La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Dernier concert - festival

Ora Cogan
Biohazard 8/8/26

Perverted

Batsman Far

Nonobstant le départ de Bo Lemaire et la réduction de son patronyme, cet ensemble limbourgeois, qui reconnaît toujours pour influences majeures Frank Zappa, Captain Beafheart, Sonic Youth et Bongwater, continue de militer activement dans l’underground. Ce qui explique sans doute pourquoi Kramer, le célèbre ingénieur du son new yorkais est toujours leur plus fidèle collaborateur. Si on compte les trois premiers opus commis en compagnie du Perverted by Desire, ce " Batsman Far " constitue le sixième album du groupe. Un disque dont les notices du booklet et les lyrics ont été reproduits en miroir. Des textes composés le plus souvent en anglais, mais également en italien, portugais, chinois, kikuyu et en latin. Ce qui donne sans doute matière à réfléchir. Mais surtout une œuvre déchirée entre poussées d’adrénaline hardcore, post punk circonstanciellement exacerbé par le vocal " lydonesque " de Genis U et climats plus mélancoliques, presque pop. Pour le reste, ne nous demandez pas plus. On a beau avoir écouté ce CD plus de dix fois, on le trouve toujours aussi insaisissable. Novateur, mais beaucoup trop complexe pour véritablement accrocher. Dommage, car ce Perverted possède un potentiel créatif au dessus de la norme…

 

Pere Ubu

Pennsylvania

Tim Herman est donc revenu chez Père Ubu, au sein duquel, ne sévissait plus, comme membre fondateur, que le seul David Thomas. Faut dire que le groupe est devenu, en 1998, un véritable mythe. Et des artistes confirmés tels que Polly Jean Harvey ou Frank Black, se réclament ouvertement de la formation de Cleveland. Alors que celle-ci n’a jamais juré que par le Velvet, Captain Beefheart et Frank Zappa. Avec un tel tableau, vous vous imaginez certainement que la musique de Pere Ubu navigue en plein dans l’underground. Et vous avez tout à fait raison ! Pour être plus précis, un univers underground torturé, oppressif, parfois, rock, parfois pop, souvent arythmique, mais toujours surprenant, éclaboussé ponctuellement par des souillures plus ou moins apparentes de punk furieux, de free jazz et de musique concrète. Tout un univers propice aux textes ésotériques, chantés d’une voix psychotique, par David Thomas. Bienvenue dans le monde de l’étrange, pardon de l’occulte !…

 

Penthouse

Gutter erotica (Réédition)

Non, ceci n’est pas encore le nouvel opus de Penthouse, qui ne sortira que début 99, mais une réédition de leur premier album, enregistré à l’origine sur le label World Domination. Remasterisé pour la circonstance, il contient trois bonus tracks, non enregistrés à ce jour, " Plate of slags ", " Dick " et Tim#1 ". Pour le reste, nous ne pouvons que réitérer l’analyse que nous en avions faite en juin 97 : " Torturé, sombre et malsain, le blues urbain de Penthouse est hanté par les spectres de Birthday Party, Stooges, Scientists, Blue Cheer, Velvet Underground et Sun Ra, lorsqu’il ne macère pas dans l’univers claustrophobique de Fall ou lorsqu’il ne partage pas le même culte du sordide et de la lubricité d’un Jesus Lizard. Pas un album facile donc que ce « Gutter erotica », à la limite dérangeant. Certains suspectent même la formation de pratiquer une véritable opération dans l’underground contemporain sans anesthésie. Sexe, voyeurisme, satanisme et mort alimentent d’ailleurs les lyrics de cette formation, qui compte pour compagnon spirituel Gallon Drunk, et au sein duquel on retrouve Tim Cedar, drummer de Ligament...

 

Pearl Jam

Yield

On aurait pu être tenté, voici quelques années, de taxer Pearl Jam de groupe opportuniste. Profitant, il est vrai, du succès commercial de Nirvana, les mauvaises langues ont même présagé la disparition de cette formation avec la mort du mouvement grunge. Or, en 1998, ce quintette vient de réaliser son cinquième album, " Yield ". Toujours produit par Brian O’ Brian, il est à la hauteur de ses prédécesseurs. Il faut croire que Pearl Jam a quelque chose en plus. Comme si une âme habitait sa musique, et lui permettait de produire une émotion d’un degré exponentiel que peu d’artistes parviennent à atteindre. " Yield " traduit encore cette impression. Traversant tour à tour les galaxies de feu Jeff Buckley, des Pixies (mais oui !), de Live (évidemment…), de Neil Young et même d’un REM au faîte de sa hargne, clôturant même l’œuvre par les sulfureux " Pull me push me " et " All those yesterday ", deux compositions fort proches du style pratiqué par (st)Eels. Paraît que sur scène, ils sont encore plus éblouissants. Nous n’en doutons pas. Mais nous ne demandons qu’à voir. Alors croisons les doigts pour qu’ils soient à l’affiche des prochains festivals estivaux…

 

Robert Plant & Jimmy Page

Walking into Clarksdale

Écrit par

En 1994, Page et Plant scellaient leur réunion par l’enregistrement d’une vidéo, puis d’un nouvel album. Un événement qui trouvera son prolongement lors d’une tournée mondiale. Et quelle tournée, puisqu’elle allait mettre en présence les deux ex Led Zeppelin, un backing group, un ensemble folklorique égyptien et un orchestre symphonique. Un périple qui s’était arrêté en juin 95 à Forest National. Pour un concert absolument fabuleux. On ne vous en dit pas plus, ce serait remuer le couteau dans la plaie, et vous risqueriez d’en faire une jaunisse. Les deux compères ont cependant décidé de repasser par la Belgique. En automne prochain. Mais plus dans les mêmes conditions, l’expérience, bien que triomphale, leur ayant coûté la peau des fesses. Apparemment, ce sera plus classiquement sous la forme d’un groupe ; circonstanciellement élargi à l’un ou l’autre soliste. Mais nous en saurons plus d’ici quelques semaines. En attendant, le duo nous revient avec un nouvel elpee. " Walking into Clarksdale. Et, surprise, ce disque embrasse une nouvelle orientation musicale. Beaucoup moins sophistiquée, plus brute, plus âpre, et même parfois plus minimaliste. Un résultat qui s’explique, en partie, par la présence de Steve Albini (Nirvana, Pixies, PJ Harvey, Fleshtones, etc.), à la production. Un opus pas toujours facile à aborder, non plus. A la limite lo fi. Pas dans l’esprit de Pavement ou de Swell, mais avec un feeling mélodique et une approche redoutable du métal, propre au célèbre dirigeable ; y compris dans le traitement des sonorités acoustiques. Avec, bien sûr, quelques exceptions qui confirment la règle. Notamment " Upon a golden horse ", investi par un orchestre symphonique, " Please read the letter ", supposé célébrer la réunion hypothétique (NDR : et posthume !) entre Roy Orbison et Jerry Garcia, " Most high ", le remarquable single, touché par la grâce de " Kashmir ", le spectral " Heart in your hand ", caractérisé par des accords de guitare " surf ", réminiscence de Dick Dale flanqué de ses Ventures ; et puis surtout le titre maître, où le groupe semble avoir plutôt joué dans le maximalisme. Tout d’abord, ce fragment bénéficie du concours du drummer sikh de Dhol Foundation, transfuge du Transglobal Underground. Mais en outre, ce titre réussit à conjuguer le glam de Bowie (Jean Genie ?), la touching pop atmosphérique, allégorique du défunt et mythique Sad Lovers & Giants, observation née des envolées de cordes de guitare, le boogie d’Omar and the Howlers, ou plus exactement son tempo, et la frénésie du Led Zep circa " Heartbreaker " (NDR : excusez du peu !). Mais pour le reste, nous vous le répétons, ce " Walking into Clarksdale " nécessite un certain effort d’adaptation pour pouvoir être apprécié à sa juste valeur. Et à notre humble avis, à moins d’être un inconditionnel, toutes celles et tout ceux dont l’horloge s’est arrêtée depuis trop longtemps, risquent fort de tomber de leur chaise, et de ne plus pouvoir se relever…

 

Republica

Speed ballads

Drôle d’idée de vouloir se replonger dans l’univers post punk du début des eighties, surtout lorsqu’on sait qu’aujourd’hui, cette forme de regard dans le rétroviseur est très mal perçu par la presse insulaire. Alors, imaginez un peu la réaction de cette presse spécialisée, lorsque la tentative de fusion entre la musique électronique et l’instrumentation conventionnelle n’est pas trop réussie… En fait, l’excès de bruitages synthétiques et d’arrangements sophistiqués asphyxient littéralement les sens mélodique. Le groupe a beau chercher son équilibre entre les Photos et Blondie, il ne parvient jamais à le trouver. Et ce n’est pas la voix frénétique, cockney, puissante, de Lara Saffron, sorte de Lux Interior au féminin (NDR : pour la voix, hein, faut pas comparer ce qui n’est pas comparable !…), qui y change quelque chose. Seul l’intro " From rush hour with love ", imprimé à l’instar de Bow Wow Wow sur un tempo tribal, et " Millenium ", caractérisé par un riff de guitare particulièrement incisif, reflet du funk blanc pratiqué par le Gang Of Four à ses débuts, tentent de sauver l’ensemble. Mais, deux titres sur un elpee qui en compte dix, cela nous semble un peu maigre…

 

R.E.M.

Up

Onze albums en quinze années d’existence, et jamais deux fois la même chose. C’est la performance dont peut s’enorgueillir la formation d’Athens. Pourtant, on avait cru qu’après leur chef d’œuvre, " Automatic for the people ", REM aurait connu les pires difficultés du monde pour se renouveler. Le destin a quelque peu précipité les événements. Bill Berry, drummer depuis la naissance du groupe a jeté l’éponge. Pas qu’il se soit brouillé avec les autres membres du combo. Que du contraire. Mais victime d’une rupture d’anévrisme en février 1995, il ne se sentait plus apte à supporter le stress des tournées. Plutôt que d’engager un nouveau batteur, le groupe s’est donc décidé à redistribuer les instruments, ou plus exactement à en changer. Buck a donc troqué sa guitare contre une basse, des claviers et une boîte à rythmes. Mills, la basse pour des claviers et la programmation. En outre, pour enregistrer cet elpee, le trio a engagé une poignée de musiciens de studios, parmi lesquels on retrouve Joey Waronker, drummer de Beck, le guitariste Scott McCaughey et le bassiste/vibraphoniste Barrett Martin (Screaming Trees). Reste Stipe, qui se réserve toujours les vocaux, mais s’accompagne tantôt de claviers, parfois d’un peu de guitare. Résultat des courses, l’héritage des Byrds s’est envolé, " Up " évoluant hors du contexte rock pour épouser un format expérimental, hybride d’instrumentation traditionnelle et d’électronique. Rien que l’intro, " Airportman ", dont les échos lointains rappellent " Before & after science " et " Another green world " de Brian Eno, vous donne une petite idée du climat général qui règne tout au long de l’opus. Une œuvre intimiste, jouant sur les oscillations à la fois mélodiques et technologiques de l’instrumentation. Que ce soit les claviers, les boucles rythmiques, le vibraphone, le piano ou les instruments à cordes. D’ailleurs, en filigrane, on retrouve le spectre du krautrock. Et en particulier sur " Hope ", qui emprunte l’" Autobahn " de Kraftwerk pour aboutir dans l’univers de Neu. Beaucoup de douceur et de profondeur, pourtant sur " Up ". A cause de la voix très humaine de Michaël Stipe, bien sûr, et puis de ce feeling omniprésent produit par ces symphonies finement sculptées et doucement complexes…

 

R.E.M.

Eponymous

Cette compile réunit douze fragments issus d’enregistrements commis entre 1981 et 1988. C’est-à-dire prélevés des albums " Murmur ", " Reckoning ", " Fables of reconstruction ", " Life’s rich pageant ", " Document ", de l’EP " Chronic town " et de la bande sonore du film d’Alan Rudolf " Made in heaven ". Un recueil sur lequel vous aurez le plaisir de retrouver les standards " (Don’t go back to) Rockville ", " The one I love " et bien sûr " It’s the end of the world and we know it (and I feel fine) "…

 

Hugo Race

Chemical wedding

Emigré en Europe depuis une bonne dizaine d’années, Hugo Race n’est pas né de la dernière pluie, puisqu’avant de fonder True Spirit en 89, cet Australien a sévi, de 84 à 88, au sein des Bad Seeds de Nick Cave, avec lequel il lui arrive d’ailleurs encore de collaborer ; puis transité par le sous-estimé Wreckery. Il a également écrit des bandes sonores pour le cinéma, la TV et le théâtre ; et même des romans. Sous son dernier line up, il en est aujourd’hui à son huitième album. Belle persévérance qui, à ce jour, n’a toujours pas porté ses fruits. Parce que nonobstant la qualité de son œuvre, cet artiste ne rencontre de succès qu’auprès d’un public averti. Et pourtant, sa musique est aussi belle et spectrale que celle de Nick Cave. Et aujourd’hui certainement plus authentique. Et tout au long de ce " Chemical wedding ", il épanche ses visions introspectives, ténébreuses, sur une texture mélodique qui injecte une dose massive de blues urbain dans un mélange de rock et de musique post industrielle…

 

Royal Trux

Singles, live and unreleased

Fondé en 1985, Royal Trux a toujours milité dans la zone crépusculaire de l’undergound. Et le mot crépusculaire est faible, puisque cette formation new-yorkaise est aujourd’hui considérée comme l’héritière naturelle de Captain Beefheart. Cherchant tantôt à réinventer les concepts du rythme et de la mélodie, à combiner le minimalisme et le maximalisme, à exhumer de l’histoire du rock’n’roll un tas de textures sonores, à première vue incompatibles, pour les réunir en mosaïque, ou encore se vautrer dans le blues organique, urbain. La bande à Jennifer Herrema et à Neil Hagerty est ainsi parvenue à inventer un style personnel, étrange, sordide, hallucinatoire et futuriste à la fois, au sein duquel vous retrouverez, outre celles de Captain Beefheart, des traces de Sonic Youth, de Butthole Surfers, de Faust, de Can , de Loop, des Stones, de Birthday Party, de Suicide, et bien d’autres. Alors, dans ces conditions, imaginez bien qu’un double CD partagé entre 32 fragments aussi hétéroclites les uns que les autres ne s’adresse qu’aux inconditionnels. Et à notre humble avis, ils ne doivent pas être très nombreux…