Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Dernier concert - festival

Guns N Roses
Afghan Whigs

Tobin Sprout

Moonflower plastic (Welcome to my wigwam)

Deuxième album solo pour le guitariste/compositeur de Guided By Voices, ensemble américain dont le dernier opus figurait parmi les meilleures œuvres de l’exercice 1997. Un disque qui laisse instantanément transparaître les influences de l’artiste. Qui oscillent de REM aux Byrds, en passant par les Beatles, John Lennon, Neil Young et Barclay James Harvest. Cette dernière formation surtout, à cause du recours presque systématique à la reverb des harmonies vocales. Tout comme pour " Carnival boy ", son elpee précédent, Tobin assure l’essentiel des parties instrumentales. Guitares, basse, piano, orgue et même un peu de drums. La mélancolie ambiante y est toujours accentuée par des lyrics impressionnistes. L’électricité dispensée dans le sens le plus mélodique du terme, comme sur le superbe " Get out my throat ", composition que n’aurait pas désavouée un certain House of Love. Et si Tobin ne néglige pas pour autant la technologie moderne, ce sont deux autres compositions basiques qui nous ont le plus fait flasher. " Little bit of dread " plus Kinks que nature, et " Waters on the boater’s back ", dont la texture est découpée dans un piano aussi sonore que chez Wim Mertens…

 

Speedballbaby

Cinéma

Ceci n’est pas un nouvel album de Speedballbaby, mais la réédition d’un elpee paru en 1996. C’est vrai que dans le style, il faut reconnaître, qu’aujourd’hui, on ne rencontre plus grand monde. Et ce n’est pas la présence de l’ex guitariste de Madder Rose, Matt Verta Ray qui y changera grand chose. Les Cramps? Ils viennent enfin de refaire surface, mais après avoir pris quelques années de silence (NDR : qui a dit vacances ?). Gun Club? Difficile d’y croire, puisque que Jeffrey Lee Pierce a passé l’arme à gauche! Quant à Captain Beefheart, il faut remonter à un bon quart de siècle pour retrouver trace de son passage sur la planète rock. Seul contemporain, le Jon Spencer Blues Explosion partage de réelles affinités avec Speedballbaby. En moins blues, c’est vrai. Mais, en accordant autant de crédit au punk et au garage, tout en y injectant une bonne d’humour et de sensualité. Et comme côté vocal, le timbre de Ron Ward navigue quelque par entre celui de Jon Spencer et de Lux Interior, il n’est pas difficile d’imaginer la folie convulsive et dévastatrice qui se dégage de leur musique. Un seul reproche, le ton est, à notre goût, un peu trop monocorde. Faudrait voir sur les planches!

 

Sparklehorse

Good morning spider

Après nous avoir livré un album aussi remarquable que " Vivadixiesubmarinetransmissionplot ", en 1995, nous étions en droit d’attendre un deuxième opus de la même veine. Et nous n’avons pas le droit d’être déçus. Car ce " Good morning spider " répond à nos aspirations les plus légitimes. Il est tout aussi rafraîchissant, novateur et surtout plus mûr. Pour l’enregistrer, Mark Linkous a reçu le concours de quelques collaborateurs, et notamment Scott Minor, avec lequel il partage le projet alternatif Rabbit, ainsi que de la violoncelliste australienne Sofia Mitchalitsianos. Dix-sept titres sculptés paradoxalement dans un style country/pop/rock/punk à la fois pastoral et technologique. Enrichie de bruitages, de collages et de samplings, cette œuvre est hantée par les spectres de Neil Young, Replacements, Léonard Cohen, Tindersticks, Marc Bolan et de quelques autres, dont nous vous laissons le plaisir et le soin de découvrir…Remarquable !

 

Soul Asylum

Candy from a stranger

Bien que créée en 1982, cette formation issue de Minneapolis devra attendre 9 longues années avant de sortir de sa coquille. Tout le monde se souvient encore de " Runaway train ", une ballade qui les propulsa au faîte des charts mondiaux. Le combo nous revient avec un somptueux album : " Candy from a stranger ". Onze mélodies irrésistiblement ‘british’, mélangeant guitares acoustiques, riffs électriques, glacés, nous rappelant ceux de The Edge (U2), une batterie très présente, des chœurs harmonieux, le tout imprégné par la voix chaleureuse, touchante de David Pirner. Tout au long de cet opus, nous voyageons dans le monde de la country américaine contemporaine (Counting Crows), du rock australien (Died Pretty), de la pop anglaise (Cast), écossaise (Silencers, Teenage Fan Club) et suédoise (Wannadies). Notre coup de cœur concerne le 3ème titre du CD, " Close ", une composition tout en relief et profondeur, pleine de significations où la production flirte avec la perfection. Splendide !

 

Sophia

The infinite circle

Fin 96, le leader du défunt et regretté God Machine, Robin Proper Sheppard commettait un premier elpee, " Fixed water ". Pas tout à fait en solitaire, puisqu’il avait bénéficié du concours de quelques collaborateurs ; et notamment des musiciens d’Elevate, de Ligament et d’Oil Seed Rape. Question sans doute d’exorciser la douleur éprouvée par la mort de son ami et compère, Jimmy Fernandez… Un album trop peu apprécié à sa juste valeur, nonobstant des vertus mélancoliques qui avaient tant plu aux aficionados de Smog, Palace, Sparklehorse, Mark Kozelek, Mazzy Star et consorts. Avec " The infinite circle ", Robin semble être parvenu à faire le deuil de son passé. Ce qui ne veut pas dire que ses compositions soient moins profondes, mélancoliques ou élaborées. D’ailleurs, sur cet opus, il est entouré d’une bonne dizaine de musiciens, parmi lesquels on retrouve un violoncelliste, un violoniste et des cuivres. Mais surtout, elles ne sont plus atteintes par cette sorte de sinistrose ambiante, qui recouvrait les compositions d’une véritable chape de plomb. D’ailleurs, ici, certaines d’entre elles sembles aussi aventureuses que celles d’Ed Kuepper, alors que d’autres marchent sur les traces de Red House Painters lorsqu’elles ne revisitent pas le psychédélisme d’Echo &The Bunnymen circa " Heaven up here ", comme sur les remarquables " Every day " ou " The river song ". Un must !

 

Sonic Youth / Jim O’Rourke

Invito al cielo

Si vous êtes réceptifs à l’hypnose, ne vous attardez pas trop longtemps sur la pochette. Vous pourriez tomber en léthargie ou en catalepsie. Autrefois, le label Vertigo avait déjà eu recours à ce graphisme. Mais d’une manière plus inoffensive. Une efficacité que l’on ne retrouve cependant pas sur ce disque, réduit à trois longues expérimentations instrumentales menées tantôt sur un mode atmosphérique, tantôt sur un mode concret (NDR : dans le sens le plus contemporain du terme). Aussi, après quelques minutes d’écoute de cet " Invito al cielo ", on retombe vite sur terre, et on range le CD dans son étui…

 

Sonic Youth

A thousand leaves

Les balbutiements de Sonic Youth remontent déjà à 1981. Forts du legs hérité des années noise de la fin des seventies, et de sa scène no wave, ces mutants new-yorkais ont toujours clamé qu’ils étaient capables de réinventer le rock’n’roll, en donnant une nouvelle orientation à l’usage de la six cordes, sans pour autant oublier de confectionner de bonnes mélodies. Aujourd’hui, le quatuor vient de prendre un virage à 180° avec son treizième album, " A thousand leaves ". Un disque aux compositions troublantes, indolentes, lugubres parfois même, comme si elles étaient atteintes d’un Alzheimer sonique. A cet égard l’ombre de Can n’a jamais été aussi présente. Une sensation accentuée par la longueur des titres. Jugez plutôt. Le plus court (" Contre le sexisme ") compte 3’52, alors que les deux plus longs, " Hits of sunshine ", hommage à Allen Ginsberg, et " Karen Koltrane ", atteignent respectivement 10’59 et 9’18.

 

Solex

Solex vs the hitmeister

Curieux que l’ancienne chanteuse de Sonetic Vet appelle son projet Solex, alors qu’en toute bonne néerlandaise, elle aurait pu choisir un patronyme plus vélocipédique. Elisabeth Esselink vient en tout cas de réaliser un disque fort intéressant. Avant-gardiste dans le sen le plus pop du terme, c’est-à-dire qui profite au maximum de toute la science de la technologie moderne, sans pour autant laisser tomber l’instrumentation basique, y compris les cuivres, ni les gadgets insolites tels que jouets ou clochettes, pour tramer une véritable mélodie, une véritable chanson. Et ce mélange d’ambient et de drum’n bass, paradoxalement injecté de feeling blues, que souligne la voix puérile, câline, légèrement reverb d’Elisabeth, finit par vous envoûter. Etonnant !

 

Elliott Smith

Either or

Encore un indécrottable mélancolique. Mais dont la musique est beaucoup plus minimaliste, à la limite de la lo fi. Son instrumentation est ainsi dépouillée, le plus souvent limitée à la six cordes acoustique, parfois légèrement électrifiée, les drums feutrés, les accès clairsemés de claviers, de flûte ou de cuivres et aux quelques bruitages. Quant à sa voix, elle est fragilisée par l’émotion, un peu à l’instar de Jeff Buckley, mais en plus pudique. Ce qui n’a pas empêché ce yankee de commettre un bon opus. Son troisième. Qui devrait peut-être lui permettre de sortir de l’ombre. C’est en tout cas tout le mal qu’on souhaite à ce chanteur compositeur, qui reconnaît être un grand admirateur des Beach Boys, mais dont les disques de chevet doivent plus que probablement épingler le double blanc des Beatles, le premier elpee des LA’s et l’intégrale d’Art Garfunkel, lorsqu’il était encore flanqué de Paul Simon ; à moins que ce ne soit l’inverse…

 

The Smashing Pumpkins

Adore

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Smashing Pumpkins est en constante évolution. Surtout sur disque. On avait déjà pu le constater sur le très (trop ?) riche double CD " Mellon collie and the infinite sadness ". Et bien " Adore " est encore plus surprenant. On est d’ailleurs ici à des années lumière du post grunge dispensé sur " Siamese dream " ou sur les planches.

" Adore " privilégie les climats soignés, tendres et délicats. L’ombre de Guy Chadwick plane ainsi sur " To sheila ", à cause de la richesse et de la subtilité des arrangements ; voire même de son défunt House Of Love. Comme sur la ballade " Once upon a time " ou encore sur " Daphné descends ", velouté par une guitare vibrato, " noisy ". Tout comme sur le dernier opus, Smahing Pumpkins réserve également une place à des fragments plus élaborés, plus progressifs. " For Martha ", par exemple. Mais un prog rock qui n’effleure que les aspects les plus paisibles d’un Yes, voire d’un Genesis, lorsqu’il était encore sous l’emprise de l’archange Gabriel. Ou encore " Blank page ", dont les harmonies vocales limpides, irréprochables, falsetto, se lovent dans une texture à la fois brumeuse et complexe, comme chez Robert Wyatt. Le groupe chicagolais n’en oublie pas pour autant de s’aventurer dans le psychédélisme, sur " Behold ! The nightmare ". Cinq minutes douze à la recherche du " Magical Mystery Tour " des quatre de Liverpool, de Syd Barrett et de My Bloody Valentine. Mais le plus surprenant procède de cette approche de l’électro pop pratiquée par le (défunt ?) New Order. Hymniquement " Perfect ", ou, si on veut bien en éplucher un zeste, " Apples + oranges ". On a même droit à un périple dans la cold wave pornographiquement ‘curiste’", à travers le succulent " Shame ". Et si l’intimiste " The tale of dusty pistol Pete " s’inscrit dans un contexte beatlenesque (référence à " Julia " du " Double blanc "), et que " Pug " résonne aux accents bringuebalants d’" I want you " des même Fab Four, le somptueux " Tear ", affiche la solennité baroque du " Beggars Banquet " des Stones, alors que le single " Ava Adore ", semble avoir calqué son groove sur " I will rock you " de Queen. Son groove seulement, heureusement ! Un album remarquable, il faut l’avouer !