginer…

 

The House Of Love

Best of

5 albums sortis en 8 ans d’histoire. House of Love restera l’un des secrets les mieux gardés de l’histoire du rock. Créé en 1986 par l’incontournable Guy Chadwick, le groupe nous aura offert, jusqu’à sa séparation, tout ce dont un amateur de musique pop rêve d’avoir. Et cela, sur disque comme sur scène. La fraîcheur, la finesse, la tendresse, les mélodies mélancoliques, poignantes, l’énergie, l’aura, la recherche. Rien ne manquait pour que le quatuor grave son nom en lettres d’or sur le parvis de la maison rock. Pourtant, House of Love est resté dans l’anonymat. Victime du temps et de la mode, ils sont à nos yeux les pionniers de la noisy et surtout de la britpop contemporaine, plantant dès 1986, les racines d’un arbre dont ils ne pourront jamais cueillir les fruits. Nous sommes à ce moment là à la fin de l’air " postcard " des Smiths et au début de la vague " indie dance " des Stone Roses et Happy Mondays. Les fruits ont été récoltés, la saison dernière, par Oasis et, malgré notre admiration pour Richard Ashcroft, par The Verve. Ce " Best of " rassemble donc le meilleur d’un des meilleurs. Du pétillant " Shine on " au savoureux " Crush me ", en passant par le nostalgique " Beatles and the Stones ", le déchirant " Christine " et le tendre " Loneliness is a gun ". Petite imperfection (NDR : décidément, rien est parfait), on se demande pourquoi le dernier opus du combo est passé sous silence. Une histoire de business certainement… Une compile qui reste cependant indispensable.

 

Hole

Celebrity skin

Il faut avouer que si Courtney Love n’avait pas été l’épouse de feu Kurt Cobain, elle en serait toujours à végéter dans le monde crépusculaire de l’underground. Et pourtant, la veuve du leader de Nirvana se prend pour une star. Bien sûr, elle est entrée dans le monde du cinéma. Et puis s’est fait refaire le pif. Mais de là à multiplier les caprices et de prendre les médias pour des moutons, il y a un fossé (NDR : qui a dit un trou ?), dans lequel, il est préférable de ne pas tomber. Serait quand même temps de parler de l’album. Le troisième de Hole, si on ne tient pas compte de la compile, " My body, the hand grenade ". Son titre ? " Celebrity skin ". Courtney a voulu tenter d’y retrouver l’esprit de la pop la plus pure de Fleetwood Mac. Non, non, pas le Fleetwood Mac de Peter Green. D’ailleurs, à l’époque, le combo trempait dans le blues. Mais celui de " Go your own way ". Enfin, c’est ce que Courtney raconte. Mais en plus grungey, bien sûr. C’est ce que nous avons constaté. Et le résultat n’est pas mauvais du tout. Surtout les cinq compositions issues de la plume de son ex boyfriend, Billy Corgan, dont le titre maître sorti en single. En outre, Hole a reçu le concours de Craig Armstong, pour deux autres fragments, ce qui n’est pas rien. Dans ces conditions, difficile d’admettre que Courtney mérite le statut de star…

 

Helium

The magic city

Bien qu’issue de Boston, cette formation n’émarge ni à la popcore, ni au punkcore, ni au procore ou autre xcore, à l’instar de la scène post Pixies qui n’en finit plus de faire des émules. Helium embrasse un style beaucoup plus éclectique, généralement atmosphérique, parfois à la limite du symphonique ; mais sans pour autant tomber dans le prog rock. Imaginez un peu le résultat d’une rencontre entre Heather Nova et Brian Eno, et vous ne seriez pas loin du compte. Surtout à cause de la voix éthérée, mélancolique de Mary Timony, dont le timbre rappelle Kim Deal, mais les inflexions, Louise Wener de Sleeper. Et puis, du recours assez généreux aux claviers. Hammond, xylophone, piano électrique et même mellotron. Le superbe instrumental " March 4 ", en est d’ailleurs la plus belle illustration. La touche d’originalité procède cependant des quelques compositions qui concèdent une plus grande participation aux guitares ; des guitares écorchées, velvetiennes, mais dont la présence est trop peu fréquente à notre goût…

 

Janis Ian

Hunger

Née en 1951, cette chanteuse/compositrice new-yorkaise, réputée pour ses lyrics mordants, a surtout connu ses heures de gloire au cours des seventies. Notamment en 1975, lorsqu’elle décrocha un n°1 dans les charts US avec son single " At seventeen ". Depuis le début des eighties, on ne peut pas dire que Janis se soit montrée particulièrement prolixe. Faut dire que son timbre vocal, dans la lignée des Judy Collins, Joan Baez et Buffy Sainte-Marie, prête plutôt, dans le contexte contemporain, à sourire. D’autant plus qu’à contrario de Joni Mitchell, elle ne s’est jamais entourée de musiciens susceptibles de donner de la profondeur à sa musique. Et c’est à nouveau le cas sur " Hunger ", un album hyper-léché, surproduit, qui ne parvient jamais à s’extraire d’un climat de morosité générale; et ce, nonobstant le concours d’Ani di Francoà la basse et à la coproduction du titre le moins insipide de l’album, " Searching for America "…

 

Chris Isaak

Speak of the devil

En nette perte de vitesse depuis quelques années, Chris Isaak nous revient en pleine forme, avec un album plus musclé, plus énergique, plus enthousiaste. Si cette figure culte californienne, aussi bien contaminée par le virus de la musique que par celui du cinéma (Chris a notamment joué pour Bernardo Bertolucci et David Lynch), continue à perpétuer la mélancolie des chansons de Roy Orbison et de Ricky Nelson, il faut admettre que lors de l’enregistrement de ce " Speak of the devil ", il a ajouté une bonne dose d’électricité, dans son indécrottable culture de la nostalgie des sixties. Bien sûr, on y retrouve quelques rengaines sentimentales, mais en général ses guitares sont bien affûtées, parfois mêmes sudistes (Creedence Clearwater Revival ?), le rythme plus allègre et le climat redoutablement rock’n rollien. Avec pour résultat de superbes compositions dignes des hits " Dancin’ " ou de " Wicked games ", telles que le single " Please ", " Wanderin’ ", " Black flower ", et bien sûr le titre maître. Produit par son inséparable pote Eric Jacobsen, le disque réserve également une place aux racines de son inspiration. Tout d’abord sur le rockabilly " I’m not sleepy " (NDR : c’est le cas de le dire !) ; et puis en final l’instrumental " Super magic 2000 ", amphétaminé de riffs typiquement surf…

 

Natalie Imbruglia

Left of the middle

Il y a quelques semaines, nous avions succombé au charme du CD single " Torn ", composition empreinte de fraîcheur, de subtilité, d’émotion, caressée par la voix douce et sensuelle de Nathalie, et dont le final incorporait un solo de guitare steel, tellement proche de celui que nous réservait habituellement la formation mancunienne James. Après avoir écouté l’album, il a fallu bien vite déchanter. D’abord, les autres compositions n’atteignent jamais le niveau du titre maître. A défaut de mer bleue des tropiques, on s’enlise dans les marécages impersonnels déjà empruntés par Alanis Morissette et Meredith Brooks. La somme des arrangements et des clichés ne permettent pas aux chansons de décoller. Néanmoins, Nathalie ne s’est pas laissé dévorer par les crocodiles. Il reste des choses intéressantes. Comme " Leave me now " au parfum trip hop, les très tendres, langoureux " Smoke " et " Pigeons and crumbs ", agrémentés de violons et hydratés d’orgue, ainsi que le remuant " Don’t you think ". Mais pour le reste, c’est vraiment pas la joie. Limitez vous au single… à moins qu’à force de l’entendre sur les ondes radios, vous n’ayez déjà atteint le stade de la saturation…

 

James Iha

Let it come down

Toutes celles et tous ceux qui s’imaginaient que le premier album solo du guitariste de Smashing Pumpkins épouserait un profil grunge ou post grunge en seront pour leurs frais. Plus étonnant encore, les onze chansons de ce " Let it come down " sont sculptées dans une sorte de country/pop/folk intimiste, tendre et optimiste à la fois. Attention, pas dans la tradition des Robbie Robertson, Jackson Browne, James Taylor et consorts ; mais plutôt dans l’esprit de Matthew Sweet. Parce que les arrangements sont particulièrement soignés, parfois enrichis d’orchestrations symphoniques, un peu comme à la belle époque de Simon & Gardfunkel ; et puis, les sonorités moelleuses raffinées par le timbre vocal chaud, ‘lennonesque’ de James. Enfin, pour enregistrer ce disque, le Chicagolais a reçu le concours de toute une pléiade de collaborateurs. Notamment Adam Schlesinger (Fountains of Wayne), Matt Walker (ex-tour drummer de Smashing Pumpkins), Nina Gordon (Veruca Salt) et puis surtout du spécialiste de la pedal steel guitar, Greg Leisz (Matthew Sweet, K.d. Lang). Un bien bel album !