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Dernier concert - festival

Biohazard 8/8/26
L7

Lazlo Bane

11 transistor

Premier album pour Lazlo Bane, un quatuor bostonien drivé par un certain Chad Fischer. Drummer à ses heures, ce personnage cumule, au sein du groupe, les fonctions de chanteur, de guitariste, de compositeur et même d’ingénieur du son. Pas pour rien que dans le passé, l’ex Wall of Voodoo, Andy Prieboy, s’était attaché ses services. Faut dire que Chad s’est forgé une solide expérience en bossant comme un dingue. Le plus souvent en solitaire. Dans une cave aménagée de sa maison. Il a ainsi enregistré une multitude de démos, sur son ‘quatre pistes’. Un acharnement qui lui a permis de constituer un véritable patrimoine, dont bénéficie aujourd’hui son Lazlo Bane. Chad n’aime pas trop les fioritures. Qu’il juge néfastes à la propagation de l’énergie vitale, de l’intensité à l’état pur. Ce qui n’empêche pas sa musique de laisser transparaître des influences, volontaires ou involontaires. Et nous pensons, ici, plus précisément à Weezer, Presidents of USA et à Super Deluxe, mais épurés de leurs arrangements plus ou moins sophistiqués. Beaucoup d’électricité, donc, sur les onze fragments de ce disque, qui recèle, en outre, une cover assez réussie d’"Overkill ", de Men At Work .

 

Mark Lanegan

Scraps at midnight

Franchement ce type a une voix étonnante. Un baryton profond, spectral, fragile, sensuel et fiévreux, qu’on ne retrouve pas sur les albums de Screaming Trees. Pour rappel, Mark est également le chanteur de cette formation. Mais, en solitaire, il parvient à donner une autre dimension à sa voix. Un peu comme un bluesman ou un crooner. Sans soute, parce que la musique qu’il joue en solitaire est beaucoup plus paisible, jouant sur la subtilité des nuances, plutôt que sur la tonicité du son. " Scraps at midnight " constitue déjà son troisième effort solo. Un disque sur lequel on retrouve quelques invités de marque et notamment John Mascis (Dinosaur Jr.), Tad Doyle (Tad), et puis surtout le multi instrumentiste Mike Johnson, qui par ailleurs produit cet opus. Un album très rafraîchissant, dont les chansons parlent surtout d’amour et de trahison. Dix titres qui évoquent tour à tour, American Music club, Tim Buckley, Greg Sage, Neil Young et même Chris Isaak, comme sur le morceau qui ouvre le CD, " Hospitals roll call ". Indispensable !

 

Lambchop

Thriller

Imaginez un peu Lou Reed établi à Nashville, pas à New York. C’est sans doute la musique qu’il aurait composée, s’il avait effectué le premier choix. C’est également la meilleure manière de vous donner une petite idée du style pratiqué par Lambchop, que nous pourrions qualifier de néo country. D’abord, il y a la voix de Kurt Wagner. Aussi subtile que des plumes, mais aussi noire que le goudron. Son écriture. Aussi troublée que celle de Stuart Staples. Ensuite, le virtuose de la steel guitar, Paul Niehaus, dont le jeu évoque instantanément Cowboy Junkies. Enfin, il y a onze autres musiciens qui se partagent une foule d’instruments afin de confectionner une musique atmosphérique, minimaliste, indolente, un peu comme chez Smog, Palace ou Sophia. Mais Lambchop se montre beaucoup moins stéréotypé que ses condisciples. Et il le démontre sur ce " Thriller ". Qui recèle notamment un fragment postcard, " Hey, where’s you girl " (Orange Juice ?), un morceau enrobé d’orchestrations aussi grandioses que chez My Life Story, " Your fucking sunny day " ; et qui réserve une place au psychédélisme atmosphérique sur le titre maître, sorte de rencontre impromptue entre Tortoise et Labradford. Etonnant !

 

Lungfish

Artificial horizon

On ne peut pas dire que dans le passé, Lungfish était notre tasse de thé. Pas que sa musique était de mauvaise facture, mais beaucoup trop claustrophobe et oppressive pour vraiment nous botter. Bonne nouvelle, ce nouvel opus affiche de bien meilleures dispositions. D’abord, Daniel Higgs semble avoir soigné sa laryngite chronique, et puis, son timbre rocailleux est tempéré par une deuxième voix beaucoup plus claire. Ensuite, le quatuor de Baltimore accorde une plus grande place aux passages instrumentaux, atmosphériques en particulier, tantôt ‘cold’, tantôt étrangement inspirés par le Jefferson Airplane. Mais ce qui nous a vraiment séduits chez Lungfish, c’est son groove, que nous pourrions rapprocher de celui qui était pratiqué début des eighties par Hunters & Collectors…

 

Lullaby For The Working Class

I never ever asked for light

Très peu d’informations sur ce Lullaby for The Working Class, pourtant responsable, à ce jour, de deux albums. Une formation issue du Nebraska qui, tout comme Lambchop, Palace et autre Smog, tente de remettre la musique country au goût du jour. C’est à dire une country toute en atmosphère, sombre, le plus souvent dispensée dans un espace minimaliste. Tout comme " Warm blanket ", le précédent opus, " I never asked for light " obéit aux mêmes critères, même si la texture est enrichie tantôt par une section à cordes, tantôt par des percussions ethniques, tantôt par une instrumentation basiquement rock, à l’instar des Walkabouts…

 

Low

Songs for a dead pilot

La légende raconte que lorsque Low se produit en public, on peut entendre les musiciens respirer, tant leur musique est calme, léthargique, fragile. Le trio du Minnesota s’était illustré, à ses débuts, en commettant une version à la fois étonnante et ralentie du célèbre " Transmission " de Joy Division. Une cover qui deviendra, en quelque sorte, le signe distinctif du style pratiqué par le groupe. Mélancolique, visionnaire, morose, dans l’esprit de Codeine ou de Spain, mais en plus atmosphérique, en plus paisible. Six fragments composent ce " Songs for a dead pilot ", six longues mélopées épisodiquement glacées par les chuchotements spectraux de Mimi Parker et d’Alan Sparhawk. Rarement le nom d’un groupe n’aura été aussi en harmonie avec sa musique : Low…

 

Love Spit Love

Trysome eatone

Deuxième album pour Love Spit Love, groupe fondé en 1992 par les frangins Butler, à l’issue du split de Psychedelic Furs. Un disque aussi brillant que son précédent éponyme. Parce qu’on y retrouve à nouveau quelques chefs-d’œuvre à consommer sans modération. Notamment le single " Long long time ", le contagieux " Well, well, well " ou encore le ténébreux et mélancolique " It hurts when I laugh ". Richard accorde toujours autant d’importance à ses textes, des textes autobiographiques, philosophiques, qu’il chante toujours avec conviction, de sa voix caractéristique, rauque, un peu cassée, en nous invitant à explorer les tréfonds de sa pensée, hantée par les thèmes de l’amitié, de l’amour, de la vie et de la mort. Quant au climat musical, il nous rappelle instantanément la bonne vielle cold-wave de Mission et de … Psychedelic Furs (évidemment). Mais aussi, et c’est nouveau, la pop pratiquée par House of Love, Garbage, Died Pretty voire le rock d’un Pearl Jam converti à la technologie moderne. Et ce mélange de sensibilités américaine et européenne très homogène, mis en boîte par Ben Grosse, producteur du Red Hot Chili Peppers, laisse parler les guitares tranchantes sur des rythmes décapants… Dans ces conditions, il ne serait pas étonnant de retrouver ce " Trysome eatone " parmi les musts de cette année.

 

Metallica

Reload

Nous ne sommes pas particulièrement réceptifs au heavy metal, ce n’est plus un secret pour personne. Pourtant, il faut reconnaître que dans le style, Metallica est devenu un monstre sacré. Le chiffre de vente de ses six albums précédents en est la plus belle illustration. En fait, au risque de nous répéter, nous n’avons jamais mis en cause la compétence des musiciens, mais plutôt celle du vocaliste. Plus enclin à vociférer comme un possédé que de chanter. Or James Hetfield possède une belle voix, profonde, gutturale, pas seulement un organe phonique. Il l’avait déjà prouvé su " Load ". Il le confirme sur " Reload ". Bien sûr, il a encore tendance à s’égosiller inutilement, mais depuis 1996, nous avons découvert une modulation du timbre que nous ne lui connaissions pas. Mais peut-on vraiment parler de confirmation, puisqu’il a été enregistré à la même époque que " Load " ? D’ailleurs, à l’origine, Metallica comptait sortir un double elpee. Puis s’est ravisé pour finalement le scinder en deux morceaux de plastique différents. Mais venons-en à ce septième opus. Toujours produit par Bob Rock, il bénéficie de la présence de Marianne Faithfull. Sur le single " The memory remains ". Et puis recèle quelques petites perles. Notamment le somptueux " Carpe diem baby ", l’irrésistible ballade " The unforgiven II ", digne de Pearl Jam ", et enfin l’atmosphérique, presque underground " Where the wild things are ". Maintenant, les disciples du heavy metal, vont peut-être la trouver saumâtre. Certains risquent même de les renier. Ce sera peut-être le prix à payer par Metallica pour réussir sa reconversion. Mais à notre humble avis ils n’auront guère de difficulté à convertir un nouveau public. Enfin, au vu de ce " Reload "…

 

Marion

The program

Pour de la provocation, c’est de la provocation ! Alors que le quintette mancunien s’était vu reproché, sur son premier album, d’avoir beaucoup trop marché sur les plates-bandes du défunt et mythique Smiths, il vient tout simplement de recruter leur ex-manager et de choisir Johhnny Marr pour produire " The program ". Heureusement, si inspiration il y a, elle se situe surtout au niveau du sens mélodique. Le groupe cherchant plutôt ses racines du côté du glam (Suede ?) de la power pop (Buzzcocks) et surtout de la britpop électrique. A cause de l’intensité querelleuse échangée entre les guitares. Curieux hybride d’arrogance et de mélancolie, l’album souffre cependant d’un ton un peu trop monocorde à notre goût. Seuls " Strangers " et le final remarquable " Comeback " parviennent à nous sortir d’une certaine lassitude, qui s’installe au fil de l’écoute…

 

Marilyn Manson

Mechanical animals

Curieux personnage que ce Brian Warner alias Marilyn Manson. Maquillé outrageusement jusqu’à la limite de l’androgyne, il pourrait camper un hybride entre Alice Cooper, David Bowie circa Ziggy Stardust et le défunt Rozz Williams de Christian Death. Son objectif ? Symboliser à travers son attitude et ses textes, une perspective alternative de la moralité, de la sexualité, du succès, de la religion, de la politique et même de la société. C’est vrai qu’aujourd’hui, il constitue surtout le cauchemar le plus sérieux des fascistes du rock’n’roll. Si à l’origine, la musique de Marilyn Manson macérait dans une sorte de death metal fortement imprégné de caractéristiques post industrielles, à l’instar de Thrill Kill Cult ou de Nine Inch Nails, son quatrième opus, " Mechanical animals ", est chargé d’ions émotionnels. Mais négatifs. Pensez un peu à Sisters of Mercy et à Bauhaus, lorsque les cordes de guitare claquaient comme des armes de destruction mortelle. Et tout comme chez ces formations gothiques légendaires, au fil de l’écoute, une mélancolie extrême et insidieuse envahit le plus profond de votre âme…