Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Blur

Blur

Evidemment, toutes celles et tout ceux qui s'imaginent que Blur vient d'enregistrer un nouvel album de britpop risquent une grosse désillusion. Pas que cet opus éponyme soit de mauvaise facture. Que du contraire! Mais il marque un changement radical de style dans le chef du groupe insulaire. Pas de section de cuivres, ni d'arrangements sophistiqués; et ce nonobstant le concours de Stephen Street à la production. Pas de caractéristiques excentriques typiquement britanniques ni de commentaires acerbes sur la vie sociale dans l'Albion. Mais des chansons dépressives, ténébreuses qui devraient plaire au public américain. Paradoxal, lorsqu'on sait que la dernière tournée du quatuor aux States, s'est soldée par un flop magistral. Mais pas une véritable surprise pour ceux qui connaissent le cheminement de ce groupe, dont les cinq albums sont aussi hétéroclites les uns que les autres. Evidemment, de là à penser que la bande à Damon Albarn allait piocher dans le jardin de l'Oncle Sam... Blur n'a d'ailleurs jamais été, ici, aussi proche de Pavement; notamment lorsqu'il s'aventure dans l'underground déjanté. Bien sûr, certaines compositions s'essaient au trip hop ou à la house. On a même droit à une composition du guitariste, qui assure pour la circonstance le chant (" You're great "). Et en réservant une place au hardcore, sur " Chinese Bomb ", Blur rappelle que ses chansons n'ont jamais manqué de relief ou de rythme. Pourtant, cet elpee traduit un sentiment profond de désillusion, de désenchantement, éprouvé par son leader, Damon. Blur serait-il le premier groupe à avoir pris conscience de la mort très prochaine du 20ème siècle...

 

Bis

The new transistor heroes

Depuis le temps que la presse insulaire nous parle en long et en large de ce trio écossais (Glasgow), dont les musiciens se sont affublés de pseudonymes pas possible - Manda Rin, John Disco et Sci Fi Steven - et nous vante les qualités de ses singles ainsi que de ses maxis, il fallait bien un jour, qu'il passe par l'épreuve d'un premier album. Et le résultat est concluant. Un disque résolument pop, mais avec une multitude de nuances. Qui oscillent du disco au hip hop en passant par le punk, le funk, le ska et la new wave. Tout un éventail de styles nés d'un pillage en bonne et du forme des B52's, d'Altered Images, de Talulah Gosh, des Buzzcocks, d'Elastica et même de Blur. Eclectisme juvénile procuré par des boîtes à rythmes frénétiques, des harmonies vocales fondantes, intuitives, fruitées, des cordes de guitare effervescentes, des claviers guillerets; sans oublier les instruments insolites, souvent miniaturisés, destinés en général aux enfants. Un chouette album que nous pourrions qualifier de néo bubblepop!

 

Heidi Berry

Miracle

Pour enregistrer son quatrième opus, cette Bostonienne, qui vit en Grande Bretagne depuis 1973, a bénéficié du concours de Hugh Jones à la production. Mais également de la participation de musiciens insulaires particulièrement huppés. En outre, Laurence O'Keefe, bassiste/percussionniste chez Levitation, Jon Brookes, drummer des Charlatans, le frère d'Heidi, Christopher, préposé pour la circonstance à la guitare, et surtout la violoniste des Raincoats, Jon Brookes. Qui apporte une sensibilité celtique, passionnelle aux compositions de cet album. Des compositions dont la fragilité empreinte de mélancolie, de poésie et d'élégance lyrique servent à merveille la pureté somptueuse du timbre vocal d'Heidi... A recommander aux inconditionnels de folk rock new age!

 

Bennet

Supernatural

Encore une formation qui vient littéralement de se faire descendre en flammes par la presse insulaire. Et pas seulement parce qu'elle ne véhicule aucune image, aucune attitude. En fait, jusqu'à présent la new-wave de la new-wave s'était surtout conjuguée au féminin. Pensez à Elastica et Echobelly. Ou aux States. Weezer et Denim en sont probablement les meilleurs ambassadeurs. Mais, au lieu de retomber dans les profondeurs de l'underground, le mouvement a fait tâche d'huile. Et la censure de tenter d'enrayer l'hémorragie, de ce qui pourrait devenir une vision post ‘XTC’ de la pop, et bien sûr de la new-wave. Rien de très " Supernatural ", dès lors, que Bennet en devienne l'instigateur...

 

Ben Folds Five

Whatever and ever Amen

Ne les comparez surtout pas à Supertramp. Même si la manière de jouer du piano rappelle le doigté de Richard Davies. Pas davantage aux Nits. Même si le feeling mélancolique est omniprésent. Ou à Supergrass. Puisque, hormis une basse, avouons-le, triturée par des tas d'effets de pédales, Ben Folds Five n'a jamais recours à la guitare. A Joe Jackson? Pas assez d'orchestrations. Et puis les concessions aux jazz sont beaucoup trop vagues. Alors quoi? Comparez-les, tout simplement à Ben Folds Five. Un groupe yankee, issu de Chapell Hill, très exactement, dont le " Whatever and ever Amen " constitue le deuxième elpee. Si l'instrumentation repose essentiellement sur le piano (NDR: évidemment!), la basse (NDR: on venait de le dire) et la batterie, le groupe ne néglige pas pour autant les arrangements et les harmonies vocales. Que nous pourrions qualifier d'irréprochables. Tout un ensemble de choses à la fois simples et riches, qui donnent naissance à douze chansons tout bonnement remarquables...

 

David Byrne

Feelings

Une chose est sûre, Byrne était bien la tête pensante (NDR: parlante?) du défunt Talking Heads. Tina Weymouth, Jerry Harrison et Chris Frantz ont eu beau sortir, fin de l'année dernière, un opus sous le patronyme des Heads, leur projet souffrait incontestablement de l'absence de leur guide spirituel. " Feelings " constitue donc le nouvel album solo de David. Bien sûr, à première écoute, on lui reprochera de s'être à nouveau focalisé sur les polyrythmes à caractère ethniques. Mais après plusieurs écoutes, on se rend compte que cet artiste est encore parvenu à innover. Evidemment, pour réaliser cet objectif, il s'est entouré de toute une panoplie de musiciens et de producteurs. Parmi lesquels on retrouve Morcheeba, Devo et même le Balanescu Quartet. Ce qui lui permet d'aborder, en toute décontraction, une multitude de styles. Même la jungle et le cajun. Avec un esprit punk bien américain qui le caractérise. Et puis, il y a ce sens de la mélodie, ce timbre de voix qui séduisent plus qu'ils ne surprennent, ce feeling irrésistible qui vous donne l'envie de fredonner et même de danser...

 

Built To Spill

Perfect from now on

Si on ne tient pas compte de la compilation " The normal years ", parue en 1996, ce trio yankee compte aujourd'hui trois albums à son actif. Et tout comme les deux précédents opus, ce " Perfect from now on " nous a fait une grosse impression. Bien sûr, sa musique navigue dans l'underground. A la croisée des chemins de Dinosaur Jr, Cell, Alex Chilton et de Neil Young. Mais elle épanche une telle sensibilité mélodique que tout mélomane averti ne peut que succomber. Bien sûr, la musique est très riche, à la limite opulente, capricieuse, gorgée de cordes de guitares, tantôt atmosphériques, grésillantes, bourdonnantes, gémissantes, ou chargées de feedback. Les arrangements somptueux, nuancés, assurés tantôt par des accès de violoncelle mélancoliques ou de mellotron ouaté, lorsqu'ils ne se laissent pas fondre dans la fragilité bouleversante du vocal de Doug Martsch. En outre, ce " Perfect from now on " exsude un feeling irrésistible, une magie naturelle, que nous nous refusons d'exprimer avec des mots... Superbe!

 

Bundy K Brown, Doug Scharin & James Warden

Directions in music

Projet exclusivement instrumental pour ce trio américain qui a eu aussi bien recours à l'instrumentation conventionnelle (guitare, basse batterie) qu'à la technologie de pointe, pour l'enregistrer. Parfois on pense à Tortoise, mais privé de claviers et de xylophone. A Faust également. A cause de ces rythmes obsessionnels, répétitifs. Mais au fil de l'album, la solution sonore vire à l'ambient. Pénétrant même le monde des ‘Frippertronics’ élaboré par Brian Eno et Robert Fripp au cours des seventies. Avec ses boucles, ses bandes passés à l'envers et ses longs gémissements d'électricité sonique. Ce " Directions in music " se termine cependant sur une note plus acoustique. Une composition interprétée à la guitare sèche. Mais subtilement réélectrifiée. Question peut-être de démontrer que le trio est composé d'excellents instrumentistes...

 

Meredith Brooks

Blurring the edges

Après le succès du clone Lucy, des chercheurs américains ont tenté de réitérer l'expérience. A partir d'ADN prélevée sur la ravissante et brillante Alanis Morissette. Et franchement, le résultat est affolant. Look détendu, branché, Meredith Brooks chante exactement comme Alanis, extirpant, d'une voix profonde, sensuelle, chaleureuse, tous ses sentiments refoulés au fond d'elle même. Idem pour le côté musical. Puisque les éclats de guitare pétillants, brûlants, viennent se frotter aux rythmes house, le tout organisé dans une structure classique de refrain/couplet. Le hic, c'est que, excepté le fameux single " Bitch ", l'ensemble du CD manque cruellement de mélodie, et puis surtout d'originalité. A un tel point qu'on a parfois l'impression d'entendre la même chanson tout au long de l'opus. Comme le dit si bien le proverbe, c'est quand on goûte aux produits blancs qu'on apprécie la qualité des marques déposées...

 

Billy Bragg

Bloke on bloke

Alors que pendant près de vingt ans, Billy Bragg a violemment critiqué le capitalisme, et en particulier le thatchérisme et ses émules, dès la prise de pouvoir par le Labour, il a préféré prendre ses distances, pour mieux prôner la véritable doctrine socialiste. Figure emblématique de la pop politique en Angleterre, Billy continue ainsi à se cramponner à sa guitare et à une certaine idée du rock. Celle qui naquit en 1977 avec le Clash. Pour enregistrer " Bloke on bloke ", il n'a donc pas changé grand chose à la formule qui en a fait un philosophe du rock social, contestataire et engagé. Les textes vitriolés, parfois teintés de romantisme, qu'il chante d'une voix introspective, écorchée, en s'accompagnant d'une guitare électrifiée aux accords les plus dépouillés, sont cependant ici enrichis tantôt d'une boite à rythmes, d'une trompette, d'un orchestre basique, ou pour la meilleure composition, " Thachérite ", d'un violon...