Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Jon Spencer
Ora Cogan

Simple Minds

Néapolis

Simple Minds fête cette année ces 20 années d’existence. 20 années que l’on pourrait judicieusement découper en 3 périodes. L’ascension tout d’abord. Lente et brillante. Celle d’un groupe innovateur, intéressant et parfois difficile à saisir. La gloire ensuite. Celle de " New gold dream ", de " Sparkle in the rain " et de " Once upon a time ". Gloire qui se muera en célébrité lorsque " Don’t you " flirtera avec le sommet des charts américains. Ce courant positif, Simple Minds aura du mal à l’entretenir. Et c’est en vain que la formation écossaise tente depuis près de 10 ans de survivre dans un univers qui bouge constamment. A l’annonce d’un nouvel album, nous adoptons toujours le même réflexe. Celui d’espérer l’éventuelle résurrection d’une formation qui nous a tant séduit dans le passé. David Bowie l’a fait. U2 et Depeche Mode y arrivent laborieusement. Alors pourquoi pas Simple Minds ? Et puis, après écoute, c’est toujours le même constat. Ce " Néopolis " ne viendra pas troubler nos conclusions. Surproduit, aseptisant, aseptisé, on devine à peine les mélodies celtiques que l’on aime, tant elles se cachent derrière une muraille de technologie, d’échos chaotiques, de sonorisations inutiles. Cet opus n’est pas mauvais. Mais il n’est de ce temps que par la forme. Le fond, quant à lui, commence à prendre de fameuses rides…

 

Silkworm

Blueblood

Septième album pour cette formation issue du Montana, mais établie à Seattle. Ce qui ne veut pas dire que ce trio soit resté embourbé dans le grunge. C’est pas vraiment leur truc. Parce que si leur musique est tout aussi électrique, elle se révèle beaucoup plus complexe, aussi élaborée que celle de Come, aussi marécageuse de celle de Pavement, aventureuse que celle de Dream Syndicate, ne laissant pour voix, qu’un gémissement desséché, un peu trop limite, pour être comparé à celui de Will Oldham de Palace. Dans ces conditions, vous vous doutez, bien sûr, qu’on ne rigole pas beaucoup tout au long de cette œuvre ; mais on ne s’ennuie pas pour autant. Car les dix fragments de ce " Blueblood " rockent avec beaucoup d’intensité émotionnelle, remuent véritablement les tripes…

 

Shudder To Think

First love, last rites

Attention, ceci n’est pas le nouvel album de Shudder to Think, mais la bande sonore du film " First love, last rites ". Le groupe de Washington DC a assuré toutes les compositions, mais a refilé le chant, sur dix des quinze chansons, à des invités. Souvent de marque. Tels que Liz Phair, Billy Corgan, Nina Persson, Robin Zander, Lena Karlsson, John Doe, Matt Johnson, Angela Mc Clusky et le duo Mimi Parker/Alan Sparhawk. Sans oublier feu Jeff Buckley. Ce qui permet de certifier que les sessions d’enregistrement de ce disque remontent avant mai 1997…

 

Semisonic

Feeling strangely fine

Semisonic grave son premier album en 1996, " Great divide ". Un disque plutôt bien accueilli aux Etats-Unis, par la presse spécialisée. Deux ans plus tard, la formation américaine, de Minneapolis très exactement, sort son deuxième opus. Un disque, qui à notre avis, devrait sensibiliser MTV et les radios à grande audience. Les douze titres qui constituent ce " Feeling strangely fine " nous entraînent dans l’univers rafraîchissant de la pop australienne. Pas étonnant, puisque la production est assurée par Nick Launay, également du même continent, dont la carte de visite mentionne notamment Midnight Oil et P.I.L.. Une pop australienne qui aurait été électrifiée à la manière d’un Weezer ou d’un Nada Surf. Ajoutez-y un brin de romantisme (Oasis ?) et un sens mélodique très développé, et vous aurez une bonne idée du style pratiqué par un trio dont on reparlera bientôt. " Closing time ", superbe single qui ouvre l’album, a atteint, il y a quelque temps, la seconde place des charts de leur ville d’origine. Un appel qui demande incontestablement écho à une plus grande échelle… Superbe !

 

The Seesaw (Netherlands)

Ish

Trois filles et un kid constituent le line up de cette formation batave, issue de Leiden très exactement. Un ensemble dont nous n’avions jamais entendu parler auparavant, mais qui vient de sortir un album de toute bonne facture. Si à première écoute, on a l’impression que sa musique flirte exclusivement avec le meilleur popcore des Throwing Muses, Breeders, Veruca Salt et consorts, au fil des écoutes, on se rend compte que la démarche du combo est beaucoup plus sophistiquée, plus complexe. Bien sûr, l’électricité gicle généreusement des guitares aux sonorités pétillantes, carillonnantes ; la basse gronde fiévreusement et les harmonies vocales se conjuguent impeccablement en harmonie. Mais le climat se révèle moins juvénile, plus obsessionnel, à l’instar d’un Sonic Youth, lorsqu’il n’épouse pas la fureur énigmatique des Pale Saints, mais à leurs débuts…
 

 

Schneider TM

Moist

Shneider TM n’est autre qu’un projet monté pat Dirk Dresselhaus. Héritier naturel de Kraftwerk et de DAF, ce compositeur allemand est passionné de musique électronique. Et il étale tout son savoir faire tout au long de cet opus. Fréquences de basse, samples, collages, bip bips et autres outils ou gadgets électroniques nous plongent ainsi dans un univers robotique, cybernétique, mais récréatif…

 

Joe Satriani

Crystal Planet

Écrit par

Evidemment, lorsqu’on découvre le parcours de ce New-yorkais, on comprend mieux pourquoi il est devenu un virtuose de la six cordes. Prof de guitare dès le plus jeune âge, il a goûté un peu à tous les styles musicaux. En particulier au blues, au rock, à la pop, à la prog et au jazz. Ce qui lui a permis de côtoyer des tas de gens tels que Billy Bauer, Lennie Tristano, Pat Martino, Kenny Wayne Stepherd et même Robert Fripp. En 1988, Mick Jagger l’avait même recruté comme soliste pour accomplir sa tournée personnelle, alors qu’en 1994, il rejoignait le Deep Purple pour assurer leur tournée européenne et japonaise. Tout ceci vous donne une petite idée de la carte de visite de Satriani. Et il ne se gène pas pour faire l'étalage de son talent tout au long des quinze fragments de ce " Crystal Planet ". Un opus exclusivement instrumental, pour lequel il a reçu le concours de Stuart Hamm à la basse, de Jeff Campitelli aux drums et de Mike Fraser à la production. Maintenant, nous voulons bien qu’un soliste jouisse d’une dextérité époustouflante, de dominer à la perfection le registre technique des Hendrix, Clapton, Page, Fripp, Van Halen et consorts ; mais faudrait peut-être qu’il pense à y injecter un zeste d’émotion…

 

Superchunk

Indoor living

Issu de Chapel Hill, en Caroline du Nord, Superchunk était considéré, à l’origine, comme la progéniture de la révolution sub Pop. Vous savez, celle qui a donné naissance au mouvement grunge. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts ; et la formation yankee s’est convertie à une forme musicale plus accessible, toujours aussi déstructurée, mais plus pop, plus juvénile, inspirée à la fois par Dinosaur Jr, Weezer, Gorky’s Zygotic Mynci et Sebadoh, avec des harmonies vocales aussi chaudes que chez Mega City Four. Et le résultat est plutôt concluant, les divers éléments apparemment disparates s’emboîtant avec beaucoup de charme et de fraîcheur...

 

The Sunshine Club

Visit to a small planet

Le Velvet Underground et le Crazy Horse, ou plus précisément Neil Young et feu Nico, ont certainement eu une influence majeure sur cet ensemble californien, de San Francisco, très exactement. Encore, qu’à notre goût, le climat éthéré qui règne tout au long de ce disque évoque plutôt Cowboy Junkies. Mais un Cowboy Junkies dont la chanteuse, en l’occurrence Denise Bon Giovanni, possède des inflexions beaucoup moins linéaires que celle de Margo Timmins, sorte d’hybride entre Dusty Sprinfield et Tracy Chapman. L’ombre d’American Music Club plane également sur cet opus, qui recèle, exception qui confirme la règle, une composition de bossa nova, " The look of love ", et puis une chanson de toute beauté, réminiscence du David Crosby circa " If I could only remember my name (NDR : encore !), paradoxalement intitulée, " Springfield "…

 

Stereophonics

Word gets around

Manic Street Preachers, Gorky’s Zygotic Mynci, Super Furry Animals et Stereophonics appartiennent à cette nouvelle scène galloise, en pleine effervescence. Plus proche des Manics que des autres formations évoquées ci-dessus, Stereophonics accorde une grande importance aux lyrics. Qui traitent essentiellement des difficultés sociales rencontrées par la population de l’ouest de l’Angleterre, victime de la crise économique ; et notamment des problèmes du logement, du chômage, de l’angoisse des adolescents face au futur ; mais également de simples faits divers colportés par la médisance populaire. Des textes chantés avec une passion brûlante, sur un ton hymnique, un peu à la manière de James Bradfield. Décidément, on en revient encore à la norme Manic Street Preachers. Pourtant, chez Stereophonics, la guitare est davantage mise en avant, chargée d’adrénaline, arc boutée sur des mélodies tellement contagieuses, qu’à peine inoculées, elles ne parviennent plus à vous décramponner l’esprit. Un chouette album !